Toxicologie Environnementale: Concepts et Méthodes
Toxicologie Environnementale: Concepts et Méthodes
1. Définitions
2. Objectifs
3. Méthodologie et approches
4. Normes
a. ADI (Acceptable Daily Intake)
b. TLV (Threshold Limit Value)
c. Dose Maximale Tolérable
e. MRFC (maximum recommended field concentration)
f. DAR
6. Bioteneurs
a. Chaîne trophique
b. Bioconcentration
c. Biomagnification
d. Bioaccumulation
e. Biodisponibilité environnementale
f. Biodisponibilité
g. Pyramides écologiques (nombre, biomasse, énergie, concentrations)
7. Bioindicateurs et biomarqueurs
a. Bioindicateur : définition, types, caractéristiques et utilisations
b. Biomarqueurs : définition, types et caractéristiques.
8. Sources de pollution
a. Production d’énergie
b. Activités industrielles
c. Diversification de l’industrie chimique
d. Agriculture
e. Pollutions anthropiques
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9. Classification des polluants
a. Critères et classifications
b. Différences entre les macropolluants et les micropolluants
TOXICOLOGIE DE L’ENVIRONNEMENT
1. Définitions
a. Pollution:
La pollution est une modification défavorable du milieu naturel qui apparaît en totalité ou en partie
comme un sous-produit de l'action humaine, au travers d'effets directs ou indirects altérant les
critères de répartition des flux d'énergie, des niveaux de radiation, de la constitution physico-
chimique du milieu naturel et de l'abondance des espèces vivantes. Ces modifications peuvent
affecter l'homme directement ou au travers des ressources agricoles, hydrauliques et autres produits
biologiques. Elles peuvent aussi l'affecter en altérant les objets physiques qu'il possède, les
possibilités récréatives du milieu ou encore en enlaidissant la nature.
b. Ecologie :
C’est la science globale des relations des organismes avec leur monde extérieur environnant dans
lequel sont incluses au sens large, toutes les conditions d’existence (HAECKEL, 1866).
Ecologie : étude des relations (ou interactions) entre les organismes entre eux (biocénose) et avec
leur environnement (biotope ou milieu ou habitat).
Ecosystème : biocénose (peuplement ou communauté) + biotope (espace qu’habite un peuplement)
+ interactions.
Biosphère : région de la planète où la vie est possible en permanence et qui renferme l'ensemble
des êtres vivants. Elle est subdivisée grossièrement en 3 compartiments:
1. la lithosphère (couches les plus superficielles de l'écorce terrestre),
2. l'hydrosphère (ensemble des eaux présentes dans les couches superficielles de la planète
et à sa surface, eaux liquides et solides),
3. l'atmosphère (enveloppe externe gazeuse de la planète).
c. Ecotoxicologie :
Selon RAMADE (1971), l’écotoxicologie est la science qui étudie les modalités de contamination
de l’environnement par des agents polluants naturels ou artificiels produits par l’activité humaine
ainsi que leur mécanisme d’action et de leurs effets sur l’ensemble des êtres vivants qui peuplent la
biosphère. C’est la science qui étudie les interactions et les effets in situ de contaminants sur les
êtres vivants (végétaux, animaux) à différents niveaux (organismes, populations, peuplements,
communautés) et le devenir de ces substances dans les écosystèmes (RAMADE, 1977).
Par définition, c’est une science pluridisciplinaire. Elle étudie au sein des écosystèmes les
interactions entre les espèces et le milieu et fait appel à l’écologie. Elle étudie les effets des
polluants sur les organismes vivants et fait appel à la toxicologie. Enfin, elle étudie les polluants et
leur dispersion dans le milieu et fait appel à la chimie.
d. Toxicologie :
C’est la discipline qui étudie les substances toxiques (ou poisons) qui provoquent des altérations
biologiques menant à la mort si les perturbations physiologiques sont intenses. La toxicologie est à
la fois descriptive et explicative. Elle évalue la toxicité (tests) et précise les mécanismes
(TRUHAUT, 1976).
e. Ecologisme :
C’est un mouvement social, philosophique et politique ; c’est également un courant de pensées et
d’action qui pose la question du rapport entre la nature et la société dans un siècle où l’homme
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dénaturé, enfermé dans son rôle social, est la première victime des dysfonctionnements dans ce
rapport (SIMONET, 1979).
f. Environnique :
C’est l’ensemble des approches techniques qui gèrent les connaissances bio-physico-chimiques
permettant l’évaluation environnementale des objets bio-physico-chimiques d’études y compris nos
actes (BOUCHE, 1996).
g. Intégrologie :
C’est une technique de gestion des savoirs applicables aux systèmes complexes étudiés par
l’écologie et pratiqués par l’environique. Elle est définie comme la science de l’intégration globale
des connaissances produites par les diverses spécialités étudiant le réel. Son objet est la gestion de
la connaissance exhaustive, pertinente et explicite. L’intégrologie est à la fois sociale et concrète :
-sociale : la société pourra juger de telle ou telle pratique en terme de risque/intérêt à un moment et
en un lieu donné.
-concrète : elle porte sur des variables bio-physico-chimiques du réel et relatives aux objets
constitutifs des villes et campagnes, des usines et champs avec le réel et la société (BOUCHE,
1996).
h. Définitions diverses:
Ecologie : étude des relations (ou interactions) entre les organismes entre eux (biocénose) et avec
leur environnement (biotope ou milieu ou habitat).
Ecosystème : biocénose (peuplement ou communauté) + biotope (espace qu’habite un
peuplement) + interactions.
Biosphère : région de la planète où la vie est possible en permanence et qui renferme l'ensemble
des êtres vivants. Elle est subdivisée grossièrement en 3 compartiments:
1. la lithosphère (couches les plus superficielles de l'écorce terrestre),
2. l'hydrosphère (ensemble des eaux présentes dans les couches superficielles de la planète
et à sa surface, eaux liquides et solides),
3. l'atmosphère (enveloppe externe gazeuse de la planète).
2. Objectifs
L'évaluation des effets de la pollution est l'objet de l'écotoxicologie qui étudie les
dommages occasionnés aux écosystèmes en général et aux biocénoses en particulier, par les
polluants physiques et/ou chimiques. En plus de l'étude de l'impact des polluants sur les
écosystèmes, l'écotoxicologie examine les relations entre les polluants et le milieu (telles que les
voies de transfert ou de cheminement des polluants dans les écosystèmes), la biodégradation et la
bioaccumulation des polluants.
Elle utilise des techniques propres à la toxicologie qui étudie plus spécifiquement la toxicité en
laboratoire d'une substance sur des organismes tests représentatifs de l'espèce humaine mais
également des organismes tests en plein champ (tests d'écotoxicité).
Elle doit donc dépasser les simples constats de niveaux de pollution et de toxicité pour
appréhender les mécanismes responsables de la bioaccumulation et des transferts des contaminants
au sein des systèmes biologiques ainsi que les processus entraînant les effets sub-létaux.
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Trois approches:
a-approche réductionniste: étude physio-toxicologique des effets des polluants sur des organes
ou modèles cibles (propre à la toxicologie).
b-approche holistique: étude des mécanismes de contamination des milieux (transferts,
transformations, impact sur biocénoses).
c-approche intégrative et comparative (chaîne tropique, bioaccumulation); ces deux dernières
approches concernent l’écotoxicologie.
Définition du monitoring: Action de recherche et/ou de contrôle dont l’objet est de suivre dans le
temps les changements éventuels des principales caractéristiques environnementales, biologiques et
écologiques propres à une zone ou à un type d’habitat déterminés.
Approche biologique:
Dès le début du XXe siècle, Kolkwitz & Marson (Int. Rev. Hydrobiol. 1909): proposition
d’utiliser les communautés aquatiques comme indicateurs de la qualité des eaux de rivières.
Aujourd’hui, deux approches complémentaires, basées sur l’étude des organismes vivants :
- bioindicateurs
- biomarqueurs
4. Normes
Les experts ont défini des doses maximales dites admissibles pour les principaux
contaminants présents dans l'environnement. Ces doses sont considérées comme inoffensives pour
notre espèce, même en cas d'exposition ininterrompue pendant toute une vie. La plupart des normes
sont d'origine anglo-saxone et sont désignées généralement par leur abréviations en anglais. Ces
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normes ne s'appliquent qu'aux produits industriels et agricoles ayant fait l'objet d'un test de toxicité
et d'une demande d'agréation.
ADI (Acceptable Daily Intake): C'est la quantité de polluant à laquelle peut être soumis
quotidiennement un être humain sans induire des effets nocifs. Elle est établie à partir d'expériences
réalisées sur rat (la dose obtenue sur rat est divisée par 100 pour obtenir l'ADI concernant
l'homme).
TLV (Threshold Limit Value): C'est la concentration maximale de polluant admissible dans l'air
des lieux de travail pour une exposition de 8 heures maximum par jour.
Dose Maximale Tolérable: Cette notion implique le concept de rapport bénéfice/risque. La dose
maximale tolérable est établie en fonction d'un seuil économiquement rentable à ne pas dépasser
vers le bas et du danger que les polluants fabriqués présentent pour la santé publique.
Chaîne alimentaire :
-Une chaîne alimentaire est une suite d’êtres vivants reliés par
une relation alimentaire et énergétique. Chaque organisme
constitue un maillon de la chaîne alimentaire. Il y a échange
d’énergie de l’un à l’autre des organismes mais également des
pertes. Les chaîne alimentaires font partie d’un réseau
alimentaire qui décrit le cycle de la matière (matière - chaîne
alimentaire - matière-décomposeurs).
Dioxines ?
6. Bioteneurs
Chaîne alimentaire :
-Une chaîne alimentaire est une suite d’êtres vivants reliés par une relation alimentaire et
énergétique. Chaque organisme constitue un maillon de la chaîne alimentaire. Il y a échange
d’énergie de l’un à l’autre des organismes mais également des pertes. Les chaîne alimentaire font
partie d’un réseau alimentaire qui décrit le cycle de la matière (matière - chaîne alimentaire -
matière-décomposeurs).
-Un niveau trophique est le rang qu’occupe un être vivant dans une chaîne alimentaire. Chaque
maillon de la chaîne constitue un niveau trophique.
-Les différents niveaux trophiques sont les suivants :
Les producteurs (diverses espèces végétales) sont des autotrophes (capables de synthétiser par la
photosynthèse, des molécules organiques (C6H1206) à partir de substances inorganiques (gaz
carbonique et eau). Les consommateurs (les animaux) sont des hétérotrophes, ils sont incapables
de synthétiser leur propre nourriture ; ils dépendent ainsi des autres pour se nourrir. On trouve
plusieurs types : les consommateurs de premier ordre (les herbivores qui mangent d’autres
végétaux), les consommateurs de second ordre les carnivores ou prédateurs qui mangent les
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herbivores) et consommateurs de troisième ordre (les carnivores qui mangent d’autres carnovores).
Les décomposeurs (bactéries et champignons) qui dégradent la matière organique des cadavres et
redonnent aux plantes les sels minéraux indispensables à la photosynthèse.
Eutrophisation:.Processus par lequel des nutriments comme les phosphates ou les nitrates
provenant des amendements agricoles ou des détergents, sont présents en quantités très importantes
dans l'environnement aquatique, il peut y avoir un développement excessif des producteurs, ce qui
va entraîner une consommation accrue d'oxygène et un déséquilibre de l'écosystème.
Phytoremédiation est un ensemble de technologies utilisant les plantes pour réduire, dégrader ou
immobiliser des composés organiques polluants (naturels ou de synthèse) du sol, de l'eau ou de l'air
provenant d'activités humaines.
Biomagnification: Elle désigne une accumulation progressive d'une substance via la chaîne
alimentaire.
Ft (Facteur de transfert) = Concentration du polluant dans le niveau trophique n+1/ Concentration
du polluant dans le niveau trophique n. Ft >1 bioamplification ; Ft = 1 simple transfert ; Ft < 1
diminution de la concentration.
Figure 1. Pyramides des biomasses et des concentrations d’un polluant dans les réseaux trophiques.
Figure 2. Mesure des différentes concentrations de DDD (insecticide organochloré) dans la chaîne
trophique d’un lac aux USA.
Biodisponibilité se définit comme la propriété d’un élément ou d’une substance d’atteindre les
membranes cellulaires des organismes vivants.
-Demi-vie: Temps nécessaire pour que la moitié d’une quantité ou d’une concentration d’un
polluant disparaisse du biotope ou d’un organisme qu’il contaminé.
Biodégradation est tout processus à médiation biologique qui entraîne la conversion d’une
substance organique en dérivés ultimes organiques et inorganiques chimiquement distincts de la
substance initiale (Shimps et al., 1990). La biodégradation primaire ou biotransformation a été
définie comme la perte de l’identité chimique du produit initial et la biodégradation ultime
(minéralisation) comme la formation de biomasse microbienne et de produits finaux inorganiques à
partir d’une substance chimique. Le potentiel de biodégradation d’un produit chimique peut être
estimé par le rapport entre la demi-vie (le temps nécessaire pour réduire la quantité de produit à
50% de sa valeur initiale) et le temps de résidence. Les substances qui ont des rapports supérieurs à
7 sont considérées comme virtuellement non-biodégradables.
Pyramides écologiques:
-Pyramide des nombres : Le nombre d’individus de chaque niveau trophique.
-Pyramide de la biomasse : La biomasse est la masse totale de la matière organique et des êtres
vivants subsistant dans une région donnée. La pyramide de la biomasse est la masse de chaque
niveau trophique par unité de surface (g/mètre carré).
-Pyramide des énergies est la quantité d’énergie disponible à chaque niveau trophique. Elle est
exprimée en Joules. Sur le 100% d’énergie disponible d’un niveau trophique, un taux de 10% en
moyenne est converti en biomasse dans le niveau suivant. C’est ce qu’on appelle rendement ou
efficacité écologique.
-Pyramide des concentrations exprime la concentration d’un xénobiotique dans les différents
niveaux trophiques.
7. Bioindicateurs et biomarqueurs
a. Bioindicateur :
-Définition : Un bioindicateur est une espèce végétale ou animale dont la présence renseigne sur
certaines caractéristiques physico-chimiques ou biologiques de l'environnement ou sur l'incidence
de certaines pratiques. Les effets sont observables au niveau de l'individu et se traduisent par des
altérations morphologiques, comportementales, tissulaires ou physiologiques.
Un bioindicateur constitue l'indice précoce des modifications biotiques ou abiotiques de
l'environnement (dues à des activités humaines) ou plus généralement renseigne sur l’état et le
fonctionnement d’un écosystème.
b. Biomarqueurs :
-Définition : Un biomarqueur est un changement observable et/ou mesurable au niveau
moléculaire, biochimique, cellulaire, physiologique ou comportemental, qui révèle l'exposition
présente ou passée d'un individu à au moins une substance chimique à caractère polluant (Lagadic
et al., 1997). Un biomarqueur représente donc une signature biologique de l'impact ou de la
présence du xénobiotique dans l'organisme.
-Types :
-Biomarqueurs d’exposition: substance exogène ou son métabolite, ou le produit d'une
interaction entre un agent xénobiotique et une molécule ou une cellule-cible quelconque, qui
est mesurée dans un compartiment à l'intérieur d'un organisme.
-Biomarqueurs d’effet: altération biochimique, physiologique ou d'un autre type qui peut
être mesurée à l'intérieur d'un organisme et qui, suivant son ampleur, peut être reconnue
comme un trouble de la santé ou une maladie, établie ou potentielle.
-Biomarqueurs de sensibilité: indiquent l’existence d’une sensibilité différente au toxique
dans une partie de la population.
-Caractéristiques : La réponse du biomarqueur doit être sensible, spécifique et précoce.
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* Biomarqueurs
Biomarqueurs d’exposition
Biomarqueurs de sensibilité
Biomarqueurs Biomarqueurs
de défense ou de dommage
d’adaptation ou d’effet
* Biomarqueurs
Biomarqueurs de défense
HSP Métallothionéines
* Biomarqueurs
Biomarqueurs de dommage
Enzymes de neurotoxicité
- Vitellogénine
Acétylcholinestérase
- Stabilité de la membrane
lysosomale
- Peroxydation lipidique
(MDA)
- Dommage à l’ADN
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* Biomarqueurs
Systèmes enzymatiques:
Antioxydant SOD, CAT, GPx
Systèmes non enzymatiques:
Endogènes: GSH, Vit C, Vit E
Mitochondrie
Peroxysome
Cyto P450 Pro-oxydant
Exogènes:
Xénobiotiques
Métaux
Espèces oxygénées
Oxydation Réactives (EOR) Oxydation
Lipides Protéines
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ADN
Biomarqueurs: carctéristiques
Dose
Durée Effets écologiques xénobiotique
population,
communauté,
écosystème
EX
PO
cibles moléculaires
SI
de l'organisme
TI
O
N
dose durée
Effets
physiologiques
pathologiques
tissu, organe, organisme
réponse
Effets biochimiques Sensible Précoce
molécule, organelles, cellule
Spécifique
Complexité
8. Sources de pollution
-Pollutions anthropiques qui perturbent les équilibres globaux avec réchauffement climatique;
pluies acides de la transformation des oxydes de soufre en acide sulfurique et des oxydes d’azote en
acide nitrique (pH des pluies acides < 2,5) ; rejet des gaz propulseurs des aérosols (CFC) ayant un
impact sur la couche d’ozone.
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9. Classification des polluants
a. Critères et classification :
La nature des polluants est extrêmement variée. Les polluants sont disséminés dans tous les
compartiments : hydrosphère, atmosphère, lithosphère, biosphère. Plusieurs critères sont à l’origine
de la classification des polluants : nature, état ou taille, importance (croûte terrestre et organismes
vivants.
Tableau 1 : Classification des polluants et leur présence dans les différents compartiments ou
écosystèmes.
Une seconde classification est basée sur l’abondance naturelle des éléments traces (68
éléments dont concentration individuelle inférieure à 0,1% avec un total de 0,6% de la masse de la
croûte terrestre) et majeurs (12 éléments intervenant pour un total de 99,4%) dans la croûte
terrestre. Les macro- et micro-éléments se distinguent par rapport à leurs teneurs dans le monde du
vivant (JUSTE, 1994). Selon ces critères BOUCHE (2005) classe les substances toxiques en :
-Mégapolluants lorsque la substance considéré constitue environ 1% ou plus du sol/sédiment
(masse sèche). C’est le cas de la matière organique morte qui peut en certains cas (absence
d’oxygène être à l’origine d’effets toxiques par l’asphyxie résultant de sa décomposition.
-Macropolluants, lorsque la substance considérée représente quelques ppm (mg/kg) du substrat
analysé. C’est le cas des métaux lourds ou de l’ammoniaque.
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-Micropolluants, lorsqu’ils représentent quelques ppb (µg/kg) du substrat. C’est le cas des PCBs,
HAPs, dioxines, pesticides.
-Génotoxiques, lorsque chaque molécule a des effets délétères comme le cas des adduits se fixant
sur l’ADN et induisant des dysfonctionnements cellulaires (cancers, tératogenèse).
Figure 7. Pourcentages des différents gaz à effet de serre émis dans le monde
Figure 8. Principales sources d’émission des gaz à effet de serre dans le monde.
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Une troisième classification simplifiée subdivise schématiquement, les polluants en deux grands
groupes: les macropolluants et les micropolluants :
-Les micropolluants:
1-Micropolluants minéraux:
-Eléments traces métalliques,
-Silice, Silicates, Amiante,
-fluorocarbone (gaz propulseur des aérosols nocif pour la couche d'ozone).
3- Pesticides et biocides:
- Organo-halogénés aliphatiques (lindane, HCH).
- Acides phénoxyacétiques (2,4 D).
- Cyclodiènes (Aldrine).
- Triazines.
- Carbamates (Carbaryl).
- Organo-phosphates (malathion).
- Organo-mercuriels.
- Benzoylurées.
- Benzoylhydrazine.
-Les Macropolluants:
-Phosphates,
-Nitrates
-Eléments majeurs
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a. Nocivité du polluant :
La nocivité dépend de plusieurs facteurs :
-La membrane biologique : Le polluant doit franchir la membrane biologique ou se fixer sur celle-
ci. L’action des membranes biologique est en effet double. 1/ Contrôler le passage de l’extérieur
vers l’intérieur de l’élément en bloquant, ralentissant ou accélérant l’absorption. 2/ Fixer
préférentiellement certains polluants de façon transitions ou définitive en provoquant des atteints
structurales ou fonctionnelles souvent extrêmes pour la vie de la cellule.
-La nature du contaminant et des caractéristiques du milieu : Dans le cas du mercure, les
facteurs de contamination (tels que les dérivés organiques ou inorganiques de mercure, les niveaux
de concentration…) et les facteurs abiotiques (tels que : pH, chlorure) ont une influence importante
dans le degré d’accessibilité du métal à la zone hydrophobe intra-lipidique et au flux
transmembranaires.
-La nocivité du polluant dépend de la quantité pénétrant mais aussi de la spéciation chimique du
polluant. Il est important de connaître les transformations, la localisation et les formes physico-
chimiques de l’élément dans la cellule. Les formes physico-chimiques peuvent être divisées en deux
grandes catégories : 1/ Les formes minéralisées relativement stables dans le temps et 2/ Les formes
organiques, labiles dans le temps qui sont généralement des métalloprotéines.
L’ingestion de certains organes de stockage de polluants très toxiques peut présenter un risque
pour le prédateur (ou l’homme qui est consommateur). Dans les Iles Feroë, il a été déconseillé aux
habitant de manger le foie et les reins d’un mammifère qu’ils chassent, car ces organes contiennent
de quantités énormes de cadmium et de mercure (notion de organotropisme qui a un intérêt
sanitaire).
Chez les organismes aquatiques, la pénétration des polluants (dont les métaux) peut se faire soit
directement par l’eau (pénétration branchiale, cutanée, digestive…) soit par l’intermédiaire de la
nourriture. La part respective de ces deux voies aura des conséquences sur :
- l’organotropisme.
- l’élimination (mécanisme de détoxification, métalloprotéines)
- la spéciation chimique du polluant (biodisponibilité et toxicité).
L’exposition chronique à des doses sub-létales peut induire une tolérance à ce polluant.
Plusieurs hypothèses ont été avancées concernant l’acquisition de la tolérance. Les mécanismes
responsables de cette tolérance :
a- les relations entre l’acclimatation de certaines espèces animales aux métaux et la présence
dans leur organisme de métallothionéines (ou autres métalloprotéines) ou l’augmentation de la
synthèse de cette protéine.
b- La redistribution du polluant au sein de l’organisme correspondant à un stockage au niveau
de sites biochimiques moins sensibles.
c- La variation des capacités d’absorption et/ou d’excrétion.
Les tests d'écotoxicité sont réalisés sur des espèces sauvages ou qui peuvent servir de modèle pour
ces espèces:
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- Pour les écosystèmes terrestres, des tests de toxicité chronique (toxicité à long terme) sont réalisés
sur diverses espèces d'oiseaux telles la caille japonaise (Coturnix coturnix japonica) qui est la plus
utilisée.
- Pour les écosystèmes aquatiques, de nombreux tests ont été développés tant sur des Vertébrés, des
Invertébrés que sur des végétaux. Signalons les tests réalisés sur des algues unicellulaires, sur les
Daphnies et sur diverses espèces de poissons appartenant aux genres Salmo (S. gairdneri) et
Brachydanio (B. rerio). Ces deux espèces de poissons servent surtout dans le cadre d'étude
d'impact des pesticides organochlorés.
Temps létal: Détermination des mortalités consécutives à l'application d'une dose constante en
fonction de temps croissants. On en déduit le temps létal moyen (TL50), temps théorique au bout
duquel doivent périr 50% des individus exposés à une teneur déterminée de toxique. On porte tous
les points correspondants à la TL50 de chaque concentration en polluant dans l'eau sur une courbe
en fonction du log des concentrations testées. On définit arbitrairement la CL50 comme étant la
concentration correspondant à un temps de survivance de 96 heures.
Exposition
Absorption /Bioaccumulation
Métabolisation Cibles
Pourcentage de mortalité
en fonction de la dose (DL50)
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Pourcentage de mortalité
en fonction du temps (TL50)
Tests moléculaires
Essais en vivariums ou
serres
Essais-pilotes
b. Diagnostics :
Les diagnostics environnementaux se fondent sur deux types d’éco-évaluation :
1- Etude fondée sur les analyses physico-chimiques de l’abios.
2- Approche basée sur une bio-évaluation (biocénoses).
Evaluation de la Exigences
dose-réponse réglementaires
Caractérisation du
Décision
risque
Identification du
danger et action
1/Ecologique
Vivable Viable
Durable
2/Social 3/Economique
Equitable