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Intégration des fonctions en escalier

Ce document décrit le calcul de l'intégrale de fonctions en escalier et continues par morceaux sur un segment. Il présente les notions de fonctions en escalier, d'intégrale sur une subdivision adaptée et montre son indépendance par rapport à la subdivision. Le document contient également des propriétés et techniques de calcul d'intégrales pour ces types de fonctions.

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Intégration des fonctions en escalier

Ce document décrit le calcul de l'intégrale de fonctions en escalier et continues par morceaux sur un segment. Il présente les notions de fonctions en escalier, d'intégrale sur une subdivision adaptée et montre son indépendance par rapport à la subdivision. Le document contient également des propriétés et techniques de calcul d'intégrales pour ces types de fonctions.

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Chapitre 27

Intégration sur un segment

Sommaire
I Intégrale des fonctions en escalier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1) Fonctions en escalier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2) Intégrale d’une fonction en escalier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
II Intégrale des fonctions continues par morceaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1) Fonctions continues par morceaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2) Approximation uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3) Définition de l’intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
4) Premières propriétés de l’intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
III Calcul d’une intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1) Primitives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2) Rappels : techniques de calculs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
IV Propriétés de l’intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1) Inégalités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2) Sommes de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
V Compléments : recherche de primitives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1) Fonctions usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2) Fractions rationnelles en sinus et cosinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
3) Fractions rationnelles en ch et sh . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
4) Fonctions se ramenant aux types précédents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
5) Polynômes trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

Dans tout le chapitre 𝕂 désigne ℝ ou ℂ

I INTÉGRALE DES FONCTIONS EN ESCALIER

1) Fonctions en escalier

Définition 27.1
Soit 𝑓 ∶ [𝑎; 𝑏] → 𝕂 une fonction, on dit que 𝑓 est en escalier sur [𝑎; 𝑏] lorsqu’il existe un entier 𝑛 ∈ ℕ∗ ,
des réels 𝑥0 = 𝑎 < 𝑥1 < ⋯ < 𝑥𝑛 = 𝑏, et des nombres 𝑐0 , … , 𝑐𝑛−1 de 𝕂 tels que sur chacun des intervalles
ouverts : ]𝑥𝑘 ; 𝑥𝑘+1 [ la fonction 𝑓 est constante égale à 𝑐𝑘 (0 ⩽ 𝑘 ⩽ 𝑛 − 1). On dit aussi parfois que 𝑓 est
constante par morceaux. L’ensemble des fonctions en escalier sur [𝑎; 𝑏] est noté ℰ([𝑎; 𝑏], 𝕂).

ZExemples :
– Une fonction constante sur [𝑎; 𝑏] est en escalier.
– La fonction partie entière restreinte à [𝑎; 𝑏] est en escalier.

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Intégrale des fonctions en escalier Chapitre 27 : Intégration sur un segment

1
0
−3 −2 −1 0 1 2 3
−1

−2

−3

−4

Figure 27.1 : La fonction partie entière sur [−3.5, 3.5].

Remarque 27.1 –
– La courbe représentative d’une fonction en escalier a la forme d’un escalier !
– Les réels 𝑥0 = 𝑎 < ⋯ < 𝑥𝑛 = 𝑏 de la définition constituent ce que l’on appelle une subdivision de
l’intervalle [𝑎; 𝑏]. Une telle subdivision est dite adaptée à la fonction en escalier 𝑓 lorsque 𝑓 est constante
sur chacun des morceaux (ouverts) de la subdivision. Il est facile de voir qu’il y a une infinité de subdivisions
adaptées à 𝑓 lorsque 𝑓 est en escalier. Le réel max0⩽𝑘⩽𝑛−1 𝑥𝑘+1 − 𝑥𝑘 est appelé le pas de la subdivision.
𝑏−𝑎
Lorsque le pas est constant, il vaut , on dit que la subdivision est régulière.
𝑛
– La définition ne fait pas intervenir la valeur de 𝑓 aux points de la subdivision.
– Une fonction en escalier sur [𝑎; 𝑏] est bornée.

Définition 27.2
Si σ, σ′ sont deux subdivisions de [𝑎; 𝑏], on dit que σ′ est plus fine que σ lorsque les points de la subdivision
σ font partie de la subdivision σ′ , ce que l’on note σ ⊂ σ′ , si de plus σ est adaptée à 𝑓 ∈ ℰ([𝑎; 𝑏], 𝕂), alors
σ′ aussi.

Remarque 27.2 –
– Si σ, σ′ sont deux subdivisions de [𝑎; 𝑏], on note σ ∪ σ′ la subdivision obtenue en réunissant les points de σ
avec ceux de σ′ (et en les rangeant dans l’ordre croissant). Cette nouvelle subdivision est plus fine que les
deux précédentes.
– Il en découle que si 𝑓 et 𝑔 sont en escalier sur [𝑎; 𝑏] alors il existe une subdivision σ de [𝑎; 𝑏] qui est à la fois
adaptée à 𝑓 et à 𝑔.

Théorème 27.1
L’ensemble ℰ([𝑎; 𝑏], 𝕂) est un 𝕂-espace vectoriel (et même une 𝕂-algèbre) pour les opérations usuelles
sur les fonctions.

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

2) Intégrale d’une fonction en escalier

Théorème 27.2
Soit 𝑓 ∈ ℰ([𝑎; 𝑏], 𝕂) et soit σ = (𝑥𝑖 )0⩽𝑖⩽𝑛 une subdivision de [𝑎; 𝑏] adaptée à 𝑓, alors la quantité :
𝑛−1
I σ (𝑓) = ∑ (𝑥𝑖+1 − 𝑥𝑖 )𝑐𝑖 ,
𝑖=0
où 𝑐𝑖 désigne la valeur de 𝑓 sur l’intervalle ]𝑥𝑖 , 𝑥𝑖+1 [, est indépendante de la subdivision adaptée à 𝑓.
Autrement dit, si σ′ est une autre subdivision adaptée à 𝑓, alors I σ (𝑓) = Iσ′ (𝑓).

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Intégrale des fonctions en escalier Chapitre 27 : Intégration sur un segment

Preuve : Si on rajoute un point 𝑑 à la subdivision σ, on obtient une nouvelle subdivision σ′ et il existe un indice 𝑗 ∈
J0; (𝑛 − 1)K tel que 𝑑 ∈]𝑥𝑗 , 𝑥𝑗+1 [, mais alors 𝑐𝑗 (𝑥𝑗+1 − 𝑥𝑗 ) = 𝑐𝑗 (𝑑 − 𝑥𝑗 ) + 𝑐𝑗 (𝑥𝑗+1 − 𝑑), on voit donc que I σ (𝑓) = Iσ′ (𝑓). Par
récurrence, on en déduit que si σ′ est une subdivision plus fine que σ, alors I σ (𝑓) = Iσ′ (𝑓).
Soit σ′ une autre subdivision de [𝑎; 𝑏] adaptée à 𝑓, la subdivision σ″ = σ′ ∪ σ est adaptée à 𝑓 et plus fine que σ et
σ , donc Iσ″ (𝑓) = Iσ′ (𝑓) = I σ (𝑓).
′ 

4
3
2
1
0
−4 𝑑 −3 −2 −1 0 1 2 3 4
−1
−2

Figure 27.2 : Interprétation géométrique

Remarque 27.3 – Géométriquement, si 𝑓 ∈ ℰ([𝑎; 𝑏], 𝕂) et si σ est une subdivision de [𝑎; 𝑏] adaptée à 𝑓, alors
dans un repère orthonormé, la quantité I σ (𝑓) représente l’aire algébrique de la portion de plan délimitée par la
courbe de 𝑓, l’axe des abscisses, et les droites d’équation : 𝑥 = 𝑎 et 𝑥 = 𝑏, c’est une somme d’aires de rectangles.

Définition 27.3 (intégrale d’une fonction en escalier)


Si 𝑓 ∈ ℰ([𝑎; 𝑏], ℝ), on appelle intégrale de 𝑓 sur [𝑎; 𝑏] le nombre (complexe) noté ∫ 𝑓 et défini par :
[𝑎;𝑏]
𝑛−1
∫ 𝑓 = I σ (𝑓) = ∑ (𝑥𝑖+1 − 𝑥𝑖 )𝑐𝑖 ,
[𝑎;𝑏] 𝑖=0
où σ = (𝑥𝑖 )0⩽𝑖⩽𝑛 est une subdivision adaptée à 𝑓.

À retenir
• L’intégrale de 𝑓 sur [𝑎; 𝑏] ne dépend pas de la valeur de 𝑓 aux points de la subdivision. Il en découle
que si on modifie la valeur de 𝑓 en un nombre fini de points, la valeur de l’intégrale reste inchangée.
• Si 𝑓, 𝑔 ∈ ℰ([𝑎; 𝑏], 𝕂) et si 𝑓 et 𝑔 coïncident sur [𝑎; 𝑏] ⧵ {𝑥1 , … , 𝑥𝑛 }, alors ∫ 𝑓 = ∫ 𝑔 car il suffit de
[𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏]
changer la valeur de 𝑓 aux points 𝑥1 , … , 𝑥𝑛 pour obtenir la fonction 𝑔, ce qui ne change pas l’intégrale
de 𝑓.

Théorème 27.3 (Propriétés élémentaires)


Soient 𝑓, 𝑔 ∈ ℰ([𝑎; 𝑏], 𝕂) :
• linéarité : ∫ 𝑓 + 𝑔 = ∫ 𝑓+∫ 𝑔 et si λ ∈ 𝕂, ∫ λ𝑓 = λ ∫ 𝑓.
[𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏] [𝑎,𝑏] [𝑎;𝑏]
• positivité : si 𝑓 est à valeurs réelles positives, alors ∫ 𝑓 ⩾ 0. On en déduit que si 𝑓 et 𝑔 sont à
[𝑎;𝑏]
valeurs réelles et si 𝑓 ⩽g, alors ∫ 𝑓⩽∫ 𝑔.
[𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏]
• majoration : | ∫ 𝑓| ⩽ ∫ |𝑓|.
[𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏]
• relation de Chasles 1 : si 𝑎 < 𝑐 < 𝑏, alors ∫ 𝑓=∫ 𝑓+∫ 𝑓.
[𝑎;𝑏] [𝑎;𝑐] [𝑐;𝑏]

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

1. CHASLES Michel (1793 – 1880) : mathématicien français, auteur d’importants travaux en géométrie.

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Intégrale des fonctions continues par morceaux Chapitre 27 : Intégration sur un segment

II INTÉGRALE DES FONCTIONS CONTINUES PAR MORCEAUX

1) Fonctions continues par morceaux

Définition 27.4
Une fonction 𝑓 ∶ [𝑎; 𝑏] → 𝕂 est dite continue par morceaux sur le segment [𝑎; 𝑏], lorsqu’il existe une
subdivision σ = (𝑎 = 𝑥0 , … , 𝑥𝑛 = 𝑏) de [𝑎; 𝑏] telle que sur chaque morceau ]𝑥𝑘 ; 𝑥𝑘+1 [ la fonction 𝑓 est
continue et prolongeable par continuité sur [𝑥𝑘 ; 𝑥𝑘+1 ] (i.e. 𝑓 a une limite finie à droite en 𝑥𝑘 et à gauche
en 𝑥𝑘+1 ).
L’ensemble des fonctions continues par morceaux sur [𝑎; 𝑏] est noté 𝒞ℳ ([𝑎; 𝑏], 𝕂). Plus généralement, on
dit qu’une fonction est continue par morceaux sur un intervalle I, lorsque sa restriction à tout segment
inclus dans I est continue par morceaux.

ZExemples :
– Une fonction continue sur [𝑎; 𝑏] est continue par morceaux.
– Une fonction en escalier sur [𝑎; 𝑏] est continue par morceaux.
1
– La fonction 𝑓 définie par 𝑓(𝑥) = sin( ) sur ]0; 1] et 𝑓(0) = 0 n’est pas continue par morceaux sur [0; 1].
𝑥

2
1
0
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4
−1
−2
−3
−4

Figure 27.3 : Exemple de fonction continue par morceaux

Remarque 27.4 –
– Une fonction continue par morceaux sur [𝑎; 𝑏] est bornée.
– La valeur de 𝑓 aux points de la subdivision n’intervient pas dans la définition.

Théorème 27.4
L’ensemble des fonctions continues par morceaux sur [𝑎; 𝑏], 𝒞ℳ ([𝑎; 𝑏], 𝕂), est un 𝕂-espace vectoriel (et
même une 𝕂-algèbre) pour les opérations usuelles sur les fonctions.

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

2) Approximation uniforme

Théorème 27.5
Si 𝑓 ∶ [𝑎; 𝑏] → ℝ est continue par morceaux sur le segment [𝑎; 𝑏], alors pour tout ε > 0, il existe une
fonction ψ en escalier sur [𝑎; 𝑏] telle que |𝑓 − ψ| ⩽ ε, c’est à dire :
∀𝑡 ∈ [𝑎; 𝑏], |𝑓(𝑡) − ψ(𝑡)| ⩽ ε.

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Intégrale des fonctions continues par morceaux Chapitre 27 : Intégration sur un segment

Preuve :
• Cas où 𝑓 est continue : 𝑓 est uniformément continue sur [𝑎; 𝑏] (théorème de Heine), il existe donc un réel α > 0 tel que
𝑏−𝑎 𝑏−𝑎
pour tout 𝑥, 𝑦 ∈ [𝑎, 𝑏], |𝑥 − 𝑦| < α ⟹ |𝑓(𝑥) − 𝑓(𝑦)| < ε. Soit 𝑛 = 1 + 􏿩 α 􏿬, on a alors < α. Découpons l’intervalle
𝑛
𝑏−𝑎 𝑏−𝑎
[𝑎; 𝑏] en 𝑛 morceaux de longueur , on obtient ainsi une subdivision dont les points sont les réels 𝑥𝑘 = 𝑎 + 𝑘 pour
𝑛 𝑛
𝑘 ∈ J0; 𝑛K. On définit maintenant la fonction 𝑔 en posant :


⎨𝑓(𝑏) si 𝑡 = 𝑏
𝑔(𝑡) = ⎪
⎩𝑓(𝑥 ) si 𝑡 ∈ [𝑥 ; 𝑥 [
𝑘 𝑘 𝑘+1

il est alors facile de vérifier que pour tout réel 𝑡 de [𝑎; 𝑏], on a |𝑓(𝑡) − 𝑔(𝑡)| < ε en distinguant les cas 𝑡 = 𝑏 et 𝑡 ∈ [𝑥𝑘 ; 𝑥𝑘+1 [,
on a donc |𝑓 − 𝑔| < ε.
• Cas où 𝑓 est continue par morceaux : sur chaque morceau ]𝑥𝑘 ; 𝑥𝑘+1 [ la fonction 𝑓 est prolongeable par continuité
sur [𝑥𝑘 ; 𝑥𝑘+1 ] en une fonction 𝑓𝑘 . On sait alors qu’il existe une fonction 𝑔𝑘 en escalier sur [𝑥𝑘 ; 𝑥𝑘+1 ] telle que ∀ 𝑡 ∈
[𝑥𝑘 ; 𝑥𝑘+1 ], |𝑓𝑘 (𝑡) − 𝑔𝑘 (𝑡)| < ε, en particulier ∀ 𝑡 ∈]𝑥𝑘 ; 𝑥𝑘+1 [, |𝑓(𝑡) − 𝑔𝑘 (𝑡)| < ε.
On construit la fonction 𝑔 en posant : 𝑔(𝑥𝑘 ) = 𝑓(𝑥𝑘 ) et pour 𝑡 ∈]𝑥𝑘 ; 𝑥𝑘+1 [, 𝑔(𝑡) = 𝑔𝑘 (𝑡). Il est clair que 𝑔 est en escalier
sur [𝑎; 𝑏] et que ∀ 𝑡 ∈ [𝑎; 𝑏], |𝑓(𝑡) − 𝑔(𝑡)| < ε, donc |𝑓 − 𝑔| < ε. 

0
−3 −2 −1 0 1 2 3
𝒞𝑓+ε
−1 𝒞𝑓
𝒞𝑓−ε
−2 𝒞ψ

Remarque 27.5 –
– C’est l’uniforme continuité de 𝑓 qui fait aboutir la démonstration.
– Si 𝑓 est continue sur [𝑎, 𝑏], alors pour tout ε > 0 il existe deux fonctions en escalier ϕ et ψ telle que
∀ 𝑡 ∈ [𝑎; 𝑏], ψ(𝑡) ⩽ 𝑓(𝑡) ⩽ ϕ(𝑡) avec ϕ(𝑡) − ψ(𝑡) < ε.
En effet, on sait qu’il existe une fonction en escalier 𝑔 telle que |𝑓 − 𝑔| < ε/2, on a donc pour 𝑡 ∈ [𝑎; 𝑏], 𝑔(𝑡) −
ε/2 ⩽ 𝑓(𝑡) ⩽ 𝑔(𝑡) + ε/2, il suffit donc de prendre ψ = 𝑔 − ε/2 et ϕ = 𝑔 + ε/2.
– Si 𝑓 ∈ 𝒞ℳ ([𝑎; 𝑏], 𝕂) alors il existe une suite (ψ𝑛 ) de fonctions en escalier sur [𝑎; 𝑏] telle que :
sup |𝑓(𝑥) − ψ𝑛 (𝑥)| ⟶ 0.
𝑛→+∞
𝑥∈[𝑎;𝑏]
On dit que la suite (ψ𝑛 ) converge uniformément vers 𝑓 sur [𝑎; 𝑏].

3) Définition de l’intégrale

Théorème 27.6
Soit 𝑓 ∈ 𝒞ℳ ([𝑎; 𝑏], 𝕂) et soit (ϕ𝑛 ) une suite de fonctions en escalier qui converge uniformément vers
𝑓 sur [𝑎; 𝑏], alors :
• la suite (∫ ϕ𝑛 ) converge vers un nombre ℓ ∈ 𝕂 ;
[𝑎;𝑏]
• ce nombre ℓ qui ne dépend pas de la suite (ϕ𝑛 ) choisie.

Preuve : Posons 𝑢𝑛 = ∫ ϕ𝑛 , soit ε > 0, il existe un entier N ∈ ℕ tel que 𝑛 ⩾ N ⟹ |ϕ𝑛 − 𝑓| < ε, on en déduit que
[𝑎;𝑏]
|ϕ𝑛 | < |𝑓| + ε ⩽ M + ε où M est un majorant de |𝑓|, on a alors |𝑢𝑛 | ⩽ (𝑏 − 𝑎)(M + ε) : la suite 𝑢 est bornée, on peut donc
en extraire une suite convergente : 𝑢σ(𝑛) → ℓ, mais pour 𝑛 ⩾ N on a |ϕ𝑛 − ϕσ(𝑛) | ⩽ |ϕ𝑛 − 𝑓| + |𝑓 − ϕσ(𝑛) | ⩽ 2ε, on en
déduit que |𝑢𝑛 − 𝑢σ(𝑛) | ⩽ (𝑏 − 𝑎)2ε ce qui entraîne que 𝑢𝑛 → ℓ.
Soit (ψ𝑛 ) une autre suite de fonctions en escalier qui converge uniformément vers 𝑓, posons 𝑣𝑛 = ∫ ψ𝑛 , d’après
[𝑎;𝑏]
ce qui précède, la suite (𝑣𝑛 ) converge vers un nombre ℓ′ . Soit (𝑔𝑛 ) la suite de fonctions en escalier définie par 𝑔2𝑛 = ϕ𝑛
et 𝑔2𝑛+1 = ψ𝑛 , il est facile de voir que (𝑔𝑛 ) converge uniformément vers 𝑓, donc la suite (𝑤𝑛 = ∫ 𝑔𝑛 ) converge vers
[𝑎;𝑏]
un nombre ℓ″ , or 𝑤2𝑛 = 𝑢𝑛 et 𝑤2𝑛+1 = 𝑣𝑛 , on en déduit que ℓ″ = ℓ = ℓ′ . 

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Intégrale des fonctions continues par morceaux Chapitre 27 : Intégration sur un segment

Définition 27.5 (intégrale d’une fonction continue par morceaux)


Soit 𝑓 ∈ 𝒞ℳ ([𝑎; 𝑏], 𝕂), on appelle intégrale de 𝑓 sur [𝑎; 𝑏] le nombre noté ∫ 𝑓 et défini par :
[𝑎;𝑏]
∫ 𝑓 = lim ∫ ϕ𝑛 ,
[𝑎;𝑏] 𝑛→+∞ [𝑎;𝑏]
où (ϕ𝑛 ) est une suite de fonctions en escalier sur [𝑎; 𝑏] qui converge uniformément vers 𝑓.
Géométriquement, dans un repère orthonormé, si 𝑓 est à valeurs réelles, on dit que ∫ 𝑓 représente l’aire
[𝑎;𝑏]
algébrique de la portion de plan délimitée par la courbe de 𝑓, l’axe des abscisses, et les droites d’équation
𝑥 = 𝑎 et 𝑥 = 𝑏.

0
−2 −1 0 1 2 3

−1

Figure 27.4 : Cas d’une fonction continue

4) Premières propriétés de l’intégrale

Théorème 27.7 (linéarité de l’intégrale)


Soient 𝑓, 𝑔 ∈ 𝒞ℳ ([𝑎; 𝑏], 𝕂) et soit λ ∈ 𝕂, alors :
∫ (𝑓 + 𝑔) = ∫ 𝑓 + ∫ 𝑔 et ∫ λ.𝑓 = λ. ∫ 𝑓.
[𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏]

Preuve : Soient (ϕ𝑛 ) et (ψ𝑛 ) deux suites de fonctions en escalier qui convergent uniformément respectivement vers 𝑓 et
𝑔, il est facile de voir que la suite (ϕ𝑛 + ψ𝑛 ) converge uniformément vers 𝑓 + 𝑔. D’après la définition, on a ∫ (𝑓 + 𝑔) =
[𝑎;𝑏]
lim ∫ (ϕ𝑛 + ψ𝑛 ), la linéarité étant vérifiée pour les fonctions en escalier, on peut écrire que ∫ (𝑓 + 𝑔) = ∫ ϕ𝑛 +
𝑛→+∞ [𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏]
∫ ψ𝑛 , le résultat s’obtient alors par passage à la limite. La preuve est du même type pour le second point. 
[𝑎;𝑏]

Remarque 27.6 – Soit 𝑓 ∈ 𝒞ℳ ([𝑎; 𝑏], 𝕂), posons 𝑢 = Re(𝑓) et 𝑣 = Im(𝑓). La linéarité de l’intégrale permet
d’écrire : ∫ 𝑓 = ∫ Re(𝑓) + 𝑖 ∫ Im(𝑓). On peut donc toujours se ramener à intégrer des fonctions à valeurs
[𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏]
réelles (mais ce n’est pas toujours la meilleure solution). D’autre part, on a établi :
Re(∫ 𝑓) = ∫ Re(𝑓) et Im(∫ 𝑓) = ∫ Im(𝑓), d’où ∫ 𝑓=∫ 𝑓.
[𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏]

Théorème 27.8 (positivité)


Si 𝑓 ∈ 𝒞ℳ ([𝑎; 𝑏], ℝ) est à valeurs positives, alors 0 ⩽ ∫ 𝑓. En particulier si 𝑓, 𝑔 ∈ 𝒞ℳ ([𝑎; 𝑏], ℝ) et si
[𝑎;𝑏]
𝑓 ⩽ 𝑔, alors ∫ 𝑓⩽∫ 𝑔.
[𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏]

Preuve : Si 𝑓 est à valeurs positives, on peut construire une suite (ϕ𝑛 ) de fonctions en escalier positives, qui converge
uniformément vers 𝑓, comme ∫ 𝑓 = lim ϕ𝑛 , on a le résultat par passage à la limite.
[𝑎;𝑏] 𝑛→+∞
Si 𝑓 ⩽ 𝑔, on applique ce qui précède à la fonction ℎ = 𝑔 − 𝑓 et on conclut avec la linéarité. 

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Intégrale des fonctions continues par morceaux Chapitre 27 : Intégration sur un segment

Théorème 27.9 (majoration en module)


Si 𝑓 ∈ 𝒞ℳ ([𝑎; 𝑏], 𝕂), alors | ∫ 𝑓| ⩽ ∫ |𝑓|.
[𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏]
En particulier si |𝑓| ⩽ M sur [𝑎; 𝑏], alors | ∫ 𝑓| ⩽ M(𝑏 − 𝑎).
[𝑎;𝑏]

Preuve : Si 𝑓 est continue par morceaux sur [𝑎; 𝑏], alors |𝑓| aussi, et si (ϕ𝑛 ) est une suite de fonctions en escalier qui
converge uniformément vers 𝑓, il est facile de vérifier que la suite (|ϕ𝑛 |) est une suite de fonctions en escalier qui converge
uniformément vers |𝑓|, de plus, on sait que | ∫ ϕ𝑛 | ⩽ ∫ |ϕ𝑛 |, le résultat s’obtient par passage à la limite. 
[𝑎;𝑏] [|𝑎;𝑏]

Théorème 27.10 (relation de Chasles)


Si 𝑓 ∈ 𝒞ℳ ([𝑎; 𝑏], 𝕂) et si 𝑎 < 𝑐 < 𝑏, alors ∫ 𝑓=∫ 𝑓+∫ 𝑓.
[𝑎;𝑏] [𝑎;𝑐] [𝑐;𝑏]

Preuve : Même type de preuve que pour les résultats précédents. 

Théorème 27.11 (cas d’une intégrale nulle)


Si 𝑓 est à valeurs réelles, continue, positive sur [𝑎; 𝑏], et si ∫ 𝑓 = 0, alors 𝑓 est nulle sur [𝑎; 𝑏].
[𝑎;𝑏]

Preuve : Par l’absurde, supposons 𝑓 ≠ 0, alors il existe 𝑡0 ∈ [𝑎; 𝑏] tel que 𝑓(𝑡0 ) > 0, soit ε = 𝑓(𝑡0 )/2, 𝑓 étant
⎧ continue en 𝑡0 ,

⎨0 si 𝑡 ∉ [𝑡1 ; 𝑡2 ]
il existe 𝑡1 < 𝑡2 ∈ [𝑎; 𝑏] tels que ∀ 𝑡 ∈ [𝑡1 ; 𝑡2 ], 𝑓(𝑡) > ε. Soit 𝑔 la fonction en escalier définie par 𝑔(𝑡) = ⎪
⎩ε si 𝑡 ∈ [𝑡 ; 𝑡 ] ,
1 2
alors on 𝑔 ⩽ 𝑓, donc ∫ 𝑔 ⩽ ∫ 𝑓, or ∫ 𝑔 = ε(𝑡2 − 𝑡1 ) > 0, ce qui est contradictoire, donc 𝑓 est nulle sur [𝑎; 𝑏]. 
[𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏]

Remarque 27.7 – Le théorème ci-dessus est faux si 𝑓 n’est pas continue sur [𝑎; 𝑏], on peut considérer par exemple


⎨1 si 𝑡 = 𝑎
la fonction 𝑓 définie par 𝑓(𝑡) = ⎪
⎩0 sinon , cette fonction est positive, non nulle et d’intégrale nulle.

Théorème 27.12 (égalité d’intégrales)


Si 𝑓, 𝑔 ∈ 𝒞ℳ ([𝑎; 𝑏], 𝕂) coïncident sur [𝑎; 𝑏] ⧵ {𝑥1 , … , 𝑥𝑛 }, alors ∫ 𝑓=∫ 𝑔.
[𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏]

Preuve : Posons ℎ = 𝑔 − 𝑓, alors ℎ est une fonction en escalier qui coïncide avec la fonction nulle sauf éventuellement
aux points 𝑥1 , … , 𝑥𝑛 , on sait alors que ∫ ℎ = 0, et la linéarité entraîne alors le résultat. 
[𝑎;𝑏]

Convention d’écriture
Si 𝑓 est continue par morceaux sur un intervalle [𝑎; 𝑏], pour 𝑥, 𝑦 ∈ [𝑎; 𝑏], on pose :


⎪ ∫ 𝑓 si 𝑥 < 𝑦

⎪ [𝑥;𝑦]
𝑦 ⎪

􏾙 𝑓(𝑡) 𝑑𝑡 = ⎪ ⎪ 0 si 𝑥 = 𝑦 .
𝑥 ⎪

⎩− ∫ 𝑓 si 𝑦 < 𝑥

[𝑦;𝑥]

Avec cette convention :

Théorème 27.13
Si 𝑓 ∈ 𝒞ℳ ([𝑎; 𝑏], 𝕂) alors :
𝑦 𝑥
– ∀ 𝑥, 𝑦 ∈ [𝑎; 𝑏], ∫ 𝑓(𝑡) 𝑑𝑡 = − ∫ 𝑓(𝑡) 𝑑𝑡.
𝑥 𝑦
𝑦 𝑧 𝑦
– ∀ 𝑥, 𝑦, 𝑧 ∈ [𝑎; 𝑏], ∫ 𝑓(𝑡) 𝑑𝑡 = ∫ 𝑓(𝑡) 𝑑𝑡 + ∫ 𝑓(𝑡) 𝑑𝑡 (relation de Chasles généralisée).
𝑥 𝑥 𝑧

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Calcul d’une intégrale Chapitre 27 : Intégration sur un segment

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

III CALCUL D’UNE INTÉGRALE

1) Primitives

Définition 27.6
Soient 𝑓, F ∶ I → ℂ deux fonctions définies sur un intervalle I de ℝ, on dit que F est une primitive de 𝑓
sur I lorsque F est dérivable sur I et que F ′ = 𝑓. L’ensemble des primitives de 𝑓 sur I est noté 𝒫I (𝑓).

Remarque 27.8 – D’après le théorème de Darboux, une dérivée vérifie toujours le théorème des valeurs inter-
médiaires, par conséquent une fonction 𝑓 qui ne vérifie pas ce théorème (i.e. une fonction 𝑓 telle que Im(𝑓) n’est
pas un intervalle), ne peut pas avoir de primitive sur I.

Théorème 27.14
Si 𝑓 ∶ I → ℂ admet une primitive F sur l’intervalle I, alors 𝒫I (𝑓) = {F + λ / λ ∈ ℂ}.

Preuve : G ∈ 𝒫I (𝑓) ⟺ G ′ = F ′ ⟺ (G − F)′ = 0 ⟺ ∃ λ ∈ ℂ, G = F + λ (car I est un intervalle). 

Conséquence
Si 𝑓 ∶ I → ℂ admet une primitive F sur I, alors ∀ 𝑦0 ∈ ℂ, ∀ 𝑡0 ∈ I, 𝑓 possède une unique primitive G sur I
qui vérifie G(𝑡0 ) = 𝑦0 .

Théorème 27.15 (fondamental de l’intégration)


Si 𝑓 ∶ I → ℂ est continue, alors 𝑓 admet des primitives sur I. Plus précisément, si 𝑡0 ∈ I et 𝑦0 ∈ ℂ, alors
𝑡
la fonction F définie sur I par : F(𝑡) = 𝑦0 + ∫ 𝑓(𝑢) 𝑑𝑢, est l’unique primitive de 𝑓 sur I qui prend la valeur
𝑡0
𝑦0 en 𝑡0 .

𝑡 𝑡 𝑡 𝑡
Preuve : Soit 𝑡1 ∈ I, on a |F(𝑡) − F(𝑡1 ) − (𝑡 − 𝑡1 )𝑓(𝑡1 )| = | ∫ 𝑓(𝑢) 𝑑𝑢 − ∫ 𝑓(𝑡1 ) 𝑑𝑢| = | ∫ (𝑓(𝑢) − 𝑓(𝑡1 )) 𝑑𝑢| ⩽ | ∫ |𝑓(𝑢) −
𝑡1 𝑡1 𝑡1 𝑡1
𝑓(𝑡1 )| 𝑑𝑢|. On se donne ε > 0, 𝑓 étant continue en 𝑡1 , il existe α > 0 tel que ∀ 𝑢 ∈ I, |𝑢 − 𝑡1 | < α ⟹ |𝑓(𝑢) − 𝑓(𝑡1 )| < ε,
𝑡
donc si |𝑡 − 𝑡1 | < α, alors | ∫ |𝑓(𝑢) − 𝑓(𝑡1 )| 𝑑𝑢| ⩽ |𝑡 − 𝑡1 |ε, d’où :
𝑡1

F(𝑡) − F(𝑡1 )
􏿙 − 𝑓(𝑡1 )􏿙 ⩽ ε,
𝑡 − 𝑡1

on en déduit que F est dérivable en 𝑡1 et que F ′ (𝑡1 ) = 𝑓(𝑡1 ). La fonction F est donc une primitive de 𝑓 sur I, et il est clair
que F(𝑡0 ) = 𝑦0 . 


⎨1 si 𝑡 = 0
Remarque 27.9 – La continuité de 𝑓 est essentielle pour la démonstration, prenons 𝑓(𝑡) = ⎪ ⎩0 sinon , alors
avec 𝑡0 = 𝑦0 = 0, on obtient que F = 0, F est bien dérivable mais ce n’est pas une primitive de 𝑓 sur [0; 1].

Théorème 27.16 (calcul d’une intégrale)


Si 𝑓 ∶ I → ℂ est continue sur l’intervalle I et si F désigne une primitive de 𝑓 sur I, alors :
𝑏
∀𝑎, 𝑏 ∈ I, ∫ 𝑓(𝑡) 𝑑𝑡 = [F]𝑏𝑎 = F(𝑏) − F(𝑎).
𝑎

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Calcul d’une intégrale Chapitre 27 : Intégration sur un segment

𝑡 𝑏
Preuve : F étant une primitive de 𝑓, on a ∀ 𝑡 ∈ I, F(𝑡) = F(𝑎) + ∫ 𝑓(𝑢) 𝑑𝑢, d’où F(𝑏) − F(𝑎) = ∫ 𝑓(𝑢) 𝑑𝑢. 
𝑎 𝑎

Cas d’une fonction continue par morceaux


si 𝑓 ∶ [𝑎; 𝑏] → ℂ est continue par morceaux, soit σ = (𝑥𝑖 )0⩽𝑖⩽𝑛 une subdivision adaptée à 𝑓. Sur chacun des
morceaux ]𝑥𝑖 ; 𝑥𝑖+1 [ la fonction 𝑓 admet un prolongement par continuité 𝑓𝑖 sur le segment [𝑥𝑖 , 𝑥𝑖+1 ], les deux
𝑥𝑖+1 𝑥𝑖+1
fonctions coïncidant sur le segment [𝑥𝑖 , 𝑥𝑖+1 ], sauf peut être en deux points, on a ∫ 𝑓(𝑡) 𝑑𝑡 = ∫ 𝑓𝑖 (𝑡) 𝑑𝑡,
𝑥𝑖 𝑥𝑖
𝑥𝑖+1
mais 𝑓𝑖 admet une primitive F 𝑖 sur [𝑥𝑖 ; 𝑥𝑖+1 ], d’où : ∫ 𝑓 = F 𝑖 (𝑥𝑖+1 ) − F 𝑖 (𝑥𝑖 ), la relation de Chasles donne
𝑥𝑖
alors :
𝑏 𝑛−1
􏾙 𝑓(𝑡) 𝑑𝑡 = 􏾜 F 𝑖 (𝑥𝑖+1 ) − F 𝑖 (𝑥𝑖 ).
𝑎 𝑖=0
On peut donc toujours se ramener au cas des fonctions continues et donc à une recherche de primitive.

Théorème 27.17 (lien entre une fonction et sa dérivée)


𝑡
Si 𝑓 est de classe 𝒞 1 sur l’intervalle I, alors ∀ 𝑡, 𝑡0 ∈ I, 𝑓(𝑡) = 𝑓(𝑡0 ) + ∫ 𝑓′ (𝑢) 𝑑𝑢.
𝑡0

Théorème 27.18 (inégalité des accroissements finis généralisée)


Si 𝑓, 𝑔 ∶ I → ℂ sont de classe 𝒞 1 sur l’intervalle I et si ∀ 𝑡 ∈ I, |𝑓′ (𝑡)| ⩽ 𝑔′ (𝑡), alors :
∀ 𝑎, 𝑏 ∈ I, |𝑓(𝑏) − 𝑓(𝑎)| ⩽ |𝑔(𝑏) − 𝑔(𝑎)|.

Preuve : Supposons 𝑎 < 𝑏, on a :


|𝑓(𝑏) − 𝑓(𝑎)| = | ∫ 𝑓′ (𝑢) 𝑑𝑢| ⩽ ∫ |𝑓′ (𝑢)| 𝑑𝑢 ⩽ ∫ 𝑔′ (𝑢) 𝑑𝑢 = 𝑔(𝑏) − 𝑔(𝑎) = |𝑔(𝑏) − 𝑔(𝑎)|. 
[𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏]

2) Rappels : techniques de calculs

Théorème 27.19 (intégration par parties)


Soient 𝑓, 𝑔 ∶ I → ℂ deux fonctions de classe 𝒞 1 , alors :
𝑏 𝑏
∀ 𝑎, 𝑏 ∈ I, ∫ 𝑓′ (𝑢)𝑔(𝑢) 𝑑𝑢 = [𝑓(𝑢)𝑔(𝑢)]𝑏𝑎 − ∫ 𝑓(𝑢)𝑔′ (𝑢) 𝑑𝑢.
𝑎 𝑎

Théorème 27.20 (changement de variable)


Soit θ ∶ J → I une fonction de classe 𝒞 1 sur l’intervalle J, et soit 𝑓 ∶ I → ℂ une fonction continue sur
𝑏 θ(𝑏)
l’intervalle I, alors on a : ∀ 𝑎, 𝑏 ∈ J, ∫ 𝑓(θ(𝑢))θ′ (𝑢) 𝑑𝑢 = ∫ 𝑓(𝑡) 𝑑𝑡.
𝑎 θ(𝑎)

ZExemples :
1
– Soit I = ∫ √1 − 𝑡2 𝑑𝑡.
0
π
On effectue le changement de variable 𝑡 = sin(𝑢) avec 𝑢 ∈ [0; 2 ], on a alors 𝑑𝑡 = cos(𝑢)𝑑𝑢, d’où
π/2 π/2 π/2 1+cos(2𝑢) π/2
𝑢 sin(2𝑢) π
I = ∫ 2
􏽮1 − sin(𝑢) cos(𝑢) 𝑑𝑢 = ∫ cos(𝑢)2 𝑑𝑢 = ∫ 2
𝑑𝑢 = 􏿯 2 + 4
􏿲 = 4
. En
0 0 0 0
particulier on en déduit que la surface du cercle trigonométrique vaut π.
π/3
– Soit I = ∫ ln(cos(𝑡)) sin(𝑡) 𝑑𝑡.
0
π 1
On effectue le changement de variable 𝑢 = cos(𝑡) avec cos ∶ [0; 3 ] → [ 2 ; 1] (𝒞 1 ), on a 𝑑𝑢 = − sin(𝑡)𝑑𝑡
1 ln(2)−1
et donc I = ∫ ln(𝑢) 𝑑𝑢 = [𝑢 ln(𝑢) − 𝑢]11/2 = .
1/2 2
1
★Exercice 27.1 Calculer I = ∫ 𝑡√1 − 𝑡2 𝑑𝑡.
0
2𝑎 3/2
Solution 27.1 La fonction à intégrer est de la forme 𝑎𝑢′ 𝑢1/2 et s’intègre donc en 3
𝑢 , d’où :
1 1
I = [− (1 − 𝑡2 )3/2 ]10 = .
3 3

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Propriétés de l’intégration Chapitre 27 : Intégration sur un segment

IV PROPRIÉTÉS DE L’INTÉGRATION

1) Inégalités

Théorème 27.21 (cas d’égalité de Cauchy-Schwarz 2 )


Soit 𝑓, 𝑔 deux fonctions continues par morceaux sur [𝑎; 𝑏] et à valeurs réelles, on a :
2
􏿵∫ 𝑓𝑔􏿸 ⩽ 􏿵∫ 𝑓2 􏿸 􏿵∫ 𝑔2 􏿸 (inégalité de Cauchy-Schwarz).
[𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏]

Preuve : L’application (𝑓, 𝑔) ↦ ∫ 𝑓𝑔 n’est pas un produit scalaire sur 𝒞ℳ ([𝑎; 𝑏], ℝ) c’est néanmoins une forme bili-
𝑎;𝑏
néaire symétrique et positive, on peut donc lui appliquer l’inégalité de Cauchy-Schwarz, dont on rappelle une preuve :
Posons 𝑎 = ∫ 𝑓2 , 𝑏 = ∫ 𝑓𝑔 et 𝑐 = ∫ 𝑔2 . Pour tout réel λ on a 0 ⩽ ∫ (λ𝑓 + 𝑔)2 (intégrale d’une fonction
[𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏]
positive), en développant on obtient par linéarité 𝑎λ2 + 2𝑏λ + 𝑐 ⩾ 0. Si 𝑎 ≠ 0 alors on a un trinôme du second degré
qui est toujours positif, donc son discriminant est négatif ou nul, i.e. 𝑏2 − 𝑎𝑐 ⩽ 0 ce qui donne exactement l’inégalité de
Cauchy-Schwarz. Si 𝑎 = 0 alors pour tout réel λ on a 2𝑏λ + 𝑐 ⩾ 0 ce qui entraîne 𝑏 = 0 et donc 𝑏2 ⩽ 𝑎𝑐. 
Dans le cas des fonctions continues sur [𝑎; 𝑏], l’application (𝑓, 𝑔) ↦ ∫ 𝑓𝑔 est un produit scalaire sur
𝑎;𝑏
𝒞 0 ([𝑎; 𝑏], ℝ), on a donc comme dans tout espace préhilbertien réel :

Théorème 27.22 (cas d’égalité de Cauchy-Schwarz)


Si 𝑓, 𝑔 sont continues et à valeurs réelles, alors :
2
􏿵∫ 𝑓𝑔􏿸 = 􏿵∫ 𝑓2 􏿸 􏿵∫ 𝑔2 􏿸 ⟺ 𝑓 et 𝑔 sont colinéaires.
[𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏] [𝑎;𝑏]

ZExemple : Soit 𝑓 ∶ [0; 1] → ℝ une fonction de classe 𝒞 1 telle que 𝑓(0) = 0. Pour 𝑡 ∈ [0; 1] on a 𝑓(𝑡) =
𝑡 𝑡 2 𝑡 𝑡 1
∫ 𝑓′ (𝑢) 𝑑𝑢, d’où 𝑓(𝑡)2 = 􏿵∫ 𝑓′ (𝑢) 𝑑𝑢􏿸 ⩽ 􏿵∫ 1􏿸 􏿵∫ 𝑓′ (𝑢)2 𝑑𝑢􏿸, ce qui entraîne 𝑓(𝑡)2 ⩽ 𝑡 ∫ 𝑓′ (𝑢)2 𝑑𝑢, il en
0 0 0 0 0
découle alors que :
1 1 1 ′ 2
􏾙 𝑓2 (𝑡) 𝑑𝑡 ⩽ 􏾙 𝑓 (𝑢) 𝑑𝑢.
0 2 0

Théorème 27.23 (Inégalité de la moyenne)


Soi 𝑓 ∶ [𝑎; 𝑏] → ℂ continue par morceaux, majorée par M ∈ ℝ+ en module, alors :
􏿘∫ 𝑓􏿘 ⩽ M(𝑏 − 𝑎).
[𝑎;𝑏]

ZExemple : Soient 0 < 𝑎 < 𝑏 et soit ε > 0. D’après le théorème ci-dessus :


𝑏 ε𝑏 cos(𝑡) 𝑏 ε𝑏 cos(𝑡) 𝑏
cos(ε𝑏) ln( ) ⩽ ∫ 𝑑𝑡 ⩽ cos(ε𝑎) ln( ). D’où : lim ∫ 𝑑𝑡 = ln( ).
𝑎 ε𝑎 𝑡 𝑎 ε→0 ε𝑎 𝑡 𝑎

2) Sommes de Riemann

Définition 27.7
Soit 𝑓 ∶ [𝑎; 𝑏] → ℂ une fonction continue par morceaux et 𝑛 ∈ ℕ∗ , on appelle somme de Riemann 3 d’ordre
𝑛 associée à 𝑓 la quantité :
𝑏−𝑎 𝑛−1
R 𝑛 (𝑓) = ∑ 𝑓(𝑎 + 𝑘 𝑏−𝑎 ).
𝑛 𝑛
𝑘=0

Remarque 27.10 – Soit ϕ la fonction en escalier sur [𝑎; 𝑏] définie par ϕ(𝑡) = 𝑓(𝑥𝑘 ) si 𝑡 ∈ [𝑥𝑘 ; 𝑥𝑘+1 [ et ϕ(𝑏) = 𝑓(𝑏),
alors on a R 𝑛 (𝑓) = ∫ ϕ.
[𝑎;𝑏]

2. SCHWARZ Hermann (1846 – 1921) : mathématicien allemand.


3. RIEMANN Georg Friedrich Bernhard (1826 – 1866) : mathématicien allemand dont l’œuvre est colossale.

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Propriétés de l’intégration Chapitre 27 : Intégration sur un segment

Théorème 27.24 (limite des sommes de Riemann)


𝑏−𝑎 𝑛−1
Soit 𝑓 ∶ [𝑎; 𝑏] → ℂ une fonction continue par morceaux on a : lim ∑ 𝑓(𝑎 + 𝑘 𝑏−𝑎 ) = ∫ 𝑓.
𝑛→+∞ 𝑛 𝑘=0 𝑛 [𝑎;𝑏]

Preuve : On se limite au cas où 𝑓 est de classe 𝒞 1 conformément au programme. Comme 𝑓′ est bornée sur le segment
[𝑎; 𝑏], il existe un réel M ∈ ℝ+ tel que ∀𝑡 ∈ [𝑎; 𝑏], |𝑓′ (𝑡)| ⩽ M et donc ∀𝑥, 𝑦 ∈ [𝑎; 𝑏], |𝑓(𝑥) − 𝑓(𝑦)| ⩽ M|𝑥 − 𝑦| (IAF).

𝑛−1 𝑥𝑘+1 𝑛−1 𝑥𝑘+1 𝑛−1 𝑥𝑘+1


􏵶R 𝑛 (𝑓) − 􏾙 𝑓􏵶 = 􏵶􏾜 􏾙 𝑓(𝑥𝑘 ) 𝑑𝑡 − 􏾜 􏾙 𝑓(𝑡) 𝑑𝑡􏵶 = 􏵶􏾜 􏾙 􏿴𝑓(𝑥𝑘 ) − 𝑓(𝑡)􏿷 𝑑𝑡􏵶
[𝑎;𝑏] 𝑘=0 𝑥𝑘 𝑘=0 𝑥𝑘 𝑘=0 𝑥𝑘
𝑛−1 𝑥𝑘+1 𝑛−1 𝑥𝑘+1
⩽ 􏾜 􏵶􏾙 􏿴𝑓(𝑥𝑘 ) − 𝑓(𝑡)􏿷 𝑑𝑡􏵶 ⩽ 􏾜 􏾙 􏿖𝑓(𝑘𝑘 ) − 𝑓(𝑡)􏿖 𝑑𝑡
𝑘=0 𝑥𝑘 𝑘=0 𝑥𝑘
𝑛−1 𝑥𝑘+1 𝑛−1 𝑥𝑘+1 𝑏−𝑎
⩽ 􏾜􏾙 M|𝑥𝑘 − 𝑡| 𝑑𝑡 ⩽ 􏾜 􏾙 M 𝑑𝑡
𝑘=0 𝑥𝑘 𝑘=0 𝑥𝑘 𝑛
𝑛−1
(𝑏 − 𝑎)2 M(𝑏 − 𝑎)2
⩽ 􏾜M =
𝑘=0
𝑛2 𝑛

M(𝑏−𝑎)2
on a donc 􏿘R 𝑛 (𝑓) − ∫ 𝑓􏿘 ⩽ 𝑛
→ 0. 
[𝑎;𝑏]

À retenir
Méthode des rectangles de gauche pour le calcul approché d’une intégrale :
𝑏−𝑎 𝑛−1 M(𝑏−𝑎)2
R 𝑛 (𝑓) = ∑ 𝑓(𝑎 + 𝑘 𝑏−𝑎 ) est une valeur approchée de ∫ 𝑓à près où M = sup |𝑓′ (𝑡)|.
𝑛 𝑛 [𝑎;𝑏] 𝑛
𝑘=0 𝑎⩽𝑡⩽𝑏

0
−2 −1 0 1 2 3
−1
Figure 27.5 : Méthode des rectangles de gauche

Théorème 27.25 (méthode de rectangles de droite)


𝑏−𝑎 𝑛
Soit 𝑓 ∶ [𝑎; 𝑏] → ℂ une fonction continue par morceaux on a : lim ∑ 𝑓(𝑎 + 𝑘 𝑏−𝑎 ) = ∫ 𝑓.
𝑛→+∞ 𝑛 𝑘=1 𝑛 [𝑎;𝑏]

Preuve : Même preuve que le théorème précédent, avec la même majoration de l’erreur. 

0
−2 −1 0 1 2 3
−1
Figure 27.6 : Méthode des rectangles de droite

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Compléments : recherche de primitives Chapitre 27 : Intégration sur un segment

À retenir
La demi-somme des rectangles de gauche et des rectangles de droite est la méthode des trapèzes :
𝑏−𝑎 𝑛−1 1 𝑏−𝑎
T𝑛 (𝑓) = 𝑛
∑ (𝑓(𝑥𝑘 ) + 𝑓(𝑥𝑘+1 ) =
2 2𝑏
[𝑓(𝑎) + 2𝑓(𝑥1 ) + ⋯ + 2𝑓(𝑥𝑛−1 ) + 𝑓(𝑏)] → ∫ 𝑓. On admettra
𝑘=0 [𝑎;𝑏]
M2 (𝑏−𝑎)3
que 􏿘T𝑛 (𝑓) − ∫ 𝑓􏿘 ⩽ 12𝑛2
où M 2 = sup |𝑓″ (𝑡)|.
[𝑎;𝑏]
𝑎⩽𝑡⩽𝑏

0
−2 −1 0 1 2 3
−1
Figure 27.7 : Méthode des trapèzes

ZExemples :
𝑛 1 1 𝑛 1
– Étude de certaines suites : soit 𝑢𝑛 = ∑ 𝑛+𝑘
, on a alors 𝑢𝑛 = 𝑛

1+𝑘/𝑛
, c’est la méthode des rectangles
𝑘=1 𝑘=1
1
de droite appliquée à la fonction 𝑓 ∶ 𝑡 ↦ sur l’intervalle [0; 1], la fonction étant continue sur cet
1+𝑡
intervalle, on a lim 𝑢𝑛 = ∫ 𝑓 = ln(2).
[0;1]

– Calcul de certaines intégrales : ∫ ln(1 − 2𝑥 cos(𝑡) + 𝑥2 ) 𝑑𝑡 pour |𝑥| ≠ 1 (cf. TD).
0

V COMPLÉMENTS : RECHERCHE DE PRIMITIVES


Convention : soit 𝑓 une fonction continue sur un intervalle I, une primitive de 𝑓 sur I est la fonction F ∶ 𝑥 ↦
𝑥 𝑥
∫ 𝑓(𝑡) 𝑑𝑡 où 𝑎 ∈ I est quelconque, ce qui fait que l’on notera simplement F(𝑥) = ∫ 𝑓(𝑡) 𝑑𝑡.
𝑎

1) Fonctions usuelles
Fonction Primitive
𝑢α+1
𝑢′ 𝑢α α+1
si α ≠ −1, ln(|𝑢|) sinon
𝑢 ′ 𝑒𝑢 𝑒𝑢

𝑢 cos(𝑢) sin(𝑢)
𝑢′ sin(𝑢) − cos(𝑢)
𝑢′
𝑢′ (1 + 𝑡𝑎𝑛2 (𝑢)) = tan(𝑢)
cos2 (𝑢)
𝑢′ ch(𝑢) sh(𝑢)
𝑢′ sh(𝑢) ch(𝑢)
𝑢′
𝑢′ (1 − 𝑡ℎ2 (𝑢)) = th(𝑢)
ch2 (𝑢)
𝑢′ tan(𝑢) − ln(| cos(𝑢)|)
𝑢′ tan(𝑢)2 tan(𝑢) − 𝑢
𝑢′
1+𝑢 2
arctan(𝑢)
𝑢′
2
arcsin(𝑢)
√1−𝑢
𝑢′
2
argsh(𝑢)
√1+𝑢
𝑢′
argch(𝑢)
√𝑢2 −1
𝑢′ 1+𝑢
argth(𝑢) = ln( 􏿗 1−𝑢 􏿗)
1−𝑢2 􏽯

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Compléments : recherche de primitives Chapitre 27 : Intégration sur un segment

2) Fractions rationnelles en sinus et cosinus


∑ 𝑎𝑝,𝑞 sin(𝑡)𝑝 cos(𝑡)𝑞
𝑝,𝑞
Soit 𝑓(𝑡) une fraction rationnelle en sin(𝑡) et cos(𝑡) : 𝑓(𝑡) = ∑ 𝑏𝑝,𝑞 sin(𝑡)𝑝 cos(𝑡)𝑞
.
𝑝,𝑞
Pour intégrer ce type de fonction on peut appliquer la règle de Bioche :
– Si 𝑓(−𝑡)𝑑(−𝑡) = 𝑓(𝑡)𝑑𝑡, alors on peut poser 𝑢 = cos(𝑡).
– Si 𝑓(π − 𝑡)𝑑(π − 𝑡) = 𝑓(𝑡)𝑑𝑡, alors on peut poser 𝑢 = sin(𝑡).
– Si 𝑓(π + 𝑡)𝑑(π + 𝑡) = 𝑓(𝑡)𝑑𝑡, alors on peut poser 𝑢 = tan(𝑡).
2𝑢 1−𝑢2
– Sinon on peut poser 𝑢 = tan(𝑡/2). Rappelons que sin(𝑡) = 1+𝑢2
et cos(𝑡) = 1+𝑢2
.

Dans tous les cas, on est ramené à une fraction rationnelle en 𝑢.

ZExemples :
1
– Calculer une primitive de 𝑓(𝑡) = sin(𝑡)2 +3 cos(𝑡)2
sur ] − π/2; π/2[.
𝑥 𝑥 𝑑𝑡
Solution 27.1 Il s’agit de calculer F(𝑥) = ∫ 𝑓(𝑡) 𝑑𝑡 = ∫ , d’après la règle de Bioche, on peut poser
1+2 cos(𝑡)2
tan(𝑥) 𝑑𝑢
𝑢 = tan(𝑡), ce qui donne 𝑑𝑢 = (1 + 𝑢2 )𝑑𝑡, et donc F(𝑥) = ∫ , ce qui donne :
𝑢2 +3

1 tan(𝑥)
F(𝑥) = arctan( ) + cte.
√3 √3

1
– Calculer une primitive de 𝑓(𝑥) = sin(𝑥)
sur ]0; π[.
𝑥 𝑑𝑡
Solution 27.1 Une primitive est F(𝑥) = ∫ sin(𝑡)
, posons 𝑢 = tan(𝑡/2), on a alors 2𝑑𝑢 = (1 + 𝑢2 )𝑑𝑡, d’où
tan(𝑥/2) 2(1+𝑢2 ) tan(𝑥/2) 1
F(𝑥) = ∫ 𝑑𝑢 = ∫ 𝑑𝑢 = ln(| tan(𝑥/2)|)+ cte.
2𝑢(1+𝑢2 ) 𝑢

3) Fractions rationnelles en ch et sh
Soit F(X, Y) une fraction rationnelle à deux indéterminées X et Y, la fonction 𝑓(𝑡) = F(ch(𝑡), sh(𝑡)) est
une fraction rationnelle en ch et sh. Pour intégrer ce type de fonction, on peut appliquer la règle de Bioche à
la fonction 𝑔(𝑡) = F(cos(𝑡), sin(𝑡)), c’est à dire en remplaçant ch(𝑡) par cos(𝑡) et sh(𝑡) par sin(𝑡) :
– Si 𝑔(−𝑡)𝑑(−𝑡) = 𝑔(𝑡)𝑑𝑡, alors on peut poser 𝑢 = ch(𝑡).
– Si 𝑔(π − 𝑡)𝑑(π − 𝑡) = 𝑔(𝑡)𝑑𝑡, alors on peut poser 𝑢 = sh(𝑡).
– Si 𝑔(π + 𝑡)𝑑(π + 𝑡) = 𝑔(𝑡)𝑑𝑡, alors on peut poser 𝑢 = th(𝑡).
– Sinon on peut poser 𝑢 = exp(𝑡).

Dans tous les cas, on est ramené à une fraction rationnelle en 𝑢.

𝑥 𝑑𝑡
ZExemple : Calculons F(𝑥) = ∫ sur ℝ, d’après la règle de Bioche, on peut poser 𝑢 = sh(𝑡), d’où 𝑑𝑢 =
ch(𝑡)
sh(𝑥) 𝑑𝑢
ch(𝑡)𝑑𝑡 et F(𝑥) = ∫ , et donc : F(𝑥) = arctan(sh(𝑥)) + cte.
1+𝑢2

4) Fonctions se ramenant aux types précédents

– Une fraction rationnelle en 𝑡 et √𝑎2 − 𝑡2 peut s’intégrer en posant 𝑡 = 𝑎 sin(𝑢), ce qui donne une fraction
rationnelle en sin(𝑢) et cos(𝑢).
1−√5 1+√5 𝑥
ZExemple : Une primitive de 𝑓(𝑥) = √1 + 𝑥 − 𝑥2 sur [ 2
; 2 ] est F(𝑥) = ∫ √1 + 𝑡 − 𝑡2 𝑑𝑡.
2 𝑥 2
√5 2𝑡−1 √5 2𝑡−1 2𝑡−1
On a 𝑓(𝑡) = 2 􏽰
1 −􏿵 􏿸 , donc F(𝑥) =
1−􏿵 􏿸 𝑑𝑡, on pose sin(𝑢) =
2
∫ ∈ [−1; 1], on
√5 􏽰 √5 √5
√5
peut donc prendre 𝑢 ∈ [−π/2; π/2], on a 𝑑𝑡 = 2 cos(𝑢)𝑑𝑢, et donc :
2𝑥−1
5 arcsin( √5
)
F(𝑥) = 􏾙 cos(𝑢)2 𝑑𝑢
4

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Compléments : recherche de primitives Chapitre 27 : Intégration sur un segment

ce qui donne :
5 2𝑥 − 1 2𝑥 − 1
F(𝑥) = arcsin( )+ √1 + 𝑥 − 𝑥2 + cte.
8 √5 4
– Une fraction rationnelle en 𝑡 et √𝑡2 − 𝑎2 peut s’intégrer en posant 𝑡 = 𝑎ch(𝑢), on obtient alors une
fraction rationnelle en ch(𝑢) et sh(𝑢).
𝑥
ZExemple : Une primitive de 𝑓(𝑥) = √𝑥2 − 1 sur [1; +∞[ est la fonction F(𝑥) = ∫ √𝑡2 − 1 𝑑𝑡, on pose
ln(𝑥+√𝑥2 −1)
𝑡 = ch(𝑢) avec 𝑢 ∈ [0; +∞[, on a 𝑑𝑡 = sh(𝑢)𝑑𝑢, et donc F(𝑥) = ∫ sh(𝑢)2 𝑑𝑢, or sh2 (𝑢) =
ln(𝑥+√𝑥2 −1)
𝑒2𝑢 +𝑒−2𝑢 −2 𝑒2𝑢 −𝑒−2𝑢 −4𝑢
, donc F(𝑥) = 􏿯 􏿲 , ce qui donne après simplifications :
4 8

𝑥√𝑥2 − 1 − ln(𝑥 + √𝑥2 − 1)


F(𝑥) = + cte.
2
– Une fraction rationnelle en 𝑡 et √𝑡2 + 𝑎2 peut s’intégrer en posant 𝑡 = 𝑎sh(𝑢), on obtient alors une
fraction rationnelle en ch(𝑢) et sh(𝑢).
1 𝑥 𝑑𝑡
ZExemple : Une primitive de la fonction 𝑓(𝑥) = sur ℝ est la fonction F(𝑥) = ∫ , on pose
√1+𝑥2 √1+𝑡2
ln(𝑥+√𝑥2 +1)
𝑡 = sh(𝑢), on a 𝑑𝑡 = ch(𝑢)𝑑𝑢 et donc F(𝑥) = ∫ 𝑑𝑢 = ln(𝑥 + √1 + 𝑥2 ) + cte.
𝑎𝑡+𝑏 𝑎𝑡+𝑏
– Une fraction rationnelle en 𝑡 et peut s’intégrer en posant 𝑢 = , on obtient alors une fraction
􏽯 𝑐𝑡+𝑑 􏽯 𝑐𝑡+𝑑
rationnelle en 𝑢.
1 𝑥 𝑑𝑡
ZExemple : Une primitive de 𝑓(𝑥) = sur [1; +∞[ est la fonction F(𝑥) = ∫ 𝑑𝑡, on pose
𝑥−√𝑥−1 𝑡−√𝑡−1
√𝑥−1 2𝑢𝑑𝑢 2𝑢 2𝑢−1 1
𝑢 = √𝑡 − 1, d’où 𝑡 = 𝑢2 + 1, donc 𝑑𝑡 = 2𝑢𝑑𝑢 et F(𝑥) = ∫ 𝑢2 −𝑢+1
. Or 𝑢2 −𝑢+1
= 𝑢2 −𝑢+1
+ (𝑢−1/2)2 +3/4
,
4 √𝑥−1 𝑑𝑢
d’où F(𝑥) = ln(𝑥 − √𝑥 − 1) + ∫ 2 , ce qui donne finalement :
3 2𝑢−1
􏿵 􏿸 +1
√3

√3 2 √𝑥 − 1 − 1
F(𝑥) = ln(𝑥 − √𝑥 − 1) + 2 arctan( ) + cte.
3 √3

5) Polynômes trigonométriques
Il s’agit des sommes finies du type ∑ 𝑎𝑖,𝑗 cos(𝑥)𝑝 sin(𝑥)𝑞 . Une telle fonction est un cas particulier de fraction
𝑝,𝑞
rationnelle en cos et sin, la règle de Bioche peut s’appliquer, mais il y a parfois plus simple, on est en fait
ramené à chercher une primitive de cos(𝑥)𝑝 sin(𝑥)𝑞 :
𝑝 𝑞
𝑒𝑖𝑡 +𝑒−𝑖𝑡 𝑒𝑖𝑡 −𝑒−𝑖𝑡
– Linéarisation : on écrit que cos(𝑡)𝑝 = 􏿵 2
􏿸 et sin(𝑡)𝑞 = 􏿵
2𝑖
􏿸 , puis on développe.
𝑥
ZExemple : ∫ cos(𝑡)4 sin(𝑡)2 𝑑𝑡, on a :
4 2
𝑒𝑖𝑡 + 𝑒−𝑖𝑡 𝑒𝑖𝑡 − 𝑒−𝑖𝑡 − cos(6𝑡) − 2 cos(4𝑡) + cos(2𝑡) + 2
cos(𝑡)4 sin(𝑡)2 =􏿶 􏿹 􏿶 􏿹 = .
2 2𝑖 32
Ce qui donne finalement :
𝑥 sin(6𝑥) sin(4𝑥) sin(2𝑥) 𝑥
􏾙 cos(𝑡)4 sin(𝑡)2 𝑑𝑡 = − − + + + cte.
192 64 64 16
– Changement de variable : lorsque l’un des exposants est impair, par exemple 𝑝 = 2𝑘 + 1, on a F(𝑥) =
𝑥 𝑥
∫ cos(𝑡)𝑝 sin(𝑡)𝑞 𝑑𝑡 = ∫ cos(𝑡)2𝑘 sin(𝑡)𝑞 cos(𝑡) 𝑑𝑡, on pose alors 𝑢 = sin(𝑡), d’où 𝑑𝑢 = cos(𝑡)𝑑𝑡 et donc
sin(𝑥)
F(𝑥) = ∫ (1 − 𝑢2 )𝑘 𝑢𝑞 𝑑𝑢, c’est un polynôme en 𝑢.
𝑥
ZExemple : Soit à calculer F(𝑥) = ∫ sin(𝑡)5 𝑑𝑡, on pose 𝑢 = cos(𝑡), d’où 𝑑𝑢 = − sin(𝑡)𝑑𝑡 et
cos(𝑥) cos(𝑥)5 2 cos(𝑥)3
F(𝑥) = − 􏾙 (1 − 𝑢2 )2 𝑑𝑢 = − + − cos(𝑥) + cte
5 3

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