Chapitre II pollution marine
Chapitre II :
POLLUTION MARINE
I-PRESENTATION DE LA POLLUTION MARINE
La pollution marine est l’introduction directe ou indirecte, de déchets de substances ou
d’énergie où est susceptible d’entrainer des effets nuisibles pour les ressources vivantes, les
écosystèmes marines et notamment en appauvrissement de la biodiversité ainsi des risque
pour la vie humaine en conséquence de l’activité de ce dernier. Cette pollution arrive dans le
milieu marin par le vecteur des voies fluviales, des vents, de l’air en basse altitude ou
directement rejetée à la mer. La pollution marine résulte de diverses sources :
I-1- Pollution d’origine terrestre
Selon le PNUE, environ 80% des pollutions sont d’origine terrestre (produites par
l’homme) dont une grande part des substances toxique émises ou présentes dans un bassin
versant finissent par rejoindre la mer à l’aide des fleuves, des canaux ou lagunes. Ces toxiques
sont d’origines :
Industrielle: les hydrocarbures, les métaux lourds, substances chimiques,
radionucléides…etc.
Agricole: les nutriments, engrais, pesticides…etc.
Chapitre II pollution marine
Les déchets solides et liquides, résidus d’installations de traitement des eaux usées,
polluants contenus dans les eaux de ruissellement…etc.
Des substances a priori non-nocives dès lors que les quantités introduites dans le
milieu marin dépassent la capacité d’absorption de ce dernier.
Exemple : les particules d’argiles ou autre minéraux ainsi que le cas des nutriments
massivement perdus par l’agriculture intensive ou par les stations d’épuration.
I-2- Pollution d’origine atmosphérique
Il existe divers échanges permanents entre l’air et la mer, l’air peut céder au milieu
marin certains polluants (particules en suspension, vapeurs et autres substances gazeuses)
essentiellement du fait des précipitations atmosphériques (sèches ou humides). Le bio-film
épais de quelque micros et qui se forme sur la surface de l’eau quand elle n’est pas agitée peut
concentrer certains polluants.
I-3- Pollution d’origine naturelle
La pollution marine peut résulte aussi des sources naturelles:
Les volcans
Incendie des forets
I-4- Pollution d’origine humaine
Toutes les activités humaines littorales et maritimes sont susceptibles de générer des
pollutions chroniques ou aigués, involontaires accidentelles ou volontaires. Les plates-formes
de recherche ou d’exploitation pétrolière, les gravières sous-marines ou les dragages ou
encore les installations aquacole sont des sources de rejets polluants.
Chapitre II pollution marine
I-5- Pollution d’origine radioactive
Un fond radioactif existe en milieu marin de 10Bq/l dont il est plus ou moins important
selon les régions. Notamment à proximité des zones de volcanisme souterrain. Divers sources
artificielles s’ajoute au fond radioactif naturel:
retombées des essais nucléaires
rejets de centrales nucléaires et des usines de retraitement nucléaire
fuites à partir de déchets nucléaires immergées dans des fosses
fuites à partir de sous-marins nucléaire coulés
I-6- Pollution d’origine trafic maritime
Une part longtemps sous-estimé a été celle des sources motorisées circulant sur l’océan.
Les navires sont notamment responsables de pollution acide, dont une étude récente a
confirmé que les fumées et gaz émis par ces navires augmentent l’acidité des pluies sur les
littoraux. La majorité de la pollution provient des navires qui déversent des résidus de pétrole
en mer après avoir nettoyé leurs cuves. Le naufrage de ces navires qui peuvent contenir
plusieurs dizaines de milliers de tonnes de produits pétroliers et à la suite d’un accident, la
coque du navire se perce et les produits pétroliers qu’il contient se déversent dans l’eau ce qui
provoque ce qu’on appelle les marées noires.
II- MAREES NOIRES
II-1- Définition
Marée noire, expression inventée à l’occasion du naufrage du TORREY CANYON
(1967) par un journaliste du TELEGRAMME DE BREST, donc c’est le déversement en mer
de grandes quantités de produits pétroliers (pétrole, fioul ou mazout) qui forment des nappes.
Ces nappes sont transportées par la mer et viennent s’échouer sur les côtes. Une marée noire
est une catastrophe industrielle et écologique.
Les naufrages des pétroliers sont dus à une collision avec un autre bateau ou avec des
rochers, ou au mauvais entretien du bateau. C’est le cas par exemple du pétrolier ERIKA, qui
s’est cassé en deux en pleine mer en 1999, au large de la Bretagne.
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II-2- Historique
Au début des années 1970 on évaluait à près de 3,8 millions de tonnes d’hydrocarbures
répandue dans le milieu marin, la part des navires à prés 1,4 millions de tonnes.
Au début des années 2000 on considère que se sont encore 3 millions de tonnes
d’hydrocarbures mais que les navires ne sont plus à l’origine qu’en moyenne de 300 000
tonnes.
En 2003 les cargaisons d’hydrocarbures sont arrivées à destinations sans incident dans
99,9997% des cas.
II-3- Différentes origines des marées noires
Environ 90% d’hydrocarbures qu’on trouve en mer a trois origines différentes:
pollution industrielle et domestique
pollution des activités d’extraction du pétrole off-shore
pollution naturelle est celle provenant de certaines fissures dans les fonds marins
II-4- Principales marées noires
Les grandes marées noires sont des événements spectaculaires et tragiques qui jalonnent
l’histoire du transport maritime d’hydrocarbures,
la tête du puits sous-marin d’IXTOC 1, dans le golfe du Mexique où 600 000 tonnes
de pétrole brut se sont déversées dans l'océan entre juin 1979 et mars 1980
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Le sabotage du terminal pétrolier Koweïtien Mina Al Ahmadi par l'Irak durant la
guerre de 1991 et l'incendie de 732 puits de pétrole, environ 20 millions de tonnes de
pétrole furent déversé dans le sol et en mer.
II-5- Décomposition des nappes et du pétrole
Les hydrocarbures déversés dans l’environnement marin sont progressivement
décomposés par des processus physiques, chimiques et biologiques. Toute nappe de pétrole
qui se répand à la surface de la mer commence par se diviser en lambeaux parallèles, dans
l’axe du vent dominant.
À ce stade, l’évaporation du pétrole est rapide, ses composés volatils s’évaporant en
l’espace d’une journée (les nappes de fioul léger peuvent même disparaître de moitié en
quelques heures), alors que les résidus plus lourds se dispersent dans l’eau sous forme de
gouttelettes. Cette émulsion résiduelle est la plus polluante (dans les cas les plus graves, elle
forme à la surface une « mousse au chocolat ») : sa lente décomposition incombe aux
bactéries et autres micro-organismes du milieu marin.
La chaîne de destruction du pétrole, et la vitesse de celle-ci, dépendent de l’état de la
mer, de la température et des conditions climatiques, et du type d’hydrocarbure. Ainsi, lorsque
le pétrolier Braer a fait naufrage sur la côte des îles Shetland, en janvier 1993, laissant
échapper 85 000 t de pétrole, les dégâts ont été limités aux élevages piscicoles et aux
populations locales d’oiseaux de mer, parce que la nappe de pétrole léger fut morcelée et
dispersée par un fort vent de terre et une mer houleuse.
II-6- Les conséquences d’une marée noire sur l’environnement
II-6-1- impact écologique
Dans la zone touchée par la marée noire, le pétrole provoque la mort de beaucoup
d’animaux et de plantes, dans la mer et sur les côtes. Il est nocif pour les algues et le plancton,
les poissons, les crustacés, les mammifères marins et les oiseaux marins.
Ainsi, le naufrage du Prestige au large de l’Espagne, en 2002, a causé la mort d’environ
250 000 oiseaux marins (des mouettes, des pingouins, des macareux, des guillemots, des
goélands, etc.). Il faut parfois plusieurs dizaines d’années pour que les effets d’une marée
noire disparaissent complètement.
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II-6-2- impact économique
Parmi les conséquences économiques des marées noires on trouve se qui suit:
Déficit d’image pour les sites touristiques
Contamination des richesses maritime
Le nettoyage des navires est très couteux
II-6-3- impact sanitaire
Ici on site:
Produits dangereux par inhalation et par contact avec la peau
Dépôt de nombreux déchets sur les zones côtières
III- ACCIDENT ET ISOLATION
III-1- Accidents de navires pétroliers
De gros déversements peuvent être causés par le trafic maritime suite à l'échouage d'un
pétrolier, à la collision avec d'autres navires, à des explosions et des incendies de cargaisons.
Les avaries techniques et les erreurs humaines sont les causes les plus courantes.
Mais dans certaines conditions extrêmes, dans le mauvais temps et quand les vaisseaux sont
mal entretenus, vieux et fatigués, ils se brisent tout simplement en deux.
III-2- Accidents de production de pétrole offshore
Les accidents causés par de gros déversements de pétrole impliquant des installations de
pétrole offshore peuvent être provoqués par différents facteurs. Les jaillissements de gisement
ou les ruptures de pipeline sont les plus connus. Un jaillissement ou une 'perte de contrôle de
gisement peut arriver si une plateforme de forage rencontre une poche de pétrole sous-marine
avec une pression géologique excessive ou par des avaries techniques et des erreurs humaines.
Chapitre II pollution marine
III-3- Les phases du processus
Après la pollution par les hydrocarbures, trois phases principales se déroulent :
une phase initiale d’extension de la pollution en surface et en profondeur avec forte
mortalité des organismes vivants. Sa durée est en général le double de celle du
déversement des produits pétroliers ;
une phase de stabilisation du niveau de contamination des différents ensembles
touchés (eau de mer, roche en place, cohérente ou meuble, organismes vivants) qui
peut durer de quelques mois à plus d’un an ;
une phase de recolonisation et de restructuration des peuplements, aux rythmes
variables suivant les ensembles bioclimatiques.
III-4- Comment nettoie-t-on les côtes
Il existe plusieurs façons de nettoyer les côtes souillées par des marées noires :
manuellement, avec des outils comme des pelles ou bien à la main (avec des gants) ;
avec des filets tirés sur la plage ou des bulldozers pour ramasser beaucoup de
polluants d’un coup ;
Dans la lutte contre les marées noires, l’une des méthodes utilisées consiste à
vaporiser des agents dispersants sur la nappe de pétrole. Mais l’expérience a montré
que les dispersants eux-mêmes, ou les émulsions qu’ils forment, peuvent s’avérer plus
toxiques que le pétrole, et font périr de nombreux animaux (couteaux, patelles,
balanes, huîtres, etc.). La méthode préconisée aujourd’hui est de contenir la nappe par
des barrages flottants et de la récupérer physiquement à l’aide d’écumeurs.
On a encore recours aux agents dispersants dans les seuls cas où des nappes sont sur le
point d’atteindre le rivage. De même, lorsque le pétrole a atteint une plage, un
ramassage physique est préférable à l’usage d’agents dispersants, qui risquent de
diluer le pétrole en profondeur dans le sable.
Une autre solution en cours d’étude relève des biotechnologies : elle consiste à
répandre sur le pétrole des cultures bactériennes qui décomposent les hydrocarbures.
Cette solution présente l’inconvénient d’introduire dans l’écosystème marin des
colonies de micro-organismes et des nutriments biochimiques qui peuvent eux-mêmes
être nuisibles et porter préjudice à la qualité de l’eau.
Chapitre II pollution marine
Après un naufrage, il est difficile d’empêcher le pétrole de s’échapper d’un pétrolier. On
peut parfois tenter de pomper le pétrole directement dans les cuves du bateau naufragé ou
utiliser des barrages flottants pour entourer les nappes et empêcher leur progression. Malgré
les moyens mis en œuvre, pourtant, la plus grosse partie du pétrole parvient à atteindre les
côtes. Le seul moyen d’éviter les marées noires est la prévention : contrôler l’état des
pétroliers et empêcher les navires en mauvais état de prendre la mer. Il est également possible
de transporter le pétrole autrement que par des bateaux, par de gros tuyaux (oléoducs ou
pipelines) construits sur la terre ou sous l’eau, mais cette solution coûte cher.
Cependant, cette pollution de type organique évolue essentiellement de façon naturelle,
par évaporation, photo-oxydation, dépôt puis lente dégradation. En milieu tempéré, six à dix
ans sont nécessaires à une remise en état après catastrophe.
IV- CONCLUSION
Le milieu marin en manière générale par rapport à son volume et son vulnérabilité est
réellement menacé par l’activité humaine. Cette activité a conduit à l’augmentation de la
dangerosité sur l’écosystème et la biodiversité.
Mais la communauté internationale a pris conscience de la dangerosité de la pollution
marine et a adopté au niveau international et régional des normes pour le protéger.