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Inégalités et Fonctions Réelles en R

Ce document présente des généralités sur les fonctions à une variable réelle. Il définit notamment la valeur absolue, les parties positive et négative d'un réel, les intervalles de R, ainsi que des notions comme les fonctions majorées, minorées, bornées, croissantes, décroissantes.

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Inégalités et Fonctions Réelles en R

Ce document présente des généralités sur les fonctions à une variable réelle. Il définit notamment la valeur absolue, les parties positive et négative d'un réel, les intervalles de R, ainsi que des notions comme les fonctions majorées, minorées, bornées, croissantes, décroissantes.

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1.

INÉGUALITÉS DANS R

Fonctions à une variable réelle

1. Inégualités dans R

AR
1.1. Valeur absolue
y
Pour un nombre réel x, on définit la valeur absolue de x par : y = |x|

|x| =
(
x
−x
si x > 0
si x < 0
U 1
AO
Voici le graphe de la fonction x 7→ |x| : 0 1 x

|x| |x − y|
Sur la droite numérique, |x − y| représente la distance entre les réels
x et y ; en particulier |x| représente la distance entre les réels x et 0. | | |
MK

0 x y
De plus on a :
• |x − a| < r ⇐⇒ a − r < x < a + r.
i h
|
//////////////
• Il est à noter que : |x − a| < r ⇐⇒ x ∈]a − r, a + r[. a−r a a+r
Exercice 1.
Soit a ∈ R\{0} et x ∈ R tel que |x − a| < |a|. Montrer que a x > 0.
Solution : Comme |x − a| < |a|, alors |x − a|2 < |a|2 par conséquent x2 + a2 − 2ax < a2 , ce qui donne
ED

a x > x2 /2 > 0.

Proposition 1.

1. Pour tout x, y ∈ R, |x| > 0 ; | − x| = |x| ; |x| = 0 ⇐⇒ x = 0; x2 = |x| et |xy| = |x||y|.
M

2. Inégalité triangulaire |x + y| 6 |x| + |y|.


3. Seconde inégalité triangulaire |x| − |y| 6 |x − y|.
HA

Exercice 2.
1. Soient x, y deux nombres réels. Montrer que | x | + | y |6| x + y | + | x − y |.
2. Soient deux nombres réels. Montrer que + + et que
p p p p p
p x, y | x | | y | 6 | x | | y | | | x | − | y | |6
| x − y |.
MO

Solution :
1. Si x et y sont de même signe, alors | x | + | y |=| x + y |6| x + y | + | x − y |. Maintenant, si x et y sont de
signe contraire, alors x et −y sont de même signe, alors | x | + | −y |=| x − y |6| x + y | + | x − y |.
p 2
2. On a | x | + | y | 6 | x | + | y | +2 | x | . | y |, alors | x | + | y |6 | x | + | y | , ce qui donne
p p

| x | + | y | 6 | x | + | y |.
p p p

1. INÉGUALITÉS DANS R
Fonctions à une variable réelle 10 septembre 2023 Mohamed Mkaouar

Montrons pla deuxième inégalité : On a |x| = |(x − y) + y| 6 |x − y| + |y| p 6 |xp− y| + p|y|, donc
p p p p p

| x | − | y | 6 p| x − y |. Comme
p x etp y jouent un
p role symétrique, alors on a | y | − p
p p
| x | 6 p| x − y |,
par
p conséquent − | x − y | 6 | x | − | y | 6 | x − y |, ce qui donne finalement | | x | − | y | |6
| x − y |.

1.2. Parties positive et négative d’un réel

Définition 1.
On définit le maximum et le minimum de deux réels a et b par :
( (
a si a > b b si a > b
max {a, b} = et min {a, b} =
b si b > a. a si b > a.

Exercice 3.
1. Soient x, y ∈ R. Montrer que x + y = max{x, y} + min{x, y} et que | x − y |= max{x, y} − min{x, y},
x + y + |x − y| x + y − |x − y|

AR
2. En déduire que pour tout x, y ∈ R, max{x, y} = et min{x, y} = .
2 2
Solution : Soient x, y ∈ R. Posons M = max{x, y} et m = min{x, y}. Il est clair que m = min{x, y} 6
max{x, y} = M .
1. Comme {x, y} = {M, m}, alors x + y = M + m et | x − y |=| y − x |=| M − m |= M − m, (car m 6 M ).
U
2. D’après la question précédente, en additionnant et en soustrayant x + y et |x − y|, on obtient le résultat
demandé.
AO
Définition 2 (et Proposition).
Soit x ∈ R. On appelle partie positive (respectivement partie négative) de x, le réel noté x+ (respectivement
x− ), défini par : x+ = max(x, 0), x− = max(−x, 0).
De plus pour tout x ∈ R, on a les propriétés suivantes : 0 6 x+ 6| x |, 0 6 x− 6| x | et
MK

|x|+x |x|−x
| x | = x+ + x− , x = x+ − x− , x+ = 2 et x− = 2 .

1.3. Intervalles de R

Définition 3.
ED

Les intervalles de R sont de types : R, ∅, {a}, [a, b] = {x ∈ R, a 6 x 6 b}, ]a; b[= {x ∈ R, a < x < b},
]a; b] = {x ∈ R, a < x 6 b}, [a; b[= {x ∈ R, a 6 x < b}, [a, +∞[= {x ∈ R, a 6 x}, ]a, +∞[= {x ∈ R, a < x},
] − ∞, b] = {x ∈ R, x 6 b} et ] − ∞, b[= {x ∈ R, x < b}, où a, b ∈ R, (a < b).

Remarque. • Il est clair qu’on pourra écrire R =] − ∞; +∞[, [a; a] = {a} et ]a; a[= ∅.
M

h i
• [a; b], ]a; b[, ]a; b] et [a; b[ sont des intervalles d’extrémités a et b (a < b), |
leur centre est le nombre a+b 2 , et leur longueur est b − a.
a a+b b
2
HA

Proposition 2.
Soit I une partie de R. Alors, I est intervalle de R si et seulement si, pour tout (a, b) ∈ I 2 , [a, b] ⊂ I.

Exercice 4.
1. Montrer que si I et J sont deux intervalles de R. Alors I ∩ J est un intervalle de R.
MO

2. Montrer que si I et J sont deux intervalles de R tels que I ∩ J 6= ∅. Alors I ∪ J est un intervalle de R.

2
Fonctions à une variable réelle 10 septembre 2023 Mohamed Mkaouar

2. Généralités sur les fonctions

2.1. Fonctions majorées, minorées, bornées

Définition 4.
y
Soit U ⊂ R et f : U → R une fonction. On dit que : M
• f est majorée sur U , si ∃M ∈ R, ∀x ∈ U, f (x) 6 M ;
• f est minorée sur U , si ∃m ∈ R, ∀x ∈ U, f (x) > m ;
• f est bornée sur U , si f est à la fois majorée et minorée x
sur U , c’est-à-dire si ∃M ∈ R, ∀x ∈ U, |f (x)| 6 M . m

2.2. Fonctions croissantes, décroissantes

Définition 5.

AR
Soit U ⊂ R et f : U → R une fonction. On dit que :

• f est croissante sur U si ∀x, y ∈ U, x 6 y =⇒ f (x) 6 f (y)

• f est strictement croissante sur U si ∀x, y ∈ U, x < y =⇒ f (x) < f (y)


f est décroissante sur U , si ∀x, y ∈ U, x 6 y =⇒ f (x) > f (y)



U
f est strictement décroissante sur U , si ∀x, y ∈ U, x < y =⇒ f (x) > f (y)
f est monotone (resp. strictement monotone) sur U , si f est croissante ou décroissante (resp. strictement
AO
croissante ou strictement décroissante) sur U .
• f est dite constante sur U , si ∃a ∈ R, ∀x ∈ U, f (x) = a.
• f est dite nulle sur U , si ∀x ∈ U, f (x) = 0.

Exemple 1.
MK

(
[0, +∞[−→ R
• L’opposé de la fonction racine carrée √ est strictement décroissante.
x 7−→ − x
• Les fonctions exponentielle (
exp : R → R et logarithme ln :]0, +∞[→ R sont strictement croissantes.
R −→ R
• La fonction valeur absolue n’est ni croissante, ni décroissante.
x 7−→ |x|
ED

2.3. Parité et périodicité

Définition 6.
Soit I un intervalle de R symétrique par rapport à 0 (c’est-à-dire de la forme ] − a, a[ ou [−a, a] ou R). Soit
f : I → R une fonction définie sur cet intervalle. On dit que :
M

• f est paire si ∀x ∈ I f (−x) = f (x),


• f est impaire si ∀x ∈ I f (−x) = −f (x).

Interprétation graphique :
HA

y y
• f est paire si et seulement si son graphe est symétrique
par rapport à l’axe des ordonnées (figure de gauche).
• f est impaire si et seulement si son graphe est symé-
x x
trique par rapport à l’origine (figure de droite).
MO

Exemple 2.
La fonction définie sur R par x 7→ |x| est paire. La fonction définie sur R par x 7→ x3 est impaire.
Exercice 5.
Montrer que toute fonction définie sur un intervalle I de R symétrique par rapport à 0, peut s’écrire d’une
manière unique comme somme d’une fonction paire et d’une fonction impaire.

3
Fonctions à une variable réelle 10 septembre 2023 Mohamed Mkaouar

Solution : Soit f une fonction définie sur I, supposons que f = g + h avec g paire et h impaire, alors f (x) =
g(x) + h(x) et f (−x) = g(x) − h(x), ce qui donne par conséquent
f (x) + f (−x) f (x) − f (−x)
g(x) = et h(x) = .
2 2
Exercice 6.
y Cf
Soit f une fonction définie sur R et Cf sa courbe repré-
sentée ci-contre.
1
1) Déduire les courbes des fonctions g, h et k définies
sur R par : a) g(x) = −f (x) ; b) h(x) =| f (x) | ; c) 0 1 x
k(x) = f (−x).
2) On définie sur R la fonction F par : F (x) = f (| x |).
a) Démontrer que la fonction F est paire
b) En déduire la représentation de F

Définition 7.
Soit f : R → R une fonction et T un nombre réel, T > 0. La fonction f est dite périodique de période T (ou

AR
encore T −périodique) si : ∀x ∈ R; f (x + T ) = f (x).

f
Interprétation graphique : f est périodique de période T si f (x) = f (x + T )
et seulement si son graphe est invariant par la translation de
U
vecteur T~i, où ~i est le premier vecteur de coordonnées.
~i x x+T
AO
Remarque.
Soient T > 0 et f : R → R une fonction T −périodique. Alors ∀k ∈ Z, ∀x ∈ R, on a f (x + kT ) = f (x).
Exercice 7.
1. Soit f : R → R une fonction 3−périodique et 7−périodique. Montrer que la fonction f est 1−périodique.
2. Soient n et m deux entiers non nuls, premiers entre eux et f : R → R une fonction n−périodique et
MK

m−périodique. Montrer que la fonction f est 1−périodique.


Solution :
1. Il est clair que 1 = 5 × 3 − 2 × 7. Soit x ∈ R, alors f (x + 1) = f (x + 5 × 3 − 2 × 7) = f (x), la dernière égalité
vient du fait que que f est 3−périodique et 7−périodique et la remarque précédente.
2. Il suffit de remarquer d’après l’identité de Bézout, à savoir si n et m deux entiers non nuls, premiers entre eux,
alors il existe (u, v) ∈ Z2 tel que 1 = nu + mv. Soit x ∈ R, f (x + 1) = f (x + nu + mv) = f (x + mv) = f (x).
ED

3. Fonctions monotones et bijections

3.1. Fonction bijective


M

Dans cette section nous rappelons le matériel nécessaire concernant les applications bijectives.

Définition 8.
HA

Soit f : E → F une fonction, où E et F sont des parties de R. f est bijective s’il existe une unique application
g : F → E telle que g ◦ f = idE et f ◦ g = idF . La fonction g est la bijection réciproque de f et se note f −1 ..

Remarque.

• On rappelle que l’identité, idE : E → E est simplement définie


MO

par x 7→ x.
• g ◦ f = idE se reformule ainsi : ∀x ∈ E g f (x) = x.


• Alors que f ◦ g = idF s’écrit : ∀y ∈ F f g(y) = y.




• Dans un repère orthonormé les graphes des fonctions f et f −1


sont symétriques par rapport à la première bissectrice.

4
Fonctions à une variable réelle 10 septembre 2023 Mohamed Mkaouar

3.2. Fonctions monotones et bijections


Voici un théorème très utilisé dans la pratique pour montrer qu’une fonction est bijective.

Théorème 1 (Théorème de la bijection).


Soit f : I → R une fonction définie sur un intervalle I de R. Si f est continue et strictement monotone sur
I, alors
1. f établit une bijection de l’intervalle I dans l’intervalle image J = f (I) et la fonction réciproque de f ,
notée f −1
2. la fonction f −1 : J → I est continue et strictement monotone sur J et elle a le même sens de variation
que f .

Exercice 8. (
x si x ∈ Q
Soit f la fonction définie sur R par f (x) =
1 − x sinon.
Montrer que f ◦ f = IdR . Que peut-on déduire ? f est-elle monotone ?

AR
4. Dérivée

4.1. Dérivée en un point

Définition 9.
U
AO
Soit I un intervalle ouvert de R, x0 ∈ I. f : I → R. est dérivable en x0 si le taux d’accroissement f (x)−f
x−x0
(x0 )

a une limite finie lorsque x tend vers x0 . La limite s’appelle alors le nombre dérivé de f en x0 et est noté
f 0 (x0 ). Ainsi

f (x) − f (x0 )
f 0 (x0 ) = lim
MK

x→x0 x − x0

f est dérivable sur I si f est dérivable en tout point x0 ∈ I. La fonction x 7→ f 0 (x) est la fonction dérivée de
f.

Exemple 3.
Soit a ∈ R, la fonction définie par f (x) = ax2 est dérivable en tout point x0 ∈ R. En effet :
ED

f (x) − f (x0 ) x2 − x20 (x − x0 )(x + x0 )


=a =a = a(x + x0 ) −−−−→ 2ax0 .
x − x0 x − x0 x − x0 x→x0

On a même montré que le nombre dérivé de f en x0 est 2ax0 , autrement dit : pour tout x ∈ R, f 0 (x) = 2ax.
M

4.2. Tangente
2

La droite qui passe par les points distincts (x0 , f (x0 )) La fonction f : R → R, x 7→ x4 est dérivable en
2 et l’équation de la tangente à la courbe Cf au
HA

et (x, f (x)) a pour coefficient directeur :


point (1, 2) est la droite ∆ : y = x − 1.
f (x) − f (x0 )
.
x − x0 y Cf ∆
À la limite on trouve que le coefficient directeur de la
tangente est f 0 (x0 ). Une équation de la tangente au point
MO

(x0 , f (x0 )) est donc :


1
y = (x − x0 )f 0 (x0 ) + f (x0 )
2 x

5
Fonctions à une variable réelle 10 septembre 2023 Mohamed Mkaouar

4.3. Opérations sur les dérivées

Proposition 3.
Soient f, g : I → R deux fonctions dérivables sur I. Alors pour tout x ∈ I :
• (f + g)0 (x) = f 0 (x) + g 0 (x) et (λf )0 (x) 
= λf 0 (x) où λ est un réel fixé
0
f f 0 (x)g(x) − f (x)g 0 (x)
• (f × g)0 (x) = f 0 (x)g(x) + f (x)g 0 (x) et (x) = (si g(x) 6= 0).
g g(x)2

Proposition 4.
0
Si f est dérivable en x et g est dérivable en f (x) alors g ◦ f est dérivable en x : g ◦ f (x) = g 0 f (x) · f 0 (x).


Exemple 4.
Calculons la dérivée de ln(1 + x2 ). Nous avons g(x) = ln(x) avec g 0 (x) = x1 ; et f (x) = 1 + x2 avec f 0 (x) = 2x.
0
Alors la dérivée de ln(1 + x2 ) = g ◦ f (x) est : g ◦ f (x) = g 0 f (x) · f 0 (x) = g 0 1 + x2 · 2x = 1+x
2x
 
2.

Corollaire 1.

AR
Soit I un intervalle ouvert. Soit f : I → J dérivable et bijective dont on note f −1 : J → I la bijection réciproque.
0 1
Si f 0 ne s’annule pas sur I alors f −1 est dérivable et on a pour tout x ∈ J : f −1 (x) = 0 −1  .
f f (x)

4.4. Fonction monotone et dérivée

Proposition 5.
U
AO
Soit f : [a, b] → R une fonction continue sur [a, b] et dérivable sur I =]a, b[.
• ∀x ∈ I f 0 (x) > 0 ⇐⇒ f est crois-
sante ; • ∀x ∈ I f 0 (x) > 0 =⇒ f est strictement croissante ;
• ∀x ∈ I f 0
(x) < 0 =⇒ f est strictement décrois-
• ∀x ∈ I f 0 (x) 6 0 ⇐⇒ f est décrois-
sante.
sante ;
MK

• ∀x ∈ I f 0 (x) = 0 ⇐⇒ f est constante ;

Exercice 9.
Un fabricant de sauce tomate utilise des boîtes de conserve de forme cylindrique de
rayon R et de hauteur h.
1) Calculer le volume V du cylindre et l’aire totale A de la boîte en fonction de R
et h.
ED

2) Le fabricant doit produire des boîtes de conserve cylindriques de volume fixé V . Il


souhaite minimiser le coût du métal, pour cela il cherche à minimiser l’aire totale A
de la boîte. Donner les valeurs de R et h en fonction de V , qui minimise A .
M

4.5. Dérivée d’une fonction à valeur complexe

Définition 10.
HA

Soit I un intervalle de R et f : I → C, x 7→ f (x) = f1 (x) + if2 (x), où f1 = R e(f ), f2 = I m(f ) sont des
fonctions de I dans R. La fonction f est dite fonction à valeur complexe. On dit alors que f est dérivable sur
I si f1 et f2 sont dérivable sur I, et on définit alors f 0 : I → C par : f 0 (x) = f10 (x) + if20 (x).

Exemple 5.
1 x i
MO

Soit h la fonction définie sur R par : h(x) = . On écrit alors h(x) = − , ce qui donne
i+x 1 + x2 1 + x2
1 − x2 2x
h0 (x) = +i .
(1 + x2 )2 (1 + x2 )2

Proposition 6.
Soient I un intervalle de R et f, g : I → C deux fonctions dérivables sur I. Alors pour tout x ∈ I :

6
Fonctions à une variable réelle 10 septembre 2023 Mohamed Mkaouar

a. (f + g)0 (x) = f 0 (x) + g 0 (x) et (λf )0 (x) = λf 0 (x) où λ est un nombre complexe fixé
b. (f × g)0 (x) = f 0 (x)g(x) + f (x)g 0 (x).
 0
f f 0 (x)g(x) − f (x)g 0 (x)
c. (x) = (si g(x) 6= 0).
g g(x)2

Exemple 6.
1
Soit h la fonction définie sur R par : h(x) = . On pose f (x) = 1 et g(x) = x + i, donc f 0 (x) = 0 et g 0 (x) = 1.
i+x
f (x)
Comme h(x) = , alors d’après la proposition 6−c., on retrouve l’expression de h0 donnée par l’exemple 5 :
g(x)
−1 −(x − i)2 1 − x2 + 2ix 1 − x2 2x
h0 (x) = = = = +i ·
(x + i)2 (1 + x )
2 2 (1 + x )
2 2 (1 + x )
2 2 (1 + x2 )2

Corollaire 2.
Soient ϕ : I → C une fonction dérivable sur I et f la fonction définie pour tout x ∈ I : f (x) = eϕ(x) . Alors f
est dérivable sur I et l’expression de f 0 est donnée pour tout x ∈ I,
f 0 (x) = ϕ0 (x) eϕ(x) .

AR
Exemple 7.
1- Le théorème de Rolle et le théorème des accroissements finis ne sont plus valables pour les fonctions à valeurs
complexes. En effet, pour f : [0, 2π] → C définie par f (x) = eix , on a f (0) = f (2π) = 1 mais la dérivée

U
f 0 (x) = ieix = − sin x + i cos x, ne s’annule jamais.
2

2- Soit f la fonction définie sur R∗+ par : f (x) = ex +i ln x . Alors pour tout x ∈ R∗+ , f 0 (x) = 2x+
i  x2 +i ln x
x
e .
AO
Proposition 7.
Soient I un intervalle et f : I → C dérivable sur I. La fonction f est constante sur I si et seulement si f 0 est
nulle sur I.

Définition 11 (Dérivées successives).


MK

Soient I un intervalle et f : I → K, (=
˛R ou C) une fonction. On pose f (0) = f . Ensuite, pour tout k ∈ N∗ , si
on a réussi au cours des étapes précédentes à définir la
 fonction
 f
(k−1)
sur I et si elle est dérivable sur I, on
0
dit que f est n fois dérivable sur I et on pose f (k) = f (k−1) . La fonction f (k) est alors appelée la dérivée
k−ième de f sur I.

Exemple 8.
Soient n ∈ N et f : x 7→ xn . La fonction f est indéfiniment dérivable sur R et pour tous k ∈ N∗ et x ∈ R
ED

n(n − 1)(n − 2) · · · (n − k + 1) xn−k si k 6 n



f (x) =
(k)
0 si k > n

Proposition 8 (Formule de Leibniz).


Soient I un intervalle de R et f, g : I → C deux fonctions n fois dérivables sur I. Alors
M

n
X
(f g)(n) = Cnk f (k) g (n−k)
k=0
HA

Exemple 9.
Soient n ∈ N et h(x) = x2 ex . Calculer h(n) (x).
On pose f (x) = x2 et g(x) = ex , alors pour tout k > 2, f (k) = 0 et pour tout k ∈ N, g (k) (x) = ex . Comme
h(x) = f (x)g(x), alors d’après la formule de Leibniz, on a
1) pour n > 2, h(n) (x) = Cn0 x2 ex + Cn1 · 2x · ex + Cn2 · 2 · ex = (x2 + 2nx + n2 − n) ex .
MO

2) h0 (x) = (x2 + 2x) ex et h(x) = x2 ex .

7
Fonctions à une variable réelle 10 septembre 2023 Mohamed Mkaouar

5. Fonctions usuelles

5.1. Fonctions logarithme et exponentielle

Proposition 9 (Logarithme).
Il existe une unique fonction bijective, dérivable et strictement croissante notée ln :]0, +∞[→ R, telle que :
1 ln(1 + x)
ln0 (x) = et ln(1) = 0. Deplus, ln x 6 x − 1, lim ln(x) = −∞, lim ln(x) = +∞, et lim = 1.
x x→0 x→+∞ x→0 x
La fonction ln ainsi définie est appelée logarithme néperien. On note par e(e ' 2.7) le réel tel que ln(e) = 1.

Proposition 10 (Exponentielle).
La bijection réciproque de ln :]0, +∞[→ R s’appelle la fonction exponentielle, notée exp : R →]0, +∞[ est
dérivable sur R, (exp)0 (x) = exp(x), lim exp x = 0, lim exp x = +∞ et exp x > 1 + x pour tout ∈ R.
x→−∞ x→+∞

Définition 12.

AR
i) Soit a > 0. On appelle logarithme en base a notée loga :]0, +∞[→ R, exp x x
a
(a > 1)
y
ln(x)
telle que : loga (x) = . De sorte que loga (a) = 1 et loge = ln. x x
a
(a < 1)
ln(a) ln x
Pour a = 10, on obtient la fonction log10 appelée logarithme décimal. 1
ii On appelle fonction exponentielle de base a la fonction notée expa : x
U
R 7→ R, qui, à tout réel x → ax = exp x ln a .
 01
AO
Propriété 1.
La fonction exp vérifie les propriétés suivantes :
La fonction ln vérifie pour tout x, y, a > 0 :
• exp(ln x) = x pour tout x > 0 et ln(exp x) = x
• ln(x.y) = ln x + ln y et ln( xy ) = ln y − ln x,
pour tout x ∈ R,
• loga (x.y) = loga x + loga y et loga ( x1 ) = − loga x
• exp(a + b) = exp(a) × exp(b),
• ∀n ∈ Z, ln(xn ) = n ln x et loga (xn ) = n loga x.
• exp(nx) = (exp x)n , pour tout n ∈ Z.
MK

Remarque. • Pour x ∈ R, on note aussi ex pour exp x. De plus la fonction exponentielle est l’unique fonction
qui vérifie : f 0 (x) = f (x), pour tout x ∈ R et f (1) = e, où e est le nombre réel qui vérifie ln e = 1.
√ 1 √ 1
• n ∈ N∗ , n a = a n = exp n1 ln a (la racine n-ème de a). En particulier a = a 2 = exp 21 ln a .
 

• On note aussi exp x par ex ce qui se justifie par le calcul : ex = exp x ln e = exp(x).
• Les fonctions x 7→ ax s’appellent aussi des fonctions exponentielles et se ramènent à la fonction exponentielle
classique par l’égalité ax = exp(x ln a). Il ne faut pas les confondre avec les fonctions puissances x 7→ xa .
ED

• Soit x, y > 0 et a, b ∈ R : xa+b = xa xb , (xy)a = xa y a , (xa )b = xab , ln(xa ) = a ln x et x−a = x1a .

Proposition 11 (Comparaison des fonctions ln x, exp x avec xγ ).


ln x exp x
Soient α > 0 et β ∈ R, alors lim = 0 et lim = +∞.
x→+∞ xα x→+∞ xβ
M

Exercice 10.
x2 x2 x3 xn
1. Montrer que ∀n ∈ N∗ ,∀x > 0, ln(1 + x) > x − et que ex > 1 + x + + + ... + .
2 2! 3!
HA

n!
x
2. Déterminer le nombre de points fixes de la fonction f : x 7→ 1 + .
ln(x)

5.2. Fonctions circulaires inverses


MO

Arccosinus. La restriction de la fonction cosinus, cos : [0, π] → [−1, 1] est continue et strictement croissante,
donc est une bijection. Sa réciproque est la fonction arccosinus, notée arccos : [−1, 1] → [0, π].

8
Fonctions à une variable réelle 10 septembre 2023 Mohamed Mkaouar

y
arccos x π
y +1

x π
2
−π − π2 0 π π
2 x
−1 cos x −1 0 1
On a donc, par définition de la bijection réciproque :
cos arccos(x) = x, ∀x ∈ [−1, 1] et arccos cos(x) = x, ∀x ∈ [0, π]
 

De plus, pour x ∈ [−1, 1], cos2 (arccos x) + sin2 (arccos x) = 1, donc sin2 (arccos x) = 1 − x2 , et comme
sin(arccos x) > 0, (car arccos x ∈ [0, π]), on en déduit :

sin(arccos x) = 1 − x2 , ∀x ∈ [−1, 1]

Proposition 12.
La fonction arccos : [−1, 1] → [0, π] est dérivable sur ] − 1, 1[ et sa fonction dérivée est donnée par

AR
−1
arccos0 (x) = √ , ∀x ∈] − 1, 1[
1 − x2

Démonstration. On a l’égalité cos(arccos x) = x que l’on dérive : − arccos0 (x) × sin(arccos x) = 1, on déduit

U
arccos0 (x) =
−1
sin(arccos x)
=√
−1
1 − x2
.
AO
Exercice 11. √ √
1. Calculer les valeurs de arccos en 0, 1, 12 , 22 , 23 . Déterminer les valeurs de arccos (cos 4) et arccos (cos 7).
2. Donner une expression simplifiée de la fonction f définie sur R par f (x) = arccos (cos x) + 12 arccos (cos 2x).
Arcsinus. La restriction de la fonction sinus, sin : [− π2 , + π2 ] → [−1, 1] est continue et strictement croissante,
MK

donc est une bijection. Sa réciproque est la fonction arcsinus, notée arcsin : [−1, 1] → [− π2 , + π2 ].
y
π
2 arcsin x

y +1 sin x
x
x −1 0 1
−π − π2 0 π π
2
ED

−1 − π2

On a donc, par définition de la bijection réciproque :


π π
sin arcsin(x) = x, ∀x ∈ [−1, 1] et arcsin sin(x) = x, ∀x ∈ [− , + ]
 
2 2
M

De plus, pour x ∈ [−1, 1], cos2 (arcsin x) + sin2 (arcsin x) = 1, donc cos2 (arcsin x) = 1 − x2 , et comme
cos(arcsin x) > 0, (car arcsin x ∈ [− π2 , + π2 ]), on en déduit :

cos(arcsin x) = 1 − x2 , ∀x ∈ [−1, 1]
HA

Proposition 13.
La fonction arcsin : [−1, 1] → [0, π] est dérivable sur ] − 1, 1[ et sa fonction dérivée est donnée par
1
arcsin0 (x) = √ , ∀x ∈] − 1, 1[
1 − x2
MO

Démonstration. On démarre de l’égalité sin(arcsin x) = x que l’on dérive : arcsin0 (x) × cos(arcsin x) = 1, on
déduit
1 1
arcsin0 (x) = =√ .
cos(arcsin x) 1 − x2

9
Fonctions à une variable réelle 10 septembre 2023 Mohamed Mkaouar

Exercice 12. √ √ √
1. Calculer les valeurs de arcsin en 0, 1, 12 , 22 , 23 . Déterminer les valeurs
√ de arccos (cos 2) et arccos (cos 15).

2. Soit g la fonction définie sur [−1, 1] par : g(x) = 2 − x − 3 x 1 − x .
1 2 2

a) Calculer la dérivée de g sur ] − 1, 1[ et dresser son tableau de variation.


b) Montrer qu’il existe un intervalle I de R et une fonction f : I → R tels que : 2 arcsin x+arcsin f (x) = π6 .
y tan x

Arctangente. La restriction de la fonction tangente, tan :]− π2 , + π2 [→


R est continue et strictement croissante, donc est une bijection. Sa
réciproque est la fonction arctangente, notée arctan : R → [− π2 , + π2 ]. −π π x
− π2 π 3π
tan arctan(x) = x ∀x ∈ R

2 2

arctan tan(x) = x ∀x ∈] − π2 , + π2 [


Si x ∈] − π2 , + π2 [ tan(x) = y ⇐⇒ x = arctan y
π y
1 2
arctan (x) =
0
∀x ∈ R arctan x

AR
1 + x2 0 x

− π2
Exercice 13.

1. Montrer que arctan( 2 − 1) = 8.
π

U
2. a) Déterminer le domaine de définition de f (x) = arctan
b) Calculer f (x) et donner f (x) comme expression en arctan
0
√

 x. 
1+x2 −1
x

.
AO

 arctan 1−xy

x+y
si xy < 1

  
arctan 1−xy
x+y
+π xy > 1

3. a) Soient x, y ∈ R. Montrer que arctan(x) + arctan(y) = si
π
si xy = 1 et x > 0


 2

si xy = 1 et x < 0.
 π
−2
b) Trouver tous les couples d’entiers non nuls (p, q) tels que arctan p1 + arctan 1q = π4 .
MK

5.3. Fonctions hyperboliques


• La fonction exponentielle s’écrit d’une manière unique comme étant
somme d’une fonction paire appelée cosinus hyperbolique définie sur y chx
R, notée ch et d’une fonction impaire appelée sinus hyperbolique shx
définie sur R, notée sh :
ED

1
ex + e−x ex − e−x
ch x = , sh x = et ex = ch x + sh x
2 2
0 1 x
M

Il est à noter que les fonctions ch et sh sont dérivable sur R. Pour tout
x ∈ R, on a : ch2 x − sh2 x = 1, ch0 x = sh x, et sh0 x = ch x.
On pourra vérifier que pour tout x ∈ R− , sh x 6 0 et que pour tout
x ∈ R+ , sh x > 0. De plus pour tout x ∈ R, ch x > 1.
HA
MO

10
Fonctions à une variable réelle 10 septembre 2023 Mohamed Mkaouar

• On appelle tangente hyperbolique la fonction notée th définie


sur R par :

sh x e2x − 1 y
th x = = 2x
ch x e +1 1 thx

La fonction th est impaire, dérivable et strictement croissante


sur R 0 x

ch2 x − sh2 x 1
th0 (x) = = 2 = 1 − th2 x −1
ch2 (x) ch x

D’après l’expression de th0 , on a pour tout x ∈ R, −1 < th x < 1.


Exercice 14.
1. Résoudre dans R les équations suivantes : ch(x) = 2, sh(x) = 4.
2. Montrer que pour tout (x, y) ∈ R2 , ch(x+y) = ch(x) ch(y)+sh(x) sh(y) et sh(x+y) = sh(x) ch(y)+ch(x) sh(y).
3. Simplifier les expressions : sh2 (x) cos2 (y) + ch2 (x) sin2 (y) et ch2 (x) cos2 (y) + sh2 (x) sin2 (y).

AR
4. Montrer que pour tout (x, y) ∈ R2 , ch2 (x) + sh2 (y) = ch(x + y) ch(x − y).
x2
5. Montrer que : pour tout x > 0, sh x > x et ch x > 1 + .
2
|x|
6. Montrer que : pour tout x ∈ R, | th x| > .
1 + |x|
U
AO
MK
M ED
HA
MO

Auteurs du chapitre Cours repris et mixé par Mohamed Mkaouar suivant le programme Tunisien d’analyse
des classes préparatoires MP, d’après (http ://exo7.emath.fr/cours/livre-analyse-1.pdf) : A.U. 2023-2024
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