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Poème d'Ophélie : Évocation et Mélancolie

Le poème décrit Ophélie flottant sur une rivière après sa mort. Il raconte son histoire tragique et sa douce folie. Le poème est divisé en trois parties et utilise des descriptions lyriques de la nature.

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Poème d'Ophélie : Évocation et Mélancolie

Le poème décrit Ophélie flottant sur une rivière après sa mort. Il raconte son histoire tragique et sa douce folie. Le poème est divisé en trois parties et utilise des descriptions lyriques de la nature.

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Ophélie A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits;

Que ton coeur écoutait le chant de la Nature


I Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des
Sur l'onde calme et noire où dorment les nuits;
étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs C'est que la voix des mers folles, immense
voiles… râle,
- On entend dans les bois lointains des Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop
hallalis. doux;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier
pâle,
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux!
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir. Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve, ô pauvre
Folle!
Tu te fondais à lui comme une neige au feu:
Le vent baise ses seins et déploie en corolle Tes grandes visions étranglaient ta parole
Ses grands voiles bercés mollement par les - Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu!
eaux;
Les saules frissonnants pleurent sur son
épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les III
roseaux. - Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu
cueillis,
Les nénuphars froissés soupirent autour Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs
d'elle; voiles,
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort, La blanche Ophélia flotter, comme un grand
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson lys.
d'aile:
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.

II
O pâle Ophélia! belle comme la neige!
Oui, tu mourus, enfant, par un fleuve
emporté!
- C'est que les vents tombant des grands
monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté;

C'est qu'un souffle, tordant ta grande


chevelure,

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