République Tunisienne
Ministère de l’Enseignement Supérieur
et de la Recherche Scientifique
Concours Nationaux d’Entrée aux Cycles
de Formation d’Ingénieurs
Session 2020
Concours Physique et Chimie
Epreuve de Mathématiques
Session 2020 Date : 16/07/2020 Heure : 8H Durée : 4 heures
La qualité de la rédaction et de la présentation, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l’appré-
ciation des copies. L’usage des calculatrices n’est pas autorisé. Tout résultat fourni dans l’énoncé peut être admis et utilisé par la suite, même
s’il n’a pas été démontré.
Exercice (5 points)
Soit (Ω, T, P) un espace probabilisé et X une variable aléatoire discrète, qui prend ses valeurs
dans { xn , n ∈ N} ⊂ R+ . On pose pn = P( X = xn ), pour tout n ∈ N.
1. (a) Montrer que pour tout t > 0, la série ∑ pn e−t xn est convergente.
n>0
(b) En déduire que pour tout t > 0, la variable aléatoire e−t X est d’espérance finie, et que
+∞
son espérance E(e−t X ) = ∑ p n e −t xn .
n =0
+∞
Dans la suite, on notera pour tout t > 0, Φ X (t) = E(e−t X ) = ∑ p n e −t xn .
n =0
2. Montrer que Φ X est à valeurs dans [0, 1], et qu’elle est continue sur [0, +∞[.
3. (a) Soit k ∈ N∗ . Prouver que pour tout λ > 0, et pour tout x > 0 :
k k −k
0 6 x k e−λx 6 e .
λk
(b) En déduire que Φ X est de classe C ∞ sur ]0, +∞[, et donner l’expression de ses dérivées
successives.
4. Soient a et b deux réels positifs. Montrer que pour tout t > 0, Φ aX +b (t) = e−bt Φ X ( at).
5. On considère une variable aléatoire discrète Y à valeurs dans R+ , et on suppose que X et
Y sont indépendantes. Montrer que l’on a Φ X +Y = Φ X ΦY .
6. On suppose que X suit la loi géométrique de paramètre p ∈]0, 1[. Déterminer l’ensemble
des réels t tels que e−t X soit d’espérance finie, et donner l’expression de E(e−t X ).
7. (a) On suppose que X suit la loi de poisson de paramètre λ > 0.
Déterminer l’ensemble des réels t tels que e−t X soit d’espérance finie, et donner l’ex-
pression de E(e−t X ).
(b) Soient n ∈ N∗ , X1 , . . . , Xn des variables aléatoires mutuellement indépendantes qui
suivent la même loi de Poisson de paramètre λ > 0, et Sn = X1 + · · · + Xn .
Justifier que Sn suit une loi de Poisson à préciser, et montrer que pour tout a > 0 :
−t −t
P(Sn 6 na) 6 en(λ(e −1)+at) si t > 0, et P(Sn > na) 6 en(λ(e −1)+at) si t 6 0.
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Problème 1 (6 points)
Notations. On désigne par :
B le R−espace vectoriel des applications continues et bornées sur [0, +∞[, à valeurs réelles.
E l’ensemble des applications f continues sur [0, +∞[, à valeurs réelles, et telles que la fonction
f (t)
t 7→ soit intégrable sur [0, +∞[.
1 + t2
I Généralités
1. Vérifier que E est un R−espace vectoriel, et que B ⊂ E.
√
2. Soit g : t 7→ t sin(t) .
(a) Montrer que g n’est pas bornée sur [0, +∞[.
(b) Prouver que g ∈ E. Que peut-on conclure ?
3. Soit f ∈ E.
f (t)
Montrer que, pour tout x > −1, la fonction t 7→ est intégrable sur [0, +∞[.
1 + t2 + x
Dans toute la suite, et pour tout f ∈ E, on notera fe l’application définie sur ] − 1, +∞[ par :
Z +∞
f (t)
∀ x ∈ ] − 1, +∞[, fe( x ) = dt.
0 1 + t2 + x
4. Vérifier que pour tout λ ∈ R et f , g ∈ E, λ]
f + g = λ fe + ge.
II Propriétés de fe
Soit f ∈ E.
1. Montrer que la fonction fe est dérivable à tout ordre p ∈ N∗ sur ] − 1, +∞[ et exprimer sa
Z +∞
( p) f (t)
dérivée d’ordre p, f e , en tout x > −1, à l’aide de l’intégrale : dt.
0 (1 + t + x ) p +1
2
2. (a) Soit ( xn )n une suite de réels dans ] − 1, +∞[ telle que lim xn = +∞.
n→+∞
Montrer que lim fe( xn ) = 0.
n→+∞
(b) En déduire que lim fe( x ) = 0.
x →+∞
Z +∞
3. On suppose que ψ est une fonction continue intégrable sur R+ , et que ψ(t) dt , 0.
0
1 +∞
Z
Montrer que ψ ∈ E et que ψ
e( x ) ∼ ψ(t) dt.
x →+∞ x 0
Z +∞
f (t)
4. On note, pour k ∈ N, Ik = dt.
(1 + t 2 ) k +1
0
(a) Vérifier que pour tout réel x dans ] − 1, 1[ et pour tout t dans R+ , on a :
+∞
f (t) (−1)k f (t) x k
1 + t2 + x k∑
= 2 ) k +1
.
=0 ( 1 + t
+∞
(b) Montrer alors que pour tout réel x dans ] − 1, 1[, on a : fe( x ) = ∑ (−1)k Ik xk .
k =0
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(c) L’application f 7→ fe est-elle surjective de E sur C ∞ ] − 1, +∞[, R ? Justifier.
Problème 2 (9 points)
Soit un entier n > 2. On note Mn (R) l’espace vectoriel des matrices carrées d’ordre n qu’on
munit de la norme k · k définie pour A ∈ Mn (R) par
q
k Ak = Tr ( t A A),
où t A est la matrice transposée de A et Tr est l’application trace. Pour toute famille { a1 , . . . , an }
de réels, diag( a1 , . . . , an ) désigne la matrice diagonale de Mn (R) dont les coefficients diagonaux
sont respectivement a1 , . . . , an .
On rappelle que le groupe spécial orthogonal SO n (R) désigne l’ensemble des matrices
A ∈ Mn (R) vérifiant t A A = In et det( A) = 1.
On note G l’ensemble des matrices A ∈ Mn (R) telles que det( A) = 1.
L’objectif de ce problème est de montrer que les matrices de SO n (R) sont les matrices de G
ayant une norme minimale, c’est-à-dire
A ∈ G telle que ∀ M ∈ G, k Ak 6 k Mk ⇐⇒ A ∈ SO n (R).
I Existence d’une matrice de G de norme minimale
1. Soit A = ( ai,j )16i,j6n ∈ Mn (R). Montrer que
n n
k Ak = ∑ ∑ a2i,j .
2
i =1 j =1
2. (a) Justifier la continuité de la fonction det : Mn (R) → R, A 7→ det( A).
(b) En déduire que l’ensemble G est un fermé de Mn (R).
3. Pour p ∈ N∗ , on pose A p = diag( p, 1p , 1, . . . , 1) ∈ Mn (R) si n > 3 et A p = diag( p, 1p ) si n = 2.
(a) Justifier que pour tout p ∈ N∗ , A p ∈ G et calculer k A p k.
(b) L’ensemble G est-il borné ? Justifier la réponse.
4. On choisit une matrice quelconque M ∈ G et on note r = k Mk.
(a) Justifier que r , 0.
(b) Justifier que l’application k · k : Mn (R) → R, A 7→ k Ak est continue.
(c) B f (0n , r ) désigne la boule fermée de Mn (R) de centre la matrice nulle 0n et de rayon r.
Montrer que l’ensemble K = G ∩ B f (0n , r ) est un fermé borné de Mn (R).
(d) En déduire que inf k Ak est atteint dans K.
A∈ G
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II Cas particulier où n = 2
a b
1. Soit A = ∈ M2 (R). Montrer que le polynôme caractéristique de A est donné par
c d
χ A ( X ) = X 2 − Tr( A) X + det( A).
2. Calculer k Ak pour A ∈ SO 2 (R).
n o
3. On considère un réel positif r tel que l’ensemble Kr = A ∈ G, k Ak = r est non vide.
Soit A ∈ Kr .
(a) Déterminer en fonction de r le polynôme caractéristique χ t A A de la matrice t A A.
√ diagonalisable dans M2 (R) ? Justifier.
(b) La matrice t A A est-elle
En déduire que r > 2.
4. Démontrer que l’ensemble K √2 est égal à SO 2 (R).
III Cas général où n > 2
On munit l’espace vectoriel Mn,1 (R) de son produit scalaire canonique h·, ·i défini par :
∀ X, Y ∈ Mn,1 (R), h X, Y i = tX Y.
Soit A ∈ G.
1. (a) Justifier l’existence d’une famille de réels {λ1 , . . . , λn } et d’une base orthonormale
(V1 , . . . , Vn ) de Mn,1 (R) telle que
t
∀i ∈ ~1, n, A AVi = λi Vi .
(b) Montrer que λi > 0 pour tout i ∈ ~1, n.
√ 1
Dans la suite, on note pour tout i ∈ ~1, n, σi = λi et Ui = AVi .
σi
2. (a) Montrer que pour tout i ∈ ~1, n, on a t A Ui = σi Vi .
(b) En déduire que pour tout i ∈ ~1, n, Ui est un vecteur propre de la matrice A t A et
préciser la valeur propre associée.
(c) Montrer que la famille (U1 , . . . , Un ) est une base orthonormale de Mn,1 (R).
3. On définit les matrices U et V de Mn (R) dont la i-ème colonne est Ui et Vi respectivement
et soit la matrice Σ = tU AV.
(a) Justifier que U et V sont deux matrices orthogonales.
(b) Montrer que Σ = diag(σ1 , . . . , σn ).
n n
(c) En déduire que k Ak2 = ∑ σi2 et que det( A) = ∏ σi .
i =1 i =1
(d) On admet que
n n n o
inf ∑ σi2 telle que σi > 0, 1 6 i 6 n et ∏ σi = 1
i =1 i =1
est atteint pour σ1 = · · · = σn = 1.
Montrer que si A ∈ G de norme minimale alors A ∈ S On (R). Démontrer la réciproque.
Fin de l’énoncé