Mesure de la vitesse de sédimentation d’une suspension
par absorption de rayons X
M. Aidi, F. Feuillebois, A. Lasek, R. Anthore, C. Petipas, X. Auvray
To cite this version:
M. Aidi, F. Feuillebois, A. Lasek, R. Anthore, C. Petipas, et al.. Mesure de la vitesse de sédimentation
d’une suspension par absorption de rayons X. Revue de Physique Appliquée, 1989, 24 (12), pp.1077-
1084. �10.1051/rphysap:0198900240120107700�. �jpa-00246145�
HAL Id: jpa-00246145
[Link]
Submitted on 4 Feb 2008
HAL is a multi-disciplinary open access L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est
archive for the deposit and dissemination of sci- destinée au dépôt et à la diffusion de documents
entific research documents, whether they are pub- scientifiques de niveau recherche, publiés ou non,
lished or not. The documents may come from émanant des établissements d’enseignement et de
teaching and research institutions in France or recherche français ou étrangers, des laboratoires
abroad, or from public or private research centers. publics ou privés.
Revue Phys. Appl. 24 (1989) 1077-1084 DÉCEMBRE 1989, 1077
Classification
Physics Abstracts
82.70k -
78.70D -
47.55k
Mesure de la vitesse de sédimentation d’une suspension par absorption de
rayons X
M. Aidi (1), F. Feuillebois (1), A. Lasek (1), R. Anthore (2), C. Petipas (2) et X. Auvray (2)
(1)Laboratoire d’Aérothermique du C.N.R.S., 4ter route des Gardes, 92190 Meudon, France
(2)Laboratoire des Rayons X, Faculté des Sciences et Techniques, B.P. 118, 76134 Mont Saint Aignan,
France
(Reçu le 12 mai 1989, révisé le 4 septembre 1989, accepté le 5 septembre 1989)
Résumé. La mesure de l’absorption de rayons X monochromatiques permet de déterminer à chaque instant
2014
la valeur locale de la concentration d’une suspension polydispersée de particules sphériques. A partir de ces
données physiques, on peut obtenir la vitesse moyenne de sédimentation dans la partie homogène de la
suspension en suivant la variation au cours du temps du volume total de particules situées au-dessus d’un plan
donné. Il est alors possible de comparer ce résultat expérimental à la vitesse moyenne de sédimentation
théorique valable pour des suspensions homogènes polydispersées (Batchelor et Wen, 1982). Pour des
concentrations volumiques entre 5 % et 15 %, la vitesse de sédimentation expérimentale est plus grande que la
vitesse théorique calculée pour une faible concentration. Il est alors probable que les interactions
hydrodynamiques entre trois sphères ou plus puissent être importantes.
Abstract. The local concentration in a polydisperse suspension of spherical particles is obtained as a function
2014
of vertical position and time by measuring the absorption of monochromatic X-rays. From these data, the
average velocity of sedimentation in the homogeneous part of the suspension is derived by considering the
variation with time of total volume of particles located above a given plane. A comparison with the theoretical
average velocity of sedimentation valid for homogeneous polydisperse suspensions (Batchelor and Wen, 1982)
is then possible. For volume concentrations between 5 % and 15 %, the experimental velocity of sedimentation
is larger than the theoretical one, valid for a low concentration. The hydrodynamic interactions between three
spheres or more might then be important.
1. Introduction. tion ont été publiés. Dans la plupart des cas, la
suspension était monodispersée. Une revue de ces
1.1 CONDITIONS EXPÉRIMENTALES. La sédimen-
-
résultats est donnée par exemple dans la référence
tation de particules solides dans un fluide visqueux
[9]. Lorsque les particules sont suffisamment grandes
se retrouve dans différents phénomènes naturels et
pour que le mouvement brownien soit négligeable,
processus industriels : par exemple, en génie civil, le le sommet du nuage de particules qui sédimentent
dépôt des sédiments des rivières, la décantation des apparaît très nettement. La méthode la plus naturelle
eaux usées ; en génie chimique, la sédimentation de
pour obtenir la vitesse de sédimentation consiste
précipités formés par floculation. Nous nous limitons alors à suivre ce front haut. Par exemple Richardson
ici au cas de particules sphériques et solides de et Zaki [10] ont utilisé cette méthode pour mesurer
diamètre compris entre 10 ~m et 500 >m. L’effet du la vitesse de sédimentation de particules de rayon
mouvement brownien est en général négligeable
compris entre 100 >m et 200 ~m dans un mélange
pour des particules de cette taille. Nous nous limitons d’huile de silicone et de white spirit dont la viscosité
aussi au cas de suspensions peu concentrées, c’est-à- était 0,162 Poiseuille. Ils ont obtenu la corrélation
dire au cas où la concentration volumique en particù- suivante :
les (volume de particules par unité de volume du
mélange) est inférieure à 15 %.
1.2 EXPÉRIENCES ANTÉRIEURES. -
Un certain
nombre de résultats expérimentaux sur la sédimenta- où v~ est la vitesse de sédimentation d’une particule
Article published online by EDP Sciences and available at [Link]
1078
tombant seule et c est la concentration volumique en et de masse volumique p = 970 kg/m 3.
Les sphères
particules. sont en verre de volumique pp
masse 2 700 kg/m 3.=
On utilise des échantillons dans les gammes de
1.3 DIFFÉRENCES PAR RAPPORT AUX EXPÉRIENCES
diamètres suivants :
ANTÉRIEURES. Dans les expériences présentées
-
ici, les suspensions sont polydispersées. Dans ce cas, ( 1 ) d =130 à 240 ~m ;
la différence de vitesse de sédimentation entre les (2) d = 120 à 180 ~m ;
différentes particules provoque un étalement du (3) un mélange des deux échantillons précédents.
front haut et la vitesse de sédimentation ne peut Les histogrammes des échantillons (1) et (2)
donc plus être déterminée de façon suffisamment représentés sur la figure 2 ont été déterminés par
précise par la vitesse du front. Il est nécessaire analyse de micrographies optiques projetées sur une
d’observer l’intérieur même de la suspension. Ceci table à digitaliser, chaque particule étant analysée
est réalisé au moyen de l’absorption des rayons X. individuellement.
2.3 CONCENTRATION VOLUMIQUE LOCALE EN PAR-
2. Technique expérimentale utilisant l’absorption TICULES. -
L’atténuation d’un faisceau de rayons X
des rayons X.
monochromatique permet de calculer la concentra-
tion volumique d’une suspension de particules sphé-
2.1 MONTAGE EXPÉRIMENTAL. - Le montage riques homogènes de même nature chimique.
expérimental est décrit sur la figure 1. Le faisceau de L’intensité Il transmise par la cellule d’épaisseur
rayons X issu de la source S est diffracté par une f pleine de liquide pur de coefficient d’atténuation
lame de quartz de façon à obtenir un rayonnement ap est :
monochromatique. Des fentes Fl, F2, F3, des filtres
Fi et un passage sous vide P situés sur le trajet du
faisceau permettent d’éliminer le rayonnement para-
Io étant l’intensité du faisceau incident.
site, de régler l’intensité incidente, de diminuer L’intensité 12 transmise par une suspension de
l’atténuation par l’air et d’obtenir un faisceau géomé-
particules sphériques de diamètre d et de coefficient
triquement parfait. La cellule C de mesure est placée d’atténuation «~ est :
le plus près possible du détecteur D à localisation
linéaire de façon à minimiser les erreurs de paral-
laxes dues à la divergence du faisceau. La cellule C
est haute de 80 mm, large de 8 mm et épaisse (dans
le sens du faisceau) de 6 mm. L’analyse porte sur la
fp étant l’épaisseur du solide traversé.
Le coefficient de transmission T est égal à:
partie haute de la cellule dont les 5 premiers
millimètres ne peuvent être observés. On prend
200 points de mesure sur la verticale avec une
résolution spatiale de 0,2 mm. L’adresse liée à la
localisation du photon X fournie par l’électronique L’épaisseur fp de particules sphériques traversées est
E du détecteur est stockée dans un analyseur multi- liée à leur diamètre d et à leur nombre Ne par unité
canaux A. Compte tenu du temps nécessaire pour de longueur :
transférer un spectre dans le microordinateur Mi,
une mesure sur 200 points est enregistrée en 60 s.
où Ny et c sont respectivement le nombre de
particules par unité de volume et la concentration
volumique (volume de particules par unité de volume
du mélange). Alors (4) peut s’écrire :
Fig. 1. -
Montage expérimental. la suspension sédimente, l’atténuation est
Lorsque
[Experimental setup.] une fonction de la cote z au sein de la cellule et du
temps t : T T (z, t ). Alors, c (z, t ) peut être calcu-
=
lée à partir de T (z, t ) avec (6).
2.2 VALEURS PHYSIQUES. Le fluide est de l’huile
-
Si les particules sphériques présentent une distri-
de silicone de viscosité dynamique 1] 1 Poiseuille
= bution en tailles, la mesure de l’atténuation donne
1079
Fig. 2. -
Histogrammes des échantillons (1) et (2) de sphères en verre. La deuxième colonne donne les diamètres en
~tm, la première et la troisième le nombre de particules ayant un diamètre donné.
[Histograms for the samples (1) and (2) of glass spheres. The second column shows the diameters in ~m, the first and
third ones show the number of particles with a given diameter.]]
toujours la concentration volumique totale :
ci (z, t )
étant la concentration volumique de particu-
les de diamètre di.
La figure 3 montre la variation du profil de
concentration au cours du temps d’une suspension
de particules de l’échantillon (1) et de concentration
initiale c~=oB==Co=5%. La concentration c est
tracée en fonction de la hauteur z pour différents
temps t. A l’instant t 0, la suspension est homo-
=
gène. Il faut noter que le haut de la cellule corres-
pond au côté droit de chaque graphe. On voit que le
front s’étale et se déforme au cours du temps.
L’utilisation d’un faisceau de rayons X haut (c’est-à-
dire d’un faisceau irradiant toute la hauteur de la
fenêtre d’observation) et d’un détecteur à localisa-
tion linéaire permet d’obtenir à chaque instant la
concentration volumique dans différents plans hori-
zontaux sans avoir à déplacer compteur ou cellule de
mesure.
tenu du Fig. 3. -
Variation du profil de concentration en particules
Compte montage expérimental, à l’incerti-
tude liée à l’échantillonnage suivant la direction c((a, t).
verticale (0,02 cm avec 200 points de mesure sur [Local volume concentration in particles c (z, t ).]
1080
4 cm dehaut), s’ajoute l’incertitude liée à l’échantil- 3. Partie homogène de la suspension.
lonnage temps (60 s sont nécessaires pour stocker
en
les valeurs aux 200 points de mesure). Ces deux 3.1 THÉORIE DES SUSPENSIONS HOMOGÈNES POLY-
incertitudes sont comparables si la distance parcou- DISPERSÉES. Considérons deux types de particules
-
rue par une particule pendant le temps d’échantillon- sphériques notées i, j, respectivement, de diamètres
nage est égale à la distance entre deux points de dl , dj, et de masses volumiques p ~ , p p~ . La vitesse
mesure. Ceci serait vérifié pour des particules de moyenne de sédimentation d’une particule test de
l’ordre de 30 ~m de rayon qui ont une vitesse de type i est définie comme une moyenne d’ensemble
sédimentation de 0,3 x 10-3 cm/s. Les particules sur la vitesse de la particule test qui interagit avec
utilisées ici sont plus grosses, de rayons moyens 70 à une autre particule, de type i ou j, dont la position
100 ~,m, et tombent plus rapidement, et c’est l’incer- dans l’espace est une variable aléatoire. On définit le
titude liée à l’échantillonnage en temps qui nombre de Péclet :
l’emporte. Il est alors inutile d’avoir 200 points de
mesure et l’on est amené à utiliser une discrétisation
moins fine : en réunissant des voies de mesure, on
utilise 51 points de mesure suivant la verticale.
où ai (a¡ respectivement) est le rayon de la particule i
2.4 COMMENTAIRES SUR LE COMPORTEMENT DU
(j respectivement), v pis (vpj, respectivement) est la
vitesse de la particule de type i ( j respectivement)
FRONT HAUT. Une suspension polydispersée
-
contient des particules plus grosses qui tombent plus
lorsqu’elle tombe seule dans le fluide,
vite. D’où un étalement du front. Cependant ceci
n’est pas la seule raison possible. La première étape
dans la modélisation du comportement du front haut
est la théorie de la sédimentation dans une suspen- est un coefficient de l’ordre de grandeur du coeffi-
sion non homogène [8]. Cette théorie s’applique à cient de diffusion d’Einstein ( ~ est la viscosité
une suspension monodispersée. On utilise dans cette
dynamique du fluide, k la constante de Boltzman et
théorie la probabilité conditionnelle P (xi Xo) définie T la température absolue). Lorsque le nombre de
comme la probabilité qu’une sphère soit centrée en Péclet est grand devant l’unité, c’est-à-dire lorsque
un point x, lorsqu’une autre sphère est déjà centrée le mouvement brownien est négligeable, le résultat
en un point xo. Pour obtenir cette probabilité pour la vitesse moyenne, dirigée suivant la verticale,
conditionnelle on fait l’hypothèse d’un modèle de s’écrit sous la forme suivante [3] :
sphères dures :
où
ci,cj sont les concentrations volumiques des deux
types de sphères ;
Les résultats du calcul montrent Su =
6,55 est le coefficient de sédimentation pour
-
où r = ~
xl - xo 1 .
une suspension monodispersée ;
qu’un front haut qui est au départ une discontinuité
de concentration va ensuite s’étaler et se déformer 5~ est une fonction du rapport des masses volumi-
au cours du temps. Dans un modèle plus complet, le
ques relatives
modèle de sphères dures devrait être remplacé par
une étude de la variation temporelle et spatiale de la
probabilité conditionnelle. Par exemple, les doublets et du
de sphères étant plus rapides que les sphères isolées, rapport des diamètres
le sommet de la suspension sera plus pauvre en
doublets après un certain temps. En fait, on ne
connaît pas à l’heure actuelle, même pour une
suspension monodispersée, le comportement exact Dans (12), pp~, ppj sont les masses volumiques des
du front haut. deux types de particules et p est la masse volumique
Pour ces raisons, nous avons préféré exploiter la du fluide.
partie homogène de la suspension, région pour La formule (11) peut s’étendre à N types de
laquelle une théorie de la sédimentation des suspen- sphères en sommant le terme en j sur tous les types
sions polydispersées est disponible [3, 5, 6]. Comme de sphères différents de i :
nous le verrons, les résultats de l’expérience d’absor-
ption des rayons X peuvent être exploités de façon à
calculer la vitesse de sédimentation dans la partie
homogène de la suspension.
1081
Les résultats ci-dessus s’appliquent à des types i, j où co est la concentration initiale. z (t ) peut aussi
de sphères tels que les diamètres et les masses s’interpréter comme étant la hauteur au-dessus de
volumiques soient bien di f férents. Pour des sphères zp qu’aurait la suspension si elle était homogène et
presqu’identiques, c’est-à-dire lorsque à 1 et de concentration co, c’est-à-dire si le front haut avait
y -~ 1, il existe une singularité de Sij qui n’a pas été une largeur nulle.
étudiée dans tous les cas possibles. En effet, pour A titre d’exemple on a représenté figure 4 le
1 y-II ~ 1 À-II ~ 1, le résultat est Sij =
5,6,
-
graphe de z (t ) pour l’échantillon (1) décrit dans le
qui est différent de la valeur Sii =
6,55 obtenue
-
paragraphe 2.2, avec une concentration initiale
pour les suspensions monodispersées ; pour co = 10 %. Le plan de contrôle choisi est situé en
~Y2013l~~À2013l)~l,le coefficient de sédimenta- zp = 1,346 cm et l’on voit qu’une grande partie de la
tion n’a pas été calculé. Cette singularité peut courbe est alors quasiment linéaire. Cette partie
s’expliquer de la façon suivante. Le déplacement correspond au passage de la partie homogène de la
relatif de deux sphères presqu’identiques est très suspension au travers du plan de contrôle ; la partie
petit car deux sphères identiques qui interagissent homogène est la région où les concentrations
tombent à la même vitesse. On voit alors que dans ci en particules de types i = 1 ...N restent égales
l’expression (9) du nombre de Péclet le dénomina- aux concentrations initiales cio, et donc où la concen-
teur peut devenir du même ordre de grandeur que le tration totale c reste égale à la concentration totale
numérateur. Le mouvement brownien, quoique fai- initiale co. La partie non linéaire de la courbe, pour
ble, devient important dans le mouvement relatif des les temps les plus grands, correspond au passage du
sphères et donc dans la détermination de la probabi- front haut dans lequel toutes les concentrations
lité conditionnelle de présence d’une sphère par varient. La non-linéarité de la partie haute de la
rapport à une autre. Les résultats calculés pour un courbe correspond au passage du front de sédimenta-
grand nombre de Péclet (9) ne sont alors plus tion dans la zone supérieure de la cellule qui ne peut
valables. être observée avec les rayons X.
3.2 DISCUSSION. Expérimentalement, il est plus
-
facile d’obtenir des sphères de masses volumiques
presqu’égales que de diamètres presqu’égaux. Le
rapport des masses volumiques relatives, y, et le
rapport des diamètres, À, satisfont généralement à
jy20131)~À20131)~1. Le .nombre de particules
dont les rayons sont suffisamment proches pour que
1 y - 11 - 1 k - 11 « 1 est alors petit devant le nom-
bre total de particules de la suspension ; ces particu-
les ont donc une contribution négligeable à la vitesse
moyenne de sédimentation [1].
3.3 MÉTHODE EXPÉRIMENTALE. - L’absorption
des rayons X donne la concentration locale en
particules, en fonction de la position verticale et du
temps. Le volume de particules V p (t ) situé entre un
plan de contrôle donné à la cote zp et le sommet de la Volume réduit de particules situées au-dessus du
partie irradiée de la cellule à la cote Hv peut se Fig. 4. -
déduire des résultats expérimentaux par la formule plan de contrôle zp = 1,346 cm en fonction du temps.
suivante :
H =
4,5 cm est le sommet de la suspension homogène au
temps zéro.
[Reduced volume of particles above a given control plane
zp = cm as a function of time. H
1.346 4.5 cm is the top
=
of the homogeneous suspension at time zero.]
La quantité obtenue estfonction du temps te
une
est l’aire d’une sectionhorizontale de la cellule.
Lorsque le sommet du nuage de particules a traversé Par définition, la vitesse moyenne de sédimenta-
le plan situé en Hv, l’équation (15) représente tion dans la partie homogène de la suspension est la
également le volume total de particules qui se dérivée par rapport au temps du volume réduit de
trouvent au-dessus du plan de contrôle situé en particules situées au-dessus du plan de contrôle,
ZP* dans la région où ce volume réduit varie linéairement
Il est utile pour la suite de représenter en fonction en fonction du temps. Cette quantité est obtenue
du temps une quantité qui a la dimension d’une pratiquement en mesurant la pente de la partie
longueur : c’est le volume réduit z {t ) V p(t)/ Aco,
= linéaire de la courbe tracée figure 4. La vitesse
1082
moyenne ainsi définie est le flux total de particules à 3.4 VALEURS EXPÉRIMENTALES DU COEFFICIENT
travers leplan de contrôle. On peut écrire aussi que DE SÉDIMENTATION. - Nous avons déterminé la
c’est la somme des flux des différents types de vitesse moyenne de sédimentation v p à partir de la
particules : pente de la courbe représentant z (t ) (voir par
exemple lafigure 4) pour la gamme de concentra-
tion : 5 % ~ co -- 15 %. Les suspensions utilisées
étaient des échantillons de types (1), (2) et (3)
décrits au paragraphe 2.2. Dans le cas de l’échan-
Si l’on introduit l’expression théorique (14) de la tillon (3), mélange des échantillons (1) et (2), nous
vitesse moyenne de chaque type de particules, la avons utilisé différentes valeurs du rapport
vitesse moyenne de sédimentation (16) peut s’écrire
sous la forme suivante [1] :
où c(l) est la concentration en particules ayant
où : l’histogramme (1) dans le mélange et co est la
concentration totale du mélange.
La valeur expérimentale de v~, que nous notons
(vps)~, est obtenue en extrapolant la courbe vp
et fonction de c jusqu’à c 0. Cette valeur est compa-
=
rée au résultat théorique, que nous notons (vps)t,
calculé avec les équations (17)-(21). Les résultats
sont présentés dans le tableau I.
Tableau I. Valeurs expérimentales et théoriques de
-
v~s et valeurs expérimentales de S en fonction de a
sont des fonctions des taux de concentration en
[Experimental and theoretical values of vps and
particules de type i dans le mélange : of S versus a.]
experimental values
La constante suivante apparait aussi dans l’équation
(18) :
Le coefficient de sédimentation S est une moyenne
pondérée des coefficients de sédimentation théori- Les variations de S indiquées dans le tableau 1
ques Si~. Dans nos expériences, les masses volumi- sont peuimportantes, de sorte qu’il est possible de
ques des particules sont pratiquement identiques. tracer une seule ligne droite à travers tous les points
Nous utilisons alors les valeurs théoriques [5, 6] de
expérimentaux représentés dans un graphe de
Sij données dans le cas Pe > 1, y = 1 et pour vp/vps en fonction de c, figure 5. La pente de la
différentes valeurs de ~ . Il est intéressant de noter
droite, représentée en trait continu, est S =
3,55.
-
que, bien que la gamme de variation de Sij soit assez La droite de pente S =
5,6, valeur théorique
-
grande, S varie peu avec A : correspondant au cas limite de sphères presqu’identi-
ques, est représentée en pointillé.
3.5 DISCUSSION DES RÉSULTATS. -
On observe sur
Nous avons choisi À = 1/8 car, parmi les valeurs la figure 5 que les points expérimentaux obtenus
utilisées dans [5], c’est la plus proche des bornes de pour Co =5 % sont plus dispersés qu’aux concentra-
nos histogrammes. tions supérieures. En effet, le contraste est faible
En conclusion, la vitesse moyenne de sédimenta- entre les particules en verre et l’huile de silicone
tion définie en (16) et mesurée par la méthode contenant de la silice ; lorsque les particules sont
expérimentale présentée peut être comparée à une moins nombreuses, les différences d’intensité des
vitesse moyenne obtenue à partir des résultats rayons X en fonction de c sont faibles.
théoriques. On observe aussi qu’aux concentrations intermé-
1083
entraîner de fortes dispersions dans les résultats
expérimentaux, ce qui n’a pas été observé.
4. Conclusion.
Nous avons utilisé la technique d’absorption de
rayons X pour observer une suspension polydisper-
sée de sphères en sédimentation. La vitesse moyenne
de sédimentation, définie comme étant le flux de
particules à travers un plan de référence, est calculée
à partir de la variation au cours du temps du volume
de particules situées au-dessus de ce plan. La vitesse
moyenne ainsi définie s’exprime en fonction des
vitesses moyennes de sédimentation de chaque
espèce définies et calculées théoriquement par Bat-
chelor et Wen [5, 6]. En outre, la contribution des
particules presqu’identiques, pour laquelle des pro-
blèmes théoriques subsistent, se trouve être négligea-
ble. Grâce à cette cohérence entre les différentes
vitesses moyennes de sédimentation, une comparai-
son théorie-expérience est possible.
Avec les particules et le fluide utilisés jusqu’à
Fig. 5. Vitesse moyenne de sédimentation réduite en
présent, le contraste aux faibles concentrations
-
fonction de la concentration volumique totale, pour diffé-
rentes valeurs du taux a en particules ayant l’histogramme
(c 5 %) est insuffisant. Aux concentrations inter-
médiaires (5 9£ = c ~ 15 %), la valeur du coefficient
(1). de sédimentation S trouvé expérimentalement est
[Reduced average velocity of sedimentation as a function généralement plus grande que la valeur théorique
of the total volume concentration, for various values of the (qui est valable toutefois pour de faibles concentra-
fraction a in particles with histogram (1).] tions), la valeur moyenne étant S =
3,5. Il est
-
alors probable que les interactions
hydrodynamiques
diaires (5 % ~ c ~ 15 %) la valeur expérimentale du entre trois sphères, ou plus, puissent devenir impor-
coefficient de sédimentation est supérieure aux bor- tantes. Or, le problème théorique du calcul des
nes théoriques - 5,6 =~ ~ ~ 2013 4,83. Ces bornes ont interactions hydrodynamiques dans une suspension
été obtenues dans le cadre de l’hypothèse de faible concentrée polydispersée n’a pas été traité. Il fau-
concentration volumique et sont basées sur l’étude drait en particulier déterminer la probabilité d’exis-
des interactions hydrodynamiques entre paires de tence des configurations de triplets (quadruplets, ...)
sphères. Le fait que le coefficient expérimental ne se de sphères en fonction des interactions hydrodynami-
situe pas entre ces bornes théoriques indique donc ques.
que les interactions entre trois sphères, ou plus, La méthode expérimentale que nous avons présen-
peuvent devenir importantes. tée ici pourrait s’appliquer à d’autres expériences
Des expériences en cours, utilisant un liquide utilisant par exemple l’absorption des rayons y [7] ou
présentant un meilleur contraste avec les particules, le temps de parcours des ondes ultrasonores [2].
permettront d’explorer le domaine des concentra-
tions inférieures à 5 %.
Remerciements.
D’autres effets physiques pourraient apparaître
aux concentrations intermédiaires : en particulier Les auteurs remercient le Professeur P. Haymann
des instabilités ont été observées dans des suspen- pour la détermination des histogrammes et Monsieur
sions bidispersées [4]. Ce ne semble toutefois pas Bostel (URA 808, Rouen) pour la réalisation du
être le cas ici, car de telles instabilités devraient montage expérimental.
1084
Bibliographie
[1] AIDI M., Sur la sédimentation d’une suspension res, part 2 : numerical results, corrigendum, J.
polydispersée homogène ou non, PhD thesis, Fluid Mech. 137 (1983) 467.
Université de Rouen, 1986. [7] DUNAND A. and SOUCEMARIANADIN A., Concentra-
[2] BACRI J. C., FRENOIS C., HOYOS M., PERZYNSKI R., tion effects on the settling velocities of proppant
RAKOTOMALALA N. and SALIN D., Acoustic slurries, Technical Report 14259, Society of
study of suspension sedimentation, Europhys. Petroleum Engineers, 1985.
Lett. 2 (2) 1986, 123. [8] FEUILLEBOIS F., Sedimentation in a dispersion with
[3] BATCHELOR G. K., Sedimentation in a dilute polydis- vertical inhomogeneities. J. Fluid Mech. 139
perse system of interacting spheres, part. 1 : (1984) 145.
general theory, J. Fluid Mech. 119 (1982) 379. [9] FEUILLEBOIS F., Some theoretical results for the
[4] BATCHELOR G. K. and JANSE VAN RENSBURG R. motion of solid spherical particles in a viscous
W., Structure formation in bidisperse sedimenta- fluid, Multiphase Science and Technology,
tion, J. of Fluid Mech. 166 (1986) 379. volume 4, G. F. Hewitt, J. M. Delhaye and N.
[5] BATCHELOR G. K. and WEN C. S., Sedimentation in Zuber Eds (Hemisphere Publishing Co, New
a dilute polydisperse system of interacting sphe- York) 1989, pp. 583-798.
res, part 2 : numerical results, J. Fluid Mech. 124 [10] RICHARDSON J. F. and ZAKI W. N., Sedimentation
(1982) 495. and fluidization, part 1, Trans. Instn. Chem.
[6] BATCHELOR G. K. and WEN C. S., Sedimentation in Eng. 32 (1954) 35.
a dilute polydisperse system of interacting sphe-