Collège Mamadou et Bineta Histoire 3e 2023-2024
LEÇON 6 - LES RIVALITES COLONIALES : LE CONGRES DE BERLIN ET SES
CONSEQUENCES
Introduction
Après 1870, les européens ne se limitent plus aux côtes africaines. La compétition à laquelle ils vont se
livrer débouche sur de rivalité et la convocation du Congrès de Berlin.
1. Les zones de rivalité
La compétition est serrée entre les nations européennes. Particulièrement entre la France et
l’Angleterre. Certaines parties du continent sont très convoitées.
1.1. Le cas de l’Afrique du Nord
Dans cette partie du monde, les anglais et les français vont se rencontrer en Egypte ; les italiens et les
français se retrouvent en Tunisie.
1.2. L’Afrique de l’Ouest
Les ambitions françaises de créer un grand empire dans la région, vont être contrariées par les anglais.
Ces derniers vont y disposer de colonies (Ghana, Gambie, Nigéria)
1.3. Le Soudan Oriental
Une colonie française conduite par le commandant Marchand va rencontrer des soldats anglais dirigés
par Kitchener. Après négociation, la France se retire et toute cette région devient le Soudan anglo-
égyptien.
1.4. Le cas du Congo
Il va précipiter la tenue du Congrès de Berlin. En effet, dès 1878 Léopold II le roi des belges, avait créé
un comité d’études. Il va envoyer Stanley dans la région. Ce dernier va occuper le Haut Congo qui sera
reconnu comme possession de Léopold II. En 1879, grâce à Savorgnan de Brazza, les français signent
un traité avec MAKOKO, roi des BATEKES, qui garantit le contrôle de l’embouchure du fleuve. Quant
au Portugal, il se rapproche de l’Angleterre et fait reconnaitre ses positions en Angola (enclave de
Cabinda). C’est dans ce contexte que Bismarck convoque le Congrès de Berlin.
2. Le congrès
Voulant régler, dans un esprit de bonne entente mutuelle, les conditions les plus favorables au
développement du commerce et de la civilisation dans certaines régions de l’Afrique, et assurer à tous
les peuples les avantages de la libre navigation sur les deux principaux fleuves africains qui se déversent
dans l’océan Atlantique ; désireux d’autre part ; de prévenir les malentendus et les contestations que
pourraient soulever à l’avenir les prises de positions nouvelles sur les côtes d’Afrique, et préoccupé en
même temps des moyens d’accroitre le bien-être moral et matériel des populations indigènes, ont
résolu, sur l’invitation que leur a été adressée par le gouvernement impérial de l’Allemagne, d’accord
avec le gouvernement de la République française, de réunir à cette fin une conférence à Conférence à
Berlin.
ART. 1er – le commerce de toutes les nations jouira d’une liberté complète.
ART. 5 – Toute puissance qui exerce ou qui exercera des droits de souveraineté dans les territoires
susvisé ne pourra y concéder ni monopole ni privilège d’aucune espèce de matière commerciale.
ART. 6 – Toutes les puissances exerçant des droits de souveraineté ou une influence dans lesdits
territoires d’engagent à veiller à la conversation des populations indigènes et à l’amélioration de leurs
Page 1 sur 2
Collège Mamadou et Bineta Histoire 3e 2023-2024
conditions morales et matérielles d’existence et à concourir à la suppression de l’esclavage et surtout
de la traite des noirs…
La liberté de conscience et la tolérance religieuse sont expressément garanties aux indigènes comme
aux nationaux et aux étrangers. Le libre et public exercice de tous les cultes, le droit d’ériger des
édifices religieux et d’organiser des missions appartenant à tous les cultes ne seront soumis à aucune
restriction ou entrave.
Cité dans H. Brunschvicg, Le partage de l’Afrique noire, Flammarion, 1971.
In Jacques Marseille, 1987, Histoire 2nde, p. 335
Il s’est tenu de novembre 1884 à Février 1885. Il a réuni 14 nations et a pris d’importantes décisions.
• Les décisions à caractère politique
• L’Etat indépendant du Congo est reconnu comme propriété de Léopold II. Cet Etat a accès à la
mer. La France occupe la rive droite du fleuve Congo. Le Portugal quant à lui conserve l’enclave
de Cabinda.
• Toute puissance établie sur la côte a le droit de reculer les frontières de sa possession jusqu’à
la rencontre d’un obstacle naturel (forêt, fleuve ou montagne) ou bien les frontières d’un
territoire appartenant à une autre puissance.
• Pour prendre possession d’un territoire, il faut l’occuper effectivement et le faire savoir par
écrit aux puissances signatures de l’acte de Berlin.
• Les décisions à caractères économique
Elles portent sur la liberté de commerce et de navigation et sur les principaux fleuves africains.
• Les décisions à caractère sociale
L’esclavage est interdit. C’est la fin des guerres tribales. La liberté de culte et de conscience est
décrétée au Congo.
3. Les conséquences
Le congrès a dégagé les modalités du partage de l’Afrique. De ce point de vue, il accélère le processus
de l’occupation du continent. Le partage s’est fait dans l’ignorance complète des réalités africaines.
Les frontières ont été tracées à partir d’un obstacle naturel ou même d’un méridien. Ainsi :
• Une même communauté peut être séparée en plusieurs Etats. Exemples : les Balantes entre la
Guinée et le Sénégal, les Soninkés entre le Sénégal et la Mauritanie
• Dans un autre cas, on peut assister au regroupement dans un même Etat de peuples différents
et souvent hostiles. Exemple : les Hutus et les Tutsis au Rwanda et au Burundi.
• Il y a aussi la question des frontières. Elle a opposé parfois des Etats. Exemple : le Sénégal et la
Guinée à propos de leurs frontières maritimes ; le Tchad et la Lybie à propos de la bande
d’Aouzou riche en pétrole. La multiplicité des frontières facilite plusieurs sortes de trafic :
drogue, armes, êtres humains.
Conclusion
Vers la fin XIXe siècle, les Etats impérialistes se sont jetés sur le continent. Pour mettre fin aux rivalités,
se tient le congrès de Berlin. Cependant, la course pour l’occupation de terres va entrainer une riposte
des africains décidés à défendre leur territoire.
Page 2 sur 2