J.
L Loubet poursuit alors dans son ouvrage : « C’est ce que soulignait d’ailleurs la
classification proposée par Georges Gurvitch, qui distinguait dans la diversité de la réalité
sociale trois niveaux : le plan macrosociologique des sociétés globales, qui comprend les
ensembles sociaux assez complets pour suffire à tous les besoins de leurs membres, tels,
par exemple, une nation ou une civilisation ; le plan des groupements partiels qui entrent
dans la composition des sociétés globales, comme la famille, les groupes de parenté, les
associations volontaires, les classes sociales, etc. ; le plan microsociologique des
différents modes de liaison sociale - que Gurvitch appelait aussi les "formes de sociabilité"
- c’est-à-dire les divers types de rapports sociaux qui s’établissent entre les membres
d’une collectivité et les "différentes manières dont ces membres sont liés au tout social et
par le tout social »
Les principaux niveaux d’analyse en sociologie
L’analyse sociologique peut être classée en deux niveaux à savoir le niveau
macrosociologique et le niveau microsociologique :
• La microsociologie : elle est définie comme étant la branche de la sociologie qui étudie les
relations sociales d’ordre élémentaire c’est à dire l’étude des différentes formes de liaisons
et de relations internes qui existent entre les petits groupes sociaux tels que la famille, un
groupe d’amis, ou alors des sous-groupes sociaux tels qu’un groupe de jeunes, un groupe de
détenus, un groupe de malades, un groupe de voyageurs… Et par extension le concept s’est
développé pour englober d’autres sphères on parle alors de l’analyse de relations sociales
entre individus ou groupes d’individus comme : l’isolement, la subordination, le contact,
l’opposition l’intégration, la différentiation sociale telles qu’elles sont interprétées par Georg
Simmel (philosophe et sociologue allemand 19è et début 20° siècles.). Elle se caractérise par
l’utilisation de l’observation plus que les analyses statistiques.
• La macro sociologie : c’est alors le niveau d’analyse supérieur de la sociologie, supérieur
par le volume ou le format du domaine d’analyse qui peut concerner l’ensemble d’une
société, une ville… et par extension il englobe l’étude et l’analyse des institutions sociales,
ainsi que les structures et système sociaux dans leurs globalité et en faisant émerger des
grands phénomènes vécus par les sociétés à travers le passé ; le présent et le futur :
l’industrialisation , l’immigration, la technologie, les nouveaux concepts socio-économiques :
développement durable etc. Cependant, il ne s’agit pas de faire un clivage entre micro et
macro car les définitions ci-dessus ont été données afin de jalonner les différentes classes
d’analyse sans, pour autant, les cloisonner ainsi donc l’analyse sociologique reste
caractérisée par l’interpénétration de ces deux niveaux d’analyse. Pour plus d’explication et
en vue de se familiariser avec ces deux niveaux d’analyse sociologique nous examinerons
ensemble la synthèse d’un débat sur les aspects macro et micro en sociologie animé par le
sociologue Mohamed Cherkaoui à travers le lien ci-après :
[Link]
led%C3%A9bat-micro-macro-en-sociologie
LES OUTILS D’ANALYSE EN SOCIOLOGIE
Rappel
Dans chaque science et pour chaque démarche scientifique, il existe des outils de travail à
l’aide desquels on réalise, on interprète ou on explique une vérité portant sur tel ou tel objet
et qui peut être en sociologie, → un fait social ou un phénomène.
En recherche scientifique, rappelons-nous on cherche à comprendre et à expliquer un
phénomène, un fait ou une réalité et ce en appliquant une certaine démarche et une fois
l’objectif scientifique atteint et admis, ce processus viendrait en cumul des théories et lois
scientifiques pour être à son tour utilisée pour faire avancer la recherche.
Exemples de vérités à chercher et à démontrer :
• Montrer l’existence d’un phénomène comme par exemple : l’existence d’un trou dans la
couche d’ozone (science de la nature) ou alors l’existence d’une différence dans le taux de
réussite scolaire entre les deux sexes (sociologie).
• Montrer la présence d’une relation causale entre deux phénomènes comme par ex : le
développement du couvert végétal en rapport avec le volume des précipitations (science de
la nature) ou alors expliquer la réussite des enfants en rapport avec le niveau socio-
économique des parents (sociologie)
Cependant, toute vérité doit être prouvée, ce qui correspondrait dans notre cas en
sociologie à deux types de preuves :
• Prouver la vérité d’un phénomène ou d’un fait social en utilisant la force de
l’argumentation, des justifications et du syllogisme, en d’autres termes montrer la véracité
de l’explication par divers raisonnements logiques, acceptables et admissibles. Ex : montrer
les causes d’un résultat électoral …
• Prouver la vérité par l’expérience notamment lorsqu’il s’agit de montrer une liaison de
causalité entre deux phénomènes et ce en faisant varier l’une ou l’autre des variables et
conclure que le résultat suit le sens de la variation dans le cadre du lien de causalité.
Toutefois, il faut toujours avoir à l’esprit qu’en sciences humaines en général et en
sociologie en particulier, la vérité même si elle est démontrée et scientifiquement admise,
reste tout de même imprégnée par une certaine relativité et reste attachée aussi au temps
et à l’espace.
Cet état de fait est d’autant plus expliqué par la complexité des phénomènes que par
l’observation elle-même.
Les méthodes : Lorsqu’on cherche à comprendre ou à expliquer un phénomène en
sociologie, on a besoin de méthodes qui vont cadrer notre travail en vue d’atteindre
l’objectif (but de la recherche).
Ces méthodes seront à même de fixer des hypothèses afin de limiter ou d’éliminer toute
recherche hasardeuse. A cet effet, et en vue de garder le plus de clarté possible, nous
considérerons que la méthode en sociologie comprend deux grandes phases à savoir :
• L’observation : elle consiste donc à observer le phénomène à comprendre ou à expliquer
en recueillant toutes les informations nécessaires aussi bien par les documents disponibles
traitant de la chose, que par les entretiens (qualitatifs et quantitatifs) à effectuer sur le
terrain.
Il est toutefois important de signaler que dans cette phase, l’observation peut être elle-
même biaisée : l’interlocuteur ou l’interviewé peut changer d’opinion ou de comportement
au moment même du déroulement du recueil de l’information.
Par contre l’observation dans les sciences de la nature n’agit pas sur l’objet observé
(neutralité totale). Comment corriger ou prendre en considération ce paramètre en
sociologie ? (à discuter).
• L’explication : elle consiste à mettre de l’ordre et de la cohérence dans l’ensemble des
éléments observés afin de permettre des déductions logiques et ordonnées en vue de
donner une explication acceptable.
Il importe de souligner qu’à l’intérieur de ces deux phases, on utilise toute une panoplie
d’outils : enquête, questionnaire, entretiens (directif, semi directif), analyse de discours,
sondage… l’utilisation de ces outils est valable aussi bien pour traiter les aspects qualitatifs
que quantitatifs.
Il est indéniable que mener une enquête sociologique est un exercice très délicat, d’abord
parce qu’elle constitue une opération couteuse et ensuite parce qu’il s’agit de faire des
sondages et questionner les gens soit dans leurs lieu de travail, en pleine rue, dans les lieux
d’apprentissage, dans les lieux de soin, …. Mais surtout sur leurs quotidiens, leurs points de
vue par rapport à un fait, sur leur présents, leurs pratiques, leurs passés voire leurs secrets…
Il faut donc s’attendre à se retrouver avec une grande masse d’informations parfois biaisée
et incohérente qu’il faut interpréter et corriger selon des procédés scientifiques et
statistiques.
A ce propos je vous conseille le manuel de monsieur M. RAVELET (doc PDF) qui est un
manuel très riche en matière de techniques d’enquêtes sociologiques. : pages :12-13-15-16
25-26-28-29-30-31 et 32. [Link]
enquetes [Link]
Les outils d’analyse en sociologie :
Ils sont constitués d’un ensemble d’éléments permettant le recueil et la collecte de données
nécessaires à l’étude des phénomènes et des faits sociaux.
Ces éléments, à ne pas confondre avec les méthodes de recherche et d’approche, sont
utilisés et combinés d’une manière méthodique, il s’agit essentiellement de :
→ L’observation : c’est l’un des outils empiriques essentiels utilisés en sociologie, elle peut
être neutre ou participante, dans cette dernière le chercheur est considéré en même temps
comme acteur et observateur.
→ Le questionnaire : c’est un document préétabli et conçu pour recueillir les informations
auprès de la population- cible afin d’étayer une observation ou une hypothèse sur tel ou tel
phénomène ou fait social.
Il renferme plusieurs questions hiérarchisées et bien réfléchies, où les réponses peuvent être
soient ouvertes soit fermées : exemple pour recueillir l’avis de la population sur la grève des
enseignants la première population –cible serait les parents d’élèves à qui on demandera de
répondre au questionnaire d’une manière fermée ou ouverte :
- Approuvez –vous les grèves des enseignants sur leurs revendications ? : oui /non
(fermé)
- Pensez-vous que les enseignants sont sous-payés : oui /non (fermé)
- L’Etat doit il procéder aux prélèvements sur salaires ? oui/non si oui de combien ?
sur la totalité des heures non travaillées ? de moitié ? pas automatiquement ?
- Autres : à préciser ? (ouvert)
→ Le sondage : c’est un outil statistique qui permet de sonder l’opinion ou la pratique d’une
population à partir d’un échantillon de celle –ci afin de se faire une idée globale sur
l’ensemble d’une population-cible dans un espace donné. (Notamment l’aspect quantitatif).
→ L’entretien : c’est le cas de s’entretenir avec un individu ou un groupe d’individus sur un
sujet préoccupant à condition que l’interviewé constitue une cible par l’importance de son
point de vue, ses pratiques ou son métier, l’entretien peut alors être, selon le cas et selon
l’objet de l’étude, soit : directif, semi directif ou libre. Exemples à développer en séance de
cours.
→ L’analyse du contenu : c’est le fait d’analyser un discours écrit ou oral afin d’en déduire la
synthèse à comparer avec l’observation et le sondage par exemple…
→ L’interprétation de la compréhension : la compréhension entre sens social et sens
philosophique peut donner naissance à plusieurs divergences qu’il faudrait ramener au
contexte propre de chacune d’elles. Exemples à développer en séance de cours.
→ La recherche- action : elle concerne tout effort à développer par un acteur dans le cadre
de son métier pour résoudre des problèmes ou améliorer le rendement : exemples à
développer en séance du cours.
→ Le contenu des réseaux sociaux : avec le développement du système numérique et les
relations virtuelles, le contenu des réseaux sociaux est de nature à aider, en tant qu’outils, à
expliquer ou à confirmer une analyse ou à étayer une hypothèse.