LA FAUTE
La responsabilité civile est un domaine du droit, dans les traditions de droit romano-
germaniques, visant à réparer le non-respect d'une obligation ou d'un devoir envers autrui. Il
vise à indemniser une victime.
La responsabilité civile se divise généralement en deux grands domaines : la responsabilité
civile contractuelle et la responsabilité civile délictuelle (appelée parfois responsabilité
extracontractuelle). Dans plusieurs pays, la responsabilité civile est régie par un ensemble
d'articles du Code Civil1,2.
La responsabilité civile s'oppose fréquemment à la responsabilité pénale. Dans le premier cas,
l'objectif est d'indemniser le préjudice subi par une personne alors que dans le deuxième cas,
il s'agit de répondre face à l'État de la violation d'une règle (menant généralement à une
amende ou à l'emprisonnement).
La responsabilité civile n'est pas un concept présent dans les traditions juridiques de common
law. En remplacement, ces traditions ont différentes branches du droit qui joue un rôle
similaire : la responsabilité civile délictuelle, le droit des contrats, etc.
De ce fait, la faute est un comportement que l'on peut juger défectueux soit parce qu'il est
inspiré par l'intention de nuire, soit parce qu'il va à l'encontre d'une règle juridique, soit parce
qu'il apparait déraisonnable et maladroit.
I- Les éléments constitutifs de la faute
A- L'élément objectif de la faute
Élément légal
Il est retenu que pour caractériser les fautes pénales, pas le cas ici (fautes civiles)
En droit pénal, pour qu'un prévenu soit condamnable, il faut qu'il ait commis une faute
constitutive d'une infraction définie, condamnée et assortie d'une peine par le législateur.
Dans le cadre de la faute civile, on s'intéressera au second critère :
Élément matériel
Aux termes même de l'article 1382 du Code civil, il faut un fait personnel, un « fait de
l'homme ». Cet élément matériel est en fait très large : il couvre tout type d'actes, positifs
(faute de commission), des écrits, des paroles, voire des omissions ou des abstentions.
La doctrine distingue alors deux types d'abstention :
l'abstention dans l'action
l'abstention pure et simple
L'abstention dans l'action correspond au comportement dans lequel, dans le cadre d'une
activité, on commet une abstention fautive. Les tribunaux se réfèrent alors au comportement
d'une personne raisonnable, c'est-à-dire que celui qui n'a pas agi alors qu'une personne
normalement diligente aurait agi, commet une faute.
B- L'élément subjectif de la faute
Aujourd'hui, l'élément subjectif de la faute n'a plus lieu d'être en France. En effet la faute est
désormais exclusivement objective depuis les cinq décisions de l'assemblée plénièrede
la Cour de cassation du 9 mai 1984.
II- La disparition de la faute
A- La non imputabilité de la faute
Traditionnellement, la faute délictuelle supposait, au-delà de la violation d'une norme, que le
responsable ait eu conscience de la portée de ses actes. Ainsi, les aliénés mentaux et
les infans étaient reconnus non responsables sur le terrain délictuel. Puis la jurisprudence a
opéré plusieurs revirements :
Dans un premier temps, la jurisprudence n'admettait pas l'irresponsabilité si la privation
de raison était volontaire (drogue, alcool, etc.). La loi 68-5 du 3 janvier 1968 portant
réforme du droit des incapables majeurs est venu confirmer ceci, dès lors l'article 489-
2 devenu 414-3 du Code civil dispose que :
"Celui qui a causé un dommage à autrui alors qu'il était sous l'empire d'un trouble mental
n'en est pas moins obligé à réparation."
Dans un second temps, cinq arrêts de l'Assemblée plénière en date du 9 mai 1984, sont
venus éclairer la situation de l'infans. Ainsi, l'infans est reconnu responsable de ses fautes
quand bien même il ne disposerait pas d'une capacité de discernement de nature à avoir
conscience de la portée de ses actes.
Dès lors, le droit positif ne se préoccupe plus du caractère subjectif de la faute, c'est-à-dire de
la capacité de discernement du responsable. La faute est désormais purement objective, le but
étant une meilleure indemnisation des victimes.
B- Les causes d'exonération
Certains évènements justifiant une faute constituée peuvent exonérer leur auteur.
Les circonstances extérieures
La force majeure
L'ordre de la loi et le commandement de l'autorité légitime
Il s'agit de la situation dans laquelle le comportement qualifié de fautif a été réalisé sur ordre
d'une autorité administrative ou étatique. Dès lors, le fautif se verra exonérer de sa
responsabilité si et seulement si cet ordre n'était manifestement pas illégal.
L'état de nécessité
Il s'agit de la situation dans laquelle l'auteur cause un dommage dans le but d'en éviter un pire
pour lui-même ou pour autrui. Dès lors, la responsabilité de l'auteur ne sera pas engagée si et
seulement si l'éventualité du pire dommage n'était pas dû à une faute de l'auteur.
Les circonstances propres à la victime
Les conventions de non responsabilité
Juridiquement, rien ne s'oppose à ce qu'une clause limitative de responsabilité, voire
une clause de non-responsabilité intègre une convention. Toutefois, en matière délictuelle il
ne s'agit pas d'une relation contractuelle. Ainsi la jurisprudence reste hostile à ce type de
convention car elle estime que la responsabilité délictuelle est d'ordre public et donc qu'on ne
peut y déroger par une clause.
Les attitudes unilatérales de la victime
L'état de légitime défense
Si la faute que l'on reproche n'est que la conséquence d'une légitime défense, alors l'auteur
s'en retrouve exonéré.
Le consentement de la victime au préjudice
En cas de dommage matériel, ce consentement a une vertu exonératoire. En cas de dommage
physique par contre, il n'y a pas de vertu exonératoire en principe. En effet, il y a une
exception en matière médicale et sportive, la faute sera exonérée.