2.
La territorialité de l IS
L article 209-I du CGI présente le principe de territorialité de l impôt sur les sociétés : « les
bénéfices passibles de l
uniquement des bénéfices réalisés dans les entreprises exploitées en France ainsi que de ceux
dont l imposition est attribuée à la France par une convention internationale relative aux
doubles impositions ».
Seuls les résultats des entreprises exploitées en France sont soumis à l IS français. À l inverse,
si une entreprise exerce son activité hors de France, elle échappe à l IS français. Par conséquent,
le principe à retenir est le suivant : Les résultats des entreprises soumises à l’IS sont imposés au
lieu de leur réalisation
C est pourquoi il est nécessaire de préciser les critères utilisés pour définir l entreprise exploitée
hors de France qui échappe à l IS français. À partir de la jurisprudence du Conseil d État, il est
possible d affirmer qu une activité est exercée hors de France dans trois cas.
Il existe à l étranger un établissement stable, c est-à-dire une installation qui dispose d’un
caractère de permanence et d’une autonomie propre. Par exemple, une usine, un point de
vente, une succursale
À défaut d établissement, un représentant dépendant exerce une activité à l étranger pour
le compte de l entreprise française. Plus précisément, on parle de représentant lorsque
l entreprise ne possède pas sur un territoire étranger d installations permanentes, mais qu elle
y a installé l un de ses salariés chargé d accomplir au nom de la société des actes commerciaux.
Le représentant est subordonné à la société même s il peut conclure des actes en son nom. En
revanche, si le représentant agit en son nom propre (par exemple, un courtier), l activité
commerciale n est pas réalisée par l entreprise grâce au représentant, mais avec le représentant.
Dès lors, l’entreprise n’est pas considérée comme exerçant une activité à l’étranger, mais
comme réalisant du commerce avec l’étranger. Dans ce cas-là, les bénéfices sont taxés en
France.
À défaut d établissement et de représentants, des opérations formant un cycle commercial
complet qui se détache des autres opérations effectuées en France sont réalisées à
l étranger. Il doit ainsi y avoir une série d opérations commerciales, industrielles ou artisanales
dirigées dans un but déterminé et dont l ensemble forme un tout cohérent (par exemple, la
livraison d une usine clé en mains à l étranger). Le cycle commercial complet ne doit pas
apparaître comme le simple prolongement d’activité exercé par la société en France
1
Par ailleurs, étant donné que les bénéfices provenant d opérations effectuées à l étranger ne
sont pas imposables à l IS français, les pertes réalisées à l étranger ne peuvent pas être déduites des
bénéfices effectués en France
Enfin, si un établissement à l étranger ne possède pas de comptabilité autonome (par exemple,
une succursale), ses bénéfices sont enregistrés dans les comptes de la société mère en France.
Par le biais d une comptabilité analytique, cette dernière doit alors distinguer les bénéfices réalisés
en France, des bénéfices réalisés à l’étranger, qui ne sont pas soumis à l’IS français. Ces
bénéfices réalisés à l’étranger non imposables en France sont alors déduis extracomptablement
du total des bénéfices enregistrés par la société mère française
la succursale n' a
pas
de comptabilité indépendante
EXERCICE D APPLICATION
Une SA vend, installe et entretient des machines industrielles. Son siège social est situé en
France. Elle a effectué les opérations suivantes au cours de son exercice :
1. Ventes de matériels :
en France : 4 000 000 ;
en Irlande : 300 00 ;
en Chine : 200 00
2. Installations et réparations effectuées en Italie par une équipe de spécialistes envoyée en
mission de courte durée depuis le siège social pour un montant de 100
3. Livraison de matériel à une filiale en Suède pour 30
exercice.
4. Une succursale danoise a réalisé 20 exercice. Cette succursale
dispose d un magasin et gère elle-même son portefeuille de clients.
5. L entreprise dispose d un atelier de réparation en Hongrie. Cet atelier intervient à la
demande de clients hongrois. Les charges de fonctionnement de l atelier s élèvent à 400 000
exercice.
6. L entreprise a signé avec la Bolivie un important contrat portant sur la livraison de plusieurs
usines entièrement équipés en machines industrielles. Étant donné l ampleur et la spécificité
des travaux réalisés sur place, l entreprise a envoyé en Bolivie des salariés spécialisés qui
2
ont été aidés Des ingénieurs spécialisés
ont également été envoyés sur place pour prendre les décisions techniques pendant les
travaux qui ont duré deux ans. Pour la bonne réalisation des travaux, la société a monté sur
place des constructions légères (et temporaires) pour stocker les matériaux et servir de
bureaux aux conducteurs de travaux responsables des chantiers.
Indiquer le traitement fiscal au regard de l IS pour chacune de ces opérations.
1) On ne nous
indique aucun des critères → IS français
2) Aucun critère Rempli → Is français
établissement stable installation permanente
3) filiale =
=
/ Livraison
→ IS français
→ Is français
établissement stable installation permanente
4) succursale =
=
→ IS français
5) Atelier : établissement stable
→ OIS français
6) opérations formant un cycle commercial -
→
Is français
3
3. La période d imposition
Il est possible de distinguer trois situations principales qui ont des conséquences sur la période
d imposition.
L exercice comptable coïncide avec l année civile. Dans ce cas, la déclaration d impôt doit
être souscrite au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le premier mai n+1
L exercice comptable ne coïncide pas avec l année civile. Dans ce cas, la déclaration doit
être souscrite dans les 3 mois suivant la clôture de l’exercice
L entreprise est cédée ou cesse son activité. Dans ce cas, la déclaration doit être souscrite
dans les 60 jours suivant la cession ou la cessation d’activité
4
Chapitre 3 : Les règles fiscales relatives à l impôt sur les sociétés
Dans le régime de l impôt sur les sociétés, le résultat fiscal est déterminé selon des règles qui
sont en grande partie identiques à celles applicables au régime des bénéfices industriels et
commerciaux soumis à l impôt sur le revenu. Malgré tout, il existe certaines règles d imposition
qui sont spécifiques aux entreprises soumises à l IS.
Ainsi, nous allons commencer par étudier les règles fiscales relatives aux produits imposables
et aux charges déductibles qui sont communes aux régimes de l IS et de l IR. Ensuite, nous
analyserons les règles spécifiques au régime de l IS.
1. Les produits imposables : règles communes aux régimes de l IS et de l IR
Les règles comptables diffèrent parfois des règles qui sont appliquées en fiscalité. Dans ce cas,
il est nécessaire de procéder à des corrections extra-comptables du bénéfice imposable. Si un
produit comptabilisé n est pas imposable fiscalement, il doit faire l’objet d’une déduction extra
comptable. À l’inverse, si un produit n’est pas comptabilisé mais qu’il est imposable, il doit faire
l’objet d’une réintégration extra comptable.
1.1. Les produits d exploitation
1.1.1. Les redevances pour concessions, brevets, licences
Comptablement, ces produits sont enregistrés dans les comptes 75. Toutefois, d un point de vue
fiscal, ils relèvent du régime des plus-values à long terme, ce qui implique qu ils imposés
différemment du résultat de l exercice. Il faut donc procéder à une déduction extra comptable
de ces produits (pour les retirer du résultat).
1.1.2. Les subventions de fonctionnement
Ces subventions ne doivent pas être confondues avec les subventions d équilibre ou
d équipement (voir les produits exceptionnels). Les subventions de fonctionnement sont
versées par les pouvoirs publics pour compenser une baisse du chiffre d affaires de l entreprise.
Comme elles augmentent les produits au titre d une année donnée, ces subventions sont
imposées l année où elles sont acquises. Par conséquent, il n’y a aucun retraitement à effectuer
dans la mesure où ces subventions ont bien été comptabilisées.
5
fluctuation
opéra
" avec monnaie
)
) différente monnaie
l' étranger
1.2. Les produits financiers : les gains de change →
Les gains de change proviennent d opérations libellées en devise. Ils correspondent à un gain du
à la variation de la devise entre la date de la réalisation de l’opération et celle de son règlement.
Les gains de change définitifs sont comptabilisés en tant que produits dans un compte 766.
Fiscalement, ils constituent des produits normalement imposables. Toutefois, il faut distinguer
les gains de change définitifs et les gains de change latents enregistrés au bilan dans un compte
477. Les gains latents apparaissent à la clôture de l’exercice sur des opérations non réglés.
Sur le plan fiscal, les gains de change latents constituent des produits imposables. Pourtant,
comptablement, ces gains latents ne sont pas enregistrés dans un compte de produits et ne
figurent ainsi pas dans le résultat de l exercice1. Par conséquent, au 31/12/N, il faudra procéder
à une réintégration extra-comptable pour le montant figurant dans le compte 477 qui constitue
un produit imposable non comptabilisé.
Au 01/01/N+1, il ne faudra pas oublier d annuler l imposition de ce gain de change latent en
procédant à une déduction extra-comptable du même montant. Ainsi, le gain ou la perte de
change réalisé définitivement en N+1 sera imposé normalement en tant que produit.
EXERCICE D APPLICATION
Une SA a vendu des marchandises à son client américain le 07/12/N pour 69 000 $. Le
règlement a lieu le 18/01/N+1. Le cours du dollar a évolué de la façon suivante :
Cours Au 07/12/N Au 31/12/N Au 18/01/N+1
1,20 $ 1,15 $ 1,12 $
Déterminer le traitement fiscal de ces opérations.
En N :
(1/1,15)×69 ooo
= 60 Ooo et 69000 ÷ 1,2 = 57500
les gains latents sont imposés à la cloture
= 2500€
→ En N
,
311121N → Réintégration de 2500€ du Règlement
car
du
c'est un
produit imposable qui n' a
pas
été enregistré comptablement
1
Ils sont enregistrés dans un compte de classe 4 et figurent donc au bilan.
6
Gains latents
311121N
comptable aient <
>
fiscalement
non enregistré
imposables à
la cloture de
dans les de
pots
=\ l' exercice
l' exercice
de l' exercice
règlement
Réintégration
latents
des gains
Gains définitifs nu
comptablement < >
fiscalement
enregistrés en
imposable
produits
Au 1101 / Ntd
réaliser une déduction extra comptable
du même montant
que
le
gain latent
En Nti : les gains définitifs au
l' 8101/ Ntl sont imposables
directement → 69000 : 1,12 = 61 607€
→ 61607 -
57500 = 4 107€
→ définitif
Gain 18101 / Nte :
imposition
au de
4107€ pdt comptabilisé normalement imposable
:
→ Au 011011N-11 : déduction de 2500
€ .
1.3. Les produits exceptionnels
1.3.1. Les dégrèvements d impôt
Un dégrèvement désigne un remboursement d impôt accordé à un contribuable par
l Administration fiscale. Un dégrèvement peut par exemple être accordé lorsqu une erreur a été
commise dans le calcul de l impôt et qu il y a eu un trop versé.
Un dégrèvement d impôt est imposable uniquement si à l’origine, la charte d’impôt est déductible
(et vis versa).
Par exemple, les amendes et pénalités constituent des charges non déductibles. Par conséquent,
les dégrèvements d impôt qui leur sont liés sont non imposables et doivent faire l’objet d’une
déduction extra comptable.
1.3.2. Les subventions d équilibre et d équipement
Les subventions d équilibre sont versées aux entreprises qui dégagent des résultats négatifs.
Elles permettent de ramener le résultat comptable à un niveau proche de zéro. Fiscalement,
les subventions sont imposables dès l’exerce d’acquisition.
Les subventions d équipement sont versées lors de l acquisition d immobilisations qui
présentent généralement certaines caractéristiques (par exemple, biens non polluants à
économie d énergie). Ces subventions bénéficient d un régime fiscal particulier dans la mesure
où leur imposition peut être étalée sur option2.
a été attribuée.
7
En N :
/
charge d'
impôt charge d'
impôt
déductible du non déductible
bénéfice imposable du bénéfice imposable
a-
> TVA a-
SIS
En Ntt .
Dégrèvement Dégrèvement
↳
produit exceptionnel
↳
produit exceptionnel
→ imposable _
snonimpposable
à l'origine à l' origine
( archange ( archange
déductible ) non déductible)
→
pas
de retraitement déduction
extra comptable
Si le bien acquis est amortissable, l imposition de la subvention est étalée sur une durée égale
à la durée d’amortissement du bien.
Si le bien acquis n est pas amortissable, le mode d imposition de la subvention dépend de
l existence ou non d une clause d inaliénabilité (cession impossible pendant une certaine
période). En présence d une telle clause, l imposition de la subvention est étalée sur la période
d inaliénabilité dès l année d attribution de la subvention. Si le contrat ne mentionne aucune en
démarre
clause d inaliénabilité, l imposition de la subvention est étalée sur les 10 années suivant celle nt 1
de l attribution de la subvention. Le traitement fiscal diffère alors du traitement comptable qui
prévoit un étalement de la subvention dès l’exercice d’attribution.
En cas de cession du bien, le solde de la subvention est imposable immédiatement.
EXERCICE D APPLICATION
Une entreprise a acquis une machine le 01.04.N pour un prix hors taxes de 45
machine est amortie linéairement sur cinq ans. L entreprise a reçu une subvention de 8 000
pour acquérir cette machine.
Présenter la manière dont peut être étalée la subvention.
Années Étalement de la subvention
N 1 200
N+1 1600
N+2 1600
N+3 1600
N+4 1600
N+5 400
Total 8000
8
comptable ment : étalement ou à
Ntg
fiscalement : étalement Nu à Ntto
Retraitement : n et N'-10
Exercice d'
application :
la subvention
Machine amortie sur 5- ans →
pareil pour
80%1%-1=1600 # an )
→ N =
1600×(9/12) = 1200
→ Nts = 1600×(3/12) = 400