DEVOIR SURVEILLÉ N◦ : 4
MATHÉMATIQUES
Durée : 4 heures
N.B. : le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de
la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d’énoncé, il
le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives
qu’il a été amené à prendre.
RAPPEL DES CONSIGNES
• Utiliser uniquement un stylo noir ou bleu foncé non effaçable pour la rédaction de votre com-
position ; d’autres couleurs, excepté le vert, peuvent être utilisées, mais exclusivement pour les
schémas et la mise en évidence des résultats.
• Ne pas utiliser de correcteur.
• Écrire le mot FIN à la fin de votre composition.
Les calculatrices sont interdites
Le sujet est composé de deux exercices et d’un problème
Exercice 1: Les fonctions mid-convexes
Q.1. Comme indiqué par la question, nous allons établir la propriété souhaitée par récurrence. Commençons
par noter que cette récurrence s’initialise tout de suite grâce à notre hypothèse sur f , à savoir
x+y f (x) + f (y)
f ⩽ pour tout x, y ∈ I.
2 2
Fixons un entier n ⩾ 1 et supposons que la propriété de l’énoncé ait lieu, i.e., pour tout réels x1 , . . . , x2n ∈
I, on a
x1 + . . . + x2n 1
f ⩽ (f (x1 ) + . . . + f (x2n )) .
2n 2n
Soient y1 , . . . , y2n+1 ∈ I fixés. En posant
y1 + . . . + y2n y2n +1 + . . . + y2n+1
Y = ∈I et Y′ = ∈I
2n 2n
il vient
Y +Y′ f (Y ) + f (Y ′ )
y1 + . . . + y2n+1
f =f ⩽ .
2n+1 2 2
Nous pouvons à présent exploiter notre hypothèse de récurrence pour obtenir
1
f (Y ) ⩽ (f (y1 ) + . . . + f (y2n ))
2n
et
1
f Y ′ ⩽ n (f (y2n +1 ) + . . . + f (y2n+1 )) .
2
On conclut que
y1 + . . . + y2n+1 1
f ⩽ (f (y1 ) + . . . + f (y2n+1 ))
2n+1 2n+1
ce qui termine la récurrence. La propriété désirée est établie.
Q.2. Soient x, y ∈ I et m, n ∈ N avec m ⩽ 2n . Si m = 0 ou m = 2n , il n’y a rien à établir. Supposons
donc 0 < m < 2n . Dans ce cas, on peut exploiter la question précédente avec x1 = . . . = xm = x et
xm+1 = . . . = x2n = y pour obtenir
mx + (2n − m) y 2n − m
m
f ⩽ f (x) + f (y)
2n 2n 2n
qui s’écrit également m m m m
f x + 1 − y ⩽ f (x) + 1 − f (y).
2n 2n 2n 2n
Q.3. On observe que pour tout t ∈ [0, 1] et pour tout n ∈ N,
2n t − 1 ⩽ Ent (2n t) ⩽ 2n t
qui est évidemment équivalente à
1 Ent (2n t)
t− ⩽ ⩽ t.
2n 2n
Une application directe du théorème d’encadrement permet de conclure quant à la convergence attendue.
Q.4. Soit t ∈ [0, 1], x, y ∈ I. Puisque pour tout n ∈ N, on a Ent (2n t) ⩽ 2n , nous pouvons appliquer la
Question Q2 pour obtenir
Ent (2n t) x + (2n − Ent (2n t)) y Ent (2n t) Ent (2n t)
f ⩽ f (x) + 1 − f (y).
2n 2n 2n
1/6
Il reste à voir que la continuité de f et la convergence donnée par la Question Q3 permettent de passer
à la limite dans l’inégalité ci-dessus et d’aboutir à
f (tx + (1 − t)y) ⩽ tf (x) + (1 − t)f (y).
La convexité de f est démontrée.
Exercice 2:
Q.5. (a) • Unicité :
Soit P1 , P2 des polynômes de degré 3 au plus, tels que
P1 (0) = P2 (0) = φ(0) P1 (1) = P2 (1) = φ(1)
P ′ (0) = P ′ (0) = φ′ (0) P ′ (1) = P ′ (1) = φ′ (1).
1 2 1 2
Le polynôme P1 − P2 est de degré 3 au plus et admet 0 et 1 pour racines au moins doubles,
donc P1 = P2 .
• Existence :
Les polynômes de degré 3
(
A0 = (1 + 2X)(1 − X)2 = 1 − 3X 2 + 2X 3
B0 = X(1 − X)2
sont tels que (
A0 (0) = 1 A0 (1) = 0 A′0 (0) = 0 A′0 (1) = 0
B0 (0) = 0 B0 (1) = 0 B0′ (0) = 1 B0′ (1) = 0.
Donc les polynômes
A1 = A0 (1 − X) et B1 = −B0 (1 − X)
sont de degré 3 et tels que
(
A1 (0) = 0 A1 (1) = 1 A′1 (0) = 0 A′1 (1) = 0
B1 (0) = 0 B1 (1) = 0 B1′ (0) = 0 B1′ (1) = 1.
Par suite le polynôme
P = φ(0)A0 + φ(1)A1 + φ′ (0)B0 + φ′ (1)B1
est de degré 3 au plus et tel que
P (0) = φ(0) P (1) = φ(1),
P ′ (0) = φ′ (0) P ′ (1) = φ′ (1).
(b) Soit t ∈]0; 1 [ et la fonction ψ : [0; 1] → R définie par
ψ(θ) = φ(θ) − P (θ) − M θ2 (1 − θ)2 ,
φ(t)−P (t)
avec M = t2 (1−t)2 . Comme φ, c’est une fonction quatre fois dérivable sur ] 0; 1[, et on a
ψ(0) = ψ(1) = ψ(t) = 0 et ψ ′ (0) = ψ ′ (1) = 0.
Avec le théorème de Rolle on obtient :
2/6
• il existe t1 ∈] 0; t [ et t2 ∈] t; 1[ tels que
ψ ′ (t1 ) = ψ ′ (t2 ) = 0;
• il existe u1 ∈] 0; t1 [, u2 ∈] t1 ; t2 [ et u3 ∈] t2 ; 1[ tels que
ψ ′′ (u1 ) = ψ ′′ (u2 ) = ψ ′′ (u3 ) = 0;
• il existe v1 ∈] u1 ; u2 [ et v2 ∈ ] u2 ; u3 [ tels que
ψ ′′′ (v1 ) = ψ ′′′ (v2 ) = 0;
• il existe ct ∈] v1 ; v2 [ tel que ψ (4) (ct ) = 0.
ϕ(4) (ct )
Avec ψ (4) = φ(4) − 24M on a M = 24 . Avec ψ(t) = 0 on obtient
t2 (1 − t)2 (4)
φ(t) − P (t) = φ (ct ) .
24
(c) Si φ est de classe C 4 sur [0; 1] on obtient, pour tou t ∈]0; 1[,
t2 (1 − t)2
|φ(t) − P (t)| ⩽ sup φ(4) (θ)
24 0⩽θ⩽1
1
⩽ sup φ(4) (θ) .
384 0⩽θ⩽1
Puisque cette inégalité est vraie si t = 0 ou t = 1, on a
1
sup |φ(t) − P (t)| ⩽ sup φ(4) (t) .
0⩽t⩽1 384 0⩽t⩽1
Q.6. La fonction φ ∈ C 4 ([0; 1], R) définie par
φ(t) = f ((1 − t)a + tb)
est telle que
f (a) = φ(0), f ′ (a) = φ′ (0)
b−a
f (b) = φ(1), f ′ (b) = φ′ (1) .
b−a
Pour tout polynôme U de degré 3 au plus, l’application définie par
P (t) = U ((1 − t)a + tb)
est polynomiale de degré 3 au plus et telle que
U (a) = P (0), U ′ (a) = P ′ (0)
b−a
U (b) = P (1), U ′ (b) = P ′ (1) ;
b−a
L’existence d’un polynôme U , de degré 3 au plus, tel que
(
U (a) = f (a), U (b) = f (b)
U ′ (a) = f ′ (a), U ′ (b) = f ′ (b)
équivaut donc à celle d’un polynôme P de degré 3 au plu : tel que
P (0) = φ(0), P (1) = φ(1),
P ′ (0) = φ′ (0), P ′ (1) = φ′ (1).
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On déduit l’existence et l’unicité de U . De plus avec, pour tout k ∈ J0; 4],
sup f (k) (x) − U (k) (x)
a⩽x⩽b
1
= sup φ(k) (t) − P (k) (t) ,
(b − a)k 0⩽t⩽1
on obtient
(b − a)4
sup |f (x) − U (x)| ⩽ sup f (4) (x) .
a⩽x⩽b 384 a⩽x⩽b
Problème :
◦
Q.7. (a) Soit x ∈I . Pour tout h > 0 assez petit on a
f (x + h) − f (x − h)
Dx f (h) =
2h
1 f (x + h) − f (x) f (x) − f (x − h)
= + ;
2 h h
il en découle que, si f est dérivable en x, on a
lim Dx f (h) = f ′ (x)
h→0+
donc f est S-dérivable en x avec f S (x) = f ′ (x).
◦
(b) Supposons f et g S-dérivables en x ∈I . Pour tout λ ∈ R, on a pour tout h > 0 assez petit
Dx (λf + g)(h) = λDx f (h) + Dx g(h)
−→ λf S (x) + g S (x),
h→0+
donc λf + g est S-dérivable en x avec
(λf + g)S (x) = λf S (x) + g S (x).
Q.8. (a) i. La fonction φ1 est continue en tout point de R\Z et discontinue en tout point de Z.
ii. En tout point x ∈ R, on a pour tout h > 0 assez petit Dx φ1 (h) = 0, donc φ1 est S-dérivable
en x et f S (x) = 0.
(b) i. La fonction φ2 est S-dérivable sur R avec, pour tout x ∈ R,
−1 si x < 0
S
φ2 (x) = 0 si x = 0
si x > 0
1
ii. La fonction φS2 est dérivable sur R∗ avec, pour tout x ̸= 0,
S
φS2 (x) = 0,
et n’est pas S-dérivable en 0 .
4/6
(c) • Soit x ∈ Q. Pour tout h > 0, les réels x + h et x − h sont rationnels si h est rationnel, et
irrationnels si h est irrationnel. La fonction Dx φ3 est donc nulle, donc φ3 est S-dérivable en x
avec φS3 (x) = 0.
⌊nx⌋
• Soit x ∈ R\Q. Pour tout n ∈ N∗ , hn = x − n est un irrationnel strictement positif tel que
⌊nx⌋ ⌊nx⌋
x − hn = n ∈ Q et x + hn = 2x − n ∈ R\Q, donc on a
1
Dx φ3 (hn ) = − −→ −∞ car hn −→ 0.
hn
La fonction φ3 n’est donc pas S-dérivable en x.
• En conclusion, φ3 esr S-dérivable en x si, et seulement si, x est rationnel.
Q.9. Si f est croissante et S-dérivable, les fonctions Dx f sont positives, donc f S est positive.
Q.10. (a) i. • Aε est une partie convexe de R car, pour tous x1 , x2 ∈ Aε , on a f|[a;x2 ] ⩾ f (a) − ε donc
x1 < x2 =⇒ ∀x ∈ [x1 ; x2 ] , f|[a;x] ⩾ f (a) − ε
=⇒ [x1 ; x2 ] ⊂ Aε
Donc Aε est un intervalle.
• f étant continue en a, il existe r > 0 tel que, pour tout x ∈ [a; a + r[, f (x) ⩾ f (a) − ε. On
a f|[a;x] ⩾ f (a) − ε donc [a; a + r [⊂ Aε . Donc Aε est un intervalle d’intérieur non vide.
ii. Avec [a; a + r [⊂ Aε ⊂ [a; b] , l’intervalle Aε est borné, contient sa borne inférieure a, et sa borne
supérieure M vérifie a < M ⩽ b. Soit (xn )n⩾1 une suite à valeurs dans Aε et convergeant vers
M . On a
∀n ∈ N∗ , f (xn ) ⩾ f (a) − ε,
donc, f étant continue en M , on obtient
f (M ) ⩾ f (a) − ε.
On a donc f|[a;M ] ⩾ f (a) − ε, donc M ∈ Aε . L’intervalle Aε est donc fermé.
◦
iii. Supposons M < b. Alors on a M ∈I , f est S-dérivable en M et f S (M ) > 0.
Avec lim+ DM f (h) > 0 il existe h0 > 0 tel que
h→0
h ∈]0; h0 [ =⇒ DM f (h) > 0
=⇒ f (M + h) > f (M − h)
Quitte à diminuer h0 , on peut supposer M − h0 ∈ Aε . Il vient alors
h ∈]0; h0 [=⇒ f (M + h) > f (M − h) > f (a) − ε,
donc on a [a; M + h0 [⊂ Aε . Cela contredit la définition de M .
On a donc Aε = [a; b].
(b) i. Pour tous a, b ∈ I tels que a < b, on a
∀ε > 0, f (b) ⩾ f (a) − ε
donc f (b) ⩾ f (a). Cela montre que f est croissante.
5/6
ii. La fonction f est croissante donc, si f n’est pas strictement croissante, il existe a, b ∈ I avec
a < b tels que f soit constante sur [a; b]. On obtient alors que f S est nulle sur ]a; b [ . Cela
contredit l’hypothèse f S > 0.
Q.11. (a) Pour tout n ∈ N∗ , la fonction fn est S-dérivable avec (fn )S = f S + 1
n ⩾ 1
n donc fn est strictement
croissante.
(b) Pour tous a, b ∈ I tels que a < b, on a
b a
∀n ∈ N∗ , f (b) + > f (a) + ,
n n
donc en passant à la limite, on obtient f (b) ⩾ f (a). Cela montre que f est croissante.
(c) Si f S est nulle, on a f S ⩾ 0 et (−f )S ⩾ 0, donc f et −f sont croissantes, ce qui montre que f est
constante.
Q.12. (a) La fonction g est continue sur le segment [a; b], donc g est bornée et atteint ses bornes m et M .
• Si m = M, g est constante sur [a; b] et g S est nulle sur ]a; b[.
• Si m < M , avec g(a) = g(b) on déduit que l’une au moins des deux bornes m et M est atteinte
en un point c ∈]a; b[. Quitte a changer g en −g on peut supposer que M = g(c). Supposons
g S (c) > 0. Alors, g S étant continue, il existe r > 0 tels que g S soit strictement positive sur
]c−r; c+r [, ce qui montre que g est strictement croissante sur ]c−r; c+r[. On a donc g > M =
g(c) sur ]c; c + r[, ce qui contredit la définition de M . On conclut que l’on a g S (c) ⩾ 0. De
même, on a g S (c) ⩽ 0 et on déduit que g S (c) = 0.
(b) On voit que l’hypothèse de continuité sur g S est nécessaire pour établir le résultat en considérant
l’exemple de la fonction φ2 : x 7→ |x|.
Q.13. (a) La fonction g : I → I définie par
f (b) − f (a)
g(x) = f (x) − (x − a)
b−a
◦
est continue sur I, S-dérivable sur I avec
f (b) − f (a)
gS = f S − .
b−a
La fonction g S est continue et de plus on a g(a) = g(b). Il existe donc c ∈]a; b [ tel que g S (c) = 0,
ce qui s’écrit
f (b) − f (a)
f S (c) = .
b−a
◦
(b) Soit x ∈I . Pour tout h > 0 assez petit on a x + h ∈ I donc il existe ch ∈] x; x + h[ tel que
f (x + h) − f (x)
= f S (ch ) .
h
Avec lim+ ch = x et la continuité de f S on obtient
h→0
f (x + h) − f (x)
lim+ = f S (x),
h→0 h
donc f est dérivable à droite en x avec fd′ (x) = f S (x). De même, f est dérivable à gauche en x
◦
avec fg′ (x) = f S (x). On conclut que f est dérivable sur I avec f ′ = f S .
FIN
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