LYMPHOMES
INTRODUCTION
• Groupe de cancer du tissu lymphoïde : ganglionnaire ou
extra-ganglionnaire
• Transformation néoplasique d’une cellule lymphocytaire
• 3%-5% de tous les cancers de l’adulte
• Diagnostic anatomopathologique
• On distingue :
– Les lymphomes non hodgkiniens (LNH) de phénotype B ou T
– Le lymphome de Hodgkin (LH)
• Tout âge; chez l’enfant LNH >> LH
• 2 groupes cliniques : indolents et agressifs
CAUSES ?
•(Très) rares formes familiales
•Facteurs environnementaux (pesticides, herbicides,…)
•Statut immunitaire : déficits immunitaires (SIDA), pathologies
auto-immunes, greffes ...
•Agents infectieux :
- Virus : EBV, HHV8, HTLV1, virus C, HIV
- Bactéries : Helicobacter Pylori (HP)
•Le plus souvent, méconnue
Dérégulation des gènes de cancers (oncogènes)
souvent conséquence d’un remaniement chromosomique acquis
qui peut constituer un marqueur diagnostique du type de lymphome
Classification OMS
des lymphomes
- OMS 2016/ révisée en 2017
- OMS 2022
Quelques modifications
-2 grands groupes de Lymphomes non hodgkiniens (LNH):
LNH B
LNH T
-Lymphome de Hodgkin
Exemples de LNH B
-Leucémie lymphoïde chronique-B/
Lymphome lymphocytique
-Lymphome B folliculaire Indolents
-Lymphome B de la zone marginale
extraganglionnaire de type MALT
-Lymphome diffus à grandes cellules B
-Lymphome de Burkitt
agressifs
-Lymphome du manteau
Exemples de LNH T
-Mycosis Fongoïde indolent
-Lymphome T/NK de type nasal
agressifs
-Lymphome T anaplasique à grandes cellules
Comment fait-on le diagnostic des lymphomes ?
Diagnostic anatomopathologique
Gros ganglion(s) inexpliqué(s)
Manifestations générales BIOPSIE
Symptômes en rapport
avec le site de la lésion
Inflammation ou tumeur ?
Lymphome ? Si oui, quel type ?
Classification des lymphomes
▪ Architecture
Diffuse Nodulaire
70% 30%
Classification des lymphomes
▪ Cytologie
• Petites cellules • Grandes cellules
Lymphomes NON HODGKINIENS
(LNH)
LYMPHOMES INDOLENTS
1) LEUCEMIE LYMPHOÏDE CHRONIQUE B / LYMPHOME
LYMPHOCYTIQUE
• Age moyen : 65 ans
• Prédominance masculine
• Souvent asymptomatique; fatigue, anémie hémolytique auto-
immune, infections, ADP, HPM, SPM, peau, sein
• HISTOLOGIE :
•Effacement de l’architecture
•Architecture diffuse avec pseudo-nodules(=centres de
prolifération)
•Petits lymphocytes B matures
•IHC : CD20+, CD5+, CD23+
•Evolution : lente, risque de transformation
2) LYMPHOME FOLLICULAIRE
GENERALITES Parmi les plus fréquents des lymphomes
t(14,18) très fréquente ( → surexpression de la protéine anti-
apoptotique Bcl2)
MORPHOLOGIE Folliculaire+++ ou diffus
Prédominance folliculaire: >75% architecture folliculaire
Folliculaire et diffuse: 25-75% folliculaire
Prédominance diffuse: <25% folliculaire
Follicules néoplasiques mal délimités, taille uniforme, sans
zone du manteau, sans polarisation, sans macrophages à
corps tingibles
Centrocytes (+++) et centroblastes
2) LYMPHOME FOLLICULAIRE
MORPHOLOGIE
IMMUNOHISTOCHIMIE + : CD20, CD10, BCL2
2) LYMPHOME FOLLICULAIRE
EVOLUTION Progression lente
Risque de transformation en lymphome diffus à grandes
cellules B
3) LYMPHOME DE LA ZONE MARGINALE EXTRA-GANGLIONNAIRE de
type MALT
DEFINITION Lymphome extra ganglionnaire comprenant un groupe cellulaire
hétérogène :
petites cellules B d’aspect variable (centrocyte-like,
lymphocytaire, lymphoplasmocytaire, monocytoïde)
Zone marginale des follicules avec extension à la région
interfolliculaire
Tissus épithéliaux : Lésions lympho-épithéliales
CLINIQUE 7à 8% des lymphomes B
Estomac +++( >50% des lymphomes gastriques), poumon, glande
salivaire, peau, sein
→ Rechercher Helicobacter pylori si gastrique
Age moyen : 61 ans
Légère prédominance féminine
MALT : Tissu lymphoïde associé aux muqueuses
3)LYMPHOME DE LA ZONE MARGINALE EXTRA-GANGLIONNAIRE de
type MALT
MORPHOLOGIE Infiltration autour des follicules
formant des zones larges confluentes
Cellules petites à moyennes , noyau
légèrement irrégulier, centrocytes-
like, cytoplasme pâle peu abondant
Lésions lympho-épithéliales+++
3) LYMPHOME B DE LA ZONE MARGINALE EXTRA-GANGLIONNAIRE
de type MALT
IMMUNOHISTOCHIMIE CD20+, CD5-
EVOLUTION- PRONOSTIC Lymphome indolent, dissémination lente
Transformation possible en lymphome
diffus à grandes cellules B
4) MYCOSIS FONGOIDE (MF)
• Le plus fréquent des lymphomes cutanés
• Plaques érythémateuses, érythémato-squameuses, fixes, bien
limitées. Au cours de l’évolution, apparaissent des tumeurs, une
atteinte ganglionnaire et une atteinte viscérale.
• Infiltrat sous-épidermique en bande, linéaire; composé de
lymphocytes de taille petite à moyenne, au noyau cérébriforme, mêlés
à un nombre variable de cellules inflammatoires.
• Lymphocytes atypiques expriment les marqueurs T ; ils sont CD4+
plus souvent que CD8+.
• Epidermotropisme basal : migration de cellules isolées, situées
préférentiellement dans les couches profondes de l’épiderme ;
formation de thèques inconstante.
LYMPHOMES AGRESSIFS
1) LYMPHOME DIFFUS A GRANDES CELLULES B
DEFINITION Prolifération diffuse de grandes cellules
lymphoïdes B néoplasiques avec un noyau de
taille > taille du noyau d’un macrophage ou 2 x
la taille d’un lymphocyte
CLINIQUE 30 à 40% des LNH adulte
Moyenne d’âge : 7ème décade
Peut se voir chez l’enfant
Légère prédominance masculine
Ganglionnaire ou extraganglionnaire (>40%)
Tractus gastrointestinal ++++
Masse symptomatique de croissance rapide
Survenue de novo ou Progression d’un
lymphome moins agressif
Immunodéficience
EBV (+)
1) LYMPHOME DIFFUS A GRANDES CELLULES B
MACROSCOPIE Ganglionnaire : totalement ou
majoritairement remplacé par un
aspect en chair de poisson
Remaniements hémorragiques et
nécrotiques
Extraganglionnaire : masse avec ou
sans fibrose
MORPHOLOGIE Architecture diffuse
IMMUNOHISTOCHIMIE Ganglion : complètement atteint ou
partiellement
Grandes cellules : CD20+
Expression de Bcl2 : mauvais
pronostic
2) LYMPHOME DE BURKITT
-Lymphome très agressif (= Urgence diagnostique)
-Extraganglionnaire+++ / leucémie aigue
-Cellules B de taille moyenne, cytoplasme basophile,
nombreuses figures mitotiques
-t(8;14)++ / plus rarement : t(2;8) ou t(8;22)
→ surexpression de l’oncogène MYC
-EBV
-3 variantes cliniques ( endémique, sporadique et associé à
une immunodéficience)
2) LYMPHOME DE BURKITT
Endémique Sporadique Associé à une
immunodéficience
Epidémio Afrique équatoriale Partout dans le HIV, adultes
Enfant 4-7 ans monde 1ère manifestation du
H>>F Enfant + adulte jeune SIDA
EBV+ (95%) (30 ans) EBV ( 25-40%)
H>>F
EBV ( 30%)
Localisation Maxillaire +++ Abdomen +++ SNC
SNC Ganglions intra- Gg
Abdomen abdominaux, intestin; MO
parfois: foie,
pancréas, rein, rate,
ovaires
MO: 35%, SNC: 15%
(SNC : Système nerveux central – Gg : Ganglionnaire – MO: Moelle osseuse)
2) LYMPHOME DE BURKITT
-Macroscopie : Aspect en chair de poisson avec des zones
d’hémorragie et de nécrose
-Atteinte ganglionnaire rare
2) LYMPHOME DE BURKITT
Morphologie :
- Infiltration diffuse
- Cellules monomorphes de taille moyenne:
au cytoplasme basophile contenant des
vacuoles lipidiques et au noyau rond avec
multiples nucléoles basophiles
- Aspect cohésif
- Activité mitotique importante
- Aspect en ciel étoilé (macrophages à
corps tingibles)
Immunohistochimie :
CD20+, CD10+, Ki 67 (100%)
3) LYMPHOME DU MANTEAU
GENERALITES 5-6% des LNH
t(11,14) (→ surexpression de la Cycline D1)
MORPHOLOGIE Architecture vaguement nodulaire, diffuse ou nodulaire
avec persistance des centres germinatifs
Cellules monomorphes petites à moyennes, noyau clivé,
cytoplasme peu abondant
3) LYMPHOME DU MANTEAU (MCL)
IMMUNOHISTOCHIMIE +: CD20, CD5 et Cycline D1
EVOLUTION-PRONOSTIC Agressif
Atteinte disséminée (BM+, polyadénopathies,
+/- leucémie, atteinte ORL et digestive =
Mauvais pronostic)
4) LYMPHOME T/NK DE TYPE NASAL
(« GRANULOME MALIN CENTRO-FACIAL » )
• Adulte masculin
• Fosses nasales, nasopharynx, peau…
• Obstruction nasale et épistaxis
• Prolifération pléomorphe
• Infiltrat inflammatoire diffus, angiocentrisme et angioinvasion
• Nécrose de coagulation
• Cellules de taille variable, chromatine granulaire, cytoplasme pâle
• Infiltrat polymorphe (PNN, PNE, macrophages)
• +: CD3 (cytoplasmique), EBV
Marqueurs de cytotoxicité : CD56, Granzyme B, TIA1
5) LYMPHOME T ANAPLASIQUE À GRANDES CELLULES
( CD30 + )
• CLINIQUE
-Enfant, adulte jeune (ALK+) / Adulte : 40-65 ans (ALK-)
-Ganglionnaire, extraganglionnaire et cutanée
-Agressif mais % de guérison élevé pour les ALK +
• MORPHOLOGIE
Larges cellules à cytoplasme éosinophile, gros noyau excentré et
réniforme, en fer à cheval (cellule « Hallmark »)
• IMMUNOHISTOCHIMIE
+: CD30, EMA, CD3 et ALK (60%)
-: CD15, marqueurs B
Lymphome de HODGKIN
(LH)
Introduction :
▪ 30% des lymphomes
▪ Cellules de Reed-sternberg au sein d’un granulome
inflammatoire polymorphe
▪ Ganglionnaire+++ : 95%
▪ Polymorphisme clinique et histologique
▪ Pronostic variable
▪ Étiologie inconnue, rôle EBV
Classification OMS
• Lymphome hodgkinien nodulaire à prédominance
lymphocytaire (5%)
• Lymphome hodgkinien classique ( 95%)
- LHC sclérosant nodulaire
- LHC à cellularité mixte
- LHC riche en Lymphocytes
- LHC en déplétion lymphocytaire
Circonstances de découverte
• PolyAdénopathies+++
• Signes généraux: 10%
– fièvre, sueurs nocturnes, amaigrissement, prurit
• Manifestations viscérales:
– bronchique , neurologique, osseuse
1) LH À PRÉDOMINANCE LYMPHOCYTAIRE NODULAIRE
(OU PARAGANGLIOME DE POPPEMA ET LENNERT)
Morphologie:
-Architecture nodulaire ou nodulaire et diffuse
-Prolifération de grandes cellules tumorales « Pop Corn » +++
-Granulome inflammatoire : petits lymphocytes B +++, et
couronne lymphocytaire T + histiocytes, cellules dendritiques
folliculaires, sans PNE ni PNN et sans plasmocytes
Evolution :
-Lente , excellent pronostic
-Risque de rechutes et transformation en lymphome B diffus
à grandes cellules (5-10%)
2) LH CLASSIQUE
a- LHC sclérosant nodulaire
b- LHC à cellularité mixte
c- LHC riche en Lymphocytes
d- LHC en déplétion lymphocytaire
a- LH scléro-nodulaire
- 80% des cas
- Morphologie :
• Cellules lacunaires, CRS peu fréquentes
• Granulome inflammatoire +/- étoffé
• Fibrose :
– bandes de collagène acellulaire
– architecture nodulaire
– épaississement fibreux de la capsule
a- LH scléro-nodulaire CD 15
IHC :
CD30+, CD15+,
EBV (10-30%)
CD 30
LMP1
b) LH à cellularité mixte
• Homme, 45 ans, VIH ++; post-transplantation
• Stade avancé
• Rate et MO : souvent envahies
• Prolifération diffuse : CRS + Cellules hodgkiniennes et
granulome inflammatoire : PNE++, lymphocyte T, PNN,
histiocytes, cellules épithélioïdes +/- nécrose
fibrose annulaire
• pas architecture nodulaire
cellules lacunaires
• IHC : CD 15+, CD 30+, EBV +++( 50-75%)
b) LH à cellularité mixte
c) LH avec déplétion lymphoïde
• Atteinte disséminée (MO, foie)
• VIH++
• Forme de mauvais pronostic
• Forme diffuse du LH classique, riche en cellules
tumorales +/- déplétion lymphoïde
• IHC : CD15 +, CD 30 + , EBV +
d) LH riche en lymphocytes
• Rare, <5%
• Sujets âgés, atteinte sous-diaphragmatique
• Forme localisée
• Rareté des signes généraux
• Morphologie se définit par:
» Cellules tumorales peu nombreuses
» Architecture nodulaire ou diffuse
» Pas de fibrose annulaire même si architecture nodulaire
» Abondance de petits lymphocytes de phénotype
essentiellement B, et histiocytes
» Absence de PNN, PNE, et plasmocytes
• IHC +++ : CD15+, CD 30+, LMP1 +/-