BUREAU DE
RECHERCHES
GÉOLOGlpUES
ET MINIERES
BOURGOIN-
JALLIEU
BOURGOIN-
JALLIEU
La carte géologique à 1/50000
BOURGOIN-JALLIEU
est recouverte par les coupures suivantes
de la carte géologique de la France à l/BO 000 :
à l'ouest: LYON (N° 168)
à l'est: CHAMBÉRY (N° 1691
Lyon MontJuel Belley
BOURGOIN· la hur·
GI~ors
JALLIEU du-Pin
MINISTÈRE DE L'INDUSTRIE
DES Pet T ET DU TOURISME
BUREAU DE RECHERCHES G~OLOGIOUES ET MINIËRES
La tôte- Voiron
Vienne
St-Andre SERVICE GÈOLOGIOUE NATIONAL
L Boite postale 6009 45060 Orléans Cede~ 2 France
NOTICE EXPLICATIVE DE LA FEUILLE
BOURGOIN-JALLIEU AI/50 000
par
S. ELMI, R. ENAY, C. MANGOLD, N. MONGEREAU
1986
Éditions du BRGM - BP 6009 - 45060 ORLÉANS CEDEX 2 - FRANCE
SOMMAIRE
APERÇU GÉOGRAPHIQUE ET GÉOLOGIQUE O·ENSEMBLE 5
INTRODUCTION 5
CONDITIONS D'ÉTABLISSEMENT DE LA CARTE 5
HISTOIRE GÉOLOGIQUE 8
DESCRIPTION OES TERRAINS 9
TERRAINS NON AFFLEURANTS 9
TERRAINS A FFLEURANTS 10
Roches métamorphiques 10
Roches sédimentaires secondaires 11
Roches sédimentaires tertiaires 32
formations quaternaires 35
- Complexe morainique wurmien 35
- Nappes alluviales fluvio-glaciaires wurmiennes 38
- Alluvions fluviatiles post-wurmiennes 40
Formations superficielles 41
DESCRIPTION STRUCTURALE 43
MORPHOLOGIE GLACIAIRE 45
GÉOTECHNIQUE 45
RESSOURCES DU SOUS-SOL ET EXPLOITATIONS 47
HYDROGÉOLOGIE 47
RESSOURCES MINÉRALES, MINES ET CARRIÈRES 48
DOCUMENTATION COMPLÉMENTAIRE 51
DESCRIPTIONS DE SITES ET D'ITINÉRAIRES 51
SONDAGES 51
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES 53
DOCUMENTS ET COLLECTIONS CONSULTABLES 56
TABLEAUX D'ÉQUIVALENCE DES NOTATIONS 57
AUTEURS DE LA NOTICE 58
-5-
APERÇU GÉOGRAPHIQUE ET GÉOLOGIQUE D'~NSEMBLE
La région couverte par la feuille Bourgoin-Jallieu (feuille 723) correspond à
deux régions naturelles:
- au Nord, la partie sud-ouest de l'Ile Crémieu, plateau de terrain jurassique,
d'altitude maximum 450 m, limité par des failles. Ce plateau fait partie de
l'avant-pays tabulaire du Jura auquel le rattachent ses faciès et son histoire;
- séparé de ce plateau par une zone de marais, allant de Sablonnières à l'Isle-
d'Abeau puis par la basse vallée de la Bourbe, le reste de la feuille concerne le
Bas-Dauphiné, pays tertiaire et quaternaire montrant en limite nord et nord-est
quelques lambeaux du substratum jurassique. L'ensemble est constitué par le
Miocène recouvert en partie par les formations glaciaires et fluvio-glaciaires.
Ces deux ensembles géologiques s'opposent par des paysages contrastés et
par des ressources différentes, traduits par des habitats différents.
Au plan administratif, cette feuille est caractérisée par l'organisation dès
1972 de l'Etablissement public d'Aménagement (EPIDA) chargé de la réali-
sation de la ville nouvelle de l'Isle-d'Abeau.
Le périmètre d'urbanisation initial s'étendait sur les territoires des commu-
nes suivantes: Saint-Quentin-Fallavier, Villefontaine, Vaulx-Milieu, la Verpil-
lière, Roche, Four, Saint-Alban-de-Roche, Bourgoin-Jallieu, l'Isle-d'Abeau,
Saint-Savin, Saint-Hilaire-de-Brens, Vénérieu, Saint-Marcel-Bel-Accueil,
Panossas, Frontonas et Satolas- et-Bonce.
Depuis janvier 1979, le périmètre d'urbanisation a été limité aux territoires
ou à une partie du territoire des communes suivantes: Saint-Quentin-Fallavier,
Villefontaine, la Verpillière, Vaulx-Milieu.
INTRODUCTION
CONDITIONS D'ÉTABLISSEMENT DE LA CARTE
Les cartes géologiques détaillées antérieures sont uniquement des cartes à
1/80000, Lyon (1ère et 2ème éditions), Chambéry (1ère, 2ème et 3ème éditions).
La présente carte bénéficie d'un fond topographique moderne beaucoup plus
précis. Elle correspond à des levés nouveaux sur le terrain et à des interpré-
tations nouvelles.
Pour les terrains secondaires (Ile Crémieu au Nord et Nord-Est de la feuille),
les progrès de la stratigraphie se traduisent sur les cartes par de nouveaux
contours. Ainsi une interprétation structurale différente est proposée pour l'Ile
Crémieu. Levés et interprétations ont été faits par R. Enay, S. Elmi et
C. Mangold.
Pour les terrains tertiaires et quaternaires, les levés nouveaux ont aussi
profondément modifié les contours et les interprétations. Les levés ont été
réalisés de 1975 à 1980 par L. David, B. David, B. Walter et N. Mongereau pour
le Bas-Dauphiné, par S. Elmi, R. Enay et C. Mangold pour l'Ile Crémieu.
Partout, l'interprétation des dépôts glaciaires et périglaciaires a été harmo-
nisée avec les données de la synthèse régionale mise au point depuis 15 ans.
LYON MONTLUEL
Montluel
o
St. B = Saint Bonnet de
Mure
St. L = Saint Laurent de
tO I~ verp~lllere Mure
o
S· Quentin St. M :::Saint Maurice de
Heyrieu
Beynost
St. S = Saint Symphorien
• d'Ozon
lOkm
L...----l.._.....1..-+-...I.-_.1------i
VIENNE BOURGOIN cotes NGF
~ite du bassin houiller
Fig. 1 - Carte schématique en courbes de niveau (NGF) du socle anté-houiller de la région lyonnaise
(feuilles Lyon, Vienne, Montluel, Bourgorn)
Les numéros des sondages sont ceux du dossier Douvillé. Extrait de la feuille Montluel à 1/50 000
LYON MONTLUEL
~ontluel
1
1
S!M Be6'nost
o Balan
0 Niévroz
0
St. B = Saint Bonnet de Mure
St. L = Saint Laurent de Mure
St. M = Saint Maurice de Beynost
St. S = Saint Symphorien d'Ozon
-0"-+--H-t-1-~~ limite du Secondaire
la Verpi 11ère
o yV
~ I;m;t" du b"';n bouUl,
o 10km
VIENNE BOURGOIN LI _---L-_...I..------l'-----J._~I cotesNGF
Fig. 2 - Carte schématique en courbes de niveau (NGF)
du toit du houiller ou du substratum anté-tertiaire
(feuilles Lyon, Vienne, Montluel, Bourgoin)
Les numéros des sondages sont ceux du dossier Douvillé. Extrait de la feuille Montluel à 1/50 000
-8-
HISTOIRE' GÉOLOGIQUE
La présence sur la feuille Bourgoin-Jallieu de l'îlot cristallophyllien de
Chamagnieu conduit à prendre en compte, pour exposer l'histoire géologique de
la région, la bordure orientale du Massif central affieurant largement sur le
territoire .tes feuilles voisines Lyon, Givors et Vienne.
L'histoire anté-hercynienne reste encore bien incertaine. La série des Monts
du Lyonnais paraît d'âge Briovérien inférieur et moyen (Antécambrien) marqué
par l'évolution tectono-métamorphique la plus ancienne faisant apparaître la
schistosité et les paragenèses dans des conditions de moyenne pression. La série
du Pilat est marquée par la seconde évolution tectono-métamorphique caracté-
risée par un régime de basse pression, d'âge hercynien, conséquence de la grani-
tisation du Velay - Forez. En ce qui concerne la série de la Brévenne, elle serait
plus récente (postérieure au Dévonien moyen). Son évolution tectono-métamor-
phique s'inscrit dans le cadre de la phase bretonne de l'orogenèse hercynienne.
La région fut très fortement marquée par l'orogenèse hercynienne et ce n'est
qu'au cours du Stéphanien (Carbonifère) que, dans les dépressions de la chaîne
montagneuse, occupées par des lacs, se sont déposés les sédiments du complexe
houiller. Ce Houiller, relativement puissant car subs'ident, a été affecté par les
dernières phases hercyniennes (saalienne et palatine) et se présente sous la
forme de synclinaux complexes et faillés.
L'érosion généralisée de la chaîne hercynienne a conduit à une pénéplaine
dont on ne retrouve trace qu'au-dessous du Trias.
L'épisode triasique correspond à la reprise de la sédimentation: elle est
tardive (Trias moyen) et se situe en bordure d'un continent émergé d'où sa faible
puissance et ses faciès plus continentaux que marins.
La transgression secondaire se développe progressivement tout au long du
Jurassique. Elle s'étale sur une vaste plate-forme (Jura) en direction du
continent occidental (Massif central) devenant haut-fond avant d'être large-
ment noyé. Les sédiments du Lias puis du Dogger montrent les irrégularités de
cette transgression et les variations correspondantes dans la sédimentation.
C'est l'érosion qui, ayant fait disparaître en partie la série jurassique,
conditionne la persistance des termes supérieurs. La connaissance de la période
crétacée demeure aléatoire.
Avec le Tertiaire débute avant tout une période continentale: Eocène
exceptionnel, lacustre ou sidérolithique, témoignant d'un pays érodé, karstifié
dans ses régions calcaires. A partir de l'Oligocène, une dépression nord-sud
longe le Massif central, devient subsidente et de grandes fractures méridiennes
vont lui donner la structure d'un fossé d'effondrement. Les sédiments conglo-
mératiques, les argiles bariolées, les calcaires lacustres, montrent l'érosion,
l'alternance des eaux douces et saumâtres, la subsidence différentielle.
Avec le Miocène et la première surrection de la chaîne alpine se développe
une transgression en un bras de mer reliant le golfe du Lion au bassin autri-
chien de Vienne. Il s'étale largement sur la région lyonnaise où ses sédiments
parfois épais (subsidence), de faciès sableux dominant, constituent le soubas-
sement quasi continu des alluvions quaternaires. Ce bras de mer miocène avait
son rivage occidental contre le rebord du plateau lyonnais, entaillé par quelques
estuaires. Le comblement progressif du bassin marin se traduit par des faciès
-9-
d'eau saumâtre puis douce. Ces faciès sont particulièrement bien représentés
sur la feuille Montluel située au Nord de la feuille Bourgoin.
A cette phase de comblement succède une phase de creusement qui voit
l'établisse.nent d'un réseau hydrographique pré-rhodanien.
La mer du Pliocène envahit ce réseau jusqu'au Sud de Lyon. L'envasement
des vallées est réalisé par des argiles bleues, puis des sédiments sableux et
ensuite conglomératiques comblent toute la dépression périalpine. Ce nouveau
comblement dure jusqu'au Villafranchien et à partir de là commence une
nouvelle phase de creusement (Villafranéhien - Quaternaire) qui se poursuit
encore.
Durant le Quaternaire, le phénomène glaciaire vient perturber la régularité
du creusement. Les sédiments glaciaires, fluvio-glaciaires, fluviatiles et péri-
glaciaires couvrent la quasi-totalité de la moitié orientale de la carte. On peut
suivre fort bien les phases de retrait du glacier à partir de son maximum
d'extension au Würm (feuille Lyon).
DESCRIPTION DES TERRAINS
TERRAINS NON AFFLEURANTS
Les sondages profonds sont peu nombreux sur la feuille Bourgoin-Jallieu
(n° 32, 33, 34, 43, 44, 46, 47 du dossier Douvillé archivé au Département des
Sciences de la Terre, Université Claude Bernard). Ces sondages permettent la
connaissance de terrains n'affieurant pratiquement pas: le Houiller et les
terrains oligocènes.
La feuille Bourgoin-Jallieu n'est intéressée que par la bordure sud-est du
bassin houiller de l'Est lyonnais dont la connaissance est précisée par les
sondages profonds situés sur les feuilles voisines, Lyon, Givors et Montluel.
Le bassin houiller de l'Est lyonnais, exploité à Communay de 1730 à 1926, a
fait l'objet de nombreuses reconnaissances tant pour le Houiller que pour la
recherche de minerais de fer et de manganèse. De 1800 à 1955,69 sondages ont
été réalisés. Ce bassin, prolongement de celui de Saint-Etienne, débute dans la
région de Givors, à Communay, puis se développe en direction du Nord-Est,
atteignant une largeur de 30 km et une profondeur supérieure à 1.000 mètres.
Les terrains houillers, d'âge Stéphanien, ont été étudiés par G. Friedel et
P. Bertrand. Au sommet, on trouve un horizon dit de "schistes bitumineux" qui
a livré de nombreuses couches riches en huiles de pétrole. Puis, dans quelques
sondages, vient un niveau de gore épais de 1 à 3 mètres. L'horizon moyen est le
niveau productif, formé de grès fins et de schistes. Enfin, la base du Houiller est
représentée par un ensemble de conglomérats plus ou moins grossiers et
totalement stériles.
Le charbon est gras, bien cokéfiable et peu cendreux. Les couches utilisables
sont cantonnées dans le secteur sud-sud-ouest du bassin. Ces couches ont une
épaisseur maximale de 3,40 m, la moyenne oscillant entre 1 et 1,50 mètre. Pour
l'ensemble des sondages effectués sur l'emprise du bassin houiller, le Houiller a
été au maximum recoupé sur une épaisseur de 650 mètres.
-10-
Les terrains secondaires ont été étudiés principalement par M. Thoral qui a
suivi la réalisation de quelques sondages. Il a notamment observé dans un
sondage situé sur la feuille Givors (sondage 31 du dossier Douvillé, archivé au
Département des Sciences de la Terre, Université Claude Bernard) 250 m de
terrains quH a attribué du Domérien inférieur au Bajocien supérieur (Ciret).
Dans d'autres sondages les auteurs ont attribué au Trias les formations
gréseuses, marneuses et argileuses observées sous l'Hettangien. Au maximum,
la série secondaire a été recoupée sur une épaisseur de 720 m (sondage 54,
feuille MontIue!).
En ce qui concerne l'Oligocène, jusqu'en 1944, les auteurs ont classiquement
admis sa présence dans le sous- sol du Bas-Dauphiné. On admettait qu'à
l'Oligocène correspondaient des calcaires lacustres ou bien des conglomérats
présentant des zones riches en manganèse présent sous forme de pyrolusite.
Pour M. Thoral qui a suivi en 1944 un sondage réalisé par la Société
lyonnaise de Recherches minières à Saint- Pierre-de-Chandieu (feuille Givors)
(nO 31), les formations attribuées à l'Oligocène sont en réalité des formations
sous-jacentes à l'Oligocène, le Bajocien supérieur ou Ciret.
En 1958-1959, le B.R.G.M. a effectué 6 sondages dans le secteur de Saint-
Bonnet-de-Mure (feuille Givors). 250 m de formations appartenant avec certi-
tude à l'Oligocène ont été mises en évidence. Il s'agit là de marnes rouges à Helix
ramondi et de conglomérats. Sans preuves certaines, les auteurs ont attribué à
l'Eocène la base de ces conglomérats. Ceci ne pourrait être confirmé que par la
réalisation de nouveaux sondages.
Les résultats de ces diverses campagnes, concernant la minéralisation en fer
et manganèse présentée par ces formations, seront repris dans le paragraphe
Ressources minérales.
TERRAINS AFFLEURANTS
Roches métamorphiques
(M. Piboule)
~. Paragneiss. Les roches métamorphiques affleurent dans le classique îlot de
Chamagnieu.
Les formations cristallophyl1iennes de Chamagnieu correspondent essentiel-
lement à des paragneiss fins à grossiers à paragenèse catazonale intensément
rétromorphosée. L'association minéralogique principale est à biotite, plagio-
clase, feldspath potassique., quartz, cordiérite; la sil1imanite paraît subor-
donnée. Elle peut être rapprochée des paragenèses barrowiennes catazonales de
certains gneiss des Monts du Lyonnais ou de celles des gneiss à cordiérite,
sil1imanite du domaine de basse pression du Mont Pilat. La cordiérite, le
plagioclase et la biotite sont affectés par une intense rétromorphose tardive
(pinitisation, séricitisation et chloritisation).
Cette formation gneissique est fréquemment intercalée de bancs leptyniques
felsitiques localement exploités. En raison de vagues reliques texturales
laviques, une origine éruptive peut être proposée. Pour ce matériel, l'évolution
paragénétique paraît identique à celle des gneiss encaissants.
- Il -
Roches sédimentaires secondaires
(8. Elmi, R. Enay et C. Mangold)
/1-2. Hettangien inférieur. Chain bâtard (2,50 m 1). Les niveaux de base du
Jurassique He sont visibles que dans les environs de Saint-Quentin-Fallavier
(carrière de la Pontière; entrée du ravin de la Fuly). Ce sont des calcaires
argileux gris ou beiges, en bancs minces, à surfaces ondulées, séparés par des
joints marneux noirâtres. A la partie supérieure, les surfaces de bancs portent
de nombreux lamellibranches fixés. Les calcaires, d'aspect sublithographique,
sont très semblables au "choin-b~tard" du Mont d'Or lyonnais et du Bas-
Beaujolais. Ils ont livré de très rares ammonites (Psiloceras sp., J. Rosset, 1948;
R. Mouterde etJ. Rosset, 1948).
Le faciès est une micrite argileuse de texture mudstone. De rares éléments
détritiques (moins de 5 % ; grains de quartz, tourmaline, feldspaths) subsistent.
Par place, des passées plus bioclastiques (wackestone) évoquent les lumachelles
connues sur les bordures du Massif central. On y trouve des échinodermes:
Diodemopsis serialis (Des.), "lsocrinus" psilonoti (Qu.) et une grande quantité
de lamellibranches: Plagiostoma ualoniensis (Oefr.), Modiola scalpra (Goldf.),
M. stoppanii (Oum.), Cypricardia porrecta Oum., Liostrea sublamellosa
(Dunk.), Ctenostreon tuberculatum (Terq.), Harpax spinosus (Sow.), Plicatula
oceani (d'Orb.), Plicatula intusstriata (Emm.). La microfaune (M.-L. Genin,
1964) comprend de rares foraminifères: Nodosaria sp., Cristellaria sp.,?
Frondicularia sp. et quelques ostracodes: Procytheridea sp. et H ealdia
aspinata Drexler. Le dernier niveau marneux renferme de nombreux cristaux
de gypse, souvent groupés en agglomérats de quelques millimètres. De tels
horizons gypsifères sont connus dans le Bas-Beaujolais (Saint-Jean- des- Vignes)
où ils soulignent la régression qui marque la fin de la première séquence du
Jurassique et qui intervient à la fin de l'Hettangien inférieur. Le même
événement est marqué, dans le Mont d'Or lyonnais, par une surface durcie et
perforée (F. Roman, 1926). A Saint-Quentin, il y a lacune de l'Hettangien moyen
(comme dans le reste de la région) et, probablement aussi, de l'Hettangien
supérieur (absence des calcaires noduleux blancs).
13-4. Sinémurien. Calcaires à grains de quartz et Calcaires à gryphées (6 à 8 m).
Il n'affieure que dans le secteur de la Fuly. Il est possible qu'il soit proche de la
surface au voisinage de la faille qui, à Maupertuis, met en contact le socle de
Chamagnieu et le Jurassique.
A la Fuly, les anciennes carrières ne permettent plus d'observations
détaillées. Les études de J. Rosset (1948),R. Mouterde et J. Rosset (1948) et de
M.-L. Genin (1964) ont établi une stratigraphie proche de celle du Mont d'Or
lyonnais bien que les épaisseurs soient moins fortes et que des condensations
affectent le passage Sinémurien inférieur - Sinémurien supérieur
(= Lotharingien).
• Calcaires à grains de quartz (1,20 m). Bien qu'ils soient parfois rapportés à
l'Hettangien, il convient de les ranger dans le 8inémurien par comparaison avec
le Mont d'Or où, dans un faciès semblable, apparaissent les premiers
Coroniceras rotiforme (Sow J. Ce sont des calcaires à entroques en bancs épais ne
présentant pas de joint marneux. Ces biosparites contiennent de rares oolithes,
des radioles d'échinides, des lamellibranches. Les grains de quartz sont assez
dispersés; leur taille moyenne se situe vers 0,5 mm avec un maximum à 1,8 mm.
Le matériel terrigène comprend aussi un peu de muscovite et quelques cristaux
-12 -
de feldspa,ths et de tourmaline. Les lamellibranches peuvent être abondants:
Cardinia eveni Terq., Plagiostoma punctata (Sow.), Entolium hehli (d'Orb,),
Chlamystextorius (Schl.), Liogryphaea arcuata (Lam.), Liostrea arietis (Qu.).
• Calcaires" grains de quartz et cardinies (2,20 m). Ils contiennent encore
quelques gralns de quartz. Les bancs, décimétriques, sont séparés par des joints
marneux centimétriques. La macrofaune est rare: Coroniceras sp., Arietites
bisulcatus (Brug.), A. cf. bucklandi (Sow.), Cardinia sp., Entolium hehli (d'Orb.),
Liogryphaea arcuata (Lam.), Spiriferina tumida (v. Buch) (zone à Bucklandi).
En lame mince, il s'agit de biosparites riches en fragments de test de
lamellibranches (ostréidés, pectinidés), de gastéropodes et de bryozoaires. Les
foraminifères abondent, surtout dans les joints marneux. Ce sont surtout des
lnvolutina liasina (Jones) auxquelles s'associent de rares I. aspera Terquem,
Frondicularia sp., Cristellaria sp., Nodosaria sp. et quelques ostracodes.
• Bancs à gryphées (1,20 m). Ce n'est que dans la partie médiane que l'on
trouve des lumachelles à gryphées. Ce sont des bancs à surfaces ondulées
(bioturbation, courants, compaction), séparés par de minces joints de marnes
grises. Le ciment est une biosparite à entroques et à échinodermes. Parmi les
foraminifères, ce sont encore les 1nvolutina qui dominent. Les ostracodes sont
représentés par Procytheridea cf. luxuriosa Apotolescu. Les ammonites sont
toujours rares: Arietites bisulcatus (Bruguière), A. cf. bucklandi (Sowe"rby) (zone
à BucklandD. Elles sont associées à des bélemnites: Prototeuthis acutus
(Miller), à de nombreux lamellibranches: Pteria sinemuriensis (d'Orb.),
Chlamys textorius (Schl.), Liogryphaea arcuata (Lam.) et à des brachiopodes:
Spiriferina rostrata (Schl.>, S. walcotti (Sow.), ''Rhynchonella'' deffneri Opp. in
Haas, Zeilleria vicinalis (Schl.).
• Bancs à brachiopodes (0,80 m). Ce sont des calcaires à entroques, pauvres en
gryphées (sauf à la base de certains bancs), localement riches en brachiopodes et
contenant quelques nodules phosphatés ce qui ménage un passage progressif
aux niveaux suivants. Le microfaciès est une biomicrosparite ou une biomicrite,
riche en bioclastes (entroques). La microfaune est semblable à celle des niveaux
inférieurs. Les lamellibranches deviennent moins abondants. Les brachiopodes:
Spiriferina walcotti (Sow.), ''Rynchonella'' deffneri Opp. in Haas et Zeilleria cf.
vicinalis (Schl.) sont accompagnés par de très rares ammonites: Ar,,:ioceras sp.
cf. arnouldi (Dumortier) (zone à Semicostatum).
• Calcaires à nodules phosphatés (environ 5 m). Les mauvaises conditions
d'affleurement en sommet de carrières abandonnées et les condensations
rendent délicat l'établissement de la série stratigraphique.
Un premier ensemble est composé de calcaires à entroques (biomicrosparite
à biosparite), riches en nodules phosphatés blancs ou rosés. La plupart des fos-
siles sont à l'état de moules internes phosphatés. La faune est encore à rattacher
au Sinémurien inférieur (zone à Semicostatum) : Arnioceras semicostatum (Y. et
B.), Coroniceras lyra Hyatt, Prototeuthis acutus (Miller), Plagiostoma gigantea
(Sow.), Liostrea irregularis (Münster), Spiriferina walcotti (Sow.>, Zeilleria sp.
Vers le haut, le faciès change et passe à des micrites et à des biomicrites
contenant des nodules phosphatés. Les ammonites indiquent encore le Sinému-
rien inférieur (zone à Semicostatum): Coroniceras multicostatum (Sow.>,
Agassiceras sp.
-13 -
Les joints marneux livrent, à côté de bryozoaires et de dents de poissons, de
nombreux foraminifères parmi lesquels: Nodosaria columnaria Franke,
Involutina liasina (Jones), 1. aspera Terquem, Lingulina cf. tenera Bornemann,
Frondieularin baueri Burbach, F. bicostata d'Orb., Cristellaria (Astacolus)
scalpa Frankt!, MarginuZopsis quadricostata Terquem, Dentalina sp., associés à
des ostracodel& : Bairdia molesta Spost., Proeytheridea sp., etc.
Un niveau mal exposé livre ensuite une faune probablement condensée
contenant des éléments du Sinémurien inférieur et supérieur (= Lotharingien
auet.) (zones à Semicostatum, à Obtusum et à Oxynotum): Arnioceras semi-
costatum (Y. et B.), Asteroceras stellare (Sow.) et Oxynoticeras oxynotum (Qu.).
La nature phosphatée des moules internes d'ammonites souligne le ralentis-
sement de la sédimentation.
Les derniers bancs de calcaire fin contiennent O. cf. oxynotum (Qu.),
Gagaticeras gagateum (Y. et B.) et Echioceras elegans (T. et W.).
Le Sinémurien se termine par un banc de calcaire rouge à oolithes ferrugi-
neuses et à ciment micritique. Il contient: Oxynoticeras guibali (d'Orb,), O.
driani (Dun.>, Echioceras raricostatoides (Vad.) et autres Echioceras (zone à
Raricostatum).
Quelques brachiopodes sont connus dans tout le Sinémurien supérieur:
Spiriferina walcotti (Sow.), S. rostrata (v. Buch), Furcirhynchia furcillata
(Theod.), Zeilleria (Cineta) cor (Lam.). La microfaune est abondante et variée
dans les joints marneux: Trochalina sp., Involutina liasina (Jones), Frondicu-
Zaria sulcata Bornemann, F. bicostata d'Orb., Lingulina tenera Bornemann, L.
pupa Terq., Nodosaria columnaris Franke, Marginula sp., Dentalina sp., etc.
Les ostracodes sont représentés, entre autres, par Bairdia molesta Apost.
15-6. Pliensbachien. Argiles à Tisoa et Couche de mélange (15 à 20 m). Les
niveaux inférieurs (Carixien> n'ont pas été observés à l'affieurement. Ils sont
cependant connus dans les sondages de l'Est lyonnais où ils se présentent sous le
faciès classique du "Lias à bélemnites" (F. Roman, 1926; M. Thoral, 1945).
Le Domérien débute par des argiles bleues à Tisoa siphonaZis (de Serres)
connues par un seul affieurement à Saint-Quentin-Fallavier. Au-dessus vien-
nent des calcaires en bancs à surfaces ondulées alternant avec des marnes peu
épaisses. Les calcaires sont des biosparites à entroques, riches en fer. Les faunes
anciennement citées permettent de supposer qu'il s'agit du Domérien moyen
(Amaltheus margaritatus de Montfort). Les surfaces de bancs, ondulées, sont
largement affectées par la bioturbation. Dans les marnes, les foraminifères sont
abondants: Frondicularia dubia Born., F. brizaeformis Born., Lingulina cf.
pupa Terq., L. cf. tenera Born., Cristellaria prima (d'Orb.), Nodosaria columna-
ris Franke, N. issleri Franke. Les ostracodes sont représentés par H ungarella
amalthei Triebel et Procytheridea sp.
-14-
1 Placages rouges
Calcaires silteux à Hyperlioceras 1 à Ludwigia crassa et
Lentilles vertes -_.6III1.l!I!!l!!I• • • Bm;;;;;lS::;un Planammatoceras
p
6 n
- - -----+4,45 m - - -
5 m
_ _ _ _ _ - - - +4,20 __ -~-==~'-";;--T-------"--";;;;;" Phosphates
Hildoceras cf. apertum 1
Hildoceras lusitanicum +
Dactylioceras commune
+3,80 _ ~. _~~-:--~~"""~~::::-T-::=--~
Parvamussium et/ou Posidonomya bronni
4
+3,00- - -.,----:------..---:=--_~--"---
- - - - - - - - +2,30-- -;_.-;... =t--:..._-_-_~-
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Ichtyosaurus, Hildoceras sublevisoni l '-- ~.... - f
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3
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Fe
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Fig. 3 - Coupe du lias supérieur de la RP3 à Saint-Quentin-Fallavier (Isère) (s. Elmi)
-15 -
La partie supérieure est un calcaire coquillier passant à une lumachelle à
passées riches en entroques. C'est la mine ou couche de mélange des mineurs,
appelée encore "minerai de la colline du château de Relong" (L. Cayeux, 1922).
Elle est assez hien exposée (carrière du cimetière de Saint-Quentin-Fallavier,
tranchée de 1., route RP3, Corbeyssieu, carrière de Bon Repos à Serres-
Antouillet). Pur comparaison avec le Mont d'Or lyonnais, c'est l'équivalent de la
Lumachelle à Harpax laevigatus du Domérien supérieur. J. Rosset (1948)
signale l'existence de Pleuroceras à Saint-Quentin-Fallavier. On trouve quel-
ques bélemnites: Hastites clavatus (Stahl). Les brachiopodes peuvent être
abondants par endroits (Corbeyssieu): Homoeorhynchia acuta (Sow.), Scalpel-
lirhynchia cf. scalpellum (Qu.), Zeilleria gr. indentata (Sow.).· Les lamellibran-
ches forment des lumachelles dans lesquelles les coquilles sont souvent brisées:
Harpax laevigatus (d'Orb.), Aequipecten aequivalvis (Sow.), A. humberti (Dum.),
Astarte sp., Oxytoma cycnipes (Phill. in Dum.). Les échinodermes sont repré-
sentés macroscopiquement par quelques Cidaridés et des Pentacrines. En lame
mince, on reconnaît des bryozoaires cyclostomes; la microfaune comprend
toujours des Cristellaria, des Frondicularia, des Lingulina et des N odosaria. En
lame mince, il s'agit d'un "calcaire encrinitique à oolithes.... ferrugineuses"
(L. Cayeux, 1922, p. 606). C'est une biosparite échinodermique riche en lamelli-
branches (sections d'Harpax) et de texture grainstone· (biocalcarénite). Les
figures de pression - dissolution sont nombreuses. Les oolithes se présentent
sous forme d'un encroûtement ferrugineux revêtant un noyau bioclastique.
L'imprégnation ferrugineuse (hématite rouge, oligiste spéculaire) intéresse les
oolithes (peu abondantes), le réseau des entroques et le ciment calcitique.
L'épigénisation ferrugineuse est souvent associée à des phénomènes de
micritisation due à des perforations.
Le régime sédimentaire change donc beaucoup au cours du Domérien. Au
début, on a un régime de vasière calme où la bioturbation est intense et peut
même provoquer la dislocation des bancs. Puis (F. Roman, 1926), le milieu
devient plus agité et oxydant; nettement moins profond, il se situe dans la zone
d'action des vagues. Des stratifications obliques, des chenalisations et de
grandes rides indiquent une forte énergie alors que l'arrivée du fer témoigne
d'une reprise du lessivage sur les zones émergées voisines. Localement, les
phosphates précèdent le fer et on note l'existence de quelques grains de quartz.
A la fin du dépôt de la Couche de mélange, l'hydrodynamisme augmente encore
et la surface supérieure (RP3) est ondulée par des rides régulières (amplitude:
2-3 cm ; longueur d'onde: 25 cm).
Au-dessus, le Toarcien vient en concordance apparente (Corbeyssieu) ou en
nette discordance (RP3 où la discordance angulaire mesurée est de 5°). Il nJest
pas impossible que des ravinements existent comme c'est le cas dans le Mont
d'Or (Saint-Romain).
17-9. Toarcien - Aalénien. Marnes et calcaires noirs, Grande mine ou Minerai
oolithique de Saint-Quentin, Banc à coquillages, Banc à bélemnites (6 à 7 m).
En raison de l'importance historique des gisements dits de la Verpillière, les
principales coupes, actuellement ou récemment accessibles, seront décrites; les
fossiles cités seront seulement ceux récoltés lors de ces levés.
• Marnes et calcaires noirs (maximum observé: 5,25 m à Saint-Quentin-
Fallavier; 2,80 f i à Corbeyssieu). Elles correspondent aux "Marnes grises à
Hildoceras bifrons et Harpoceras falciferum" de F. Roman (1926, p. 136). A
Saint-Quentin (fig. 3 ; coupe de la tranchée de la RP3), les premiers niveaux
toarciens reposent en discordance sur la surface supérieure inclinée de la
-16 -
Couche de mélange domérienne (fig. 3, nO 1). Les bancs inférieurs viennent
s'appuyer contre cette surface. La discordance angulaire mesurable est de 5° en
moyenne. La série toarcienne commence (de 0 à 0,95 m; fig. 3, nO 2) par une
succession de séquences rythmiques, décimétriques montrant chacune le pas-
sage progressif marnes argileuses - calcaires micritiques - calcaires bioclas-
tiques formant des passées plus ou moins régulières en sommet de banc. En
lame mince, on passe de biomicrites à "filaments" [sections de lamellibranches à
rapprocher de Parvamussium dumortieri Hôlder ou de "Posidonomya" bronni
(Voltz)] à des biosparites à grains de quartz. Les bioclastes (échinodermes,
lamellibranches, bryozoaires) sont très finement brisés (packestone). Ils
constituent des grainstones en sommet de banc (entroquites à bryozoaires et à
pectinidés). Certaines lames montrent une alternance de niveaux fins et de
passées grossières à entroques constituant des séquences élémentaires épaisses
de 5 à 10 mm, affectées par des rides de courant et montrant un
granoclassement inverse plus ou moins marqué. Les ammonites sont rares:
Harpoceras falciferum (Sow.).
Au-dessus (de 0,95 à 2,30 m ; fig. 3, nO 3), les calcaires dominent par rapport
aux marnes et aux argiles; ces dernières soulignent les joints à la base des
bancs; elles passent progressivement à des micrites argileuses à filaments puis
à des biosparites à entroques qui peuvent être légèrement imprégnées de fer à la
façon de la Couche de mélange. Ce niveau se termine par un ensemble plus
compact à Ichtyosaurus sp. et à Hildoceras sublevisoni Fucini. Les foraminifères
sont rares: Glomospira sp., Nodosariidés.
La coupe se poursuit (de 2,30 à 4,20 m; fig. 3, nO 4) par une alternance de
bancs calcaires gris-bleu (0,05-0,10 m) séparés par desjoi~ts argileux feuilletés
(0,01-0,03 m). Les bancs présentent souvent des surfaces bosselées. Les joints
argileux sont fréquemment pétris de Parvamussium dumortieri Hôlder et de
Praeconia (= "Astarte") lurida (Sow.). Les débris végétaux sont assez fréquents.
Dans la partie supérieure, les bancs sont moins bien séparés les uns des autres.
Les bioclastes s'alignent en stratifications obliques. En lame mince, on
reconnaît des micrites ou des microsparites à bioclastes (lamellibranches) et à
annélidés. Les ammonites montrent la succession suivante:
-à la base : Hildoceras lusitanicum Meist.;
- dans la partie médiane: H.lusitanicum et Dactylioceras commune (SowJ ;
- dans le dernier banc: H ildoceras cf. apertum Gabilly ; à ce niveau, la quantité
de bioclastes augmente et les phosphates apparaissent.
Les Marnes et calcaires noirs se terminent par un niveau d'argile noire à
passées rouille, surmonté par un banc de calcaire gris, biodétritique contenant
des oolithes ferrugineuses, de forme recourbée; les noyaux sont des fragments
de lamellibranches ou d'échinodermes (de 4,20 à 4,45 fi; nO 5, fig. 3). Cette
microsparite à oolithes dispersées contient Hildoceras apertum Gabilly. Latéra-
lement, la partie supérieure s'enrichit en oolithes micritiques, parfois coales-
centes, souvent brisées; ces fragments peuvent constituer le nucléus d'une
nouvelle phase d'oolithisation.
-17 -
A Corbeyssieu, on observe une succession semblable mais les niveaux
biosparitiques de base manquent. Praeconia lurida (Sow.) et Parvamussium
dumortieri Hôlder sont abondants et peuvent constituer des lumachelles. A la
base, on trouve Harpoceras falciferum (Sow.), puis, dans le tiers supérieur,
Hildoceras lusitanicum Meist. associé à Dactylioceras commune (Sow'>, D. cf.
mitis (Buckm.) et Harpoceras subplanatum (Oppel. Le dernier banc contient
H ildoceras apertum Gab.
A Corbeyssieu, on observe une succession semblable mais les nivaux
biosparitiques de base manquent. Praeconia lurida (Sow.) et Parvamussium
dumortieri Hôlder sont abondants et peuvent constituer des lumachelles. A la
base, on trouve Harpoceras falciferum (Sow.), puis, dans le tiers supérieur,
Hildoceras lusitanicum Meist. associé à Dactylioceras commune (Sow.), D. cf.
mitis (Buckm.) et Harpoceras subplanatum (Opp.). Le dernier banc contient
Hildoceras apertum Gab.
• Minerai oolithique de Saint-Quentin (0 à 0,50 m) (F. Roman, 1926, p. 136)
(= minerai de fer compact, R. Enay et S. Elmi, 1961). Il est aussi appelé Grande
Mine, car il constituait le niveau exploité jusqu'à la fin du XIXème siècle
(J. Chansselle, 1885). Dans les galeries, l'épaisseur moyenne était de 0,50 met
le titre moyen était de 35 % de fer essentiellement sous forme d'hématite.
L. Cayeux (1922) souligne l'absence de quartz.
Ce minerai de fer se présente comme un banc apparemment homogène mais
affecté par des variations verticales et latérales. On peut résumer schémati-
quement la lithostratigraphie de la façon suivante:
-la partie inférieure du banc n'est pas ferrugineuse; c'est une micrite à
filaments, rares entroques et spicules, criblée de bioturbations (chondrites) ;
cette partie peut être démantelée par la bioturbation et les courants de manière
à constituer des blocs décimétriques résiduels, encroûtés par des pellicules
ferrugineuses d'origine probablement algaire (stromatolithes). Les terriers
verticaux sont souvent remplis par une micrite ferrugineuse. Dans quelques cas
(flanc est de la RP3), le minerai est réduit à de tels blocs encroûtés; les tapis
algaires montrent des décollements probablement dus à la dessiccation;
-la masse principale est une micrite ferrugineuse à bioclastes (lamelli-
branches, entroques) et à oolithes millimétriques, dispersées. Ces dernières sont
d'abord calcaires, puis chloriteuses, enfin ferrugineuses mais cet enchaînement
vertical ne peut être toujours bien conservé. Les nucléus sont des bioclastes ou
des intraclastes variés. La texture est celle d'un packstone ;
-la partie supérieure, de couleur rouge vif, est un grainstone à oolithes
ferrugineuses; la surface supérieure est encroûtée; les lamines, probablement
stromatolithiques, sont très hématisées.
La faune est riche et les ammonites généralement bien conservées (test
préservé) permettent d'apprécier la condensation et la durée du dépôt (depuis la
sous-zone à Bifronsjusqu'à la zone à Variabilis et, peut être, le début de la zone à
Thouarcense). Les faunes ne sont généralement pas mélangées, sauf à l'extrême
sommet du banc où, localement, courants et bioturbations ont pu remanier
certaines coquilles déjà ensevelies. Nous ne donnerons ici que quelques
indications sur la succession des faunes, en ne tenant compte que du matériel
récolté et repéré en place:
-18-
- dans la partie inférieure, non minéralisée: H ildoceras bifrons (Brug.),
Harpoceras subplanatum (Opp.) et Frechiella subcarinata (Y. et B.) ;
- dans la masse du banc: H. bifrons et H. subplanatum sont associés à
Zugodactylites braunianus (d'Orb.), Lytoceras cornucopiae (Y. et B.) (en nids),
Phylloceras heterophyllum (Sow.) et Calliphylloceras nilssoni (Hebert). Les
Phymatoceras [P. malagma (Oum.)] semblent apparaître à ce niveau;
- dans la partie supérieure (grainstone oolithique ferrugineux), la condensation
est plus sensible car aux Hildoceras s'ajoutent les Mucrodactylites et les
Catacoeloceras ;
-la surface supérieure montre des plages à Hildoceras bifrons (Brug.) mais on
trouve surtout une riche faune de la zone à Variabilis: Mucrodactylites mucro-
natus (d'Orb.), Catacoeloceras dumortieri (de Brun), C. confectum Buckm., Hau-
gia ogerieni (Oum'>, H. gr. navis (Oum.), Brodieia juncta Buckm. et Osperlio-
ceras bicarinatum (Ziet.). Exceptionnellement on trouve des formes plus récen-
tes: Esericeras eseri (Opp.), etPseudogrammoceras aff. doerntense Oenckm.
La faune associée est assez riche: bélemnites, Praeconia subtetratona (Müns-
ter) pour les lamellibranches, Pleurotomaria philocles pour les gastéropodes.
En ce qui concerne les conditions de dépôt, le Minerai oolithique de Saint-
Quentin s'est constitué àfaible profondeur au moins en ce qui concerne la partie
sommitale. La masse du banc montre par contre de nombreux éléments pélagi-
ques. Le milieu, ouvert au début de la zone à Bifrons, s'inscrit progressivement
dans le domaine littoral à la fin du Toarcien moyen; cette évolution s'accom-
pagne d'une montée de l'agitation propice aux ravinements et à la genèse des
oolithes; les bancs rendus fragiles par la bioturbation sont facilement
démantelés sans que le transport soit important. Les oolithes sont d'abord
exotiques mais, au sommet, leur lieu de genèse ne doit pas être très éloigné. Des
indices d'émersion sont connus à Saint-Quentin; ils semblent disparaître vers le
Nord (Corbeyssieu, Antouillet).
• Banc à coquillages (0,20 ID en moyenne). L'extraordinaire richesse en
ammonites de ce banc a fait la célébrité des gisements dits de la Verpillière. Par
contre, il n'avait pas d'intérêt minier. Il s'agit d'un calcaire argileux hématisé, à
grosses oolithes sphériques ou elliptiques, atteignant fréquemment 3 mm de
diamètre. En lame mince, on reconnaît une micrite à oolithes micritiques, ferru-
gineuses, dispersées et mal classées. Des galets calcaires et des fossiles sont
remaniés. Les ammonites semblent aussi remaniées. Leur remplissage est une
micrite grise, non ferrugineuse, que L..Cayeux (1922) estimait être d'origine
pélagique. Pour cet auteur, ces "ammonites procèdent d'un milieu tout différent
de celui où elles gisent aujourd'hui.... (elles ont).... la signification de véritables
galets" venus du large. L'impression de remaniement est aussi renforcée par
l'allure désordonnée des fossiles dans la masse du banc; les ammonites se pré-
sentent parfois verticalement. Au plan biostratigraphique, les condensations
sont spectaculaires, mais les remaniements ne sont pas évidents sauf au niveau
de la zone à Aalensis dont il est difficile de séparer les différents horizons. Dans
quelques localités (Maison Barbier près de Corbeyssieu, talus oriental de la
RP3), la base du banc livre quelques ammonites de la zone à Pseudoradiosa:
Dumortieria pseudoradiosa (Branco) et Catulloceras leesbergi (Branco).
Pleydellia mactra (Dum.) occupe la partie inférieure du banc. P. fluitans (Oum.)
et P. aalensis (in Oum.) apparaissent plus haut. Au sommet du banc, il n'est pas
possible de les séparer des Walkericeras, des Canavaria et, parfois, même des
Leioceras.
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Fig. 4 - Répartition des faciès du 8ajocien (sauf l'Oolithe) dans l'Ile Crémieu et le Mont d'Or lyonnais
Extrait de S. Elmi. R. Enay et C. Mangold. 1964 (modifié)
W.NW. E.SE.
Mont d'Or Plaine de l'Est lyonnais Panossas Corbeyssieu St. Marcel
lyonnais Bel Accueil
1-3 : Bifrons-Opalinum; 4 : Murchisonae; 5 : Concavum; 6 : Sowerbyi I.s.; 7 : Sauzei; 8 : Humphriesianum, pars; 9: Niortense; 10 : Garantiana
~ Assise à petites huîtres
~ Calcaire argilo-siliceux inférieur
~ ,,".
.......
",' Calcaire gréseux
~ Ciret
~ Calcaire à entroques
~ Aalénien supérieur (Couches lenticulaires)
~ O~
Calcaire à bryozoaires
~0 Calcaire à grosses entroques
ITJJ Toarcien minéralisé
~ Calcaire à Cancellophycus
~ Assise remaniée de Boirieu
Fig. 5 - Schéma des variations de faciès du Bajocien entre le Mont d'Or lyonnais et le Sud-Ouest de l'Ile Crémieu
Extrait de S. Elmi, R. Enay et C. Mangold, 1964 (modifié)
Oratoire St-Joseph
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~ Calcaire à petites huîtres ~ Calcaire à spicules ~ Calcaire argilo-siliceux inférieur
~ Ciret ~ Calcaire à Pseudomelania ~ Calcaires à entroques
Fig. 6 - Schéma des relations entre les faciès du Bajocièn de l'Ile Crémieu
Extrait de B. Lathuilière, 1981 (modifié)
-22-
• L'Aalénien est très condensé et variable. Dans tous les gisements connus, il
commence par une pellicule centimétrique, discontinue, de calcaire argileux et
ferrugineux dans laquelle les ammonites sont recouvertes d'un enduit vert
(phosphaté ?). Ce niveau à fossiles verts est bien daté de la zone à Opalinum:
Leioceras opalinum (Rein.), L. (Cyphalioceras) comptum (Branco), L. (C.)
lineatum (Buckm.), Tmetoceras scissum (Ben.), Pseudammatoceras subinsigne
(Opp.) et ses différents morphotypes, R hodaniceras spp.
Au-dessus, la condensation est très marquée à Saint-Quentin où l'Aalénien
moyen (zone à Murchisonae) est représenté par un placage de marne ferrugi-
neuse (0 à 3 cm) contenant Ludwigia crassa (Horn), L. haugi (Douv.), L.
murchisonae (Sow.), Planammatoceras planiforme Buckm., Erycites gonionotus
(Ben.), E. fallax (Ben.). Les Graphoceras concavum (Sow.) de l'Aalénien supé-
rieur, connus dans les collections, ont probablement été récoltés dans une
situation analogue comme en témoigne leur conservation sous forme de moules
très ferrugineux.
A Corbeyssieu, la condensation est un peu moindre. Le Niveau à fossiles verts
est surmonté par un Banc à bélemnites composé d'un calcaire gris qui a livré
Planammatoceras cf. auerbachense (Dorn) à R. Enay (zone à Murchisonae).
j la. Bajocien de faciès méridional(*). Calcaires argilo-siliceux inférieurs, Ciret
(80 à 100 ml. Au Sud de Crémieu, le Bajocien présente des faciès nettement
différents de ceux du Jura. Ils correspondent à une succession de calcaires, de
calcaires argileux et argilo-siliceux souvent riches en silice. Ces faciès évoquent
ceux de la région lyonnaise et montent plus ou moins haut dans la série: jusque
dans le Bajocie'n moyen dans le secteur Panossas - Saint-Marcel-Bel-Accueil,
jusqu'à la base du Bajocien supérieur entre Saint-Quentin-Fallavier et la Grive-
Saint-Alban (Elmi, Enay et Mangold, 1964).
• Calcaires argilo-siliceux inférieurs (50 à 60 m).
- Ils commencent par 2 m de calcaires gris verdâtre, silteux, très siliceux, en
bancs d'aspect feuilleté, séparés par des passées marneuses verdâtres. Ces
Niveaux feuilletés sont datés de la base du Bajocien par Hyperlioceras sp. (RP3,
Saint-Quentin) et par Euhoploceras crassispinatum (Buckm.), associé
probablement à Euaptetoceras klimakomphalum renzi Elmi (Corbeyssieu). En
lame mince, ce sont des microsparites à grains de quartz parfois très abondants,
rares entroques et bioclastes. Par places, les silts quartzeux deviennent très
abondants et semblent liés à la présence de silicifications précoces.
- Au-dessus, des calcaires silteux alternent avec des niveaux argilo-calcaires
noirs riches en matière organique (5 m).
- La masse principale des Calcaires argilo-siliceux inférieurs se caractérise par
la présence de silex. Dans les premiers mètres (Saint-Quentin), c'est une
biosparite à grains de quartz, bryozoaires, ostréidés, débris d'échinodermes. Les
coquilles sont fréquemment perforées. Les spicules de spongiaires deviennent
progressivement abondants. Une structure feuilletée souligne la stratification
qui peut être oblique. Les silicifications oblitèrent cette lamination. A Saint-
Quentin, nous avons récolté Stephanoceras cf.humphriesianum (Sow.) à 10 m de
la base. Dans leur ensemble, les'Calcaires argila-siliceux inférieurs sont datés
du Bajocien inférieur et moyen. Ils diffèrent donc du Ciret lyonnais, auquel ils
sont comparés, tant par l'âge que par l'abondance des silex.
(*) regroupé sur la carte avec l'Aalénien pro parte: 19-j1a.
-23 -
Vers le Nord, le passage aux faciès jurassiens se fait entre Panossas et
Crémieu. A Chozeau (mont Boirieu), on note l'intercalation d'une biosparite
grossière, localement ferrugineuse et riche en grains de quartz. Ce sont les
Calcaires gréseux à grandes entroques riches en ammonites: Lissoceras
oolithicum (d'Orb.), Witchellia, Skirroceras macrum (Qu.), Dorsetensia sp.,
Stephanoceras sp. qui indiquent une possible condensation voire un
remaniement à la limite Bajocien inférieur (zone Sauzei) - Bajocien moyen
(zone à Humphriesianum). On trouve aussi des bryozoaires: Spiropora
deslongchamsi de Ferry, Ceriocava corymbosa (Lamour.), des brachiopode,s :
"Rhynchonella" pallas Ch. et Dew., "R." (Burmirhynchia ?) niobe Roche non Ch.
et Dew., des lamellibranches: Oxytoma munsteri (Goldf.), Chlamys dewalquei
var. jurensis (Riche), Aequipecten sp., Plagiostoma premutabilis Dech., P. cf.
annonii Merian et des radioles de Paracidaris zschokkei (Desor). Ces assises
riches en faune benthique dans lesquelles sont concentrées et remaniées des
ammonites jalonnent la zone de passage entre plate-forme jurassienne et
domaine de bassins. Cette zone s'appuie sur l'axe Chamagnieu - Vienne. Plus
au Nord, les Calcaires argilo-siliceux inférieurs passent par indentation à la
partie inférieure des Calcaires à entroques (Beptenoud, val de la Fusa).
• Ciret (40 à 50 ml. A Saint-Quentin, il correspond à des Calcaires argilo-
siliceux supérieurs sans silex. En lame mince, on note la forte proportion de silts
quartzeux et de spicules. La macrofaune est silicifiée comme c'est le cas dans le
Ciret du Mont d'Or lyonnais. Les ammonites, Strenoceras subfurcatum (d'Orb.),
Spiroceras bispinatum (Baug. et Sauze), Partschiceras viator (d'Orb'> indiquent
le début du Bajocien supérieur (zone à Subfurcatum). C'est donc l'équivalent
partiel des Calcaires à petites huîtres de faciès jurassien dont l'extension atteint
le bord méridional de l'Ile Crémieu {Saint-Marcel-Bel-Accueil}.
j lb.
Bajocien moyen et base du Bajocien supérieur. Calcaires à polypiers et
Calcaires à petites hUÎtres (15 à 50 ml. Dans le secteur du val de la Fusa, les
faciès méridionaux ou lyonnais représentés par les Calcaires argilo-siliceux et le
Ciret sont remplacés par les faciès jurassiens Calcaires à entroques, Calcaires à
polypiers d'une part et Calcaires à petites huîtres d'autre part (fig. 4). Sur la
surface supérieure, parfois perforée, des Calcaires à entroques moyens reposent
des Calcaires à polypiers. B. Lathuilière (1981, p.32-33) a confirmé qu'il
s'agissait du deuxième niveau à polypiers des régions plus septentrionales
(feuille MontIue!), le premier niveau disparaissant dans les Calcaires à
entroques moyens (Elmi, Enay et Mangold, 1964).
• Calcaires à polypiers- 2ème niveau (15 â 20 m). Ils forment de beaux
biohermes de dimensions hectométriques, â forme plan-convexe, observables
dans le val de la Fusa. La texture de la roche, commandée par la nature des
polypiers et leur agencement est soit de type bindstone, soit de type bafflestone.
Le microfaciès est une biopelmicrite.
La faune très variée comprend (B. Lathuilière, 1981) des madréporaires avec
des formes lamellaires: Stephanastrea sp., Isastraea sp., Complexastrea sp.,
Dimorpharaea sp., des formes rameuses: ? Stylosmilia fromenteli Koby,
Dendraraea pauciradiata Fisch. et une forme solitaire: Montlivaltia sp. Le reste
de la faune contient des foraminifères: Nubecularia reicheli Rat, Ophtalmidium
sp., Lenticulina quenstedti Gumb., Robulina munsteri Roem., Involutina sp.,
"Paalzowella" sp., des annélides: Serpula (CycloserpulaJ gordialis Schloth., des
brachiopodes: Moorellina sp., Cymatorhynchia quadriplicata (Ziet.), Parvi-
rhynchia parvula Edesl., des bryozoaires : Stomatopora dichotoma (Lam.),
Multisparsa spinosa (Lam.), des bivalves: Lithophaga sp., Chlamys ambiguus
-24-
(Munst.)~Ch. dewalquei (Opp.), Camptonectes Lens (Sow.), Plagiostoma annonii
Mer., Liostrea sp., des échinodermes: Isocrinus bajocensis (d'Orb.), Pentacrinus
babeaui (de Lor.), Paracidaris zschokkei (Desor), Balanocidaris cucumifera
(Ag.), Diplopodia pentagona (Mc Coy).
Les brachiopodes sont en accord avec l'âge Bajocien moyen (zone à
Humphriesianum) basé sur les ammonites trouvées au mont Myon par
M. Pelletier (1950).
• Calcaires à petites huîtres (15 m). Sur la surface perforée du toit des Calcaires
à polypiers viennent des bancs pluridécimétriques, à stratification entrecroisée,
renfermant de nombreuses huîtres. Le microfaciès est variable: biosparite,
biopelmicrite, pelsparite, oobiosparite vers le sommet.
La faune comprend des annélides: Serpula (Cycloserpula) socialis (Goldf.),
des bryozoaires: Multisparsa lamellosa (Mich.), Ceriocava sarthacensis (d'Orb.),
des bivalves: Liostrea obscura (Sow.>, L. aff. acuminata (Sow.) et des crinoïdes:
'1socrinus" bajocensis (d'Orb.), Pentacrinus babeaui (de Lor J, Balanocrinus
moeschi (de Lor.).
Les ammonites trouvées récemment plus au Nord sur la feuille Montluel
donnent à cette unité un âge Bajocien supérieur basal (zone à Suhfurcatum)
(C. Mangold et B. Lathuilière, 1979).
j 1c. Bajocien supérieur. Calcaires oolithiques (80 à 100 m). Ce sont des calcaires
oolithiques, très gélifs, à stratifications obliques et entrecroisées, de teinte blan-
che ou gris-bleu sauf à la base où elle est jaune-miel. Dans cette masse mono-
tone, épaisse d'une centaine de mètres, la partie inférieure est plus riche en
bioclastes et ménage un passage progressifaux Calcaires à petites huîtres. Dans
le secteur méridional (Saint-Marcel-Bel-Accueil), cette oolithe bioclastique a été
utilisée comme niveau repère. En lame mince, elle se singularise par l'abon-
dance des tests de lamellibranches et des bryozoaires. Aux deux tiers supérieurs
de la formation se placent un ou plusieurs lits calcaréo-argileux (Niveau inter-
oolithique, A. Riche, 1893). Ce niveau est bien exposé près de Moir~eu où il a
livré des ammonites: Parkinsonia subarietis Wetzel, Gonolkites sp. et des bra-
chiopodes qui indiquent le début de la zone à Parkinsoni. Le tiers supérieur des
Calcaires oolithiques se rattache encore probablement à la zone à Parkinsoni.
j 2. Bathonien. Calcaires (20 à 30 ml. L'étage est incomplet dans toute l'Ile
Crémieu. Dans le secteur couvert par la feuille Bourgoin, le C hoin de Villebois,
dont l'âge est compris entre le sommet du Bathonien moyen (zone à
Subcontractus, sous-zone à Morrisi, horizon à Wagnericeras) et la base du
Bathonien supérieur (zone à Retrocostatum, sous-zone à Blanazense, horizon à
Mirabilis), repose directement sur la surface perforée des Calcaires oolithiques
(j 1c). Il Y a lacune des Calcaires à taches (Bathonien inférieur, zone à Zigzag) et
des Calcaires à silex (Bathonien moyen, zone à Subcontractusp.p.).
Ces deux formations existent à l'Est du Rhône dans le Bugey (feuille Belley),
Le Choin (10 à 20 m) forme à lui seul la majorité des affieurements batho-
niens; il a été activement exploité comme pierre de taille jusqu'à la fin du
19ème siècle. Les exploitations étaient cependant moins nombreuses que plus
au Nord (feuille Montluel). C'est un calcaire légèrement spathique, peu argileux
de teinte gris-bleu, à traînées ferrugineuses, à joints stylolithiques et à lits de
silex. Les traînées sont des traces de bioturbation laissées par des animaux
-25-
fouisseurs, sans doute des crustacés décapodes, ainsi qu'en témoignent les restes
de pinces ou de céphalothorax.
La coupe la plus complète se trouve dans la carrière Giraud à Saint-Hilaire-
de-Brens (x = 831,00; Y = 2079,00). A 5,70 m au-dessus de la base ont été
récoltés: Clydoniceras (Delecticeras) sp., P. (Paroecotraustes) prevalensis Steph.
A plus 12,00 m des bancs plus tendres contiennent Arceythyris pseudoglobata
(Muir-Wood), A. lissajousi Alm. et Wagnericeras sp. Les derniers bancs, au
sommet de la carrière, constituant la découverte sur 3,50 m, sont plus argileux;
ils renferment: Gervillia siliqua Sow., Pholadomya murchisonae Sow., Ph.
bellona d'Orb., Acanthothyris spinosa (Schloth.), P. (Procerites) quercinus (Terq.
et J ourdy), P. (P.) mirabilis (Ark.), P. (P.) sp. et H omoeplanulites (Parochoffatia)
subbackeriae (d'Orb.) (C. Mangold, 1970, p. 44).
Au-dessus du Choin viennent des Calcaires roux et spathiques (2 à 3 m)
(C. Mangold, 1970, p. 40), équivalents latéraux du Niveau fossilifère supérieur
au Choin du Bugey. Ils sont bien exposés près de la ferme Vidiaux (x = 831,15;
y = 2078,88) où ils reposent sur la surface durcie et perforée du Choin. Ce sont
des calcaires biodétritiques mal stratifiés à débris d'échinodermes plus ou moins
roulés, à grains ferrugineux, de couleur générale rousse ou brunâtre. A la base
ont été recueillis: Oxycerites cf. aspidoides (Opp.), B. (Bullatimorphites) cf.
platystomus (Liss.), B. (B.) angulicostatus (Liss.), Procerites (Siemiradzkia) sp.,
H. (Homoeoplanulites) homoeomorphus Buck., H. (H.) sp. nov. A, H. (Paro-
choffatia) subbackeriae (d'Orb.), H. (P.) arkelli Mang. (C. Mangold, 1970, p. 45).
Près de la ferme Malafroux (Vénérieu, x = 828,20 ; y = 2078,26), ces
niveaux ont fourni: P. (Siemiradzkia) nov. sp. B, P. (Procerites) sp., Choffatia
(Subgrossouvria) cerealis (Ark.) (C. Mangold, 1970, p. 46).
La surface supérieure est corrodée et rubéfiée.
Enfin, une autre lacune englo.be le reste du Bathonien supérieur (zone à
Retrocostatum p.p. et zone à Discum). Dans le Bugey se déposent alors
successivement les Marnes des Monts di\in et les Calcaires bicolores.
j3.Callovien(*). Dalle nacrée. Alternance calcaréo- argileuse (5 à 10 m). Les
affieurements sont trèS rares. Le Callovien à prédominance argileuse étant le
plus souvent érodé ou recouvert par le Glaciaire et la végétation.
La succession lithologique complète de l'étage comprend de bas en haut: la
Dalle nacrée, l'Alternance calcaréo-argileuse, le Banc à Athleta réduit à une
croûte ferrugineuse, alors que le Callovien terminal est remanié dans l'Argile
bariolée à nodules décrite avec l'Oxfordien.
• La Dalle nacrée (0,45 à 1,00 m) affieure dans le talus du chemin de la ferme
Vidiaux, où elle repose sur des Calcaires roux et spathiques du Bathonien supé-
rieur. Elle a livré (R. Enay et C. Mangold, 1959, p. 128 ; C. Mangold, 1970, p. 51)
à la base: Trigonia elongata Sow., lsocardia sp., Pygorhytis ellipticus Lamk,
Macrocephalites macrocephalus (Schloth.) et, au sommet, Macrocephalites cf.
compressus (Qu.), Kamptokephalites kamptus Buck., K. afr. nepalensis (Gray in
Corroy), Dolikephalites gracilis. L'âge correspond au Callovien inférieur, zones
à Macrocephalus et à Gracilis. Ces niveaux ont fourni également des
ostracodes: Oligocythereis gauthieri Donze, Procytheridea martini Bizou,
Schuleridea caudata Donze (P. Donze et R. Euay, 1963).
(*) regroupé sur la carte avec l'Oxfordien inférieur: j3-4.
-26-
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Biohermes
A - Bathonien supérieur,
Callovien et Oxfordien de la carrière Giraud
et de la ferme Vidiaux
à Saint-Hilaire-de-Brens (Isère)
Extrait de P. Donze et R. Enay, 1963 (modifié)
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B - Couches à ciment (Oxfordien supérieur)
de la carrière Chevrot-Deleuze à Trept (Isère)
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-27 -
• L'Alternance calcaréo-argileuse (visible sur 4,60 m) est exposée sur le flanc
est de la carrière Giraud (R. Enay et C. Mangold, .1959, p. 170; C. Mangold,
1970, p. 50). Ce sont des argiles calcaires bleutées ou jaunâtres entrecoupées de
minces bancs de calcaires argileux bicolores. La faune recueillie indique le
sommet du Callovien inférieur (zone à Patina): Hecticoceras (Prohecticoceras)
pseudolunula Elmi, H. (Chanasia) cf. kuhni Elmi, R. (Reineckeia) sp.,
R.(Reineckeites) stuebeli Steinm.; parmi les ostracodes (P. Donze et R. Enay,
1963) : Protocytheridea martini Bizon, Schuleridea caudata Donze.
Il Ya lacun~ du Callovien moyen.
Le dernier banc, fortement raviné, rubéfié est revêtu localement d'une croûte
ferrugineuse et oolithique, témoin du Banc à Athleta.
j4. Oxfordien inférieur (et moyen pars) (*). Argile à nodules calcaires. Lacune
ou série réduite à faciès calcaire riche en faune (F. Roman, 1926), citée ou décrite
autrefois à Optevoz par H. Blondet et F. Roman (1926) et au Nord de Trept par
A. de Riaz (1891,1895) q\li a mêlé une partie de la faune à celle des Couches de
Trept ou de Birmensdorf(A. de Riaz, 1898); à Saint-Hilaire-de-Brens, moulant
la surface supérieure du Callovien érodé et incomplet, argile calcaire plastique,
bariolée, riche en quartz, muscovite et glauconie, avec nodules calcaires
provenant de la destruction d'assises calcaires de faciès variés concentrés dans
les parties déprimées de la surface d'érosion; ils livrent des faunes de l'Oxfor-
dien moyen basal (zone à Plicatilis): Campylites (Neoprionoceras) henrici,
Pachyceras (Tornquistes) kobyi, cf. romani, Aspidoceras (Euaspidoceras)
crebricostis, gr. catena-perarmatum et de nombreux Perisphinctes des sous-
genres Arisphinctes et Dichotomosphinctes; plus rarement de l'Oxfordien
inférieur et du Callovien terminal (zone à Lamberti): Goliathiceras cf.
sidericum, Peltoceras (Peltoceratoides) hoplophorus, Quenstedtoceras (Lamber-
ticeras) lamberti, cf. intermissum (R. Enay etC. Mangold, 1959; R. Enay, 1966).
js. Oxfordien moyen (= ex-Argovien). Couches de Birmensdorf (= couches de
Trept in de Riaz. 1891). Alternance de calcaires gris à taches plus sombres
formées par des fragments de spongiaires et de marnes grumeleuses à débris
d'éponges séparant des masses construites ou biohermes à spongiaires, dus à
l'activité d'algues ou d'organismes proches des algues, les éponges servant
seulement de support, plus calcaires, à stratification peu marquée ou absente,
parfois compacts et massifs. Ces corps calcaires sont dégagés par l'érosion et
souvent les seuls à bien apparaître à l'affieurement.
Les affieurements, discontinus, apparaissent sous la couverture glaciaire
entre Trept et Cozance, au pied du plateau bathonien et de la faille
Trept - Carisieu.
Les biohermes ont la forme de lentilles allongées, de dômes ou de coupoles,
développées en hauteur ou étalées, atteignant plusieurs mètres, parfois
juxtaposées ou superposées, qui passent latéralement aux alternances marno-
calcaires. A l'aplomb des constructions, les séries stratifiées encaissantes
montrent des variations de pendage en partie syndédimentaires (pentes
originelles), en partie postsédimentaires et diagénétiques (poinçonnage,
compaction et tassement différentiels). De telles structures sont visibles à la
sortie est de Trept, le long de la N 517.
ft') regroupé, pro parte, sur la carte avec le Callovien : jl- 4.
-28-
Outre les spongiaires, très variés, parfois de grande taille,jusqu'à 50 cm pour
les Craticularia en forme de cornets allongés ou pour les coupes évasées des
genres Craticularia, Stauroderma, la faune, toujours très riche, comprend de
nombreux épizoaires généralement fixés sous la face cachée (inférieure ou
supérieure de leur vivant) des éponges-supports (serpules, bryozoaires, brachio-
podes inarticulés....), des formes benthiques libres ou sessiles, brachiopodes
(Lacunosella arolica, Moeschia alata, Cheirothyris subtrigonella), lamelli-
branches, oursins, crinoïdes.... et les nombreuses ammonites de la "faune de
Trept", illustrées dans la monographie de A. de Riaz (1898), révisées par W. J.
Arkell (1948) et R. Enay (1966): Taramelliceras (T.) bacchianum, dentostria-
tum; T. (Proscaphites) anar; Campylites (Neoprionoceras) lautlingensis;
Ochetoceras canaliculatum, hispidum ; Trimarginites arolicus, stenorhynchus;
Glochiceras (Gl.) subclausum; Gl. (Coryceras) crenatum; Cardioceras
(Subvertebriceras) denseplicatum, zenaidae; Perisphinctes (Arisphinctes)
plicatilis, helenae; Pero (Per.) parandieri, martelli, pumilus ; Pero (Dichoto-
mosphinctes) antecedens, buckmani, wartae, elisabethae ; Subdiscosphinctes
richei, kreutzi, mindowe; Passendorferia birmensdorfensis, tenuis; Gregory-
ceras riazi, romani, transuersarium; Euaspidoceras (E.) paucituberculatum,
heersumense, oegir, faurei.
Cette faune d'ammonites date la formation de la partie supérieure de la zone
à Plicatilis (sous-zone à Antecedens) pour les niveaux de base et de la zone à
Transversarium pour la plus grande part.
L'épaisseur n'excède guère 5 mètres.
j6. Oxfordien supérieur (= ex-Argovien pars et ex-Rauracien).
j6a. Couches d'Effingen et du Geissberg.. Puissante série marno-calcaire (50 à
60 m), monotone, avec intercalations plus calcaires au sommet correspondant à
la terminaison méridionale du membre calcaire des Couches du Geissberg, mal
caractérisé ici sinon par sa plus grande richesse en faune.
L'essentiel de la formation est un marno-calcaire gris-bleu, compact à l'état
frais, à débit polyédrique, rapidement altéré en une marne grise avec concré-
tions et rares fossiles pyriteux, formant des pentes raides, souvent ravinées,
incultes, sauf quand elles supportent un manteau d'éboulis, et couvertes de
genévriers. La faune, de petite taille, comprend de rares ammonites et brachio-
podes pyriteux (Amoeboceras alternans, Perisphinctes et oppéliidés indétermi-
nables, Aulacothyris impressa), des articles de crinoïdes et des pièces squelet-
tiques de stéllérides, pyriteux ou calcaires.
A la partie supérieure, le banc bleu ou banc compact des carriers est une
masse, épaisse de 8 m de moyenne, d'un calcaire argileux ayant la composition
voulue pour la fabrication de ciment naturel, bleu, mal lité et compact, débité en
gros blocs à surfaces courbes et arêtes tranchantes, rapidement délité après
exposition à l'air, pauvre en fossiles: Amoeboceras alternans, Pero (Dichoto-
moceras) bifurcatus.
Au sommet, les Couches du Geissberg apparaissent à peine; les
intercalations plus calcaires connues au Nord (feuille MontIue!), avec lits de
spongiaires (Optevoz) ou petits biohermes (Bouvesse), ont presque disparu. La
sédimentation plus calcaire correspond aussi à une faune plus abondante et plus
variée, dominée par les lamellibranches de milieu vaseux: Mactromya
paturattensis, globosa ; Arcomya punctifera, latissima; Cercomya antica,
-29-
siliqua, associés à des formes épibiontes comme Aequipecten subarmatus,
Entolium demissum, Pseudolimea alternicosta, Arca bouranensis, Barbatia
valbertensis, Parallelodon alsatica, roederi, des gastéropodes plus rares
(Pleurotomaria babeanum, ledonicum) et un échinide fouisseur, Dysaster
granulosus. Les ammonites, Trimarginites stenorhynchus, Ochetoceras basseae,
hispidiforme; Perisphinctes (Per.) cautisnigrae; Pero (Dichotomoceras)
bifurcatus, bifurcatoides, crassus; Mirosphinctes bukowskii; Euaspidoceras
(E.) perarmatum var., akanteen, oegir, pauciturberculatum ; indiquent la partie
supérieure de la zone à Bifurcatus (sous-zone à Grossouvrei).
La formation renferme aussi une microfaune assez riche, étudiée dans la
carrière du Montbron, à Trept (M.-Th. Bastien, P. Donze et J. Sigal in R. Enay et
alii, 1963). Parmi les foraminifères: Spirdphthalmidium cf. stuifense Paal., S.
tenuissitnum Paal., S. cf. dilatatum (Paal.), S. cf. birmensdorfensis Küb. et
Zwigli, S. strumosum (Gümbe1), Ammobaculites imlayi Loebl. et Tap., A. cf.
conostomum Deecke, A. suprajurassicus (Schwag.), A. subaequalis Mjatl.,
Trochammina pulchra Ziegl., T. inflata (Montagu), V cginula decemcostata
Wisniow., V. macilenta Terq. in Lutze, V. afr. oolithica (Schwag.), ? Globulina
laevis Schwag., Spirillina cf. amphelicta Loebl. et Tap., Cristellaria plexus
flexuosa Brückm., C. plexus quenstedti Gümb., C. plexus treptensis Bast. et
Sigal, Haplophragmoides planus Antonova, Textularia jurassica Gümb.,
Dentalina jurensis (GümbJ, Rectoglandulina vulgata (Bornem.), Saracenaria
cornucopiae Schwag., Nodosaria afr. grojecensis Wisn'iow., Lenticulina audax
Loebl. et Tap., Lingulina afr. micida Loebl. et Tap., Marginulopsis turgida
(Schwag.) et nombreuses autres espèces en nomenclature ouverte; les
ostracodes comprennent: Cytherella ovoidea Donze, C. depressa Donze, C.
woltersdorfi Oertli, Krausella argoviensis Oertli, Pontocyprella suprajurassica
Oertli, Schuleridea minuta Donze, Monoceratina denticulata Donze, polita
Donze, Procytheridea martini Bizon, gublerae Bizon.
Les affleurements sont peu nombreux en dehors des anciennes carrières qui
exploitaient ces niveaux pour la fabrication de chaux hydraulique ou de ciment
naturel; la plus importante était la carrière du Montbron, au Sud de Trept; les
autres exploitaient les lambeaux isolés en bordure du Marais et de la faille des
Vernes (la Chanas, Vénérieu).
(30 à 40 m). Ensemble bien stratifié de calcaires à grain fin,
16b. Calcaires lités
sublithographiques, de teinte claire, gris ou crème, à pyrite plus ou moins
abondante, séparés par des niveaux marneux ou plus délités. On peut séparer:
• un ensemble calcaire inférieur (= Couches de Montchalin, Enay, 1958),
stratifié en bancs minces à intercalations marneuses également peu épaisses,
renfermant à sa partie inférieure deux niveaux de biohermes à spongiaires
d'origine algaire comme ceux des Couches de Birmensdorf, toujours simples et
peu développés en hauteur, reliés par des bancs calcaires. Le deuxième niveau
est coiffé par la Couche à hexactinellides de P. Choffat (1878), marne
grumeleuse épaisse de 1 m en moyenne, à intercalations calcaires et nombreux
spongiaires entiers ou brisés. Au~ dessus, le Banc de fer est un niveau repère
assez fréquent à l'affleurement en dehors des exploitations de pierre à ciment et
facile à reconnaître; c'est un calcaire à grain fin, dur et compact à l'état frais,
gris-bleu, à nodules de pyrite et nombreuses sections de spongiaires bleues ou
violines, riche en fossiles souvent d'une belle teinte jaune. Ila fourni l'essentiel
de la faune de ce niveau qui correspond à la partie inférieure (sous-zone à
Hypselum) de la zone à Bimammatum: Ochetoceras basseae, hispidiforme;
Trimarginites trimarginatus; Glochiceras (GI.) tectum, nimbatum; GI. (Cory-
-30-
ceras) canale, microdomum; Taramelliceras tricristatum, pichleri, lochense; T.
(Strebliticeras) externnodosum; Amoeboceras ovale, bauhini; Orthosphinctes
(O.) tiziani, polygyratus, colubrinus, torresensis, mogosensis; O. (Pseudortho-
sphinctes) alternans, evolutus; Ringsteadia flexuoides,' Microbiplices
microbiplex; Epipeltoceras berrense, semiarmatum, semimammatum et
variants (uhligi, circumcostatum, stroemeri); Euaspidoceras hypselum,
eucyphum, costatum, striatocostatum ;
• un ensemble moyen (= Couches de Bouvesse, Enay, 1958), plus marneux. La
partie inférieure est envahie par de nouvelles constructions algaires à
spongiaires, de grande dimension, résultant de la coalescence de plusieurs
biohermes simples, séparant des ensembles stratifiés avec les effets habituels de
poinçonnage, compaction différentielle s'ajoutant aux pentes originelles liées au
développement des constructions. Au-dessus, série stratifiée en bancs épais mal
délimités, de calcaires argileux ou feuilletés très délités, riches en pyrite, et de
marnes ou niveaux délités. La faune, plus rare dans l'ensemble, est concentrée
dans les premiers niveaux de la série stratifiée au toit des biohermes :
Ochetoceras marantianum, semifalcatum; Trimarginites trimarginatus;
Glochiceras (Lingulaticeras) lingulatum; Taramelliceras (T.) costatum et
variants (auritum, nodoserratum), lochense; Tar. (Strebliticeras) tegulatum,
externnodosum tegulatum; Orthosphinctes (O.) tiziani, tiziani pseudoplicatilis,
colubrinus, polygyratus; O. (Pseudorthosphinctes) alternans, evolutus;
Microbiplices divergens; "Decipia" topalensis, latecosta; Epipeltoceras
bimammatum, treptense; Euaspidoceras (E.) costatum. C'est la faune de la
partie moyenne (sous-zone à Bimammatum) de la zone à Bimammatum ;
• un ensemble calcaire supérieur ou Couches de Soleymieu de A. de Riaz (1895)
qui les attribuait à son "Séquanien pélagique". C'est un calcaire sublitho-
graphique, de couleur crème, encore visible dans les petits carrières près de
Soleymieu d'où provient une série de Périsphinctidés de la collection A. de Riaz :
Orthosphinctes(O.) polygyratus, O. (Pseudorthosphinctes) alternans,grandiplex
Weg. (non Qu.). On y trouve plus fréquemment de petits oppeliidés, Ochetoceras
marantianum; Taramelliceras litocera, tenuinodosum, wenzeli; Glochiceras
(CorycerasJ modestiforme.
La microfaune des membres inférieur et moyen a été étudiée dans la carrière
du Montbron à Trept (M.-Th. Bastien, P. Donze et J. Sigal in R. Enay et alii,
1963). Une partie des espèces est connue de la formation sous- jacente :
Vaginula macilenta Terq. in Lutze, ? Globulina laevis Schwag., Spirillina cf.
amphelicta Loebl. et Tap., Cristellaria plexus flexuosa Brückm., C. plexus
quenstedti Gümb., C. plexus treptensis Bast. et Sigal, Dentalina jurensis
(GÜmb.), Rectoglandulina vulgata (Bornem.), Saracenaria cornucopiae Schwag.,
Ammobaculites cf. conostomum Deecke, Marginulopsis turgida (Schwag.) pour
les foraminifères; Cytherella ovoidea Donze, depressa Donze, woltersdorfi
Oertli, Monoceratina denticulata Donze, polita Donze, Procytheridea martini
Bizon, gublerae Bizon pour les ostracodes.
Les espèces qui apparaissent sont: pour les foraminifères, Lenticulina
polypora (Gümb.), Astacolus aff. aphrastus Loebl. et Tap., angustissimus
Wisniow., Saracenaria triquetra Gümb., Paalzowella afr. feifeli (PaalzJ, undosa
Antonova, Guttulina cf. pygmaea Schwag., Marginulinopsis virga Lalicker,
Dentalina turgida Schwag.; pour les ostracodes, Cytherella interrupta Donze,
Paracypris acris Oertli, Monoceratina trepti Donze, Libicertatuba stimulea
Schwager.
- 31-
Souvent masqués par une importante couverture glaciaire, les Calcaires
lités affleurent autour de Soleymieu et dans les buttes qui occupent le fond du
compartiment triangulaire effondré entre Trept, Cozance et Vieux-Sablon-
nières. Seule l'ancienne carrière du Montbron, qui exploitait aussi ces niveaux,
fournit une coupe à peu près complète des Calcaires lités.
j6C.
Calcaires pseudolithographiques (70 à 80 ml. Le véritable faciès des
Calcaires pseudolithographiques est connu seulement au Nord de l'Ile Crémieu,
près de Bouvesse (feuille Montlue!). Dans le reste de l'Ile Crémieu et sur la
feuille de Bourgoin, la base et le sommet de la formation sont bien différenciés:
• membre inférieur: Couches de Sablonnières ou Couches à myes (= Couches
du Geissberg, de Riaz, 1895). Epaisses de 40 m environ, elles montrent une série
monotone de calcaires blancs oujaune clair, â grain fin, souvent crayeux, gélifs,
mal stratifiés, â débit polyédrique ou en plaquettes, exploités autrefois comme
pierre à chaux. La faune est remarquable par la prédominance des mollusques
de faciès vaseux rencontrés souvent en position de vie: Pholadomya
hemicardia, flabellata, cor, paucicosta, pelagica, cardissoides ; Pleuromya
sinuosa; Goniomya marginata; Cercomya striata, antiqua; Thracia pinguis;
en outre: Plagiostoma tumida, Aequipecten subfibrosus, Variamussum de
missum, Pinna lanceolata, Acanthorynchia lorioli, Aromasithyris riazi et des
ammonites, plus rares, qui datent ce niveau inférieur de la zone à Planula:
Glochiceras rCoryceras) modestiforme, Taramelliceras litocera, Microbiplices
microbiplex, ldoceras cf. planula, laxeuolutum, minutum, cf. schroederi ;
• membre supérieur: Calcaires à Pinna (A. de Riaz, 1895). Plus proches des
Calcaires pseudolithographiques par leur lithologie et leur mode de stratifi-
cation, ils renferment plus de passées marneuses et des bancs épais à débris qui
livrent une faune variée et abondante: Pholadomya protei, hemicardia,
cardissoides, canaliculata, parcicosta; Pleuromya alduini, sinuosa ; Modiola
perplicata; Arcomytilus pectinatus; Pteroperna obliqua, plyodon ; Exogyra
bruntrutana ; Gervilleia aviculoides ; Parallelodon rhomboidalis ; Lucina lirata ;
Corbicella laevis et de rares ammonites, également de la zone à Planula, ldoce-
ras minutum, schroederi, cf. laxevolutum. Pinna obliquata qui a donné son nom
au membre supérieur se rencontre uniquement dans les niveaux lités à grain
fin, souvent en position biologique, associée à quelques formes de la liste ci-
dessus, surtout des pholadomyes, également en position de vie.
Ces niveaux ont été exploités autrefois comme moellons pour la construction
(Calcaire à Pinna), pour fournir l'apport nécessaire à la fabrication du clinker
dans les cimenteries ou comme castine (ou fondant) pour les hauts-fourneaux
(Couche à myes) ; ils sont encore actuellement utilisés comme matériau
d'empierrement.
j7.Kimméridgien inférieur (= ex-Séquanien). Calcaires à débris et à nodules
algaires ou oncolithes (= Calcaires à Zeilleria humeralis et à Exogyra bruntru-
tana de A. de Riaz, 1895), connus également sous les appellations de Pisolithe ou
de Calcaires à momies. Ils sont limités à l'angle nord-est de la feuille où
subsistent d'anciennes petites carrières ouvertes dans ces niveaux. Elles mon-
trent des calcaires à débris mal stratifiés ou stratifiés en bancs épais, dans
lesquels s'intercalent des lentilles ou des lits de nodules algaires (oncolithes ou
momies), renfermant une riche faune benthique: Aequipecten inaequicostatus,
Mytilus rauraricus, Modiola leila, undulata, subaequiplicata, Pholadomya cor,
parcicosta, Trigonia aculeata, reticulata, Arcomya latissima, Opis biturigensis.
La datation de ces niveaux est assurée par les niveaux datés sus-jacents et
-32-
quelques affleurements ayant fourni de rares ammonites (Ataxioceras (Parata-
xioceras) stroemeri, cf. wemodingense) sur les feuilles voisines Belley et la Tour-
du-Pin.
Terrains sédimentaires tertiaires
g. Oligocène. En dehors des séries de remblaiement de l'Est lyonnais reconnues
par forage (cf. p. 52>, les dépôts attribués à l'Oligocène se rencontrent en placa-
ges discontinus dans l'Ile Crémieu où ils reposent toujours sur le Jurassique
supérieur. Tous les affleurements étudiés par C. Jacquemet (1895) et portés sur
la 1ère édition de la carte Chambéry à 1/80000 par D. Hollande (repris sur la
2ème édition) n'ont pas été retrouvés, en particulier celui de Couvaloup.
La succession complète reconnue par C. Jacquemet comprend de bas en
haut:
-calcaire lacustre travertineux blanc à rares Limnaea, Cepaea eurabodta,
Planorbarius cornu;
- calcaire marneux bitumineux bleuté à nombreux fossiles: Limnaea, Cepaea
eurabodta, Planorbarius cornu;
- brèche de base, à éléments anguleux de calcaires jurassiques dans une
matrice argilo-calcaire rouge, sans fossile.
La brèche de base est le niveau le plus souvent, ou même le seul, visible à
l'affieurement: buttes à l'Ouest de l'étang du Carre, entre Carisieu et
Soleymieu; lambeaux conservés le long de la faille des Vernes, à la Chanaz.
m2b. Miocène supérieur d'eau douce. Tortonien. A partir de l'Helvétien, une
large transgression, partie du bras de mer péri-alpin, envahit le Bas-Dauphiné.
Les sédiments sont des sables fins, micacés et calcaires, consolidés en molasse
dont les éléments sont d'origine alpine. Le faciès "molasse de Saint-Fons" est
bien connu dans la région lyonnaise (feuilles Lyon et Givors).
La série miocène montre vers le haut le passage à un régime saumâtre. C'est
à partir de la base de cette phase saumâtre que les dépôts miocènes sont visibles
à l'affleurement sur le territoire de la feuille Bourgoin- Jallieu.
Les niveaux stratigraphiquement les plus bas sont sableux (m2b,3). Ils
contiennent Nassa michaudi, caractéristique des faciès saumâtres du Miocène
supérieur. Les gisements fossilifères existent à l'Ouest en x = 811,10 et
y = 2069,20, caractérisant les sables d'Heyrieux (H. Gauthier et alii, 1959) et à
l'Est en x = 831,30 et y = 2068,60 au pied ouest de la butte de Bouezy.
Dispersés dans la masse sableuse apparaissent quelques niveaux à galets
parmi lesquels dominent les roches cristallines. Ces niveaux, quand ils sont bien
individualisés ont été indiqués sur la carte par un figuré particulier (m2b, 1).
Superposés dans la plupart des cas à ces faciès sableux et à galets apparaissent
des niveaux argileux qui. ne sont pas à altitude constante. Dans la partie est de
la carte il apparaît deux niveaux superposés. Un niveau supérieur, bien
caractérisé dans l'abrupt de la colline de Cessieu est jalonné par une ligne de
sources. Un deuxième niveau qui semble plus bas dans la formation est présent
dans le secteur de Nivolas- Vermelle. Les affleurements peuvent être de grande
épaisseur. La formation donne alors lieu à des exploitations. Tel est le cas à
Nivolas-Vermelle. Dans cette exploitation (x = 832,46 ; y = 2064,42) et à Saint-
Victor-de-Cessieu (x = 838,20 ; y = 2064,77), des prélèvements ont été effectués
-33 -
et étudiés par H. Méon. A Cessieu (x = 837,95; Y = 2067,60), des prélèvements
ont été étudiés par C. Nicollet.
Lorsque cette formation argileuse est nettement limitée, elle est représentée
par un figuré: m2b, 2. Une analyse minéralogique a été effectuée par le labora-
toire de sédimentologie du département des Sciences de la Terre, Université
Claude Bernard, Lyon. Les pourcentages en minéraux argileux sont les
suivants: illite 30 %, chlorite 25 %, montmoril1onite 45 %.
La partie supérieure de la formation est envahie par des niveaux à galets
consolidés, associés à des niveaux sableux et gréseux. Les galets de calcaires
sont les plus abondants mêlés à des galets de quartzite, quartz laiteux, roches
cristallines altérées, radiolarites, roches métamorphiques. Quelques rares
éléments d'argiles de taille décimétrique sont présents. Les galets calcaires sont
impressionnés montrant des cupules de dissolution. Cette zone à galets corres-
pond à l'ensemble de la formation conglomératique dite de Voreppe (conglomé-
rats "pontiens" des anciens auteurs). Cette formation conglomératique envahit
la série tertiaire depuis la bordure subalpine à l'Est. Elle se termine en biseau
dans les collines situées à la périphérie de Bourgoin. G. Demarcq (1970) a décrit
des coupes de cette formation et du Tortonien sous-jacent notamment dans les
secteurs de Bourgoin, Meyrié, Nivolas-Vermelle.
En ce qui concerne l'épaisseur de l'ensemble de la formation, on peut estimer
à 250 m la partie sus-jacente aux niveaux à Nassa michaudi.
Au plan cartographique, les affleurements d'extension limitée sont indiqués
soit par m2b(1) (niveaux à galets), m2b(2) (niveau argileux) et m2b(3) (niveaux
sableux). Quand les niveaux sont associés dans un affleurement ou pour un
secteur donné ils ont été confondus sous l'appellation m2b. Sous cette appellation
(m2b) ont été également regroupés les conglomérats sommitaux.
Pendant l'Helvétien, sur les terres émergées s'est développée une faune de
mammifères dont on retrouve des témoins dans les remplissages des fissures de
quelques lambeaux calcaires. C'est le cas à l'Isle-d'Abeau en x = 826,i8 ;
y = 2073,00 et Saint-Alban-de-Roche au lieu-dit la Grive, en x = 825,35 ;
y = 2071,11 et x = 824,66; Y = 2070,12. Cette faune a été étudiée par P. Mein.
• Palynoflore (H. Méon). Parmi les prélèvements analysés du point de vue
sporopollinique, trois se sont révélés suffisamment riches, deux dans la même
coupe de la région de Nivolas-Vermelle, un à Saint-Victor-de-Cessieu.
Le prélèvement supérieur de Nivolas- Vermelle et celui de Saint-Victor-de-
Cessieu sont tous les deux situés dans des passées ligniteuses incluses dans des
niveaux sablo-argileux tandis que le prélèvement inférieur de Nivolas-
Vermelle est situé dans une argile grise.
La microflore de Saint-Victor-de-Cessieu est dominée par les herbacées,
nombreuses et variées (70 %). Parmi les arbres, les Abiétacées et les Bétulacées
dominent associées à de faibles pourcentages (1 à 4 % du total de la microflore)
de Taxodiacées, Myricacées, J uglandacées, Tilleul, Ulmacées, Fagacées....
A Nivolas-Vermelle, dans le niveau inférieur, les arbres sont prédominants
(80 %) et parmi eux surtout les Bétulacées (58 %). Les Abiétacées atteignent
15 %, le reste des arbres comprenant des Juglandacées (Carya), Taxodiacées,
Ulmacées et Fagacées en faible quantité.
-34-
Par contre, le prélèvement supérieur se rapproche par son contenu sporo-
pollinique de celui de Saint-Victor-de-Cessieu. Les herbacées atteignent 50 %.
Parmi les arbres, les Abiétacées et les Bétulacées dominent (7,5 et 6,5 % de la
totalité), associées à des Oléacées, J uglandacées, Aquifoliacées, Ulmacées.
Dans aucun des prélèvements les espèces à affinités tertiaires ne sont très
abondantes: Myricacées, Juglandacées, Aquifoliacées, Oléacées, Taxodiacées.
Elles sont les plus nombreuses dans le niveau inférieur de Nivolas-Vermelle où
elles ne dépassent par 12 %.
Il est difficile de situer ces prélèvements stratigraphiquement avec le peu de
résultats que nous avons, de même il est difficile de dire si le prélèvement
supérieur de Nivolas-Vermelle et celui de Saint-Victor-de-Cessieu corres-
pondent à une évolution climatique vers une plus grande aridité ou s'il s'agit
simplement de conditions très locales des milieux de dépôts tortoniens.
• Vertébrés (P. Mein).
- La Grive - Saint-Alban. Les fissures des calcaires bajociens ont livré depuis
1845 en plusieurs points entre la Grive et Saint-Alban-de-Roche une très riche
faune de vertébrés tétrapodes d'âge Miocène moyen, dont un très grand nombre
a été décrit pour la première fois dans cette localité. La faune actuellement
déterminée comporte 10 espèces d'amphibiens, 16 de reptiles, 27 d'oiseaux, 143
de mammifères.
Les fouilles récentes ont permis de constater que les remplissages n'étaient
pas strictement contemporains mais correspondaient à deux niveaux successifs
dans la biochronologie des mammifères néogènes: MN 7 et MN 8 (équivalent
marin probable: Serravallien).
Si les principales formes: Anchitherium, Dicerorhinus, Acerather~um,
Brachypotherium, Gomphotherium se retrouvent dans les deux niveaux, on peut
citer comme formes de MN 7 : Cricetodon albanensis, Megacricetodongregarius,
Fahlbuschia larteti, Lagopsis verus, Galerix stehlini, Lantanotherium robustum,
Euprox furcatus, Palaeomeryx eminens, Plesomeles pusilla, Crouzelia
rhodaniea; et comme formes de MN 8: Hispanomys bijugatus, Fahlbusehia
crusafonti, Muscardinus hispanicus, Protragocerus ehantrei, Agnotherium
grivense, Plesiomeles meini, Protictiherium montadai, Pliopithecus antiquus
chantrei, Sivapithecus darwini.
- L'Isle-d'Abeau. Les fissures karstiques de cette localité renferment une
faune de vertébrés bien plus pauvre que celle des fissures de la Grive. Leur âge
dans le Miocène moyen apparaît plus ancien que celui des fissures actuellement
accessibles de la Grive et semble indiquer le niveau MN 5 (équivalent marin
probable: Langhien). Ces fissures ont livré 2 amphibiens, 6 reptiles, 32
mammifères surtout des petites formes.
On peut citer parmi les formes ne se retrouvant plus à la Grive: Peratherium
frequens, Palaeochoerus aurelianensis, Taucanamo sansaniense, Cainotherium
miocaenicum, Eumyarion weinfurteri, Lagopsis penai- verus.
Formations quaternaires
Complexes morainiques wurmiens
Sous l'appellation Inoraines sont rassemblés tous les terrains alluviaux liés
directement au glacier à l'exception des alluvions fluvio-glaciaires où l'inter-
vention des eaux courantes de fusion est prépondérante.
La moraine est d'une façon générale un sédiment hétérogène et hétéromé-
trique, constitué de blocs, cailloux et graviers emballés dans une matrice sablo-
argileuse et calcaire. Deux faciès principaux sont représentés:
-la moraine argileuse ou argile à blocaux de caractère hétérométrique depuis
l'argile jusqu'aux blocs erratiques et à galets calcaires cassés et striés fréquents.
Elle tire son origine principale des moraines d'ablation du glacier vivant. Elle
est souvent superposée au faciès ci-dessous décrit mais correspond aussi aux
moraines de fond;
-la moraine caillouteuse ou moraine à éléments calibrés qui a une structure en
lits réguliers dont les éléments sont calibrés et orientés mais ne présente pas de
stratification entrecroisée. Peuvent exister aussi des formations sous-glaciaires,
des kames. Elles font partie du complexe morainique non différencié sur la
carte.
Le complexe morainique wurmien. présente sur cette feuille des accumu-
lations d'épaisseur variable. Epaisses de plusieurs dizaines de mètres dans la
partie ouest, elles s'amincissent pour devenir pelliculaires dans la partie sud-est
de la feuille, là où les reliefs anté-glaciaires étaient plus élevés. Ainsi, au Sud-
Est de Bourgoin, la moraine ne dépasse guère un mètre d'épaisseur. Dans ce
secteur, en certaines zones, ne subsistent que quelques placages reconnaissables
à la seule présence de galets striés.
GXl-6. Glaciaire résiduel de l'Ile Crémieu (R. Enay). En avant et à des altitudes
supérieures à celle, voisine de 300 m, des accumulations frontales du stade du
Lancin (GX7), existent d'importants dépôts morainiques, en placages à la surface
du plateau ou formant des buttes souvent accrochées ou moulées sur un relief
calcaire. Ils représentent les moraines d'ablation des stades anciens du glacier
wurmien, antérieurs à celui de Lancin, sans qu'on puisse les rattacher à l'tin ou
l'autre, ou même plusieurs, des stades (GXl à 6) reconnus autour de Lyon et dans
l'Est lyonnais (cette feuille et celles de Lyon et Montluel à 1/50 000).
Quand il peut être observé, le faciès est celui de moraines argileuses à blocs,
accompagnées de blocs erratiques, parfois abondants et de grande taille, le plus
souvent dispersés. Localement, la matrice montre une évolution pédogénétique
avancée et les galets, en particulier ceux formés de roches cristallines, sont très
altérés.
GxS. Stade de Grenay. Après un retrait oscillant dans la plaine de l'Est
lyonnais, le glacier stationne sur la ligne de collines jalonnée par Béligneux,
Villette, Janneyrias, Saugnieu (feuille Montluel) et Colombier-Saugnieu,
Grenay et Heyrieux <feuille Bourgoin). Au Sud-Est d'Heyrieux, les reliefs sont
plus atténués et l'individualisation de ce stade devient hypothétique.
. . •. . •. . 2CC··•• Qg~~g • .;•. •. •. ·.· .· · · N
D Dépressions quaternaires
·Montl~~I~~~
! [2J Plateaux et collines à substratum miocène
)... .
'::#0',.", ou pliocène
~:.jJf:~/~~;11~/
~
Reliefs formés de calcaires jurassiques
et crétacés
1+ ++1 Reliefs formés de terrains anciens
C;.:)
1- 8 Extensions des glaciers du RhOne et de "Isère 0')
/ 5
Stade du maximum ou du Garon (L. David)
ou maximum rissien (G. Monjuvent)
/ Stade de Grenay (L. David)
ou maximum würmien (G. Monjuvent)
+ 2-8 Stades ou phases de retrait
3-7
Fig. 8 - Extensions et retraits du glacier du Rhône sur le feuille Bourgoin et les feuilles adjacentes
Extrait de R. Enay, 1981 (modifié)
-37-
L'ensemble de ces collines a une ossature molassique dont les affleurements
ponctuels entre Colombier-Saugnieu et Heyrieux n'ont pu être portés sur la
carte à 1/50000. Cette ossature, trouvée lors de la réalisation des reconnaissan-
ces effectuées sur le tracé de l'autoroute A 43, a une forme voisine de la surface
topographique sous 20 ln de couverture morainique (document C.E.T.E. Lyon).
Après le départ du glacier, la plus grande partie des terrains constituant ce
stade est restée hors d'eau ce qui a permis la conservation d'une morphologie
glaciaire très fraîche: crêtes parallèles correspondant à des retraits successifs,
mardelles, blocs erratiques.
A partir de ce niveau de stationnement du glacier, les eaux de fusion
s'écoulent vers le Nord-Ouest, l'Ouest et le Sud-Est dans des couloirs où la
surface des alluvions qui les tapissent est parfaitement nivelée.
Ce stade de Grenay, célèbre pour les anciens auteurs et connu sous
l'appellation d'amphithéâtre morainique de Grenay, était considéré comme le
stade d'avancée maximum du glacier wurmien. Dans le cadre de la révision
régionale entreprise depuis 15 ans, nous pensons qu'aucun argument ne permet
de le séparer des stades antérieurs plus occidentaux.
GX6. Stade de la Bourbre. Après avoir stationné sur les reliefs constituant
l'ossature du stade de Grenay, le glacier stationne sur les collines limitées vers
l'amont du glacier par l'actuelle vallée de la Bourbre. Ce stade bien
individualisé sur la feuille Montluel peut être limité au Sud de Saint-Quentin-
Fallavier par la vallée joignant Roche-la-Croix à Saint-Quentin-Fallavier. Au-
delà et vers le Sud-Est, sa limite est moins nette.
Les thalwegs hérités de la morphologie post-miocène actuellement occupés
par le ruisseau du Bion ou le thalweg de Nivolas-Vermelle au Sud-Est de
Bourgoin ont certainement cOQstitué des arrêts dans le retrait du glacier mais
ne permettent pas d'individualiser des stades.
Comme dans le stade de Grenay, bien que moins spectaculaire, la
morphologie glaciaire est très belle.
GX7. Stade de lancin (R. Enay). Appuyés aux reliefs calcaires parfois enveloppés
de moraines plus anciennes, les dépôts morainiques frontaux du stade de Lancin
n'ont été individualisés que récemment (R. Enay, 1981). Le glacier en recul n'a
plus alors la puissance nécessaire pour franchir l'obstacle de l'Ile Crémieu
comme il avait pu le faire au cours des stades plus anciens. Le front glaciaire
s'est heurté et moulé sur les reliefs de la moitié occidentale de l'Ile Crémieu dont
l'altitude atteint 400 m, de part et d'autre de Lancin, depuis Montalieu au Nord
(feuille Montluel) jusqu'au marais des Vernes au Sud.
Les accumulations frontales se reconnaissent à leur topographie bosselée,
confuse ou même chaotique, contrastant avec celle, plus régulière, des
épandages fluvio-glaciaires; les autres caractères distinctifs sont: la fréquence
des dépressions fermées ( == dolines glaciaires ou mardelles), la présence de blocs
erratiques de calcaires locaux ou d'origine alpine, plus rarement (car visibles
seulelnent en carrière) les figures de cryoturbation.
Dans l'étendue de la feuille les dépôts du stade de Lancin sont surtout
développés dans l'angle nord-est entre sa limite est et la vallée de Saint-Hilaire-
de-Brens. Ils s'y appuient au plateau bathonien de Trept et aux buttes de
-38-
calcaires du Jurassique supérieur et/ou de moraines anciennes (Molard Magnin,
Berbes) entre lesquels s'étalent le cirque glaciaire de Tirieu et la dépression
lobée de Cozance. En avant, les eaux de fusion ont modelé des nappes alluviales
fluvio-glaciaires (FGX7a> avec lesquelles la limite est seulement morphologique.
Il s'agit alors du front externe (= phase 1) correspondant au maximum
d'extension du stade de Lancin; la position en retrait de la phase 2 (Gx7b) n'est
pas représentée sur cette feuille où existent seulement les formations fluvio-
glaciaires correspondantes (FGX7b).
Vers le Sud-Ouest, l'extension du stade de Lancin est moins bien connue. A
son maximum (phase 1) il devait occuper toute la dépression du marais des
Vernes. Les dépôts correspondants éventuels ont été enlevés ou profondément
remaniés par les écoulements plus récents. Les lambeaux de sables cryoturbés
de Corbeyssieu, plaqués contre les reliefs jurassiques, pas très différents des
accumulations frontales de Tirieu pourraient lui appartenir. Appuyée à la
barrière rectiligne à peu près continue du promontoire sud-ouest de l'Ile
Crémieu, la masse de glace remontait les rares vallées qui échancrent le plateau
calcaire. La vallée de Saint-Hilaire-de-Brens et celle qui joint Saint-Marcel-Bel-
Accueil à Massonas-Charamel par le col du Cochard ont pu servir aux écoule-
ments proglaciaires. Par contre, le lac de Moras est installé en arrière d'un·
barrage morainique (cf François, 1928) fermant la haute vallée de Vénérieu,
trop élevée pour être franchie par le glacier ou les écoulements proglaciaires,
abandonné par un lobe du glacier au stade de Lancin (R. Enay, 1981).
Gxs. Stade de Morestel. Le stade de retrait suivant correspond au stade de
Morestel. La numérotation correspondante dans le dispositif glaciaire précé-
demment décrit est Gx8. Les formations glaciaires liées à ce stade échappent
aux limites est de la carte.
Nappes alluviales fluvio-glaciaires wurmiennes
A partir de ces fronts glaciaires correspondant à des stades de retrait
successifs, d'importantes nappes alluviales fluvio-glaciaires se sont développées
vers l'aval, en remplissant les vallées ou dépressions de la région.
De nombreux sondages ont été réalisés dans des dispositifs fluvio-glaciaires
notamment sur les feuilles Lyon et Givors. Leur composition peut être résumée
comme suit:
- à la base, au fond de la vallée, des dépôts glaciaires, moraines de faciès
argileux datant de la phase immédiatement antérieure;
- au-dessus, des dépôts liés au complexe glaciaire, de faciès très irrégulier en
fonction des avancées et des reculs successifs du front glaciaire: moraines de
tous faciès, glacio-Iacustre, fluvio-glaciaire, etc. ;
- au sommet, en surface de la plaine, le caractère fluvio-glaciaire s'accentue:
les eaux de fusion ont lessivé la partie supérieure des dépôts puis, à mesure que
le glacier S'éloignait, elles ont apporté et étalé des alluvions fluvio-glaciaires de
plus en plus distales.
L'écoulement de reau en nappe a conduit à des surfaces initialement planes
le plus souvent bien conservées.
-39-
La pente de ces nappes est plus élevée que celles des alluvions fluviatiles.
Elle dépend de l'éloignement du front glaciaire par rapport au collecteur
rassemblant r ensemble des eaux.
FGX5. Fluvio-glaciaire du stade de Grenay. Les nappes alluviales liées au stade
de Grenay sont très bien conservées. Elles sont sur la carte l'amorce des couloirs
de l'Est lyonnais pour la partie nord-ouest et l'amorce des vallées de Vienne
pour la partie sud-ouest. N'ayant pas été ultérieurement affectées par d'autres
écoulements en nappe elles sont très caractéristiques du dispositif de leur mise
en place. Leur pente est rarement inférieure à 111 000.
Pour leur partie amont figurant sur la carte la pente est très élevée, pouvant
atteindre 20/1000 dans le cas de nappes reliées aux vallées de Vienne. On peut
noter, au niveau du couloir dont l'amorce est située dans l'angle nord-ouest de la
feuille (divisée dans le Nord-Ouest en couloir de Villeurbanne et couloir de
Meyzieux), l'étape ultime de mise en place des matériaux et du façonnement du
couloir correspondant à un retrait vers l'Est du glacier, retrait compris dans le
stade de Grenay.
Dans la partie ouest de la feuille, des niveaux superposés FGxsa, b et c ont été
distingués.
FGX6. Fluvio-glaciaire du stade de la Bourbre. Les nappes alluviales liées au
stade de la Bourhre ne sont bien connues que dans les nappes en liaison avec la
partie nord du front glaciaire. On retrouve là la terminaison sud des nappes
FGx6b et c. La zone d'épandage comprise entre Saint-Quentin-Fallavier et
Satolas n'est pas attribuable à une nappe fluvio-glaciaire précise compte tenu
des remaniements ultérieurs qu'elle a subi. Elle a été laissée en FGX6.
FGX7. Fluvio-glaciaire du stade de Lancin (R. Enay). Le matériel est peu
différent de celui des accumulations frontales correspondantes (Gx7) mais
l'action de l'eau est ici prépondérante sur celle de la glace: reprise et étalement
du matériel en nappe à surface régulière contrastant avec la topographie bosse-
lée des zones frontales, disposition lenticulaire des dépôts avec classement
granulométrique des éléments, raréfaction des blocs, etc.
Les écoulements et les épandages liés aux deux positions frontales du stade
de Lancin occupent des situations très différentes:
• FGX7a. Les écoulements liés au front externe (= phase 1) utilisaient le chenal
cataglaciaire de Courtenay - Soleymieu et la dépression de l'étang du Carre,
puis le couloir d'écoulement de la Rama -l'Etang Neuf en direction du bassin
fluvio-glaciaire d'Optevoz (feuille Montluel) pour rejoindre le Rhône wurmien
par le val d'Amby.
• FGX7b. Les écoulements en relation avec la position en retrait (:: phase 2) du
bois de Palange, au Sud de Lancin (feuille la Tour-du-Pin) se faisaient vers le
marais des Vernes. La surface correspondante est bien nette entre le carrefour
du Temple (en limite est de la feuille) et Sablonnières, ainsi que l'emboîtement
de la surface des alluvions fluvio-glaciaires liées au stade de Morestel. Au- delà
et à partir de Trept ces deux niveaux ne sont plus distingués (FGX7-S).
FGX8. Fluvio-glaciaire du stade de Morestel (R. Enay). Les nappes alluviales
issues du stade Gx8 dit de Morestel sont nettement individualisées dans les
couloirs situés entre les collines de Salagnon, Saint-Chef, Montceau et Sérézin-
-40-
de-la-Tour. D'après le schéma on devrait les suivre dans toute la vallée de la
Bourbre, ce qui, compte tenu des modifications plus récentes et de leur faible
différence de pente, n'est pas possible.
Aussi dans la zone comprise entre Bourgoin-Jallieu et la Verpillière est
seulement indiquée une nappe FGx7-8.
La pente des nappes attribuées au FGx8 varie de 3 à 13/1000.
Alluvions fluviatiles post-wurmiennes
Fy. Alluvions post-wurmiennes. Les alluvions post-wurmiennes existent dans
les vallées témoins du réseau hydrographique récent. C'est le cas de la vallée de
la Bourbre. Elles se sont mises en place après le retrait complet du glacier
wurmien. Sont incluses dans ces alluvions des formations alluviales modernes,
notamment dans les vallées des petites rivières actuelles. Il n'est pas possible de
les individualiser sur la carte.
Les alluvions post-wurmiennes sont caractérisées par des formations de
nature variée: sables, graviers, limons, tourbes. L'ensemble sables, limons,
tourbes est superposé aux nappes de raccordement fluvio-glaciaire.
J.-B. Boissier, géologue à l'EPIDA, a indiqué, pour le périmètre d'étude de
l'EPIDA, la répartition des limons, sables et tourbes, les reconnaissances ayant
au maximum 3 m de profondeur.
Les sables sont fins et homogènes (90 % d'éléments de 0,3 mm de diamètre).
Les limons sont plus ou moins argileux, la partie la plus importante étant
peu argileuse.
Des études ont été réalisées sur les tourbes notamment par G. Mazenot et
J. Gourc (1939). Cette étude a été effectuée pour la région de la Verpillière, à
partir de sondages exécutés par la Société anonyme de l'industrie de la tourbe.
Les fossiles animaux et végétaux présents dans la tourbe ont été étudiés.
Les périodes successives de formation mises en évidence sont les suivantes:
Période du Bouleau-Pin
Période du Pin } Magdalénien
Période du Noisetier Azilien-Campignien
Période du Chêne Néolithique et âge des métaux
Période de l'Arbre Période historique
Pour ces auteurs, l'étude paléontologique et pollinique comparée à celles
effectuées dans les pays scandinaves conduit à penser que l'installation des
tourbières daterait de 7 000 ans avant notre ère.
Si les exploitations de tourbe ont eu une certaine importance au niveau
historique, elles sont abandonnées depuis environ 1950.
En ce qui concerne l'épaisseur des formations post-wurmiennes, les données
figurant sur la carte correspondent à une épaisseur maximum de 3 m pour les
limons, sables et tourbes. D'après les sondages analysés par G. Mazenot et
J. Goure, l'épaisseur de ces trois faciès est de 9 m au maximum.
- 41-
En ce qui concerne les matériaux graveleux proprement dits sur lesquels
reposent les limons, sables et tourbes on sait classiquement qu'Üs ont plusieurs
dizaines de mètres d'épaisseur, reconnus notamment dans le cadre des sondages
effectués pour la recherche d'eau.
De plus, une étude géophysique réalisée par l'EPIDA a montré qu'au droit de
la butte de l'Isle-d'Abeau entre ·les lieux-dits Belmont et Presle les alluvions
sont présentes sur une épaisseur voisine de 100 mètres.
Formations superficielles
Jy-z. Cônes de déjection torrentiels. Formés dès le départ du glacier wurmien,
ces cônes torrentiels peuvent exister à la base des ravins. Les matériaux les
constituant sont d'origine locale. Ils sont bien individualisés dans la partie est
de la feuille.
OEx. Loess wurmiens. Le loess éolien siliceux et calcaire est présent dans le
quart sud-ouest de la carte où il forme un revêtement d'épaisseur variable sur
les formations molassiques et morainiques. Il renferme des concrétions
carbonatées (poupées, rhizocolles) et une faune malacologique homogène,
hygrophile, froide et praticole : Fruticola hispida, Arianta arbustorum, Succinea
oblonga, Pupilla muscorum, Columella columella, etc.
EGP. Eboulis par gélivation (groises). Les éboulis sont nombreux au pied des
reliefs calcaires de l'Ile Crémieu. Quelques-uns sont encore actifs, mais
beaucoup sont actuellement stabilisés et couverts de végétation. Pour
l'essentiel, ils sont postérieurs au retrait du glacier wurmien et ont été formés
dans les conditions périglaciaires de la période fini-wurmienne, à partir des
formations calcaires gélives du Bajocien supérieur (= Calcaires oolithiques et à
débris; Ciret) et de l'Oxfordien supérieur (Couches à myes et Calcaires à Pinna).
Ces groises sont formées d'éléments anguleux, souvent ordonnés en couches
ou lentilles allongées de matériaux calibrés (groises litées), mises en place par
gélivation, irrégulièrement cimentées par les circulations d'eau issues des
calcaires. Elles sont souvent exploitées comme revêtement pour les chemins.
Ly. Dépôts post-wurmiens de lacs et de marais. Dans l'Ile Crémieu, ce symbole
groupe toutes les formations de remblaiement des dépressions mal drainées
occupées par des lacs et des marais post-glaciaires avec dépôts post-wurmiens
d'argile grise ou bleue, très plastique (= gley), intercalée de craie lacustre et de
tourbe, localement à passées caillouteuses de type fluviatile.
Uy. Tufs post-wurmiens. Ces dépôts de concrétionnement calcaire sont très
localisés et développés seulement dans la vallée au Sud du château de Dizimieu
(lieu-dit Combiau). Il s'agit de tufs consistants à empreintes végétales alternant
avec des tufs plus meubles, plus argileux, probablement plus anciens que ceux
du val d'Amby (feuille Montluel) datés au 14C (Evin etalii, 1973) de 4 630 ± 140
ans BP (analyse nO Ly. 426).
/ Failles repérées à l'affleurement
, , " Failles cachées sous les éboulis
• • " ou les alluvions
./ Failles probables
/ (morphologie et photogéologie)
Failles supposées
(géophysique et forages)
.. ::..:....:...
• Emplacements de forages
/'
/
/ .. :
/'
: .. ""'","" o Dépressions quaternaires
. -'.:':-
..
1
""
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..-
.
.: .
Reliefs à substratum
de molasses miocènes
Massifs ou témoins.
de calcaires secondaires
r;-:I. Pointements de socle de Chamagnieu
~
Fig. 9 - Schéma structural du promontoire sud-ouest de l'Ile Crémieu et structures profondes associées (R. Enay)
-43-
DESCRIPTION STRUCTURALE
(R. Enay)
Les structures cartographiables sont limitées au plateau calcaire jurassique
de 111e Crémieu. Resté en saillie au milieu des dépressions tertiaires et
quaternaires, ce dernier doit son existence à des structures régionales en partie
cachées sous les formations plus récentes et reconnues partiellement par les
forages et les études géophysiques.
STRUCTURES DE L'ILE CRÉMIEU
Sur la feuille Bourgoin, l'Ile Crémieu est représentée essentiellement par
son "promontoire sud-ouest" où le Jurassique moyen domine, accroché au socle
de Chamagnieu. Dans l'angle nord-est, au-delà de la "bande faillée N-S Hières-
sur-Amby-Trept" (= failles de Trept-Carisieu), apparaît le Jurassique
supérieur du "panneau monoclinal oriental" (R. Enay, 1978, 1980).
Bien qu'elles appartiennent aux mêmes systèmes de failles, on séparera pour
l'exposé les bordures faillées et les failles du plateau.
Bordures faillées
Elles limitent de toute part le promontoire sud-ouest et lui donnent son
allongementSW - NE (voisin de N 1500 E).
• La bordure méridionale qui domine la dépression quaternaire des Vernes
correspond à un système faillé en escalier de direction N 50° E recoupé par des
failles N 20° E surtout développées entre Saint-Marcel-Bel- Accueil et Vénérieu
dans le prolongement de la structure profonde reconnue par les études
géophysiques (cf. structures profondes). Cette dernière marque aussi la limite
vers le Sud-Ouest des panneaux abaissés de Jurassique supérieur, parfois avec
placages de brèche oligocène: la Bonnardière, la Chanas, Vénérieu.
Vers le Nord-Est, le prolongement du système faillé des Vernes isole au Sud
les affleurements jurassiques appartenant au massif de Passins - Sermérieu,
très vite recouverts par la molasse miocène.
• La bordure nord-ouest est un ressaut boisé noyé sous les éboulis et le
Glaciaire. Elle ne montre plus les belles falaises calcaires développées au-delà
de Crémieu vers le Nord-Est (feuille Montluel) et sa structure n'est pas aussi
évidente. Elle associe sans doute plusieurs directions de failles.
• L'abrupt de Frontonas - Corbeyssieu qui termine le promontoire sud-ouest
correspond très certainement à un système de failles cachées sous le remplis-
sage du graben de la Bourbre. Des failles N 120° E sont visibles à l'affleurement
sur la bordure sud du graben dans la région de Saint-Quentin-Fallavier. Les
annexes jurassiques de Saint-Quentin-Fallavier - Vaulx-Milieu -la Grive
prolongent le promontoire sud-ouest au-delà du graben de la Bourbre.
-44-
Failles du plateau
Les plus nombreuses sont les failles N 20° E ou proches de cette direction. Les
autres familles de failles sont moins nettement exprimées en particulier les
failles N 50° E. Plus fréquentes sont les failles N 110-120° E dont les plus
remarquables sont celles qui bordent le val de la Fusa ou limitent le coin
effondré de Cozance.
Les failles N 20° E sont un des éléments de la bande faillée nord-sud Hières-
sur-Amby - Trept, associées aux failles N 110-120° E. Bien que masquées par le
Glaciaire, elles participent à la "montée" du horst de Chamagnieu. Elles sont
surtout nombreuses dans une bande médiane Saint-Marcel-Bel-Accueil-
Vénérieu dans le prolongement de la faille cachée connue par la géophysique.
Toutes ces failles N 20° E se relient à celles développées au Nord dans le
plateau (ou massif) de To~onas - Parmillieu (feuille MontIue!), au-delà de la
bande faillée nord-sud, et à celles de la bordure jurassienne.
STRUéTURESPROFONDES
Les forages et les études géophysiques fournissent les seules données
disponibles sur la structure profonde des dépressions tertiaires qui entourent
l'Ile Crémieu.
Seuil Vienne - Chamagnieu
Entre les affleurements de socle de Vienne et de Chamagnieu, quelques-uns
des forages réalisés pour la reconnaissance du bassin houiller dit du Bas-
Dauphiné ont trouvé le socle à faible profondeur sous le Jurassique à Saint-
Quentin-Fallavier ou directement sous le Tertiaire à Chaponnay-Flassieu
(feuille Vienne). Les études géophysiques plus récentes confirment l'existence
d'un axe lourd et résistant dans le prolongement du massif du Pilat jusque sous
le promontoire sud-ouest de l'Ile Crémieu.
Rappelons que cet axe résistant se marque dès le Lias dans les caractères des
séries sédimentaires: lacunes et dépôts lenticulaires, érosions sous-marines,
minerais de fer, etc. Au Tertiaire l'importante dénudation anté-oligocène
tronque les formations jurassiques et le Houiller jusqu'au socle.
Bassin houiller et Fosse oligocène du Bas-Dauphiné
La bordure nord du seuil de Vienne - Chamagnieu, en limite sud du bassin
houiller est vraisemblablement faillée (Goguel, 1948) dans le prolongement des
fractures du socle de la bordure nord du Pilat (faille du Morin) et du bassin de
Saint-Etienne. Ces failles ont la direction N 50° E du système des Vernes et,
comme le bassin houiller, s'engagent franchement sous le massifcalcaire.
Au-delà, vers le N.NW, le socle s'enfonce rapidement sous le bassin houiller
du Bas-Dauphiné et sa couverture secondaire et tertiaire. L'épaississement
rapide de cette dernière résulte de la moindre ampleur de la dénudation anté-
oligocène et de l'importance de la subsidence tertiaire, surtout oligocène.
-45-
Marge méridionale
Le flanc sud du seuil de Vienne - Chamagnieu est une sorte de glacis ou de
plate-forme tronquée par la surface d'érosion éogène plongeant régulièrement
au Sud (Germain et Demaison, 1958>'
Au Nord de Bourgoin, sous la dépression des Vernes et les collines
molassiques de Saint-Chef- Montcarra, l'abaissement brutal de la gravité est
attribué à un approfondissement d~ substratum jurassique au-dessous d'un
petit bassin tertiaire. Une faille N 20° E doit prolonger celles du plateau et de la
bande faillée nord-sud Hières- sur-Amby - Trept à l'Est des îlots jurassiques de
l'Isle-d'Abeau -la Grive. Nous avons vu que les lambeaux de brèche oligocène
(et le Jurassique supérieur) au pied de la faille des Vernes sont connus
seulement à partir de Saint-Marcel-Bel-Accueil où aboutit cette structure.
MORPHOLOGIE GLACIAIRE
L'ensemble des terrains figurés sur la feuille Bourgoin s'inscrit dans le grand
dispositif d'avancée des glaciers alpins au Quaternaire jusque dans la région
lyonnaise. Ils en constituent, au même titre que sur les feuilles voisines
antérieurement réalisées, une bonne illustration. Il semble que l'ensemble de la
région ait été recouvert par le glacier.
Si la disposition générale des terrains est héritée d'une topographie
antéglaciaire, les formations glaciaires ainsi que leur morphologie sont carac-
téristiques. Les formations ont été décrites au paragraphe traitant des
formations quaternaires. La morphologie montre des crêtes morainiques et des
mardelles (dolines glaciaires) nombreuses. Par ailleurs, les blocs erratiques qui
ont été soigneusement répertoriés sont nombreux.
On observe également fréquemment les traces de passage du glacier,
soulignées par les stries laissées par les matériaux transportés. Tel est le cas sur
les calcaires de l'Ile Crémieu et, plus simplement, des reliefs moutonnés
rencontrés dans l'îlot de Chamagnieu ou sur des calcaires près de Corbeyssieu.
Plus rare est le cas de gouttières de versant dont une forme peut cependant
s'observer au Sud de Nivolas- Vermelle.
GÉOTECHNIQUE
Ce paragraphe rédigé par J.-B. Boissier, géologue à l'EPIDA, concerne uni-
quement le secteur FGx et les zones de collines et plateaux inclus dans le
périmètre de la ville nouvelle.
ZonesFGx
Le limon superficiel sablo-graveleux rouge (ferreto) d'une épaisseur de 50 cm
environ assure généralement la transition avec la moyennè (flUer compris entre
9 et 40, ES entre 8 et 40, WL 33, IP 15) mais ne doit, par contre, pas être utilisé
en période humide en remblai ou comme fond de fouille car il se transforme en
une véritable boue thixotropique. Il devra donc être mis en dépôt en période
humide ou protégé par un additifde structure.
-46-
La grave fluvio-glaciaire est parfois présente comme une grave argilo-
sableuse (GAS) ou limono-sableuse (FLC) (classification LPC 71). Cette famille
intéresse une grande partie des terrassements routiers; des analyses effectuées
nous donnent les fourchettes suivantes:
9 < FilIer < 27 10 < ES < 14 5 < IP < Il
17<WL<29
Ces matériaux seront à utiliser en remblai; du fait de la présence de fines
plastiques d'une part et d'éléments sableux d'autre part, ces sols sont sensibles à
l'eau; donc des difficultés de mise en oeuvre (compactage, phénomène du cous-
sin de caoutchouc) peuvent surgir si les conditions atmosphériques sont
mauvaises.
Souvent cette grave argileuse sableuse fait place à une grave sableuse.
Quelques analyses donnent les limites suivantes:
o < Filler < 4 49 < ES < 61
WL et IP non mesurables
Ce matériau peut constituer la matière première pour la réalisation d'une
couche de forme. Une étude spécifique est à prévoir en vue de son utilisation
comme matériau de chaussée: ces sols sont à extraire aux scrapers.
Zone Fy
Pour l'ensemble de la zone Fy, en raison de leur qualité géotechnique et de la
topographie sans accident qu'ils présentent, ils constituent d'excellents terrains
pour les constructions (zones industrielles notamment) mais ils sont aussi des
réservoirs de graviers pour la construction d'où une dualité parfois gênante
dans l'aménagement.
Zones de plateaux
Très schématiquement, ce sont des zones à ossature calcaire, tectonisées et
érodées, recouvertes localement par des formations tertiaires (molasse) elles-
mêmes érodées. Le tout a été recouvert ensuite par des formations glaciaires et
les alluvions post-wurmiennes qui en découlent. La moraine se présente très
souvent sous la forme d'une grave argileuse dont les caractéristiques sont les
suivantes:
16 < WL < 46 4 < IP < 22
12 < WP < 24 5 < ES < 28 8 < FilIer < 40
Ces différentes formations sont plus ou moins homothétiques les unes des
autres et la géophysique sismique permet de différencier les terrains meubles de
surface des terrains indurés (calcaire non rippable v :> 1.500 rn/s), la distinction
entre les terrains meubles se faisant par géophysique électrique.
C'est à l'issue de cette première approche que l'on doit réaliser des sondages
ponctuels de reconnaissance.
• Du point de vue de la construction, il convient de faire porter l'attention sur
les points suivants :
-47 -
- plus value au mètre cube excavé dans le cas du rocher (calcaire, niveaux
consolidés de la molasse) ;
- stabilité d'un versant abrupt modifiée par la construction d'un immeuble et
pouvant entraîner une rupture de l'état d'équilibre antérieur, ceci dans le cas de
la molasse sableuse ou plus encore pour la moraine;
- accumulation de particules fines en piémont nécessitant des fondations de
type classique enfouies plus profondément, ceci surtout pour les immeubles;
- zones de terrains marécageux compressibles et gorgés d'eau: dans ce cas deux
solutions sont envisageables:
. traversée de ces terrains par des pieux ancrés dans le substratum;
. construction sur radier (risques de tassements différentiels).
A titre indicatif, on peut donner un aperçu des charges tolérées par les
différents terrains de ces zones de plateaux:
- Moraine - Semelle encastrée à 1 m (largeur 1 m)
a) dans les limons de surface sur la moraine
qa <: 3 bars avec 1 tassement ~ 0,5 cm
b) dans la moraine (2 m de profondeur)
Charge admissible (qa ~ 10 (surabondant), tassement ~ 0,5 cm)
c) avec la présence d'eau diminution des caractéristiques mécaniques
Semelle à 1 m: qa <: 2 bars
Semelle à 2 m: qa ~ 6 bars
Semelle à 3 m: qa surabondant
- Limons - zone de limons (par exemple bordure des étangs) et zones de
couverture des calcaires.
Semelle encastrée à 1 m : qa ~ 1 bar par W = 1,6 m
Semelle encastrée à 2 m: qa~ 3,5 bar (substratum compact à proxinlité)
- Sables gorgés d'eau (zones de marécages)
Pieux flottants ou radier
Si gravier dessous (2,50 m environ) senu~lle encastrée à 1 m avec
qa ~ 1 bar, tassement 0,8 cm
Ou pieux forés 0 500 mm = 90 T profondeur 5 m
- Calcaire (avec couverture de limons de surface)
Qa ~ 0,8 bar tassement 0,3 cm (semelle encastrée à 1 m dans les limons)
Qa surabondant (10) si fondation sur calcaire blanc
RESSOURCES DU SOUS-SOL ET EXPLOITATIONS
HYDROGÉOLOGIE
On peut diviser en trois parties d'inégale importance le territoire de la feuille
Bourgoin en ce qui concerne l'hydrogéologie:
-les terrains secondaires
-les terrains molassiques
-les terrains quaternaires et récents
-48-
Une partie de la feuille (secteur nord) est couverte par la partie sud de l'Ile
Crémieu constituée par des terrains d'âge Secondaire. L'ensemble calcaire qui
les con$titue est probablement karstifié en profondeur, déterminant un
réservoir aquifère non négligeable actuellement inexploité.
Les terrains molassiques qui font partie de l'ensemble molassique du Bas-
Dauphiné occupent la plus grande partie de la surface de la feuille. Ces terrains
constituent un réservoir aquifère de grande épaisseur dont la perméabilité
moyenne est de 10-4 mIs. Ce réservoir fait actuellement l'objet d'études
effectuées par le B.R.G.M. Ce réservoir n'est pas exploité en tant que tel sur le
territoire de la feuille Bourgoin. Il l'est cependant implicitement puisqu'il
réalimente indirectement les formations superficielles.
En surface, notamment lorsqu'existent des niveaux argileux, peuvent
apparaître des émergences sous-jacentes par exemple aux niveaux conglomé-
ratiques sommitaux (vallée de Cessieu, Nivolas-Vermelle, etc.).
En ce qui concerne les formations fluvio-glaciaires et récentes, elles sont le
réservoir de nappes aquifères. C'est le cas notamment des alluvions de la
Bourbre. La nappe est à une profondeur moyenne dans les alluvions fluvio-
glaciaires (10 à 20 ml.
La perméabilité du fluvio-glaciaire est bonne, en moyenne 10-2 mis.
En ce qui concerne la moraine, elle est peu perméable mais la superposition
locale de faciès argileux et sableux peut donner naissance à quelques sources.
En ce qui concerne l'alimentation en eau, ce sont les alluvions fluvio-
glaciaires et post-wurmiennes qui sont le plus sollicitées. Un apport non négli-
geable provient de plus des sources de la molasse.
RESSOURCES MINÉRALES, MINES ET CARRIÈRES
De tout temps l'Homme a utilisé les matériaux régionaux soit comme maté-
riaux de construction soit comme matière première pour son chauffage.
La subdivision de la feuille en une partie rattachée à l'Ile Crémieu et une
partie au Bas-Dauphiné est traduite dans l'habitat.
Dans le secteur au Nord de la Hourbre ont été construites des maisons à
partir des matériaux calcaires locaux. Dans la partie sud l'ensemble des maté-
riaux meubles a été utilisé, en particulier les loess, dans la réalisation de
constructions en pisé mélangé quelquefois à des galets. On trouvera tous
renseignements concernant le pisé et son utilisation dans le Bas-Dauphiné dans
l'ouvrage intitulé Construire en terre (Doatetal., 1979).
Les tourbes ont été exploitées jusqu'aux environs de 1950.
Depuis l'occupation romaine, la proximité de la ville de Lyon a conduit à
l'exploitation de nombreuses carrières.
-49-
Carrières
Les carrières entrent dans trois catégories:
• Gravières et sablières, ouvet tes dans les alluvions fluviatiles et fluvio-
glaciaires. Leur volume d'exploatation est variable de la carrière artisanale aux
exploitations industrielles, très développées dans les dernières décennies et lors
de la construction de l'autoroute A 43 mais actuellement en nette diminution
d'activité.
En de nombreux points, à partir d'affleurements de molasse, ont été égale-
ment créées des carrières de faible volume dans les niveaux à galets et dans les
niveaux sableux. Des carrières exploitent également les niveaux argileux.
• Carrières de pierre, très nombreuses dans l'Ile Crémieu (et ses annexes) mais
pour la plupart abandonnées. Elles exploitaient ou exploitent encore
épisodiquement des matériaux de qualités très diverses aux usages souvent
multiples:
-les Calcaires à gryphées du Sinémurien 03-4) à Saint- Quentin-Fallavier, les
Calcaires argila-siliceux et le Ciret du Bajocien (j1a) ont été utilisés comme
pierre à chaux ou pour la construction locale en moellons non appareillés;
-les Calcaires à entroques et, aussi, les Calcaires à petites huîtres du Bajocien
(j 1b) fournissent des lauzes et sont toujours exploités pour les dallages ou les
pierres ornementales de revêtement. Les niveaux ou lentilles à polypiers
donnent un excellent matériau d'empierrement;
-les Calcaires oolithiques du Bajocien supérieur (jlc) et différents niveaux du
Jurassique supérieur (Couches de Sablonnières, j6c, et Calcaires à Pinna, j6b)
ont été utilisés pour la construction locale ou l'empierrement; ils étaient
exploités surtout comme pierre à chaux, comme castine (ou fondant) pour les
hauts-fourneaux ou comme ap~ort calcaire pour la fabrication des ciments ;
-le chain de Villebois du Bathonien (j2) est la seule pierre d'appareil dans
l'étendue de la feuille. Elle a servi abondamment à la construction de Lyon
(édifices publics, quais du Rhône et de la Saône....). L'exploitation était active
autour de Vénérieu et de Trept où subsistent de nombreuses et importantes
carrières abandonnées.
• Pierres à chaux et à ciment, ces dernières étant les seules encore activement
exploitées. Différents niveaux calcaires ont été utilisés pour la fabrication des
chaux (sidérurgiques ou autres): Calcaires à gryphées du Sinémurien (13-4),
Calcaires argilo-siliceux, Ciret et Calcaires oolithiques du Bajocien (j 1a, j 1C),
Couches à myes ou de Sablonnières de l'Oxfordien supérieur (j6c).
Cette industrie a été remplacée par celle des ciments qui exploitent les cal-
caires plus ou moins argileux et les calcaires de l'Oxfordien supérieur: Couches
d'Effingen et du Geissberg (j6a), Calcaires lités (j6b). Ces dernières années
l'exploitation s'est concentrée (Groupe Vicat) dans le Nord de l'Ile Crémieu, près
de Bouvesse-Quirieu (feuilles Montluel et Belley) et les anciennes exploitations
situées sur la feuille Bourgoin sont maintenant abandonnées: carrières de
Montbron près Trept, de la Chanas et de Vénérieu en bordure du marais des
Vernes.
-50-
Gîtes minéraux
Les minerais de fer du Toarcien ont fait robjet d'une exploitation de courte
durée pendant la seconde moitié du 19ème siècle, l'essor ayant eu lieu de 1856 à
1860. Sept concessions furent in.tituées entre 1843 et 1848 et renoncées en 1923
ou 1933: la Fuly, Saint-Quentin, Corbeyssieu, Chanille, Serre, Antouillet et la
Verpillière. La production totale d'un minerai à 25-30 % Fe phosphoreux fut loin
d'atteindre les 100000 t. Il s'agit de minerai oolithique réparti en une ou deux
couches, parfois trois, dont la puissance atteignait généralement 0,50 m,
exceptionnellement 2 m et fréquemment décalées par des failles.
La Fuly (5.4001). La concession instituée le 9 novembre 1844 portait sur
280 ha et fut renoncée en 1933. Après une tentative en 1846-1850, l'exploitation
fut reprise par la Compagnie anonyme des Forges de Pont-Evêque, nouveau
concessionnaire, et, de 1856 à 1858, 17396 t de minerai furent extraites. Une
dernière tentative en 1882-1884 produisit 515 t de minerai. L'extraction se
faisait en deux endroits: à Pisserate par travaux souterrains sur une couche de
0,30-0,80 m de puissance pendant au S.SE et à la Fuly st.s. à ciel ouvert et par
puits sur une couche de 0,40- 0,50 mètre.
Saint-Quentin. Lors des travaux de reconnaissance on a sorti 2 030 t de
minerai en 1842. La concession, en date du 12 juin 1843, couvrait 210 ha. La
production atteignit 9253 t de 1856 à 1858 et une reprise en 1872 fournit
5030 t. Au Nord de la concession, les travaux de la Roche (2.4005) ont été les
plus productifs; à l'Est, aux travaux des Moines (6.4001), la couche mesurait
entre 0,45 et 0,80 m de puissance et, à l'Ouest, à Fallavier (5.4002), la couche de
minerai présentait les mêmes caractères.
Corbeyssieu (2.4001). Le gisement découvert en 1841 a été concédé le 25
décembre 1845. La concession mesurait 377 ha et fut résiliée en 1923. La couche
travaillée avait une puissance moyenne de 2 m et pouvait atteindre 10 mètres.
De 1856 à 1863, on a extrait 8 132 t d'un minerai à 27 % Fe utilisé comme
fondant. L'exploitation se faisait à ciel ouvert.
Chanille (2.4002). Cette concession fut instituée le 4 aoüt 1848, portée à
477 ha le 8 décembre 1860 et annulée en 1923. La couche exploitée avait une
puissance de 1,30 à 1,50 m et un pendage nord-est de 5 grades. Elle fut
travaillée par deux puits de 17 et 35 m de profondeur. De 18~6 à 1858 la
production atteignit 12.438 t de minerai à 35 % Fe, puis en 1862-63 : 12000 t.
Antouillet (2.4004). Concession instituée le 14 novembre 1829, couvrant
13 ha. Pour poursuivre des recherches entreprises en dehors, le concessionnaire
obtint le 4 novembre 1843 la concession de Serre (2.4003) d'une superficie de
63 ha. Après une tentative d'exploitation souterraine, quelques centaines de
tonnes furent extraites à ciel ouvert. Les travaux cessèrent en 1863. La teneur
était très irrégulière et le minerai réparti en bancs décimétriques dans une
couche de 2,50 à 3,00 m de puissance.
La Verpillière (6.4002). Concession de 742 ha en date du 9 novembre 1844 où
furent pratiqués quelques grattages de reconnaissance. Pas de production:
En ce qui concerne les terrains non affleurants, contenant du fer et du
manganèse, les plus récents sondages effectués en 1958-59 par le B.R.G.M. dans
le secteur Saint-Bonnet-de-Mure (feuille Givors) - Saint-Laurent-de-Mure
-51-
situent ces minerais entre 380 et 460 m de profondeur, sous forme d'oxydes. Les
teneurs mises en évidence étaient les suivantes:
Mn 29,60%
Fe 20,35 %
Si 02 10,60 %
Al 03 4,00%
CaO 2,60%
p 0,03%
L'ordre de grande~r des taches minéralisées restait vague: plusieurs
centaines de milliers de m2 en lentilles de quelques mètres à 20 m d'épaisseur.
Ces minéralisations ont été rattachées à l'Eocène.
DOCUMENTAnON COMPLÉMENTAIRE
DESCRIPTIONS DE SITES ET D'ITINÉRAIRES
Quelques livrets-guides inédits décrivent des excursions habituellement
effectuées dans le cadre des enseignements dispensés au Département des
Sciences de la Terre de l'Université Claude Bernard de Lyon, les ouvrages
anciens n'ayant guère qu'un intérêt historique (Roman, 1926).
Quelques points remarquables de la carte ont été décrits dans le Guide géo-
logique régional, Lyonnais -Vallée du Rhône, publié en 1973 sous la direction
de G. Demarcq, professeur à rUniversité Claude Bernard, par Masson et Cie,
éditeur, Paris:
- itinéraire 4, le plateau de Crémieu et sa bordure sud-est.
On peut cependant compléter ces points en proposant une excursion d'une
journée permettant à partir des affieurements ou points remarquables décrits
dans le paragraphe roches sédimentaires tertiaires d'effectuer une coupe d'Est
en Ouest du Miocène supérieur <Tortonien) en étudiant le gisement à Nassa
michaudi dit des sables d'Heyrieux, les faciès à galets et argileux de la région de
Nivolas-Vermelle, ainsi que les conglomérats terminaux dans la colline de
Cessieu. Au cours du trajet de nombreux affleurements permettent d'étudier la
moraine superposée à ces formations.
SONDAGES
Sont portés sur la carte les sondages profonds concernant notamment les
terrains non affieurants. Le tableau situé ci-après indique la cote des différentes
formations traversées jusqu'au toit du substratum cristallin ou cristallophyllien
et leur cote finale.
D'autres sondages ont été portés sur la carte. Les données peuvent en être
fournies à la banque des données du sous-sol du B.R.G.M.
TABLEAU DES SONDAGES PROFONDS DE L'EST LYONNAIS REPRÉSENTÉS SUR LE TERRITOIRES DE LA FEUILLE BOURGOIN
ET RÉALISÉS POUR LA RECHERCHE DU HOUILLER
N° Commune CoteNGF Quaternaire Toit du Toit de Toit du Toit du Toit du
orifice Miocène l'Oligocène Secondaire Houiller Cristallin
32 Saint-Laurent-de- +240 +240 +214 +137 +4 (Trias) -40 -152
Mure
33 Saint-Laurent-de- +230 +230 + 169,5 -42 - 146 (Trias) -192 arrêt dans Houiller
Mure à - 834,30
34 Saint-Laurent-de- +220 +220 +181 -22 arrêt à - 578,70 dans l'Oligocène
Mure
43 Saint-Quentin- +210 +210 + 205 + 90
Fallavier Trias à + 166 arrêt à + 86,50
44 Chamagnieu +210 +210 - + 182,65 arrêt dans Houiller
à +113
46 Chamagnieu +215 +210 + 181,30 arrêt dans Houiller
à +144
47 Chamagnieu +210 +210 + 200 arrêt dans le Secondaire à .+ 125
Les cotes sont NGF ; les épaisseurs sont en mètres; les nO sont ceux du dossier Douvillé conservé au département des Sciences de la Terre de
l'Université Claude Baernard
-53-
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Ne sont indiqués ci-dessous que quelques ouvrages modernes, synthétiques
ou de vulgarisation, à partir des'luels on pourra trouver une bibliographie
régionale plus exhaustive, ainsi qhe quelques notes citées dans le texte. Tous les
ouvrages sur la région peuvent l'tre consultés auprès de la bibliothèque du
Département des Sciences de la Terre (voir documents et collections consul-
tables).
ARKELL W. J. (1946) - A revision of the Upper Oxfordian Ammonites of Trept
(Isère), figured by de Riaz. Geol. Mag., Hertford, vol. LXXXIII, nO 3, p. 129-136.
BOCQUET J. (1966) - Le delta de Voreppe. Etude des faciès conglomératiques
du Miocène des environs de Grenoble. Thèse 3ème cycle, Univ. Scient. et Méd.
Grenoble, inédit, 99 p., 49 fig.
CAYEUX L. (1922) - Les minerais de fer oolithique de France. II - Minerais de
fer secondaires. Mém. Carte géol. France, Et. Gîtes min. France, 1051 p., 63 fig.,
35 pl.
CHANSSELLE M. J. (1885) - Géologie et richesses minérales de l'arron-
dissement de Vienne (Isère). Bull. Soc. inde minêr., 2ème série, t. XIV, 171 p.,
3 cartes, 8 pl.
DAVID L. (1967) - Formations glaciaires et fluvio-glaciaires de la région
lyonnaise. Docum. Lab. Géol. Fac. Sc. Lyon, nO 22, 159 p., 37 fig.
DEMARCQ G. (1970) - Etude stratigraphique du Miocène rhodanien. Mêm.
BR.G.M., Paris, n° 61,257 p., 56 fig.
DEMARCQ G. (1973) - Lyonnais, Vallée du Rhône; de Mâcon à Avignon.
Guides géologiques régionaux, Masson édit., Paris, 175 p., 105 fig., 4 pl.
DOAT et al. (1979) - Construire en terre. Centre de Recherche et d'Application
Terre. Alternatives et Parallèles édit., 265 p., 336 texte fig.
DONZE P. et ENAY R. (1962) - Les ostracodes de la limite Dogger-Malm dans
l'Ile Crémieu. Trav.Lab. Géoi.Lyon, N. S., n08, p. 143-157, fig. 5-7, pl. XII.
ELMI S. (1964) - Stratigraphie du Lias supérieur du Sud- Ouest de l'Ile Crémieu
(Jura méridional tabulaire). Colloque Jurassique, Luxembourg, 1962. C. R. et
Mém. Inst. Gd Duc., Sect. Sc. nat., Phys. et Maths, Luxembourg, p. 567-575,
2 fig.
ELMI S., ENAY R. et MANGOLD C. (1964) - La stratigraphie et les variations
de faciès du Bajocien de l'Ile Crémieu (Jura méridional tabulaire). Colloque
Jurassique, Luxembourg, 1962. C. R. et Mém. Inst. Gd Duc., Sect. Sc. nat, Phys.
et Maths, Luxembourg, p. 539-557,3 fig.
ENAY R. (1958) - Précisions stratigraphiques sur le Jurassique supérieur de
l'Ile Crémieu (Jura méridional tabulaire). C. R. Acad. Sc., Paris, t. 247, p. 2164-
2167.
-54-
ENAY R. (1966) - L'Oxfordien dans la moitié sud du Jura français. Etude
stratigraphique. Nouv. Arch. Mus. Hist. nat. Lyon, fasc. VIII, t. l, p. 1-323, texte
fig. 1-90; t. II, p. 331- 624, texte fig. 91-178, pl. 1-40.
ENAY R. (1980) - L'Ile Crémieu. Evolution morphologique et structurale. Bull.
Soc.iinn. Lyon, 49ème année, n° 8, ' •. 482-505,2 texte fig.
ENAY R. (1981) - Les formations glaciaires et les stades de retrait du glacier
würmien dans 111e Crémieu. Bull. Soc.iinn. Lyon, 50ème année, nO 1, p.5-27,
5 texte fig.
ENAY R., BASTIEN M.-T., DONZE P. et SIGAL J. (1963) - Contribution à
l'étude paléontologique de l'Oxfordien supérieur de Trept (Isère). Trav. Lab.
Géoi.Lyon, N. S., nO 8 (1962), p. 1-142,4 texte fig., pl. I-XI.
ENAY R. et ELMI S. (1961) - Observations nouvelles sur le Lias supérieur et la
limite Lias-Bajocien dans 111e Crémieu (Jura méridional tabulaire.). Mêm.
B.R.G.M., Technip édit., Paris, n° 4, p. 649-654.
ENAY R. et MANGOLD C. (1959) - La limite Bathonien-Callovien et le
Callovien inférieur dans l'Ile Crémieu (Jura méridional tabulaire). C. R. som.
Soc. gêoi. France, Paris,fasc. 6, p. 128-129.
GAUTHIER H., DAVID L. et LATREILLE G. (1959) - Quelques précisions sur
la stratigraphie du Vindobonien de la région lyonnaise. C. R. Acad. Sc., Paris,
t. 248,p. 2888-2890.
GENIN M.-L. (1964) - Contribution à l'étude micropétrographique et
micropaléontologique du Lias inférieur et moyen de Saint-Quentin-Fallavier.
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GIGOUT M. (1969) - Recherches sur le Quaternaire du Bas-Dauphiné et du
Rhône moyen. Mém. B.R.G.M., n° 65,91 p., 19 fig.
GOGUEL J. (1948) - Essai d'interprétation de la prospection géophysique de la
Bresse et du Bas-Dauphiné. PubL. Bur. Rech. Géai. Géophys. Min., Imp. nat.,
Paris, 78 p., 33 texte fig.
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Saône et du Rhône, d'après la prospection géophysique. Intern. GeoI. Congr.
London, 18ème sess., part 5, p. 59-67,5 texte fig.
GUÉRIN C. et MEIN P. (1971) - Les principaux gisements de mammifères
miocènes et pliocènes du domaine rhodanien. Docum. Lab. Géoi. Unive Lyon, H.
S., p.131-170, 1 fig., 1 tabl.
GUEYMARD E. (1844) - Statistiques du département de l'Isère, minéralogie,
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HORON O. et TORCY E. de (1962) - Carte des gisements de fer de la France,
1/1 000 000. Paris (B.R.G.M.).
J ACQUEMET E. (1895) - Contribution à l'étude géologique de l'Ile Crémieu.
Ann. Soc. Linn. Lyon, t. 42, p.199-253.
- 55-
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MANGOLD C. (1970) - Stratigraphte des étages Bathonien et Cal10vien du Jura
méridional. Docum. Lab. Géai. Fac. Sc. Lyon, n° 41, fasc.1, 376 p., 119 fig.
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huîtres" de l'Ile Crémieu (Jura méridional tabulaire); corrélation des
formations du Bajocien supérieur de la région lyonnaise. Géobios, Lyon, nO 12,
fase. 4, p. 609-614, 2 fig.
MAZENOT G. et GOURC J. (1939) - Les tourbières de la vallée de la Bourbre
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Néogène méditerranéen à partir des mammifères. Rep. aetivity R.C.M.N.S.
Working Groups, J. Senes edit., Bratislava, 1975.
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MÉLOUX J. (1975) - Bilan synthétique de 10 ans de prospection. Alpes Nord.
Rapp. B.R.G.M., 75 RME 023FE.
MOUTERDE R. et ROSSET J. (1948) - Le Lias de Saint-Quentin-Fallavier
(Isère). C. R. som. Soc. géol. France, Paris, p. 173-174.
NICOLLET C. (1979) - Le Bas-Dauphiné septentrional. Etude stratigraphique
et sédimentologique. Doct. 3ème cycle, Univ. Scient. et Méd. Grenoble, 150 p.,
43 fig.
PELLETIER M. (1950) - Définition du genre Isastraea MILNE EDWARDS et
HAIME 1851 d'après la structure du génotype Astrea heliantoidesGOLDFUSS
1826. C. R. som. Soc. géoi.France, Paris, n° 10, p. 160-162.
RIAZ A. de (1895) - Etude sur les étages jurassiques moyens et supérieurs des
Cantons de Crémieu et Morestel (Isère). Bull. Soc. géol. France, Paris, sér. 3,
t. XXIII, p. 366-394, 1 fig.
RIAZ A. de (1898) - Description des ammonites des couches à Peltoceras
transuersarium (Oxfordien supérieur) de Trept (Isère). Masson édit., Paris,
69 p., pl. I-XIX.
RICHE A. (1883) - Etude stratigraphique sur le Jurassique inférieur du Jura
méridional. Ann. Univ. Lyon, t. 6, fasc. 3,396 p., 40 fig., 2 pl.
ROMAN F. (1926) - Géologie lyonnaise. Presses Univ. Fr., Paris, 356 p., 55 fig.
ROSSET J. (1948) - Etude sur le Jurassique de Saint- Quentin-Fallavier (Isère).
O.E.S., Fac. Sc. Lyon, 1 voL, 81 p. dactyl., 5 pl., 2 cartes.
THORAL M. (1945) - Sur un nouveau sondage dans l'Est lyonnais. C. R. som.
Soc. géol. France, Paris, nO 78, p. 105- 107.
-56-
Cartes géologiques à 1/80.000
Feuille Lyon: 1ère édition (1890) par Michel-Lévy, Delafond,
Fontannes et Riche
2ème édition (1922) par Depéret, Friedel, Alb. Michel-
Lévy, Riche, \{azeran et Doncieux.
Feuille Chambéry: 1ère édition (1901) par Douxami, D. Hollande etA. Riche
2ème et 3ème éditions (1958, 1964) par P. Gidon,
P.-R. Giot, A. Riche, A. Vaton et J. Viret.
Carte géologique à 1/250.000
Feuille Lyon (1980), par R. Bouiller, J.-C. Chiron et Y. Kerrien.
Carte des gÎtes minéraux de la France à 1/320.000
Feuille Lyon(1963), coordination par F. Permingeat.
Carte des gÎtes minéraux de la France à 1/500.000
Feuille Lyon (1979) avec notice, coordination par A. Emberger etJ. Méloux.
DOCUMENTS ET COLLECTIONS CONSULTABLES
Les matériaux recueillis depuis environ deux siècles sur le territoire de la
carte, de nature paléontologique, lithologique, préhistorique, se trouvent
conservés pour une faible part auprès du Muséum de Lyon et du B.R.G.M.
(sondages), pour la majeure part auprès du Département des Sciences de la
Terre.
Les documents inédits, tels les coupes de sondages, doivent êtré consultés
dans la banque des données du sous-sol du B.R.G.M.
Adresses des services concernés:
• Université Claude-Bernard, Département des Sciences de la Terre, 27-43,
boulevard du Il novembre 1918,69622 Villeurbanne Cedex (France)
Tél. 78-89-81-24.
• Muséum d'Histoire naturelle, 28, boulevard des Belges, 69006 Lyon
Tél. 78-24-76-56
• Bureau de Recherches géologiques et minières (B.R.G.MJ :
- SGR Rhône-Alpes, 43, boulevard du Il novembre 1918,
B.P. 6083,69604 Villeurbanne Croix-LuizetCedex
Tél. 78-89-72-02
- B.R.G.M., Maison de la Géologie, 77, rue Claude-Bernard, 75005 Paris.
-57 -
TABLEAUX D'ÉQUIVALENCE DES NOTATIONS
S'il n'est pas utile de chercher les équivalences de notation avec des cartes
aux échelles très différentes (111 000000 ou 1/320 000), il semble nécessaire de
donner les équivalences entre les deu" cartes Lyon et Chambéry à 1/80000 et la
carte Bourgoin-Jallieu à 1/50000. C,'S équivalences sont données sous forme de
tableaux; pour la commodité du repérage les tableaux seront au nombre de
deux (formations superficielles et quaternaires, terrains tertiaires et secon-
daires) et ils seront présentés dans l'ordre de la légende de la présente carte.
1/50000 Formations 1/80 000 Lyon 1/80000 Chambéry
Bourgoin- quaternaires et
Jallieu superficielles 189Ô 1922 1901 1958
Ly Lacustre post-wurmien - - - -
Uy Tuf post-wurmien - - At At
EGP Eboulis par gélivation - - Ae Ae
OEx Loess et limons wurmiens A Al A -
Jy-z Cônes torrentiels - - - -
Fy Alluvions fluviatiles post- a lb ale a lC +a 2 a lb
wurrnienhes
FGx8 Fluvio-glaciaire de a lb - a 1C +a l gl 2 a 1b +Gla
Morestel
FGx7 Fluvio-glaciaire de Lancin a lb - .a lc +a'gI2 alb+Gla
FGx6 Fluvio-glaciaire de Bourbre a lb a ld +a le a lc a,b
FGx5 Fluvio-glaciaire de Grenay a 1b a ld +a 1a - -
Gx7 Complexe morainique de a l gl - a l g1 2 Gia
Lancin
Gx6 Comple morainique de la a l gl GI3 a 1gl 2 Gia
Bourhre
Gx5 Complexe morainique de a l gl G;l+ - -
Grenay GI2 + GI3
a ltr + a 1a
Gx1-6 Complexe morainique a'gl GI3 a 1g1 2 Gia
indifférencié
1/50000 Formations tertiaires et 1/80 000 Lyon 1/80000 Chambéry
Bourgoin-
secondaires 1890 1922 1901 1958
Jallieu
m2b Miocène supérieur m4 m3 - -
9 Oligocène m lll - m, m,
j7 Kimméridgien inférieur - - J3 J3
j6c Oxfordien supérieur - - J3 J3
(cale. litho)
j6b Oxfordien supérieur - - J3 J3
(cale. lités)
j6a Oxfordien supérieur - - J2 J2b
(Effingen + Geissberg)
j5 Oxfordien supérieur - - J2 J2a
(Birmensdorf)
j4 Oxfordien s. stricto - - J2 J2a
j3 Callovien - - J1 J1
j2 Bathonien - - J, JI-III
j1c Bajocien supérieur - - Jill + Ju J1V
j1b Bajocien moyen - - J,v + Jill J,v
j1a Bajocien inférieur J,v J,v J,v J,v
17-9 Toarcien-Aalénien 14 14 14 14
15-6 Pliensbachien 13 13 13 13
13-4 Sinémurien 12 12 12 12
11-2 Hettangien 11 /1 - -
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AUTEURS DE LA NOTICE
-s. ELMI, professeur à l'Université Claude-Bernard - Lyon 1
- R. ENAY, professeur à l'Université Claude-Bernard - Lyon 1
- C. MANGOLD, professeur à l'Université de Nancy 1
'- N. MONGEREAU, professeur à l'INSA de Lyon
- avec la collaboration de M. PIBOULE (terrains métamorphiques de
Chamagnieu), P. MEIN, maitre-assistant (vertébrés), H. MEON, chargé de
recherches au CNRS (pollens), J .-B. BaISSIER, ingénieur géologue à l'EPIDAIII
(géotechnique), A. BAMBIER, ingénieur géologue au B.R.G.M. (gîtes
minéraux).
.. Etablissement public d'Aménagement de la ville nouvelle de l'IsJe-d'Abeau.
Composition Département DFGIMETH - Traitement de Texte - BRGM