REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE
Ministère de L’enseignement Supérieur
Et de La Recherche Scientifique
Université Mohamed Cherif Messaadia Souk-Ahras
Faculté des Sciences et de Technologie
Département de Génie électrique
1 ère MASTER : Machine électrique
Matière : machine spéciale
Machine a réluctance variable
Réalisée par
- Mecelti Soraya
Chargé de Matière : Dr.Meziane.S
Année universitaire:2023/2024
Introduction :
La machine à reluctance variable a été une première solution technique pour la conversion
électromécanique de conception rotative, idée qui remonte vers les débuts du 19ème siècle.
Son principe de fonctionnement, basé sur la règle de la fluctuation du flux entre sa valeur
maximal et minimal ou la reluctance est respectivement minimale et maximale, a été mis en
œuvre soit pour produire des courants de fréquence élevée (de l’ordre de 10kHz) à l’époque
des débuts de la radioélectricité, soit pour réaliser des actionneurs ou relais
électromagnétiques. Le MRV a connu un développement et un intérêt sans précédent depuis
ces dernières trois décennies, à cause d’une part de sa simplicité et sa capacité d’entraînement
à couple élevé, et d’autre part, de l’apport de l’électronique de puissance.
Malgré qu’il fut marginalisé et surpassé dans le passé par les machines synchrones utilisées
comme grands alternateurs dans les centrales de production de l’énergie électrique, par les
machines asynchrones fréquemment utilisés comme moteurs ou par les machines à courant
continu à collecteur ; les machines à réluctance variable sont utilisées actuellement dans les
dispositifs d’entrainement à grandes vitesses de rotation et comme moteurs de tractions
industrielles grâce à leurs couples satisfaisants avec seulement 30% d’appels de courant
comparés aux moteurs à induction. Décidément les MRV possèdent de meilleures
performances que les moteurs à induction. Et permettent aussi une variation de vitesse aisée et
contrôlable.
Les grands gains sur les économies de dépenses, ajouté à la qualité et le bon rendement, sans
oublier le cout d’entretien très bas vu la simplicité de construction et de maintenance rendent
ce choix très intéressant. Les avantages de la machine à induction triphasée sont : le faible
niveau sonore, elle est dotée d’une technique largement répandu et une grande disponibilité
ainsi qu’une meilleure accélération. Le moteur à réluctance variable est caractérisé par une
haute sécurité de fonctionnement après défaillance d'une ou plusieurs phases motrices.
Lorsqu'une telle panne se produit, le moteur continue de fonctionner sous charge et il peut être
accéléré ou freiné. La partie active du MRV comparée au moteur à induction triphasé à
puissance nominale égale, est d’environ 10% plus petite et 10% moins lourde. Si la tôle
d'acier magnétique mince est utilisée, les coûts de production augmentent, la partie active du
MRV devient 30% plus petite et 10% plus légère. L'échauffement du rotor du MRV est très
faible, le refroidissement est très favorisée comparé à la machine à induction qui quand a elle,
présente énormément de pertes joules dues aux enroulements rotoriques inexistant dans le
MRV. Ce dernier est caractérisé par une construction très simple et d'une grande fiabilité et
d'un cout de revient très bon marché [1]. Le MRV est une solution de choix pour l’action
électrique, avec un faible poids, un très haut rendement et un faible coût de fabrication.
Classification des MRV
Il a été convenu dans la communauté des électrotechniciens de classer les machines
électriques selon le type d’énergie (continue ou alternative). Mais cela n’empêche pas que
d’autres classifications prennent en considération la géométrie et le type de mouvement
(linéaire, rotatif ou combiné) comme le montre la figure 1 présentée ci dessous.
1
Fig.1 : Arbre généalogique des MRV [2]
En menant des recherches bibliographiques, il a été constaté que les MRV ne se soumettent
pas à une classification évidente. En effet, pour la même géométrie, ils peuvent fonctionner
avec de l’énergie électrique continue comme le moteur à reluctance variable pure à double
denture, ou avec de l’énergie alternative tel que le MRV synchrone, Vernier et hybride.
Certains auteurs ont essayé de lui trouver une place dans l’arbre généalogique des machines
électriques. Dépourvu de collecteur, le MRV se place du côté des machines à courant
alternatif [3].
Topologies des MRV tournantes :
Les MRV peuvent être à mouvement rotatif ou linéaire, mais ce travail va porter sur les
machines tournantes. Plusieurs configurations géométriques sont envisageables pour les MRV
rotatives, les plus usuelles sont celles qui considèrent que le nombre de pôles du stator est plus
élevé que le nombre de pôles du rotor (cela n’empêche pas que dans certains cas le rotor
comporte plus de dent que le stator). Le choix du nombre des dents et des phases doit se faire
par rapport à l'application envisagée et aux performances souhaitées. Les critères qui peuvent
influencer le choix pour une topologie particulière incluent, entre autres [4] :
2
La valeur du couple et sa forme lors du démarrage, du freinage et en régime
permanent.
Le type d'alimentation (triphasé, monophasé, etc.) et le circuit de commande utilisé
Les chemins de flux magnétique et les pertes fer produites.
Les principales configurations géométriques des MRV rotatives sont comme suit :
a. Les MRV purs :
Les MRV dits "purs" possèdent une structure saillante au rotor et au stator, avec un stator
"actif" où sont situés les bobinages et un rotor "passif" (sans bobinage ni aimants). Alimentés
avec une tension ou un courant de forme rectangulaire (alimentation en créneaux), ils
induisent des couples à caractère pulsé considéré comme inconvénient. On peut citer divers
types de structures de MRV purs [5]:
Structures à double denture à grosses dents à 2 dents par phase (figure 2).
Structures à double denture à grosses dents à plus de 2 dents par phase.
Structures à pôles statoriques dentés (« petites dents ») où plusieurs dents sont
excitées à la fois par un bobinage : on parle de « bobinage global ».
Fig.2 : MRV pur à grosses dents.
b. Les MRV à effet VERNIER
Les MRV à effet Vernier possèdent des structures identiques aux MRV pures sauf qu’ils ont
des enroulements repartis et sont alimentés en courant alternatif sinusoïdal et non en
créneaux. Il existe des machines dites «Vernier à grand nombre de dents », qui possèdent
deux armatures saillantes (figure 3); sur chaque armature, les dents sont identiques et
équiréparties mais les nombres de dents statoriques et rotoriques ont une légère différence
(similaire à celui d’une machine synchrone à rotor lisse), ce qui permet d’obtenir une
pérméance sinusoïdale. Il y a aussi les machines dites « Vernier à grosses dents » dans
lesquelles chaque pôle statorique constitue lui-même la dent. Les nombres de pôles sont alors
3
relativement faibles et leurs performances couple-vitesse peuvent être comparées à celles des
machines asynchrone et synchrone à aimants avec des fréquences d’alimentation voisines.
Fig.3: MRV à effet Vernier à stator externe et interne [2].
c. Les MRV hybrides :
Les MRV hybrides possèdent parfois la même structure que les deux types précédents, mais
en plus ils sont dotés d’aimants permanents afin d’améliorer leurs performances. L’adjonction
d’aimants dans les structures à double saillance permet de compenser un entrefer trop élevé. Il
y’a deux machines à aimants à double saillance dérivées des MRVDS (Machine à Réluctance
Variable à Double Saillance): l’une met en œuvre des aimants placés au rotor (figure 4), la
machine se rapproche des machines synchrones à aimants enterrés (Interior Permanent
Magnet); la seconde conserve le rotor passif de la MRV pure et utilise plutôt des aimants
placés au stator: ce qui permet d’obtenir alors une machine à double saillance à aimants
permanents au stator dite « MRV polarisée » [2]
Fig4: MRV hybride. [2]
Choix de la structure :
Le choix d’une machine dépend essentiellement de l’application et le cahier de charge, si on
prend le problème des véhicules électrique (V.E.) on trouve que la conception de la
motorisation d'un V.E. doit tenir compte de nombreuses contraintes techniques, économiques
4
et opérationnelles du marché de l'automobile telles que : rendement élevé, couple élevé à
vitesse quasi-nulle, possibilité de récupération d'énergie au freinage, puissance spécifique
élevée, réduction du nombre de semi-conducteurs de puissance,……[6] [7] [8]
Nous avons choisi pour ce travail la structure d’une MRV pure pour la simplicité de sa
construction, et les simulations sont faites en mode moteur.
Principe de fonctionnement :
Quel que soit le type de machine à réluctance variable étudié (cylindrique, linéaire, Vernier à
grosses dents...), le principe de fonctionnement est toujours identique, si les couplages
magnétiques entre phases sont négligeables. Il peut être décrit à partir de la structure
monophasée élémentaire représentée (Fig.5). Il s’agit d’un circuit magnétique simple
constitué de deux pièces ferromagnétiques, l’une fixe (stator) comportant un enroulement à N
spires parcourues par un courant i et l’autre mobile (rotor) autour d’un axe fixe. Soit θm
l’angle entre l’axe longitudinal de la pièce mobile et celui inter-polaire de la pièce fixe. Le
flux magnétique créé par les ampères-tours(Ni) oscille entre 2 valeurs extrêmes correspondant
aux 2 positions [9]:
Une position d’opposition (Fig 5.a) dans laquelle le circuit magnétique présente une
réluctance maximale, ou une inductance minimale ;
Une position de conjonction (Fig 5.b) dans laquelle le circuit magnétique présente une
réluctance minimale, ou une inductance maximale.
Fig.5: Structure MRV de base et positions extrêmes du rotor [10]
A partir de la position d'opposition (θm = 0), pour que la pièce ferromagnétique rotorique se
mette à tourner, nous devrions alimenter l'électroaimant fixe jusqu'à la position de conjonction
(θ m = π /2), selon la règle du « flux max. ou de la réluctance min. », et ainsi de suite …
Sachant que l’expression du couple électromagnétique est : 𝐓𝐞= 𝟏/𝟐*𝐢𝟐* 𝛛𝐋/ ,
5
l’alimentation de la machine avec un courant constant lors de la phase croissante ou
décroissante d’inductance (Fig.6 (a)) donnera le régime de fonctionnement souhaité :
Moteur (Te > 0) sur la phase croissante de l’inductance :(𝛉𝐦)/𝛛𝛉𝐦 > 𝟎
générateur (Te < 0) sur la phase décroissante de l’inductance :(𝛉𝐦)/𝛛𝛉𝐦 < 𝟎
FIG.6 (a) : Variation de l’inductance en fonction de la position du rotor [10]
Typiquement, il y a un nombre inégal de pôles saillants au stator et au rotor. Il existe
pour cela des règles régissant le nombre de dents statoriques Ns et rotoriques Nr ainsi que le
nombre de phases k pour assurer un bon fonctionnement de la MRV (figure 6 (b)).
FIG.6 (b) : Structure électromagnétique d’une MRVDS 6/4 triphasée
La période de variation de la réluctance vue d'une phase correspond au passage de la
conjonction d'une dent à la conjonction de la dent suivante. La relation entre les angles
électrique θe et mécanique θm est donnée par : θe= Nr.θm. [11]
A. Fonctionnement en moteur :
Le moteur à reluctance variable est un moteur électrique à double saillance; le stator et le
rotor sont à pôles saillants. Son principe de fonctionnement se base sur le phénomène de
6
l'attraction du fer par les électroaimants. En effet, lorsque deux pôles opposés du stator sont
excités, deux pôles du rotor s'alignent avec eux, mais un autre ensemble de pôles est hors
alignement. L'alimentation d'une autre paire de pôles du stator amène encore une fois les
pôles du rotor à l'alignement. De la même façon, et en commutant séquentiellement le courant
dans les enroulements du stator, le rotor tourne. La figure 7 montre un exemple d'un MRV de
type 6/4 pôles.
FIG.7 : Fonctionnement MRV 6/4 pôle : (a) Début alignement, (b) Alignement.
La figure I.9 (a) montre l'alignement des pôles du rotor r1 et r1' avec les pôles du stator
c c' et le début de l'alignement des deux pôles du rotor r2 et r2' avec les deux pôles du stator a
et a'. Cette situation a été provoquée par l'excitation de l'enroulement c c'. En commutant le
courant électrique de l'enroulement c c' à l'enroulement a a', les pôles rotoriques r2 et r2'
s'aligneront avec les deux pôles du stator a et a' comme le montre la figure I.9 (b). Pour
continuer la rotation dans le même sens, la séquence suivante est l'excitation de l'enroulement
b b'. Cela entraînera l'alignement des pôles r1 et r1' avec les pôles b b'. En répétant les
séquences d'alimentation des trois phases a, b, et c, le MRV tournera dans le même sens de
rotation.
A.1 Circuit équivalent et équations électromagnétiques :
En négligeant l'inductance mutuelle entre les phases du stator, le circuit équivalent d'une
machine à reluctance variable peut être exprimé de la façon suivante : la tension appliquée
aux bornes d'une phase est égale à la somme de la chute de tension résistive et la variation du
flux couplé. Cette tension est donnée par l'équation I.1 suivante :
Rs est la résistance d'une seule phase. L'équation (I.1) peut s'écrire sous la forme suivante :
7
Les trois termes du côté droit de l'équation (I.2) représentent respectivement la chute de
tension résistive, la chute de tension inductive et la f.é.m. induite. Cette équation est similaire
à celle du moteur à courant continu à excitation série. La f.é.m. induite est obtenue par
l'équation suivante :
Où 𝛚𝐦 =𝐝𝛉/𝐝𝐭 est la vitesse de rotation.
D'après l'équation de tension et l'expression de la f.é.m, le circuit équivalent d'une phase du
MRV est composé d'une résistance RS, d'une inductance L(𝜃) et d'une f.é.m. connectées en
série, comme montré dans la figure 8.
FIG.8 : Circuit équivalent d'une phase de MRV
La multiplication par le courant instantané des deux côtés de l'équation (I.2) donne :
Où pi est la puissance instantanée d'entrée. Le dernier terme n'est pas interprétable
physiquement. Pour qu'il ait un sens physique, il faut qu'il soit en fonction de variables
connues.
8
Remplaçant dans l'équation (I.4) :
Cette équation montre bien que la puissance instantanée d'entrée est égale à la somme des
pertes résistives données par 𝑅𝑠𝑖2, le taux de variation de l'énergie électromagnétique donné
par 𝐝/𝐝𝐭 (𝟏/ 𝟐 (𝛉, 𝐢)^2) et la puissance dans l'entrefer qui est donnée par le terme 𝟏/𝟐
𝐢^𝟐 𝐝𝐋 (𝛉,)/ 𝐝𝐭 .
Mettant le temps en fonction de la position du rotor et la vitesse :
La puissance dans l'entrefer devient :
La puissance dans l'entrefer est égale au produit du couple électromagnétique et la vitesse du
rotor.
D'où vient l'équation du couple électromagnétique :
Cela complète le développement du circuit équivalent et les équations qui évaluent le couple
électromagnétique, la puissance dans l'entrefer et la puissance d'entrée du MRV.
A.2 Caractéristique couple vitesse :
Le plan couple-vitesse est limité par des contraintes physiques; soient la tension
d'alimentation et réchauffement de la machine. Cependant, dans ces limitations, le moteur à
reluctance variable n'est pas différent des autre machines électriques tournantes où la vitesse
9
et le couple sont limités respectivement par la tension d'alimentation et par le courant maximal
dans leurs enroulements. La figure I.11 montre la caractéristique couple vitesse d'un MRV.
FIG.9 : Caractéristique couple vitesse d'un moteur à reluctance variable
Le moteur fonctionne à couple constant jusqu'à la vitesse de base. Après, il passe au régime
à puissance constante à cause de la limitation de courant par la force contre-électromotrice. Le
couple est inversement proportionnel à la vitesse de rotation. Dans les hautes vitesses, la force
contre-électromotrice croît et la puissance sur l'arbre diminue. Dans ce régime de
fonctionnement, le couple est inversement proportionnel au carré de la vitesse [12].
B. Fonctionnement en génératrice :
La GRV (Génératrice à Réluctance Variable) connaît un grand intérêt pour les applications
caractérisées par de larges zones d'opération dans la caractéristique couple-vitesse. Les
systèmes d'alimentation dans les avions et les automobiles hybrides sont généralement
caractérisés par leurs opérations dans les hautes vitesses. Par contre, la production de l'énergie
électrique à partir des éoliennes par exemple, est caractérisée par des opérations avec de
basses vitesses. La GRV est un candidat important pour ces applications grâce à son rotor qui
peut supporter le fonctionnement dans les hautes vitesses et les hautes températures. Par
contre, son fonctionnement dans les basses vitesses présente des ondulations de couple
élevées.
10
Tel que les entraînements avec un moteur, l'utilisation d'une génératrice dans n'importe quelle
application nécessite la connaissance des caractéristiques du système qui va l'entraîner.
Dans le cas d'une application dans une automobile par exemple, le moteur à combustion est
capable de fournir une puissance constante sur une large zone de vitesse. Par contre, la
puissance mécanique produite par une éolienne est proportionnelle au cube de la vitesse. Dans
ce cas, il faut bien prendre en considération la caractéristique couple-vitesse de l'éolienne pour
déterminer les spécifications électromécaniques du générateur. L’exemple de la GRV est
montré dans la figure 10 C'est une GRV 24/16 qui a été développée pour une application
d'automobile [12].
FIG.10 : Topologie du fer d’une GRV 24/16 pôles
Cette machine a été conçue pour fonctionner en moteur pour le démarrage du moteur à
combustion de l'automobile, et ensuite fonctionner en génératrice pour alimenter son système
électrique.
La GRV a besoin d'une source d'excitation pour produire de l'énergie électrique. Cette
excitation vient du même convertisseur dans lequel la GRV débitera le courant. Quand les
interrupteurs commandés sont fermés, un courant s'établit dans l'enroulement de la GRV.
Quand ces interrupteurs sont ouverts, plus d'énergie est retournée à la source que celles
absorbée pour l'excitation. La figure 11 montre un cycle de conversion d'énergie de la GRV
pour deux vitesses de rotation [12].
11
FIG.11 : Cycles de conversion d'énergie de la GRV à 1500 et 3000 rpm
Les zones entourées par les boucles représentent l'énergie convertie en énergie électrique pour
les deux vitesses de rotation.
B.1 Conversion de l'énergie :
La conversion de l'énergie mécanique en énergie électrique dans une GRV se fait par
une synchronisation appropriée des courants de phases avec la position du rotor. Cependant, il
faut alimenter la phase de la GRV pendant la phase descendante de l'inductance. Par
conséquent, la GRV produira un couple négatif et consommera de l'énergie à partir du moteur
qui l'entraîne. Pour maintenir une conversion continue d'énergie, le convertisseur de la GRV
doit commuter le courant dans les phases convenablement. La figure 12 montre une allure
idéalisée de l'inductance et les temps d'injection du courant dans les phases de la GRV.
FIG.12 : Production de couple négatif en fonctionnement génératrice
Tel qu'expliqué précédemment dans le fonctionnement en moteur, pour assurer une
production instantanée du couple (négatif) pour un fonctionnement en génératrice,
12
l'application de la tension aux bornes de l'enroulement doit se faire avant le début de la
décroissance de l'inductance et la commutation du courant dans un autre enroulement doit être
réalisée avant le début de la pente positive de l'inductance.
La GRV présente des non-linéarités spatiale et magnétique qui devront être prises en compte
lors de la conception de sa structure magnétique et de sa commande. La figure 13 montre le
flux couplé en fonction du courant pour différentes positions du rotor. La position 0°
correspond à la position alignée.
FIG 13 : Flux couplé en fonction du courant et de la position du rotor de la GRV 24/16
La non-linéarité est remarquable autour de la position alignée. Dans la position non-alignée, la
caractéristique du flux couplé en fonction du courant est linéaire.
Une autre manière de représenter les courbes de la figure 13 est montrée dans la figure
14 Le flux couplé est représenté en fonction de la position du rotor pour différentes valeurs
du courant. Cette façon permet d'apercevoir les non-linéarités spatiale et magnétique présentes
dans la GRV [12]
FIG 14 : Flux couplé en fonction de la position du rotor et du courant
13
B.2 Comportement de la GRV :
Le coefficient de f.c.é.m est un paramètre très important à étudier pour comprendre le comportement
de la GRV. La dynamique électrique d'une phase de la GRV est présentée par la relation suivante :
L'équation peut être écrite sous la forme suivante :
Où𝝏𝝀/𝝏𝜽 représente le coefficient de la f.c.é.m. de la GRV. La figure I.17 montre l'évolution
de ce coefficient en fonction de la position du rotor pour trois valeurs de courant
FIG 15 : Coefficient de la f.c.é.m en fonction de la position du rotor pour trois valeurs de
courant [12]
Nous remarquons que le coefficient de la f.c.é.m est négatif dans la phase descendante de
l'inductance et positif durant sa phase montante, qu'il retienne les non-linéarités présentes
dans les données du flux couplé des figures I.15 et I.16 et que sa valeur maximale augmente
avec l'augmentation du courant de phase jusqu'à un certain point, au-delà de ce point,
l'augmentation du courant de phase réduit le coefficient de la f.c.é.m. La figure I.18 montre le
circuit équivalent d'une phase de la GRV pendant les temps d'excitation et démagnétisation.
(a) et (b)
14
FIG.16 : Circuit électrique équivalent d'une phase GRV. (a) Phase d'excitation, (b) Phase de
démagnétisation.
Les dynamiques du courant de phase peuvent être déduites du signe et l'amplitude de la
f.c.é.m par rapport à la tension appliquée. Durant la phase d'excitation, le courant de phase
s'accroît face à la f.c.é.m et réduit l'efficacité de la source de tension. En effet, l'avancement
de l'angle d'allumage est indispensable pour avoir le courant adéquat au moment du début de
la phase descendante de l'inductance. Le comportement durant la phase de démagnétisation
peut être évalué en comparant l'amplitude de la f.c.é.m et la source de tension. Si l'amplitude
de la source de tension est plus grande que celle de la f.c.é.m, le courant diminuera. Si on
fonctionne dans des basses vitesses, cela pourra obliger d'effectuer plusieurs périodes
d'excitation pour maintenir une forme de courant capable d'exciter adéquatement la phase de
la GRV pendant la phase descendante de l'inductance. Pendant le fonctionnement à hautes
vitesses, la f.c.é.m pourra servir à augmenter le courant de phase quand les interrupteurs
commandés sont ouverts. Cela arrive quand -𝐕𝐝𝐜 > 𝛚 𝛛𝛌/𝛛𝛉 [12].
I.6 Les applications du MRV :
D’une façon générale, le MRV présente beaucoup d'avantages et peut être employé avec
succès en tant que moteur à vitesse variable. Il fournit des solutions pour des applications très
variées, notamment des applications de traction de petite taille, avec des performances très
satisfaisantes et des puissances pouvant atteindre plusieurs dizaines de kilowatts. Le MRV
présente une alternative dans une multitude d'applications. Parmi ces applications nous
pouvons citer: - Les applications spécifiques : compresseurs, ventilateurs, pompes. Les
équipements médicaux et de laboratoires comme les pousse-seringues [13] (figure (a)), les
centrifugeuses (figure (b)), ainsi que les fauteuils roulants électriques (figure (c))…
15
Pousse-seringue (b) Centrifugeuse (c) Fauteuil roulant électrique )a(
,Les appareils ménagers : Robot ménager (figure (A)), lave-linge (figure (B)), lave-vaisselle
…horlogerie, jouets
(A)Robot ménager (B) Lave-linge
Les applications pour les véhicules électriques et hybrides (figure A1), le
domaine de traction électrique sur rails comme les MRV linéaires ainsi que les rotors « in
Wheel » directement associes aux roues (figure C1) et les équipements de bord (figure B1).
(A1) Véhicule électrique Hybride
16
(B1) Equipement de bord des trains
(C1) Rotor « in Wheel »
Les automatismes industriels : ascenseurs, servomécanismes, portes automatiques
(figure 17), actionneurs, positionnement…
FIG 17 : Porte automatique utilisant de MRV.
Les équipements informatiques et bureautiques : impression, ventilateur, têtes de
lecteur…
- Les pompes à fuel et appareillages embarqués à bord des avions , navettes spatiales, fusées et
différents équipements aéronautiques et aérospatiaux ; Le manque d'une atmosphère dans
l'espace fait que le moteur électronique est le seul choix viable pour les systèmes de
propulsion des robots d’exploration spatiale . L’agence NASA pour son programme
d’exploration de mars a conçu un MRV pouvant supporter une température de 540° pendant
27 heures.
I.7 Avantages de la MRV :
Les caractéristiques de la machine à reluctance variable ont été largement discutées dans la
littérature et, comme n’importe quel type de machine électrique, la MRV possède des
avantages que nous allons exposer dans ce qui va suivre.
Le moteur :
17
Ses avantages :
Construction simple et robuste : d’un point de vue mécanique, la MRV est très simple. Le
rotor ne comporte ni aimant permanent ni conducteurs. Le bobinage du stator est également
très simple car les bobines sont insérées dans les pôles de stator. En raison de la simplicité de
construction, le coût de fabrication peut également être fortement réduit.
Pas de bobinage ni aimant sur le rotor : l’absence de bobinage au niveau du rotor implique
que les pertes par effet joule donc l’énergie thermique associée est inférieure à celle produite
par les machines à courant continu ou les machines à induction (asynchrone), ainsi que la
difficulté d’évacuer la chaleur produite. L’absence de bobinage et d’aimants dans le rotor
permet à la MRV de fonctionner à des vitesses très élevées.
Faible inertie : dans les applications où la vitesse de référence varie beaucoup
(marchearrêt), il est très important d'avoir une faible inertie, de sorte que le couple
d'accélération peut être réduit. Le rotor de la MRV ayant généralement une faible inertie, ceci
l’avantagerait par rapport à d'autres machines électriques.
Absence d’encoches de logement des conducteurs : c’est l’un des très grands avantages des
MRV car les pertes produites par les extrémités des enroulements sont réduites ; la longueur
totale de l’empilement du circuit magnétique du stator sera plus faible.
Moins d’encoches et de bobines : une MRV 6/4 a besoin de 6 bobines ce qui est équivalent à
une machine asynchrone triphasée de 12 encoches, rarement utilisée car elle possède
généralement plus de 12 encoches afin de minimiser les harmoniques ; donc moins de bobines
rendra facile la fabrication.
Tolérance de panne : en raison des faibles effets de couplage entre les phases du moteur, la
MRV est tolérante aux pannes (fault tolerant). Une MRV triphasée peut produire un couple
sur une seule phase, les deux autres phases étant inactives.
Brushless : la MRV peut être classée comme une machine brushless du fait que son rotor
n’est pas muni d’un système bagues-balais comme les moteurs à courant continu ou les
machines synchrones et asynchrones bobinées, ce qui est un avantage.
Haute efficacité : il est extrêmement difficile voire impossible de comparer l'efficacité des
moteurs de différents types parce qu'il n'y a pas de règle d'or ou une norme pour cela. Le fait
est qu'il y a tellement d'aspects comme la taille, la production, le coût, les matériaux, le
convertisseur, le contrôle, le type d'application, la durée de vie, … qui doivent être pris en
compte pour que la comparaison soit significative. Ce qui est effectivement recherché n’est
pas l'efficacité en soi mais plutôt l'efficacité par rapport à quoi ? Il serait illusoire de prétendre
que la MRV a un rendement nettement plus élevé que la machine à induction standard mais
on peut dire que la tendance générale vers une plus grande efficacité est pour la MRV !
Conclusion
Du fait que les MRV sont une solution de choix pour la traction électrique avec
d’innombrables avantages et peu d’inconvénients, chose qui a suscité l’intérêt de plus en plus
grandissant des scientifiques et industriels ; nous avons présenté dans ce mini projet une carte
de visite de ces machines très prometteuses. Nous avons évoqué leur classification, leurs
différentes topologies, leur principe de fonctionnement en régime moteur et en régime
générateur, leurs diverses applications, la large gamme des structures et ces différentes
18
catégories selon leurs mouvements, chemin de flux magnétique et type d'excitation. Les
différentes méthodologies et démarches de conception ont été aussi évoquées et les étapes du
processus de dimensionnement, le calcul des paramètres géométriques et leur impact sur le
MRV ont été également discutés. A été aussi mise en relief la modélisation analytique telle
que la méthode des éléments finis qui est toujours un choix judicieux au vu de sa précision
dans le domaine électromagnétiques.
19
Bibliographie
[1] J.Teeth, H.Wolff. (1997). "Switched reluctance motor with 16 stator poles and 12 rotor
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563.
[2] KADA BELGHITRI NAOUEL, ‘’ Contribution à la modélisation par la méthode des
réseaux de réluctances (MRR) d’une machine à réluctance variable ‘’, Thèse de Doctorat,
U.S.T.O Oran 2015
[3] Kada Belghitri Naouel. "Contribution à la modélisation par la méthode des réseaux de
réluctances (MRR) d’une machine à réluctance variable", Thèse de Doctorat, U.S.T.O
Oran 2015.
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[5] S.Mouellef, ¨Contribution A L’étude D’une Machine A Reluctance Variable : Conception,
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Université Mentouri De Constantine, 2008.
[6] Jean Claude. Mouchoux, «Etude et réalisation de l’alimentation électronique d’un moteur
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réluctance variable pour vheicule électrique expérimentation du moteur», Mémoire
d’ingénieur
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