1.
La Tentative :
a. Conditions de la tentative :
- Commencement de l'exécution : La tentative est punissable seulement si l'auteur passe à l'acte en
extériorisant son intention par des actions concrètes, excluant ainsi la simple intention criminelle et
les actes préparatoires.
- Absence de désistement volontaire : La tentative est punissable si elle n'a été suspendue que par
des circonstances indépendantes de la volonté de l'auteur. Le désistement doit être antérieur à la
consommation de l'infraction et doit être volontaire.
b. Répression de la tentative :
- La tentative de crime est punissable par principe.
- La tentative de délit est punissable uniquement en vertu d'une disposition spéciale de la loi.
- La tentative de contravention n'est jamais punissable.
2. Infractions assimilées à la tentative :
a. Infraction manquée : L'auteur a accompli tous les actes nécessaires à la consommation de
l'infraction, mais n'a pas obtenu le résultat souhaité. L'infraction manquée est assimilée à la
tentative, et l'auteur encourt la même peine que celui qui a tenté de commettre l'infraction.
b. Infraction impossible : L'infraction impossible survient lorsque l'auteur accomplit tous les actes
nécessaires à la consommation de l'infraction, mais le résultat est impossible. Malgré l'impossibilité,
l'infraction est assimilée à la tentative, et l'auteur est punissable, selon l'article 117 du Code pénal.
En résumé, la législation marocaine punit la tentative comme l'infraction consommée, et elle assimile
certaines situations, telles que l'infraction manquée et l'infraction impossible, à la tentative, avec des
peines applicables en conséquence.
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Titre 1 - La tentative, où l’infraction non consommée
Le seuil légal de consommation est variable selon les infractions, ce qui conduit à s'interroger sur
l'infraction non consommée. Dans ce titre, nous aborderons la notion de tentative (Chapitre 1) ainsi
que ses éléments constitutifs (Chapitre 2).
Chapitre 1 - La notion de la tentative
La tentative est une action coupable visant à réaliser une infraction sans accomplir le résultat
attendu. Elle se situe sur la trajectoire de l'infraction, et la difficulté réside dans l'appréciation du
moment rendant la tentative punissable. Nous examinerons les fondements doctrinaux de la
tentative (Section 1) et la classerons selon la volonté du législateur (Section 2).
Section 1 – Fondements doctrinaux de la tentative
La pensée criminelle passe par plusieurs étapes, dont la tentative, définie comme l'acte accompli en
vue de commettre une infraction, sans produire le résultat voulu. Deux visions s'opposent :
l'approche objective, basée sur le trouble social, et la tendance subjective, centrée sur la volonté
délictueuse. Le droit pénal marocain adopte une solution de compromis, intégrant les deux
approches.
Section 2 - Classification de la tentative
Seules la tentative de crime et la tentative de délit spécialement prévues par la loi sont punissables
selon le code pénal marocain. La tentative manquée peut être punissable si son interruption résulte
de circonstances indépendantes de la volonté de l'agent. En matière de complicité, la tentative n'est
possible que si l'infraction principale a été tentée ou commise. Certaines infractions ne peuvent être
tentées en raison de leur nature.
Chapitre 2 - Les éléments constitutifs de la tentative punissable
Selon l'article 114 du code pénal, la tentative est constituée par un commencement d'exécution,
suspendu ou manqué en raison de circonstances indépendantes de la volonté de l'auteur. Deux
conditions sont nécessaires : un élément matériel, le commencement d'exécution (Section 1), et un
élément psychologique, l'interruption involontaire dans l'exécution ou l'absence de désistement
volontaire (Section 2).
Section 1 - Commencement d'exécution
Le législateur marocain adopte une approche intermédiaire entre les positions objectives et
subjectives. Le commencement d'exécution englobe les actes matériels exprimant la volonté de
commettre l'infraction. La jurisprudence se base sur la relation de causalité et la proximité
temporelle pour évaluer le commencement d'exécution.
Section 2 - Absence de désistement volontaire
Le désistement volontaire est une dernière chance offerte par la loi pour échapper à la répression, à
condition qu'il soit antérieur à la consommation de l'infraction. L'absence de désistement volontaire,
ou interruption involontaire, se produit lorsque l'infraction manque son effet en raison de
circonstances extérieures à l'agent. Les tribunaux évaluent si le désistement est volontaire ou
involontaire.
En résumé, la tentative implique un commencement d'exécution suivi d'une interruption involontaire
ou de l'absence de désistement volontaire. Le code pénal marocain adopte une approche équilibrée
entre les perspectives objectives et subjectives pour évaluer la punissabilité de la tentative.
Titre 2 : La répression de la tentative
Le code pénal, en ses articles 114, 115 et 116, stipule que toute tentative de crime ayant les
éléments constitutifs de la tentative est assimilée au crime consommé et réprimée comme tel. La
tentative de délit est punissable par une disposition spéciale, tandis que la tentative de
contravention n'est jamais punissable.
Chapitre 1 – La notion du résultat, critère déterminant
La tentative d'infraction vise à atteindre un résultat, mais parfois ce résultat n'est pas atteint. Cela
peut être dû à une tentative interrompue, où les actes sont suspendus en cours d'exécution, ou à
une tentative stérile, où l'auteur mène son action sans atteindre le résultat escompté.
Section 1 : la tentative interrompue ou suspendue
Si l'interruption est volontaire avant la consommation de l'infraction, elle n'est pas sanctionnée. Si
l'interruption est due à une cause externe à l'auteur, elle est assimilée au crime ou au délit
consommé.
Section 2 – l’infraction achevée
L'infraction peut être manquée si l'auteur, par maladresse ou étourderie, n'obtient aucun résultat.
L'auteur peut être puni, car l'absence de résultat ne diminue pas sa culpabilité. L'infraction
impossible, due à une impossibilité matérielle, suscite des débats doctrinaux. Certains prônent
l'impunité absolue, tandis que d'autres défendent la répression systématique.
L'auteur peut être considéré coupable de tentative, même en cas d'infraction impossible, selon la
répression systématique. Certains proposent un compromis, distinguant l'impossibilité absolue de
l'impossibilité relative. La jurisprudence française a évolué pour assimiler l'infraction impossible à la
tentative, considérant le commencement d'exécution malgré l'absence de résultat.
En résumé, l'infraction impossible doit être réprimée, car elle révèle la dangerosité de l'auteur,
même si elle n'a pas de conséquence dommageable pour la société.
PLAN :
Titre 1 : Les Arcanes de la Tentative d'Infraction
Sous-partie 1: La notion de la tentative
Sous-partie 2 : Les éléments constitutifs de la tentative
Titre 2 : Les Arcanes de la Répression face aux Actes Inaboutis
Sous-partie 1 : Fondements légaux et critère de répression
Sous-partie 2 : Nuances dans la répression en fonction du résultat
Introduction :
‘‘Ce n’est pas parce que les lois ne punissent pas l’intention qu’une action manifestant la volonté
d’exécuter un délit ne mérite pas de peine’’. [Link].
La notion de tentative d'infraction constitue un volet crucial du droit pénal, définissant les contours
de la responsabilité pénale lorsque la réalisation complète d'une infraction est entravée.
Au fil du temps, la notion de tentative a évolué, révélant les préoccupations sociétales et juridiques
quant à la prévention des comportements criminels. L’idée de punir la tentative criminelle remonte à
des fondements juridiques anciens, évoluant avec les sociétés pour refléter les normes et les valeurs
dominantes.
Ce sujet revêt un intérêt fondamental car il explore la complexité de la répression des tentatives
criminelles, soulignant les aspects juridiques et éthiques liés à la préservation de la société tout en
assurant le respect des droits individuels.
Cependant, la répression de la tentative soulève une question cruciale : Comment équilibrer la
répression des tentatives criminelles tout en préservant les droits individuels?
Pour répondre à cette interrogation, la dissertation s’articulera autour de deux axes majeurs. D’abord
la notion de tentative, mettant en lumière sa définition et ses composantes essentielles. Puis la
répression de la tentative d'infraction, se focalisant sur ses fondements légaux et les critères de
répression, ainsi que sur les nuances liées au résultat de l'infraction.
Titre 1 : Les Arcanes de la Tentative d'Infraction
Dans cette première partie dédiée à la tentative, l'accent sera mis sur la compréhension de cette
notion complexe. La sous-partie 1 explorera la définition même de la tentative, tandis que la sous-
partie 2 examinera les éléments essentiels qui la caractérisent, offrant ainsi une base conceptuelle
solide pour la suite de notre analyse.
Sous-partie 1: La notion de la tentative
La tentative consiste en un acte répréhensible visant à commettre une infraction, sans toutefois
parvenir à réaliser le résultat escompté.
Selon les dispositions légales, la tentative de crime, lorsqu'elle rassemble tous les éléments
constitutifs de l'infraction, est assimilée au crime consommé et réprimée en conséquence (114 du
CP). En revanche, la tentative de délit est sujette à la punition seulement si prévue par une
disposition spéciale de la loi (115 du CP), tandis que la tentative de contravention demeure
impunissable (116 du CP).
S’agissant de la tentative en matière de complicité, il y a lieu de souligner que l’acte de complicité est
consommé uniquement si l’infraction principale a été commise ou tentée. Par conséquent, il n’y a
pas tentative de complicité. Cependant. La complicité de la tentative est punissable chaque fois que
la tentative est punissable.
La notion de la tentative englobe également l'examen attentif de deux aspects fondamentaux :
l'intention criminelle et les premiers actes matérialisant cette intention. L'article 114 du code pénal
stipule que la culpabilité découle de l'intention criminelle, soulignant que la tentative va au-delà de la
simple préparation. La principale distinction entre cette dernière et la tentative réside dans le
franchissement du seuil de l'exécution.
Sous-partie 2 : Les éléments constitutifs de la tentative
Les éléments constitutifs de la tentative d'infraction, se structurent autour de trois piliers
fondamentaux, chacun contribuant à définir la nature et la gravité de la tentative.
En premier lieu, l'élément matériel de la tentative se manifeste à travers les actes concrets posés par
l'auteur. Cependant, la frontière entre la simple préparation et la tentative effective est souvent
ténue. Il s'agit de distinguer les actes qui témoignent d'une réelle progression vers la commission de
l'infraction de ceux qui restent à un stade préliminaire. La jurisprudence a souvent été appelée à
préciser cette frontière délicate, prenant en compte la nature des actes, leur contexte et leur
proximité avec la réalisation effective de l'infraction.
Ensuite, l'élément moral ou intentionnel joue un rôle crucial dans la qualification de la tentative. Pour
qu'une tentative soit reconnue, il est essentiel de démontrer la volonté criminelle manifeste de
l'auteur. Cette intention doit être claire et délibérée, déduite de manière objective des actions et de
la conduite de l'individu. Ainsi, l'analyse du dessein criminel devient un aspect central de l'évaluation
de la tentative, exigeant souvent une plongée minutieuse dans les circonstances entourant l'acte.
Enfin, l'aspect de proximité avec la commission de l'infraction impose une évaluation de la distance
entre les actes posés et la réalisation effective du dessein criminel. Cette proximité est déterminante
pour établir la gravité de la tentative. Si les actes posés sont suffisamment avancés et démontrent
une intention criminelle claire, la tentative peut être constituée.
Titre 2 : Les Arcanes de la Répression face aux Actes Inaboutis
Dans cette seconde partie, nous abordons la répression de la tentative d'infraction en explorant ses
bases légales et critères, tout en analysant les nuances dans la réponse judiciaire en fonction du
résultat obtenu. Cela nous permet de comprendre comment la justice traite les comportements
criminels qui restent inaboutis.
Sous-partie 1 : Fondements légaux et critère de répression
La répression de la tentative d'infraction repose sur des assises légales clairement définies,
spécialement énoncées dans les articles 114, 115 et 116 du code pénal. Ces dispositions tracent une
ligne délicate entre la nécessité de punir les actes criminels avortés et la protection des droits
individuels.
L'article 114 instaure une assimilation, traitant la tentative de crime au même titre que le crime
consommé. Ainsi, l'auteur d'une tentative de crime encourt les mêmes sanctions que s'il avait réussi
dans son entreprise criminelle. Cette approche vise à décourager toute implication dans des actes
criminels, même si ces derniers échouent.
Toutefois, cette équivalence n'est pas étendue uniformément. La tentative de délit, par exemple, est
soumise à des dispositions spéciales de la loi, reflétant la diversité des infractions et la nécessité
d'adapter la répression selon la gravité de chaque tentative. En contrepartie, la tentative de
contravention demeure impunie, reconnaissant la relative légèreté de ces infractions.
Fondamentalement, le critère de la répression dans le contexte de la tentative d'infraction est
étroitement lié à la matérialisation du résultat. Si le dessein criminel échoue en raison d'un
désistement volontaire de l'auteur ou d'obstacles externes, cela influe considérablement sur la
détermination des sanctions. Ce critère cherche à équilibrer l'impératif de répression avec la prise en
compte des circonstances entourant la tentative.
Sous-partie 2 : Nuances dans la répression en fonction du résultat
La répression de la tentative d'infraction dévoile une diversité de réponses judiciaires, sculptées par
le résultat obtenu lors de ces actes inaboutis. Cette exploration des nuances cruciales dans le
traitement juridique des comportements criminels non consommés révèle des facettes complexes de
la justice pénale.
Lorsqu'une tentative est interrompue par le désistement volontaire de l'agent avant la
consommation de l'infraction, la justice distingue cette situation en accord avec l'article 114 du code
pénal. En cas de renoncement volontaire avant la concrétisation du délit, la tentative échappe à une
sanction pénale, mettant en avant l'importance d'encourager le repentir et l'abandon des desseins
criminels.
À l'inverse, lorsque l'interruption résulte de causes externes à l'agent, comme l'intervention de la
police ou d'un témoin, la justice assimile la tentative à l'infraction consommée. Cette approche
considère le degré d'avancement au moment de l'interruption, soulignant la prise en compte des
circonstances extérieures dans la détermination de la répression.
Dans le cas d'une infraction manquée, où l'auteur n'atteint aucun résultat en raison de maladresse,
d'étourderie ou de circonstances fortuites, l'article 114 du code pénal l'assimile à un crime. La
répression s'applique pleinement, mettant en lumière que l'intention criminelle est le critère
déterminant, indépendamment des obstacles matériels.
Enfin, l'infraction impossible génère des débats doctrinaux sur la répression à appliquer. Certains
plaident pour l'impunité absolue, arguant que l'impossibilité matérielle exclut toute répression.
D'autres soutiennent l'assimilation à la tentative, soulignant la dangerosité sociale révélée par
l'auteur, induisant ainsi une variabilité dans les réponses juridiques.
PLAN : Titre 1 : Les Arcanes de la Tentative d'Infraction
Sous-partie 1: La notion de la tentative
Sous-partie 2 : Les éléments constitutifs de la tentative
Titre 2 : Les Arcanes de la Répression face aux Actes Inaboutis
Sous-partie 1 : Fondements légaux et critère de répression
Sous-partie 2 : Nuances dans la répression en fonction du résultat