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Corrigé des exercices de sous-espaces vectoriels

Ce document contient les corrigés d'une feuille d'exercices portant sur les espaces vectoriels. Il présente les réponses à plusieurs questions vrai-faux et exercices, et démontre si certains ensembles forment des sous-espaces vectoriels en vérifiant leur stabilité par combinaisons linéaires.

Transféré par

Hugues Parfait Mouko
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Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
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Corrigé des exercices de sous-espaces vectoriels

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o

Feuille d'exercices n 14 : corrigé

PTSI B Lycée Eiel


12 mars 2019

Vrai-Faux
1. Faux, il faut en plus que le sous-ensemble ne soit pas vide (et donc contienne le vecteur nul,
comme on l'a mis dans le cours), car on ne veut pas que le sous-ensemble vide puisse être
considéré comme un sous-espace vectoriel de E .
2. Vrai.
3. Vrai, le fait qu'elle soit libre OU génératrice en fait une base de l'espace vectoriel.
4. Faux, la deuxième condition est F + G = E , l'union de deux sous-espaces vectoriels ne donne
rien d'intéressant en général.
5. Faux, il y a deux grosses erreurs, puisque dim(Rn [X]) = n + 1, et dim(Mn (R)) = n2 .

Exercice 1 (*)
Commençons déjà par constater que la fonction nulle vérie toutes les conditions de l'exercice,
il nous restera donc à regarder si chaque ensemble est stable ou non par combinaisons linéaires (on
peut bien évidemment séparer la somme et le produit par un réel si on le souhaite).
• Soient f et g deux fonctions paires, on peut certainement écrire (λf + µg)(−x) = λf (−x) +
µg(−x) = λf (x) + µg(x) = (λf + µg)(x). La fonction λf + µg est donc également paire, et
l'ensemble des fonctions paires est un espace vectoriel.
• Les fonctions admettant un minimuml global ne forment pas un sous-espace vectoriel : l'en-
semble n'est pas stable par produit par un réel négatif (si f admet un minimum global, −f
admettra un maximum global, mais n'a aucune raison d'avoir un minimum). On peut par
contre prouver qu'une somme de deux telles fonctions admet nécessairement un minimum
global (mais ce n'est pas une preuve évidente).
• Les fonctions s'annulant une innité de fois ne forment pas un sous-espace vectoriel : l'ensemble
est stable par un produit par un réel (les valeurs d'annulation de f annulant aussi λf ), mais pas
par somme : une fonction nulle sur R− mais strictement positive sur R+ (on peut construire
une telle fonction C ∞ , ajoutée à une fonction positive sur R− mais nulle sur R+ ne s'annulera
jamais ailleurs qu'en 0, donc sûrement pas une innité de fois.
• Les fonctions vériant f (2x) = f (x2 ) forment un sous-espace vectoriel : si f et g vérient
l'équation, alors (λf + µg)(2x) = λf (2x) + µg(2x) = λf (x2 ) + µg(x2 ) = λf + µg)(x2 ).
• Les fonctions admettant une tangente horizontale en x = 5 forment un sous-espace vectoriel
à cause de la linéarité de la dérivation : si f 0 (5) = g 0 (5) = 0, alors (λf + µg)0 (5) = λf 0 (5) +
µg 0 (5) = 0.
• Les fonctions vériant f 00 (x) = 3f 0 (x) − 2f (x) (ou toute autre équation diérentielle linéaire
homogène) forment un sous-espace vectoriel, encore une fois à cause de la linéarité de la
dérivation (et de la dérivation seconde) : si f et g sont solutions de l'équation, alors (λf +
µg)00 (x) = λf 00 (x) + µg 00 (x) = λ(3f 0 (x) − 2f (x)) + µ(3g 0 (x) − 2g(x)) = 3(λf + µg)0 (x) − 2(λf +
µg)(x), donc toute combinaison linéaire de f et g est également solution de l'équation.

1
• L'énoncé faisait intervenir le terme  branche parabolique  que vous ne connaissez pas, faisons
semblant de ne pas l'avoir vu. Avec une simple asymptote, l'ensemble est un espace vectoriel :
si lim (f (x) − ax − b) = 0 et lim (g(x) − cx − d) = 0 (les deux réels a et c ayant le droit
x→+∞ x→+∞
d'être nuls pour intégrer le cas des aymptotes horizontales), alors ( λf (x) + µg(x) − (λa +
x→+∞
µc)x − λb − µd) = 0, donc λf + µg admet une asymptote également.

Exercice 2 (*)
Commençons par constater qu'à l'exception du deuxième sous-ensemble, le polynôme nul vérie
toutes les conditions données. On notera F l'ensemble étudié dans chacun des cas.
1. F = {P ∈ E | P (2) = 0} est stable par somme et produit par un réel, c'est un sous-espace
vectoriel. Les polynômes P = a + bX + cX 2 + dX 3 vériant P (2) = 0 vérient simplement
l'équation a + 2b + 4c + 8d = 0, soit a = −2b − 4c − 8d, ou encore P = −2b − 4c − 8d + bX +
cX 2 +dX 3 . Autrement dit, F = Vect(X −2, X 2 −4, X 3 −8). La famille (X −2, X 2 −4, X 3 −8)
étant libre (les polynômes sont tous de degré distincts) c'est une base de F qui est donc de
dimension 3.
2. ici, F n'est pas un sous-espace vectoriel pour la raison évoquée plus haut.
3. F est un sous-espace vectoriel à cause de la linéarité de la dérivation seconde : si P + P 00 = 0
et Q + Q00 = 0, alors λP + Q + (λP + Q)00 = λ(P + P 00 ) + Q + Q00 = 0. En fait, ce sous-espace
vectoriel est réduit au polynôme nul pusique P 00 = −P implique que P 00 est de même degré
que P , ce qui n'arrive jamais pour un polynôme non nul. F est donc de dimension 0 (si on
tient à en donner une base, il faut donner une famille vide, la famille réduite au vecteur nul
n'étant déjà plus libre).
4. ici, il est évident que F est un sous-espace vectoriel puisque R1 [X] est un espace vectoriel.
Par ailleurs, on sait déjà qu'il est de dimension 2 et admet pour base (1, X).
5. comme pour le premier sous-ensemble, les conditions sont clairement laissées stables par
combinaison linéaire, il s'agit donc d'un sous-espace vectoriel. Utilisons une méthode diérente
pour déterminer une base. On sait que les polynômes constituant F admettent 1, 2 et 3
comme racines, donc peuvent se factoriser sous la forme P = (X − 1)(X − 2)(X − 3)Q, où
Q est un polynôme qui ne peut être que constant puisque P est de degré 3 ! Autrement dit,
F = Vect(X 3 − 6X 2 + 11X − 6), et F est de dimension 1.
Z 2
6. F est un sous-espace vectoriel à cause de la linéarité de l'intégration : λP (x) + Q(x) dx =
0
Z 2 Z 2
λ P (x) dx + Q(x) dx = 0 en supposant P et Q appartenant à F . Un polynôme P =
0 0
8
a + bX + cX 2 + dX 3 appartient à F si 2a + 2b + c + 4d = 0 (on calcule simplement l'intégrale
3
3 3 3
de P , ce qui ne devrait pas poser de grosse diculté), soit c = − d − a − b. Autrement dit,
2 4 4
1
P = a+bX − (6d+3a+3b)X +dX , ou encore F = Vect(3X −4, 3X −4X, 2X 3 −3X 2 ) (j'ai
2 3 2 2
4
multiplié les deux premiers polynômes par −4 et le dernier par 2, ça ne change certainement
rien à l'espace vectoriel engendré). F est en particulier de dimension 3 (la famille étant bel et
bien libre).
7. C'est l'intersection de deux sous-espaces vectoriels, donc un sous-espace vectoriel. Pour en
déterminer une base, le plus simple est de repartir de la forme obtenue ci-dessus, et de rajouter
3 3 3 1 1 1
la condition P (1) = 0, soit a + b − d − a − b + d = 0, ou encore a + b − d = 0.
2 4 4 4 4 2
On obtient plus simplement b = 2d − a, ce qui donne P = a + (2d − a)X − 3dX 2 + dX 3 , et
F = Vect(1 − X, 2X − 3X 2 + X 3 ), qui est donc de dimension 2.

2
8. F est à nouveau un sous-espace vectoriel de façon essentiellement évidente, chacune des deux
annulations étant clairement laissée stable par combinaisons linéaires. Si P = a + bX +
cX 2 + dX 3 , on trouve les deux équations a + b + c + d = 0 et b + 2c + 3d = 0, soit b =
−2c − 3d puis a = −b − c − d = c + 2d, donc P = c + 2d − (2c + 3d)X + cX 2 + dX 3 et
F = Vect(1 − 2X + X 2 , 2 − 3X + X 3 ). Alternativement, on peut dire que les polynômes de
P admettent 1 pour racine double et s'écrivent donc sous la forme P = (X − 1)2 (aX + b), ce
qui donne F = Vect(X 2 − 2X + 1, X 3 − 2X 2 + X). Dans les deux cas, on constate que F est
de dimension 2.
9. un dernier sous-espace vectoriel pour la route, puisque (λP + Q)(2X + 1) = λP (2X + 1) +
Q(2X + 1), ce qui prouve facilement la stibilité de la condition imposée par combinaison
linéaire. Pas besoin de se fatiguer à faire des calculs, le polynôme 2P (X) aun coecient
dominant qui est le double de celui de P , alors que P (X + 1) a le même coecient dominant.
Seul le polynôme nul appartient donc à F , qui est de dimension 0.

Exercice 3 (**)
1. Pour vérier si la famille est libre, supposons que a(−1,
 1, 1) + b(1, −1, 1) + c(1, 1, −1) =
 −a + b + c = 0
(0, 0, 0). On peut traduire cette égalité par le système a − b + c = 0 . La somme
a + b − c = 0

des deux premières lignes donne 2c = 0, soit c = 0. De même, la somme des extrêmes donne
b = 0 et la somme des deux dernières a = 0. La seule combinaison linéaire de la famille
donnant le vecteur nul est donc la combinaison nulle, la famille est libre. Pour prouver que
la famille est génératrice, calculons directement les coordonnées d'un vecteur quelconque de
R3 dans la famille, ce qui nous permettra de répondre très rapidement à la question suivante.
Essayons donc d'écrire un vecteur (x, y, z) sous la forme a(−1, 1, 
1)+b(1, −1, 1)+c(1, 1, −1). Il
 −a + b + c = x
sut juste de changer le second membre du système précédent : a − b + c = y .
a + b − c = z

x+y
La somme des deux premières lignes donne cette fois 2c = x + y , soit c = . De même,
2
x+z y+z
les autres sommes donnent b = et a = . Le système ayant toujours une solution,
2 2
la famille est génératrice, il s'agit donc d'une base de R3 . Les coordonnées du vecteur (2, 3, 4)
dans cette base sont obtenus en remplaçant x, y et z par 3, 4 et 5 dans les calculs précédents,
9 7
ce qui donne a = ; b = 4 et c = . Autrement dit, les coordonnées dans cette base sont
  2 2
9 7
, 4, .
2 2
2. La famille étant échelonnée (une constante, un polynôme de degré 1, un de degré 2 et un
de degré 3), le cours nous assure directement qu'il s'agit d'une base de R3 [X]. Cherchons
les coordonnées de X 3 , autrement dit cherchons quatre réels a, b, c et d tels que X 3 =
a + bX + cX(X − 1) + dX(X − 1)(X − 2). En développant tout, X 3 = a + bX + cX 2 − cX +
dX 3 − 3dX 2 + 2dX = dX 3 + (c − 3d)X 2 + (2d − c + b)X + a. Par identication des coecients,
d = 1, c−3d = 0, donc c = 3 ; 2d−c+b = 0, donc b = 1 et a = 0. Les coordonnées de X 3 dans
notre base sont donc (0, 1, 3, 1) (si vous préférez, X 2 = X + 3X(X − 1) + X(X − 1)(X − 2).
         
1 1 0 2 2 −2 0 −2 0 0
3. Si a +b +c +d = , en isolant
0 0 3 −1 1 −1 −10 4 0 0


 a + 2c = 0
a + 2b − 2c − 2d = 0

chaque coecient, on trouve le système . Procédons

 3b + c − 10d = 0
−b − c + 4d = 0

3
par un mélange de combinaisons et de substitutions : a = −2c, la deuxième équation devient
alors en divisant par 2, b−2c−d = 0. En additionnant avec la dernière équation, −3c+3d = 0,
soit d = c. On trouve alors dans la deuxième équation b − 3c = 0, soit b = 3c. Reste à tout
remplacer dans la troisième équation : 9c + c − 10d = 0. Ah mince, cette équation est toujours
vériée ! En eet, une solution non triviale du système est par exemple (−2, 3, 1, 1). La famille
n'étant pas libre, ce n'est bien sûr pas une base.
4. La famille la plus simple à prendre est la suivante : on dénit quatre suites (an ), (bn ), (cn ) et
(dn ) en posant a0 = 1, b1 = 1, c2 = 1, d3 = 1 et tous les autres termes de chaque suite sont
nuls. Chacune de ces suites appartient évidemment à E , et on peut prouver directement que la
famille est une base en prouvant qu'une suite de E s'écrit de façon unique comme combinaison
linéaire de nos quatre suites : en eet, on peut écrire un = u0 an + u1 bn + u2 cn + u3 dn (on
vérie trivialement que cette suite coïncide avec (un ) en constatant que les quatre premiers
termes sont les mêmes et que les suivants sont nuls), et cette écriture est unique en regardant
les quatre premiers coecients. Dans cette base, les coordonnées de x sont tout simplement
(−2, 3, 4, 1).

Exercice 4 (*)
L'ensemble F est l'ensemble des solutions d'une équation linéaire homogène, il s'agit donc d'un
sous-espace vectoriel de R3 . Par ailleurs, on peut écrire G sous la forme {a(2, 1, 3) + b(1, −1, −1) |
(a, b) ∈ R2 } = Vect((2, 1, 3); (1, −1, −1)), qui est aussi un sous-espace vectoriel. Leur intersection est
constituée des vecteur de la forme (2a + b, a − b, 3a − b) vériant 2x + y − 3z = 0, soit 2(2a + b) + (a −
b) − 3(3a − b) = 0, soit −4a + 4b = 0. Autrement dit, on doit avoir a = b et F ∩ G = {(3a, 0, 2a) |
a ∈ R} = Vect((3, 0, 2)).

Exercice 5 (*)
1. C'est l'ensemble des combinaisons linéaires de la famille (I, J, K, L), qui est un espace vecto-
riel, et même précisément l'espace vectoriel engendré par cette famille. Pour prouver que la
famille (I, J, K, L) en est une base, il sut donc de prouver que la famille est libre, ce qui
est essentiellement trivial (si on écrit qu'une combinsaison linéaire de la famille est nulle, on
obtient 16 équations donc quatre à chaque fois nous assurent la nullité de chaque coecient).
2. On calcule sans diculté J 2 = L, K 2 = L, L2 = L, J 3 = K , K 3 = J et L3 = L.
3. On a JK = JJ 3 = J 4 = (J 2 )2 = L2 = I . De même, KJ = I , puis KL = LK = K 3 = J et
JL = LJ = J 3 = K .
4. Soient deux matrices de E , qui s'écrivent donc aI + bJ + cK + dL et eI + f J + hK + iL. Leur
produit, via un calcul passionnant et en utilisant les résultats des deux questions précédentes,
vaut (ae + bh + cf + di)I + (af + be + ci + dh)J + (ag + bi + ce + df )K + (ai + bf + cg + de)L,
qui appartient bien à E . L'ensemble E est ce qu'on appelle une algèbre (espace vectoriel et
stabilité par produit interne).

Exercice 6 (**)
• Les deux sous-ensembles sont dénis par des équations linéaires homogènes, ce sont des sous-
espaces vectoriels. Leur intersection est constituée des couples (x, y) vériant x+y = x−y = 0,
ce qui donne très facilement x = y = 0. On a donc bien F ∩ G = {0}. De plus, tout
vecteur
 peut s'écrire comme
(a, b)   somme d'un élément de F et d'un élément de G : (a, b) =
a−b b−a a+b a+b
; + ; (si on ne le devine pas, on résout un gentil système). On
2 2 2 2
peut également constater sans diculté que F et G sont chacun de dimension 1.

4
• F est déni comme ensemble de solutions d'une équation linéaire homogène, G est l'espace
vectoriel engendré par une famille, il s'agit bien de deux sous-espaces vectoriels. Supposons
u ∈ F ∩ G, alors u = (3a, 2a, a), avec 3a − 2a + a = 0, donc a = 0. L'intersection est
bien réduite au vecteur nul. Soit désormais un vecteur (x, y, z) ∈ R3 , on souhaite écrire
(x, y, z) = (a, b, c) + (3d, 2d, d), avec a − b + c = 0. On trouve donc les conditions a + 3d = x,
soit a = x−3d ; b+2d = y , soit b = y−2d, et de même c = z−d. La condition a−b+c = 0 donne
x−y+z
alors x − 3d − y + 2d + z − d = 0, donc d = . On en déduit les valeurs (uniques) de
2
a, b et c, le système a une solution, ce qui prouve que F + G = R3 . Autre possiblité, constater
que dim(G) = 1 et dim(F ) = 2 (on résout aisément le système dénissant F ).
• F est évidemment un sous-espace vectoriel, G aussi puisqu'il s'agit du noyau d'une application
linéaire (la dérivation). Les seuls polynômes ayant une dérivée nulle étant les constantes,
F ∩ G = {0} (aucune constante n'est combinaison linéaire de X et de X 2 . Par ailleurs, on
peut évidemment écrire tout polynôme de degré 2 comme combinaison linéaire de X et de
X 2 plus une constante, c'est la dénition d'un polynôme ! Cela prouve la supplémentarité.
• Les sous-espaces F et G sont en eet des sous-espaces vectoriels, une somme ou un produit par
un réel de fonctions paires est paire, et de même pour les fonctions impaires. Leur intersection
est réduite à la fonction nulle, puisque la seule fonction à la fois paire et impaire (sans même
parler de polynômes) est la fonction nulle (elle vérie f (x) = −f (x) pour tout réel). Par
ailleurs, on peut facilement écrire tout polynôme de E comme somme d'un polynôme pair et
d'un polynôme impair, tout simplement en séparant les termes correspondant aux puissances
paires et impaires : si P = aX 6 + bX 5 + cX 4 + dX 3 + eX 2 + f X + g , alors P = Q + R,
avec Q = aX 6 + cX 4 + eX 2 + g qui est pair, et R = bX 5 + dX 3 + f X qui est impair. On
peut en fait montrer à partir de ceci que F = Vect(1, X 2 , X 4 , X 6 ) et G = Vect(X, X 3 , X 5 )
(et constater qu'ils sont de dimension respective 4 et 3).
• Le sous-ensemble G coïncide avec R0 [X], c'est un sous-espace vectoriel de E ; les fonctions
d'intégrale nulle constituent également un sous-espace vectoriel de E à cause de laZ linéarité de
1
l'intégrale. Si une fonction appartient à F ∩ G, elle est constante égale à k, avec k dt = 0,
−1
soit 2k = 0. Seule la fonction nulle
Z convient. Enn, on peut
Z écrire n'importe quelle fonction
1 1 1 1
 
continue f sous la forme f (x) = f (t) dt+ f (x) − f (t) dt . Le morceau de gauche
2 −1 2 −1 Z 1
est évidemment une constante k, celui de droite, si on le nomme g(x), vérie g(t) dt =
−1
Z 1
f (t) − k dt = 2k − 2k = 0. Autrement dit, g ∈ G, et f ∈ F + G, ce qui prouve la
−1
supplémentarité de F et G dans E (attention, ici, on ne peut sûrement pas utiliser d'argument
de dimension car E n'est pas un espace vectoriel de dimension nie).
• Chacun des ensembles F et G est un sous-espace vectoriel de E à cause de la linéarité des
équations (vérication triviale). Attention tout de même, l'énoncé a un petit peu oublié de
préciser que les suites de F et de G devaient aussi appartenir à E , sinon l'exercice n'a plus
aucun sens ! Soit donc une suite appartenant à F et G. Elle vérie un+1 = −un , donc un+2 =
−un+1 = un , ce qui implique en prenant la dénition de G que un +2un +un = 0, donc un = 0.
La suite est donc nulle. Considérons désormais une suite quelconque (un ) de E , et posons vn =
un+1 +un . La suite (vn ) vérie vn+2 −2vn+1 +vn = un+3 +un+2 −2un+2 −2un+1 +un+1 +un = 0
puisque (un ) ∈ E . La suite (vn ) appartient donc à G. De même, la suite (un +un−1 ) appartient
à G (il sut de décaler les relations). Puisque G est un sous-espace vectoriel, la suite dénie
par wn = un+1 +2un +un−1 appartient aussi à G. Posons maintenant zn = un+1 −2un +un−1 ,
alors zn+1 + zn = un+2 − un+1 − un + un−1 = 0 puisque (un ) ∈ E . La suite (zn ) appartient
1 1 1 1
donc à F . Il sut alors de constater que un = wn − zn , avec wn ∈ G et − zn ∈ F . Nous
4 4 4 4
avons bien achevé la preuve du fait que E = F ⊕ G (ici, tous les espaces sont de dimension
nie mais c'est loin d'être évident !).

5
Exercice 7 (**)
1. Comme on est un peu paresseux et qu'on n'a pas envie de résoudre un système, on se contente
de constater que 2×(1, 2, 0, 1)+(2, 1, 3, −1) = (4, 5, 3, 1), donc Vect(F) = Vect((1, 2, 0, 1); (2, 1, 3, −1)).
Les deux vecteurs restants n'étant certainement pas proportionnels, dim(Vect(F)) = 2, et on
vient d'exhiber une base de Vect(F).
2. Il fallait bien sûr comprendre Vect(F) et pas seulement F dans l'énoncé de la question. On
peut écrire Vect(F) = {(a+2b, 2a+b, 3b, a−b) | (a, b) ∈ R2 }. Il sut de trouver deux équations
reliant les quatre coordonnées pour décrire le sous-espace qu'on sait déjà être de dimension 2.
Par exemple, en notant (x, y, z, t) les quatre coordonnées, y −x = 2a+b−a−2b = a−b = t, et
x + y = 3a + 3b =3(a − b) + 6b = 3t + 2z . Il y a évidemment énormément d'autres possibilités,
x + y − 2z − 3t = 0
mais le système en est une.
x − y + t = 0
3. Il sut de  résoudre  le système : t = x + z , puis y = −2x − z − t = −3x − 2z , donc
G = {(x, −3x − 2z, z, x + z) | (x, z) ∈ R2 } = Vect((1, −3, 0, 1); (0, −2, 1, 1)). Manifestement,
dim(G) = 2.
4. Puisque les deux sous-espaces sont de dimension 2, la somme des dimensions vaut 4, il sut
par exemple de prouver que F ∩ G = {0} pour prouver la supplémentarité. On peut par
exemple choisir u = (a + 2b, 2a + b, 3b, a − b) ∈ F et imposer que u ∈ G, ce qui donne les deux
équations 2(a + 2b) + 2a + b + 3b + a − b = 0 et a + 2b + 3b − a + b = 0, soit 5a + 7b = 6b = 0,
qui n'a manifestement comme unique solution que a = b = 0, donc Vect(F) ⊕ G = R4 . Pour
la décompositiondu vecteur, il faut écrire (6, 10, 8, 2) = (a + 2b + x, 2a + b − 3x − 2z, 3b + z, a −

 a + 2b + x = 6
2a + b − 3x − 2z = 10

b + x + z), soit . On sait déjà quelles combinaisons

 3b + z = 8
a − b + x + z = 2

eectuer : en écrivant 2L1 + L2 + L3 + L4 , il reste 5a + 7b = 32, et en faisant L1 + L3 − L4 ,
18
on trouve 6b = 12, ce qui donne b = 2 puis a = . Pour éliminer les a et les b, on a aussi des
5
combinaisons toutes prêtes : L1 +L2 −2L3 −3L4 donne −5x−7z = −6 ; et L1 −L2 +L4 donne
5x + 3z = −2. La somme de ces deux conditions nous donne maintenant −4z = −8 soit z = 2,
8
puis x = − . Reste à calculer (a + 2b, 2a + b, 3b, a − b) = (7.6, 9.2, 6, 1.6) = xF ∈ Vect(F),
5
et (x, −3x − 2z, z, x + z) = (−1.6, 0.8, 2, 0.4) = xG ∈ G. La somme de ces deux vecteurs est
égale à (6, 10, 8, 2), ce qui répond à la question posée.

Exercice 8 (*)
1. En notant a, b, c et d les quatre coecients d'une matrice quelconque de M2 (R), l'ap-
partenance de la matrice à notre premier ensemble est équivalente aux quatre conditions
a + 2c = b + 2d = −2a − 4c = −4b − 4d = 0. On se rend immédiatement compte que
les deux dernières équations sont les mêmes que les deux premières à un facteur −2 près,
ce qui mène à une
  résolution facile : a = −2c et b = −2d. Autrement dit, on trouve S =
−2c −2d
| (c, d) ∈ R2 . On constate que cet ensemble est un sous-espace vectoriel de
c d
   
−2 0 0 −2
dimension 2 de M2 (R). On peut en donner facilement une base : ; .
1 0 0 1
2. Le principe est le même, mais les équations sont cette fois-ci a + 2c = a − 2b ; b + 2d =
2a − 4b ; −2a − 4c = c − 2d et −2b − 4d = 2c − 4d. La première équation donne c = −b,
la dernière est alors automatiquement vériée. Les deux autres peuvent maintenant s'écrire
5b + 2d − 2a = −2a + 5b + 2d = 0. Mais oui, ce sont encore les mêmes ! On impose donc

6
d + 25 b b
 
5
a = d + b pour obtenir des matrices de la forme , soit encore un sous-espace
2 −b d
 5  
1
vectoriel de dimension 2, dont une base est 2 ; I2 .
−1 0

Exercice 9 (***)
1. L'existence de chacun des deux supplémentaires, c'est du cours. En appliquant la formule de
Grassmann, on peut par ailleurs écrire dim(F ∩ G) + dim(F 0 ) = dim(F ), donc dim(F 0 ) =
dim(F ) − dim(F ∩ G). De même, dim(G0 ) = dim(G) − dim(F ∩ G). Comme dim(F ) = dim(G)
par hypothèse, on a bien en eet dim(F 0 ) = dim(G0 ).
2. Si x ∈ F 0 ∩ G0 , en particulier x ∈ F ∩ G, puisque F 0 ⊂ F et G0 ⊂ G. Mais l'intersection de F 0
et F ∩ G est réduite au vecteur nul, puisqu'ils sont supplémentaires dans F , donc x = 0.
3. Commençons par constater, en notant p = dim(F ) = dim(G), que dim(F + G) = dim(F ) +
dim(G) − dim(F ∩ G) = p + p − (p − k) = p + k . Un supplémentaire de F (ou de G)
dans F + G devrait donc avoir pour dimension p + k − p = k, la même que celle de F 0 ou
de G0 . Notons (f1 , f2 , . . . , fk ) une base de F 0 , et (g1 , g2 , . . . , gk ) une base de G0 (elles ont
le même nombre d'éléments puisque les deux espaces sont de même dimension), et notons
B = (f1 + g1 , f2 + g2 , . . . , fk + gk ). Cette famille est certainement constituée de vecteurs
de F + G, et elle est libre car si on suppose λ1 (f1 + g1 ) + · · · + λk (fk + gk ) = 0, alors
λ1 f1 + · · · + λk fk = −(λ1 g1 + · · · + λk gk ). D'après la question précédente, chacun des deux
membres est alors nul (celui de gauche est dans F 0 , celui de droite dans G0 ), ce qui implique
la nullité de chaque coecient puisque la famille (f1 , . . . , fk ) est libre comme base de F 0 . Il
sut désormais de prouver que Vect(B) a une intersection nulle avec F et avec G pour qu'il
en soit supplémentaire, puisqu'il est de la bonne dimension k. Prouvons par exemple que
Vect(B) ∩ F = 0. Soit donc x = λ1 (f1 + g1 ) + · · · + λk (fk + gk ) et supposons que x ∈ F . Alors
λ1 g1 + λ2 g2 + . . . λk gk = x − (λ1 f1 + · · · + λk fk ) ∈ F puisque tout ce qui est dans le membre de
droite appartient à F . Mais le membre de gauche, lui, appartient à G0 , donc à G. Le membre
de droite est alors dans F ∩ G, qui est supplémentaire de G0 dans G. Chacun des deux deux
membres est alors nécessairement nul, ce qui assure la nullité de tous les coecients, donc de
x. Les espaces Vect(B) et F ont dont pour dimensions respective p et k , ont une intersection
nulle, ils sont supplémentaires dans F +G qui est de dimension p+k. On démontre exactement
de la même façon que G ⊕ Vect(B) = F + G.
4. On considère la base B précédente, on la complète en une base (f1 +g1 , . . . , fk +gk , h1 , h2 , . . . , hp )
de F + G, puis on complète encore en une base (f1 + g1 , . . . , fk + gk , h1 , h2 , . . . , hp , e1 , . . . , en )
de E . La famille (f1 + g1 , . . . , fk + gk , e1 , e2 , . . . , en ) est alors une base d'un supplémentaire
commun de F et de G dans E . En eet, par construction, (e1 , . . . , en ) est une base d'un
supplémentaire de F + G dans E , donc la famille considérée engendre un espace dont l'inter-
section avec F et G est nulle. Il a par ailleurs une dimension f + n qui est complémentaire
de celle de F (qui vaut p) dans E (qui est de dimension k + p + n au vu de la base construite
pour E . De même, ce sous-espace est supplémentaire de G.

Exercice 10 (***)
     
a b c 1 0 0 0 1 0
1. Une matrice symétrique s'écrit  b d e , donc S = Vect  0 0 0  ;  1 0 0  ;
c e f 0 0 0 0 0 0
       
0 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0
 0 0 0  ;  0 1 0  ;  0 0 1  ;  0 0 0 . En particulier, dim(S) = 6.
1 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0 1

7
     
0 1 0 0 0 1 0 0 0
De même, dim(A) = 3, et A = Vect  −1 0 0  ;  0 0 0  ;  0 0 1 .
0 0 0 −1 0 0 0 −1 0
2. La trace étant linéaire, T est un sous-espace vectoriel de M3 (R). On peut décrire T comme
l'ensemble des matrices vériant l'unique équation a11 + a22 + a33 = 0, système ô combien
dicile à résoudre, dans lequel on ne peut exprimer qu'une pauvre inconnue en fonction des
huit autres (dont six n'apparaissent tout bonnement pas dans l'équation). On en déduit que
dim(T ) = 8. On trouve facilement une base même si c'est très pénible à expliciter :
         
1 0 0 0 1 0 0 0 1 0 0 0 0 0 0
 0 0 0  ;  0 0 0 ; 0 0 0 ; 1 0 0 ; 0 1 0 ;
0 0 −1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 −1
     
0 0 0 0 0 0 0 0 0
 0 0 1 ; 0 0 0 ; 0 0 0 .
0 0 0 1 0 0 0 1 0
3. C'est l'ensemble des solutions d'un système linéaire homogène d'équations, donc un sous-
espace vectoriel de M3 (R).
4. En notant les coecients d'un matrice de M dans l'ordre alphabétique, on doit avoir a+b+c =
d+e+f = g+h+i = a+d+g = b+e+h = c+f +i = a+e+i = c+e+g . On obtient facilement
g = b + c − d ; h = a + c − e et i = a + b − f , ce qui nous ramène aux conditions suivantes sur
les six premiers coecients (en supprimant les égalités sur les colonnes qu'on vient d'exploiter
et en remplaçant dans tout le reste) : a + b + c = d + e + f = 2(a + b + c) − d − e − f =
2a+b+e−f = b+2c+e−d. On peut supprimer le troisième nombre qui est toujours égal aux
deux premiers si ceux-ci sont égaux. Reste a+b+c = d+e+f = 2a+b+e−f = b+2c+e−d.
On en déduit que f = a − c + e (en exploitant a + b + c = 2a + b + e − f ) et d = c + e − a, donc
a+b+c
en remplaçant dans la première égalité, a + b + c = 3e, soit e = . On peut alors tout
3
2 1 4 4 1 2
exprimer en fonction de a, b et c : d = c + e − a = − a + b + c ; f = a + b − c ; puis
3 3 3 3 3 3
2 2 1 2 1 2 1 2 2
g = b + c − d = a + b − c ; h = a − b + c et i = − a + b + c. Les trois coecients
3 3 3 3 3 3 3 3 3
de la première ligne peuvent être choisis comme on le souhaite, les autres sont alors imposés,
donc dim(M) = 3, on en trouve une base en imposant successivement la valeur 3 (on pourrait
prendre 1 mais avec 3 tous lescoecients
 serontentiers)
 aux réels , b et c et 0 à chacun
 a  des
3 0 0 0 3 0 0 0 3
deux autres. Ainsi, M = Vect  −2 1 4  ;  1 1 1  ;  4 1 −2 .
2 2 −1 2 −1 2 −1 2 2
5. Par rapport à la question précédente, si on veut une matrice symétrique, on ajoute les condi-
2 1 4
tions b = d ; c = g et f = h. soit en reprenant les formules précédentes b = − a + b + c ;
3 3 3
2 2 1 4 1 2 2 1 2
c = a + b − c et a + b − c = a − b + c. Quitte à tout multiplier par 3 et à
3 3 3 3 3 3 3 3 3
tout passer du même côté, ces trois équations deviennent 2a + 2b − 4c = 2a + 2b − 4c =
a+b
2a + 2b − 4c = 0. Les trois équations sont donc identiques et imposent c = . Il reste
2
deux coecients
 libres ,donc
 dim(M ∩S)  = 2. On peut être plus précis et écrire que
2 0 1 0 2 1
S ∩ S = Vect  0 1 2  ;  2 1 0 . Si on tient à mettre un 1 en haut à gauche,
1 2 0 1 0 2
 
1 1 1
on peut par exemple prendre M =  1 1 1  (mais il y a plein d'autres possibilités, par
1 1 1
exemple la première matrice de notre base divisée par 2).
6. On impose cette fois-ci six conditions supplémentaires : a = e = i = 0 ; b = −d ; c = −g et

8
b+c
f = −h. Si a = 0, e = donc la condition e = 0 impose c = −b. La condition i = 0 est
3
1 4 2 1
alors automatique, et les trois autres aussi : d = b − b = −b ; g = b + b = b = −c et
3 3 3 3
1 2
f = b + c = b = −h. On peut encore choisir librement la valeur de b, donc dim(M ∩ A) = 1,
3 3  
0 1 −1
et M ∩ A = Vect  −1 0 1 . Si on veut un coecient 1 au bout de la première
1 −1 0
ligne, on prend l'opposé de la matrice qu'on vient de citer.
7. Cela découle immédiatement des calculs faits pour trouver la dimension
 de M, on 
remplit la
1 2 3
matrice en respectant les équations trouvées dans la question 4 : M =  4 2 0 .
1 2 3

Exercice 11 (***)
1. Même sans utiliser les polynômes de Lagrange, on constate que P1 est un polynôme de degré
2 ayant 3 et 5 pour racines, donc P1 = k(X − 3)(X − 5). La condition P1 (1) = 1 impose
1 1 15
1 = k × (−2) × (−4), soit k = , et donc P1 = X 2 − X + .
8 8 8
1
2. On peut procéder de même : P3 = k(X − 1)(X − 5), avec 1 = k × 2 × (−2), donc k = −
4
1 3 5
et P3 = − X 2 + X − . Enn, on aura P5 = k(X − 1)(X − 3) avec k = 8, donc P5 =
4 2 4
X2 1 3
− X+ .
8 2 8
3. Supposons donc qu'une combinaison linéaire de ces trois polynômes s'annule : aP1 + bP3 +
cP5 = 0, alors les trois réels a, b et c doivent vérier (quitte à tout multiplier par 8) a(X 2 −
8X + 15) − 2b(X 2 − 6X + 5) + c(X 2 − 4X + 3) = 0, soit (a − 2b + c)X 2 + (−8a + 12b − 4c)X +
15a − 10b + 3c = 0. Un polynôme  étant nul si et seulement si ses coecients sont nuls, nos
 a −2b + c = 0
réels sont solutions du système −2a + 3b − c = 0 . Les opérations L1 + L2
15a − 10b + 3c = 0

et L3 − 3L1 donnent alors les équations b − a = 12a − 4b = 0, qui impliquent rapidement
a = b = 0, ce qui induit à son tour c = 0. La famille est donc bien libre. Les plus malins
auront évité ces calculs en pensant à remplacer X par 1, 3 et 5 dans la combinaison initiale
pour obtenir immédiatement a = b = c = 0 au vu de la dénition des trois polynômes.
4. Il s'agit d'une famille libre de trois vecteurs dans un espace vectoriel de dimension 3, c'est
automatiquement une base.
5. Il faut cette fois chercher troisréels a, b et c vériant aP1 + bP3 + cP5 = X 2 − 3X − 1, ce qui
 a −2b + c = 8
revient à résoudre le système −2a + 3b − c = 6 (attention à ne pas oublier
15a − 10b + 3c = −8

bêtement de multiplier les membres de droite par 8 pour les deux équations extrêmes, et par
2 pour celle du milieu puisqu'on l'avait simpliée par 4 en passant). Les mêmes opérations
sur les lignes que tout à l'heure donnent b − a = 2 et 12a − 4b = −32. On peut diviser la
deuxième équation par 4 : 3a − b = −8, donc en substituant 3a − (a + 2) = −8, ce qui donne
a = −3, puis b = −3 + 2 = −1 et enn c = 8 − a + 2b = 9 (en reprenant par exemple la
première équation du système). Les coordonnées recherchées sont donc (−3, −1, 9).
6. On calcule facilement Q(1) = −3, Q(3) = −1 et Q(5) = 9. Aucune coïndidence invraisem-
blable là-dessous, encore une fois il sut de remplacer X par 1, 3 et 5 dans l'égalité dénissant
le système qu'on vient de résoudre pour trouver directement a, b et c à l'aide de la dénition
des polynômes.

9
7. Il faut donc eectuer la division euclidienne de X 5 par P0 = (X − 1)(X − 3)(X − 5) =
X 3 − 9X 2 + 23X − 15. Eh bien allez, un peu de motivation :

X5 X 3 − 9X 2 + 23X − 15
− (X 5 − 9X 4 + 23X 3 − 15X 2 ) X 2 + 9X + 58
9X 4 − 23X 3 + 15X 2
− (9X 4 − 81X 3 + 207X 2 − 135X)
58X 3 − 192X 2 + 135X
− (58X 3 − 522X 2 + 1 334X − 870)
330X 2 − 1 199X + 870
On en déduit donc que f (P ) = 330X 2 − 1 199X + 870. Quoi, il fallait vraiment faire un calcul
aussi ignoble ? Mais quel est le malade qui a posé un tel exercice ? Bon, le malade propose
une autre méthode, consistant à poser f (P ) = aX 2 + bX + c (le reste est forcément de degré
inférieur ou égal à 2), puis à poser comme d'habitude X = 1, X = 3 et X = 5, ce qui mène
aux trois équations a + b + c = 1 (très sympa), 9a + 3a + c = 243 (déjà un peu moins sympa),
et 25a + 5b + c = 3 125 (là c'est assez atroce, mais bon, vu les solutions qu'on est censés
obtenir, ce n'est pas très surprenant). On résout ce petit système et on retrouve bien sûr les
valeurs obtenues plus haut. Bon, ok, c'est pas vraiment mieux.
8. Si on connait son théorème de division euclidienne, c'est évident : le reste a un degré stricte-
ment inférieur à celui de P0 , donc est de degré inférieur ou égal à 2.
9. On a f (P ) = 0 si et seulement si P est divisible par P0 , donc si P = kP0 , avec k ∈ R, puisque
P est supposé de degré égal à celui de P0 .
10. Puisqu'on a prouvé plus haut que (P1 , P3 , P5 ) est une base de E , on peut écrire f (P ) =
aP1 + bP3 + cP5 . En évaluant pour X = 1, 3 et 5 (on commence à avoir l'habitude), on trouve
a = f (P )(1), b = f (P )(3), et c = f (P )(5). Mais par dénition, on a P = P0 Q+f (P ) (division
euclidienne), avec P0 (1) = P0 (3) = P0 (5), donc f (P ) prend les mêmes valeurs que P pour
X = 1, 3 ou 5, ce qui prouve exactement ce qui était demandé.

Exercice 12 (***)
1. Avec
 les notations imposées par l'énoncé, l'égalité AX = −X se traduit par le système
 5x − 10y − 4z = −x
3x − 6y − 2z = −y . En passant tout à gauche (et en divisant la première
−3x + 5y + z = −z

par deux), on obtient trois fois la même équation 3x − 5y − 2z = 0. On peut donc exprimer
3 5
z = x − y , et en déduire que G1 = Vect((2, 0, 3); (0, 2, −5)) (on peut multiplier par 2
2 2
les deux vecteurs de la base, ça ne change rien). En particulier, G1 est bien un sous-espace
vectoriel de E , et dim(G1 ) = 2.

 3x − 10y − 4z = 0
2. On se ramène cette fois-ci au système 3x − 8y − 2z = 0 . Les opérations L2 −
−3x + 5y − z = 0

L1 et L1 + L3 donnent les équations 2y + 2z = 0 et −5y − 5z = 0, qui sont manifestement
équivalentes. On garde donc la condition z = −y et on reporte dans l'une des équations du
système initial pour en déduire 3x − 6y = 0, soit x = 2y . On a donc G2 = Vect((2, 1, −1)),
c'est un sous-espace vectoriel de dimension 1.
3. On peut déjà constater que dim(G1 ) + dim(G2 ) = 2 + 1 = 3 = dim(E), il sut donc de
prouver que G1 ∩ G2 = {0} pour conclure à la supplémentarité. Or, si (x, y, z) ∈ G1 ∩ G2 , la
matrice-colonne X correspondante vérie à la fois AX = −X et AX = 2X , donc −X = 2X
et X = 0, ce qui prouve que G1 ∩ G2 = {0}. Les deux sous-espaces sont bien supplémentaires
dans E .

10
 
2 0 2
4. Posons donc P =  0 2 1 . Pour déterminer son inverse éventuel, cherchons à ré-
3 −5 −1

 2x + 2z = a
soudre le système 2y + z = b . Procédons pour une fois par substitution :
3x − 5y − z = c

a b z
les deux premières équations donnent x = − z et y = − . En reportant dans la troisième
2 2 2
3 5 5 3 3 5 5 2
équation, a − 3z − b + z − z = c, soit − z = − a + b + c, et donc z = a − b − c.
2 2 2 2 2 2 3 3
1 5 2 1 4 1
On en déduit que x = − a + b + c et y = − a + b + c. La matrice P est donc bien
2  3 3  2 3 3
− 21 5
3
2
3
inversible, d'inverse P −1 =  − 12 43 1 
3 .
5
1 − 3 − 23
5. Le résultat intermédiaire dépend du chois de la matrice P , mais pas le résultat nal (à
l'ordre 
près des coecients
 sur la diagonale).
 Avec la matrice
 P choisie ci-dessus, on trouve
−2 0 4 −1 0 0
AP =  0 −2 2  , puis P AP =
−1  0 −1 0 .
−3 5 −2 0 0 2
6. Il est facile de prouver que F est un sous-espace vectoriel de E en revenant à la caractéri-
sation classiques des sous-espaces vectoriels : la matrice nulle commute avec tout le monde
donc appartient à F ; si AM = M A, alors λAM = λM A ; et si de plus AN = N A, alors
A(M + N ) = AM + AN = M A + N A = (M + N )A, donc l'ensemble est stable par somme et
par produit par un réel. Pour obtenir une base, il va toutefois falloir résoudre le système, ce
qui va demander un tout petit peu d'abnégation. En notant de a à i les coecients
 de la ma-
5a − 10d + 4g 5b − 10e + 4h 5c − 10f + 4i
trice M , on calcule AM =  3a − 6d − 2g 3b − 6e − 2h 3c − 6f − 2i , puis M A =
−3a + 5d + g −3b + 5e + h −3c + 5f + i
 
5a + 3b − 3c −10a − 6b + 5c −4a − 2b + c
 5d + 3e − 3f −10d − 6e + 5f −4d − 2e + f . L'égalité de ces deux produits se tra-
5g + 3h − 3i −10g − 6h + 5i −4g − 2h + i
3b − 3c +10d + 4g = 0






 10a + 11b − 5c − 10e − 4h = 0



 4a + 2b + 4c − 10f − 4i = 0
 3a − 11d − 3e + 3f − 2g = 0


duit par l'horrible système 3b + 10d − 5f − 2h = 0 . Essayons
3c + 4d + 2e − 7f − 2i = 0




3a − 5d + 4g + 3h − 3i = 0




3b − 5e − 10g −



 7h + 5i = 0

3c − 5f − 4g − 2h = 0
3 3 5
d'exprimer les trois dernières inconnues en fonctions des six premières : g = − b+ c− d dans
4 4 2
1 5 3
la première équation ; i = a + b + c − f dans la troisième équation ; et h = b + 5d − 52 f
2 2 2
dans la cinquième équation. On constate qu'on n'a pas utilisé la variable e, et qu'on peut
obtenir cette dernière en fonction des cinq autres en exploitant la deuxième équation :
11 1 2 1 1
e = a + b − c − h = a + b − c − 2d + f . Remplaçons désormais tout dans le membre de
10 2 5 2 2
gauche de chacune des cinq équations restantes, celui de la quatrième équation initiale devient
3 3 3 3
3a−11d−3e+3f −2g = 3a−11d−3a− b+ c+6d−3f +3f + b− d+5d = 0 puisque tout
2 2 2 2
s'annule. Autant dire que cette équation ne sert plus rien et peut être allègrement supprimée.
Passons à la sixième équation : 3c+4d+2e−7f −2i = 3c+4d+2a+b−c−4d+2f −7f −2a−

11
b − 2c + 5f = 0. Encore une où tout s'annule, on supprime et on passe à la septième équation :
9 15 3 15
3a − 5d + 4g + 3h − 3i = 3a − 5d − 3b + 3c − 10d + b + 15d − f − 3a − b − 3c + f = 0. In-
2 2 2 2
croyable, encore une équation de moins ! Passons donc à la huitième : 3b − 5e − 10g − 7h + 5i =
5 5 15 15 21 35 5 25
3b−5a− b+ c+10d−5f + b− c+25d− b−35d+ f +5a+ b+5c− f = 0. Mais
2 2 2 2 2 2 2 2
oui, tous ces coecients absolument atroces s'annulent bel et bien. Encore une équation, mais
j'imagine que vous vous doutez de ce qui va se produire : 3c−5f −4g −2h = 3c−5f +3b−3c+
10d − 3b − 10d + 5f = 0. Encore une équation à jeter à la poubelle, ce qui revient à dire que les
cinq inconnues a, b, c, d et f peuvent être choisies comme on le souhaite, et donc que F est un
sou-espace vectoriel de E de dimension 5. Pour obtenir une base de F , on xe l'une de ces cinq
inconnues égale
 à 1 et les quatre
  autres égales à0, ce qui nousdonne
 la famille dematrices
0 10 0 0 1 0 0 0 0 0 0
suivante : I;  0 1
20  ;  0 − 21 0  ;  1 −2 0  ;  0 1 1 . Les co-
3 31 3 5
−4 22 4 0 1 −2 5 0 0 − 2 − 52
5

ordonnées de la matrice A elle-même dans cette base sont tout bêtement (5, −10, −4, 3, −2),
puisqu'il sut de prendre les valeurs des coecients en position a, b, c, d et f vu la base
choisie.

Exercice 13
1. (a) C'est essentiellement évident : si on connait les deux premiers termes de la suite, alors
on pourra calculer par récurrence double triviale chacun des termes suivants, et récipro-
quement on ne peut pas dénir la suite sans connaitre ses deux premiers termes puisque
ceux-ci peuvent être choisis librement.
(b) La suite nulle vérie la relation de récurrence (0 − 0 + 0 = 0, ça marche assez bien). Si
(un ) vérie la relation, alors (λun ) aussi (il sut de multiplier la relation par λ), et si (vn )
est une deuxième suite vériant la même relation, en additionnant les deux égalités, on
obtiendra immédiatement que (un + vn ) est aussi une suite de F . L'ensemble F est donc
bien un sous-espace vectoriel de E .
(c) Ces deux suites sont bien dénies de façon unique d'après les remarques faites à la pre-
mière question. Elles forment une famille libre de façon évidente puisqu'elles ne sont pas
proportionnelle : si avn + bwn = 0, on obtient immédiatement a = 0 en prenant n = 0 et
b = 0 en posant n = 1. Le caractère générateur est moins évident. Soit (un ) une suite ap-
partenant à F , posons, pour tout entier n, zn = u0 × vn + u1 × wn . La suite (zn ) appartient
certainement à F puisqu'elle est combinaison linéaire des deux suites (vn ) et (wn ) qui sont
donc F . De plus, par construction, z0 = u0 × 1 + u1 × 0 = u0 , et de même z1 = u1 . La suite
(zn ) est donc une suite de F ayant les mêmes premiers termes que (un ), elle est forcément
égale à (un ). Comme (zn ) ∈ Vect((vn ), (wn )) par construction, on a bien prouvé que notre
famille est génératrice de F , et donc une base de F . On en déduit immédiatement que
dim(F ) = 2.
u +u
2. (a) Dans ce cas, la relation peut s'écrire un+1 = n n+2
, ce qui est eectivement une dé-
2
nition possible des suites arithmétiques (c'est même l'origine du nom donné à ces suites :
chaque terme de la suite est la moyenne arithmétique des deux termes qui l'entourent ; si
on remplace cette condition par une moyenne géométrique, on obtient sans grande surprise
des suites géométriques !). Une façon originale de faire : les suites arithmétiques vérient
en eet cette condition, puisque un = u0 + nr ⇒ un + un+2 = 2u0 + (2n + 2)r = 2un+1 ,
et l'espace vectoriel des suites arithmétiques est de dimension 2 (une suite arithmétique
étant dénie de façon unique par son premier terme et sa raison). Comme il est inclus
dans F et que F est lui-même de dimension 2, on en déduit qu'ils sont égaux, et que les
suites de F sont toutes les suites arithmétiques.

12
(b) Il sut d'écrire la condition, en remplaçant un par sa valeur : ptk+2 − tk+1 + (1 − p)tk = 0.
On factorise par tk (qui ne sera pas nul si on choisit un t 6= 0) pour obtenir immédiate-
ment pt2 − t + 1 − p = 0. L'équation du second degré obtenu admet pour discriminant
1 + 2p − 1
∆ = 1 − 4p(1 − p) = 4p2 − 4p + 1 = (2p − 1)2 , et pour racines t1 = = 1, et t2 =
2p  n 
1 − 2p + 1 1 1
= − 1. Les deux suites (vn ) = (1) (suite constante) et (wn ) = −1
2p p p
appartiennent donc à F et, n'étant pas proportionnelles, forment une famille libre d'élé-
ments de F . Comme F est de dimension 2, la famille ((un ), (vn )) est donc une
 basede n
1
F . Toute suite appartenant à F peut donc s'écrire sous la forme un = A + B −1 .
p
Notez qu'on vient ainsi de démontrer à l'aide d'espaces vectoriels un cas particulier du
théorème sur les suites récurrentes linéaires d'ordre 2 (dont le cas général se démontre
rigoureusement par la même méthode).
(c) On sait dans ce cas que (un ) est une suite arithmétique, donc un = u0 + nr = 1 + nr. La
1 n
condition ui = 0 implique 1 + ri = 0, soit r = − , et on en déduit que un = 1 − .
i i
(d) Cette fois-ci on sait que un = A + Bxn . La première condition initiale (pour n = 0) se
traduit par l'égalité A + B = 1, et la deuxième par A + Bxi = 0. En soustrayant les
1 xi
deux, on a B(1 − xi ) = 1, soit B = , puis A = 1 − B = − . Finalement,
1 − xi 1 − xi
xn − xi
un = .
1 − xi
3. (a) C'est exactement la même méthode, l'ensemble G est un sous-espace vectoriel de E de
façon évidente en revenant à la dénition. On dénit ensuite trois suites appartenant à
G de la façon suivante : v0 = 1, v1 = v2 = 0 et les termes suivants de la suite (vn ) sont
déterminés par la relation de récurrence dénissant G ; w1 = 1, w0 = w2 = 0 et de même
(wn ) ∈ G ; et enn t0 = t1 = 0 et t2 = 1 avec (tn ) ∈ G. Ces trois suites forment très
clairement une famille libre de G, mais aussi une famille génératrice car toute suite (un )
appartenant à G peut s'écrire un = u0 vn +u1 wn +u2 tn (exactement le même raisonnement
qu'en 1.c). Du coup, (v, w, t) est une base de G, qui est un espace vectoriel de dimension
3.
(b) On copie cette fois-ci le raisonnement de la question 2.b : la suite géométrique de raison
t est dans G si 4t3 − 4t2 − t + 1 = 0. Or, cette équation se factorise sous la forme
1
4t2 (t − 1) − (t − 1) = 0, soit (t − 1)(4t2 − 1) = 0. Elle admet pour solution t1 = 1, t2 = et
   n 2
1 1 1
t3 = − . Les trois suites z1 = (1), z2 = et z3 = − appartiennent donc à G.
2 2n 2
Elles forment par ailleurs une famille libre : si on suppose que az1 + bz2 + cz3 = 0, alors on
1 1 1 1
aura a + b + c = 0 (pour n = 0) ; a + b − c = 0 (pour n = 1) et a + b + c = 0 (pour
2 2 4 4
1 3
n = 2). La soustraction des deux premières équations donne b + c = 0, la soutraction
2 2
1 3
des deux dernières donne b − c = 0, ces deux conditions ne peuvent être vériées que
4 4
si b = c = 0, et donc a = 0. Cette famille libre de trois suites dans un espace vectoriel de
dimension 3 est nécessairement une base de G.
B C
(c) Toute suite appartenant à G peut donc s'écrire sous la forme un = A + n + . Avec
2 (−2)n
les conditions initiales données,
 et quitte à multiplier par 2 et 4 les deux dernières, on
 a + b + c = 1
doit donc résoudre le système 2a + b − c = 5 . Soustraire les deux équations
4a + b + c = 7

extrêmes donne immédiatement 3a = 6, soit a = 2. On a ensuite b + c = −1 et b − c = 1,

13
 n
1
dont on déduit facilement que b = 0 et c = −1. Autrement dit, un = 2 − − .
2

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