Strategie Nationale Sante Des Adolescents Et Des Jeunes
Strategie Nationale Sante Des Adolescents Et Des Jeunes
La question de la santé des adolescents et des jeunes revêt une importance capitale pour le
Ministère de la Santé et de la Protection Sociale. Outre le poids démographique de cette population
et son caractère décisif pour le développement du pays du fait du dividende démographique
qu’elle offre, le département de la santé considère que l’action en faveur de cette population est
incontournable pour, à la fois, pérenniser les efforts entrepris pour la petite enfance et investir
dans la santé des générations futures.
Dédier une stratégie à la santé aux adolescents et des jeunes s’inscrit dans l’optique de permettre
à cette frange de la population les possibilités de développement optimales, conformément aux
orientations de Sa MAJESTÉ LE ROI MOHAMMED VI, que Dieu l'assiste qui a appelé à placer
les questions de la jeunesse au cœur du nouveau modèle de développement et à promouvoir
efficacement leur condition.
Elle vient pour répondre aux besoins d’une population très hétérogène, qui a comme seul
point commun une certaine vulnérabilité à des comportements à haut risque pour leur santé,
pour promouvoir le développement et l’adaptation des adolescentes et des adolescents et pour
intervenir efficacement lorsque des problèmes se posent. Le développement d’une réelle offre de
santé pour les jeunes exige en effet une vision globale nationale conciliant les besoins nationaux
et les engagements internationaux du pays ainsi qu’un déploiement territorial garantissant une
répartition équitable des paquets de prestations préventives, curatives et promotionnelles de
proximité.
Cette nouvelle stratégie intervient également dans un contexte marqué par la refonte du système
de santé appelé à tenir davantage compte de la dimension régionale et du fait territorial, tout en
insistant sur l’intersectorialité comme pivot de l’action en faveur de la santé des adolescents et
des jeunes. Avec le cadrage stratégique qu’elle offre et la définition des domaines d’intervention
tenant compte des besoins émergents, elle permet aux différents intervenants nationaux et
territoriaux de s’attaquer aux différentes problématiques avec plus de proximité et de qualité
conformément aux principes du nouveau modèle de développement.
La visibilité qu’elle offre à tous les intervenants aidera au plaidoyer en faveur de la santé des
adolescents et des jeunes tant au niveau international, national que régional. La contribution
des uns et des autres en faveur de cette population se fera à travers des plans stratégiques
régionaux élaborés de manière participative avec les acteurs institutionnels, la société civile et
les jeunes. Le rôle des familles, des collectivités, des dispensateurs de services et soins de santé,
des établissements d’éducation et de formation ainsi que des institutions sociales est primordial
et la convergence doit se sentir le plus localement possible.
Pr Khalid Ait Taleb
Ministre de la Santé et de la Protection Sociale
6
Comité de rédaction
Comité de lecture
Comité de validation
Comité constitué de représentants du Ministère de la Santé et de la Protection Sociale et des
départements partenaires et la société civile réunis lors de l’atelier de validation organisé les
27-28 mai 2022 à la Direction de la Population.
7
TABLE DES MATIERES
5 PREFACE
8 ACRONYMES
9 INTRODUCTION
11 I. CONTEXTE
13 II. ETAT DES LIEUX
13 A. DONNEES DEMOGRAPHIQUES
15 B. DONNEES EPIDEMIOLOGIQUES
22 C. SYNTHESE DE L’ANALYSE STRATEGIQUE
26 III. STRATEGIE NATIONALE DE LA SANTE DES ADOLESCENTS
ET DES JEUNES
26 A. VISION
26 B. PRINCIPES
27 D. CADRE DE REFERENCE DE LA SNSAJ 2022-2030
28 C. POPULATIONS CIBLES
28 E. BUT DE LA STRATEGIE
28 F. OBJECTIFS STRATEGIQUES
29 G. DOMAINES D’ACTION STRATEGIQUES
29 H. DOMAINES DE RESULTATS ET ACTIONS PRECONISEES
35 ANNEXE : CADRE LOGIQUE
42 BIBLIOGRAPHIE
8
ACRONYMES
9
INTRODUCTION
10
de l’enfant en investissant dans la santé des adolescents ». Par ailleurs, « ce qui se passe
au cours des premières années de la vie a un effet sur la santé et le développement des
adolescents et, inversement, la santé et le développement pendant l’adolescence ont une
incidence sur la santé des adultes et, au bout du compte, sur la santé et le développement de
la génération suivante ».1
Pour ce faire, et en adoptant une approche participative incluant les jeunes, un état des
lieux a été nécessaire pour ressortir les principales problématiques en rapport avec la
santé des adolescents et des jeunes, scolarisés ou non, comportant l’examen des données
démographiques et épidémiologiques donnant une idée sur les besoins, couplée à une
analyse de l’offre des soins et de services, sa disponibilité, son efficacité et sa qualité.
Cette analyse a permis de ressortir des points de force et de faiblesse qu’il convient de
considérer. Tenant compte également de l’environnement, des acteurs et de la dimension
temporelle, cette analyse a fait ressortir des menaces à contrecarrer et des opportunités à
saisir.
L’étape de la formulation stratégique a pris en considération les logiques d’intégration
des services pour constituer une offre globale de santé en faveur des adolescents et des
jeunes et une logique de bonne gouvernance cherchant la performance, la participation et
le partenariat.
Se voulant globale, la stratégie englobe les différents domaines d’action en faveur de la santé
des adolescents et des jeunes. Des actions de priorisation seront utiles lors de l’élaboration
des plans stratégiques triennaux.
Des travaux complémentaires de segmentation de l’offre en fonction de l’âge, du sexe et
des besoins spécifiques sont à entreprendre pour faire coïncider l'offre à la demande.
1
Organisation Mondiale de la Santé. (2014) . La santé pour les adolescents du monde : une deuxième chance pour la
deuxième décennie : sommaire. Organisation Mondiale de la Santé.
11
I. CONTEXTE
Le Maroc a adopté l'agenda 2030 comme étant le cadre de référence universel qui orientera
ses contributions en faveur de la promotion du bien-être humain, du développement
économique durable et de la protection de l’environnement, tant à l’échelle planétaire qu’à
l’intérieur du pays. L’action en faveur de la santé des adolescents et des jeunes va contribuer à
la réalisation de l’Objectif 3 qui vise à permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir
le bien-être de tous à tout âge. Elle va contribuer également à la réalisation des cibles de
l’ODD4 visant à « Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d'égalité, et
promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ». Autant d’objectifs et de
cibles qu’il conviendrait de se fixer, de consolider ou de redynamiser par une approche de
performance et de multisectorialité.
De même, la couverture sanitaire universelle a fait l’objet de deux résolutions à l’Assemblée
mondiale de l’OMS .2 Elle est également annoncée comme cible des ODD. L’engagement du
Maroc pour veiller à ce que l’ensemble de la population ait accès aux services de santé dont
elle a besoin et à ce que ces services soient de qualité suffisante pour être efficaces, sans que
leur coût n’entraîne des difficultés financières pour les usagers a également été consolidé par
la Lettre Royale adressée aux participants à la 2ème Conférence Nationale de la Santé en juillet
2013. Le Maroc a également souscrit à la déclaration politique issue de la réunion de haut
niveau sur la couverture sanitaire universelle intitulée « Couverture sanitaire universelle :
œuvrer ensemble pour un monde en meilleure santé ».3
Dans cette déclaration, les États Membres des Nations Unies ont reconnu l’importance
des soins de santé primaires comme étant « la pierre angulaire d’un système de santé durable
et propice à la mise en place de la couverture sanitaire universelle et à la réalisation des
objectifs de développement durable liés à la santé ». Les soins de santé primaires constituent
le fondement de systèmes de santé efficaces, efficients et équitables, complétés par les soins
d’urgence, les traitements en milieu hospitalier et la gestion des situations de crise dues aux
épidémies, le cas échéant.
En affirmant son attachement aux soins de santé primaires 4, le Maroc s'est engagé à
prôner cette approche pangouvernementale et pansociétale de la santé qui associe trois
éléments : politique et action multisectorielles ; autonomisation des individus et des
communautés ; soins primaires et fonctions essentielles de santé publique formant le noyau
des services de santé intégrés. La multisectorialité est de mise et suppose de développer les
capacités nécessaires pour appuyer ces efforts de mise en œuvre d'actions planifiées par
d’autres entités du Ministère et avec d’autres intervenants.
2
WHA58.33 en 2005 et WHA64.9 en 2011.
3
Résolution 2/74 de l’Assemblée générale des Nations Unies, adoptée le 10 octobre 2019
4
Déclaration d’Alma-Ata de 1978 et Déclaration d’Astana adoptée à la Conférence mondiale sur les soins de santé
primaires tenue les 25 et 26 octobre 2018.
12
La prévention, pilier des soins de santé primaires, repose énormément sur la
communication et l’éducation sanitaire. Dans le rapport sur la santé dans le monde de
2008 intitulé « Les soins de santé primaires – Maintenant plus que jamais », l’OMS montre
comment l’expérience a fait évoluer le mouvement des soins de santé primaires à partir des
tentatives initiales basées sur l’amélioration de l’hygiène, de l’eau, de l’assainissement et de
l’éducation sanitaire au niveau du village vers la promotion de modes de vie plus sains et
atténuation des effets sanitaires des risques sociaux et environnementaux.
S’appuyant sur l’élan créé par le Programme 2030 et la Stratégie mondiale de la femme,
de l’enfant et de l’adolescent 2016-2030, l’OMS a élaboré des orientations mondiales sur la
manière de prendre des mesures accélérées pour la santé des adolescents dite « AA-HA!5 » .
Elles permettent d’appuyer la mise en œuvre de la Stratégie mondiale en fournissant les
informations complètes dont les pays ont besoin pour déterminer ce qu’il faut faire pour la
santé des adolescents et comment procéder.
Au niveau national, la 2ème stratégie nationale de la santé des adolescents et des jeunes arrive
à un moment opportun marqué par l’élaboration du Nouveau Modèle de Développement
qui met en exergue le Capital Humain et consacre l’accès aux services de santé de proximité,
de qualité et à la protection sociale comme droits fondamentaux des citoyens d’une part
et par la convergence de la volonté du Ministère de la Santé et de la Protection Sociale de
renforcer les investissements en faveur de la santé et du bien-être des adolescents et des
jeunes.
S’inscrivant dans l’élan d’une dynamique créée par la première stratégie qui a pu mobiliser
les structures, les ressources et les acteurs à même de répondre aux attentes et aux besoins
en matière de santé exprimés par les adolescents et les jeunes, cette 2ème stratégie s’engage,
en tirant profit des opportunités existantes, à favoriser l’environnement adéquat et à
prendre les mesures appropriées pour que les adolescents et les jeunes puissent accéder à
des interventions de santé et de développement positif tel que recommandé par l’OMS. Un
engagement qui puise ses références des responsabilités de l’Etat dictées par la Constitution
de 2011 et formulé dans la déclaration gouvernementale, de l’agenda 2030 et des stratégies
sectorielles et globales en faveur des adolescents et aux jeunes.
L’élaboration de cette 2ème stratégie nationale de la santé des adolescents et des jeunes pour
la période 2022-2030 est motivée également par la nécessité de prendre en considération les
nouvelles politiques, stratégies et dispositifs réglementaires en relation avec cette population
et les résultats de la revue des choix stratégiques ainsi que les approches mises en œuvre au
titre de la première stratégie.
Il est important de signaler que la revue de la première stratégie a été conduite de manière
participative avec l’implication de l’ensemble des intervenants et des acteurs du Ministère
de la Santé et de la Protection Sociale, des partenaires institutionnels et des organisations
de la société civile et des jeunes. Elle a permis d’analyser la dynamique qui a prévalu dans
5
Action mondiale accélérée en faveur de la santé des adolescents (AA-HA!) : orientations à l’appui de la mise en œuvre
dans les pays. Genève : Organisation Mondiale de la Santé ; 2018.
13
l’opérationnalisation des différents domaines stratégiques, d’examiner les progrès réalisés
et les obstacles, d’identifier les opportunités et les menaces et de définir, à partir des
recommandations issues de l’analyse, les choix des orientations et des investissements des
moyens et des ressources pour les dix années à venir.
Un intérêt particulier a été accordé aux besoins émergents, à l’action sur les déterminants
sociaux et environnementaux de la santé et à la nécessité d’un renouvellement de l’offre
en se basant sur une approche qui associe le respect des droits humains et du genre, la
participation des jeunes, la prise en compte de toutes les fonctions essentielles de santé
publique et l’ancrage de l’esprit de territorialité au profit de la santé des adolescents et des
jeunes.
Malgré les innombrables succès, les performances du système de santé sont marquées par
la tenace persistance des inégalités d’accès aux soins notamment entre les régions, les milieux
(rural et urbain) et entre groupes sociaux. La réduction des disparités nous interpelle et
impose une meilleure convergence des acteurs autour de problématiques intersectorielles
en relation avec les déterminants sociaux de la santé. La régionalisation avancée constitue
à cet égard, une opportunité incontournable pour orienter les efforts et les ressources pour
agir sur ces deux aspects tout en jouant sur la dialectique de la santé et de la croissance.
Le domaine de la santé, chantier pluridisciplinaire et multisectoriel, est l’exemple type du
chantier ou la convergence est requise pour réaliser le développement humain escompté.
Dans la quête de cette convergence, il s’agit de définir les meilleures modalités
d’administration favorisant l’intersectorialité autour des réalités locales en tenant compte
des disparités interrégionales et infrarégionales.
14
C’est dire l’importance du poids démographique de cette population et donc l’importance
des programmes ciblant une proportion non négligeable de la population marocaine.
La grande majorité de cette population se trouve dans les établissements d’éducation et de la
Formation. Ce qui rend ces établissements une réelle plateforme d’intervention et positionne
le programme national de santé scolaire et universitaire comme outil d’intervention majeur
en faveur de cette population.
Il va sans dire que l’action en faveur des adolescents et des jeunes (10-24 ans) doit s’inscrire
dans la continuité des actions en faveur de la santé de la petite enfance entreprises par les
différents programmes y compris le PNSSU en vue de les pérenniser et en vue d’agir en
amont de cette tranche d’âge. Il est en effet évident que le pronostic de certaines pathologies
ou troubles est significativement modifié si le dépistage et la prise en charge sont précoces.
Cette interaction impose de regarder les différentes populations qui évoluent vers la tranche
d’âge visée par cette stratégie pour agir en concertation avec les autres interventions en vue
d’une meilleure synergie.
Tableau 2 : Populations cibles du Programme Nationale de la Santé Scolaire
et Universitaire pour l’année 2021
Populations Effectifs
Les élèves du préscolaire public et privé 799 937
Les élèves de l’enseignement primaire public et privé 4 432 229
Les élèves de la 1 année primaire public et privé
ère
744 837
Les élèves de la 1 année du collège
ère
550 987
Les élèves de l’enseignement secondaire public et privé 1 737 240
Les enfants et jeunes bénéficiant de la couverture sanitaire des camps et
250 000
colonies de vacances
Les étudiants universitaires (public et privé) 1 170 836
Les étudiants universitaires résidants 53 000
Élèves en situation de Handicap suivant leur scolarité dans les
90 000
établissements scolaires au niveau national (MASSAR)
Elèves et étudiants des établissements de l’enseignement traditionnel 37 113
Les stagiaires de la formation professionnelle 426 458
Effectif des élèves, étudiants et stagiaires 10 083 419
Néanmoins, une tranche non négligeable reste non scolarisée et dont certains sont déjà
dans le milieu du travail et ne bénéficiant d’aucune plateforme permettant l’intervention en
faveur de leur santé. Selon le HCP et en 2021, le phénomène du travail des mineurs au Maroc
touche 148.000 mineurs de la tranche d’âge de 7 à 17 ans et représente 2% de cette catégorie
de population dont 87,5% âgés de 15 à 17 ans. Toutefois, 2,2% n’ont jamais été scolarisés,
85,7% ont quitté l’école et seulement 12,1% parmi eux sont scolarisés. Ce phénomène qui
15
diffère selon le lieu de résidence reste concentré dans certains secteurs économiques. Par
ailleurs, les mineurs qui accomplissent des travaux dangereux comptent 88.000, soit 1,2%
de la tranche d’âge 7 à 17 ans, et dont 81,9% âgés de 15 à 17 ans. Le secteur de l’industrie
avec une part de 90,2% constitue le secteur le plus exposant aux dangers pour les mineurs
au travail.
S’agissant de la couverture médicale de base, le régime d’assistance médicale(RAMED)
couvre, date d’aujourd’hui, 4 994 807 de la tranche d’âge 10-24 ans (2 406 988 de sexe
féminin et 2 587 819 de sexe masculin). Le régime d’Assurance Médicale Obligatoire pour les
étudiants, qui intéresse les étudiants issus des établissements universitaires et de la formation
professionnelle des secteurs publics et privés, et dont l’objectif a été de couvrir 288.000
étudiants, couvre aujourd’hui 350 310 dépassant ainsi l’objectif fixé au départ en raison de
l’intégration des étudiants bénéficiant du RAMED âgés de plus de 21 ans et poursuivant
leurs études supérieures au régime d’AMO-Etudiants avec une nette prédominance des
étudiants de l’enseignement supérieur (87,8% du total des assurés de l’AMO-E en 2021).
Au titre de 2020, la part des dépenses restant à la charge de l’assuré s’établit à 31,5% contre
28,9% en 2019. Pour le déboursement direct, le reste à charge représente 45,2% du montant
liquidé contre 3,7% pour les dossiers de type « Tiers Payant » . Ces dépenses soulignent des
frais de soins supportés par les étudiants et non encore couverts par l’assurance maladie.
Ces frais, peuvent constituer des barrières d’accès aux soins de santé, ce qui impose une
multiplication des efforts des acteurs concernés pour mettre en place des actions afin
d’améliorer l’accès des étudiants au panier de prestations de santé sans être affrontés à des
frais contraignants, notamment avec la généralisation de l’AMO qui va imposer certainement
une impérieuse harmonisation dans la prise en charge des étudiants.6
B. DONNEES EPIDEMIOLOGIQUES
La part de la charge de morbidité et des traumatismes supportée par les adolescents et les
jeunes est de 6% d’après l’OMS. Il est estimé selon la même source que les 2/3 de cette charge
de morbidité et 1/3 des décès à l’âge adulte sont dus à des maladies ou à des comportements
malsains adoptés pendant la période de la jeunesse. Les principales causes des décès sont les
traumatismes, la violence, l’automutilation et les affections maternelles7 .
6
Rapport Annuel Global de l’Assurance Maladie Obligatoire, ANAM, 2020.
7
Santé des adolescents et des jeunes adultes. Site institutionnel de l’OMS, 18 janvier 2021.
16
biologiques qui augmentent le risque des MNT: Hypertension artérielle, surpoids et obésité,
hyperglycémie, diabète et hyperlipidémie .
Au niveau mondial, au moins un jeune adolescent (13-15 ans) sur 10 consomme du
tabac, et ce chiffre est beaucoup plus élevé dans certains endroits. Les fumeurs parmi cette
population représentent 7,7% et 6,3% ont consommé du Hashish une fois ou plus. L’anémie
ferriprive était la deuxième cause d’années de vie perdues (décès ou incapacité) chez les
adolescents en 2016. Dans les pays en développement, nombreux sont les garçons et les
filles qui arrivent dénutris à l’adolescence, ce qui les rend plus vulnérables à la maladie et
à une mortalité prématurée. À l’opposé, le nombre d’adolescents qui sont en surpoids ou
obèses est en augmentation dans les pays à revenu faible, à revenu intermédiaire et à revenu
élevé. À l’échelle mondiale, plus d’un adolescent sur six âgé de 10 à 19 ans était en surpoids
en 2016. La prévalence variait considérablement d’une Région de l’OMS à l’autre : elle était
inférieure à 10 % dans la Région OMS de l’Asie du Sud-Est et supérieure à 30 % dans la
Région OMS des Amériques.
S’agissant de l’activité physique, on estime que seul un adolescent sur cinq respecte ces
lignes directrices (60 minutes par jour d’activité modérée à intense 5 jours ou plus par
semaine.). La prévalence de l’inactivité est élevée dans toutes les Régions de l’OMS, et reste
supérieure chez les adolescentes par rapport aux adolescents.
L’enquête mondiale sur la santé des élèves en milieu scolaire réalisée au Maroc en 2016 a
montré que :
7,9 % des élèves âgés entre 13 et 17 ans sont des fumeurs et 63,3% parmi eux ont
commencé avant l’âge de 14 ans ;
13,3% ont consommé des boissons alcoolisées au moins une fois durant leur vie ;
7,9 % des élèves de 13 à 17 ans présentent une insuffisance pondérale, le surpoids
touche 13,9% de ces élèves et l’obésité en affecte 2,9% ;
15,3% des élèves sont physiquement actifs selon la norme OMS ;
L’hygiène bucco-dentaire est satisfaisante chez 67,5%.
Les maladies bucco-dentaires les plus répandues au Maroc sont :
La carie dentaire touche (81,8% des enfants de 12 ans) avec un indice CAO (ou
nombre moyen des dents Cariées, Absentes, ou Obturées) est de 4,8 chez les enfants
de 12 ans ;
Les parodontopathies affectent 42% des enfants de 12 ans 9 .
8
Enquête nationale sur les Facteurs de Risque communs des Maladies Non transmissibles 2018 – 2017. Ministère de la santé.
9
Enquête épidémiologique réalisée en 2012, Ministère de la Santé.
17
Les données peu disponibles sur les facteurs de risque métaboliques et biologiques dans
notre pays imposent de positionner la santé des adolescents et des jeunes dans toutes les
enquêtes et études en rapport avec ces facteurs de risque.
La prévention des maladies non transmissibles consiste à lutter contre les facteurs de risque
et au développement de facteurs de protection. La place de la prévention est indéniable et
prend plus d’importance pour cette frange de la population du fait que c’est le moment où
s’installe la plupart des comportements malsains.
Santé mentale
Il existe aussi une plus grande prise de conscience de la nécessité impérative de prévenir
et de traiter les troubles mentaux en tant que partie intégrante de la lutte contre les MNT.
Près de 800 000 personnes se suicident chaque année. Le suicide et les traumatismes, dont
un grand nombre sont liés à la consommation de substances psychoactives, sont une cause
majeure de décès chez les jeunes10.
Selon l’OMS, la dépression est l’une des principales causes de maladie et d’incapacité chez
les adolescents, et le suicide est la troisième cause de décès chez les 15-19 ans. Les troubles
mentaux représentent 16 % de la charge mondiale de morbidité et des traumatismes chez les
10-19 ans. La moitié des troubles de santé mentale à l’âge adulte se manifestent dès 14 ans,
mais la plupart des cas ne sont ni détectés ni traités.
Au Maroc, la même enquête11 révèle que 16% des élèves de 13 à 17 ans ont envisagé de se
suicider. Cette situation intéresse plus les filles que les garçons (17,9% contre 14%). 13,9%
des élèves ont réfléchi à la manière de se suicider ; 13,6% des élèves ont fait une ou plusieurs
tentatives de suicide. Par ailleurs, 23,3% des élèves de la même tranche d’âge ont été victimes
de violences.
Usage de substances psychoactives et addictions
À l’international, l’apparition précoce de la consommation de substances psychoactives
est associée à un risque plus élevé de voir apparaître une dépendance et d’autres problèmes à
l’âge adulte, et les personnes plus jeunes sont nettement plus touchées par la consommation
de substances psychoactives que les personnes plus âgées.
Dans le monde, plus d’un quart des 15-19 ans consomment de l’alcool, ce qui représente 155
millions d’adolescents. La prévalence de la consommation occasionnelle de fortes quantités
d’alcool chez l’adolescent de 15 à 19 ans s’établissait à 13,6 % en 2016, la probabilité étant
plus forte chez les garçons. Le cannabis est la substance psychoactive la plus consommée
chez les jeunes, environ 4,7 % des 15-16 ans en ayant consommé au moins une fois en 2018.
Au Maroc, selon l’enquête nationale GSHS (2016), 13,5 % des élèves âgés entre 13 et 17 ans
ont déclaré avoir consommé toute forme de tabac et 17,4 % des jeunes garçons et 8,5 % des
jeunes filles consomment des boissons alcoolisées. Cette même source a fait ressortir que
10
Il est temps d’agir : rapport de la Commission Indépendante de Haut Niveau sur les Maladies Non Transmissibles.
Genève : Organisation mondiale de la Santé ; 2018.
11
Global School-based Student Health Survey (GSHS) Enquête mondiale sur la santé des élèves en école 2016,
Ministère de la Santé.
18
31,2% des garçons enquêtés ne perçoivent pas le risque de la consommation de l’alcool et
6,5% des élèves de 13 à 17 ans déclarent avoir consommé des drogues.
L’enquête MedSPAD de 2017, réalisée chez les enfants âgés de 15-17 ans, confirme le
rajeunissement de l’âge des premières consommations de substances illicites avec:
Le tabac comme la substance la plus consommée chez les 15-17 ans pour les deux
sexes (garçons 21,70 %, filles 5,3%);
Chez les garçons, la prévalence de consommation du cannabis durant la vie était de
17, 6 %, celle de l’alcool de 10,7% et des psychotropes venaient en dernier avec une
prévalence de 4,8%;
Chez les filles, la consommation de psychotropes était de 3,7% des cas, puis de
l’alcool de 2,2 % et du cannabis était consommé en dernier dans 1, 9% des cas;
L’âge d’initiation aux substances psychoactives est précoce chez les élèves12.
L’addiction aux écrans : Selon l’enquête de collecte des indicateurs TIC auprès des ménages
et des individus au niveau national effectuée par l’ANRT au titre de l’année 2020, 63% des
ménages enquêtés, ayant au moins un enfant de moins de 15 ans, jugent que leurs enfants
utilisent l’internet.
Environ un tiers des parents (31%) ne contrôle pas leurs enfants lorsqu’ils utilisent
l’internet et lorsque le contrôle est là, il prend la forme de limitation du temps de connexion
(63,2%) et/ou du contrôle direct sur écran (60,2%), de l’interdiction de l’utilisation d’internet
(26,7%) ou par l’utilisation d’un outil de contrôle parental (12,7%).
Presque 100% des enquêtés ayant l’âge entre 12 et 18 ans estiment avoir fréquenté les
réseaux sociaux. Notons que l’enquête de 2018 a montré que 88,3% des enquêtés ayant l’âge
entre 19 et 24 ans fréquentent massivement et quotidiennement les réseaux sociaux.
Si les évolutions technologiques posent de nouveaux défis d’ordre sanitaire comme
l’isolement social lié à l’utilisation accrue de l’Internet, elles offrent, toutefois, des
opportunités de promotion sanitaire et de soins via l’utilisation des possibilités offertes par
la e-santé.
Maladies transmissibles
Les décès et les incapacités dus aux maladies infectieuses chez les adolescents ont fortement
régressé grâce à la vaccination des enfants et à l’amélioration des niveaux d’hygiène.
Néanmoins, et selon l’OMS, les diarrhées et les infections des voies respiratoires inférieures
figurent encore parmi les dix principales causes de décès chez les adolescents âgés de 10 à
14 ans.
La tuberculose reste fréquente chez les adolescents de 10 à 19 ans, surtout qu’ils ont
souvent de multiples contacts dans les environnements collectifs comme les écoles et les
autres établissements d’enseignement. Les efforts de dépistage et de prise en charge de la
tuberculose au Maroc ont permis la réduction de la proportion de la tuberculose active de
12
Enquête Med SPAD, CHU Arrazi, 2017
19
17% à 7% chez les moins de 15 ans et la proportion du complexe primaire cliniquement
patent de 12% à 1%, entre 1980 et 201913.
S’agissant de la grippe, le pourcentage des personnes présentant un syndrome grippal est
de 23,9% dans la tranche d’âge 15-24 ans selon le Bulletin Epidémiologique de la Grippe et
des Infections Respiratoires Aigües Sévères de 2020.
Le Rhumatisme Articulaire Aigu (RAA), qui constitue un problème de santé publique
touchant principalement les enfants et les adolescents, figure parmi les principales causes
de cardiopathies acquises chez l’enfant et l’adulte jeune dans le monde et particulièrement
dans les pays en voie de développement et continue à sévir à l’état endémique au Maroc. En
effet, 2.873 nouveaux cas de RAA ont été notifiés en 2020 par les ESSP, soit une incidence de
7,91 pour 100.000 habitants.
La méningite reste aussi un grand problème de santé publique, du fait qu’elle survient
sous forme d’épidémie à l’échelle mondiale. Les adolescents et les jeunes sont exposés
particulièrement au risque de méningococcie. Au Maroc, selon les résultats de l’observatoire
national des méningites pour la période 2012-2018 au niveau des six Centres Hospitaliers
Universitaires, pour les 365 cas de méningites bactériennes confirmées, 29,31% touchent la
tranche d’âge entre 5 et 14 ans avec un sexe ratio M/F de 1,51.
Concernant l’hépatite virale, l’enquête nationale de séroprévalence des hépatites virales
(2019) a montré que la séroprévalence de l’hépatite A dans la tranche d’âge 5-18 ans est de
61% et de l’hépatite C est de 0,2%. Alors que pour l’hépatite B, la prévalence de l’antigène
HBs parmi l’échantillon global est de 0,02%.
Les opérations de dépistage des problèmes de santé de la population scolaire rapportent
principalement que 25,9% des affections notifiées sont dus à des troubles de la vision et
infections oculaires (conjonctivite…), alors que les affections ORL (angine, otite…) et les
infections urogénitales constituent respectivement 11,5% et 1,5%.
Santé sexuelle et reproductive
Selon l’OMS, environ 12 millions de jeunes filles âgées de 15 à 19 ans et au moins 777
000 jeunes filles âgées de moins de 15 ans accouchent chaque année dans les régions en
développement. Les complications de la grossesse et de l’accouchement sont la première
cause de mortalité au monde chez les jeunes filles de 15 à 19 ans. La Division de la population
des Nations Unies établit à 43 pour 1000 le taux de natalité chez les adolescentes dans le
monde en 2020, étant entendu que, selon les pays, ce taux s'échelonne de 1 à 200 naissances
pour 1000 jeunes filles.
L’avortement à risque reste également un problème important. En effet, et selon le
Guttmacher Institute, 5,7 millions de filles âgées de 15 à 19 ans subissent des avortements
chaque année dans les pays à faibles et moyens revenus , dont la majorité sont à risque du
13
Ministère de la Santé, Direction de l’épidémiologie et de la lutte contre les Maladies, Guide National de prise en charge
de la tuberculose chez l’enfant et l’adolescent, 2020.
20
fait que les adolescentes sont plus susceptibles de se faire avorter par des prestataires non
formés, de se faire avorter elles-mêmes, après le premier trimestre et ont tendance à ne pas
rechercher des soins médicaux pour les complications consécutives à des avortements à
risque.
Par ailleurs, et selon les estimations de l’OMS, quelques 1,7 million d’adolescents (10-19
ans) vivaient avec le VIH en 2019, dont 90 % environ dans la Région africaine de l’OMS.
Bien que le nombre de nouvelles infections chez les adolescents ait considérablement
diminué par rapport au pic de 1994, les adolescents représentent toujours environ 10 %
des nouvelles infections par le VIH , dont les trois quarts concernent des adolescentes. En
outre, si les nouvelles infections ont peut-être reflué dans bon nombre des pays les plus
gravement touchés, la couverture du dépistage reste encore faible, ce qui laisse penser que
de nombreux adolescents et jeunes vivant avec le VIH ne connaissent peut-être pas leur
statut sérologique.
D’un autre côté, certaines maladies infectieuses comme le papillomavirus humain (PVH),
qui se déclenchent habituellement après le début de l’activité sexuelle, peuvent entraîner des
affections à court terme (condylomes génitaux) pendant l’adolescence, mais causent surtout
des cancers du col de l’utérus et d’autres cancers plusieurs dizaines d’années plus tard.
L’infection par le papillomavirus humain (HPV) est la maladie sexuellement transmissible la
plus répandue dans le monde. La transmission se fait principalement au cours des rapports
sexuels avec ou sans pénétration. Ainsi, les adolescents qui ont des pratiques sexuelles
comme des attouchements ou des préliminaires, même sans rapport sexuel avec pénétration
sont à risque de contamination. Les virus étant hautement transmissibles, 80% des femmes
contractent une infection à HPV au moins une fois au cours de leur vie, alors que dans 60%
des cas, l’infection a lieu au début de la vie sexuelle.
Les principaux facteurs de risque favorisant l’infection à HPV sont : les rapports sexuels
précoces (risque multiplié par 2 si activité sexuelle avant 17 ans), les partenaires sexuels
multiples et la multiparité. Et parmi les FDR favorisant la persistance de l’infection
à HPV, on décrit : Le tabagisme (risque multiplié par 3), la présence d’une autre IST,
l’immunodépression, le bas niveau socio-économique. Le meilleur moment pour vacciner
contre l’infection à PVH est le début de l’adolescence (entre 9 et 14 ans).
Au Maroc, selon l’ENPSF 2018, le taux de fécondité chez les adolescentes (15 à 19 ans) a
baissé de 32 naissances pour 1000 adolescentes en 2011 à 19,4 en 2018. 49,6 % des filles non
célibataires âgées de 15- 19 ans utilisent la contraception au moment de l’enquête, alors que
64,3% utilisent la contraception dans la tranche d’âge 20-24 ans. Selon la même enquête,
92% ont reçu des soins prénatals qualifiés dans la tranche d’âge 15- 19 ans, et 90,7% pour
la tranche d’âge 20-24 ans (plus de 50% par le secteur privé).91 % ont accouché dans des
établissements de santé pour la tranche d’âge 15-19 ans.
S’agissant de l’avortement, et vu le manque de données officielles, il est difficile d’avancer
des chiffres exacts sur l’ampleur de ce problème au Maroc. Néanmoins, selon une étude
réalisée par l’Association Marocaine de Planification Familiale (AMPF), il y a entre 5 et 8
21
cas d’avortement à risque pour mille femmes âgées de 15 à 44 ans qui ont lieu chaque année.
Une autre étude rétrospective réalisée sur tous les cas colligés au Centre Antipoison et de
Pharmacovigilance du Maroc (CAPM) entre 1992 et 2014 a enregistré 169 cas d’avortement
provoqué dont les adolescentes représentent 20%. Par ailleurs, les complications de
l’avortement au Maroc font partie des causes directes responsables des décès maternels.
L’enquête CAP sur VIH/IST (2013) montre :
Baisse de l’âge moyen des premiers rapports sexuels : 16,5 ans chez les garçons et
17,8 ans chez les filles;
Concernant l’usage de préservatifs, seulement 17% des 15-24 ans déclarent en
utiliser systématiquement. Un pourcentage très élevé, 37%, n’en ont jamais utilisé;
14,5% des filles de 15-19 ans ont rapporté avoir vécu ou subi un avortement à la
suite d’une grossesse non désirée;
2% des garçons et 5,7% des filles de 15 à 19 ans ont indiqué avoir réalisé un dépistage
VIH dans les douze mois ayant précédé l’enquête ;
Seuls 28,95% des garçons et 22,19% des filles de 15-24 ans rapportent avoir reçu
suffisamment d’informations sur la sexualité depuis leur enfance.
L’enquête GSHS de 2016 a révélé que seulement 72,7% d’entre eux avaient déjà entendu
parler de l’infection du VIH ou de la maladie du Sida, surtout en milieu urbain.
C’est dire que les adolescents ont besoin d’une éducation sexuelle complète et d’un accès à
l’information sur la contraception et aux services adaptés.
Violences et traumatismes
À l’échelle mondiale, la violence interpersonnelle est la quatrième cause de décès chez les
adolescents et les jeunes adultes. Son importance varie considérablement selon les régions.
D’après l’enquête sur la santé des étudiants en milieu scolaire, 42 % des garçons et 37 % des
filles sont exposés au harcèlement. La violence sexuelle touche également une proportion
importante de jeunes : 1 jeune sur 8 affirme avoir été victime de violence sexuelle. La violence
pendant l’adolescence augmente également les risques de traumatisme, de contracter le
VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles, de problèmes de santé mentale,
de difficultés scolaires et d’abandon scolaire, de grossesse précoce, de problèmes de santé
reproductive et de maladies transmissibles et non transmissibles.
S’agissant des traumatismes, les blessures involontaires sont l’une des principales causes
de décès et de handicap chez les adolescents. En 2019, plus de 115 000 adolescents sont
décédés dans un accident de la route.
Au Maroc, la fréquence des violences et des blessures involontaires est élevée puisque
31,6% parmi les élèves enquêtés en 2016 ont rapporté la notion de blessures graves une fois
ou plus qui sont dus dans 11,2% des cas à des accidents de la voie publique. Une récente
étude qualitative a été menée sur la prévalence des violences en milieu scolaire dans la
région de Tanger-Tétouan-Al-Hoceima et a montré que le harcèlement sexuel à l’encontre
22
des filles dans les collèges et les lycées est un réel fléau. Il est commis en majorité par les pairs
masculins. Les violences en milieu scolaire s’avèrent plus prononcées envers les garçons
selon la même étude.
23
répondre aux besoins traditionnels et émergents des adolescents et des jeunes. Le
Nouveau Modèle de Développement se base principalement sur l’investissement dans le
capital humain surtout les jeunes.
24
5. Le PNSSU, bras d’intervention majeur du département, est bien structuré avec des missions
et des attributions très claires. Il assure le leadership de la mise en œuvre de la stratégie
nationale de santé scolaire et universitaire, élaborée en conformité avec les orientations
internationales, appuyé par les points focaux de la Santé scolaire et universitaire au niveau
des Directions Régionales de la Santé et les unités de santé scolaires et universitaires au
niveau des Délégations du Ministère de la Santé et de la Protection Sociale aux provinces
et préfectures du Royaume. Cependant, notons, l’orientation sélective du Programme
vers les enfants et jeunes fréquentant des milieux d’éducation et de formation. Le taux
de couverture sanitaire reste faible dans le préscolaire, l’enseignement privé, la formation
professionnelle et pour les élèves en situation de handicap avec une fluctuation des taux
de couverture pour une population maitrisée et une qualité incertaine de certaines
prestations notamment pour les Visites Médicales Systématiques.
6. Des conventions de partenariat ont été développées avec 5 départements ministériels
et ont été pilotés par une commission nationale de suivi et des comités régionaux et
provinciaux institutionnalisées. Toutefois, une faible implication est enregistrée dans
certaines régions au niveau local en faveur de la santé scolaire et universitaire et
la promotion de la santé des jeunes avec une faible exploitation des opportunités de
partenariat avec les collectivités territoriales et l’INDH et avec le secteur privé qui est le
grand absent. L’opportunité existe d’un programme de partenariat public-privé initié par
le Ministère de la Santé et de la Protection Sociale et d’un mécénat en développement
à travers lesquels des actions peuvent être mises en œuvre au bénéfice de la santé des
adolescents et des jeunes. Notons également l’existence d’une société civile active et
engagée dans le domaine de la santé des adolescents et des jeunes et qui couvre presque
tout le territoire national adoptant plusieurs approches communautaires tel que
l’approche relais communautaire et l’approche pairs éducateurs en plus d’infrastructures
communautaires.
7. Malgré la prise en charge de certains problèmes de santé prioritaires :Santé Sexuelle et
Reproductive (SSR), dépistage de troubles et déficiences… , et du grand investissement
dans la santé bucco-dentaire et l’ophtalmologie dans le cadre du PNSSU ou de la SNPSJ et
le développement timide d’un paquet de services pour la promotion de la santé mentale
des adolescents et des jeunes, il y’a lieu de noter la disparité flagrante des services rendus
en fonction des régions et provinces par les espaces santé jeunes d’une part, et en milieu
universitaire dans le cadre du PNSSU d’autre part. Le réseau limité des Espaces Santé
Jeunes offrant un paquet limité de prestations nécessite, outre son développement et
son extension, la rehausse de son utilisation . La sous-utilisation d’un certain nombre
de structures du Réseau des Etablissements Médico-Sociaux exige de renforcer leur
visibilité et d’engager davantage le rôle et la responsabilité des Délégations Médicales de
de la Santé (gestion, coordination). Les services dédiés aux adolescents et jeunes ne se
conforment aux règles qu’exigent les besoins d’intimité et de lutte contre la stigmatisation
et la discrimination et les principes de confidentialité et d’anonymat ; des difficultés à
mettre en œuvre certaines composantes de manière efficace et efficiente et de qualité
planent toujours sur l’offre de santé aux adolescents et jeunes au risque de les reléguer
25
à un plan secondaire : santé mentale, bucco-dentaire. Certaines dispositions juridiques
encore en vigueur constituent des obstacles à l’accès à certains services et potentialisent
la sous-utilisation des services de santé par les adolescents.
8. Malgré l’existence d’un important dispositif d’information et d’éducation sanitaire, les
supports sont faiblement utilisés notamment le site [Link] ; en témoigne encore
une fois, les disparités régionales des activités d’information et d’éducation sanitaire.
9. Le système d’information relatif aux espaces santé jeunes n’est pas utilisé de façon
optimale pour permettre une profonde analyse des données. Celui du PNSSU rapporte
des données par région et provinces par milieu de résidence (U/R) mais pas en fonction
du sexe. Aucune information sur la qualité de la prestation avec un besoin de ressortir
distinctement les différentes cibles et la dimension genre. D’un autre coté, de nombreuses
enquêtes nationales générales ou thématiques ne prennent pas en considération la
tranche d’âge adolescents et jeunes.
10. Des difficultés de priorisation au regard des autres programmes et stratégies du Ministère
de la Santé et de la Protection Sociale exigent de renforcer le plaidoyer en faveur de cette
population qui connait des évolutions, des comportements à risque et surtout la fausse
sécurité découlant de la supposition qu’elle soit en bonne santé. Les opportunités sont
multiples. Citons la loi-cadre sur la protection sociale qui vient d’être promulguée et qui
s’inscrit parfaitement dans le processus de poursuite des efforts pour une couverture
sanitaire universelle en harmonie avec les principes d’équité et de qualité que requiert
un tel projet. Citons également la Loi cadre n° 34-09 sur le système de santé et l’offre de
soins et son décret d’application (REMS : ESJ/CMU) qui offre la possibilité d’étendre
les interventions et les activités de promotion de la santé des adolescents et des jeunes
sur tout le territoire. La refonte de la gouvernance du système de santé qui consolide la
volonté d’attribuer aux régions plus de compétences et de pouvoirs offre également la
possibilité de dynamiser la conception et la mise en œuvre de programmes de santé pour
les jeunes et les adolescents ;
11. Les appels se multiplient pour prendre en compte des besoins émergents des jeunes
(Nutrition, SSR, santé mentale, handicap, violences, traumatismes involontaires,
addictions aux écrans…) témoignant de la non prise en compte des besoins réels des
jeunes: d’où la nécessité d’une nouvelle stratégie, de la révision du PNSSU et de rompre
avec le fait de « Décider pour les jeunes sans les jeunes ».
12. La pénurie structurelle des ressources humaines de la santé au niveau national y compris
au niveau de la DSSU constitue une contrainte à la mise en œuvre d’un certain nombre
d’interventions et d’activités notamment en milieu rural. A cet égard, les techniques
d’information et de communication, dont le développement est vertigineux, offrent
une réelle possibilité pour dépasser les contraintes structurelles du système de santé et
réaliser plus d’équité et de proximité.
26
III. STRATEGIE NATIONALE DE LA SANTE DES
ADOLESCENTS ET DES JEUNES
La nouvelle stratégie nationale de la santé des adolescents et des jeunes 2022-2030 s’inscrit
dans la continuité par rapport à la précédente avec une ferme volonté de consolider le caractère
prioritaire de la protection de la santé et du bien-être physique et mental des adolescents et
des jeunes. La dynamique engendrée par le Nouveau Modèle de Développement constitue
une excellente opportunité pour donner une forte impulsion aux différents programmes
ayant pour cœur de cible les adolescents et les jeunes en intégrant dans la stratégie d’action
les dimensions « droits humains » et « égalité des genres » ainsi que l’intersectorialité et la
participation des jeunes et de la communauté.
A. VISION
B. PRINCIPES
La Stratégie Nationale de la Santé des Adolescents et des Jeunes s’appuie sur les orientations de
l’Action Mondiale Accélérée en faveur de la Santé des Adolescents et de la Stratégie Mondiale
pour la Santé de la Femme, de l’Enfant et de l’Adolescent 2016-2030 qui recommandent que
soient pris en considération dans les politiques les principes suivants :
L’équité : la nouvelle stratégie se propose de créer les conditions nécessaires à même de
réduire les inégalités liées aux droits humains et au genre en favorisant la participation et
en améliorant l’accès des adolescents et des jeunes où qu’ils soient à des services de santé
complets, continus et de qualité.
L’intégration : il est judicieux d’adopter une approche globale et intégrée centrée sur les
adolescents et le jeunes, basée sur une action combinée et coordonnée entre les programmes
et les services et sur la mise en place d’un paquet de prestations minimum et complémentaires
adapté aux besoins de cette population pour améliorer l’efficacité et l’efficience de la prise en
charge de leurs problèmes de santé.
La convergence et l’intersectorialité : l’atteinte des objectifs assignés à la stratégie
suppose, de par la complexité des interventions et la diversité des acteurs, d’assoir les
bases juridiques et institutionnelles d’une collaboration forte avec l’ensemble des parties
prenantes axée sur un partenariat qu’il conviendrait de mobiliser, de structurer, d’étendre et
à territorialiser autour des différents axes de la stratégie.
27
Territorialité : la promotion de la santé des adolescents et des jeunes doit interpeller
les responsables au niveau du territoire, à partir des orientations stratégiques nationales,
à développer des réponses appropriées aux problèmes de santé affectant les adolescents
et les jeunes selon une démarche d’amélioration des services dédiés à cette population
visant à les adapter autour du « fait local ». La participation des adolescents et des jeunes
et le renforcement de leurs capacités à identifier ces problèmes et à se prendre en charge
de manière responsable contribuerait à renforcer leur pouvoir d’agir sur le terrain et leur
engagement dans le processus de développement du territoire auquel ils appartiennent.
Bonne gouvernance : dans le contexte de la régionalisation avancée, la stratégie nationale
doit être déclinée en plans stratégiques régionaux afin de favoriser des actions appropriées
aux spécificités locales conduites selon une approche visant à mobiliser l’ensemble des
acteurs. Le service central étant en charge de la mission de normalisation veillera à établir les
plans, les règles et procédures de management, de coordination et de contrôle. La stratégie
devra mettre en place un comité de pilotage de la stratégie pour donner vie à l’évaluation
continue et un comité technique pour baser les décisions sur des données probantes.
En parfaite harmonie avec les recommandations de l’OMS portant sur les problèmes
de santé des adolescents et le positionnement du secteur de la santé par rapport à cette
population, le présent cadre construit et propose le cadrage global de l’action en faveur de la
santé des adolescents et des jeunes.
Source : Modèle construit et inspiré du document « La santé pour les adolescents du monde : une deuxième
chance pour la deuxième décennie ; Sommaire » [Link]/adolescent/second-decade
28
Ce cadre a été utilisé également pour identifier les différentes actions et interventions
possibles en rapport avec les acteurs et les niveaux, ce qui a permis par la suite de stratifier
les domaines d’action stratégiques.
C. POPULATIONS CIBLES
Les professionnels ONG
Populations Les
Les parents de l’éducation, de la Acteurs
cibles professionnels de
et tuteurs jeunesse et sport, et communautaires
intermédiaires santé
Autres….
Population cible
ultime ADOLESCENTS ET JEUNES DE 10 à 24 ANS
29
G. DOMAINES D’ACTION STRATEGIQUES
Les domaines ont été formulés en regroupant les interventions nécessitant des compétences
et un savoir-faire particulier et distinct. Ainsi, quatre domaines d’actions stratégiques ont
été identifiés :
1. Renforcement de l’engagement politique pour un environnement favorable à la
mise en œuvre de la Stratégie Nationale de la Santé des Adolescents et des Jeunes ;
2. Développement d’une offre de services de qualité, efficaces, adaptés et centrés sur
l’adolescent ou le jeune ;
3. Amélioration de la gouvernance y compris la participation des jeunes ;
4. Développement et diffusion du capital de connaissances et de l’information
stratégique dans le domaine de la santé des adolescents et des jeunes.
Figure 2 : Domaines d’actions stratégiques de la SNSAJ
La mise en œuvre de la stratégie nationale de la santé des adolescents et des jeunes est
confrontée à des défis multiples liés à la nature de la problématique sanitaire en rapport avec
cette population et à la multiplicité des intervenants sanitaires et extra-sanitaires concernés.
Relever ces défis nécessite un fort engagement politique qui doit se traduire par un appui
institutionnel et financier important à même de garantir l’accès à des services de qualité et
de mobiliser l’ensemble des parties prenantes et un haut niveau de coordination.
Des efforts de plaidoyer ciblant les politiques aux niveaux national et décentralisé et
l’ensemble des acteurs institutionnels et communautaires s’avèrent nécessairement indiqués
pour donner plus de visibilité à la stratégie et créer une dynamique de participation et de
mobilisation en faveur de la santé des adolescents et des jeunes.
30
Une approche visant à faire converger toutes les politiques publiques ciblant les adolescents
et les jeunes vers un objectif sanitaire doit être adoptée à travers une action combinée
et coordonnée entre les services de santé et les autres secteurs dans le but de réduire les
facteurs de vulnérabilité et d’agir sur les déterminants sociaux, économiques, culturels et
environnementaux en lien avec la santé des adolescents et des jeunes.
Domaine de résultat 1 : Communication, Plaidoyer et mobilisation sociale autour
de la santé des adolescents et des jeunes réalisés
Action 1 Elaboration d’une cartographie d’acteurs cibles du plaidoyer
Elaboration et mise en œuvre d’un plan de plaidoyer en faveur de la SAJ par
Action 2
acteur
Constitution d’un réseau de jeunes journalistes et influenceurs en faveur de
Action 3
la SNSAJ
Sensibilisation des élus des collectivités territoriales sur les projets en faveur
Action 4
de la santé des adolescents et des jeunes et ses déterminants
Action 5 Sensibilisation des ONG de jeunes et des ONG thématiques
Elaboration des outils de plaidoyer en faveur des responsables provinciaux et
Action 6
locaux en faveur de la SAJ
Elaboration et mise en œuvre d’un plan de communication institutionnelle
Action 7
autour de la SAJ
Action 8 Promotion de la SAJ auprès du grand public
31
DAS II : Développement d’une Offre de services de qualité, efficaces, adaptés et centrés
sur l’adolescent et le jeune.
La réponse aux besoins de santé des adolescents et des jeunes dans le cadre de cette
nouvelle stratégie nécessitera la consolidation de l’offre existante et son extension pour
couvrir l’ensemble du territoire. L’action visera à conférer aux espaces santé jeunes une place
centrale dans la dynamique de l’offre de soins pour adolescents et jeunes en orientant leur
mission vers le pilotage/animation de la promotion de la santé au niveau des Provinces
et Préfectures et de renforcer le rôle des structures de soins de santé primaire à travers
l’implantation d’un paquet minimum de services intégrés et adaptés aux besoins de cette
population en conformité avec les principes de qualité, de ciblage des vulnérabilités et de
participation.
32
Domaine de résultat 3 : L’offre de service au profit des adolescents et des jeunes
adaptée
Définition et implantation d’un paquet minimum de services intégrés,
Action 1
adaptés et ciblés destinés aux A/J au niveau du réseau des ESSP
Amélioration du système d’orientation recours des A/J à travers une action de
Action 2
sensibilisation et de réseautage impliquant le SRES et les assistantes sociales
Révision des modalités et des cibles de la visite médicale systématique en
Action 3
milieu scolaire et universitaire
33
Domaine de résultat 1 : Cadre institutionnel renforcé et leviers de performance activés
Institutionnalisation et opérationnalisation des instances de gouvernance de
Action 1
la SNSAJ
Action 2 Renforcement des RH en effectif et en qualité
Action 3 Amélioration et diversification du budget alloué à la SNSAJ
Développement des interventions numériques en santé en matière de santé
Action 4
des adolescents et des jeunes y compris la télémédecine et la M-health
Territorialisation des actions de la SNSAJ via leur ancrage dans les contrats
Action 5
de performance
Action 6 Favoriser l’intégration du secteur privé dans les actions en faveur des A/J
Action 7 Dynamisation du partenariat national et international en faveur des A/J
Action 8 Développement des approches participatives et communautaires
34
Domaine de résultat 1 : Besoins en rapport avec les insuffisances observées sur le
territoire et les attentes de la population définis
Intégration des données relatives à la Santé des A/J dans les enquêtes
Action 1
nationales de population
Réalisation d’une étude nationale de base regroupant les thématiques
Action 2
pertinentes relatives à la santé des adolescents et des jeunes
Capacitation des acteurs au niveau local pour mener des études y compris
Action 3
les sondages en ligne
35
36
ANNEXE : CADRE LOGIQUE
- Nombre d’initiatives par acteur - Rapports d’activités La population cible est souvent
et par année en faveur de la SAJ - Nouveau document de considérée à tort en « bonne
- Circulaire positionnant la DSSU référence du PNSSU santé ».
comme point focal de la SAJ au - Relevé des initiatives
DR3 : leadership renforcé MSPS élaborée prises au niveau central et
à tous les niveaux de - PNSSU révisé territorial.
prise de décision et de - Outils de formation élaborés
mise en œuvre - Effectif de formateurs régionaux
formés
- Effectif de personnes formées au
niveau locorégional.
37
DAS / DR Indicateurs objectivement Sources de vérification Hypothèses et risques
vérifiables
38
DAS II : Développement d’une Offre de services de qualité, efficaces, adaptés et centrés sur l’adolescent ou
le jeune
Objectifs Stratégiques :
_ Développer une offre de soins et de services de prévention et de prise en charge médicale et psychosociale équitable
et de qualité à tous les adolescents et aux jeunes ;
_ Contribuer à réduire la prévalence des principaux facteurs de risque chez les adolescents et les jeunes .
- Taux de couverture des provinces - Rapports d’activités Engagement politique
et préfectures du Royaume par les - Document normatif des ESJ renforcé.
DR1 : Structures de soins ESJ révisé
- Couverture des villes universitaires - Document normatif des CMU
au profit des adolescents
par les CMU - Rapport sur la mise en œuvre
et jeunes redéfinies,
- Cadre normatif de la mission et du des plans conjoints .
réorganisées et réparties paquet de prestations des ESJ révisé
équitablement - Nombre des ESJ construits/an ;
- Cadre normatif d’organisation et de
fonctionnement des CMU élaboré.
DR2 : Paquet complet de - Nombre de plans d’action - Rapport d’activités Adhésion des
soins et services destinés thématiques mis en place - Application SREC responsables régionaux.
aux A/J au niveau des - Nombre de manuels et de guides - Santé en chiffres .
édictés par thématique .
structures de santé
implanté
- Nombre d’ESSP ayant implanté - Document du PMS
effectivement le PMS de la SAJ - Circulaire ministérielle relative
DR3 : L’offre de service - Filière de soins pour A/J définie . à la filière de soins
au profit des adolescents - Rapport d’activité de l’opération
et des jeunes adaptée de dépistage et de traitement des
problèmes de santé en milieu
scolaire .
DAS / DR Indicateurs objectivement vérifiables Sources de vérification Hypothèses et risques
39
et des jeunes en matière de
promues communication.
DAS / DR Indicateurs objectivement Sources de vérification Hypothèses et risques
vérifiables
40
DAS III : Amélioration de la gouvernance y compris la participation des jeunes
Objectifs Stratégiques :
_ Améliorer le leadership et les mesures de coordination pour la mise en œuvre de la stratégie nationale de la santé des
adolescents et des jeunes ;
_ Favoriser la participation effective des jeunes et de la communauté pour garantir l’efficacité et l’efficience des
programmes de santé ciblant les adolescents et les jeunes .
- Instances de pilotage mises en place et opérationnelles - Rapports d’activités Engagement
- Nombre de réunions d’instances de gouvernance - Document normatif politique renforcé.
- Nombre des RH impliquées dans la SAJ / Nombre des ESJ révisé
total de RH recrutées durant l’année - Document normatif
- Nombre de RH formées en SAJ durant l’année / des CMU
nombre total des RH - Rapport sur la mise
- Outils de formation élaborés et validés en œuvre des plans
- Effectif de formateurs en SAJ formés conjoints .
DR1 : Structures de - Effectif de Professionnels de Santé formés/ nombre
soins au profit des des PS
- Accroissement de la part du budget alloué à la SNSAJ
adolescents et jeunes
- Part du budget de l’Etat dans le budget total
redéfinies, réorganisées - Nombre d’applicatifs développés dans le domaine de
et réparties la SAJ
équitablement. - Nombre d’interventions en santé numérique mises
en place
- Taux d’utilisation du site [Link]
- Plans d’action régionaux et provinciaux de la SNSAJ
élaborés
- Nombre de conventions de partenariat signées avec
le secteur privé
- Accroissement annuel des ressources allouées à la
SNSAJ .
DAS / DR Indicateurs objectivement Sources de vérification Hypothèses et risques
vérifiables
- Cadre juridique actuel évalué -Rapport d’évaluation du
DR2 : Développer le - Nombre de propositions transmises cadre juridique
cadre juridique en faveur à la Direction de la réglementation - Rapport d’activités.
de la SAJ et du Contentieux par an .
41
DAS / DR Indicateurs objectivement Sources de vérification Hypothèses et risques
vérifiables
42
DAS IV : Développement et diffusion du capital de connaissances et de l’information stratégique dans le
domaine de la SNSAJ
Objectifs Stratégiques :
_ Développer et exploiter le capital de connaissances relatives à la santé des adolescents et des jeunes dans le
management des prestations de services.
_ Contribuer au développement des compétences des adolescents et des jeunes pour une participation responsable et
un comportement sain en matière de santé.
DR1 : Besoins - Nombre d’enquêtes nationales réalisées - Rapport d’activités. Engagement affiché
en fonction des intégrant les données relatives à la SAJ des universitaires pour
insuffisances observées - Nombre d’études nationales réalisées la recherche dans ce
sur le territoire et intégrant les données relatives à la SAJ domaine.
les attentes de la - Nombre d’acteurs formés à l’identification
population définis des besoins locaux.
43
Improving healthcare infrastructure along with educational initiatives is crucial for effectively addressing mental health and substance use issues among adolescents. Structural improvements in healthcare, such as providing integrated health services specifically tailored to adolescents and enhancing the availability of mental health resources, are vital . Education initiatives, such as comprehensive sex education and awareness programs about mental health and substance abuse, play a significant role. These programs can reduce stigma and teach adolescents about healthy coping strategies and the risks associated with substance use . Combining these two approaches ensures a comprehensive framework that promotes early intervention, continuous support, stigma reduction, and healthy lifestyle choices among adolescents .
Socio-cultural factors significantly influence adolescent mental health and substance abuse. In many regions, early initiation of substance use is linked with cultural norms and peer pressure coming from the societal context where psychoactive substance use may be normalized among adolescents. The lack of awareness and stigma surrounding mental health means that many young people do not receive the necessary support and treatment. For instance, in Morocco, there is a notable prevalence of underage drinking and illicit drug use, partially due to adolescents' perceptions of alcohol's risk being low . Additionally, cultural stigmas around mental illness can prevent adolescents from seeking help, which affects early intervention measures, thus exacerbating mental health issues among this group .
Globally, suicide and trauma are major causes of death among young people, with nearly 800,000 suicides occurring annually. Depression is a leading cause of illness and disability in adolescents, and about half of adult mental health disorders begin by age 14, but most cases go undetected. In Morocco, 16% of students aged 13 to 17 have seriously considered suicide, with a higher prevalence among girls (17.9%) compared to boys (14%). Substance use is another significant issue, with substantial alcohol and drug consumption among teenagers. Approximately 13.5% of Moroccan students have smoked tobacco, and a notable percentage have consumed alcohol . Globally, traffic accidents and violence, including interpersonal and sexual violence, are also leading causes of morbidity and mortality among adolescents . In Morocco, a high percentage of students report experiencing significant physical injuries, often from road accidents .
Identified gaps in adolescent health services include inadequate mental health resources, limited access to comprehensive sexual and reproductive health services, and insufficient integration of services across sectors. Morocco plans to address these gaps by enhancing the availability and quality of health services specifically tailored for adolescents, improving access to sexual and reproductive health education, and structuring health services to address both physical and mental health needs comprehensively . The national strategy outlines creating more targeted interventions, integrating health services with social support frameworks, and ensuring equity in service distribution across regions to overcome these gaps and improve the coverage and effectiveness of adolescent health services .
Advocacy and social mobilization are crucial for enhancing adolescent health strategies because they help in building political commitment, raising public awareness, and engaging multiple stakeholders to unify efforts and resources. They support the creation of conducive environments for policy implementation and ensure community involvement, thereby making health interventions more sustainable and tailored to the needs of adolescents. Strategic documents recommend targeted advocacy plans, community-based interventions, and the involvement of influencers and media to maximize reach and impact . Such initiatives improve the visibility and effectiveness of health programs and policies .
Various strategies have been proposed to enhance adolescent health services, including the development of a comprehensive approach to integrate health services with social services. This includes strengthening political commitment for an enabling environment for implementing the National Strategy for Adolescent Health; enhancing the quality and adaptability of services to focus on adolescents; improving governance with youth participation; disseminating strategic information on adolescent health, and creating awareness and advocacy for social mobilization . Additionally, developing an integrated health care system with robust monitoring and evaluation mechanisms can support timely and data-driven decisions in adolescent health . Collaboration with NGOs, the private sector, and community-led actions are crucial to enrich this health framework .
To improve adolescent health in Morocco, intersectoral measures include developing comprehensive action plans that address social determinants of health, enhancing coordination between health services and other sectors such as education, and establishing governance frameworks that enable multi-sectoral collaboration. This includes integrating health services into broader social service networks and mobilizing resources across sectors to create a unified approach to addressing factors like socio-economic status, education access, and public health education . Such strategies also involve engaging non-health sectors in health-promoting activities, fostering community participation, and ensuring that the strategies are supported by robust data and research .
The governance structure to support adolescent health is proposed to be redefined by enhancing participation at all levels of health decision-making, ensuring intersectoral coordination, and promoting youth leadership in health initiatives. This includes positioning the Directorate of Student and School Health (DSSU) as a central coordinating body, revising national health strategy directives, and fostering active youth involvement in health initiatives . It also involves developing shared governance mechanisms that tie health strategies to educational and social programs, strengthening human resources, and empowering local health facilities to address specific needs of adolescents and young adults .
Violence during adolescence has significant long-term health impacts, including higher risks of physical injuries, mental health disorders, and reduced social functioning. It can lead to chronic health conditions, poor educational outcomes, and increased exposure to risky behaviors, including substance abuse. Among Moroccan youths, violence is prevalent, with many students experiencing grave injuries, often from road accidents, and a substantial number reporting harassment and bullying . The prevalence of interpersonal and sexual violence among adolescents can contribute to various negative health outcomes, including trauma and increased likelihood of substance use and sexual health issues .
Early substance use is associated with a higher risk of developing dependency disorders in adulthood, as it often leads to escalation in quantity and frequency of use. Among Moroccan youths, substance use is notably prevalent, with substances like tobacco and alcohol being common. According to national surveys, 13.5% of students aged 13 to 17 have used tobacco, and significant proportions have consumed alcohol . Young people are exposed to the risk of substance dependence as they transition into adulthood, leading to a range of health, social, and legal issues .