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La mort tragique de Manon Lescaut

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Le roman et le récit du Moyen-Âge au XXIe s.

Parcours : Personnages en marge, plaisirs du romanesque


Histoire du Chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut, 2ème partie, l’abbé Prévost, 1731.

Extrait 3 : La mort de Manon

1 Pardonnez, si j'achève en peu de mots un récit qui me tue. Je vous raconte un


malheur qui n'eut jamais d'exemple. Toute ma vie est destinée à le pleurer. Mais,
quoique je le porte sans cesse dans ma mémoire, mon âme semble reculer d'horreur,
chaque fois que j'entreprends de l'exprimer.

5 Nous avions passé tranquillement une partie de la nuit. Je croyais ma chère


maîtresse endormie et je n'osais pousser le moindre souffle, dans la crainte de troubler
son sommeil. Je m'aperçus dès le point du jour, en touchant ses mains, qu'elle les avait
froides et tremblantes. Je les approchai de mon sein, pour les échauffer. Elle sentit ce
mouvement, et, faisant un effort pour saisir les miennes, elle me dit, d'une voix faible,
1 qu'elle se croyait à sa dernière heure. Je ne pris d'abord ce discours que pour un
0 langage ordinaire dans l'infortune, et je n'y répondis que par les tendres consolations
de l'amour. Mais, ses soupirs fréquents, son silence à mes interrogations, le serrement
de ses mains, dans lesquelles elle continuait de tenir les miennes me firent connaître
que la fin de ses malheurs approchait.

N'exigez point de moi que je vous décrive mes sentiments, ni que je vous rapporte
1 ses dernières expressions. Je la perdis ; je reçus d'elle des marques d'amour, au
5 moment même qu'elle expirait. C'est tout ce que j'ai la force de vous apprendre de ce
fatal et déplorable événement. Mon âme ne suivit pas la sienne. Le Ciel ne me trouva
point, sans doute, assez rigoureusement puni. Il a voulu que j'aie traîné, depuis, une vie
languissante et misérable. Je renonce volontairement à la mener jamais plus heureuse.

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