Cours Physiologie Animale
Cours Physiologie Animale
Cours abrégés de
Physiologie Animale
Première partie :
Respiration, Circulation, Contrôle endocrinien et
Digestion
Première partie
2
Avant-propos
3
Sommaire
1. Définition
16
2. Circulation du hémolymphe chez les Invertébrés
16
3. Circulation sanguin des vertébrés
19
4. Circulation lymphatique des vertébrés
25
Références bibliographiques 54
4
Chapitre 1 : La respiration
1. Définition de la respiration
Mécanisme vital qui permet des échanges de gaz (absorption d’O2, élimination du CO2,
CH4, NH3) à travers un tissu respiratoire (épithélium respiratoire).
5
directement aux cellules à travers les trachéoles. Le sang ne joue aucun rôle dans ce type
de respiration. Cette respiration primitive est observée chez les insectes et les arachnides
(Fig. 1 et 2). Les Arachnides sont pourvus, en plus d’un système trachéen, de deux
poumons différenciés avec un épithélium respiratoire (Fig. 3 et 4).
Figure 1 : Système trachéen chez les insectes : à gauche système schématisé, à droite ramification
du système trachéen observé par microscope électronique
6
Figure 3 : Araignée, face ventrale montre deux systèmes respiratoires : orifice respiratoire
en bas et deux poumons en haut
7
4.2. Respiration branchiale : repose sur des branchies ; des organes respiratoires aquatiques.
Les branchies filtrent l’oxygène dissous dans l’eau par des filaments branchiaux équipés
par des lamelles branchiales a épithélium très mince pourvu par des vaisseaux efférent
qui conduisent le sang riche en oxygène et afférents qui apportent le sang riche en CO 2
(le sang joue un rôle très important). La ventilation est assurée par les mouvements de la
paroi operculaire. La respiration branchiale concerne des espèces aquatiques
invertébrées ; Crustacés, Mollusques, et Vertébrées : les poissons et amphibiens. Les
poissons nagent contre courant pour augmenter le prélèvement de l’oxygène (Fig. 5). La
respiration aquatique est coûteuse en énergie, les mouvements respiratoires entraînent
une importante dépense énergétique, elle équivaut à 30 à 50% de l’énergie produite par
la respiration. Certains poissons très actifs ont un système moins coûteux en nageant
bouche ouverte ce qui provoque un courant d’eau continu (cas du thon). Les filaments et
les lamelles augmentent avec l’activité du poisson :
- Carpe : 1.3 mm2 de surface branchiale/g de poids de corps ;
- Thon : 13.5 mm2 de surface branchiale/g de poids de corps.
8
Figure 5 : Fonctionnement du système respiratoire branchial chez les poissons
([Link]
9
4.3. Respiration cutanée repose sur les échanges de gaz par diffusion à travers une peau
très mince et uni-stratifiée, richement vascularisé et humidifier par les cellules
glandulaires produisant du mucus (Fig. 6). Le sang joue un rôle très important. Le ver de
terre respire par sa peau, la chauvesouris respire avec les ailes au cours du vol, les
amphibiens respirent avec la peau.
Figure 6 : Une portion d’une coupe sagittale d’un annélide (tissu respiratoire et
muscles)
Repose sur des poumons développés équipés par un épithélium respiratoire dans des
alvéoles pulmonaires. L’organisation générale des poumons des mammifères, est caractérisée
par le développement considérable des surfaces d’échanges (70 % m2 chez l’homme, par
exemple), obtenue par la ramification très poussée du système aérifère et l’intrication de
celui-ci avec un réseau dense de capillaire sanguin (le sang joue un rôle dans la respiration)
(Fig. 7-10).
10
La capacité respiratoire impose une limitation à la taille : si un organisme n’a pas
d’appareil respiratoire spécialisé et dispose seulement de l’oxygène qui diffuse qu’à travers la
paroi de son corps, la limite et vite atteinte au de la de laquelle l’oxygène ne parviendra pas
au centre de son corps.
11
4.4.2. Voies respiratoires
Anatomiquement, l’appareil se divise chez les mammifères en deux parties séparées par le
pharynx :
12
4.4.3. Inspiration et expiration
Les alvéoles fonctionnent comme des bulles de savons, la forme quasi sphérique de
l’alvéole et sa forte courbure signifiant que les molécules d’eau qui tapissent sa surface
interne ont tendance de provoquer la contraction de l’alvéole comme une bulle. Les
phénomènes de tension superficielle devraient entrainer l’affaissement du poumon s’il n’était
pas limité par la présence sur la face interne des alvéoles. L’épaisseur de la barrière alvéolaire
qui représente qu’une fraction de micromètre, assure le passage des gaz vers les globules
rouge (érythrocytes), l’hémoglobine riche en Fer assure par la suite le transport des gaz.
- Les cellules respiratoires très aplaties ; elles reposent sur une lame basale et le plus
souvent sont fusionnées avec l’endothélium des capillaires ; ceci a pour conséquence
que quelques µ seulement séparent le sang de l’air.
- Les cellules septales nettement plus volumineuses sécrètent un mélange de
phospholipides et de protéines, le surfactant, favorise le contact entre l’épithélium et
l’air alvéolaire. L’épithélium est soutenu par un tissu conjonctif fibreux dans lequel
circule les capillaires et ou on trouve des macrophages, les cellules à poussières,
bourrées de lysosomes secondaires dont le rôle est d’immobiliser et de détruire les
fines poussières qui ont pu atteindre les alvéoles.
14
4.4.5. Mesures des volumes pulmonaires chez l’homme
On retrouve quatre volumes distincts :
- Le volume de réserve inspiratoire (VRI): volume qui est utilisé lors de grandes
inspirations (par exemple lors d’un effort physique important) il est compris entre
2500 et 3500 ml.
- Le volume courant (VC): volume utilisé en temps normal (au repos), il est
approximativement de 1000 ml.
- Le volume de réserve expiratoire (VRE): c’est le volume qui peut être expiré après
une respiration et une expiration normale, il est de l’ordre de 1000 ml.
- Le volume de résiduel (VR): est le volume d’air restant dans les poumons même après
une expiration forcée, le volume résiduel est aussi de 1000 ml.
- La capacité vitale (CV): c’est le volume qui comprend tout les volumes de réserve
(expiratoire et inspiratoire) plus le volume courant.
- Le volume total pulmonaire (VTP) : c’est le volume comprenant la capacité vitale et le
volume résiduel.
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Chapitre 3 : La circulation
1. Définition
16
Chez les Arthropodes qui possèdent un cœur non différencié (une seule chambre), la
circulation est activée par des ondes péristaltiques (Fig. 11 et 12). Par contre, les Mollusques
possèdent déjà un cœur différencié avec deux chambres (Fig. 13 et 14).
Figure 11 : Coupe transversale schématique d’un criquet (Insecte) montrant les organes, ainsi
le vaisseau dorsal avec cœurs péristaltiques
Formes
du Cœur
18
3. Circulation sanguine des vertébrés
3.1. Définition : mécanisme vital qui permet le transport des gaz, nutriment,
chaleur, force hydraulique (pression), hormones déchets par le sang, dans
des conduits (vaisseaux), la circulation est activée par une pompe (cœur).
3.2. Pompe ou cœur
Le cœur reçoit par les veines le sang qui a circulé dans les capillaires et le propulse à
nouveau dans les artères. C’est un organe creux, il comporte 4 cavités, 2 oreillettes et 2
ventricules (gauche et droite) séparés par des cloisons (2 cœurs droit et gauche). Le cœur
droit contenant le sang veineux et le cœur gauche contenant le sang artériel.
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3.2.1. Structure
3.2.2. Fonctionnement
Le cœur comporte des fibres musculaires qui produisent et propagent des impulsions
(système de formation et de conduction de l'excitation), ainsi que des cellules qui répondent à
ces impulsions par une contraction (travail du myocarde). La genèse de l'excitation siège
dans l'organe lui-même contrairement à ce qui se passe pour le muscle squelettique : on
parle de rythme spontané ou d'autonomie du cœur. L'excitation du cœur naît au niveau
du nœud sinusal qui constitue le stimulateur du cœur. La propagation de l'excitation
s'étend à partir de ce point aux deux oreillettes et aboutit, après avoir cheminé le long du
faisceau de His et de ses deux branches (Tawara), au réseau de Purkinje qui conduit
l'excitation au myocarde ventriculaire. Là, elle parcourt le myocarde de l'intérieur vers
l'extérieur et de la pointe jusqu'à la base (Fig. 16).
20
3.2.3. Cœur et volume d’éjection
La masse du cœur varie avec la classe animale, les oiseaux qui volent possèdent le
cœur le plus grand des vertébrés pour répondre à une grande activité. Elle varie aussi
avec le mode de vie ; les animaux terrestres possèdent un cœur plus grand que celui des
animaux aquatiques (Tab. 3). La masse du cœur augmente avec celle du corps. Chez les
mammifères la masse du cœur (Mcr) représente à peu près 0.59 % de la masse du corps
(Mco), quelque soit la taille de l’animal (Fig. 17) : Mcr = 0.0059Mco
21
Figure 17 : Masse du cœur en fonction de la masse du corps chez les Mammifères
- Fréquence cardiaque
- La fréquence cardiaque est le plus souvent exprimée en nombre de battement par
minutes. Elle est de 70 bats/mn chez l’homme adulte au repos et augmente avec
l’activité. Elle varie en sens inverse de la masse du corps. Chez un Eléphant de 3000 kg
au repos, elle est de 25 bts/mn, chez un Musaraigne de 3 g, elle dépasse 600 bts/mn.
On a pu copter jusqu’à 1200 bts/mn chez des Colibris et des Chauves-souris en vol.
L’équation de la droite de régression est (Fig. 18) : Fcr = 241 Mco-0.25 ,dont Fcr : fréquence
cardiaque, Mco : masse corporelle en kg.
- Débit cardiaque
C’est le volume sanguin propulsé par le cœur par unité de temps. Dans les cœurs
complètement cloisonnés, l’expression ne prend en compte qu’un demi-cœur. Il est donné
par la formule suivante : Qcr = Fcr . Vcr
dont Qcr : débit cardiaque en ml/mn, Fcr : fréquence cardiaque bts/mn, Vcr : le volume
expulsé par le cœur en ml.
22
Figure 18 : Relation entre la masse du cœur et le rythme cardiaque
23
Figure 18 : Circulation sanguine ([Link]
anatomique/[Link])
24
Tableau 4 : Flux sanguin vers les principaux organes d’un homme de 70 kg au repos
Organe Masse de l’organe (%) Débit sanguin (l/mn) Débit sanguin (l/kg/mn)
Rein 0.3 3.5 1.2 3.6 4.0
Foie 1.5 1.4 0.9
Cœur 0.3 0.25 0.8
Cerveau 1.4 0.75 0.5
Peau 2.5 66.5 0.2 2.0 0.08
Muscles 29 0.9 0.03
Autres 35 0.9 0.03
Total 70 5.6
La lymphe s’écoule des tissus vers la circulation sanguine; l’orientation du flux grâce aux
valvules lymphatiques. Ces dernières sont disposés tout le long des vaisseaux circulatoires à
sens unique, il n’y a pas d’organe pulseur (cœur), elle est très lente et régulière : 100 ml/h.
Les mouvements liquidiens sont assurés par les tissus voisins, la respiration et les
mouvements musculaires.
25
Figure 19 : Réseau lymphatique chez l’homme ([Link]
lymphome/lymphoma-101/le-cancer-en-quelques-mots/le-systeme-lymphatique)
4.2. Fonctionnement
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- Nutritif, la lymphe absorbe les graisses et transporte les vitamines A et K et les
enzymes pancréatiques.
- Défense: Elle intervient également dans la mise en place des processus de défense de
l’organisme en assurant un relais entre sang et organes lymphoïdes; la lymphe est
filtrée tout le long de son retour vers les veines sous-clavière par les ganglions qui en
extraient les déchets et éléments pathogènes présents dans les tissus;
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Chapitre 3 : Contrôle endocrinien
1. Introduction
Les fonctions sont pour la plupart sous double contrôle, endocrinien et nerveux. La
plus grande différence est que le système nerveux ressemble à un réseau téléphonique où les
signaux suivent des voies spécifiques et n’atteigne que l’abonné choisi, alors que le système
endocrinien évoque davantage la radio ; les signaux distribués sont discrimination via le sang
et des récepteurs spécifiques sont nécessaires pour recevoir chaque type de signal.
2. Hormones
2.1. Définition substance chimique produite par une glande endocrine et transportée dans
le sang vers l’organe ciblée où elle agit. Du grec hormân « exciter ».
Les hormones ont des structures chimiques très variables et dérivent du cholestérol,
des protides, des acides aminés …. Elles y agissent à des concentrations infimes. Toutes
hormones se conduit comme un messager transmetteur d’une information. Seules les cellules
pourvues de récepteurs membranaires spécifiques ou protéines cytoplasmiques, capable de
véhiculer l’hormone (Tab. 5)
En peut repartir les fonctions sous contrôle hormonal en 5 grands domaines (Tab.
12.2), les 3 premières sont en rapport avec le métabolisme et le maintien stable. Les deux
derniers concernent la croissance, le développement et la reproduction :
2.3. Nature chimique des hormones : les hormones des vertébrés sont classées en 3 groupes
distincts selon leur nature chimique :
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2.3.2. Hormones peptidiques et protéiques : Les hormones de l’hypothalamus qui agissent
sur d’autres glandes endocrines sont toutes des peptides composés de 3 à 14 acides aminés
(Tab. 5).
Tableau 5 : Classification des hormones des vertébrés en fonction de leur nature chimique
Liposolubles Hydrosolubles
Hormones Hormones protéique et Hormones dérivées de la
stéroïdienne peptidique tyrosine
3. Glande endocrine
Définition : Se sont des organes à sécrétion interne, qui sécrètent des hormones dans le sang
(ex : thyroïde, surrénale…) formées par des invaginations des épithéliums de surface.
30
3.1. L’hypothalamus
3.2. Gonades : glandes sexuelles (testicules et ovaires) : Les gonades secrètent les hormones
sexuelles assurant la reproduction des espèces par :
3.2. Surrénale : glande qui coiffe les reins. Elle est formée de deux parties distinctes :
- Corticosurrénale : une partie périphérique, dont les hormones agissent sur le métabolisme
des glucides, des protéines, des lipides, des ions de l’eau. Un déficit de cortisol entraîne une
hypoglycémie et son excès provoque une hyperglycémie.
- Médullosurrénale : une région centrale sécrète surtout l’adrénaline qui accroît :
• Le rythme cardiaque ;
• La pression sanguine ;
• La glycémie (glycogenèse) ;
• La vasodilatation et le débit sanguin dans les muscles cardiaques et squelettiques,
ainsi que dans les poumons.
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• 3.5. Thyroïde : Les hormones thyroïdiennes ont la particularité de posséder des
atomes d’Iode. Leur effet est la stimulation du métabolisme oxydatif. L’activité
métabolique augmente si leur concentration est élevée ; des troubles apparaissent si
leur concentration diminue de la valeur normale (Goitre).
• 3.7. Pancréas : C’est une glande principale de l’appareil digestif (Fig. 23), elle produit
des enzymes digestif et deux hormones très importantes pour le métabolisme
glucidique : l’insuline et le glucagon. L’insuffisance d’insuline est à l’origine du
diabète sucré (hyperglycémie) ; inversement, l’insuffisance du glucagon est à l’origine
de l’hypoglycémie.
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Chapitre 4 : La digestion
1. Introduction
Le système digestif est constitué par un long tube qui traverse l’organisme de la
bouche à l’anus ; sa lumière est continue avec le monde extérieur. Les différentes parties du
tube digestif sont : la bouche, l’œsophage, l’estomac, l’intestin grêle et le gros intestin. Le
système digestif comprend aussi des glandes annexes qui y déversent des sécrétions - salive,
sécrétion biliaire et suc pancréatique - qui sont indispensables pour la digestion des
nutriments. Aux deux extrémités du tube digestif on trouve du muscle strié ; partout ailleurs
il y a du muscle lisse, les contractions duquel ne sont pas volontaires à la différence de celles
du muscle strié.
2. Définition de la digestion :
C’est un mécanisme vital qui permet la dégradation des aliments en nutriments, il
peut être mécanique ou chimique. Le premier mécanisme sous forme de mastication,
brassage et trituration du bol alimentaire. Le deuxième concerne l’hydrolyse enzymatique
(d’origine glandulaire ou microbienne) de substances nutritives de masse moléculaire élevée
(chaînes carbonées), qui sont scindées en leurs composants élémentaires, assimilables par les
cellules de l’organisme (monosaccharides, acides aminés, ets.).
3. Cinétique de la digestion
3.1. Chez les monogastriques
La compartimentation du tractus digestif permet par étapes, une fragmentation, un
brassage et une digestion de la nourriture. Chez les vertébrés, qui soumettent leurs aliments,
successivement à la salive, au suc gastrique, au suc pancréatique ; ainsi qu’à la surface de
l’épithélium de l’intestin grêle à fonction digestive et absorption, les effets de chacune des
enzymes sont séparés sur les plans spatial et temporel.
Les aliments, ingérés par la bouche sous forme de grosses particules, peuvent être réabsorbés
seulement après avoir été dissous par un processus dit de digestion lequel assure :
34
• Leur transformation en matière assimilable ;
• La production d’énergie qui est essentielle pour toutes les fonctions biologiques ;
• Les petites molécules ainsi formées sont ensuite transportées, par un processus appelé
absorption, de la lumière du tube digestif vers le sang et la lymphe. L’absorption est
réalisée par les cellules épithéliales qui tapissent la paroi du tube digestif ; d’autres
cellules assurent la sécrétion. Ce processus par lequel la sécrétion gastrique et la
sécrétion intestinale sont déversées dans la lumière.
Chez l’homme et les autres mammifères monogastriques, les glandes présentes dans la
paroi gastrique ont une activité sécrétrice très importante car elles sécrètent le précurseur de
la pepsine et, surtout, quelque 3.5 l/j d’acide chlorhydrique très concentré. Les contractions
péristaltiques de l’estomac favorisent le mélange des nutriments avec le suc gastrique : il en
résulte une bouillie pâteuse, appelée chyme, qui ensuite est propulsée vers le duodénum où
elle est digérée. L’estomac n’a pas une grande capacité absorbante (à l’exception de l’alcool
chez l’homme).
Les phénomènes les plus importants qui ont lieu dans les différentes parties du tube
digestif sont au niveau :
Bouche : ingestion, mastication, déglutition, sécrétion de salive par les glandes salivaires et
un début de digestion des glucides par l’α-amylase salivaire.
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Tableau 6 : Cinétique des enzymes et des glandes digestive des vertébrés
Œsophage : voie obligée pour le passage du bol alimentaire et des liquides du pharynx vers
l’estomac. Entre la bouche et l’œsophage, il y a le sphincter œsophagien supérieur formé par
du muscle strié ; à l’autre extrémité de l’œsophage il y a le sphincter œsophagien inférieur
formé lui par du muscle lisse. La muqueuse œsophagienne sécrète du mucus qui facilite
l’avancement du bol alimentaire.
Estomac : organe à forme de sac situé entre l’œsophage et l’intestin grêle. Ses fonctions sont
multiples :
• stocker temporairement le bol alimentaire,
• le morceler et le digérer partiellement,
• le déverser dans le duodénum par petits bouts.
L’estomac présente des fonctions très variables selon l’espèce et la catégorie animale
(monogastrique ou polygastrique : Fig. 39-42).
L’estomac des monogastrique présente 3 régions : fundus, corps de l’estomac et antre
pylorique.
- Le Fundus secrète l’HCl par les cellules bordantes, le pepsinogène, présure et des
lipases sont secrétés par les cellules principales, le mucus et le bicarbonate de sodium
(NaHCO3) par les cellules de la muqueuse (couche des cryptes)
- Corps de l’estomac brassage des aliments par des mouvements péristaltiques
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- Antre pylorique : brassage des aliments par des mouvements péristaltiques et
évacuation du chyme vers le duodénum et secrète la gastrine.
Intestin : dernière partie du tube digestif ; on distingue l’intestin grêle et le gros intestin.
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Figure 24 : Les voies de l’absorption intestinale : capillaires sanguin et chylifères
lymphatiques
La majeure partie de l’absorption a lieu dans l’intestin grêle et tout particulièrement
dans le duodénum. La grande capacité de digestion de ce segment est due à la présence, dans
sa lumière, des sécrétions du pancréas exocrine et du foie. Le pancréas exocrine sécrète les
enzymes spécifiques pour la digestion de chaque classe de molécules organiques ingérées et
un liquide riche en bicarbonates lequel assure :
• le bon fonctionnement de ces enzymes
• la protection de la muqueuse duodénale contre l’acidité du chyme.
La motilité de l’intestin grêle sert à plusieurs fonctions ; elle permet de :
•brasser le contenu luminal avec les différentes sécrétions,
•l'amener en contact avec la muqueuse pour en favoriser l’absorption,
•le propulser vers les parties plus distales du tube.
Le résidu non réabsorbé dans l’intestin grêle passe dans le gros intestin : la limite entre les
deux segments est représentée par la valvule iléo-cæcale.
Les nutriments absorbés, sauf les lipides, sont transportés par le sang veineux via la veine
porte, d’abord au foie et ensuite au cœur ; le système circulatoire se charge de leur
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distribution aux différentes cellules. Les lipides eux sont transportés par les chylifères et
ensuite déversés dans le sang au niveau du canal thoracique (Fig. 24).
Les substances non réabsorbées forment les selles qui, grâce aux contractions du côlon,
sont propulsées vers le rectum et périodiquement évacuées.
39
1- lèvre supérieur
2- plan naso-labial
3- lèvre inferieur
4- incisives
5- canines
6- vestibule oral
7- papille labiales
8- papille Buccale
9- palais dur
10- crête palatine
11- Coussinet dentaire
12- Papille incisive
13- Pointe de la longue
Figure 26 : Coupe sagittale de la tête du bœuf. Vue partielle montrant l’action abrasive
linguales au contacte à la crête palatine
40
1- Racine de la langue
2- Cartilage épiglottique
3- Cartilage aryténoïde
4- Cavité Laryngée
5- Trachée
6- Voile du palais
7- Rhinopharynx
8- Isthme du gosier
9- Œsophage
10- Hyoïde
[Link]. L’œsophage
L’œsophage est le conduit musculeux reliant le pharynx à l’estomac (rumen); c’est un tube
mou qui présente la particularité de fonctionner dans les deux sens chez les ruminants pour
assuré l’ingestion et la régurgitation (mérycisme).
41
1- Lamina de la muqueuse
épithéliale
2- Lamina de la muqueuse
proprement dite
3- lamina de la muqueuse
musculaire
4- glandes œsophagiennes
5- Tunique musculaire avec la
couche circulaire intérieure et la
couche longitudinale externe
6- Tunique adventice
42
1-16 Rumen :
1- Courbe dorsale
2- Courbe ventrale
3- Extrémité crâniale
4- Extrémité caudale
5- Atrium
6- Sac dorsal
7- Cul-de-sac Caudo-dorsal
8- Sac ventral
9- Cul-de-sac Caudo-
ventral
10- Sillon crânial
11- Sillon caudal
12- Sillon coronaire dorsal
13- Sillon coronaire ventral
14-16 Réseau
14- Face diaphragmatique
15- Grande courbure
16- Fond
17- Feuillet
18-22 Caillette:
18- Grande courbure
19- Petite courbure
20- Corps
21- Partie Pylorique
22- Cardia
23- pylore
Figure 31 : Estomac du bœuf 24- Rate
28- petite courbure du
réseau
[Link].1. Panse (rumen) :
C’est le compartiment le plus important et le plus volumineux il est composé par deux
sacs (ventral et dorsal), il communique en permanence avec le réseau. La paroi interne est
rêche (sillons) et plissée pour assurer un meilleur brassage et humidification des aliments
non mâchés contenus. Mais l’important rôle de ce volumineux sac, qui fonctionne comme un
vaste réservoir, est l’activité microbienne qui contribue efficacement à la dégradation des
aliments (cellulose). Ainsi, l’assimilation des AGV (acides gras volatiles) produits de la
fermentation.
43
1- crête primaire
2- crête
secondaire
3- crête Tertiaire
4- Papilles
1- Pilier
2- Papilles
foliacées
44
1- muqueuse lisse dépourvu de
papilles
2- sacs glandulaires (Aquifères)
1- Cloison mince
2- Bord libre épais
3- muqueuse sécrétante des sacs
Glandulaire
45
[Link].2. Réseau (bonnet)
Plus petit que la panse, la muqueuse porte des lames (sillons) qui se croisent en
délimitant des hexagones, l’aliment est rassemblé en pelotes ; les contractions de la paroi la
font remonter vers la bouche (régurgitation).
[Link].3. Feuillet (Omasum)
Poche plus ou moins allongée occupée par des lames parallèle disposés dans le sens
du transite alimentaire, il achève la trituration des aliments après rumination (jus de rumen).
1- orifice réticulo-omasique
2- lames du feuillet
3- bord libre épais
4- papilles conique
5- Espace interlaminaires
6- Canal omasique
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Figure 37: Estomac de bœuf. Les flèches continues représentent le premier trajet des aliments,
les flèches discontinues représentent le second trajet, après rumination
3.2.2. Ecosystème microbien du rumen
Le réticulo-rumen (panse et réseau) est le siège des différentes activités microbiennes
(bactéries, protozoaires, champignons) dont les bactéries sont les plus actives et les plus
nombreux.
[Link]. Les bactéries (Tab. 7)
Deux cent espèces ont été isolées du rumen, une trentaine seulement peuvent être
considéré comme autochtones le reste sont apporté par l’alimentation (Tab. 7).
- Les bactéries cellulosiques : La flore la plus performante pour dégrader la cellulose
(109 cellules/ml), ce sont des bactéries qui adhérent généralement sur les parois végétales. Ils
représentent les précurseurs de la dégradation microbienne.
- Bactéries productrices de succinate : après la dépolymérisation des bactéries cellulosiques
et hémicellulosique, plusieurs gammes de bactéries viennent par la suite pour dégrader leurs
produits les succinogenèses par exemple dégradent plusieurs substrats, essentiellement
l’amidon, elles ont un intérêt pour la protéolyse et la fermentation des peptides.
- Bactéries productrices de lactate : elles utilisent activement l’amidon et ses produits
d’hydrolyse, mais aussi de cellodextrines et parfois des pectines.
- Bactéries méthanogènes : se sont des Archées (bactéries primitives), elles utilisent
l’hydrogène comme source d’énergie et le dioxyde de carbone comme source de carbone,
pour produire le méthane, un sous produit de la fermentation.
47
[Link]. Les champignons
Les champignons du rumen représentent les formes les plus primitives de fungi
(phycomycète). Ils peuvent remplacer toute la flore microbienne grâce à la dégradation de
pratiquement toutes substances (cellulose, hémicellulose, lignine, glucide…).
[Link]. Les protozoaires
Ils représentent la microfaune du rumen, ils sont composés essentiellement par des
ciliés et flagellés, ils participent efficacement à l’équilibre de l’écosystème microbien du
rumen grâce à l’ingestion d’une quantité des bactéries et champignons.
Figure 38 : Tractus intestinal du bovin adulte. 1. Caillette ; 2. Anse duodénale ; 3. Jéjunum ; 3’.
Iléon ; 4. Cœcum ; 5. Colon sigmoïde ; 6. Colon spiral ; 7. Colon Flottant ; 8. Rectum ; 9. Grand
mésentère.
48
Tableau 7 : Substrats dégradés et fermentés par les principales espèces bactériennes du
rumen. La majorité des souches peuvent assurer cette fonction (+) ou non (-).
Eubacterium limosum
ruminantium
Methanobacterium
Sterptococcus bovis
ruminantium
Selenomomoas
Pervetella ruminicola
flavefaciens
Ruminococcus
Ruminococcus albus
Fibrobacter succinogenes
Espèces
substrats
Fermentés Hydrolysés
- - - - - + + + Cellulose
+ + + + + + Cellodetrine
- - + + + + + + Cellobiose
- - + + + + Hémicellulose
- - - + + + - Xylodextrines
+ - - + + - - - Pentose
- + + + - - - Amidon
- + + + - - + Dextrines
+ + + - - + Maltose
+ + + + + Pectine
- + - - + Ac. Uroniques
- Triglycérides
- + - - - - Glycérol
+ + + + - - - Saccharose
+ + + + - - - Fructose
- + + + - - + Glucose
+ - + + + - Galactose
- - + Lactate
- - - Malate
- - Fumarate
+ Succinate
- + + + + - - Protéines
+ + + + - - Peptides
+ + Acides aminés
+ + - Hydrogène utilisé
+ méthane
49
Figure 39 : Appareil digestif de la poule
51
Figure 43 : Appareil digestif d’un Insecte (A) et d’un Homme (B)
52
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