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Cours Physiologie Animale

Ce document traite de la physiologie de la respiration, de la circulation sanguine, du contrôle endocrinien et de la digestion. Il décrit les différents types de respiration comme la respiration trachéenne, branchiale, cutanée et pulmonaire.

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Ce document traite de la physiologie de la respiration, de la circulation sanguine, du contrôle endocrinien et de la digestion. Il décrit les différents types de respiration comme la respiration trachéenne, branchiale, cutanée et pulmonaire.

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UNIVERSITE AMAR TELIDJI-LAGHOUAT

Cours abrégés de
Physiologie Animale
Première partie :
Respiration, Circulation, Contrôle endocrinien et
Digestion

Pr. Ala-Eddine ADAMOU


Cours abrégés de Physiologie Animale

Première partie

Physiologie de la respiration, circulation, contrôle endocrinien et


digestion

2
Avant-propos

Cette première partie se consacre à la physiologie de la respiration, la circulation


sanguine et lymphatique, le contrôle endocrinien et la physiologie de l’appareil digestif.
Dédiée aux étudiants du premier cycle des sciences agronomiques et alimentaires, des
sciences appliquées avec impact économique et effet direct sur l’homme, englobant toutes les
sciences fondamentales de la nature et de la vie.

La physiologie Animale et une science fondamentale, elle s’appuie sur la zoologie, la


biologie animale (cytologie, histologie, embryologie), la biophysique, la biochimie et la
microbiologie. Elle est fondamentale pour les spécialités d’agronomie notamment la
zootechnie (les grandes fonctions en rapport avec la production animale : reproduction,
contrôle endocrinien, digestion des animaux domestiques) et avec la protection des végétaux
(respiration et système nerveux des invertébrés nuisibles), mais aussi aux produits
alimentaires de par leurs origines et leurs aspects de conservation et de transformation en
relation avec le bon déroulement de la digestion et la nutrition humaine.

3
Sommaire

Chapitre 1 : La respiration Page 4


1. Définition de la respiration 5
2. Caractéristiques d’un tissu respiratoire 5
3. Mécanismes respiratoires 5
4. Différents types de la respiration 6

Chapitre 2 : La circulation Page 16

1. Définition
16
2. Circulation du hémolymphe chez les Invertébrés
16
3. Circulation sanguin des vertébrés
19
4. Circulation lymphatique des vertébrés
25

Chapitre 3 : Contrôle Page 28


1. Introduction endocrinien 26
2. Hormone 28
3. Glandes endocrines 30

Chapitre 4 : La digestion Page 34


1. Introduction 34
2. Définition de la digestion 34
3. Cinétique de la digestion 34

Références bibliographiques 54

4
Chapitre 1 : La respiration

1. Définition de la respiration

Mécanisme vital qui permet des échanges de gaz (absorption d’O2, élimination du CO2,
CH4, NH3) à travers un tissu respiratoire (épithélium respiratoire).

2. Caractéristiques d’un tissu respiratoire


- Très mince : constitué par un épithélium uni-stratifié ;
- Humidifié ; le tissu respiratoire doit être humidifiée à la surface (avec ou sans
sécrétion de mucus) externe pour faciliter la diffusions des gaz ;
- Richement vascularisé : les capillaires sanguins dans la couche sous jacente (muscle
vasculaire), très proche de milieu extérieur (quelques micromètres) pour faciliter le
captage de l’oxygène par le sang (pouvoir oxyphorique de l’hémoglobine) ;
3. Mécanismes respiratoires :
3.1. Diffusion : mécanisme passif qui s’appuie sur la différence de potentialité des
gaz entre deux milieux.
3.2. Ventilation : alternance de deux mécanismes ; inspiration : remplissage par
l’air des voies respiratoires par l’augmentation du volume respiratoire,
expiration : vidange d’air des voies respiratoires par la diminution du volume
respiratoire.
3.3. Pouvoir oxyphorique : capacité de fixer et de transporter l’oxygène.
3.4. Augmentation de la surface respiratoire : augmentation obtenue par la
ramification et la superposition de l’épithélium respiratoire plissé.
4. Différents types de la respiration : trachéenne, branchiale, cutanée et pulmonaire.
4.1. Respiration trachéenne : repose sur un stigmate qui s’ouvre et se ferme par un
diaphragme, continue par une trachée primaire que se ramifie en trachée secondaire et
tertiaire en présence des sacs aériens. Les ramifications de la trachée aboutissent

5
directement aux cellules à travers les trachéoles. Le sang ne joue aucun rôle dans ce type
de respiration. Cette respiration primitive est observée chez les insectes et les arachnides
(Fig. 1 et 2). Les Arachnides sont pourvus, en plus d’un système trachéen, de deux
poumons différenciés avec un épithélium respiratoire (Fig. 3 et 4).

Figure 1 : Système trachéen chez les insectes : à gauche système schématisé, à droite ramification
du système trachéen observé par microscope électronique

Figure 2 : Schéma d’un stigmate avec diaphragme (membrane) à droite, ramification de la


trachée primaire à gauche

6
Figure 3 : Araignée, face ventrale montre deux systèmes respiratoires : orifice respiratoire
en bas et deux poumons en haut

Figure 4 : Coupe transversale d’une araignée montrant les différents organes.

7
4.2. Respiration branchiale : repose sur des branchies ; des organes respiratoires aquatiques.
Les branchies filtrent l’oxygène dissous dans l’eau par des filaments branchiaux équipés
par des lamelles branchiales a épithélium très mince pourvu par des vaisseaux efférent
qui conduisent le sang riche en oxygène et afférents qui apportent le sang riche en CO 2
(le sang joue un rôle très important). La ventilation est assurée par les mouvements de la
paroi operculaire. La respiration branchiale concerne des espèces aquatiques
invertébrées ; Crustacés, Mollusques, et Vertébrées : les poissons et amphibiens. Les
poissons nagent contre courant pour augmenter le prélèvement de l’oxygène (Fig. 5). La
respiration aquatique est coûteuse en énergie, les mouvements respiratoires entraînent
une importante dépense énergétique, elle équivaut à 30 à 50% de l’énergie produite par
la respiration. Certains poissons très actifs ont un système moins coûteux en nageant
bouche ouverte ce qui provoque un courant d’eau continu (cas du thon). Les filaments et
les lamelles augmentent avec l’activité du poisson :
- Carpe : 1.3 mm2 de surface branchiale/g de poids de corps ;
- Thon : 13.5 mm2 de surface branchiale/g de poids de corps.

8
Figure 5 : Fonctionnement du système respiratoire branchial chez les poissons
([Link]

9
4.3. Respiration cutanée repose sur les échanges de gaz par diffusion à travers une peau
très mince et uni-stratifiée, richement vascularisé et humidifier par les cellules
glandulaires produisant du mucus (Fig. 6). Le sang joue un rôle très important. Le ver de
terre respire par sa peau, la chauvesouris respire avec les ailes au cours du vol, les
amphibiens respirent avec la peau.

Figure 6 : Une portion d’une coupe sagittale d’un annélide (tissu respiratoire et
muscles)

4.4. Respiration pulmonaire

Repose sur des poumons développés équipés par un épithélium respiratoire dans des
alvéoles pulmonaires. L’organisation générale des poumons des mammifères, est caractérisée
par le développement considérable des surfaces d’échanges (70 % m2 chez l’homme, par
exemple), obtenue par la ramification très poussée du système aérifère et l’intrication de
celui-ci avec un réseau dense de capillaire sanguin (le sang joue un rôle dans la respiration)
(Fig. 7-10).

4.4.1. Variation des besoins en oxygène

La taille, l’activité et la température font varier les besoins en oxygène.

 La taille : plus l’animale est petit plus il consomme proportionnellement d’oxygène


car le rapport surface/volume (surface/poids) est élevé. Ces variations se font suivant
des coefficients différents chez les animaux poïkilothermes (température variable
suivant le milieu, reptiles) et homéothermes (à sang chaud, mammifères).

10
La capacité respiratoire impose une limitation à la taille : si un organisme n’a pas
d’appareil respiratoire spécialisé et dispose seulement de l’oxygène qui diffuse qu’à travers la
paroi de son corps, la limite et vite atteinte au de la de laquelle l’oxygène ne parviendra pas
au centre de son corps.

 Volume des poumons : l’équation de la droite de régression s’écrit :


Vp= 0.0046 Mco dont Vp : volume des poumons, Mco masse corporelle. Chez les
Mammifères, un animale de 1 kg reçoit de 0.0046 L l’équivalent de 46% du volume
total de son corps.
 L’activité : Elle entraîne une augmentation de la consommation de l’oxygène qui peut
être multipliée par 20 au cours d’un exercice violant.
 La température : La consommation d’oxygène augmente en même temps que la
température, mais les relations sont complexes car la température prise en compte doit
être celle où vit l’animal considéré.

Figure 7: Organisation de l’appareil respiratoire chez l’homme

11
4.4.2. Voies respiratoires

Anatomiquement, l’appareil se divise chez les mammifères en deux parties séparées par le
pharynx :

- Les voies respiratoires supérieures : Elles comprennent une série de cavités


communicantes incluant la cavité nasale, les sinus paranasaux et le rhinopharynx.
Elles sont impliquées dans la filtration, l’humidification et l’ajustement de l’humidité
de l’air inspiré.
- Les voies respiratoires inférieurs et l’appareil broncho-pulmonaire : Il commence au
larynx qui se poursuit à l’intérieur du thorax par la trachée avant de se diviser de
nombreuses fois en voies aériennes de plus en plus petites jusqu’aux alvéoles.

12
4.4.3. Inspiration et expiration

Grâce aux mouvements respiratoires (inspiration et expiration), l'oxygène parvient avec


l'air inhalé dans les alvéoles pulmonaires (ventilation). Les échanges gazeux ont lieu au
niveau des alvéoles. Trachée, bronches et bronchioles ne font que acheminés l’air à la fin de
l’expiration. Ces tubes sont remplis d’air ‘’usé’’ venant des poumons, lequel est ramené dans
les poumons à l’inspiration suivante avant que l’air y pénètre à son tour. La respiration se fait
en deux temps :
- L’expiration : correspond à la contraction des muscles abdominaux et des muscles
lisses des poumons provoquant l’expiration, en fin d’expiration il reste chez un
homme 2.9 litre d’air dans les poumons.
- L’inspiration correspond à l’expansion de la cage thoracique due à la contraction des
muscles intercostaux provoquant l’augmentation du volume des poumons donc une
baisse de la pression à l’intérieur et un appel d’air pour arriver à une pression égale à
la pression atmosphérique.
13
4.4.4. Régulation de la respiration
Chez les mammifères et les oiseaux, la ventilation de l’appareil respiratoire augmente
avec la teneur du milieu en dioxygène, en cas de chut, un phénomène de compensation est
nécessaire, soit par accroissement de la ventilation, soit par un meilleur prélèvement de l’O2
présent dans le milieu, ou les deux mécanismes à la fois. La ventilation s’ajoute aussi aux
besoins en oxygène et en concentration du CO2 dans l’air pulmonaire. Les mouvements
rythmiques des muscles intercostaux et le diaphragme sont contrôlés par le bulbe rachidien
et le cervelet (respiration spontanée).

4.4.5. Mécanisme des alvéoles

Les alvéoles fonctionnent comme des bulles de savons, la forme quasi sphérique de
l’alvéole et sa forte courbure signifiant que les molécules d’eau qui tapissent sa surface
interne ont tendance de provoquer la contraction de l’alvéole comme une bulle. Les
phénomènes de tension superficielle devraient entrainer l’affaissement du poumon s’il n’était
pas limité par la présence sur la face interne des alvéoles. L’épaisseur de la barrière alvéolaire
qui représente qu’une fraction de micromètre, assure le passage des gaz vers les globules
rouge (érythrocytes), l’hémoglobine riche en Fer assure par la suite le transport des gaz.

4.4.6. Epithélium pulmonaire et hématose

L’hématose est la transformation du sang pauvre en O2 et riche en CO2 en sang


réoxygéné au niveau des poumons. La surface de l’épithélium respiratoire d’un homme
atteint 70m2. Les alvéoles sont formées par un épithélium endothéliforme comportant deux
types de cellules :

- Les cellules respiratoires très aplaties ; elles reposent sur une lame basale et le plus
souvent sont fusionnées avec l’endothélium des capillaires ; ceci a pour conséquence
que quelques µ seulement séparent le sang de l’air.
- Les cellules septales nettement plus volumineuses sécrètent un mélange de
phospholipides et de protéines, le surfactant, favorise le contact entre l’épithélium et
l’air alvéolaire. L’épithélium est soutenu par un tissu conjonctif fibreux dans lequel
circule les capillaires et ou on trouve des macrophages, les cellules à poussières,
bourrées de lysosomes secondaires dont le rôle est d’immobiliser et de détruire les
fines poussières qui ont pu atteindre les alvéoles.

14
4.4.5. Mesures des volumes pulmonaires chez l’homme
On retrouve quatre volumes distincts :
- Le volume de réserve inspiratoire (VRI): volume qui est utilisé lors de grandes
inspirations (par exemple lors d’un effort physique important) il est compris entre
2500 et 3500 ml.
- Le volume courant (VC): volume utilisé en temps normal (au repos), il est
approximativement de 1000 ml.
- Le volume de réserve expiratoire (VRE): c’est le volume qui peut être expiré après
une respiration et une expiration normale, il est de l’ordre de 1000 ml.
- Le volume de résiduel (VR): est le volume d’air restant dans les poumons même après
une expiration forcée, le volume résiduel est aussi de 1000 ml.
- La capacité vitale (CV): c’est le volume qui comprend tout les volumes de réserve
(expiratoire et inspiratoire) plus le volume courant.
- Le volume total pulmonaire (VTP) : c’est le volume comprenant la capacité vitale et le
volume résiduel.

4.5. Synthèse sur la respiration comparée

Tableau 1 : Types de circulations chez plusieurs espèces animales

Espèce Trachéenne Branchiale Cutanée Pulmonaire


Abeille + - - -
Araignée + - - +
Crevette - + - -
Ver de terre - - + -
Sardine - + - -
Souris - - - +
Chauvesouris - - + +
Grenouille - + + +
Baleine - - - +
Chèvre - - - +

15
Chapitre 3 : La circulation

1. Définition

L’appareil circulatoire, qui comprend l’appareil circulatoire sanguin et l’appareil


circulatoire lymphatique, transporte le sang et la lymphe dans l’organisme vertébré. Il a une
fonction motrice qui lui permet d’assurer la distribution des métabolites vers les tissus, le
rejet des produits du catabolisme et les échanges gazeux. Cependant, il peut aussi, par une
adaptation de sa structure, participer au déroulement et à la régulation de ces échanges. Chez
les Invertébrés, l’hémolymphe circule dans le même conduit.

2. Circulation du hémolymphe chez les Invertébrés

Les invertébrés possèdent un appareil circulatoire rudimentaire, formé par un ou


plusieurs cœurs le plus souvent non différenciés, les conduit formé généralement par un
vaisseau dorsal ouvert (circulation ouverte, Tab. 2) dans le cas des Arthropodes, petits
Mollusques et Crustacés ou rarement fermée dans le cas des vers (Annélides).

Tableau 2 : Comparaison entre circulation ouverte et fermée

Paramètre Fermé Ouvert


Pression Elevée Faible
Resistance périphérique Elevée Faible
Elasticité des parois Elevée Faible
Distribution du liquide Bonne Mauvaise
Volume du liquide Faible Important

16
Chez les Arthropodes qui possèdent un cœur non différencié (une seule chambre), la
circulation est activée par des ondes péristaltiques (Fig. 11 et 12). Par contre, les Mollusques
possèdent déjà un cœur différencié avec deux chambres (Fig. 13 et 14).

Figure 11 : Coupe transversale schématique d’un criquet (Insecte) montrant les organes, ainsi
le vaisseau dorsal avec cœurs péristaltiques

Figure 12 : Vaisseau dorsal d’un insecte


17
Figure 13 : Schéma d’une coupe longitudinale d’un Escargot montrant l’organisation
générale

Formes
du Cœur

Nbr 1 chambre 2 chambres 3 chambres 4 chambres


Chambre
S. Règne ! Invertébrés Vertébrés
Milieux Terrestre Aquatique Terrestre
Ex. Classe Annélides Mollusques Amphibiens Oiseaux
ou Arthropodes Poissons Reptiles Mammifères
Embranch. (sauf crocodiliens)

Figure 14 : Evolution du cloisonnement et de chambres du cœur depuis les Invertébrés


vers les vertébrés

18
3. Circulation sanguine des vertébrés
3.1. Définition : mécanisme vital qui permet le transport des gaz, nutriment,
chaleur, force hydraulique (pression), hormones déchets par le sang, dans
des conduits (vaisseaux), la circulation est activée par une pompe (cœur).
3.2. Pompe ou cœur

Le cœur est l’organe moteur de l’appareil circulatoire (cardio-vasculaire), il permet la


distribution du sang aux organes nécessaire à leurs bons fonctionnements. Il fonctionne par
contraction musculaire indépendant de la volonté (système végétatif). Le cœur présente deux
états :

- Diastole : un état relâché pendants lequel il y a remplissage des ventricules ;


- Systole est un état contracté où le sang est projeté dans les artères (Fig. 14).

Le cœur reçoit par les veines le sang qui a circulé dans les capillaires et le propulse à
nouveau dans les artères. C’est un organe creux, il comporte 4 cavités, 2 oreillettes et 2
ventricules (gauche et droite) séparés par des cloisons (2 cœurs droit et gauche). Le cœur
droit contenant le sang veineux et le cœur gauche contenant le sang artériel.

Figure 15 : Evolution du diagramme de la pulsation avec l’excitation du cœur

19
3.2.1. Structure

La paroi du cœur comprend 3 tuniques : l’endocarde qui entoure les cavités


cardiaques à l’intérieur, le myocarde et le péricarde à l’extérieur.

3.2.2. Fonctionnement

Le cœur comporte des fibres musculaires qui produisent et propagent des impulsions
(système de formation et de conduction de l'excitation), ainsi que des cellules qui répondent à
ces impulsions par une contraction (travail du myocarde). La genèse de l'excitation siège
dans l'organe lui-même contrairement à ce qui se passe pour le muscle squelettique : on
parle de rythme spontané ou d'autonomie du cœur. L'excitation du cœur naît au niveau
du nœud sinusal qui constitue le stimulateur du cœur. La propagation de l'excitation
s'étend à partir de ce point aux deux oreillettes et aboutit, après avoir cheminé le long du
faisceau de His et de ses deux branches (Tawara), au réseau de Purkinje qui conduit
l'excitation au myocarde ventriculaire. Là, elle parcourt le myocarde de l'intérieur vers
l'extérieur et de la pointe jusqu'à la base (Fig. 16).

Figure 16 : Conduction de l’excitation dans le cœur

20
3.2.3. Cœur et volume d’éjection

Un animal de petite taille consomme proportionnellement plus de dioxygène qu’un


animal grand et de ce fait le cœur des premiers doits fournir davantage de dioxygène en
un temps donné. Le pouvoir oxyphorique du sang était comparable chez tous les
mammifères, quelque soit leur taille. Le cœur des petits mammifères doit donc pomper
davantage du sang. Cette augmentation indispensable est-elle réalisée grâce:

• A un cœur de plus grand taille ?

• Par un volume d’éjection plus important ?

• Par une fréquence plus élevée ?

- Taille du cœur des vertébrés

La masse du cœur varie avec la classe animale, les oiseaux qui volent possèdent le
cœur le plus grand des vertébrés pour répondre à une grande activité. Elle varie aussi
avec le mode de vie ; les animaux terrestres possèdent un cœur plus grand que celui des
animaux aquatiques (Tab. 3). La masse du cœur augmente avec celle du corps. Chez les
mammifères la masse du cœur (Mcr) représente à peu près 0.59 % de la masse du corps
(Mco), quelque soit la taille de l’animal (Fig. 17) : Mcr = 0.0059Mco

Tableau 3 : Taille du cœur des différentes classes de vertébrés

Classe Animale Masse du cœur (%)


Oiseaux 0.82
Mammifères 0.59
Reptiles 0.51
Amphibiens 0.46
Poisson 0.20

21
Figure 17 : Masse du cœur en fonction de la masse du corps chez les Mammifères

- Fréquence cardiaque
- La fréquence cardiaque est le plus souvent exprimée en nombre de battement par
minutes. Elle est de 70 bats/mn chez l’homme adulte au repos et augmente avec
l’activité. Elle varie en sens inverse de la masse du corps. Chez un Eléphant de 3000 kg
au repos, elle est de 25 bts/mn, chez un Musaraigne de 3 g, elle dépasse 600 bts/mn.
On a pu copter jusqu’à 1200 bts/mn chez des Colibris et des Chauves-souris en vol.
L’équation de la droite de régression est (Fig. 18) : Fcr = 241 Mco-0.25 ,dont Fcr : fréquence
cardiaque, Mco : masse corporelle en kg.
- Débit cardiaque
C’est le volume sanguin propulsé par le cœur par unité de temps. Dans les cœurs
complètement cloisonnés, l’expression ne prend en compte qu’un demi-cœur. Il est donné
par la formule suivante : Qcr = Fcr . Vcr

dont Qcr : débit cardiaque en ml/mn, Fcr : fréquence cardiaque bts/mn, Vcr : le volume
expulsé par le cœur en ml.

22
Figure 18 : Relation entre la masse du cœur et le rythme cardiaque

3.3. Les vaisseaux


Les vaisseaux sanguins ne sont pas seulement de simples tuyaux de tailles variables.
Ils ont des parois élastiques et une couche de muscle lisse qui permet un changement de
leur diamètre.

Tableau 4 : Caractéristiques et fonction des vaisseaux sanguins


Vaisseau Diamètre Epaisseur de Caractéristiques Fonctions
interne la paroi
Artères 1 à 2 cm 2 mm Très élastiques, Apport du sang
Artérioles 10 à 100 µm 20 µm court, ramifiées, oxygéné, régulation de
la pression élevée
Capillaires 5 à 8 µm 1 µm Extrêmement l’échange entre sang et
ramifiées, pression organes
très faible
Veinules 0,5 cm 0,5 mm Peu élastique, Transport des déchets
Veines 1 à 3 cm 1,5 mm longues, pression
faible, contiennes
70% du sang

23
Figure 18 : Circulation sanguine ([Link]
anatomique/[Link])

3.3.1. Distribution du sang dans le corps


Le sang n’est pas distribuer uniformément dans le corps : certains organes en
reçoit plus que d’autres ; les 4 organes les plus irriguées : rein, foie, cœur et cerveau, en
plus des poumons, ne représentent ensemble que 5% de la masse du corps, mais ils
reçoivent plus de la moitie du débit cardiaque (Tab. 4).

24
Tableau 4 : Flux sanguin vers les principaux organes d’un homme de 70 kg au repos
Organe Masse de l’organe (%) Débit sanguin (l/mn) Débit sanguin (l/kg/mn)
Rein 0.3 3.5 1.2 3.6 4.0
Foie 1.5 1.4 0.9
Cœur 0.3 0.25 0.8
Cerveau 1.4 0.75 0.5
Peau 2.5 66.5 0.2 2.0 0.08
Muscles 29 0.9 0.03
Autres 35 0.9 0.03
Total 70 5.6

4. Circulation lymphatique des vertébrés

La lymphe s’écoule des tissus vers la circulation sanguine; l’orientation du flux grâce aux
valvules lymphatiques. Ces dernières sont disposés tout le long des vaisseaux circulatoires à
sens unique, il n’y a pas d’organe pulseur (cœur), elle est très lente et régulière : 100 ml/h.
Les mouvements liquidiens sont assurés par les tissus voisins, la respiration et les
mouvements musculaires.

4.1. Vaisseaux lymphatique

L’appareil circulatoire lymphatique est constitué de capillaires borgnes (extrémité


fermée) qui recueillent un filtrat provenant du milieu interstitiel et qui donnent naissance à
des vaisseaux de plus en plus volumineux qui aboutissent au canal thoracique lequel se jette
dans la veine sous-clavière (jugulaire). L’arbre vasculaire lymphatique reçoit notamment des
métabolites issus de l’absorption intestinale et des cellules provenant des organes
lymphoïdes placés sur le trajet de la lymphe (Fig. 19).

25
Figure 19 : Réseau lymphatique chez l’homme ([Link]
lymphome/lymphoma-101/le-cancer-en-quelques-mots/le-systeme-lymphatique)

4.2. Fonctionnement

La lymphe se forme à partir du liquide interstitiel d’une part, et du filtrat de


l’absorption intestinale qui est filtré au niveau de la paroi vasculaire d’autre part. Elle est
acheminée ensuite grâce à la contraction des fibres musculaires de la paroi des vaisseaux
lymphatiques, aux contractions des muscles et aux déplacements des organes environnants.
La lymphe contribue :

- À maintenir l’équilibre du milieu intérieur en se chargeant de produits de déchets


d’une part, et d’autre part, des produits de la digestion au niveau de l’intestin;

26
- Nutritif, la lymphe absorbe les graisses et transporte les vitamines A et K et les
enzymes pancréatiques.

- Drainage et épuration : Elle appauvrit le liquide interstitiel en protéine, et draine le


liquide pour maintenir les pressions. la lymphe draine et épure des déchets cellulaires
et éléments pathogènes;

- Défense: Elle intervient également dans la mise en place des processus de défense de
l’organisme en assurant un relais entre sang et organes lymphoïdes; la lymphe est
filtrée tout le long de son retour vers les veines sous-clavière par les ganglions qui en
extraient les déchets et éléments pathogènes présents dans les tissus;

Le système immunitaire assure la défense de l'organisme contre les micro-organismes


pathogènes (bactéries, virus, parasites), ainsi que contre les cellules anormales. Il forme un
système complexe de molécules (anticorps, protéines du complément, cytokines), de cellules
(macrophages, polynucléaires, lymphocytes) et d'organes, appelés organes lymphoïdes. Les
organes du système immunitaire se répartissent en deux grands groupes :

• Les organes lymphoïdes centraux (moelle osseuse et thymus), qui assurent la


production des lymphocytes ;

• Les organes lymphoïdes périphériques (ganglions lymphatiques, rate, amygdales), qui


assurent le stockage et la maturation des lymphocytes.

27
Chapitre 3 : Contrôle endocrinien

1. Introduction

Beaucoup de fonctions physiologiques sont sous contrôle hormonal. On parle souvent de


contrôle chimique (par opposition au contrôle nerveux).

Les fonctions sont pour la plupart sous double contrôle, endocrinien et nerveux. La
plus grande différence est que le système nerveux ressemble à un réseau téléphonique où les
signaux suivent des voies spécifiques et n’atteigne que l’abonné choisi, alors que le système
endocrinien évoque davantage la radio ; les signaux distribués sont discrimination via le sang
et des récepteurs spécifiques sont nécessaires pour recevoir chaque type de signal.

2. Hormones

2.1. Définition substance chimique produite par une glande endocrine et transportée dans
le sang vers l’organe ciblée où elle agit. Du grec hormân « exciter ».

Les hormones ont des structures chimiques très variables et dérivent du cholestérol,
des protides, des acides aminés …. Elles y agissent à des concentrations infimes. Toutes
hormones se conduit comme un messager transmetteur d’une information. Seules les cellules
pourvues de récepteurs membranaires spécifiques ou protéines cytoplasmiques, capable de
véhiculer l’hormone (Tab. 5)

2.2. Domaine de contrôle endocrinien

En peut repartir les fonctions sous contrôle hormonal en 5 grands domaines (Tab.
12.2), les 3 premières sont en rapport avec le métabolisme et le maintien stable. Les deux
derniers concernent la croissance, le développement et la reproduction :

- Digestion et fonctions liées au métabolisme Ex : insuline, glucagon, gastrine….


- Osmorégulation, excitation, métabolisme de l’eau et des sels Ex : prolactine, ADH,
Aldostérone…
- Métabolisme du calcium Ex : parathormone, calcitonine….
28
- Croissance et changement morphologique Ex : hormone de croissance, androgènes
corticosurrénaliens
- Reproduction Ex : hormone folliculostimulante (FSH), hormone lutéinisante (LH)
La plupart de ces hormones sont identique ou presque dans tous les classes de
vertébrés ; d’autres ont des fonctions différentes caractéristiques d’un groupe ou d’un autre.
Ainsi, la prolactine qui favorise la production du lait chez les mammifères, stimule chez les
pigeons la formation du « lait de jabot » et affecte chez les poissons la fonction rénale et la
perméabilité osmotique des branchies.

2.3. Nature chimique des hormones : les hormones des vertébrés sont classées en 3 groupes
distincts selon leur nature chimique :

2.3.1. Hormones stéroïdiennes : ce sont les androgènes corticosurrénaliens ; les œstrogènes,


les progestérones et les corticostéroïdes (cortisone et aldostérone). Ces hormones dérivent
toutes du cholestérol qui est constitué de 3 noyaux cycliques à 6 atomes de carbone et d’un
noyau à 5 carbones. Les modifications à partir de cette structure permettent d’obtenir toute
une série d’hormones importantes pour lesquelles un changement peut modifier
radicalement les effets physiologiques. Comparons par exemples l’œstradiol et la
testostérone : deux hormones sexuelles ont des différences de structure infimes et leurs effets
sont opposés.

Figure 20 : Structure des hormones stéroïdiennes

29
2.3.2. Hormones peptidiques et protéiques : Les hormones de l’hypothalamus qui agissent
sur d’autres glandes endocrines sont toutes des peptides composés de 3 à 14 acides aminés
(Tab. 5).

2.3.3. Hormones dérivées de la tyrosine : l’adrénaline et la noradrénaline, sont synthétisées


en plusieurs étapes à partir de l’acide tyrosine. Ces deux hormones ne diffèrent que par un
groupement méthyle (CH3). Ainsi, les hormones thyroïdiennes, sont formées à partir de la
tyrosine, par condensation de deux cycles à 6 atomes de carbones et deviennent active après
addition d’atome d’Iode.

Tableau 5 : Classification des hormones des vertébrés en fonction de leur nature chimique

Liposolubles Hydrosolubles
Hormones Hormones protéique et Hormones dérivées de la
stéroïdienne peptidique tyrosine

Testostérone Peptides Catécholamine


Œstrogène Hormones hypothalamiques 3-14 - Noradrénaline
Progestérone AA - Adrénaline
Corticostéroïdes Angiotensine 8 AA
Vitamine D3 Somatostatine 14 AA
Gastrine 14 AA
Sécrétine 27 AA
Glucagon 29 AA
Calcitonine 32 AA
Insuline 51 AA
Parathormone 84 AA
Grosse protéines - Hormones
Hormone de croissance thyroïdiennes
Prolactine - Thyroxine
LH (lutéinisantes) - Triiodothyronine
FSH (Hormone
folliculostimulante)
Hormone thyréotrope

3. Glande endocrine

Définition : Se sont des organes à sécrétion interne, qui sécrètent des hormones dans le sang
(ex : thyroïde, surrénale…) formées par des invaginations des épithéliums de surface.

30
3.1. L’hypothalamus

C’est le siège de plusieurs contrôles nerveux, en particulier la régulation de la


température, de la faim et de la soif. Il contrôle le fonctionnement de l’hypophyse la glande
maîtresse du système endocrinien (Fig. 21).

Figure 21 : Position du complexe hypothalamo-hypophysaire

Le model suivant présente le rôle de l’hypothalamus dans le contrôle de la fonction


(cycle) sexuel chez les mammifères (Fig. 22).

3.2. Gonades : glandes sexuelles (testicules et ovaires) : Les gonades secrètent les hormones
sexuelles assurant la reproduction des espèces par :

 Le développement et la maturation des ovocytes ou les spermatozoïdes ;


 Le développement des organes reproducteurs ;
 Préparation des mâles et des femelles à l’accouplement ;
 Synchronisation des évènements conduisant à la fécondation des ovocytes matures ;
 Chez les mammifères, préparation du tractus femelle a la gestation, développement
aboutissant à la naissance ;
 Soin des jeunes (instinct maternelle), sécrétion du lait, construction du nid et
développement des poches incubatrices chez les oiseaux.
 Caractères sexuels secondaires
31
Figure 22 : Contrôle hormonal de la fonction ovarienne

3.2. Surrénale : glande qui coiffe les reins. Elle est formée de deux parties distinctes :
- Corticosurrénale : une partie périphérique, dont les hormones agissent sur le métabolisme
des glucides, des protéines, des lipides, des ions de l’eau. Un déficit de cortisol entraîne une
hypoglycémie et son excès provoque une hyperglycémie.
- Médullosurrénale : une région centrale sécrète surtout l’adrénaline qui accroît :
• Le rythme cardiaque ;
• La pression sanguine ;
• La glycémie (glycogenèse) ;
• La vasodilatation et le débit sanguin dans les muscles cardiaques et squelettiques,
ainsi que dans les poumons.

32
• 3.5. Thyroïde : Les hormones thyroïdiennes ont la particularité de posséder des
atomes d’Iode. Leur effet est la stimulation du métabolisme oxydatif. L’activité
métabolique augmente si leur concentration est élevée ; des troubles apparaissent si
leur concentration diminue de la valeur normale (Goitre).

• 3.6. Parathyroïde : située près de la thyroïde, synthétisant de la parathormone, une


hormone qui accroît la concentration en ions calcium dans le sang. Un excès de
parathormone provoque une augmentation de la calcémie jusqu'à un taux anormal
provoquant la décalcification des os.

• 3.7. Pancréas : C’est une glande principale de l’appareil digestif (Fig. 23), elle produit
des enzymes digestif et deux hormones très importantes pour le métabolisme
glucidique : l’insuline et le glucagon. L’insuffisance d’insuline est à l’origine du
diabète sucré (hyperglycémie) ; inversement, l’insuffisance du glucagon est à l’origine
de l’hypoglycémie.

Figure 23 : Position du pancréas et canal pancréatique chez l’homme

33
Chapitre 4 : La digestion

1. Introduction
Le système digestif est constitué par un long tube qui traverse l’organisme de la
bouche à l’anus ; sa lumière est continue avec le monde extérieur. Les différentes parties du
tube digestif sont : la bouche, l’œsophage, l’estomac, l’intestin grêle et le gros intestin. Le
système digestif comprend aussi des glandes annexes qui y déversent des sécrétions - salive,
sécrétion biliaire et suc pancréatique - qui sont indispensables pour la digestion des
nutriments. Aux deux extrémités du tube digestif on trouve du muscle strié ; partout ailleurs
il y a du muscle lisse, les contractions duquel ne sont pas volontaires à la différence de celles
du muscle strié.
2. Définition de la digestion :
C’est un mécanisme vital qui permet la dégradation des aliments en nutriments, il
peut être mécanique ou chimique. Le premier mécanisme sous forme de mastication,
brassage et trituration du bol alimentaire. Le deuxième concerne l’hydrolyse enzymatique
(d’origine glandulaire ou microbienne) de substances nutritives de masse moléculaire élevée
(chaînes carbonées), qui sont scindées en leurs composants élémentaires, assimilables par les
cellules de l’organisme (monosaccharides, acides aminés, ets.).
3. Cinétique de la digestion
3.1. Chez les monogastriques
La compartimentation du tractus digestif permet par étapes, une fragmentation, un
brassage et une digestion de la nourriture. Chez les vertébrés, qui soumettent leurs aliments,
successivement à la salive, au suc gastrique, au suc pancréatique ; ainsi qu’à la surface de
l’épithélium de l’intestin grêle à fonction digestive et absorption, les effets de chacune des
enzymes sont séparés sur les plans spatial et temporel.
Les aliments, ingérés par la bouche sous forme de grosses particules, peuvent être réabsorbés
seulement après avoir été dissous par un processus dit de digestion lequel assure :

34
• Leur transformation en matière assimilable ;
• La production d’énergie qui est essentielle pour toutes les fonctions biologiques ;
• Les petites molécules ainsi formées sont ensuite transportées, par un processus appelé
absorption, de la lumière du tube digestif vers le sang et la lymphe. L’absorption est
réalisée par les cellules épithéliales qui tapissent la paroi du tube digestif ; d’autres
cellules assurent la sécrétion. Ce processus par lequel la sécrétion gastrique et la
sécrétion intestinale sont déversées dans la lumière.

• Pendant que la digestion, l’absorption et la sécrétion ont lieu, les contractions du


muscle lisse de la paroi gastro-intestinale brassent le bol avec les différentes sécrétions
et le font avancer de la bouche vers l’anus.

3.1.1. Mécanismes enzymatiques

C’est surtout la variation du pH ; des conditions extrêmes règnent dans l’estomac,


l’effet de la pepsine par exemple caractérise un milieu très acide (pH = 1,5 à 2,5). A partir des
cellules des glandes de fundus gastrique est sécrété un précurseur inactif « pepsinogène »,
qui devient la pepsine active en milieu extracellulaire, lorsqu’il est amputé d’un peptide de
faible masse moléculaire. De la même manière, mais cette fois en milieu alcalin, les
proenzymes pancréatiques : chymotrypsinogène et trypsinogène sont transformés dans
l’intestin grêle, respectivement en chymotrypsine et en trypsine.

Chez l’homme et les autres mammifères monogastriques, les glandes présentes dans la
paroi gastrique ont une activité sécrétrice très importante car elles sécrètent le précurseur de
la pepsine et, surtout, quelque 3.5 l/j d’acide chlorhydrique très concentré. Les contractions
péristaltiques de l’estomac favorisent le mélange des nutriments avec le suc gastrique : il en
résulte une bouillie pâteuse, appelée chyme, qui ensuite est propulsée vers le duodénum où
elle est digérée. L’estomac n’a pas une grande capacité absorbante (à l’exception de l’alcool
chez l’homme).

Les phénomènes les plus importants qui ont lieu dans les différentes parties du tube
digestif sont au niveau :
Bouche : ingestion, mastication, déglutition, sécrétion de salive par les glandes salivaires et
un début de digestion des glucides par l’α-amylase salivaire.

35
Tableau 6 : Cinétique des enzymes et des glandes digestive des vertébrés

Lieu Substrat Polysaccharides Protéine Lipides


Glande Glandes pancréas Estomac Pancréas Bile et foie
salivaires

Bouche Enzyme Amylase Amylase Endopeptidases Acides

estomac Pepsine Trypsine biliaire

Produit Oligosaccharides Disaccharides Oligopeptides Lipides


émulsifiés
Glande Pancréas Intestin grêle Pancréas et Pancréas
intestin grêle

Intestin Enzyme Glycosidases Disaccharidases Exopeptidases Estérases


Produit Monosaccharide Acides aminés Acides gras
assimilable et glycérol

Œsophage : voie obligée pour le passage du bol alimentaire et des liquides du pharynx vers
l’estomac. Entre la bouche et l’œsophage, il y a le sphincter œsophagien supérieur formé par
du muscle strié ; à l’autre extrémité de l’œsophage il y a le sphincter œsophagien inférieur
formé lui par du muscle lisse. La muqueuse œsophagienne sécrète du mucus qui facilite
l’avancement du bol alimentaire.
Estomac : organe à forme de sac situé entre l’œsophage et l’intestin grêle. Ses fonctions sont
multiples :
• stocker temporairement le bol alimentaire,
• le morceler et le digérer partiellement,
• le déverser dans le duodénum par petits bouts.
L’estomac présente des fonctions très variables selon l’espèce et la catégorie animale
(monogastrique ou polygastrique : Fig. 39-42).
L’estomac des monogastrique présente 3 régions : fundus, corps de l’estomac et antre
pylorique.
- Le Fundus secrète l’HCl par les cellules bordantes, le pepsinogène, présure et des
lipases sont secrétés par les cellules principales, le mucus et le bicarbonate de sodium
(NaHCO3) par les cellules de la muqueuse (couche des cryptes)
- Corps de l’estomac brassage des aliments par des mouvements péristaltiques
36
- Antre pylorique : brassage des aliments par des mouvements péristaltiques et
évacuation du chyme vers le duodénum et secrète la gastrine.

Figure 23 : Histo-anatomie de l’estomac

Intestin : dernière partie du tube digestif ; on distingue l’intestin grêle et le gros intestin.

37
Figure 24 : Les voies de l’absorption intestinale : capillaires sanguin et chylifères
lymphatiques
La majeure partie de l’absorption a lieu dans l’intestin grêle et tout particulièrement
dans le duodénum. La grande capacité de digestion de ce segment est due à la présence, dans
sa lumière, des sécrétions du pancréas exocrine et du foie. Le pancréas exocrine sécrète les
enzymes spécifiques pour la digestion de chaque classe de molécules organiques ingérées et
un liquide riche en bicarbonates lequel assure :
• le bon fonctionnement de ces enzymes
• la protection de la muqueuse duodénale contre l’acidité du chyme.
La motilité de l’intestin grêle sert à plusieurs fonctions ; elle permet de :
•brasser le contenu luminal avec les différentes sécrétions,
•l'amener en contact avec la muqueuse pour en favoriser l’absorption,
•le propulser vers les parties plus distales du tube.
Le résidu non réabsorbé dans l’intestin grêle passe dans le gros intestin : la limite entre les
deux segments est représentée par la valvule iléo-cæcale.
Les nutriments absorbés, sauf les lipides, sont transportés par le sang veineux via la veine
porte, d’abord au foie et ensuite au cœur ; le système circulatoire se charge de leur

38
distribution aux différentes cellules. Les lipides eux sont transportés par les chylifères et
ensuite déversés dans le sang au niveau du canal thoracique (Fig. 24).
Les substances non réabsorbées forment les selles qui, grâce aux contractions du côlon,
sont propulsées vers le rectum et périodiquement évacuées.

3.2. Chez les ruminants


L’estomac (rumen) est le siège des activités digestives enzymatiques, d’origines
microbiennes ou internes (caillette) il est donc important de décrire l’appareil qui sert a
digéré l’aliment pour fournir l’énergie et les éléments indispensables depuis l’ingestion
jusqu’à la décharge.
3.2.1. Physiologie de l’appareil digestif des ruminants
Le tube digestif des ruminants est constituer par : la cavité buccale (oro-
pharyngienne), l’œsophage, estomac (rumen ou compartiment gastrique) et les intestins,
dont chaque partie assure une fonction bien déterminée, la première et la deuxième assurent
surtout l’ingestion, la mastication et le mérycisme. La troisième assure la fermentation
microbienne et la dégradation enzymatique, cependant la dernière partie assure, comme les
monogastriques, l’assimilation des éléments nutritifs.
[Link]. La cavité buccale ou oro-pharyngienne
Constitué par : les lèvres, les joues, coussinet dentaire, le palais, la langue et le pharynx. Les
lèvres et la langue jouent un rôle essentiel à l’ingestion et l’insalivation des aliments et
l’orientation des mouvements de la mastication favorisé par les contractions des muscles des
joues, les dents (incisives inférieurs, prémolaires et molaires supérieurs et inférieures)
assurent le broyage des aliments après rumination, le bol (aliments liquide) va s’orienter ver
la partie digestive par le pharynx.

39
1- lèvre supérieur
2- plan naso-labial
3- lèvre inferieur
4- incisives
5- canines
6- vestibule oral
7- papille labiales
8- papille Buccale
9- palais dur
10- crête palatine
11- Coussinet dentaire
12- Papille incisive
13- Pointe de la longue

Figure 25 : Cavité buccale chez le bœuf


Langue:
1- pointe de la langue
2- Torus lingual
3- Fosse linguale
4- papille conique
Palais dur:
5-Crête palatine
6-Plexus Veineux
7- sinus palatin
8- Cavité nasale

Figure 26 : Coupe sagittale de la tête du bœuf. Vue partielle montrant l’action abrasive
linguales au contacte à la crête palatine

40
1- Racine de la langue
2- Cartilage épiglottique
3- Cartilage aryténoïde
4- Cavité Laryngée
5- Trachée
6- Voile du palais
7- Rhinopharynx
8- Isthme du gosier
9- Œsophage
10- Hyoïde

Figure 27 : Carrefour pharyngé du bœuf en début de déglutition

P2-4 Dents prémolaires


M1-13 Dents molaires
1- Email
2- Ivoire
3- Cément

Figure 28 : Arcade molaire supérieur


droite de bœuf

[Link]. L’œsophage
L’œsophage est le conduit musculeux reliant le pharynx à l’estomac (rumen); c’est un tube
mou qui présente la particularité de fonctionner dans les deux sens chez les ruminants pour
assuré l’ingestion et la régurgitation (mérycisme).

41
1- Lamina de la muqueuse
épithéliale
2- Lamina de la muqueuse
proprement dite
3- lamina de la muqueuse
musculaire
4- glandes œsophagiennes
5- Tunique musculaire avec la
couche circulaire intérieure et la
couche longitudinale externe
6- Tunique adventice

Figure 29 : Coupe transversale de la muqueuse œsophagienne objectif × 8


[Link]. L’estomac ou compartiment gastrique
Chez les ruminants l’estomac est composé de plusieurs compartiments (polygastrique)
le pré-estomac constitué par : le Cardia, la panse (rumen proprement dit), le réseau et le
feuillet. L’estomac proprement dit est représenté par la caillette où se déroulent les secrétions
enzymatiques, elle débouche vers les intestins par le pylore.

1- cinquième vertèbre lombaire


2-5 Rumen : 2- Sac dorsal; 3- Sac
ventral; 4- Pilier longitudinal gauche ;
5- Pilier longitudinal droit
6- Grand omentum
7- Duodénum
8- Masse intestinale
9- Rein gauche

Figure 30 : Coupe transversale de l’abdomen du bœuf. Passant par la cinquième vertèbre


lombaire

42
1-16 Rumen :
1- Courbe dorsale
2- Courbe ventrale
3- Extrémité crâniale
4- Extrémité caudale
5- Atrium
6- Sac dorsal
7- Cul-de-sac Caudo-dorsal
8- Sac ventral
9- Cul-de-sac Caudo-
ventral
10- Sillon crânial
11- Sillon caudal
12- Sillon coronaire dorsal
13- Sillon coronaire ventral
14-16 Réseau
14- Face diaphragmatique
15- Grande courbure
16- Fond
17- Feuillet
18-22 Caillette:
18- Grande courbure
19- Petite courbure
20- Corps
21- Partie Pylorique
22- Cardia
23- pylore
Figure 31 : Estomac du bœuf 24- Rate
28- petite courbure du
réseau
[Link].1. Panse (rumen) :
C’est le compartiment le plus important et le plus volumineux il est composé par deux
sacs (ventral et dorsal), il communique en permanence avec le réseau. La paroi interne est
rêche (sillons) et plissée pour assurer un meilleur brassage et humidification des aliments
non mâchés contenus. Mais l’important rôle de ce volumineux sac, qui fonctionne comme un
vaste réservoir, est l’activité microbienne qui contribue efficacement à la dégradation des
aliments (cellulose). Ainsi, l’assimilation des AGV (acides gras volatiles) produits de la
fermentation.

43
1- crête primaire
2- crête
secondaire
3- crête Tertiaire
4- Papilles

Figure 32 : Cellules réticulaires du bœuf

1- Pilier
2- Papilles
foliacées

Figure 33 : Conformation interne du rumen du bœuf

44
1- muqueuse lisse dépourvu de
papilles
2- sacs glandulaires (Aquifères)

Figure 34 : Rumen du dromadaire. Conformation interne

1- Cloison mince
2- Bord libre épais
3- muqueuse sécrétante des sacs
Glandulaire

Figure 35 : Sacs glandulaire du rumen du


dromadaire

45
[Link].2. Réseau (bonnet)
Plus petit que la panse, la muqueuse porte des lames (sillons) qui se croisent en
délimitant des hexagones, l’aliment est rassemblé en pelotes ; les contractions de la paroi la
font remonter vers la bouche (régurgitation).
[Link].3. Feuillet (Omasum)
Poche plus ou moins allongée occupée par des lames parallèle disposés dans le sens
du transite alimentaire, il achève la trituration des aliments après rumination (jus de rumen).

[Link].4. Caillette (Abomasum)


Elle représente le véritable estomac, dans la partie inférieure, ce dernier prolongement
est le seul qui secrète le suc gastrique actif (enzymes).
1- lames
primaires
2- lames
secondaires
3- lames
tertiaires
4- lames
quaternaires

Figure 37 : Lame du feuillet du


bœuf, vue de l’intérieur

1- orifice réticulo-omasique
2- lames du feuillet
3- bord libre épais
4- papilles conique
5- Espace interlaminaires
6- Canal omasique

Figure 36 : Feuillet du bœuf, vue de


l’extérieur

46
Figure 37: Estomac de bœuf. Les flèches continues représentent le premier trajet des aliments,
les flèches discontinues représentent le second trajet, après rumination
3.2.2. Ecosystème microbien du rumen
Le réticulo-rumen (panse et réseau) est le siège des différentes activités microbiennes
(bactéries, protozoaires, champignons) dont les bactéries sont les plus actives et les plus
nombreux.
[Link]. Les bactéries (Tab. 7)
Deux cent espèces ont été isolées du rumen, une trentaine seulement peuvent être
considéré comme autochtones le reste sont apporté par l’alimentation (Tab. 7).
- Les bactéries cellulosiques : La flore la plus performante pour dégrader la cellulose
(109 cellules/ml), ce sont des bactéries qui adhérent généralement sur les parois végétales. Ils
représentent les précurseurs de la dégradation microbienne.
- Bactéries productrices de succinate : après la dépolymérisation des bactéries cellulosiques
et hémicellulosique, plusieurs gammes de bactéries viennent par la suite pour dégrader leurs
produits les succinogenèses par exemple dégradent plusieurs substrats, essentiellement
l’amidon, elles ont un intérêt pour la protéolyse et la fermentation des peptides.
- Bactéries productrices de lactate : elles utilisent activement l’amidon et ses produits
d’hydrolyse, mais aussi de cellodextrines et parfois des pectines.
- Bactéries méthanogènes : se sont des Archées (bactéries primitives), elles utilisent
l’hydrogène comme source d’énergie et le dioxyde de carbone comme source de carbone,
pour produire le méthane, un sous produit de la fermentation.
47
[Link]. Les champignons
Les champignons du rumen représentent les formes les plus primitives de fungi
(phycomycète). Ils peuvent remplacer toute la flore microbienne grâce à la dégradation de
pratiquement toutes substances (cellulose, hémicellulose, lignine, glucide…).
[Link]. Les protozoaires
Ils représentent la microfaune du rumen, ils sont composés essentiellement par des
ciliés et flagellés, ils participent efficacement à l’équilibre de l’écosystème microbien du
rumen grâce à l’ingestion d’une quantité des bactéries et champignons.

3.2.3. Les intestins


La partie la plus longue du tube digestif (50 m chez le bœuf), elle est
représentée essentiellement par : le Duodénum (1.2 m chez le bœuf), le Jéjunum (la portion la
plus longue de l’intestin grêle), l’Ilion (< 1 m chez le bœuf), le Caecum (50 à 70 cm chez le
bœuf), le Côlon (dizaine de mètres chez le bœuf) et le rectum. Les intestins sont donc divisés
en deux grandes parties ; grêle qui est la partie la plus active de la digestion (suc
pancréatique, bile, suc intestinal) et où la plupart des nutriments sont absorbés, et le gros
intestin, où a lieu la réabsorption de l’eau et la fabrication des matières fécales (Fig. 38).

Figure 38 : Tractus intestinal du bovin adulte. 1. Caillette ; 2. Anse duodénale ; 3. Jéjunum ; 3’.
Iléon ; 4. Cœcum ; 5. Colon sigmoïde ; 6. Colon spiral ; 7. Colon Flottant ; 8. Rectum ; 9. Grand
mésentère.

48
Tableau 7 : Substrats dégradés et fermentés par les principales espèces bactériennes du
rumen. La majorité des souches peuvent assurer cette fonction (+) ou non (-).

Eubacterium limosum
ruminantium
Methanobacterium

Sterptococcus bovis
ruminantium
Selenomomoas
Pervetella ruminicola
flavefaciens
Ruminococcus

Ruminococcus albus

Fibrobacter succinogenes
Espèces
substrats

Fermentés Hydrolysés

- - - - - + + + Cellulose

+ + + + + + Cellodetrine

- - + + + + + + Cellobiose

- - + + + + Hémicellulose

- - - + + + - Xylodextrines

+ - - + + - - - Pentose

- + + + - - - Amidon

- + + + - - + Dextrines

+ + + - - + Maltose

+ + + + + Pectine

- + - - + Ac. Uroniques

- Triglycérides

- + - - - - Glycérol

+ + + + - - - Saccharose

+ + + + - - - Fructose

- + + + - - + Glucose

+ - + + + - Galactose

- - + Lactate

- - - Malate

- - Fumarate

+ Succinate

- + + + + - - Protéines

+ + + + - - Peptides

+ + Acides aminés

+ + - Hydrogène utilisé

+ méthane

49
Figure 39 : Appareil digestif de la poule

Figure 40 : Appareil digestif du lapin


50
Figure 41 : Appareil digestif du chevale

Figure 42 : Appareil digestif du la vache

51
Figure 43 : Appareil digestif d’un Insecte (A) et d’un Homme (B)

52
Références bibliographiques

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