Le Manuel des Enfants de Choeur (1931)
Par Abbé L. Lemée
Curé au diocèse de Sens.
La sacristie
La sacristie, comme son nom l'indique, est un lieu sacré où l'on se prépare aux cérémonies, où l'on garde les
divers objets du culte. Elle participe donc à la sainteté de l'église, avec laquelle elle communique. Aussi les
enfants de choeur n'y parleront que s'il est nécessaire et toujours à voix basse, pour ne pas troubler la prière des
fidèles.
Toute sacristie possède un meuble avec un petit placard au milieu, en forme de tabernacle, et des tiroirs larges et
plats en bas. On y suspend ordinairement deux petits cartons sur l'un est écrit le nom de l'évêque du diocèse,
que les prêtres prononcent au canon * de la messe ; sur l'autre, le nom du patron de l'église. Au-dessus du
meuble, à la place d'honneur, se trouve le crucifix, que le clergé salue au départ et à l'arrivée des cérémonies.
Les enfants de choeur doivent être familiarisés avec toutes les choses que renferme la sacristie, connaître leur
nom, leur place, leur usage. Autrement comment pourraient-ils les présenter au prêtre et bien remplir leurs
fonctions de servant ?
La sacristie contient des vases liturgiques *, des ornements liturgiques, des vêtements liturgiques, des linges
liturgiques, des livres liturgiques, enfin divers objets utiles au culte.
I. Vases liturgiques
On entend par vases liturgiques tous les vases dont on se sert pour le culte divin. Les plus précieux sont
ordinairement dans le placard-tabernacle fermant à clef. Ouvrons-le. Nous y trouvons :
1° Vases consacrés
Le calice avec la patène, en or ou en argent doré le calice, dans lequel le prêtre verse le vin qui devient à la
consécration * le Sang de N. S. ; la patène, en forme de petit plat, sur laquelle il dépose la sainte Hostie.
Ce sont des vases consacrés *, auxquels l'enfant de choeur, par respect, ne doit pas toucher.
2° Vases bénits
À côté, voici d'autres vases qui sont seulement bénits :
Le ciboire * muni de son couvercle. Il sert à conserver les saintes Hosties, pour la communion des fidèles. On le
met alors, recouvert d'un petit voile à quatre pans, appelé pavillon, dans le tabernacle de l'autel. Un autre petit
ciboire pour le viatique, ayant parfois la forme d'un boîtier, doré à l'intérieur, pour porter la Communion aux
malades.
L'ostensoir qui ressemble à un soleil. Il y a, au centre, une petite chambre de cristal, dans laquelle on glisse la
custode. La custode est une sorte de médaillon à fermoir, en or, destiné à recevoir la sainte Hostie. On se sert de
l'ostensoir au salut et quelquefois pendant la messe, pour exposer visiblement le Saint Sacrement à l'adoration
des fidèles.
Les vases aux saintes huiles. Ce sont de petites boîtes en argent ou en beau métal, au nombre de trois, qu'on
distingue par des lettres gravées. La première (O. S. oleum * sanctum) contient l'huile sainte des catéchumènes *
pour le baptême. La seconde (S. C. sanctum chrisma) contient le saint-chrême pour le baptême également. La
troisième (O. I. oleum infirmorum) contient l'huile des infirmes pour l'extrême-onction *.
Les clercs ne peuvent toucher les vases bénits.
3° Vases non bénits
Les burettes avec le plateau, pour le vin et l'eau à la messe.
L'aiguière ressemblant à une grande burette avec anse, et le bassin, qui servent au lavement des mains du prêtre
après la distribution des cierges, des cendres, des rameaux.
Le bénitier portatif, sorte de petit seau contenant l'eau bénite dont le prêtre asperge * les fidèles ou les objets à
bénir, à l'aide de l'aspersoir ou goupillon *.
L'encensoir, petite cassolette * suspendue à des chaînes, dans laquelle brûle l'encens, dont la fumée odoriférante
monte vers le ciel comme nos prières et nos adorations.
La navette, petit vase en forme de navire, pour mettre l'encens. Elle est munie, à l'intérieur, d'une cuiller.
Le vase pour le sel. On s'en sert à la bénédiction de l'eau et à l'administration du baptême.
II. Ornements liturgiques
Les ornements sacrés employés pour dire la messe sont rangés dans les larges tiroirs plats, en bas. Ils sont de
diverses couleurs, selon la fête célébrée :
Blancs, pour les fêtes de la Sainte Trinité, de N. S., de la Sainte Vierge, des SS. Anges, des saints qui ne sont
pas martyrs et pour les dimanches au temps pascal.
Rouges, pour les fêtes de la Croix et de la Passion, pour la Pentecôte, les fêtes des Apôtres et des saints
martyrs.
Violets, pour les temps de pénitence : Avent, Carême, vigiles * de certaines grandes fêtes.
Noirs, pour le Vendredi-Saint et les messes des défunts.
Verts, pour les dimanches ordinaires. Les ornements de drap d'or peuvent remplacer les ornements blancs,
rouges ou verts, aux jours solennels.
Le prêtre, après avoir mis les vêtements liturgiques dont nous allons parler plus loin, revêt les ornements dans
l'ordre suivant :
Le manipule, dans lequel il passe son bras gauche.
manipule
chasuble
L'étole, bande d'étoffe ressemblant au manipule, mais beaucoup plus longue, que le prêtre croise sur sa poitrine.
La chasuble, vêtement très ample et arrondi qui tombe devant et derrière, et sur lequel est brodée une grande
croix. Le prêtre montant à l'autel ainsi revêtu apparaît comme N. S. montant au Calvaire avec sa croix.
Le voile, morceau d'étoffe carré, avec une croix brodée, sert à couvrir le calice. La bourse contient le linge sacré
appelé corporal. Ces divers ornements ont une signification symbolique (voir Symbolisme * au lexique).
On distingue encore :
Les dalmatiques * du diacre * et du sous-diacre, pour la messe solennelle. Elles ressemblent à des chasubles
carrées.
La chape, sorte de grand manteau que portent les ministres sacrés aux processions, aux vêpres, au salut ou bien
à l'absoute. Elle varie de couleur selon les fêtes. Toutefois au salut, s'il est séparé des vêpres, on revêt la chape
blanche ou de drap d'or.
L'écharpe ou voile huméral *, dont le prêtre se couvre les épaules pour porter, en le recouvrant également, le
saint ciboire, ou pour donner la bénédiction du Saint Sacrement.
À ces divers ornements qui servent exclusivement aux ministres sacrés, il convient d'ajouter :
Le voile du Saint Sacrement, sorte de bannière d'étoffe précieuse fixée à un support en bois et qu'on place
devant le Saint Sacrement exposé, pendant le sermon.
Les voiles violets du temps de la Passion. Ils servent à couvrir les croix et les statues depuis le dimanche de la
Passion jusqu'au Samedi saint.
L'antependium * ou parement d'autel.
III. Vêtements liturgiques
Avant de prendre les ornements de la messe, le prêtre met, dans l'ordre suivant, certains vêtements sacrés :
L'amict, linge dont le célébrant se couvre la tête, puis qu'il fait glisser sur les épaules et fixe à la ceinture avec
deux longs cordons.
L'aube, longue robe blanche qui descend jusqu'aux pieds.
Le cordon, qui porte un gland à chaque extrémité et sert à fixer l'aube à la ceinture.
Ces vêtements ont, comme les ornements, leur signification symbolique (voir Symbolisme * au lexique).
Les enfants de choeur ont aussi leurs vêtements liturgiques :
La soutane, longue robe rouge, noire ou violette.
Le surplis, vêtement blanc qu'on met sur la soutane.
La cotta, petit surplis très court et sans col.
Le camail, sorte de pèlerine qui couvre les épaules.
L'enfant de choeur revêtu ainsi des habits liturgiques apparaît comme un petit ministre sacré.
IV. Linges liturgiques
Les tiroirs supérieurs du meuble (ou placards) renferment la lingerie d'église.
Linges sacrés employés à la Messe :
Le corporal, linge fin reconnaissable à la façon dont il est plié (en trois dans les deux sens). Le prêtre l'étend au
milieu de l'autel, et y pose le calice et la sainte Hostie, c'est-à-dire le Corps de N. S., d'où son nom de corporal.
La pale, petit linge carré et doublé, maintenu rigide par un carton à l'intérieur. Il sert à couvrir le calice.
Le purificatoire, plié en trois dans un sens, avec lequel le prêtre essuie le calice, ses lèvres, ses doigts.
Les nappes d'autel. Ce sont de longues bandes de toile, de lin ou de chanvre. L'autel, pendant la messe, doit être
recouvert de trois nappes posées l'une sur l'autre.
Linges liturgiques non sacrés, qui ne sont pas d'un usage aussi saint :
Le manuterge, petit essuie-mains, ordinairement plissé. Il est présenté par le clerc au lavabo.
Les nappes de communion, qu'on accroche à la grille pour la communion des fidèles, ou bien que les enfants de
choeur tiennent étendues sur leurs mains, lorsqu'ils communient à l'autel.
Le corporal, la pale et les nappes d'autel sont des linges bénits, les autres ne le sont pas. Les corporaux, pales et
purificatoires qui ont servi ne peuvent plus être touchés par les clercs, jusqu'à ce qu'ils aient été de nouveau
blanchis.
V. Livres liturgiques
Les livres liturgiques contiennent les cérémonies, les prières et les chants des offices *. Il y en a quatre principaux
à la sacristie :
Le missel *, grand livre dans lequel le prêtre lit les prières de la messe. Les pages sont indiquées par des rubans
de diverses couleurs appelés signets. Pendant la messe, le missel est supporté par le porte-missel ou pupitre.
Le rituel contient les prières et les rites *, autrement dit les règles des diverses cérémonies. Le prêtre s'en sert
pour administrer les sacrements, pour bénir les objets de piété. Il l'emporte en chaire pour réciter les prières du
prône *.
Le graduel contient les chants de la messe.
L'antiphonaire contient les antiennes * et les autres chants des vêpres et du salut.
Outre les livres liturgiques, on conserve souvent à la sacristie les registres de catholicité, sur lesquels sont inscrits
les baptêmes, mariages et enterrements de l'année.
Sur le meuble, enfin, se trouve l'ordo, qui contient les indications relatives à la messe et à la récitation de l'office *
divin.
VI. Autres objets du culte
La sacristie renferme encore d'autres objets dont la place et l'usage doivent être connus du clerc :
La croix processionnelle avec la hampe ou long manche de bois. Elle est portée en tête des processions.
La fontaine-lavabo, avec un essuie-mains, où le prêtre se lave les doigts avant la messe.
Le thabor *, petit piédestal, pour supporter pendant le salut l'ostensoir, afin de le mieux mettre en vue.
Les canons * d'autel. Ce sont trois tableaux de prières qu'on place debout sur l'autel, le plus grand au milieu, les
deux autres aux extrémités.
La clef du tabernacle, munie d'un gland pour la reconnaître, et ordinairement accrochée à l'intérieur du placard-
tabernacle.
L'osculatoire ou baiser de paix, portant l'image de N. S., que les fidèles baisent respectueusement.
Le petit vase pour les purifications, sorte de verre avec couvercle, contenant de l'eau pour la purification * des
doigts du prêtre. On le place sur l'un des gradins de l'autel.
Les reliquaires, souvent en forme de petite chapelle, qui renferment des reliques des saints.
Les candélabres, chandeliers à plusieurs branches, qui portent des bougies allumées pendant les offices, le
Salut.
Les corbeilles pour le pain bénit.
Les bannières, avec l'image de N. S., de la Sainte Vierge ou des saints. On les porte dans les processions.
Le dais. C'est un baldaquin supporté par deux ou quatre hampes, pour abriter le Saint Sacrement dans les
processions.
L'ombrellino, petit dais ressemblant à un parasol, pour porter le Saint Sacrement à l'intérieur de l'église ou aux
malades.
Nous servirons d'autant mieux que nous connaîtrons la sacristie.
Traitons avec respect et précaution les divers objets du culte.
Aidons le prêtre et les autres ministres sacrés à revêtir les ornements.