Inégalités et Fonctions Réelles en R
Inégalités et Fonctions Réelles en R
INÉGUALITÉS DANS R
1. Inégualités dans R
AR
1.1. Valeur absolue
y
Pour un nombre réel x, on définit la valeur absolue de x par : y = |x|
|x| =
(
x
−x
si x > 0
si x < 0
U 1
AO
Voici le graphe de la fonction x 7→ |x| : 0 1 x
|x| |x − y|
Sur la droite numérique, |x − y| représente la distance entre les réels
x et y ; en particulier |x| représente la distance entre les réels x et 0. | | |
MK
0 x y
De plus on a :
• |x − a| < r ⇐⇒ a − r < x < a + r.
i h
|
//////////////
• Il est à noter que : |x − a| < r ⇐⇒ x ∈]a − r, a + r[. a−r a a+r
Exercice 1.
Soit a ∈ R\{0} et x ∈ R tel que |x − a| < |a|. Montrer que a x > 0.
Solution : Comme |x − a| < |a|, alors |x − a|2 < |a|2 par conséquent x2 + a2 − 2ax < a2 , ce qui donne
ED
a x > x2 /2 > 0.
Proposition 1.
√
1. Pour tout x, y ∈ R, |x| > 0 ; | − x| = |x| ; |x| = 0 ⇐⇒ x = 0; x2 = |x| et |xy| = |x||y|.
M
Exercice 2.
1. Soient x, y deux nombres réels. Montrer que | x | + | y |6| x + y | + | x − y |.
2. Soient deux nombres réels. Montrer que + + et que
p p p p p
p x, y | x | | y | 6 | x | | y | | | x | − | y | |6
| x − y |.
MO
Solution :
1. Si x et y sont de même signe, alors | x | + | y |=| x + y |6| x + y | + | x − y |. Maintenant, si x et y sont de
signe contraire, alors x et −y sont de même signe, alors | x | + | −y |=| x − y |6| x + y | + | x − y |.
p 2
2. On a | x | + | y | 6 | x | + | y | +2 | x | . | y |, alors | x | + | y |6 | x | + | y | , ce qui donne
p p
| x | + | y | 6 | x | + | y |.
p p p
1. INÉGUALITÉS DANS R
Fonctions à une variable réelle 10 septembre 2023 Mohamed Mkaouar
Montrons pla deuxième inégalité : On a |x| = |(x − y) + y| 6 |x − y| + |y| p 6 |xp− y| + p|y|, donc
p p p p p
| x | − | y | 6 p| x − y |. Comme
p x etp y jouent un
p role symétrique, alors on a | y | − p
p p
| x | 6 p| x − y |,
par
p conséquent − | x − y | 6 | x | − | y | 6 | x − y |, ce qui donne finalement | | x | − | y | |6
| x − y |.
Définition 1.
On définit le maximum et le minimum de deux réels a et b par :
( (
a si a > b b si a > b
max {a, b} = et min {a, b} =
b si b > a. a si b > a.
Exercice 3.
1. Soient x, y ∈ R. Montrer que x + y = max{x, y} + min{x, y} et que | x − y |= max{x, y} − min{x, y},
x + y + |x − y| x + y − |x − y|
AR
2. En déduire que pour tout x, y ∈ R, max{x, y} = et min{x, y} = .
2 2
Solution : Soient x, y ∈ R. Posons M = max{x, y} et m = min{x, y}. Il est clair que m = min{x, y} 6
max{x, y} = M .
1. Comme {x, y} = {M, m}, alors x + y = M + m et | x − y |=| y − x |=| M − m |= M − m, (car m 6 M ).
U
2. D’après la question précédente, en additionnant et en soustrayant x + y et |x − y|, on obtient le résultat
demandé.
AO
Définition 2 (et Proposition).
Soit x ∈ R. On appelle partie positive (respectivement partie négative) de x, le réel noté x+ (respectivement
x− ), défini par : x+ = max(x, 0), x− = max(−x, 0).
De plus pour tout x ∈ R, on a les propriétés suivantes : 0 6 x+ 6| x |, 0 6 x− 6| x | et
MK
|x|+x |x|−x
| x | = x+ + x− , x = x+ − x− , x+ = 2 et x− = 2 .
1.3. Intervalles de R
Définition 3.
ED
Les intervalles de R sont de types : R, ∅, {a}, [a, b] = {x ∈ R, a 6 x 6 b}, ]a; b[= {x ∈ R, a < x < b},
]a; b] = {x ∈ R, a < x 6 b}, [a; b[= {x ∈ R, a 6 x < b}, [a, +∞[= {x ∈ R, a 6 x}, ]a, +∞[= {x ∈ R, a < x},
] − ∞, b] = {x ∈ R, x 6 b} et ] − ∞, b[= {x ∈ R, x < b}, où a, b ∈ R, (a < b).
Remarque. • Il est clair qu’on pourra écrire R =] − ∞; +∞[, [a; a] = {a} et ]a; a[= ∅.
M
h i
• [a; b], ]a; b[, ]a; b] et [a; b[ sont des intervalles d’extrémités a et b (a < b), |
leur centre est le nombre a+b 2 , et leur longueur est b − a.
a a+b b
2
HA
Proposition 2.
Soit I une partie de R. Alors, I est intervalle de R si et seulement si, pour tout (a, b) ∈ I 2 , [a, b] ⊂ I.
Exercice 4.
1. Montrer que si I et J sont deux intervalles de R. Alors I ∩ J est un intervalle de R.
MO
2. Montrer que si I et J sont deux intervalles de R tels que I ∩ J 6= ∅. Alors I ∪ J est un intervalle de R.
2
Fonctions à une variable réelle 10 septembre 2023 Mohamed Mkaouar
Définition 4.
y
Soit U ⊂ R et f : U → R une fonction. On dit que : M
• f est majorée sur U , si ∃M ∈ R, ∀x ∈ U, f (x) 6 M ;
• f est minorée sur U , si ∃m ∈ R, ∀x ∈ U, f (x) > m ;
• f est bornée sur U , si f est à la fois majorée et minorée x
sur U , c’est-à-dire si ∃M ∈ R, ∀x ∈ U, |f (x)| 6 M . m
Définition 5.
AR
Soit U ⊂ R et f : U → R une fonction. On dit que :
Exemple 1.
MK
(
[0, +∞[−→ R
• L’opposé de la fonction racine carrée √ est strictement décroissante.
x 7−→ − x
• Les fonctions exponentielle (
exp : R → R et logarithme ln :]0, +∞[→ R sont strictement croissantes.
R −→ R
• La fonction valeur absolue n’est ni croissante, ni décroissante.
x 7−→ |x|
ED
Définition 6.
Soit I un intervalle de R symétrique par rapport à 0 (c’est-à-dire de la forme ] − a, a[ ou [−a, a] ou R). Soit
f : I → R une fonction définie sur cet intervalle. On dit que :
M
Interprétation graphique :
HA
y y
• f est paire si et seulement si son graphe est symétrique
par rapport à l’axe des ordonnées (figure de gauche).
• f est impaire si et seulement si son graphe est symé-
x x
trique par rapport à l’origine (figure de droite).
MO
Exemple 2.
La fonction définie sur R par x 7→ |x| est paire. La fonction définie sur R par x 7→ x3 est impaire.
Exercice 5.
Montrer que toute fonction définie sur un intervalle I de R symétrique par rapport à 0, peut s’écrire d’une
manière unique comme somme d’une fonction paire et d’une fonction impaire.
3
Fonctions à une variable réelle 10 septembre 2023 Mohamed Mkaouar
Solution : Soit f une fonction définie sur I, supposons que f = g + h avec g paire et h impaire, alors f (x) =
g(x) + h(x) et f (−x) = g(x) − h(x), ce qui donne par conséquent
f (x) + f (−x) f (x) − f (−x)
g(x) = et h(x) = .
2 2
Exercice 6.
y Cf
Soit f une fonction définie sur R et Cf sa courbe repré-
sentée ci-contre.
1
1) Déduire les courbes des fonctions g, h et k définies
sur R par : a) g(x) = −f (x) ; b) h(x) =| f (x) | ; c) 0 1 x
k(x) = f (−x).
2) On définie sur R la fonction F par : F (x) = f (| x |).
a) Démontrer que la fonction F est paire
b) En déduire la représentation de F
Définition 7.
Soit f : R → R une fonction et T un nombre réel, T > 0. La fonction f est dite périodique de période T (ou
AR
encore T −périodique) si : ∀x ∈ R; f (x + T ) = f (x).
f
Interprétation graphique : f est périodique de période T si f (x) = f (x + T )
et seulement si son graphe est invariant par la translation de
U
vecteur T~i, où ~i est le premier vecteur de coordonnées.
~i x x+T
AO
Remarque.
Soient T > 0 et f : R → R une fonction T −périodique. Alors ∀k ∈ Z, ∀x ∈ R, on a f (x + kT ) = f (x).
Exercice 7.
1. Soit f : R → R une fonction 3−périodique et 7−périodique. Montrer que la fonction f est 1−périodique.
2. Soient n et m deux entiers non nuls, premiers entre eux et f : R → R une fonction n−périodique et
MK
Dans cette section nous rappelons le matériel nécessaire concernant les applications bijectives.
Définition 8.
HA
Soit f : E → F une fonction, où E et F sont des parties de R. f est bijective s’il existe une unique application
g : F → E telle que g ◦ f = idE et f ◦ g = idF . La fonction g est la bijection réciproque de f et se note f −1 ..
Remarque.
par x 7→ x.
• g ◦ f = idE se reformule ainsi : ∀x ∈ E g f (x) = x.
4
Fonctions à une variable réelle 10 septembre 2023 Mohamed Mkaouar
Exercice 8. (
x si x ∈ Q
Soit f la fonction définie sur R par f (x) =
1 − x sinon.
Montrer que f ◦ f = IdR . Que peut-on déduire ? f est-elle monotone ?
AR
4. Dérivée
Définition 9.
U
AO
Soit I un intervalle ouvert de R, x0 ∈ I. f : I → R. est dérivable en x0 si le taux d’accroissement f (x)−f
x−x0
(x0 )
a une limite finie lorsque x tend vers x0 . La limite s’appelle alors le nombre dérivé de f en x0 et est noté
f 0 (x0 ). Ainsi
f (x) − f (x0 )
f 0 (x0 ) = lim
MK
x→x0 x − x0
f est dérivable sur I si f est dérivable en tout point x0 ∈ I. La fonction x 7→ f 0 (x) est la fonction dérivée de
f.
Exemple 3.
Soit a ∈ R, la fonction définie par f (x) = ax2 est dérivable en tout point x0 ∈ R. En effet :
ED
On a même montré que le nombre dérivé de f en x0 est 2ax0 , autrement dit : pour tout x ∈ R, f 0 (x) = 2ax.
M
4.2. Tangente
2
La droite qui passe par les points distincts (x0 , f (x0 )) La fonction f : R → R, x 7→ x4 est dérivable en
2 et l’équation de la tangente à la courbe Cf au
HA
5
Fonctions à une variable réelle 10 septembre 2023 Mohamed Mkaouar
Proposition 3.
Soient f, g : I → R deux fonctions dérivables sur I. Alors pour tout x ∈ I :
• (f + g)0 (x) = f 0 (x) + g 0 (x) et (λf )0 (x)
= λf 0 (x) où λ est un réel fixé
0
f f 0 (x)g(x) − f (x)g 0 (x)
• (f × g)0 (x) = f 0 (x)g(x) + f (x)g 0 (x) et (x) = (si g(x) 6= 0).
g g(x)2
Proposition 4.
0
Si f est dérivable en x et g est dérivable en f (x) alors g ◦ f est dérivable en x : g ◦ f (x) = g 0 f (x) · f 0 (x).
Exemple 4.
Calculons la dérivée de ln(1 + x2 ). Nous avons g(x) = ln(x) avec g 0 (x) = x1 ; et f (x) = 1 + x2 avec f 0 (x) = 2x.
0
Alors la dérivée de ln(1 + x2 ) = g ◦ f (x) est : g ◦ f (x) = g 0 f (x) · f 0 (x) = g 0 1 + x2 · 2x = 1+x
2x
2.
Corollaire 1.
AR
Soit I un intervalle ouvert. Soit f : I → J dérivable et bijective dont on note f −1 : J → I la bijection réciproque.
0 1
Si f 0 ne s’annule pas sur I alors f −1 est dérivable et on a pour tout x ∈ J : f −1 (x) = 0 −1 .
f f (x)
Proposition 5.
U
AO
Soit f : [a, b] → R une fonction continue sur [a, b] et dérivable sur I =]a, b[.
• ∀x ∈ I f 0 (x) > 0 ⇐⇒ f est crois-
sante ; • ∀x ∈ I f 0 (x) > 0 =⇒ f est strictement croissante ;
• ∀x ∈ I f 0
(x) < 0 =⇒ f est strictement décrois-
• ∀x ∈ I f 0 (x) 6 0 ⇐⇒ f est décrois-
sante.
sante ;
MK
Exercice 9.
Un fabricant de sauce tomate utilise des boîtes de conserve de forme cylindrique de
rayon R et de hauteur h.
1) Calculer le volume V du cylindre et l’aire totale A de la boîte en fonction de R
et h.
ED
Définition 10.
HA
Soit I un intervalle de R et f : I → C, x 7→ f (x) = f1 (x) + if2 (x), où f1 = R e(f ), f2 = I m(f ) sont des
fonctions de I dans R. La fonction f est dite fonction à valeur complexe. On dit alors que f est dérivable sur
I si f1 et f2 sont dérivable sur I, et on définit alors f 0 : I → C par : f 0 (x) = f10 (x) + if20 (x).
Exemple 5.
1 x i
MO
Soit h la fonction définie sur R par : h(x) = . On écrit alors h(x) = − , ce qui donne
i+x 1 + x2 1 + x2
1 − x2 2x
h0 (x) = +i .
(1 + x2 )2 (1 + x2 )2
Proposition 6.
Soient I un intervalle de R et f, g : I → C deux fonctions dérivables sur I. Alors pour tout x ∈ I :
6
Fonctions à une variable réelle 10 septembre 2023 Mohamed Mkaouar
a. (f + g)0 (x) = f 0 (x) + g 0 (x) et (λf )0 (x) = λf 0 (x) où λ est un nombre complexe fixé
b. (f × g)0 (x) = f 0 (x)g(x) + f (x)g 0 (x).
0
f f 0 (x)g(x) − f (x)g 0 (x)
c. (x) = (si g(x) 6= 0).
g g(x)2
Exemple 6.
1
Soit h la fonction définie sur R par : h(x) = . On pose f (x) = 1 et g(x) = x + i, donc f 0 (x) = 0 et g 0 (x) = 1.
i+x
f (x)
Comme h(x) = , alors d’après la proposition 6−c., on retrouve l’expression de h0 donnée par l’exemple 5 :
g(x)
−1 −(x − i)2 1 − x2 + 2ix 1 − x2 2x
h0 (x) = = = = +i ·
(x + i)2 (1 + x )
2 2 (1 + x )
2 2 (1 + x )
2 2 (1 + x2 )2
Corollaire 2.
Soient ϕ : I → C une fonction dérivable sur I et f la fonction définie pour tout x ∈ I : f (x) = eϕ(x) . Alors f
est dérivable sur I et l’expression de f 0 est donnée pour tout x ∈ I,
f 0 (x) = ϕ0 (x) eϕ(x) .
AR
Exemple 7.
1- Le théorème de Rolle et le théorème des accroissements finis ne sont plus valables pour les fonctions à valeurs
complexes. En effet, pour f : [0, 2π] → C définie par f (x) = eix , on a f (0) = f (2π) = 1 mais la dérivée
U
f 0 (x) = ieix = − sin x + i cos x, ne s’annule jamais.
2
2- Soit f la fonction définie sur R∗+ par : f (x) = ex +i ln x . Alors pour tout x ∈ R∗+ , f 0 (x) = 2x+
i x2 +i ln x
x
e .
AO
Proposition 7.
Soient I un intervalle et f : I → C dérivable sur I. La fonction f est constante sur I si et seulement si f 0 est
nulle sur I.
Soient I un intervalle et f : I → K, (=
˛R ou C) une fonction. On pose f (0) = f . Ensuite, pour tout k ∈ N∗ , si
on a réussi au cours des étapes précédentes à définir la
fonction
f
(k−1)
sur I et si elle est dérivable sur I, on
0
dit que f est n fois dérivable sur I et on pose f (k) = f (k−1) . La fonction f (k) est alors appelée la dérivée
k−ième de f sur I.
Exemple 8.
Soient n ∈ N et f : x 7→ xn . La fonction f est indéfiniment dérivable sur R et pour tous k ∈ N∗ et x ∈ R
ED
n
X
(f g)(n) = Cnk f (k) g (n−k)
k=0
HA
Exemple 9.
Soient n ∈ N et h(x) = x2 ex . Calculer h(n) (x).
On pose f (x) = x2 et g(x) = ex , alors pour tout k > 2, f (k) = 0 et pour tout k ∈ N, g (k) (x) = ex . Comme
h(x) = f (x)g(x), alors d’après la formule de Leibniz, on a
1) pour n > 2, h(n) (x) = Cn0 x2 ex + Cn1 · 2x · ex + Cn2 · 2 · ex = (x2 + 2nx + n2 − n) ex .
MO
7
Fonctions à une variable réelle 10 septembre 2023 Mohamed Mkaouar
5. Fonctions usuelles
Proposition 9 (Logarithme).
Il existe une unique fonction bijective, dérivable et strictement croissante notée ln :]0, +∞[→ R, telle que :
1 ln(1 + x)
ln0 (x) = et ln(1) = 0. Deplus, ln x 6 x − 1, lim ln(x) = −∞, lim ln(x) = +∞, et lim = 1.
x x→0 x→+∞ x→0 x
La fonction ln ainsi définie est appelée logarithme néperien. On note par e(e ' 2.7) le réel tel que ln(e) = 1.
Proposition 10 (Exponentielle).
La bijection réciproque de ln :]0, +∞[→ R s’appelle la fonction exponentielle, notée exp : R →]0, +∞[ est
dérivable sur R, (exp)0 (x) = exp(x), lim exp x = 0, lim exp x = +∞ et exp x > 1 + x pour tout ∈ R.
x→−∞ x→+∞
Définition 12.
AR
i) Soit a > 0. On appelle logarithme en base a notée loga :]0, +∞[→ R, exp x x
a
(a > 1)
y
ln(x)
telle que : loga (x) = . De sorte que loga (a) = 1 et loge = ln. x x
a
(a < 1)
ln(a) ln x
Pour a = 10, on obtient la fonction log10 appelée logarithme décimal. 1
ii On appelle fonction exponentielle de base a la fonction notée expa : x
U
R 7→ R, qui, à tout réel x → ax = exp x ln a .
01
AO
Propriété 1.
La fonction exp vérifie les propriétés suivantes :
La fonction ln vérifie pour tout x, y, a > 0 :
• exp(ln x) = x pour tout x > 0 et ln(exp x) = x
• ln(x.y) = ln x + ln y et ln( xy ) = ln y − ln x,
pour tout x ∈ R,
• loga (x.y) = loga x + loga y et loga ( x1 ) = − loga x
• exp(a + b) = exp(a) × exp(b),
• ∀n ∈ Z, ln(xn ) = n ln x et loga (xn ) = n loga x.
• exp(nx) = (exp x)n , pour tout n ∈ Z.
MK
Remarque. • Pour x ∈ R, on note aussi ex pour exp x. De plus la fonction exponentielle est l’unique fonction
qui vérifie : f 0 (x) = f (x), pour tout x ∈ R et f (1) = e, où e est le nombre réel qui vérifie ln e = 1.
√ 1 √ 1
• n ∈ N∗ , n a = a n = exp n1 ln a (la racine n-ème de a). En particulier a = a 2 = exp 21 ln a .
• On note aussi exp x par ex ce qui se justifie par le calcul : ex = exp x ln e = exp(x).
• Les fonctions x 7→ ax s’appellent aussi des fonctions exponentielles et se ramènent à la fonction exponentielle
classique par l’égalité ax = exp(x ln a). Il ne faut pas les confondre avec les fonctions puissances x 7→ xa .
ED
Exercice 10.
x2 x2 x3 xn
1. Montrer que ∀n ∈ N∗ ,∀x > 0, ln(1 + x) > x − et que ex > 1 + x + + + ... + .
2 2! 3!
HA
n!
x
2. Déterminer le nombre de points fixes de la fonction f : x 7→ 1 + .
ln(x)
Arccosinus. La restriction de la fonction cosinus, cos : [0, π] → [−1, 1] est continue et strictement croissante,
donc est une bijection. Sa réciproque est la fonction arccosinus, notée arccos : [−1, 1] → [0, π].
8
Fonctions à une variable réelle 10 septembre 2023 Mohamed Mkaouar
y
arccos x π
y +1
x π
2
−π − π2 0 π π
2 x
−1 cos x −1 0 1
On a donc, par définition de la bijection réciproque :
cos arccos(x) = x, ∀x ∈ [−1, 1] et arccos cos(x) = x, ∀x ∈ [0, π]
De plus, pour x ∈ [−1, 1], cos2 (arccos x) + sin2 (arccos x) = 1, donc sin2 (arccos x) = 1 − x2 , et comme
sin(arccos x) > 0, (car arccos x ∈ [0, π]), on en déduit :
√
sin(arccos x) = 1 − x2 , ∀x ∈ [−1, 1]
Proposition 12.
La fonction arccos : [−1, 1] → [0, π] est dérivable sur ] − 1, 1[ et sa fonction dérivée est donnée par
AR
−1
arccos0 (x) = √ , ∀x ∈] − 1, 1[
1 − x2
Démonstration. On a l’égalité cos(arccos x) = x que l’on dérive : − arccos0 (x) × sin(arccos x) = 1, on déduit
U
arccos0 (x) =
−1
sin(arccos x)
=√
−1
1 − x2
.
AO
Exercice 11. √ √
1. Calculer les valeurs de arccos en 0, 1, 12 , 22 , 23 . Déterminer les valeurs de arccos (cos 4) et arccos (cos 7).
2. Donner une expression simplifiée de la fonction f définie sur R par f (x) = arccos (cos x) + 12 arccos (cos 2x).
Arcsinus. La restriction de la fonction sinus, sin : [− π2 , + π2 ] → [−1, 1] est continue et strictement croissante,
MK
donc est une bijection. Sa réciproque est la fonction arcsinus, notée arcsin : [−1, 1] → [− π2 , + π2 ].
y
π
2 arcsin x
y +1 sin x
x
x −1 0 1
−π − π2 0 π π
2
ED
−1 − π2
De plus, pour x ∈ [−1, 1], cos2 (arcsin x) + sin2 (arcsin x) = 1, donc cos2 (arcsin x) = 1 − x2 , et comme
cos(arcsin x) > 0, (car arcsin x ∈ [− π2 , + π2 ]), on en déduit :
√
cos(arcsin x) = 1 − x2 , ∀x ∈ [−1, 1]
HA
Proposition 13.
La fonction arcsin : [−1, 1] → [0, π] est dérivable sur ] − 1, 1[ et sa fonction dérivée est donnée par
1
arcsin0 (x) = √ , ∀x ∈] − 1, 1[
1 − x2
MO
Démonstration. On démarre de l’égalité sin(arcsin x) = x que l’on dérive : arcsin0 (x) × cos(arcsin x) = 1, on
déduit
1 1
arcsin0 (x) = =√ .
cos(arcsin x) 1 − x2
9
Fonctions à une variable réelle 10 septembre 2023 Mohamed Mkaouar
Exercice 12. √ √ √
1. Calculer les valeurs de arcsin en 0, 1, 12 , 22 , 23 . Déterminer les valeurs
√ de arccos (cos 2) et arccos (cos 15).
√
2. Soit g la fonction définie sur [−1, 1] par : g(x) = 2 − x − 3 x 1 − x .
1 2 2
arctan tan(x) = x ∀x ∈] − π2 , + π2 [
Si x ∈] − π2 , + π2 [ tan(x) = y ⇐⇒ x = arctan y
π y
1 2
arctan (x) =
0
∀x ∈ R arctan x
AR
1 + x2 0 x
− π2
Exercice 13.
√
1. Montrer que arctan( 2 − 1) = 8.
π
U
2. a) Déterminer le domaine de définition de f (x) = arctan
b) Calculer f (x) et donner f (x) comme expression en arctan
0
√
x.
1+x2 −1
x
.
AO
arctan 1−xy
x+y
si xy < 1
arctan 1−xy
x+y
+π xy > 1
3. a) Soient x, y ∈ R. Montrer que arctan(x) + arctan(y) = si
π
si xy = 1 et x > 0
2
si xy = 1 et x < 0.
π
−2
b) Trouver tous les couples d’entiers non nuls (p, q) tels que arctan p1 + arctan 1q = π4 .
MK
1
ex + e−x ex − e−x
ch x = , sh x = et ex = ch x + sh x
2 2
0 1 x
M
Il est à noter que les fonctions ch et sh sont dérivable sur R. Pour tout
x ∈ R, on a : ch2 x − sh2 x = 1, ch0 x = sh x, et sh0 x = ch x.
On pourra vérifier que pour tout x ∈ R− , sh x 6 0 et que pour tout
x ∈ R+ , sh x > 0. De plus pour tout x ∈ R, ch x > 1.
HA
MO
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Fonctions à une variable réelle 10 septembre 2023 Mohamed Mkaouar
sh x e2x − 1 y
th x = = 2x
ch x e +1 1 thx
ch2 x − sh2 x 1
th0 (x) = = 2 = 1 − th2 x −1
ch2 (x) ch x
AR
4. Montrer que pour tout (x, y) ∈ R2 , ch2 (x) + sh2 (y) = ch(x + y) ch(x − y).
x2
5. Montrer que : pour tout x > 0, sh x > x et ch x > 1 + .
2
|x|
6. Montrer que : pour tout x ∈ R, | th x| > .
1 + |x|
U
AO
MK
M ED
HA
MO
Auteurs du chapitre Cours repris et mixé par Mohamed Mkaouar suivant le programme Tunisien d’analyse
des classes préparatoires MP, d’après (http ://exo7.emath.fr/cours/livre-analyse-1.pdf) : A.U. 2023-2024
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