S1 CPI - Analyse de Base 2
S1 CPI - Analyse de Base 2
Analyse de base 2
2 Équations différentielles 25
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.2 Équations différentielles linéaires de premier ordre . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.2.1 Résolution de l’équation homogéne associée . . . . . . . . . . . . . . 27
2.2.2 Solution particulière par variation de la constante . . . . . . . . . . . 27
2.2.3 Cas où les coefficients sont constants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.2.4 Notation physique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.2.5 Interprétation graphique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.2.6 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.3 Equations se ramenant à une équation linéaire : . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.3.1 Equations de Bernouilli : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.3.2 Equations de Riccati : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.4 Equations différentielles linéaires du second ordre à coefficients constants : 33
2.4.1 Intégration de l’équation homogéne : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3
TABLE DES MATIÈRES
Avant propos
Ce cours de mathématiques correspond à l’enseignement dispensé en première année
du cycle préparatoire de l’École Nationale Supérieure de Chimie de Kenitra (ENSCK).
Compte tenu de la variété des acquis mathématiques des étudiants arrivant en première
année, la necessité de disposer d’un support de cours écrit pour l’enseignement des mathématiques
est apparue plus qu’indispanesabe. Les notions supposées connues correspondent au pro-
gramme du lycée.
L’objet de cet aide-mémoire est de proposer une explication succincte des concepts vu
en cours. De nombreux livres, parfois très fournis, existent. Ici on a cherché, compte tenu
des contraintes de volume horaire, des acquis des étudiants au lycée et des exigences pour
la suite du cursus, à dégager les points clés permettant de structurer le travail personnel
de l’étudiant voire de faciliter la lecture d’autres ouvrages. Ce polycopié ne dispense pas
des séances de cours et de TD ni de prendre des notes complémentaires. Il est d’ailleurs
important de comprendre et apprendre le cours au fur et à mesure. Ce polycopié est là
pour éviter un travail de copie qui empêche parfois de se concentrer sur les explications
données oralement mais ce n’est pas un livre auto-suffisant (il est loin d’être exhaustif ) !
Certaines (voire toutes) les parties de ce polycopié peuvent aussi être utiles pour des
étudiants de la première année d’une Licence Scientifique (SMAI, SMPC,SVT,...).
NOTA BENE : Ce document est (plus au moins) régulièrement mis à jour mais il
est non garanti dénué d’erreurs. Merci de me signaler toutes remarques ou questions
permettant d’en améliorer la rédaction à l’adresse [Link]@[Link]. Ne m’en
voulez pas si je ne peux pas repondre à tous mais j’en tiendrai compte pour les prochaines
versions
6
CHAPITRE 1. INTÉGRALE AU SENS DE RIEMANN
Soient f une fonction bornée sur [a; b], σ = (a0 = a < a1 < ⋯ < an = b) une subdivision
et :
Mk = sup f (x); } et mk = inf f (x)
x∈]ak−1 ,ak [ x∈]ak−1 ,ak [
Définition 1.1.2.
Proposition 1.1.3.
On a µ1 ⩾ mk et µ2 ⩾ mk et par conséquent
Dans Sf− (σ) et Sf− (σ ′ ) tous les autres termes sont identiques on a donc Sf− (σ ′ ) ⩽ Sf− (σ).
On montre de la même manière l’inégalité Sf+ (σ) ⩽ Sf+ (σ ′ ).
Seconde étape : Pour passer de σ ′ à σ on forme une suite de subdivisions (σk )0⩽k⩽N
en partant de σ0 = σ ′ et en passant de σk à σk+1 en ajoutant un point, jusqu’à obtenir
σN = σ .
On définit deux suites finies de réels (Sf− (σk ))0⩽k⩽N croissante et (Sf+ (σk ))0⩽k⩽N décroissante
et on en conclut que
Sf− (σ ′ ) ⩽ Sf− (σ) et Sf+ (σ) ⩽ Sf+ (σ ′ )
Comme conséquence, on a :
Corollaire 1.1.4.
Définition 1.1.5.
Sf+ = Sf−
Remarquons que :
1. Si σ est une subdivision quelconque de [a, b] alors
b
Sf− (σ) ⩽ ∫ f (x)dx ⩽ Sf+ (σ)
a
b
m(b − a) ⩽ ∫ f (x)dx ⩽ M (b − a)
a
2. Si f est constante sur [a, b] de valeur λ, alors pour toute subdivision σ de [a, b] :
n
Sf− (σ) = ∑ λ(xk − xk−1 ) = λ(b − a) = Sf+ (σ)
k=1
On a défini la riemann intégrabilité d’une fonction par l’égalité d’une borne inférieure et
d’une borne supérieure, c’est très abstrait. Le théorème suivant, qui exprime une condition
nécessaire et suffisante, permet de franchir l’étape qui consiste à passer de la notion de
borne supérieure à celle limite de suite.
Théorème 1.1.6.
Une fonction bornée f est intégrable au sens de Riemann sur [a, b] si et seulement
si pour tout ε > 0, il existe une subdivision σ de [a, b] telle que
Démonstration. On suppose que f est intégrable sur [a, b], c’est à dire qu’on a Sf+ = Sf−
et soit ε > 0.
ε
Comme Sf− = supσ Sf− (σ) alors il existe une subdivision σ1 de [a, b] vérifiant Sf− − <
2
Sf− (σ1 ).
De même l’égalité Sf+ = inf σ Sf+ (σ) a pour conséquence qu’il existe une subdivision σ2
ε
de [a, b] telle que Sf+ (σ2 ) < Sf+ + .
2
Dans la subdivision σ = σ1 ∪ σ2 on a :
ε ε
Sf− − Sf− (σ) ⩽ Sf− − Sf− (σ1 ) < et Sf+ (σ) − Sf+ ⩽ Sf+ (σ2 ) − Sf+ ⩽
2 2
.
Ceci étant vrai pour tout ε > 0 donne l’égalité Sf+ = Sf− et on en déduit que f est intégrable
sur [a, b]. ◻
Définition 1.1.7.
Proposition 1.1.8.
Toute fonction monotone sur [a, b] est Riemann-intégrable sur [a, b].
Ainsi :
n
Sf+ (σ) − Sf− (σ) = ∑ (ak − ak−1 ) (f (ak ) − f (ak−1 ))
k=1
b−a n
= ( ) ∑ (f (ak ) − f (ak−1 ))
n k=1
b−a
= ( ) (f (b) − f (a)) .
n
Pour n assez grand, la subdivision régulière de [a, b] satisfait Sf+ (σ) − Sf− (σ) < ε.Ainsi f
est Riemann-intégrable sur [a, b] en vertu du théorème 1.1.6.
D’autre part, si f est décroissante, g = −f est croissante, donc g est Riemann-intégrable.
En prenant c = −1 dans la deuxième assertion de la proposition 1.1.8 on conclut que f est
Riemann-intégrable. ◻
Proposition 1.1.10.
Toute fonction continue sur [a, b] est Riemann-intégrable sur [a, b].
Démonstration. Une fonction f continue sur [a, b] est uniformément continue sur [a, b].
En particulier, pour tout ε > 0, il existe η > 0 tel que
ε
∣x − y∣ < η ⇒ ∣f (x) − f (y)∣ < .
2(b − a)
b−a
Soit n assez grand vérifiant η > ( ). Donc
n
b−a ε
∣x − y∣ < ( ) ⇒ ∣f (x) − f (y)∣ < .
n 2(b − a)
b−a
Soit σ = {a0 = a < ⋅ ⋅ ⋅ < an = b} la subdivision régulière de [a, b] de pas ( ). On a :
n
ε
sup f − inf f⩽ .
]ak−1 ,ak [ ]ak−1 ,ak [ (b − a)
Il vient alors :
b−a n ε
Sf+ (σ) − Sf− (σ) ⩽ ( )∑ = ε,
n k=1 (b − a)
ce qui permet de conclure grâce au théorème 1.1.6 que f est Riemann-intégrable sur
[a, b]. ◻
Une fonction f ∶ [a, b] → R est dite continue par morceaux s’il existe un entier n et
une subdivision (x0 , ..., xn ) telle que f est continue sur ]xi−1 , xi [, admette une limite finie
à droite en xi−1 et une limite à gauche en xi pour tout i ∈ {1, ..., n}.
Si f est continue sur [a, b] alors f est bornée sur [a, b], et elle atteint ses bornes.
Démonstration.
1. Montrons d’abord que f est bornée.
— Pour r ∈ R, on note Ar = {x ∈ [a, b] ∶ f (x) > r}. Fixons r tel que Ar ≠ ∅, comme
Ar ⊂ [a, b], le nombre s = sup Ar existe. Soit xn → s avec xn ∈ Ar . Par définition
f (xn ) ⩾ r donc, f étant continue, à la limite f (s) ⩾ r et ainsi s ∈ Ar .
— Supposons par l’absurde que f ne soit pas bornée. Alors pour tout n ⩾ 0,
An est non vide. Notons alors sn = sup An . Comme f (x) ⩾ n + 1 implique
f (x) ⩾ n alors An+1 ⊂ An , ce qui entraı̂ne sn+1 ⩽ sn . Ainsi (sn ) est une suite
décroissante, minorée par a donc converge vers ℓ ∈ [a, b]. Encore une fois f est
continue donc (sn ) converge vers ℓ, implique f (sn ) → f (ℓ). Mais f (sn ) ⩾ n donc
limn→+∞ f (sn ) = +∞. Cela contredit limn→+∞ f (sn ) = f (ℓ) < +∞. Conclusion :
f est majorée.
— Un raisonnement tout à fait similaire prouve que f est aussi minorée, donc
bornée. Par ailleurs on sait déjà que f ([a, b]) est un intervalle (c’est le théorème
des valeurs intermédiaires), donc maintenant f ([a, b]) est un intervalle borné.
Il reste à montrer qu’il est du type [m, M ] (et pas ]m, M [ par exemple).
2. Montrons maintenant que f ([a, b]) est un intervalle fermé. Sachant déjà que f ([a, b])
est un intervalle borné, notons m et M ses extrémités : m = inf f ([a, b]) et M =
sup f ([a, b]). Supposons par l’absurde que M ∉ f ([a, b]). Alors pour t ∈ [a, b], M >
1
f (t). La fonction g ∶ t ↦ est donc bien définie. La fonction g est continue
M − f (t)
sur [a, b] donc d’après le premier point de cette preuve (appliqué à g) elle est bornée,
disons par un réel K. Mais il existe yn → M, yn ∈ f ([a, b]). Donc il existe xn ∈ [a, b]
1
tel que yn = f (xn ) → M et alors g(xn ) = → +∞. Cela contredit que
M − f (xn )
g soit une fonction bornée par K. Par conséquent M ∈ f ([a, b]). De même on a
m ∈ f ([a, b]). Conclusion finale : f ([a, b]) = [m, M ].
◻
Soit f une fonction continue sur [a, b] . Alors ∃c ∈ [a, b] tel que :
b
∫a f (x)dx = f (c) (b − a)
Démonstration. Comme f est continue sur [a, b] , alors elle est bornée et atteint ses bornes.
Donc f ([a, b]) = [m, M ] avec m = inf f et M = sup f .
[a,b] [a,b]
b
∀x ∈ [a, b] ∶ m ⩽ f (x) ⩽ M Ô⇒ m(b − a) ⩽ ∫ f (x)dx ⩽ M (b − a)
a
1 b
Ô⇒ ∫ f (x)dx ∈ [m, M ] = f ([a, b])
b−a a
1 b
Ô⇒ ∃c ∈ [a, b] tel que f (c) = f (x)dx ◻
b − a ∫a
1 1 1/2 1 1/2
Soient f, g ∈ C([0, 1], R). Alors : ∫ ∣f g∣ ⩽ (∫ ∣f ∣2 ) (∫ ∣g∣2 ) .
0 0 0
Il suffit de considérer :
1
P (λ) = ∫ (∣f ∣ + λ∣g∣)2 .
0
qui est donc un polynôme en λ, de degré inférieur ou égal à 2, toujours positif ou nul. Son
discriminant réduit est donc négatif ou nul, ce qui donne l’inégalité recherchée.
une droite. Ses calculs furent repris et développés au neuvième siècle par les savants arabes.
Près de neuf siècles plus tard, Newton calcula l’aire d’une courbe y = f (x) en inversant
les opérations de dérivation (aujourd’hui on dirait : en utilisant la notion de primitive).
À l’inverse, Leibniz interpréta les aires comme des sommes de rectangles infinitésimaux.
Si f est une fonction positive en escalier sur [a, b], l’ensemble plan Df défini par
Df ∶= {(x, y) ∈ R2 ; a ⩽ x ⩽ b; 0 ⩽ y ⩽ f (x)}
est une réunion de rectangles ; et l’intégrale de f sur [a, b] est égale à la somme des aires
b
de ces rectangles. On peut donc convenir de dire que l’intégrale ∫ f (x)dx est égale à
a
l’aire de l’ensemble Df . Lorsque nous aurons précisé la notion intuitive d’aire au moyen
d’intégrales doubles, nous verrons que cette égalité reste vraie lorsque f est une fonction
positive intégrable quelconque sur [a, b]. Nous admettrons provisoirement ce résultat, ce
qui revient à poser la définition suivante : begindefi Soit D un domaine plan défini par
des inégalités de la forme :
a ⩽ x ⩽ b; 0 ⩽ y ⩽ f (x)
où f est une fonction positive intégrable sur l’intervalle [a, b]. On appelle l’aire de D, le
b
nombre ∫ f (x)dx.
a
Remarque : Si F est une primitive de f , alors F + c (avec c ∈ IR) est aussi une
primitive de f . c.à.d les primitives d’une fonction ne différent que d’une constante.
contributions furent nombreuses, variées et profondes. Il a notamment calculé l’aire sous un arc de para-
bole à l’aide de la somme d’une série et a donné un encadrement de π d’une remarquable précision. Il a
également obtenu des formules pour les volumes des surfaces de révolution ainsi qu’un système ingénieux
pour l’expression de très grand nombres.
Proposition 1.3.2.
Soit f une fonction définie et continue sur [a, b]. Alors la fonction :
F ∶ [a, b] → R
x
x ↦ ∫ f (x)dx
a
est la primitive de f sur [a, b] qui vérifie : F (a) = 0.(La primitive qui s’annule
en a).
Démonstration. Comme f est continue sur [a, b], alors elle est continue et parsuite intégrable
sur [a, x], pour tout x ∈ [a, b]. D’où F est bien définie sur [a, b].
Soit x0 ∈ [a, b] ∶
F (x0 + h) − F (x0 ) 1 x0 +h x0 1 x0 +h
∀h > 0 ∶ = [∫ f (x)dx − ∫ f (x)dx] = ∫ f (x)dx.
h h a a h x0
La formule de la moyenne appliquée à f sur l’intervalle [x0 , x0 + h] assure l’existence
1 x0 +h
d’un élément cx0 ∈ [x0 , x0 + h] tel que f (cx0 ) = ∫ f (x)dx.
h x0
De plus, lorsque h tend vers 0, cx0 tend vers x0 et limf (cx0 ) = f (x0 ) car f est continue
h→0
en x0 . D’où :
F (x0 + h) − F (x0 ) 1 x0 +h
lim = lim ∫ f (x)dx = limf (cx0 ) = f (x0 )
h→0 h h→0 h x0 h→0
— ∫ αf (x)dx = α ∫ f (x)dx; ∀α ∈ R.
Si G est une primitive d’une fonction f continue sur [a, b], alors :
b b
∫a f (x)dx = G(b) − G(a) et on note ∫ f (x)dx = [G(x)]ba .
a
x
Démonstration. Soit F ∶ x ↦ ∫ f (x)dx la primitive de f qui s’annule en a définie dans
a
la proposition 3.
(G − F )′ = G′ − F ′ = f − f = 0 ⇒ G = F + c où c ∈ R.
Pour x = b on obtient :
b
∫a f (x)dx = F (b) = G(b) − G(a)
◻
Par lecture inverse du tableau des dérivées, on peut dresser le tableau des primitives des
fonctions usuelles :
sin x − cos x + c R
cos x sin x + c R
− cosn+1 x
sin x. cosnx +c R
n+1
sinn+1 x
cos x. sinn x +c R
n+1
1 π π
= 1 + tg 2 x tg x + c ]− + kπ, + kπ[
cos2 x 2 2
1
2 = 1 + cot g 2 x − cot g x + c ]kπ, (k + 1)π[
sin x
1
√ arcsin x + c ] − 1, 1[
1 − x2
−1
√ arccos x + c ] − 1, 1[
1 − x2
1
arctg x + c R
1 + x2
sh x ch x + c R
ch x sh x + c R
1
√ arg sh x + c R
1 + x2
1
√ arg ch (x) + c R ∖ [−1, 1]
x2 − 1
Il est trivial de vérifier si on ne s’est pas trompé en déterminant la primitive d’une
fonction f , il suffit de dériver la primitive de f pour voir si le résultat est bien f ...
Proposition 1.4.1.
Soit f une fonction continue sur [a, b] et soit g ∶ [α, β] → [a, b] de classe C 1 avec
g(α) = a et g(β) = b. Alors :
b β
∫a f (x)dx = ∫α f (g(t))g (t)dt.
′
◻
1 x
Exemple. Calculer I = ∫ √ dx. On pose x2 + 1 = t.
0 x +1
2
√
x2 + 1 = t Ô⇒ x = t − 1 Ô⇒ dt = 2xdx
0 ⩽ x ⩽ 1 Ô⇒ 1 ⩽ t ⩽ 2. Et en fin :
2 dt √ 2 √
I =∫ √ = [ t]1 = 2 − 1.
1 2 t
Proposition 1.4.2.
◻
e
Exemple. Calculons I = ∫ log x dx. On fait une intégration par partie :
1
⎧
⎪ 1
⎪
⎪ f (x) = log x ⇒ f ′ (x) =
⎨ x
⎪
⎪
⎪ g ′ (x) = 1 ⇒ g(x) = x
e
⎩ e e
e
∫1 lg (x) dx = ∫1 f (x)g ′
(x)dx = [f (x)g(x)] 1 − ∫1 f (x)g(x)dx
′
e
e
= [x log x]1 − ∫ 1dx
1
e
= (e − 0) − [x]1
= e − (e − 1) = 1
C 1 B t
= ∫ n dt + ∫ n dt.
∆ 2n (t + 1)
2 ∆ 2n (t + 1)
2
1 t
Cela revient alors à calculer In = ∫ n dt et Jn = ∫ n dt.
(1 + t )
2 (1 + t2 )
Pour la calcul de In , on utilise une intégration par partie :
⎧
⎪ 1 −2nt
⎪
⎪ f (t) = (1 + t2 )n ⇒ f ′ (t) = n+1
⎨ (1 + t2 )
⎪
⎪
⎪
⎩ g (t) = 1 ⇒ g(t) = t
′
t 2nt2 t t2 + 1 1
In = n +∫ dt = n +2n (∫ dt − ∫ n+1 dt) .
(1 + t2 ) (1 + t2 )
n+1
(1 + t2 ) (1 + t2 )
n+1
(1 + t2 )
Il en résulte que :
t
In = n + 2n(In − In+1 ).
(1 + t2 )
⎧
⎪ 1
⎪
⎪
⎪ I1 = ∫ dt = arctan(t) + k.
⎨ 1 + t2
⎪ t 2n − 1
⎪
⎪
⎪ In+1 = n + In si n > 1
⎩ 2n (1 + t2 ) 2n
t 1 2t
Pour le calcul de Jn = ∫ n dt = ∫ n dt,
(1 + t )
2 2 (1 + t2 )
On utilise le changement de variable x = 1 + t2 , qui donne dx = 2tdt pour avoir :
1 dx 1 x1−n 1 1
Jn = ∫ = [ ]= × + c si n ≠ 1 et
2 x n 2 1−n 2(1 − n) (1 + t2 )n−1
1 dx 1
J1 = ∫ n = log x + c(x > 0).
2 x 2
D’où la relation de récurrence définissant (Jn )n⩾1 ∶
⎧ 1 √
⎪
⎪
⎪ J1 = log (1 + t2 ) = log( 1 + t2 ) + c
⎪ 2
⎨ −1 1
⎪
⎪
⎪ J = × +c si n > 1
⎪
⎩
n
2(n − 1) (1 + t2 )n−1
x3
Exemple. Exemple : Calculons I = ∫ 2 dx.
x −4
x3 2 2
On sait que 2 =x+ + . Donc :
x −4 x−2 x+2
x3 x2
∫ x2 − 4 dx = + 2 log(∣x − 2∣) + 2 log(∣x + 2∣) + c
2
D’où :
x2
I= + log(x2 − 4)2 + c
2
2 1 1 2
= − ⇒ ∫ dt = log(∣ t − 1 ∣) − log(∣ t + 1 ∣) + c
t2 − 1 t − 1 t + 1 t2 − 1
t−1
= log(∣ ∣) + c.
t+1
x x
−
1 ex − 1 e2 − e 2 x
∫ sh x dx = log(∣ ex + 1 ∣) + c = log(∣ x x ∣) + c = log(∣ th 2 ∣) + c.
−
e2 + e 2
1
Vérifier, de la même manière, que ∫ dx = 2arctg(ex ) + c.
ch x
II) I = ∫ f (sh x, ch x) dx :
x
on pose t = th( ).
2
2t 1 + t2 2dt
⇒ sh x = , ch x = et dx = .
1−t 2 1−t 2 1 − t2
2t 1 + t2 2dt
D’où I = ∫ f ( , ) ∶ intégrale d’ une fraction rationnelle.
1 − t2 1 − t2 1 − t2
III) I = ∫ f (sin x, cos x) dx où f est une fraction rationnelle :
⎧
⎪ 2t
x ⎪
⎪
⎪ sin x =
on pose t = tg( ) Ô⇒ ⎨ 1 + t22 et dt = 1 (1 + t2 ) dx donc :
2 ⎪
⎪ 1−t 2
⎪
⎪ cos x =
⎩ 1+t 2
2t 1 − t2 2
I = ∫ f( , ) dt et on se ramène au cas des fractions rationnelles.
1 + t2 1 + t2 1 + t2
1
Exemple. Calculons ∫ dx.
cos x
⎧
⎪ 1 − t2
x ⎪
⎪
⎪ cos x =
On pose alors t = tg pour avoir ⎨ 1 + t2
2 ⎪
⎪
⎪
1
dt = (1 + t2 ) dx
⎪
⎩ 2
1 1 + t2 2dt dt 1 1
∫ cos x dx = ∫ 1 − t2 1 + t2 = 2 ∫ 1 − t2 = ∫ ( 1 + t + 1 − t )dt
1+t
= log(∣ 1 + t ∣) − log(∣ 1 − t ∣) + c = log (∣ ∣) + c.
1−t
D’où :
x
1 ⎛ 1 + tg ⎞
2 ∣⎟ + c = log (∣ tg( x + π ) ∣) + c.
∫ cos x dx = log ⎜∣ x 2 4
⎝ 1 − tg ⎠
2
1 x
Vérifier, de manière analogue, que ∫ dx = log (∣ tg( ) ∣) + c.
sin x 2
IV) Pour les cas simples ci-après, on se ramène au cas des fractions ration-
nelles comme suit :
(b) ∫ f (cos x) sin xdx ∶ on pose t = cos x, ce qui donne dt = − sin xdx et alors
f (t)
∫ f (tg x)dx = ∫ 1 + t2 dt.
sin3 x
w(x) = dx
1 + cos2 x
Pr. B. EL WAHBI 22/54 Filière CPI
CHAPITRE 1. INTÉGRALE AU SENS DE RIEMANN
1 1 2
= − ∫ √2 dt + ∫ √2 dt
2 2
1 + t2
√ √
2 π 2
= −1 + + − 2 arctan( )
2 2 2
Exemples d’intégrales multiples :
On peut vérifier qu’on retombe bien sur l’aire de D((0, 0), R) en sommant les sur-
faces élémentaires
R 2π R 2π
∫0 ∫0 d2 S = ∫ ∫ rdrdθ
0 0
R 2π
= ∫ rdr ∫ dθ
0 0
r2 R
= [ ] 2π
2 0
= πR2
On retombe bien sur l’aire de la sphère S((0, 0), R) en sommant les surfaces élémentaires
π 2π π 2π
∫0 ∫0 d2 S = ∫ ∫ R2 sin ϕ dϕ dθ
0 0
π 2π
= R2 ∫ sin ϕdϕ ∫ dθ
0 0
π
= R2 [− cos θ]0 2π
= 4πR2
D = {(x, y, z) ∈ R3 ; x2 + y 2 + z 2 ⩽ R2 } .
On a :
y ⎡
R⎢ x ⎤
⎥
⎢ dydz ⎥ dx,
VR = dxdydz = ∫ ⎢ ⎥
⎢D ⎥
⎣ x ⎦
−R
D
ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
2.1 Introduction
Une équation différentielle est une équation :
— dont l’inconnue est une fonction (généralement notée y(x) ou simplement y) ;
— dans laquelle apparaissent certaines des dérivées de la fonction (dérivée première y ′ ,
ou dérivées d’ordres supérieurs y”, y (3) , ⋯).
Voici des équations différentielles faciles à résoudre.
26
CHAPITRE 2. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
où a, b, c sont des fonctions continues sur un même intervalle I ⊂ R, et on demandera que
a(x) ≠ 0; ∀x ∈ I.
A cette équation différentielle on peut associer la même équation avec c = 0 :
y′ b(x)
a (x) y ′ + b (x) y = 0 ⇐⇒ =−
y a(x)
b(x)
⇐⇒ log ∣y∣ = ∫ − dx + C
a(x)
Et avec λ ∈ {±eC , 0} on obtient :
b(x)
yH (x) = λeF (x) ; λ ∈ R et F est une primitive de la fonction − .
a(x)
Exemples :
1. Résoudre l’équation différentielle :
xy ′ − 2y = x3 (E)
y′ 2
L’équation homgène associée xy ′ − 2y = 0 donne = et les solutions sont sous la
y x
forme
yH (x) = λx2 , λ ∈ R.
Une solution particulière est donc yp (x) = x3 (en prenant k = 0 par exemple). Ainsi
les solutions de (E) sont sous la forme :
2.
y′
y ′ + a0 y = 0 ⇐⇒ = −a0 ⇐⇒ ln ∣y(x)∣ = −a0 x + c ⇐⇒ y(x) = λe−a0 x
y
Proposition 2.2.1.
1 1
y ′ + y = b avec τ =
τ a0
t
— λ > 0 et y(0) = A on a alors y(t) = Ae− τ
2.2.6 Exemples
Décharge d’un condensateur
Chute libre
On cherche à déterminer l’expression de la vitesse d’un corps dans l’air, c’est à dire
dans notre environnement habituel. Lorsqu’on lâche un corps M de masse m dans cet
environnement, il est soumis à trois forces :
— son poids : mÐ
→
g ,
— une force de frottement : −k Ð
→
v qui s’oppose
au mouvement et qui est proportionnelle à la
vitesse
k dépend de la forme du corps et de la com-
position de l’atmosphere.
Ð→
— la poussée d’Archimede : ∏ que l’on négligera
en raison de sa faible influence.
On oriente l’axe du déplacement vers le bas
D’après le second principe de la dynamique on a :
ÐÐ→
a = ∑ Fext = mÐ
mÐ
→ →
g − kÐ
→ m
v donc τ =
k
k
— La solution de l’équation homogène est : λe− m t
— Une solution particulière est : b
a0 = mg
k
k
— La solution générale est : v(t) = λe− m t + mg
k . Et comme v(0) = 0 alors
mg k
v(t) = (1 − e− m t )
k
a (x) ′
u + b (x) u = f (x) et u = y 1−α
1−α
qui est une équation linéaire du 1er ordre en u.
Exemple : Intégrer y ′ − 2xy + 2xy 2 = 0
1
C’est une équation de Bernouilli avec α = 2. On pose alors u = y −1 = .
y
1 u′ u′ 2x 2x
y= ⇒ y′ = − 2 ⇒ − 2 − + = 0 Ô⇒ u′ + 2xu = 2x
u u u u u2
ex + k
2
⇒ (y − y1 ) = a (x) (y − y1 ) (y + y1 ) + b (x) (y − y1 )
′
2
⇒ (y − y1 ) = a (x) (y − y1 ) + (2a (x) y1 + b (x)) (y − y1 )
′
On pose u = y − y1
donc
y ′′ = f (x, y, y ′ )
Nous allons étudier un type d’équation différentielle important par ses applications en
Mécanique et en Physique : les équations différentielles linéaires en y ′′ , y ′ et y avec des
coefficients constants a ≠ 0, b, c. Une telle équation est de la forme :
ay ′′ + by ′ + cy = f (x) (2.2)
Si f (x) = 0, l’équation est dite linéaire et homogène ou bien sans second membre :
ay ′′ + by ′ + cy = 0 (2.3)
Théorème 2.4.1.
Preuve :
Soit y = yp + z avec yp une solution particulière de (2.2). En dérivant on obtient
y = yp′ + z ′ et y ′′ = yp′′ + z ′′ et en rapportant ceci dans l’équation (2.2) on obtient :
′
or ayp′′ + byp′ + cyp = f (x), il en résulte alors que az ′′ + bz ′ + cz = 0. c’est à dire que z est
solution de l’équation homogéne (2.3).
Réciproquement, si z est solution de l’équation homogéne (2.3), alors y = z + yp est
solution de l’équation (2.2).
Remarque : Le probléme se raméne donc à résoudre l’équation homogéne (2.3) et de
chercher une solution particulière de (2.2).
ar2 + br + c = 0
Théorème 2.4.2.
On remarque que dans les trois cas, les solutions sont des combinaisons linèaires (équations
linéaires) de deux fonctions (du deuxième ordre).
Démonstration. Nous allons faire la preuve pour les deux premiers cas :
1. Si ∆ > 0, l’équation caractéristique admet deux solutions réelles distinctes r1 et r2 ,
on sait d’ores et déjà que er1 x et er2 x sont solutions (a fortiori λer1 x + µer2 x puisque
l’équation est linéaire). On considère donc z = y.e−r1 x ou encore y = z.er1 x . On a
y ′ = z ′ .er1 x + r1 .z.er1 x et y” = z”.er1 x + 2r1.z ′ .er1 x + r12 .z.er1 x et on remarque que
ay” + by ′ + cy = 0 ⇐⇒ y” − (r1 + r2 )y ′ + r1 r2 y = 0
l’équation différentielle devient donc (z” − (r2 − r1 )z ′ )er1 x = 0, i.e. z vérifie z” − (r2 −
r1 )z ′ = 0 ou encore z ′ vérifie u′ − (r2 − r1 )u = 0. On en déduit donc que z ′ = αe(r2 −r1 )x ,
donc en intégrant on a z = λ + µe(r2 −r1 )x (avec µ = r2 −r a
1
, finalement y = z.er1 x =
λer1 x + µer2 x
2. Si ∆ = 0, l’équation caractéristique admet une solution double r0 , on sait d’ores
et déjà que er0 x est solution (a fortiori λer0 x puisque l’équation est linéaire). On
considère donc z = y.e−r0 x ou encore y = z.er0 x . On a y ′ = z ′ .er0 x + r0 z.er0 x et y” =
z”.er0 x + 2r0 .z ′ .er0 x + r02 .z.er0 x et on remarque que
ay ′′ + by ′ + cy = f (x) (2.4)
f = k = cste yp = A = cste
⎧
⎪ yp = Q si c ≠ 0
⎪
⎪
⎪
f =P ⎨ yp = xQ si c = 0 et b ≠ 0
⎪
⎪
⎪
⎪
⎩ yp = x Q
2 si c = b = 0
⎧
⎪ yp = Aekx si k n’est pas racine de (EC) ∶ k ≠ r1 , k ≠ r2
⎪
⎪
⎪
f = αekx ⎨ yp = Axekx si k est racine simple de (EC) ∶ r1 ≠ r2 , k = r1 ou r2
⎪
⎪
⎪
⎪
⎩ yp = Ax e si k est racine double de (EC) ∶ r1 = r2 = r = k
2 kx
⎧
⎪
⎪ yp = A cos(ωx) + B sin(ωx) si iω n’est pas racine de (EC)
f = α cos(ωx) + β sin(ωx) ⎨
⎪
⎪ y = x[A cos(ωx) + B sin(ωx)] si iω est racine de (EC)
⎩ p
⎧
⎪ yp = Qekx si k n’est pas racine de (EC) ∶ k ≠ r1 , k ≠ r2
⎪
⎪
⎪
f = P ekx ⎨ yp = xQekx si k est racine simple de (EC) ∶ r1 ≠ r2 , k = r1 ou r2
⎪
⎪
⎪
⎪
⎩ yp = x Qe si k est racine double de (EC) ∶ r1 = r2 = k
2 kx
⎧
⎪
⎪
⎪ yp = ekx [A cos(ωx) + B sin(ωx)] si k + iω n’est pas racine de (EC)
⎪
⎪
⎪
f = ekx [α cos(ωx) + β sin(ωx)] ⎨
⎪
⎪
⎪
⎪
⎪
⎪ y = xekx [A cos(ωx) + B sin(ωx)] si k + iω est racine de (EC)
⎩ p
On dit que ce sont des solutions amorties ou surcritiques. Le régime est dit apériodique.
Il n’y a pas d’oscillation autour de l’axe des abscisses.
☞ Cas où ∆ = 0 :
Comme les coefficients γ et ω0 sont positifs, la racine double X0 est négative. Les
solutions sont de la forme :
y(t) = (λ + µt)eX0 t
On dit que ce sont des solutions amorties critiques. Le régime est dit apériodique
critique.
Il n’y a pas d’oscillation autour de l’axe des abscisses.
☞ Si γ = 0 on a alors ∆ = −w02 . Les racines sont donc ±iω0 . Les solutions sont purement
sinusoïdales :
2.4.4 Exemples
Système harmonique
Un point materiel M de masse
m est lié à un ressort horizontal.
L’autre extrémité du ressort étant
fixe en A. Le ressort a une lon-
gueur à vide ℓ0 et une constante
de raideur k.
Le point M glisse sans frottement à partir de sa position d’équilibre située en O. Il est
repéré à tout instant sur cet axe par son abscisse x = OM (grandeur algébrique).
A l’instant t = 0, le point M est abandonné sans vitesse initiale du point M0 d’abscisse
Ð
→
x0 . Le but est d’établir l’expression de la tension T en fonction du temps.
Le point M n’est soumis qu’à la force de rappel du ressort car celui-ci glisse sans
frottement. D’après le second principe de la dynamique :
mÐ
→
a = −kxÐ
e→x
en projetant sur l’axe des abscisses, et en remarquant que l’accélération est la dérivée
seconde de la position x, on obtient :
√
d2 x d2 x k d2 x ⎛ k⎞
m 2 = −kx ⇔ + x=0 ⇔ + ω02 x = 0 en posant ω0 =
dt dt2 m dt2 ⎝ m⎠
dx
= 0 ⇔ −λω0 sin(0) + µω0 cos(0) = 0 ⇔ µω0 = 0 ⇔ µ = 0
dt
Pr. B. EL WAHBI 41/54 Filière CPI
CHAPITRE 2. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
on a alors : x(t) = λ cos(ω0 t). D’autre part x(0) = x0 entraı̂ne que λ = x0 et la position
du point M est définie par : x(t) = x0 cos(ω0 t).
ÐÐ→
On en déduit alors l’expression de la tension T : T (t) = −kx0 cos(ω0 t)Ð e→x .
Cette force est dite ”force de rappel élastique” car cette force tend à remettre le ressort
dans sa position naturel en O.
Remarque : Si le point M était soumis à une force de frottement, proportionnelle à
la vitesse, l’équation différentielle serait alors :
d2 x dx
2
+ 2γ + ω02 x = 0
dt dt
√
En posant ωp = ω0 − γ, on aurait x(t) = x0 cos(ωp t)e−γt .
Système RLC
uL + uR + uC = E
di
L + Ri + uC = E
dt
duC i
Or =
dt C
En dérivant, on obtient :
d2 i di i
L 2
+ R + = 0 (1)
dt dt C
En divisant par L, on obtient :
d2 i R di 1
2
+ + i = 0 (2)
dt L dt LC
☞ À l’amortissement 2γ la quantité RL
Pr. B. EL WAHBI 42/54 Filière CPI
CHAPITRE 2. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
1
☞ À la pulsation propre ω0 la quantité
LC
Ainsi on peut déduire :
Théorème 2.4.3.
∂f
(x, t) = g ′ (x)
∂x
Par exemple, si pour tout (x, t) ∈ R×]0, +∞[, f (x, t) = tx e−t , alors pour tout (x, t) ∈
R×]0, +∞[,
∂f ∂f
(x, t) = (ln t)tx e−t et (x, t) = xtx−1 e−t − tx e−t = (x − t)tx−1 e−t
∂x ∂t
On prendra garde au fait que dans la notation ∂f ∂x (x, t), la lettre x, utilisée deux fois,
ne désigne pas la même chose. Dans ∂x, elle indique la variable par rapport à laquelle on
a dérivé et dans (x, t), elle précise en quel point on a évalué. Si on évalue en (x0 , t0 ) , on
obtient ∂f∂x (x0 , t0 ) et non pas ∂x0 (x0 , t0 )
∂f
44
CHAPITRE 3. INTÉGRALES DÉPENDANT D’UN PARAMÈTRE
Soient I et J deux intervalles non vides de R. Soit f ∶ (x, t) ↦ f (x, t) une fonction
définie sur J× I à valeurs dans K = R ou C. On suppose que
— pour chaque x de J, la fonction t ↦ f (x, t) est continue par morceaux sur
I
— pour chaque t de I, la fonction x ↦ f (x, t) est continue sur J
— il existe une fonction φ, définie, continue par morceaux et intégrable sur I
telle que, pour chaque (x, t) ∈ J × I, ∣f (x, t)∣ ⩽ φ(t) (hypothèse de domina-
tion).
Alors, la fonction F ∶ x ↦ ∫I f (x, t) dt est définie et continue sur J.
Démonstration. Soit x ∈ J. La fonction t ↦ f (x, t) est continue par morceaux sur I et son
module est majoré sur I par la fonction φ qui est continue par morceaux et intégrable sur
I. Donc, la fonction t ↦ f (x, t) est intégrable sur I. On en déduit l’existence de F (x).
La fonction F est donc définie sur J. Soit a ∈ J. Montrons que F est continue en a. Soit
(xn )n∈N une suite d’éléments de J, convergente, de limite a. Pour n ∈ N et t ∈ I, posons
gn (t) = f (xn , t)
— chaque fonction gn , n ∈ N, est continue par morceaux sur I
— puisque pour chaque t ∈ I, la fonction x ↦ f (x, t) est continue sur J et que xn → a,
n→+∞
on en déduit que pour chaque t ∈ I, la suite numérique (gn (t)) converge vers f (a, t)
ou encore la suite de fonctions (gn ) converge simplement sur I vers la fonction
t ↦ f (a, t). De plus, la fonction t ↦ f (a, t) est continue par morceaux sur I.
— Pour tout n ∈ N et tout t ∈ I, ∣gn (t)∣ = ∣f (xn , t)∣ ⩽ φ(t) où φ est une fonction continue
par morceaux et intégrable sur I
D’après le théorème de convergence dominée, la suite (F (xn ))n∈N = (∫I gn (t)dt)n∈N converge
et a pour limite ∫I f (a, t)dt = F (a).
On a montré que pour tout suite (xn )n∈N d’éléments de J, convergente, de limite a, la
suite (F (xn ))n∈N converge (et a pour limite F (a)). On sait alors que la fonction F est
continue en a. On a finalement montré que la fonction F est continue sur J. ◻
— pour chaque x ∈ R, la fonction t ↦ f (x, t) est continue par morceaux sur [0, +∞[
— pour chaque t ∈ [0, +∞[, la fonction x ↦ f (x, t) est continue sur R;
— pour chaque (x, t) ∈ R × [0, +∞ [, ∣f (x, t)∣ = ∣ sin(xt)∣e−t ⩽ e−t = φ(t). De plus, la
2 2
fonction φ est continue par morceaux puis intégrable sur [0, +∞ [ car négligeable
en +∞ devant t12 d’après un théorème de croissances comparées.
D’après le théorème de continuité des intégrales à paramètres, la fonction F est continue
sur R.
π√
Exemple. Pour x ⩾ 1, on pose F (x) = ∫0 x + cos t dt.
1) Vérifier que F est bien définie sur [1, +∞[.
2) Montrer que F est continue sur [1, +∞[.
√
1) Soit x ∈ [1, +∞[. La fonction t ↦ x + cos t est continue sur le segment [0, π] (car
√
pour tout réel t ∈ [0, π], x + cos t ⩾ 1 + cos t ⩾ 0). Donc, la fonction t ↦ x + cos t est
intégrable sur [0, π]. On en déduit l’existence de F (x) On a montré que F est bien définie
sur [1, +∞[.
√
2) Soit A > 1. Pour (x, t) ∈ [1, A] × [0, π], posons f (x, t) = x + cos t de sorte que pour
π
tout x ∈ [1, A], F (x) = ∫0 f (x, t)dt
— pour chaque x ∈ [1, A], la fonction t ↦ f (x, t) est continue par morceaux sur [0, π];
— pour chaque t ∈ [0, π], la fonction x ↦ f (x, t) est continue sur [1, A];
√ √
— pour chaque (x, t) ∈ [1, A] × [0, π, ∣f (x, t)∣ = x + cos t ⩽ A + cos t = φ(t). De plus,
la fonction φ est continue sur le segment [0, π] et donc intégrable sur [0, π].
D’après le théorème de continuité des intégrales à paramètres, la fonction F est continue
sur [1, A]. Ceci étant étant vrai pour tout A > 1, on a montré que F est continue sur
[1, +∞[.
Le théorème 3.1.1 dit que limx→a ∫I f (x, t)dt = ∫I limx→a f (x, t) dt quand a est dans le
domaine et en cas de continuité en a. Ce théorème se généralise au cas où a est adhérent
au domaine, a réel ou infini :
Théorème 3.1.2.
passage à la limite sous le signe somme Soient I et J deux intervalles non vides
de R. Soit f ∶ (x, t) ↦ f (x, t) une fonction définie sur J × I à valeurs dans K = R
ou C. Soit a, réel ou infini, adhérent à J. On suppose que
— pour chaque x de J, la fonction t ↦ f (x, t) est continue par morceaux sur
I
— pour chaque t de I, la fonction x ↦ f (x, t) a une limite ℓ(t) quand x tend
vers a et de plus la fonction ℓ est continue par morceaux sur I ;
— il existe une fonction φ, définie, continue par morceaux et intégrable sur I
telle que, pour chaque (x, t) ∈ J × I, ∣f (x, t)∣ ⩽ φ(t) (hypothèse de domina-
tion).
Alors, la fonction F ∶ x ↦ ∫I f (x, t)dt a une limite en a et
Démonstration.
⎧
⎪
⎪ f (x, t)si× ∈ J
— Si a est réel, pour (x, t) ∈ (J ∪ {a}) × I, posons g(x, t) = ⎨ . La
⎪
⎪ ℓ(t)si× = a
⎩
fonction g vérifie les hypothèses du théorème 3.1.1 sur (J ∪ {a}) × I (les inégalités
∣f (a, t)∣ ⩽ φ(t) étant obtenues par passage à la limite quand x tend vers a). Donc
la fonction G ∶ x ↦ ∫I f (x, t) dt est continue sur J ∪ {a} et en particulier en a. Ceci
montre que limx→a ∫I f (x, t)dt = ∫I g(a, t)dt = ∫I ℓ(t)dt
— Si par exemple a = +∞, on applique le résultat précédent à la fonction (x, t) ↦
f ( x1 , t) en 0 à droite.
+∞ −x2 t2
Exemple. Déterminer limx→+∞ ∫0 e dt
Soit x > 0. La fonction t ↦ e−x t est continue sur [0, +∞ [ et négligeable en +∞ devant
2 2
— pour chaque x de [1, +∞[, la fonction t ↦ f (x, t) est continue par morceaux sur
[0, +∞[
⎧
⎪
⎪ 1 si t = 0
— pour chaque t de [0, +∞ [, la fonction x ↦ f (x, t) a une limite ℓ(t) = ⎨
⎪
⎩ 0 si t > 0
⎪
quand x tend vers +∞ et de plus la fonction ℓ est continue par morceaux sur [0, +∞[
— pour tout x ⩾ 1, ∣f (x, t)∣ = e−x ⩽ e−t = φ(t) où de plus la fonction φ est continue
2 t2 2
∂f
∀x ∈ J, F ′ (x) = ∫ (x, t)dt
I ∂x
F (x) − F (a)
= ∫ g(x, t)dt
x−a I
● Pour chaque x dans J, la fonction t ↦ g(x, t) est continue par morceaux sur I(y compris
pour x = a) Pour chaque t dans I, la fonction x ↦ g(x, t) est continue sur J (y compris
en x = a car par définition de ∂f ∂x (a, t)
f (x,t)−f (a,t)
x−a → ∂f (a, t)) ● Soit (x, t) ∈ (J/{a})× I.
x→a ∂x
D’après l’inégalité des accroissements finis,
f (x, t) − f (a, t) ∂f
∣g(x, t)∣ = ∣ ∣ ⩽ sup {∣ (u, t)∣ , u ∈ J} ⩽ φ1 (t)
x−a ∂x
F (x) − F (a) ∂f
F ′ (a) = lim = lim ∫ g(x, t)dt = ∫ g(a, t)dt = ∫ (a, t)dt
x→a x−a x→a I I I ∂x
Ainsi, F est dérivable sur J et et sa dérivée s’obtient par dérivation sous le signe somme.
Enfin, toujours d’après le théorème de continuité des intégrales à paramètres, la fonction
F ′ ∶ x ↦ ∫I ∂f
∂x (x, t) dt est continue sur J et donc F est de classe C sur J.
1
Pour x ∈ R, on pose
+∞ −t2
Exemple. 4. (un calcul de l’intégrale de Gauss : ∫0 e dt)
1 −x2 (1+t2 ) x 2
F (x) = ∫0 e 1+t2 dt et G(x) = (∫0 e−t dt) 1) Montrer que F est de classe C 1 sur R et
2
(x, t) ↦
1 + t2
tion t ↦ f (x, t) est continue sur le segment [0, 1] et est donc intégrable sur ce segment. -
La fonction f admet sur [−A, A] × [0, 1] une dérivée partielle par rapport à sa première
variable x définie par :
∂f 2 2
∀(x, t) ∈ [−A, A] × [0, 1], (x, t) = −2xe−x (1+t )
∂x
De plus, pour chaque x ∈ [−A, A], la fonction t ↦ ∂f ∂x (x, t) est continue par morceaux sur
le segment [0, 1]
- pour chaque t ∈ [0, 1], la fonction x ↦ ∂f ∂x (x, t) est continue par morceaux sur R, -
pour chaque (x, t) ∈ [−A, A] × [0, 1], ∣ ∂x (x, t)∣ ⩽ 2A = φ(t), la fonction φ étant continue et
∂f
x
2) La fonction x ↦ e−x est continue sur R. On en déduit que la fonction x ↦ ∫0 e−t dt
2 2
2
x 2
∀x ∈ R, G′ (x) = 2e−x ∫ e−t dt
0
2
1 2 2
x 2
F ′ (x) = −2e−x ∫ e−(xt) × dt = −e−x ∫ e−u du = −G′ (x)
0 0
cette égalité restant vraie quand x = 0 par continuité des fonctions F ′ et G′ sur R. Ainsi,
1 1
(F + G)′ = 0 et donc ∀x ∈ R, F (x) + G(x) = F (0) + G(0) = ∫0 1+t 2 dt = 4
π
π
∀x ∈ R, F (x) + G(x) =
4
4) Pour x ∈ R
2 2 2 2
1 e−x (1+t ) 1 e−x (1+0 ) 2
∣F (x)∣ = ∫ dt ⩽ ∫ dt = e−x
0 1+t 2 0 1+0 2
lim F (x) = 0
x→+∞
x √ √
−t2 π
∫0 e dt = G(x) = − F (x)
4
√
La question 4 ) permet alors d’affirmer que limx→+∞ G(x) = 2
π
et donc que
√
+∞
−t2 π
∫0 e dt =
2
+∞ −t2
Exemple. 5. Existence et calcul de ∫0 e ch(2tx)dt.
t ↦ e−t ch(2tx) est continue sur [0, +∞[. De plus, pour tout t ⩾ 0,
2
e2tx + e−2tx
ch(2tx) = ⩽ e2t∣x∣
2
et donc
2 2 +2t∣x∣
∣t2 e−t ch(2tx)∣ ⩽ t2 e−t = o(1)
t→+∞
négligeable devant t12 en +∞ et est donc intégrable sur un voisinage de +∞. Finalement,
la fonction t ↦ e−t ch(2tx) est intégrable sur [0, +∞[. On en déduit que la fonction F est
2
définie sur R. De plus, il est clair que F est paire. 2) Soit A > 0. Soit f ∶ [−A, A]×[0, +∞[R
2
(x, t) ↦ e−t ch(2tx)
de sorte que pour tout x ∈ [−A, A], F (x) = ∫0 f (x, t) dt. ● On sait déjà que pour tout
+∞
x ∈ [−A, A], la fonction t ↦ f (x, t) est continue par morceaux et intégrable sur [0, +∞[. -
La fonction f admet sur [−A, A] × [0, +∞[ une dérivée partielle par rapport à sa première
∂f 2
∀(x, t) ∈ [−A, A] × [0, +∞ [, (x, t) = 2te−t sh(tx)
∂x
De plus,
- pour chaque x de [−A, A], la fonction t ↦ ∂f ∂x (x, t) est continue par morceaux sur
[0, +∞[
- pour chaque t de [0, +∞[, la fonction x ↦ ∂f
∂x (x, t) est continue sur [−A, A]
- pour chaque (x, t) de [−A, A] × [0, +∞[,
∂f 2 2
∣ (x, t)∣ = 2te−t sh(2t∣x∣) ⩽ 2te−t sh(2At) = φ1 (t).
∂x
où de plus, la fonction φ1 est continue par morceaux et intégrable sur [0, +∞[ car négligeable
en +∞ devant t12 .
D’après le théorème de dérivation des intégrales à paramètres (théorème de Leibniz ),
la fonction F est de classe C 1 sur [−A, A] et sa dérivée s’obtient en dérivant sous le signe
somme. Ceci étant vrai pour tout A > 0, on a montré que la fonction F est de classe C 1
sur R et que
+∞ 2
∀x ∈ R, F ′ (x) = ∫ 2te−t sh(2tx)dt
0
3) Soit x ∈ R. Soit A > 0. Les deux fonctions t ↦ −e−t et t ↦ sh(2tx) sont de classe C 1
2
sur le segment [0, A]. On peut donc effectuer une intégration par parties qui fournit
A 2 2 A A 2 2
A 2
∫0 2te sh(2tx)dt = [−e sh(2tx)]0 +2x ∫0 e ch(2tx)dt = −e sh(2Ax)+2x ∫0 e ch(2tx)dt
−t −t −t −A −t
Quand A tend vers +∞, −e−A sh(2Ax) = (e−A − e−A ) tend vers 0. Quand A
2 1 2 +2AX 2 −2Ax
2
tend vers +∞, on obtient
+∞ 2
∀x ∈ R, F ′ (x) = 2x ∫ e−t ch(2tx)dt = 2xF (x)
0
4)
2 2 2 ′
∀x ∈ R, F ′ (x) = 2xF (x) ⇒ ∀x ∈ R, e−x F ′ (x) − 2xe−x F (x) = 0 ⇒ ∀x ∈ R, (e−x F ) (x) = 0
√
−x2 π x2
⇒ ∀x ∈ R, e F (x) = e F (0) ⇒ ∀x ∈ R, F (x) =
0
e
√ 2
+∞
−t2 π x2
∀x ∈ R, ∫ e ch(2tx)dt = e
0 2
Si on redérive ∂f ∂x ( qui est une fonction de deux variables) par rapport à sa première
2
variable x, on obtient une fonction notée ∂∂xf2 et si on recommence, on obtient plus
k
généralement ∂∂xfk . . . Par récurrence, on en déduit du théorème 3, le théorème plus général
suivant :
Soient I et J deux intervalles non vides de R. Soit f ∶ (x, t) ↦ f (x, t) une fonction
définie sur J× I à valeurs dans K = R ou C. On suppose que pour chaque x de J,
la fonction t ↦ f (x, t) est continue par morceaux et intégrable sur I.
On suppose de plus que f est pourvue sur J × I de dérivées partielles successives
par rapport à sa première variable x jusqu’à l’ordre n ⩾ 1 (resp. à tout ordre)
vérifiant ;
— pour chaque k ∈ [1, n], ( resp. k ∈ N∗ ) et chaque x de J, la fonction t ↦
∂k f
∂xk
(x, t) est continue par morceaux sur I
— pour chaque k ∈ [1, n], ( resp. k ∈ N∗ ) et chaque t de I, la fonction x ↦
∂k f
∂xk
(x, t) est continue sur I
— pour chaque k ∈ [1, n], ( resp. k ∈ N∗ ) , il existe une fonction φk , définie,
continue par morceaux et intégrable sur I telle que, pour chaque (x, t) ∈
k
J × I, ∣ ∂∂xfk (x, t)∣ ⩽ φk (t) (hypothèses de domination).
Alors, la fonction F ∶ x ↦ ∫I f (x, t) dt est de classe C n ( resp. C ∞ ) sur J et ses
dérivées successives s’obtiennent par dérivation sous le signe somme :
∂kf
∀k ∈ [1, n] ( resp. k ∈ N∗ ) , ∀x ∈ J, F (k) (x) = ∫ (x, t)dt
I ∂xk
Nous mettrons en œvre ce théorème dans le paragraphe suivant où on étudie la fonction
Γ d’EULER.
Puisque x > 0 et donc x + 1 > 0, quand a tend vers 0 et A tend vers +∞, on obtient
Γ(x + 1) = xΓ(x).
∀x > 0, Γ(x + 1) = xΓ(x)
∀n ∈ N∗ , Γ(n) = (n − 1)!
√
Calculons aussi Γ ( 21 ) . On pose u = t et donc t = u2 et dt = 2udu et on obtient
1 +∞ e−t +∞ e−u 2
+∞ 2 √
Γ( ) = ∫ √ dt = ∫ 2udu = 2 ∫ e−u du = π( intégrale de Gauss )
2 0 t 0 u 0
1 √
Γ( ) = π
2
3.3.4 Continuité.
Soient a et A deux réels tels que 0 < a < A. Soit Φ ∶ [a, A]×]0, +∞[ → R de sorte
que pour tout x ∈ [a, A],
(x, t) ↦ tx−1 e−t
+∞
Γ(x) = ∫ Φ(x, t)dt
0
- Pour chaque x ∈ [a, A], la fonction t ↦ Φ(x, t) est continue par morceaux sur ]0, +∞[,
● pour chaque t ∈]0, +∞[, la fonction x ↦ Φ(x, t) est continue sur [a, A],
● Soit (x, t) ∈ [a, A]×]0, +∞ [.
Si 0 < t ⩽ 1, alors ∣tx−1 e−t ∣ = tx−1 e−t ⩽ ta−1 e−t et sit ⩾ 1, ∣tx−1 e−t ∣ ⩽ tA−1 e−t . On en déduit que
⎡ ⎧
⎪
⎢ ⎪ ta−1 e−t sit < 1
⎢
∀(x, t) ∈ [a, A]×]0, +∞ ⎢, ∣Φ(x, t)∣ ⩽ ⎨ A−1 −t = φ0 (t)
⎢ ⎪
⎪ t e sit ⩾ 1
⎣ ⎩
D’après le 1 ), la fonction φ0 est continue par morceaux et intégrable sur ]0, +∞[. D’après
le théorème de continuité des intégrales à paramètres, la fonction Γ est continue sur [a, A].
Ceci étant vrai pour tous réels a et A tels que 0 < a < A, on a montré que La fonction Γ
est continue sur ]0, +∞[
3.3.5 Dérivation.
5-a) Dérivée première.
∂Φ
∀(x, t) ∈ [a, A]×]0, +∞ [, (x, t) = (ln t)tx−1 e−t
∂x
De plus,
- pour chaque x de [a, A], la fonction t ↦ ∂Φ ∂x (x, t) est continue par morceaux sur ]0, +∞[
- pour chaque t ∈]0, +∞[, la fonction x ↦ ∂Φ ∂x (x, t) est continue sur [a, A]
⎡ ⎧
⎪
⎢ ⎪ ∣ ln t∣ta−1 e−t sit < 1
- pour chaque (x, t) ∈ [a, A]×]0, +∞ ⎢⎢, ∣ ∂Φ (x, t)∣ ⩽ ⎨ = φ1 (t) Vérifions
⎢ ∂x ⎪
⎪ ∣ ln t∣tA−1 e−t sit ⩾ 1
⎣ ⎩
alors l’intégrabilité de la fonction φ1 sur ]0, +∞[. Pour cela, pour α > 0 donné, vérifions
l’intégrabilité de la fonction t ↦ (ln t)tα−1 e−t sur ]0, +∞[. Cette fonction est ∗ continue par
morceaux sur ]0, +∞[, ∗ négligeable en +∞ devant t12 d’après un théorème de croissances
α α
comparées, ∗ négligeable en 0 devant t−1+ 2 avec −1 + α2 > −1 car t1− 2 × (ln t)tα−1 e−t ∼
t→0
tα/2 (ln t) → 0 d’après un théorème de croissances comparées. On en déduit que la fonction
t→0
t ↦ (ln t)tα−1 e−t est intégrable sur ]0, +∞ [ et il en est de même de la fonction φ1 . D’après
le théorème de dérivation des intégrales à paramètres (théorème de Leibniz), la fonction
Γ est de classe C 1 sur [a, A] et sa dérivée s’obtient par dérivation sous le signe somme.
Ceci étant vrai pour tous réels a et A tels que 0 < a < A, on a montré que La fonction Γ
est de classe C 1 sur ]0, +∞ [ et ∀x > 0, Γ′ (x) = ∫0 (ln t)tx−1 e−t dt
+∞
b) Dérivées successives.
- Pour chaque x de [a, A], la fonction t ↦ Φ(x, t) est continue par morceaux et
intégrable sur ]0, +∞[ - La fonction Φ admet sur [a, A]×]0, +∞[ des dérivées partielles à
tout ordre par rapport à sa première variable x définies par
∂kΦ
∀k ∈ N∗ , ∀(x, t) ∈ [a, A]×]0, +∞[, (x, t) = (ln t)k tx−1 e−t .
∂xk
k
De plus, pour chaque k ∈ N∗ , - pour chaque x de [a, A], la fonction t ↦ ∂∂xΦk (x, t) est
k
continue par morceaux sur ]0, +∞[ - pour chaque t ∈]0, +∞ [, la fonction x ↦ ∂∂xΦk (x, t)
est continue sur [a, A]
- pour chaque (x, t) ∈ [a, A]×]0, +∞[,
⎧
⎪
∂kΦ ⎪ ∣ ln t∣k ta−1 e−t sit < 1
∣ k (x, t)∣ ⩽ ⎨ = φk (t)
∂x ⎪
⎪ ∣ ln t∣ k tA−1 e−t sit ⩾ 1
⎩
Enfin, les fonctions φk , k ∈ N∗ , sont intégrables sur ]0, +∞ [ pour les mêmes raisons que
la fonction φ1 . D’après une généralisation du théorème de dérivation des intégrales à
paramètres, la fonction Γ est de classe C ∞ sur[a, A] et ses dérivées successives s’obtiennent
par dérivation sous le signe somme. Ceci étant vrai pour tous réels a et A tels que 0 < a < A,
on a montré que La fonction Γ est de classe C ∞ sur] 0, +∞ [ et ∀k ∈ N∗ , ∀x > 0, Γ(k) (x) =
∫0 (ln t) t e dt.
+∞ k x−1 −t
3.3.6 Convexité.
D’après 5 ), la fonction Γ est deux fois dérivable sur ]0, +∞ [ et ∀x > 0, Γ′′ (x) =
∫0 (ln t) t e dt > 0 (intégrable d’une fonction continue positive et non nulle). Donc
+∞ 2 x−1 −t