IDE et gouvernance en Afrique de l'Ouest
IDE et gouvernance en Afrique de l'Ouest
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Aliyon Gbati ABITA. Impact des investissements directs étrangers sur la gouvernance des pays de l’Afrique de l’Ouest
Résumé :
Les pays en développement, notamment en Afrique, voient le rôle des investissements directs étrangers comme
important pour leur développement socio-économique. Il est établi un consensus mondial sur l'importance de la
bonne gouvernance en tant que catalyseur de l'investissement direct étranger (IDE) et de l'expansion de l'économie
d'un pays. Toutefois, il est essentiel de reconnaître que l’IDE peut également avoir un impact sur les politiques et
les institutions du pays d’accueil. L'objectif général de cet article est d'analyser l'effet des investissements directs
étrangers sur la qualité de la gouvernance des pays de l’Afrique de l’Ouest. L’analyse dans le cadre des pays de
l’Afrique de l’Ouest est pertinente dans la mesure où ces pays traversent depuis plusieurs décennies une situation
d’instabilité intentionnelle reflétant une mauvaise gouvernance. Aussi, on note une baisse des entrées d’IDE dans
la sous-région. Les preuves empiriques sont basées sur un modèle économétrique des erreurs types corrigées par
panel (PCSE) pour un panel de 13 pays de l'Afrique de l'Ouest entre 2000 et 2021. Notre étude s’est appuyée sur
l’analyse en composante principale (ACP) pour concevoir quatre indicateurs de gouvernance (gouvernance
économique, gouvernance institutionnelle, gouvernance politique et gouvernance globale). Nos résultats indiquent
que l’IDE n’a aucun effet significatif sur ces indicateurs de gouvernance. Ces résultats suggèrent que l’ampleur et
la diversité des IDE, ainsi que leurs sources, jouent un rôle crucial. En conclusion, la présente étude examine les
implications pratiques et théoriques de notre recherche et suggère des pistes potentielles de recherche plus
approfondie.
Abstract:
Developing countries, particularly in Africa, see the role of foreign direct investment as important for their socio-
economic development. There is a global consensus on the importance of good governance as a catalyst for foreign
direct investment (FDI) and the expansion of a country’s economy. However, it is essential to recognise that FDI
can also have an impact on host country policies and institutions. The general objective of this article is to analyze
the effect of foreign direct investment on the quality of governance in West African countries. The analysis in the
context of West African countries is relevant since these countries have been experiencing for several decades a
situation of intentional instability reflecting poor governance. Also, there is a decline in FDI inflows in the
subregion. The empirical evidence is based on an econometric model of panel standard corrected errors (PCSE)
for a panel of 13 West African countries between 2000 and 2021. Our study used principal component analysis
(PCA) to design four governance indicators (economic governance, institutional governance, political governance
and global governance). Our results indicate that FDI has no significant effect on these governance indicators.
These results suggest that the scale and diversity of FDI, and its sources, play a crucial role. In conclusion, this
study examines the practical and theoretical implications of our research and suggests potential avenues for further
research.
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1. Introduction
Depuis déjà quelques décennies, la gouvernance suscite un intérêt particulier aussi bien dans la
recherche universitaire que dans les organisations internationales. Concept pluridisciplinaire,
elle est présente dans tous les discours relatifs au développement et fait de plus en plus l’objet
de recherche scientifique. La nécessité d’améliorer la qualité institutionnelle est aujourd’hui
considérée comme indispensable à chaque pays par les institutions internationales, compte tenu
de la conjoncture économique mondiale et des difficultés qui leur sont propres (Ahou et al.
2015 ; Lassoued et al. 2019). Cette nécessité se manifeste dans les objectifs de développement
durable des Nations Unies (ODD) avec l’objectif 14 qui vise à assurer l’accès de tous à une
justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes
à tous d’ici 2030. Cette nécessité se manifeste également au travers de l’Agenda 2063 de
l’Union Africaine dont l’aspiration est d’avoir une Afrique de bonne gouvernance, de
démocratie, de respect des droits de l’homme, de justice et d’État de droit (African Union
Commission, 2015).
La gouvernance est un canal majeur de développement économique en Afrique. La
gouvernance politique, économique et institutionnelle peut déterminer si un pays réussira ou
non son développement (Kaufmann et al. 2002) suggérant que les indicateurs de gouvernance
sont importants pour identifier les choix stratégiques des pays avec lesquels établir et suivre
une coopération. Dans les débats de politiques publiques en Afrique, la notion de gouvernance
est souvent utilisée pour décrire les actions et les décisions prises par les dirigeants par rapport
à leur gouvernement. L'Afrique, en particulier l'Afrique de l'Ouest, est confrontée à des crises
socio politiques causant beaucoup de problèmes d'ordre économique. L'exemple de quelques
pays comme le Soudan, l'Ethiopie, le Burkina Faso, le Niger et bien d'autres encore suffit pour
mesurer le degré des problèmes liés à la gouvernance en Afrique. Selon le rapport de la
Fondation Mo Ibrahim sur la gouvernance en Afrique (2023), si rien n'est fait, l'atteinte des
ODD et de l'Agenda 2063 de l'Union Africaine reste fortement compromise. L’un des
principaux problèmes qui empêche le développement substantiel des pays en développement
est l'absence d'institutions étatiques et de marché efficaces et efficientes (Gough & Woof et
Bevan, 2004).
La gouvernance émerge dans un autre champ, celui des relations internationales. La relation
gouvernance-investissements directs étrangers (IDE) a occupé et continue d'occuper une place
importante dans la littérature économique. La mondialisation a accru l’importance des IDE dans
le monde. En fait, l’IDE est mentionnée à plusieurs reprises dans la littérature sur le
développement économique. Pourtant, il existe encore une controverse quant à son impact sur
la croissance économique et la pauvreté. Même si, selon la théorie économique, les IDE
contribuent à rendre les entreprises nationales plus productives (Long et al., 2015), les études
empiriques analysant l’impact réel des IDE sur la croissance économique restent énigmatiques.
Ceci n’a pas pour autant empêché de nouvelles recherches explorant les déterminants des IDE.
Au-delà des facteurs économiques, la gouvernance est maintenant considérée comme
déterminant non économique dans l’attractivité des IDE (North 1990). Les institutions
deviennent tout aussi importantes que les facteurs économiques pour attirer les IDE (Buchanan,
Le & Rishi, 2012 ; Globerman & Shapiro, 2002 ; Ullah et al., 2017). Parmi les nombreuses
études sur la relation entre gouvernance et IDE, la littérature accorde davantage d'attention aux
cas d'influence de la gouvernance sur l'attractivité des IDE. L’exploration dans la direction
opposée, c’est-à-dire l’impact des investissements étrangers sur la gouvernance locale dans les
pays bénéficiaires, n’est pas assez approfondie.
Les firmes multinationales peuvent réellement affecter les institutions (Antonietti & Mondolo,
2023). Le succès de ces multinationales dans les pays d’accueil dépend largement de
l’environnement institutionnel qui y règne. La littérature, évoque plusieurs canaux par lesquels
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les firmes multinationales affectent la gouvernance locale des pays d’accueil. Lorsque ces
firmes multinationales tentent de persuader le plus souvent les gouvernements locaux à prendre
des décisions en leur faveur, cela peut impacter l’élaboration des politiques. Le lobbying est
l’un des moyens par lesquels passent les firmes multinationales pour influencer les politiques
institutionnelles des pays hôtes (Blonigen & Figlio, 1998 ; Gordon & Hafer, 2005 ; Desbordes
& Vaudey, 2007). Pour influencer les politiques et les institutions locales, les multinationales
utilisent diverses stratégies dont le but ultime est de peser sur l’élaboration des politiques à leurs
avantages (Hilman & Hitt, 1999 ; Malesky, 2009).
Les firmes multinationales cherchent le plus souvent à s’acclimater aux règles et politiques des
institutions de leurs pays hôtes pour obtenir une place tout aussi importante sur les marchés de
ces pays. Pour surmonter leur responsabilité étrangère et s’établir sur les marchés d’accueil, les
firmes multinationales s’efforcent souvent de s’adapter aux institutions locales et de gagner en
légitimité (Kostova & Zaheer, 1999 ; Dahan & Coll, 2006). Ces multinationales espèrent des
gouvernements d'accueil un traitement de choix par rapport aux entreprises locales (Cuervo-
Cazurrz, 2006 ; Morck, Yeung & Zhao, 2008). Toutes ces études montrent clairement que, les
pays pour être vus comme des paradis d’investissements doivent élaborer des règles et des
politiques qui les rendent attrayantes aux yeux des firmes multinationales (Kwok & Tadesse,
2006).
Dans ce contexte, cet article vise à analyser les déterminants d’une bonne gouvernance dans les
pays de l’Afrique de l’Ouest, en essayant de spécifier le rôle des IDE. Ainsi, l’objectif de ce
papier est d’analyser l’effet des IDE sur la qualité de la gouvernance. Pour ce faire, nous
adoptons un modèle économétrique basé sur les erreurs types corrigées par panel (PCSE) pour
étudier l’effet des IDE sur la gouvernance dans 13 pays d’Afrique de l’Ouest entre 2000 et
2021. Plus précisément, nous construisons quatre indicateurs de gouvernance : la gouvernance
globale, la gouvernance politique, la gouvernance économique et la gouvernance
institutionnelle. Ces indicateurs sont obtenus par une analyse en composante principale (ACP)
et constituent nos variables dépendantes.
L’analyse dans le cadre des pays de l’Afrique de l’Ouest est pertinente dans la mesure où ces
pays traversent depuis plusieurs décennies une situation d’instabilité intentionnelle ponctuée
par des coups d’États. Aussi, les IDE dans la sous-région ont commencé par chuter depuis les
années 2011 (WIR 2022). Notre article contribue à la littérature économique de deux manières.
D’une part, il apporte de nouveaux éléments à la littérature sur le lien possible entre IDE et
gouvernance. D’autre part, il fournit des informations utiles aux décideurs politiques et aux
praticiens du développement pour établir des priorités et mieux concevoir les politiques de
gouvernance et d’investissements.
Le reste de l’article est structuré comme suit : La section 2 explore la revue de littérature ; les
données et la méthodologie d’estimation sont décrites dans la section 3. La section 4 présente
et analyse les résultats issus de l’estimation ; la section 5 conclut et propose quelques
implications de politiques économiques.
2. Revue de littérature
Dans cette section, nous présentons la revue théorique et passons en revue les travaux qui ont
examiné l’effet des IDE sur la qualité institutionnelle.
[Link] théorique
Pour mieux appréhender l’effet des IDE sur la qualité de la gouvernance, il est important de
comprendre les canaux de transmission par lesquels les IDE impactent les institutions locales.
Les entreprises multinationales peuvent décider de certaines politiques gouvernementales des
pays d’accueil, car la rentabilité de ces multinationales est plus ou moins liée à l’environnement
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commercial de ces pays (Antonietti & Mondolo, 2023). Desbordes & Vaudey (2007) trouvent
deux principales raisons pour lesquelles les multinationales affectent l’environnement des
affaires dans les pays d’accueil. Premièrement, les entreprises multinationales contribueront à
la croissance économique locale, augmentant ainsi leur pouvoir de négociation lors des
discussions sur les conditions d’entrée sur les marchés des pays d’accueil. En outre, en tant que
multinationale, l’entreprise a une présence internationale, ce qui facilite l’installation dans le
pays d’accueil à moindre coût. Par ailleurs, les sociétés multinationales font du lobbying pour
influencer la politique des pays d’accueil.
D’autres dispositifs pour modifier l’environnement externe des pays peuvent être adoptés par
les firmes multinationales. En collaborant avec les entreprises et les décideurs politiques locaux,
les investisseurs étrangers fournissent des informations sur les lois adoptées par d’autres pays
bénéficiaires. Selon Hewko (2002), deux mécanismes permettent de prédire si une entreprise
multinationale réussira à influencer les institutions existantes : la capacité de fournir aux
décideurs locaux des informations sur les lois et réglementations en vigueur dans d’autres pays ;
la capacité à contraindre les décideurs en les menaçant de quitter le pays pour des
environnements d’investissements plus hospitaliers.
Le commerce international peut avoir des répercussions d’ordre institutionnel entre les
différents pays partenaires (Bahar et al., 2014 ; Bergstrand & Egger, 2013 ; Cheong et al., 2015 ;
Li & Reuveny, 2003 ; Prakash & Potoski, 2007). L’existence de ces répercussions est un autre
canal par lequel les IDE peuvent influencer les institutions. Kwok & Tadesse (2006) identifient
trois effets principaux des firmes multinationales sur les pays d’accueil, principalement à
travers leur impact sur les entreprises nationales et sur les travailleurs locaux embauchés par les
entreprises étrangères : l’effet de pression réglementaire, l’effet de démonstration et l’effet de
professionnalisation. Les firmes multinationales influencent indirectement les pays d’accueil
par les effets qu’elles ont sur leurs filiales. La pression réglementaire se produit lorsque les pays
d’accueil, le pays d’origine de la firme multinationale et la communauté internationale mettent
en place des règles et des attentes pour garantir que la firme multinationale se comporte de
manière juste et responsable (Sandholtz & Gray, 2003 ; Kwok & Tadesse, 2006). La pression
règlementaire se produit pour des raisons politico-économiques et garantit que la firme
multinationale respecte certaines règles et normes. Ainsi donc, les employés de ces firmes
multinationales subissant cette pression, ne peuvent pas offrir des pots de vin à des dirigeants
locaux, ce qui contribue à éradiquer la corruption.
[Link] empirique
L’examen empirique de l’effet des IDE sur la gouvernance reste encore limité. Mais quelques
catégories d’études peuvent apparaître. Certains étudient l’effet des IDE sur la corruption,
d’autres questionnent l’effet sur la qualité institutionnelle, enfin d’autres abordent l’effet sur la
stabilité politique.
2.2.1. Effet des IDE sur la corruption
Kwok et Tadesse (2006) dans leurs études ont exploré comment la présence des entreprises
multinationales peut façonner l’environnement institutionnel de la corruption au fil du temps.
L’analyse économétrique des auteurs, menée sur un large échantillon de pays sur 30 ans montre
que l’augmentation des IDE entrant réduit le niveau de corruption dans les pays d’accueil au fil
du temps. Selon toujours ces auteurs, grâce aux connaissances approfondies du commerce
international et aux vastes réseaux internationaux, les entreprises multinationales peuvent
également mettre en place des systèmes de corruption sophistiqués et les importer dans les pays
d’accueil. Ces conclusions ont été auparavant confirmées par Larrain & Tavares (2004), qui
dans leur étude ont démontré à travers un large échantillon de pays sur la période 1970-1994,
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que l’IDE est significativement associé à des niveaux de corruption plus faibles.
L’augmentation des entrées d’IDE décourage considérablement la corruption.
Lee & Lio (2016) ont étudié l’impact des IDE sur les performances de la gouvernance et le
niveau de corruption des gouvernements provinciaux en Chine sur la période 2000 à 2009. Leur
stratégie d’estimation comprend un modèle de données de panel dynamique et un modèle à
effet fixe. Les résultats suggèrent que les capitaux et les investisseurs étrangers ont amélioré les
performances de gouvernance et réduit la corruption des gouvernements provinciaux.
Par contre Roberston & Waston (2004), en examinant l’impact sur la corruption de l’évolution
des niveaux d’IDE dans 99 pays, en utilisant des scores de l’indice de perception de la
corruption calculés par Transparency International pour 1999 et 2000, trouvent que des niveaux
de corruption plus élevés sont associés à plus d’entrée d’IDE. Plus le taux de variation de l’IDE
est rapide, plus le niveau de corruption est élevé. Pinto & Zhu (2016) arrivent aussi à la même
conclusion, mais pour les pays en développement. En effet, dans leur étude couvrant 95 pays
de 2000 à 2004 et avec une méthode des doubles moindres carrées avec variable instrumentale,
Pinto & Zhu (2016) trouvent que l’entrée des IDE est associée à des niveaux de corruption plus
élevés dans les pays moins développés. Mais dans les pays développés, l’association positive
entre les investissements entrants et la corruption est atténuée. Les effets des IDE entrant sur la
corruption varient en fonction des conditions locales des pays hôtes.
Craigwell & Wright (2011) utilisent un test de causalité de Granger linéaire et non linéaire sur
la période 1998-2009 dans 42 pays en développement pour déterminer le lien de causalité entre
les IDE et la corruption. Leurs résultats montrent que lorsqu’ils utilisent une méthode de panel
linéaire, la plupart des marchés montrent un lien causal bidirectionnel entre l’IDE et la
corruption, alors que, pour des tests non linéaires, le lien entre IDE et corruption domine. Bayar
(2011) a étudié les causes probables du niveau de corruption dans 10 pays de l’Ex-URSS et
d’Asie de l’Est. En utilisant une approche dynamique de données de panel, il constate que l’IDE
n’est pas un déterminant significatif de la corruption dans les régions étudiées.
2.2.2. Effet des IDE sur la qualité institutionnelle
Malesky (2008) vérifie l’hypothèse selon laquelle l’augmentation des IDE pourrait amener à
une décentralisation de facto sous la forme d’expériences de réformes autonomes en utilisant
une méthodologie basée sur un modèle d’équation simultanée de 61 provinces du Vietnam entre
1990 et 2000. Les IDE semblent avoir un impact puissant sur la décentralisation. Dans un
prolongement, Malesky (2009) note un effet positif de l’IDE sur le développement des réformes
de 27 pays en transition entre 1991 et 2004. Sur un panel de 19 pays d’Amérique latine et des
Caraïbes, Fukumi & Nishijima (2010) montrent également que les IDE ont la capacité
d’améliorer la qualité des institutions, alors que de meilleures institutions attirent davantage
d’IDE dans la région. Les résultats des estimations sont issus d’une approche par équations
simultanées.
Selon Dang (2013), en utilisant un ensemble de données issues d’une enquête sur la
compétitivité des provinces au Vietnam entre 2005 et 2007 et d’une approche par la variable
instrumentale, les provinces vietnamiennes qui ont reçu une plus grande quantité d’IDE
démontrent d’une meilleure qualité institutionnelle. Dans le contexte de l’économie chinoise,
les travaux de Long et al (2015) ont permis d’observer que l’entrée des IDE améliore la qualité
institutionnelle en Chine. Plus exactement, les entreprises chinoises situées dans des régions où
le niveau d’IDE est plus élevé ont une aptitude à bénéficier d’un niveau plus faible des charges
fiscales, d’un caractère moins arbitraire et d’une meilleure protection juridique. En outre, ils
identifient le lobbying et la négociation par les investisseurs étrangers pour influencer les
gouvernements locaux comme canal expliquant l’effet positif des entrées d’IDE sur la qualité
institutionnelle.
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Antoneiti et Mondolo (2023) ont testé empiriquement l’hypothèse selon laquelle l’entrée des
IDE est un déterminant important pour améliorer la qualité des institutions dans les économies
d’accueil. L’analyse de 102 pays sur une période de 22 ans en utilisant une approche de panel
VAR et un modèle de causalité. Les résultats issus des estimations montrent que des montants
plus élevés d’IDE entrant sous forme de nouveaux projets ont un impact significatif à court
terme sur l’environnement institutionnel local.
Fon et al. (2021), en utilisant des flux bilatéraux entre 56 pays d’Afrique au cours de la période
2003-2015, ne trouvent pas d’effet significatif des IDE sur la qualité institutionnelle des pays
d’accueil. En revanche, en utilisant des flux agrégés d’IDE, Fon et al. (2021) trouvent un effet
significatif et positif sur la qualité institutionnelle des pays d’accueil. En outre, ils trouvent
également que les flux d’IDE provenant de la Chine n’ont pas d’effet significatif sur la qualité
institutionnelle du pays d’accueil.
2.2.3. Effet des IDE sur l’instabilité politique
L’instabilité politique est une menace pour le développement, le commerce international et
l’intégration économique. Polacheck, Seiglie & Xiang (2012) examinent empiriquement
l’influence des flux de capitaux internationaux sur la paix pour 29 pays hôtes de l’OCDE et
leurs sources, pour un total de 53 pays différents durant les années 1990 à 2000. Les résultats
montrent que les flux d’IDE ont réduit le degré de conflit international et encouragé la
coopération entre ces différents pays pendant la décennie de 1990. Okara (2023), aboutit à la
conclusion selon laquelle les IDE favorisent la stabilité politique dans les pays d’Afrique.
3. Méthodologie de recherche
3.1. Définition des variables et modèles économétriques
Ce présent article utilise des données annuelles de 2000 à 2021 pour 13 pays d’Afrique de
l’Ouest. Le choix de la période d’étude et des pays dépend de la disponibilité des données. Les
sources des données utilisées sont le World Development Indicators (WDI), le Worldwide
Governance Indicators (WGI) compilé par la Banque Mondiale, les données de l’ONG Heritage
Fundation (HF).
En ce qui concerne l’indice de gouvernance, nos variables dépendantes, nous utilisons
l’approche proposée par Asongu & Nwachukwu (2015) pour construire un indice synthétique
de gouvernance. Cet indice est basé sur l’analyse en composante principale (ACP). Cette
analyse permet de simplifier les problèmes de corrélations élevées entre les variables de
gouvernance. Pour ce faire, nous avons sélectionné les six indicateurs de gouvernance de la
Banque Mondiale (la voix et la responsabilité, la qualité de réglementation, le contrôle de
corruption, la stabilité politique et absence de violence, l’État de droit et l’efficacité du
gouvernement), avec quatre ACP indépendants pour obtenir nos variables de gouvernance
(gouvernance politique, gouvernance économique, gouvernance institutionnelle, gouvernance
globale). La gouvernance politique (voix et la responsabilité ; stabilité politique et absence de
violence) concerne le processus de sélection et de changement des dirigeants pour formuler des
politiques. La gouvernance économique (qualité de réglementation et l’efficacité du
gouvernement) coordonne les politiques économiques et saisit la capacité du gouvernement à
mettre en œuvre les politiques et à fournir un service. La gouvernance institutionnelle (État de
droit, contrôle de la corruption) signifie le respect de la loi par l’État et les citoyens ainsi que le
respect des institutions qui régissent les liens entre eux (Andres et al., 2015 cités par Ofori et
al., 2023). La gouvernance globale est captée par un ACP des six indicateurs de gouvernance
de la Banque Mondiale. Cette technique est un moyen simple et efficace de réduire la taille des
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données volumineuses, tout en conservant toutes les informations importantes des données
d'origine (Ullah & Ali & Ehsan, 2022).
Nous mesurons l’IDE (variable indépendante d’intérêt) par les entrées nettes d’investissements
destinés à acquérir un intérêt de gestion durable dans une entreprise opérant dans une économie
autre que celle de l’investisseur en pourcentage du PIB de la Banque Mondiale. Cette variable
est particulièrement utilisée de nombreuses fois dans l’analyse de la relation entre IDE et
gouvernance (Buchanan & Le & Rishi, 2012 ; Chakroun, 2009 ; Ullah et al. 2017). Les
variables de contrôle dans cette étude sont retenues sur la base de leur pertinence dans les
évidences empiriques des études antérieures (Antonietti & Mondolo, 2023 ; Fon et al. 2021 ;
Grabowski & Self, 2020). Ces variables de contrôle incluses sont les facteurs
macroéconomiques tels que le PIB par habitant, la liberté économique, l’abondance des
ressources naturelles, l’importation des biens et services.
Pour atteindre nos objectifs, nous partons d'une spécification retenue par Fon et al. (2021),
Demir (2016), Long & Zhang (2015). Sur la base des objectifs retenus, nous supposons que les
dimensions de la gouvernance et des investissements directs étrangers suivent le modèle
suivant :
𝐺𝑂𝑈𝑉𝑖𝑡 = 𝛽0 + 𝛽1 𝐼𝐷𝐸𝑖𝑡 + 𝛽2 𝑋𝑖𝑡 + 𝜀𝑖𝑡 (1)
Avec 𝐺𝑂𝑈𝑉𝑖𝑡 , représentant l’indicateur de gouvernance d’un pays de la sous-région Ouest
Africaine ; 𝐼𝐷𝐸𝑖𝑡 les flux d’investissements étrangers entrant ; 𝑋𝑖𝑡 l’ensemble des variables de
contrôle (PIB par habitants, importation, ressources naturelles, liberté économique) ; 𝜀𝑖𝑡 est le
terme d’erreur. Compte tenu du fait que notre variable de gouvernance est scindée à quatre
niveaux, nous estimons une régression distincte pour chaque variable de gouvernance. Nous
utilisons les modèles de régressions suivants pour obtenir une meilleure intuition des canaux
possibles des implications de la bonne gouvernance.
une indépendance transversale entre les séries, tandis que l’hypothèse alternative montre qu’il
existe une dépendance transversale. En cas de dépendance transversale, les tests de racines
unitaires de première génération ne sont plus efficaces. Selon Banarjee et al. (2005), les tests
de racine unitaires de première génération peuvent induire de faux résultats à cause de l’ampleur
de la distorsion lorsque la dépendance entre les individus est très importante. Ainsi, pour
résoudre ce problème, nous utilisons les tests de racine unitaire de deuxième génération de
Pesaran (2007) pour examiner les propriétés stationnaires des variables utilisées. Nous vérifions
ensuite s’il existe une relation à long terme entre les variables à l’aide d’un test de cointégration.
Pour ce faire, nous appliquons le test de Westerlund (2007) avec comme hypothèse nulle
l’absence de cointégration.
La technique d’estimation des erreurs types corrigées par panel (PCSE) est utilisée pour les
estimations de notre modèle. Cette méthodologie a été mise au point par Beck & Katz 1995.
Reed & Webb (2011) ont confirmé que la méthodologie de Beck et Katz (1995) convient à de
nombreuses circonstances d’enquêtes. Le mérite de cette méthodologie est qu’elle n’est utile
que lorsque la dimension temporelle T est assez grande par rapport à celle de la dimension
individuelle N et corrige mieux les présences d’hétéroscédasticité, d’autocorrélation et de
dépendance transversale dans les modèles.
4. Résultats et discussion
Cette section présente les résultats de nos tests à trois niveaux. Les statistiques descriptives, les
résultats des tests de pré-estimation et enfin les résultats des estimations par la méthode PCSE.
Nous allons passer ensuite à la discussion de ces résultats.
4.1. Statistiques descriptives
Le tableau (1) résume les statistiques descriptives des séries et des données utilisées dans l’étude
telles que la moyenne, l’écart type, le maximum et le minimum. L’analyse globale des
statistiques descriptives révèle que les données varient beaucoup. Concernant les indices de
gouvernance, tout montre à croire que les pays de l’Afrique de l’Ouest ont beaucoup à faire en
matière de gouvernance. Ces pays attestent d’une moyenne négative pour tous les indicateurs
de gouvernance. La moyenne de la variable Stabilité Politique est de (-0,610) ; ce constat est
profondément ancré dans la structure politique de l’État (essentiellement des dictatures
militaires, des monarchies ou des régimes totalitaires).
La moyenne de la corruption (-0,690) montre que celle-ci s’élève surtout que la protection des
intérêts est assurée par des mécanismes de contrôle des services publics qui sont dépendants de
l’intérêt des responsables des gouvernements. Toutes ces moyennes négatives révèlent un
déficit dans les politiques de gouvernance dans les États membres de la sous-région.
Ce niveau très faible de l’indicateur de la gouvernance s’explique par la mauvaise qualité des
institutions dans la région et qui se répercutent sur les flux d’entrée d’IDE et sur la croissance
économique. La moyenne des IDE en pourcentage du PIB est de 3 %. Ceci prouve que la région
attire peu d’investisseurs étrangers.
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effet n'est pas significatif. Nos résultats sont conformes à ceux trouvés par Bayar (2011) ; Fon
et al., (2021). Cet impact non significatif peut s'expliquer par plusieurs raisons. Les firmes
multinationales ont un impact sur les institutions des pays hôtes, mais cet impact dépend en
grande partie de la nature et de la provenance de ces IDE, du faible taux d'IDE dans la région.
En effet, malgré le fait que les IDE destinés à l'Afrique soient en hausse chaque année, on note
que les flux en destinations de l'Afrique du Sud Sahara sont plus pour l'Afrique Australe.
L'Afrique de l'Ouest ne reçoit qu'une petite partie de ces IDE. De plus, on note également que
la dispersion de ces IDE est non proportionnelle. Les pays comme le Nigéria, le Ghana se
partagent la plus grande partie, ensuite viennent le Sénégal et la Côte d'Ivoire (WIR 2022, 2015,
2006). Cette situation peut plus ou moins ralentir les IDE à impacter l'environnement
institutionnel des pays de la sous-région. Aussi, il faut rappeler que la plupart des IDE reçus
sont concentrés soit dans les secteurs dans lesquels la région bénéficie d’un avantage
comparatif, soit les domaines où il existe un besoin d’investissement et où les rendements sont
élevés (industries extractives, énergies renouvelables, construction des centres industriels
notamment pour le Nigéria, le Ghana) (WIR 2022). Certains secteurs sont prioritisés par rapport
à d'autres secteurs (éducation, santé,...) ce qui peut jouer sur le développement
socioéconomique de la région, donc sur la qualité de l'environnement. En outre, on peut
également noter que les sources d'IDE en direction de l'Afrique se diversifient.
À part les donateurs conventionnels (Pays de l’OCDE notamment la France et le Royaume-
Uni), de nouvelles sources d'IDE apparaissent depuis les années 1990 (WIR 2006). Ces IDE
proviennent essentiellement des pays du BRICS, du Mexique, du Japon et de la Corée du Sud.
Les IDE de ces régions proviennent pour la plupart d'entreprises publiques, bénéficiant de
beaucoup d'aide et d'un fort soutien de la part de leur gouvernement tant en termes politiques
que financiers (Duanmu, 2014 ; Luo et al., 2010 ; Okhma-tovskiy, 2010). Ces entreprises
tolèrent plus facilement le risque institutionnel dans les pays d'origine. L’exemple le plus
critiqué est la politique de non-ingérence de la Chine dans les pays avec lesquels elle a conclu
des accords. Par conséquent, ces firmes multinationales pourraient être moins décidées à
prendre en compte les déficiences institutionnelles des pays africains et donc moins intéressées
à encourager les réformes institutionnelles dans ces pays (Fon et al., 2021).
Les résultats du tableau (6) nous montrent que la liberté économique et les importations sont
des déterminants positifs et significatifs de la gouvernance dans les pays de l'Afrique de l'Ouest.
En effet, une augmentation de l'indice de liberté économique affecte positivement les
indicateurs de gouvernance. La liberté économique est l’aptitude qu’ont les agents économiques
de pouvoir commercer, d’échanger entre eux. Une croissance économique plus élevée passe par
une liberté économique, ce qui est important pour un développement économique (Emara &
Reyes, 2020). Dans leurs différentes politiques pour rehausser la croissance économique de
leurs pays, les gouvernements offrent des services de facilitation pour l’investissement local, à
la consommation locale et une ouverture aux marchés internationaux. Les gouvernements
permettent au travail, au capital et aux biens de circuler librement, ce qui entraine une course
dans les normes de gouvernance. Les importations et les exportations sont généralement
considérées comme les principaux déterminants de la production économique et de la
croissance de l’emploi (Nirmala & Vadivel, 2022). Les pays d’Afrique de l’Ouest sont des pays
en développement qui s’efforcent continuellement de reconstruire et d’innover leurs économies.
Les importations ont augmenté en raison de la demande croissante de biens d'équipement,
d'équipements de défense et de produits pétroliers. Les importations en provenance des pays
d’Afrique de l’Ouest continuent d’être principalement des biens manufacturés, des biens de
consommation et des équipements.
L'interaction entre la gouvernance d'un pays et ses pratiques d'importation présente de multiples
facettes. Cependant, La qualité de la gouvernance peut avoir un impact significatif sur la
capacité d'un pays à importer des biens et des services, en plus de la réglementation de ces
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importations. Les importations de biens et de services sont souvent utilisées pour évaluer le
niveau d'ouverture économique d'un pays. Cette ouverture, à son tour, peut favoriser une
meilleure gouvernance grâce à la réduction des rentes monopolistiques et à la dissuasion des
activités corrompues telles que la recherche de pots-de-vin (Cengiz, 2021).
L'abondance des ressources naturelles est un déterminant négatif et significatif de la
gouvernance comme l'ont trouvé Al-Marhubi (2004) et Grabowski & Self (2020). Le secteur
des ressources naturelles est toujours confronté à divers problèmes tels que les fluctuations des
prix, les ressources limitées, l’ambiguïté quant aux développements futurs et les intérêts
concurrents des sources d’énergies renouvelables. Ces défis sont encore aggravés par des
politiques et pratiques économiques inadaptées qui affaiblissent le secteur, conduisant à la
corruption et aux conflits. Le cadre institutionnel responsable de la gestion des ressources
naturelles est intrinsèquement fragile en raison d’un manque de cohérence. Ce manque de
cohérence s’observe dans l’incohérence des politiques, de leur mise en œuvre et de leur
application. Selon Dieme (2021), les pays qui disposent de vastes ressources naturelles
rencontrent souvent des difficultés à les gérer. Le fait de tirer profit de la nature notamment par
le pétrole, les minéraux, le gaz donne aux régimes autoritaires une occasion de s'éterniser un
peu plus au pouvoir, tout en confisquant les services qui gèrent l'exploitation de ces ressources
à leurs propres profits, accentuant la corruption dans le pays. Lorsque les pays dépendent
fortement des ressources naturelles, cela entraîne généralement des problèmes dans le
fonctionnement de leur gouvernement et dans sa manière de prendre des décisions (Ross, 2015).
Gabrowski & Self (2020) par exemple montre que les ressources naturelles peuvent être
néfastes à la fois pour l’économie, mais aussi le fonctionnement institutionnel et politique des
pays de l’Afrique subsaharienne.
Selon la théorie, à mesure que les individus disposent davantage de ressources économiques et
cognitives, ils ont tendance à se concentrer davantage sur les valeurs d’expression de soi. Ce
changement peut conduire à une efficacité accrue dans la lutte pour les institutions
démocratiques (Welzel & Inglehart, 2008 ; Charron & Lapuente, 2009). Contrairement aux
résultats empiriques de La Porta et al., 1999 ; Al-Marhubi, 2004 ; Lee et Whitford, 2009 ; Okara,
2023, nous trouvons dans notre étude une relation négative entre développement économique
mesuré par le PIB par habitant et la qualité de la gouvernance. Cette situation peut s'expliquer
à deux niveaux. Premièrement, à mesure que les revenus des citoyens augmentent, leurs
tendances à remettre en question l'ordre établi peuvent diminuer à mesure qu'ils se sentent à
l'aise avec leur nouvelle sécurité financière, à condition que la stabilité du pays reste intacte.
Ainsi, à mesure que les revenus augmentent, les citoyens peuvent être moins susceptibles de
vouloir des réformes de gouvernance. D'un autre côté, l'économie de la sous-région est plus
dominée par les économies productrices de pétroles. Ainsi, avec l'exploitation des ressources
naturelles (notamment le pétrole), on remarque une hausse du PIB, qui n'est pas pour autant
accompagnée par une amélioration de la qualité de la gouvernance. L'impact du PIB sur la
gouvernance peut être déterminé selon la conjoncture de la zone d'étude.
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plan, les gouvernants doivent diversifier leurs économies pour ne pas dépendre uniquement de
l’abondance des ressources naturelles.
Nos résultats suggèrent enfin qu’il existe un effet d’échelle et un effet d’hétérogénéité liés aux
montants et aux destinations des IDE entrants dans la sous-région ouest-africaine. En effet, les
faibles montants des IDE reçus en moyenne pourraient expliquer la non-significativité de l’effet
des IDE sur la gouvernance. De même, l’analyse individuelle sur certains pays grands receveurs
comme le Nigéria ou le Ghana pourrait donner des résultats significatifs. Il serait ainsi
intéressant d’estimer cet effet d’échelle lié au montant des IDE, à travers d’autres modèles
appropriés. Par ailleurs, dans le contexte actuel du changement climatique, on observe une
mutation propre des IDE, qui s’intéressent de plus en plus aux projets éco-friendly qu’aux
projets traditionnels de développement économique (WIR, 2022). Dans ces circonstances, il
aurait été intéressant d’intégrer dans l’estimation économétrique une variable de contrôle liée à
la protection environnementale.
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