Remplissage des bandes électroniques et conduction
Remplissage des bandes électroniques et conduction
E E E E
Supposons que la dernière bande contenant des électrons est partiellement remplie :
Cette bande est remplie par les électrons de valence, d’où la dénomination de bande de
valence. Sous l’action d’un champ électrique externe, les électrons qui occupent les niveaux
proches de la limite de remplissage passent dans des niveaux énergétiques supérieurs de la
même bande. On peut donc établir un courant, on est dans le cas d’un métal.
Remplissage des bandes par les électrons
E E E E
Supposons maintenant que la bande de valence est entièrement remplie par les
électrons, mais elle est recouverte par la bande permise successive non occupée par
des électrons :
Si à tel cristal, on applique un champ électrique externe, les électrons commencent à
transiter vers les niveaux de la bande libre et un courant apparaît, ici aussi on est
dans le cas d’un métal.
Remplissage des bandes par les électrons
E E E E
E E E E
𝐹⃗ = −𝑒𝐸
Sous l’action de la force, l’électron va acquérir une accélération :
𝐸
𝑎⃗ = −𝑒
𝑚
𝑑𝜔
𝑣! =
𝑑𝑘
Masse effective des électrons
𝐸 = ℏ𝜔
1 𝑑𝐸
𝑣! =
ℏ 𝑑𝑘
𝑑𝑣! 1 𝑑 𝑑𝐸 1 𝑑" 𝐸 𝑑𝑘
𝑎⃗ = = =
𝑑𝑡 ℏ 𝑑𝑡 𝑑𝑘 ℏ 𝑑𝑘 " 𝑑𝑡
𝑣! ℏ𝑑𝑘 = 𝑑𝐸
𝑣! ℏ𝑑𝑘 = −𝑒𝐸×𝑣! 𝑑𝑡
𝑒𝐸
𝑑𝑘 = − 𝑑𝑡
ℏ
Masse effective des électrons
1 𝑑" 𝐸 𝑑𝑘 1 𝑑" 𝐸 𝑒𝐸
𝑎⃗ = = × −
ℏ 𝑑𝑘 " 𝑑𝑡 ℏ 𝑑𝑘 " ℏ
1 𝑑" 𝐸
= − " " ×𝑒𝐸
ℏ 𝑑𝑘
8 9! :
La valeur ! associe 𝑎⃗ à la force −𝑒𝐸. Elle a donc la forme d’une masse que
ℏ 9; !
nous appellerons 𝑚∗ :
𝐸
𝑎⃗ = −𝑒 ∗
𝑚
Avec
%&
𝑑" 𝐸
𝑚 ∗ = ℏ"
𝑑𝑘 "
Masse effective des électrons
ℏ" 𝑑 "
− +𝑈 𝑥 Φ'( 𝑥 = 𝐸'( Φ'( 𝑥
2𝑚 𝑑𝑥 "
Par
ℏ" 𝑑 "
− Φ 𝑥 = 𝐸'( Φ'( 𝑥
2𝑚∗ 𝑑𝑥 " '(
Et donc
𝑘"
"
𝐸=ℏ
2𝑚∗
Masse effective négative – Notion de trou
A cette place vide (qu’on appelle trou) est affectée une charge positive +q (son
déplacement sera opposé à celui des électrons lors de l’application d’un champ
électrique). La bande de valence étant toujours quasi-pleine (de N-1 électrons de
valence), l’étude du mouvement des particules dans cette bande sera simplifiée en
ne considérant que le mouvement du trou auquel on affectera une masse effective
mp. Physique des semi-conducteurs – A Chovet & P. Masson
Electron
libre
Liaison Trou
brisée libre
Figure II.9. Apparition d’un électron et d’un trou libre lors d’une rupture de liaison covalente.
Semi-conducteurs de la colonne IV (Ge, Si)
un atome de Silicium qui s’associe avec quatre autres atomes de Silicium « verra »
huit électrons sur sa dernière couche. Une telle association est illustrée sur les
figures suivantes. On constate que si aucune liaison n’est brisée (par exemple à 0
K), il n’y a pas d’électrons libres, et donc le cristal est isolant.
Semi-conducteurs composés (III-V ou II-VI) - Réseau ʹʹZinc-blendeʹʹ
on peut dire que les électrons d’un atome isolé prennent des niveaux discrets
d’énergie qui sont en fait constitués de sous-niveaux (ou sous-couches) ; mais
lorsqu’on rapproche deux atomes ces niveaux (ou sous-niveaux) vont se
dédoubler. En étendant ce raisonnement à N atomes, cette ′′dégénérescence′′
fait apparaître des bandes d’énergie permises, qui peuvent ′′s’interpénétrer′′ et
se séparer à nouveau lorsque la distance inter-atomique diminue donnant des
bandes d'énergie interdite, de largeur EG (′′Gap′′).
Structure atome isolé -> solide
On fait passer des électrons de la bande de valence à un état situé dans la bande de
conduction
Ces électrons sont ′′libres′′ (ils ne participent plus à une liaison cristalline) et
peuvent, par contre, participer à la conduction électrique
Au voisinage d’un extremum des bandes (BV ou BC), on peut approcher les relations de
dispersion E(k) par un développement limité : par exemple au voisinage d’un minimum
de la BC on pourra écrire :
1 𝑑" 𝐸 "
𝐸 𝑘 = 𝐸) + 0 + 𝑘 +⋯
2 𝑑𝑘 "
Cette densité d’états s’obtient par exemple pour les électrons (dans la BC) en
prenant le bas de la bande de conduction comme référentiel :
*/"
𝑉 2𝑚'
𝑛) 𝐸 = " 𝐸 − 𝐸)
2𝜋 ℏ"
Densité d’états
𝑛 𝐸 𝑑𝐸
𝑓' 𝐸 =
𝑛) 𝐸 𝑑𝐸
Semi-conducteur à l’équilibre
𝑓- 𝐸 = 1 − 𝑓' 𝐸
𝐸 − 𝐸. 𝐸 − 𝐸.
1 1 + exp −1 exp
𝑘0 𝑇 𝑘0 𝑇
𝑓- 𝐸 = 1 − = =
𝐸 − 𝐸. 𝐸 − 𝐸. 𝐸 − 𝐸.
1 + exp 1 + exp 1 + exp
𝑘0 𝑇 𝑘0 𝑇 𝑘0 𝑇
Finalement
1
𝑓- 𝐸 =
𝐸 −𝐸
1 + exp .
𝑘0 𝑇
1 1
a(E)a(E) Boltzmann
Boltzmann Boltzmann
Boltzmann
fn(E)
expexpE EEF EF expexpE EEF EF
1/21/2 kT kT kT kT
0 0
EF EF E E EF
Figure
Figure 23 23 : approximation
: approximation de Boltzmann
de Boltzmann pourpour
des des Figure
Figure 24 :24approximation
: approxima
énergies
énergies supérieures
supérieures à celle
à celle du niveau
du niveau de Fermi.
de Fermi. énergies
énergies inférieures
inférieures à ced
à celle
1 1 E EEF EF
(Ea)(E) expexp Semi-conducteur
1 1 à (38)
(38)
l’équilibre
E EEF EF kT kT
expexp
kT kT
tre
queque pour
pour desdes valeurs
valeurs élevées
élevées de de l’énergie
l’énergie situées
situées au au dessus
dessus de de
EF, Ela
F, la
Dans le cas où E-EF est inférieur à quelques -kBT (⇔EF−E supérieur à quelques
ation
on de Fermi
de Fermi se aramène
se on
k T) ramène à celle
à celle de Boltzmann.
de Boltzmann.
l’approximation : Dans
Dans
suivante l’autre
l’autre situation
situation : :
B
E EEF EF
expexp
kT kT E EEF E1F
1a(Ea)(E) 𝑓 exp
𝐸 exp
= (39) 𝐸. − 𝐸 )
1 1 ≈(39)
𝑒𝑥𝑝(−
E EEF EF- kT kT 𝐸 − 𝐸 𝑘0 𝑇
1 1expexp 1 + exp .
kT kT 𝑘0 𝑇
1 1 1
Boltzmann
Boltzmann Boltzmann
Boltzmann 1 - 1a(E)
- a(E)
fp(E)
expexpE EEF EF E EEF EF
expexp
1/2 kT kT kT kT 1/2 1/2
0 0 0
F EF E E EF EF E E
nation de Boltzmann
de Boltzmann pourpour
des des Figure
Figure 24 :24approximation
: approximation de Boltzmann
de Boltzmann pourpour
des des
ecelle du niveau
du niveau de Fermi.
de Fermi. énergies
énergies inférieures
inférieures à celle
à celle du niveau
du niveau de Fermi.
de Fermi.
changer le comportement électrique du matériau considéré. Il faudra donc connaître parfaitement le
nombre absolu d’électrons dans les couches et leur variation relative pour appréhender les
Semi-conducteur intrinsèque
phénomènes de conduction.
porteurs libres.
montre comment un électron quittant la bande de valence peut atteindre la bande de conduction en
respectant la statistique de remplissage des niveaux énergétiques. On crée simultanément un déficit
dans la bande de valence et un excès dans la bande de conduction. Les électrons situés à cette
température dans la bande de conduction peuvent participer à la conduction du matériau ; dans la
on définit une concentration intrinsèque n (égale aux concentrations n
suite nous verrons que le déficit en électrons dans lai bande de valence peut aussi contribuer à des
et p)
phénomènes de conduction.
E E
Bande de conduction
apport
EC
EF Transfert d’un
électron
EV déficit
Bande de valence
0 1/2 1 f(E)
Densité d’états d’énergie
Figure 28 : Influence de la température sur la distribution des électrons dans les bandes de
valence et de conduction. Les électrons ayant quitté la bande de valence, et donc leur état
lié, atteignent la bande de conduction.
Semi-conducteur intrinsèque
2"#$ 3
𝑛1 = \ 𝑛 𝐸 𝑑𝐸 = \ 𝑛) 𝐸 𝑓' 𝐸 𝑑𝐸 = \ 𝑛) 𝐸 𝑓' 𝐸 𝑑𝐸
0) 2! 2!
Pour nC(E)
*
1 2𝑚' " & ⁄"
𝑛) (𝐸) = 𝐸 − 𝐸)
2𝜋 " ℏ"
Semi-conducteur intrinsèque
On aura aussi :
𝐸 − 𝐸.
𝑓' 𝐸 = ex p( − ]
𝑘0 𝑇
Donc :
*
1 2𝑚' " 3 &⁄" ex p(
𝐸 − 𝐸.
𝑛1 = \ 𝐸 − 𝐸) − )𝑑𝐸
2𝜋 " ℏ" 2! 𝑘0 𝑇
*
1 2𝑚' " 3 &/"
𝐸 − 𝐸.
𝑛1 = " \ (𝐸 − 𝐸) ) exp(− )𝑑𝐸
2𝜋 ℏ" 2! 𝑘0 𝑇
*
1 2𝑚' " 3 &/"
−𝐸) + 𝐸) + 𝐸 − 𝐸.
𝑛1 = " \ (𝐸 − 𝐸 ) ) exp(− )𝑑𝐸
2𝜋 ℏ" 2! 𝑘0 𝑇
*
1 2𝑚' " 𝐸) − 𝐸. 3 &/"
𝐸 − 𝐸)
𝑛1 = " exp(− ) \ (𝐸 − 𝐸) ) exp(− )𝑑𝐸
2𝜋 ℏ" 𝑘0 𝑇 2! 𝑘 0 𝑇
Semi-conducteur intrinsèque
2%2!
On pose 𝑥 = , on aura donc 𝑥 &/" 𝑘0 𝑇 = 𝐸 − 𝐸) et 𝑘0 𝑇𝑑𝑥 = 𝑑𝐸
(% 5
$
)
1 2𝑚# " 𝐸% − 𝐸& $/" 1 (𝑥)*/" e+, 𝑑𝑥
𝑛! = exp(− ) 𝑘' 𝑇
2𝜋 " ℏ" 𝑘' 𝑇 !
Finalement
𝐸) − 𝐸.
𝑛1 = 𝑁) ×𝑓' 𝐸) = 𝑁) ×exp(− )
𝑘0 𝑇
Avec
*
&/"
1 𝜋 2𝑚' 𝑘0 𝑇 "
𝑁) = "
2𝜋 2 ℏ"
*
𝑚' 𝑘0 𝑇 "
𝑁) = 2
2𝜋ℏ"
où NC (cm-3) est la densité équivalente d’états dans la bande de conduction ramenée en EC.
Semi-conducteur intrinsèque
Pour trouver la densité de trous dans la bande de valence il faut procéder de la même
façon que pour les électrons mais en utilisant la densité d’états nV(E) et la probabilité
d’occupation fp(E).
2( 2(
𝑝1 = \ 𝑝 𝐸 𝑑𝐸 = \ 𝑛, 𝐸 𝑓- 𝐸 𝑑𝐸 = \ 𝑛, 𝐸 𝑓- 𝐸 𝑑𝐸
0) 2"&' %3
où p(E) est la densité énergétique des trous dans la bande de valence. Les expressions
de nV(E) (voir densité d’états) et de fp(E) pour le cas d’un semi-conducteur non
dégénéré permettent d’intégrer l’équation précédente.
𝐸. − 𝐸,
𝑝1 = 𝑁, 𝑓- 𝐸, = 𝑁, exp(− )
𝑘0 𝑇
La figure suivante montre la répartition qualitative des électrons et des trous libres
dans la BC et la BV.
Semi-conducteur intrinsèque
𝐸) − 𝐸, 𝐸7
𝑛1 𝑝1 = 𝑁) 𝑁, exp − = 𝑁) 𝑁, exp −
𝑘0 𝑇 𝑘0 𝑇
Et
𝐸7
𝑛1 𝑝1 = 𝑁) 𝑁, exp − = 𝑛8 " (𝑇)
𝑘0 𝑇
𝐸7
𝑛8 𝑇 = 𝑁) 𝑁, exp −
2𝑘0 𝑇
𝐸7
𝑛8 𝑇 ∝ 𝑇 */" exp −
2𝑘0 𝑇
Semi-conducteur intrinsèque
𝐸) − 𝐸.8 𝑁) 𝑁, 𝐸) − 𝐸,
exp − = exp −
𝑘0 𝑇 𝑁) 2𝑘0 𝑇
𝐸) − 𝐸.8 𝑁, 𝐸) − 𝐸,
− = ln + (− )
𝑘0 𝑇 𝑁) 2𝑘0 𝑇
𝑁, 𝐸) − 𝐸,
−𝐸) + 𝐸.8 = 𝑘0 𝑇× ln −
𝑁) 2
Semi-conducteur intrinsèque
𝑁, 𝐸) − 𝐸,
𝐸.8 = 𝐸) + 𝑘0 𝑇× ln −
𝑁) 2
𝐸) + 𝐸, 𝑘0 𝑇 𝑁,
𝐸.8 = + ln
2 2 𝑁)
(𝐸. − 𝐸.8 )
𝑛1 = 𝑛8 𝑇 × exp
𝑘0 𝑇
On voit donc que si 𝑛1 > 𝑛8 𝑇 alors on aura 𝐸. > 𝐸.8 , le niveau de Fermi se décale
vers la bande de conduction.