Lemme d'Itô et calcul stochastique
Lemme d'Itô et calcul stochastique
un ({Ft} , P ) −mouvement brownien standard. Richard R. Goldberg, théorème 7.8A, page 205.
- 0 ,2 0 0 ,1 0 ,2 0 ,3 0 ,4 0 ,5 0 ,6 0 ,7 0 ,8 0 ,9 1
- 0 ,4
- 0 ,6
- 0 ,8
-1
- 1 ,2
- 1 ,4
t
Le lemme d’Itô
Le lemme d’Itô (suite)
Il existe, dans le cadre du calcul stochastique, l’équivalent du théorème
fondamental du calcul qui fut établi par K. Itô. Il faut noter qu’un terme Par exemple, si f (x) = x2, alors
s’ajoute.
f (Wt) = Wt2 et f (W0) = W02 = 0 (7)
et
Lemme d’Itô (première version). Soit W , un mouvement brownien con-
df d2f
struit sur l’espace probabilisé filtré (Ω, F, F, P ) et f : R → R, une fonc- (Ws) = 2Ws et (Ws) = 2. (8)
dw dw2
tion dont les deux premières dérivées existent et sont continues. Alors
En remplaçant dans l’équation d’Itô, nous obtenons
∀0 ≤ t ≤ T ,
t t t
P −p.s.
P −p.s. t df 1 t d2f Wt2 = 2 Ws dWs + 1ds = 2 Ws dWs + t (9)
f (Wt) − f (W0) = (Ws) dWs + (Ws) ds. (5) 0 0 0
0 dw 2 0 dw2
ce qui implique
Sous sa forme différentielle, l’équation (5) s’écrit t
Wt2 − t
df 1 d2f Ws dWs = . (10)
df (Wt) = (Wt) dWt + (Wt) dt. (6) 0 2
dw 2 dw2
2
Le lemme d’Itô (suite)
Exemple :
La preuve donnée par K. Itô s’applique dans des situations beaucoup plus le modèle de marché de Black et Scholes
complexes que celle énoncée ci-dessus. Voici une première généralisation :
Le processus stochastique S = {St : 0 ≤ t ≤ T } représente l’évolution du
Lemme d’Itô (deuxième version). Soit W , un mouvement brownien con- prix d’un titre risqué où
struit sur l’espace probabilisé filtré (Ω, F, F, P ) et f : R× [0, ∞) → R,
σ2
une fonction dont les dérivées partielles premières et deuxièmes existent et St = S0 exp µ− t + σWt , (14)
sont continues. Alors ∀0 ≤ t ≤ T , 2
t µ et σ étant des constantes et W représente un mouvement brownien
∂f 1 ∂ 2f
f (Wt, t) − f (W0, 0) = (Ws, s) + (Ws, s) ds (11) standard.
0 ∂t 2 ∂w2
t
∂f
+ (Ws, s) dWs (12) Comme Wt est de loi N (0, t),
0 ∂w
qui s’exprime dans sa forme différentielle comme σ2 σ2
µ− t + σWt est de loi N µ− t, σ 2t (15)
∂f 1 ∂ 2f ∂f 2 2
df (Wt, t) = (Wt, t) + (Wt, t) dt + (Wt, t) dWt. (13)
∂t 2 ∂w2 ∂w et St est de loi lognormale.
3
Exemple : le modèle de marché de Black et Scholes (suite)
Rappel
Exemple : le modèle de marché de Black et Scholes (suite) σ2
St = S0 exp µ− t + σWt . (24)
2
Utilisant le lemme d’Itô, il est possible de montrer que le processus sto-
2
chastique S défini par En effet, si f (w, t) = S0 exp µ − σ2 t + σw , alors
σ2
St = S0 exp µ− t + σWt (22) f (Wt, t) = St f (W0, 0) = S0 (25)
2
est une solution à l’équation intégrale
t t
∂f σ2
St − S0 = µ Su du + σ Su dWu. (23) (w, t) = µ − f (w, t) (26)
0 0 ∂t 2
et
∂f ∂ 2f
(w, t) = σf (w, t) (w, t) = σ 2f (w, t) . (27)
∂w ∂w2
Ainsi,
= f (Wt, t) − f (W0, 0) (29) Nous venons de démontrer que le processus stochastique S = {St : 0 ≤ t ≤ T }
où
t t
∂f ∂f 1 ∂ 2f σ2
= (Wu, u) dWu + (Wu, u) + (Wu, u) du (30) St = S0 exp µ − t + σWt (33)
0 ∂w 0 ∂t 2 ∂w2 2
t t
σ2 1 est une solution à l’équation différentielle stochastique
= σf (Wu, u) dWu + µ− f (Wu, u) + σ2f (Wu, u) du
0 0 2 2 dSt = µStdt + σStdWt. (34)
t t
= σf (Wu, u) dWu + µf (Wu, u) du (31)
0 0
t t
= σSudWu + µSudu. (32)
0 0
4
Les processus d’Itô Les processus d’Itô (suite)
Définition. On appelle processus d’Itô, un processus X = {Xt : 0 ≤ t ≤ T } Remarque. Premièrement, notons que si
à valeurs dans R tel que:
T
t t 2
EP |Hs| ds < ∞, (37)
Xt ≡ X0 + Ks ds + Hs dWs (35) 0
0 0
avec alors le processus M = {Mt : 0 ≤ t ≤ T } où
t
• K = {Kt : 0 ≤ t ≤ T } et H = {Ht : 0 ≤ t ≤ T } sont des processus
Mt ≡ Hs dWs (38)
adaptés à la filtration {Ft}, 0
T est une ({Ft} , P ) −martingale.
•P 0 |Ks| ds < ∞ = 1
5
Le lemme d’Itô: une généralisation
Lemme d’Itô (troisième version). Soit X, un processus d’Itô et
f : R → R, une fonction dont les deux premières dérivées existent et sont
continues. Alors ∀0 ≤ t ≤ T , Le lemme d’Itô (suite)
f (Xt) − f (X0) (45)
Tentative de justification!
t
P −p.s. df 1 t d2f Le lemme d’Itô pour les processus d’Itô est
= (Xs) dXs + (Xs) d Xs (46)
0 dx 2 0 dx2 t
P −p.s. df 1 t d2f
t t f (Xt) − f (X0) = (Xs) dXs + (Xs) d Xs . (48)
P −p.s. df df 1 d2f 0 dx 2 0 dx2
= (Xs) Hs dWs + (Xs) Ks + (Xs) Hs2 ds,
dx
0 0 dx 2 dx2 Nous retrouvons l’équation (5) comme cas particulier de l’égalité ci-dessus
c’est-à-dire que car W t = t.
df df 1 d2f
df (Xt) = (Xt) Ht dWt + (Xt) Kt + (Xt) Ht2 dt.
dx dx 2 dx2
(47)
6
Exemple : le rendement de détention (suite)
Intermède : le théorème de Fubini.
Rappelons que
Ce qui suit est un cas particulier du théorème de Fubini. dSt = µSt dt + σSt dWt. (56)
Premièrement, vérifions que S est bien un processus d’Itô tel que Ht = σSt
Théorème. Si Y = {Yt : 0 ≤ t ≤ T } est un processus stochastique et Kt = µSt.
adapté tel que pour tout 0 ≤ t ≤ T , Yt ≥ 0 alors
t t
En effet, puisque nous avons déjà montré que
EP Ys ds = EP [Ys] ds, (55)
0 0
σ2
c’est-à-dire que l’on peut interchanger l’intégrale et l’espérance. St = S0 exp µ− t + σWt (Ft − mesurable) (57)
2
Donald L.Cohn, page 159, proposition 5.2.1. est une solution de l’équation (56), les processus K = {Kt = µSt : 0 ≤ t ≤ T }
et H = {Ht = σSt : 0 ≤ t ≤ T } sont {Ft} −adaptés.
df 1 d2 f 1
(x) = et (x) = − 2 . (68)
dx x dx2 x
Ainsi,
Nous pouvons en déduire que dRt = df (St) (69)
T T
|Ks| ds < ∞ et Hs2 ds < ∞ P − p.s. (67)
0 0 df df 1 d2f
= (St) Ht dWt + (St) Kt + (St) Ht2 dt (70)
dx dx 2 dx2
1 1 1 1 2 2
= σSt dWt + µSt − σ St dt (71)
St St 2 St2
σ2
= σ dWt + µ − dt. (72)
2
Le lemme d’Itô et
le développement en série de Taylor
La solution d’une équation différentielle stochastique
Si f (Xs) et f (Xs) pouvaient être remplacées respectivement par f (X0)
et f (X0), alors nous pourrions écrire
t Remarque. La solution d’une équation différentielle stochastique (ÉDS)
1 t
f (Xt) = f (X0) + f (Xs) dXs + f (Xs) d Xs (83) consiste à trouver le(s) processus stochastique(s) satisfaisant l’équation
0 2 0
donnée. Or, le lemme d’Itô permet l’inverse, c’est-à-dire qu’il permet de
t
∼ 1 t
= f (X0) + f (X0) dXs + f (X0) d Xs (84) trouver l’ÉDS satisfaite par un processus stochastique donné. S’il advient
0 2 0 que le processus stochastique choisi satisfasse l’ÉDS donnée, alors nous
t t
1 aurons trouvé une solution à cette équation. En ce sens, le lemme d’Itô
= f (X0) + f (X0) dXs + f (X0) d Xs (85)
0 2 0 nous fournit des solutions à des ÉDS. Cependant, il ne s’agit pas d’une
1 méthode systématique permettant l’obtention de solutions. Son utilisation
= f (X0) + f (X0) (Xt − X0) + f (X0) (Xt − X0) . (86) demande du flair !
2
qui ressemble plus au développement en série de Taylor. Or, cette dernière
approximation n’est pas le lemme d’Itô.
9
La règle de multiplication
La règle de multiplication nous est utile lorsque nous voulons étudier, par
exemple, le comportement du prix actualisé d’un actif lorsque nous con-
naissons les processus pour l’évolution du prix de l’actif et celui du facteur
Le processus de covariance quadratique d’actualisation.
Définition. Soit X et Y deux processus d’Itô tels que Théorème (la règle de multiplication). Soit X et Y deux processus
d’Itô tels que
dt + H
dXt = Kt dt + Ht dWt et dYt = K dW (87)
t t t dt + H
dXt = Kt dt + Ht dWt et dYt = K dW . (89)
t t t
alors le processus X, Y est défini pour tout t ∈ [0, T ] par La règle de multiplication est
t
X, Y t = sds.
HsH (88) dXtYt = Xt dYt + Yt dXt + d X, Y t (90)
0
dt + H
= Xt K dW + Y (K dt + H dW ) + H H
t t t t t t t t tdt (91)
= +Y K +H H
XtK
t t t t t dt + XtHt + YtHt dWt. (92)
11
Exemple : le taux de change Exemple : le taux de change (suite)
Supposons que le processus stochastique X, satisfaisant l’équation L’évolution Y du prix de l’action en dollars canadiens est telle qu’à chaque
instant,
dXt = µXtdt + σXtdWt, (107)
Yt = XtCt. (111)
représente l’évolution du prix d’une action en livres sterling. Notons que
Soit la fonction f : R2 → R définie par
d Xt = σ2Xt2dt.
Admettons que l’évolution de la valeur en dollars canadiens de la livre f (x, c) ≡ xc. (112)
sterling est modélisée par le processus C où Notons que
+ γC dW .
dCt = αCtdt + βCtdW (108) Yt = f (Xt, Ct) , ∀t ≥ 0, (113)
t t t
Si les mouvements browniens W et W sont construits sur le même espace que les dérivées premières sont
probabilisé filtré et sont indépendants, alors ∂f ∂f
(x, c) = c (x, c) = x (114)
∂x ∂c
d Ct = β 2Ct2 + γ 2Ct2 dt = β 2 + γ 2 Ct2dt (109)
et que les dérivées secondes sont
∂ 2f ∂ 2f ∂ 2f
d X, Ct = (σXtγCt + 0βCt) dt = σγXtCtdt. (110) (x, c) = (x, c) = 0 et (x, c) = 1. (115)
∂x2 ∂c2 ∂x∂c