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Chapitre 8

Nombres réels

Sommaire
I L’ensemble des réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
1) Rappels sur les rationnels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
2) Opérations et ordre sur les réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
II Borne inférieure, borne supérieure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
1) Propriété fondamentale de l’ensemble des réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
2) Intervalles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
3) La droite numérique achevée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
4) Voisinages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
III Approximation d’un réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
1) Valeur absolue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
2) Partie entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
3) Approximations décimales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
IV Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92

L’existence des ensembles ℚ et ℝ est admise.

I L’ENSEMBLE DES RÉELS

1) Rappels sur les rationnels


𝑝
Un rationnel est un réel de la forme 𝑝𝑞 −1 (ou 𝑞 ) où 𝑝 et 𝑞 sont deux entiers avec 𝑞 ≠ 0. L’ensemble
des rationnels est noté ℚ. Tout rationnel peut s’écrire de différentes manières sous forme de fractions,
𝑝 2𝑝 −𝑝
par exemple : 𝑞 = 2𝑞 = −𝑞 . Mais tout nombre rationnel s’écrit de manière unique sous forme de
𝑝
fraction irréductible, c’est à dire sous la forme 𝑞 avec 𝑝 ∈ ℤ, 𝑞 ∈ ℕ∗ et avec 𝑝 et 𝑞 premiers entre eux
(i.e. sans autres diviseurs communs que 1 et -1).
Opérations sur les rationnels
𝑝 𝑎𝑞+𝑏𝑝 𝑝 𝑎𝑝
On rappelle que : 𝑞 + 𝑏𝑎 = 𝑏𝑞 et 𝑞 × 𝑏𝑎 = 𝑏𝑞 . L’addition et la multiplication sont donc des lois de
composition internes dans ℚ, on vérifie que (ℚ, +, ×) est un corps commutatif. On vérifie également
que (ℚ, +), (ℚ∗ , ×) et (ℚ∗+ , ×) sont des groupes commutatifs.
L’ensemble des rationnels est insuffisant
En termes d’approximations numériques, ℚ peut paraître suffisant en sciences appliquées. Le
problème se pose lorsqu’on a besoin de connaître la valeur exacte de certaines grandeurs. Par exemple,
peut - on mesurer dans ℚ la longueur de la diagonale d’un carré de côté 1 ? D’après le théorème de
Pythagore ¹, cela revient à se demander s’il existe un rationnel dont le carré est égal à 2, or nous avons
déjà établi que la réponse est négative (√2 ∉ ℚ).
Cette lacune de ℚ avait été remarquée par les Pythagoriciens, ce qui a conduit les mathématiciens
à introduire de nouveaux nombres, les irrationnels, en concevant un ensemble plus vaste que ℚ,
l’ensemble des nombres réels noté ℝ.
1. PYTHAGORE De Samos (569 av J.-C. – 500 av J.-C. (environ)) : mathématicien et philosophe grec dont la vie et l’œuvre
restent entourées de mystères.

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Borne inférieure, borne supérieure Chapitre 8 : Nombres réels
2) Opérations et ordre sur les réels
L’ensemble ℝ contient ℚ et possède une addition et une multiplication (qui prolongent celles de
ℚ) qui font que (ℝ, +, ×) est un corps commutatif. On admettra également qu’il existe deux parties de
ℝ que l’on note A et B et qui vérifient :
– A et B sont stables pour l’addition.
– ℚ+ ⊂ A et ℚ− ⊂ B.
– ℝ = A ∪ B.
– A ∩ B = {0}.
– Si 𝑥, 𝑦 ∈ A alors 𝑥𝑦 ∈ A, si 𝑥, 𝑦 ∈ B alors 𝑥𝑦 ∈ A et si 𝑥 ∈ A et 𝑦 ∈ B, alors 𝑥𝑦 ∈ B (règle des
signes).
On définit alors une relation ℛ dans ℝ en posant : ∀ 𝑥, 𝑦 ∈ ℝ, 𝑥ℛ𝑦 ⟺ 𝑥 − 𝑦 ∈ B. Cette relation
est :
– Réflexive : ∀ 𝑥 ∈ ℝ, 𝑥ℛ𝑥.
– Antisymétrique : si 𝑥ℛ𝑦 et 𝑦ℛ𝑥 alors 𝑥 = 𝑦.
– Transitive : si 𝑥ℛ𝑦 et 𝑦ℛ𝑧, alors 𝑥ℛ𝑧.
Le relation ℛ est donc une relation d’ordre sur ℝ. On la notera désormais ⩽, c’est à dire que 𝑥ℛ𝑦
sera noté 𝑥 ⩽ 𝑦 (i.e. 𝑥 − 𝑦 ∈ B).
On remarquera que 𝑥 ⩽ 0 signifie que 𝑥 ∈ B, et que 0 ⩽ 𝑥 signifie que −𝑥 ∈ B et donc 𝑥 ∈ A
car 𝑥 = (−1)(−𝑥) : produit de deux éléments de B. D’autre part, si 𝑥 ∈ A et 𝑦 ∈ B, alors 𝑥 ⩽ 𝑦 car
𝑦 − 𝑥 = 𝑦 + (−𝑥) : somme de deux éléments de B.
Si 𝑥 et 𝑦 sont deux réels quelconques, on a 𝑥 − 𝑦 ∈ A ou 𝑥 − 𝑦 ∈ B, c’est à dire 𝑥 − 𝑦 ∈ B ou 𝑦 − 𝑥 ∈ B,
c’est à dire encore 𝑥 ⩽ 𝑦 ou 𝑦 ⩽ 𝑥. Deux réels sont donc toujours comparables, l’ordre est total.
Notation : On pose A = ℝ+ et B = ℝ− .

Théorème 8.1
La relation d’ordre ⩽ est :
• Compatible avec l’addition, c’est à dire :
∀ 𝑥, 𝑦, 𝑧 ∈ ℝ, si 𝑥 ⩽ 𝑦 alors 𝑥 + 𝑧 ⩽ 𝑦 + 𝑧.
• Compatible avec la multiplication par un réel positif :
∀ 𝑥, 𝑦, 𝑧 ∈ ℝ, si 0 ⩽ 𝑧 et 𝑥 ⩽ 𝑦, alors 𝑥𝑧 ⩽ 𝑦𝑧.

Preuve : Si 𝑥 ⩽ 𝑦, alors 𝑥 − 𝑦 ∈ ℝ− , mais (𝑥 + 𝑧) − (𝑦 + 𝑧) = 𝑥 − 𝑦, donc (𝑥 + 𝑧) − (𝑦 + 𝑧) ∈ ℝ− i.e. 𝑥 + 𝑧 ⩽ 𝑦 + 𝑧. Si


0 ⩽ 𝑧 et 𝑥 ⩽ 𝑦, alors 𝑥 − 𝑦 ∈ ℝ− donc 𝑧(𝑥 − 𝑦) ∈ ℝ− , i.e. 𝑧𝑥 ⩽ 𝑧𝑦. On remarquera que si 𝑧 ⩽ 0 alors 𝑧(𝑥 − 𝑦) ∈ ℝ+
donc 𝑧𝑦 ⩽ 𝑧𝑥, l’inégalité change de sens. □

Conséquences
– Si 𝑥 ⩽ 𝑦 et 𝑎 ⩽ 𝑏, alors 𝑥 + 𝑎 ⩽ 𝑦 + 𝑏.
– Si 0 ⩽ 𝑥 ⩽ 𝑦 et 0 ⩽ 𝑎 ⩽ 𝑏 alors 0 ⩽ 𝑎𝑥 ⩽ 𝑏𝑦.

II BORNE INFÉRIEURE, BORNE SUPÉRIEURE

1) Propriété fondamentale de l’ensemble des réels


Soit A une partie non vide de ℝ et soit 𝑎 un réel, on dit que :
– A est majorée par 𝑎 (ou 𝑎 est un majorant de A), lorsque tout élément de A est inférieur ou égal
à 𝑎 : ∀ 𝑥 ∈ A, 𝑥 ⩽ 𝑎.
– A est minorée par 𝑎 (ou 𝑎 est un minorant de A), lorsque tout élément de A est supérieur ou égal
à 𝑎 : ∀ 𝑥 ∈ A, 𝑥 ⩾ 𝑎.
– A est bornée, lorsque A est à la fois minorée et majorée : ∃ 𝑚, M ∈ ℝ, ∀ 𝑥 ∈ A, 𝑚 ⩽ 𝑥 ⩽ M.
ZExemples :
𝑥2
– L’ensemble A = { 1+𝑥 2 / 𝑥 ∈ ℝ} est borné (minoré par 0 et majoré par 1).
𝑥2 𝑥2
– L’ensemble A = { 1+|𝑥| / 𝑥 ∈ ℝ} est minoré par 0, mais non majoré (étudier la fonction 𝑥 ↦ 1+|𝑥| ).
Remarque 8.1 –
– A est non majoré équivaut à : ∀ M ∈ ℝ, ∃ 𝑥 ∈ A, 𝑥 > M.
– A est non minoré équivaut à : ∀ 𝑚 ∈ ℝ, ∃ 𝑥 ∈ A, 𝑥 < 𝑚.
– A est borné équivaut à : ∃ M ∈ ℝ, ∀ 𝑥 ∈ A, |𝑥| ⩽ M.

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Borne inférieure, borne supérieure Chapitre 8 : Nombres réels

Définition 8.1
Soit A une partie non vide de ℝ. Si l’ensemble des majorants de A n’est pas vide et s’il admet
un plus petit élément, alors celui-ci est appelé borne supérieure de A et noté sup(A). La borne
supérieure (lorsqu’elle existe) est donc le plus petit des majorants.
Si l’ensemble des minorants de A n’est pas vide et s’il admet un plus grand élément, alors
celui-ci est appelé borne inférieure de A et noté inf(A). La borne inférieure (lorsqu’elle existe)
est donc le plus grand des minorants.

ZExemples :
– A =]0; 1], l’ensemble des majorants est [1 ; +∞[, celui-ci admet un plus petit élément qui est 1,
donc sup(A) = 1. L’ensemble des minorants de A est ]−∞ ; 0] qui admet un plus grand élément :
0, donc inf(A) = 0.
– A = ]1 ; +∞[, l’ensemble des majorants est vide donc A n’a pas de borne supérieure. L’ensemble
des minorants est ]−∞ ; 1], celui-ci admet un plus grand élément : 1, donc inf(A) = 1.
– Soient 𝑎 < 𝑏 deux réels, si A = [𝑎; 𝑏] ou [𝑎; 𝑏[ ou ]𝑎; 𝑏] ou ]𝑎; 𝑏[, alors comme ci-dessus on montrer
que sup(A) = 𝑏 et inf(A) = 𝑎.

Attention !
On remarquera qu’une borne inférieure (ou supérieure) d’une partie A de ℝ, n’a aucune raison d’appartenir à A.

Voici le lien entre minimum et borne inférieure (ou maximum et borne supérieure) :

Théorème 8.2
Soit A une partie non vide de ℝ et soit 𝑎 un réel :
• 𝑎 = min(A) si et seulement si 𝑎 ∈ A et 𝑎 = inf(A).
• 𝑎 = max(A) si et seulement si 𝑎 ∈ A et 𝑎 = sup(A).

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. □


Il découle de la définition :

Théorème 8.3
Soit A une partie non vide de ℝ et soit 𝑚 un réel, alors :

⎪𝑚 majore A
𝑚 = sup(A) ⟺ ⎨ ⎪∀ε > 0, 𝑚 − ε ne majore pas A, i.e. ∃𝑥 ∈ A, 𝑚 − ε < 𝑥 .


⎪𝑚 minore A
𝑚 = inf(A) ⟺ ⎨ ⎪∀ε > 0, 𝑚 + ε ne minore pas A, i.e. ∃𝑥 ∈ A, 𝑥 < 𝑚 + ε .

Théorème 8.4 (Propriété fondamentale de ℝ (admise))


Toute partie de ℝ non vide et majorée admet une borne supérieure.
Toute partie de ℝ non vide et minorée admet une borne inférieure.

ZExemple : Soit 𝑎 un réel positif, on pose A = {𝑥 ∈ ℝ / 𝑥 2 ⩽ 𝑎}. A est une partie non vide de ℝ car 0 ∈ A,
d’autre part A est majoré par 𝑎 + 1 car 𝑥 > 𝑎 + 1 ⟹ 𝑥 2 > 𝑎 2 + 2𝑎 + 1 > 𝑎. L’ensemble A admet donc
une borne supérieure M. En raisonnant par l’absurde on peut montrer que M2 = 𝑎, par conséquent
M = √𝑎, c’est une définition possible de la fonction racine carrée.

★Exercice 8.1 Soient A et B deux parties de ℝ non vides et bornées telles que A ⊂ B. Montrer que inf(B) ⩽ inf(A) et
sup(A) ⩽ sup(B).

★Exercice 8.2 Soient A et B deux parties de ℝ non vides et majorées, on pose A + B = {𝑎 + 𝑏 / 𝑎 ∈ A, 𝑏 ∈ B}. Montrer
que sup(A + B) = sup(A) + sup(B).

★Exercice 8.3 Soit A = { 𝑛1 + (−1)𝑛 / 𝑛 ∈ ℕ∗ }. Déterminer les bornes supérieure et inférieure de A si elles existent.

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Borne inférieure, borne supérieure Chapitre 8 : Nombres réels
2) Intervalles

Définition 8.2
Soit I une partie non vide de ℝ, on dit que I est un intervalle lorsque : tout réel compris entre
deux éléments de I est lui-même élément de I, c’est à dire :

∀ 𝑥, 𝑦 ∈ I, ∀ 𝑧 ∈ ℝ, 𝑥 ⩽ 𝑧 ⩽ 𝑦 ⟹ 𝑧 ∈ I.

Par convention, ∅ est un intervalle de ℝ.

Théorème 8.5
Si I est un intervalle non vide de ℝ alors on a :
– soit I = ℝ,
– soit I = [𝑎; +∞[ ou I =]𝑎, +∞[,
– soit I =] − ∞; 𝑏] ou I =] − ∞; 𝑏[,
– soit I =]𝑎; 𝑏[ ou I =]𝑎; 𝑏] ou I = [𝑎; 𝑏[ ou I = [𝑎; 𝑏].

Preuve : Le premier correspond à I non borné, le deuxième à I minoré et non majoré, le troisième à I non minoré
et majoré, le quatrième à I borné. □
ZExemple : ℤ n’est pas un intervalle de ℝ car 1, 2 ∈ ℤ mais pas 32 . ℚ n’est pas un intervalle de ℝ.

Théorème 8.6
On a les propriétés suivantes :
– L’intersection de deux intervalles de ℝ est un intervalle de ℝ.
– La réunion de deux intervalles de ℝ non disjoints est un intervalle de ℝ.

Preuve : Soient I et J deux intervalles de ℝ, posons K = I ∩ J. Si K est vide, alors c’est un intervalle. Si K n’est pas
vide, alors soit 𝑥, 𝑦 ∈ K et soit 𝑧 un réel tel que 𝑥 ⩽ 𝑧 ⩽ 𝑦. Comme I est un intervalle contenant 𝑥 et 𝑦, I contient 𝑧,
de même J contient 𝑧, finalement 𝑧 ∈ K et donc K est un intervalle de ℝ.
Supposons I et J non disjoints et soit K = I ∪ J. K est non vide, soit 𝑥, 𝑦 ∈ K et soit 𝑧 un réel tel que 𝑥 ⩽ 𝑧 ⩽ 𝑦.
Si 𝑥 et 𝑦 sont dans I, alors 𝑧 est dans I et donc dans K, de même si 𝑥 et 𝑦 sont dans J. Si 𝑥 est dans I et 𝑦 dans J, soit
𝑡 ∈ I ∩ J, si 𝑧 ⩽ 𝑡, alors 𝑧 est compris entre 𝑥 et 𝑡 qui sont éléments de I, donc 𝑧 ∈ I. Si 𝑡 ⩽ 𝑧, alors 𝑧 est compris
entre 𝑡 et 𝑦 qui sont éléments de J, donc 𝑧 est élément de J. Dans les deux cas on a bien 𝑧 ∈ K et donc K est un
intervalle de ℝ. □

3) La droite numérique achevée


On ajoute à l’ensemble ℝ deux éléments non réels (par exemple 𝑖 et −𝑖), l’un de ces deux éléments
est noté −∞ et l’autre +∞.

Définition 8.3
L’ensemble ℝ ∪ {−∞, +∞} est noté ℝ et appelé droite numérique achevée.

On prolonge la relation d’ordre de ℝ à ℝ en posant pour tout réel 𝑥 : −∞ < 𝑥 < +∞. L’ensemble ℝ
devient ainsi un ensemble totalement ordonné, de plus il possède un maximum (+∞) et un minimum
(−∞).
Pour tout réel 𝑥 on pose :
– (+∞) + 𝑥 = 𝑥 + (+∞) = +∞.
– (−∞) + 𝑥 = 𝑥 + (−∞) = −∞.
– (+∞) + (+∞) = +∞.
– (−∞) + (−∞) = −∞.
– Si 𝑥 > 0 : 𝑥(+∞) = (+∞)𝑥 = +∞ et (−∞)𝑥 = 𝑥(−∞) = −∞.
– si 𝑥 < 0 : 𝑥(+∞) = (+∞) = −∞ et (−∞)𝑥 = 𝑥(−∞) = +∞.
– (+∞)(+∞) = +∞, (−∞)(−∞) = +∞ et (−∞)(+∞) = (+∞)(−∞) = −∞.

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Approximation d’un réel Chapitre 8 : Nombres réels
Remarque 8.2 – On prendra garde au fait que nous n’avons pas défini de loi de composition interne dans ℝ
puisque nous n’avons pas défini 0 × (±∞) ni (−∞) + (+∞). Les règles de calculs définies ci-dessus auront leur
utilité dans le chapitre sur les limites.

4) Voisinages

Définition 8.4
Soit 𝑥 ∈ ℝ, tout intervalle de la forme ]𝑥 − ε; 𝑥 + ε[ où ε > 0 est appelé voisinage de 𝑥 .
Tout intervalle ouvert de la forme ]𝑎; +∞[ (𝑎 ∈ ℝ) est appelé voisinage de +∞ .
Tout intervalle ouvert de la forme ] − ∞; 𝑎[ (𝑎 ∈ ℝ) est appelé voisinage de −∞ .

Théorème 8.7
Soit V1 , V2 deux voisinages de 𝑥 ∈ ℝ, alors V1 ∩ V2 est un voisinage de 𝑥. Soit 𝑎, 𝑏 ∈ ℝ, si 𝑎 < 𝑏
alors il existe un voisinage V de 𝑎 et un voisinage V′ de 𝑏 tels que ∀𝑥 ∈ V et ∀𝑦 ∈ V′ , 𝑥 < 𝑦.

Preuve : Celle - ci est simple et laissée en exercice. □

Définition 8.5
Soit P(𝑥) une proposition dépendante de 𝑥 ∈ ℝ, et soit 𝑎 ∈ ℝ, on dit que la propriété P est vraie
au voisinage de 𝑎 lorsqu’il existe au moins un voisinage V de 𝑎 tel que :

∀ 𝑥 ∈ V, P(𝑥) est vraie.

ZExemple : Soit 𝑓(𝑥) = 𝑥 2 + 𝑥 − 1, alors au voisinage de 0 on a 𝑓(𝑥) < 0, et au voisinage de +∞, 𝑓(𝑥) > 0.
En effet, le trinôme 𝑥 2 + 𝑥 − 1 admet deux racines réelles : 𝑥1 < 0 et 𝑥2 > 0, posons ε = min(|𝑥1 |, |𝑥2 |),
si 𝑥 ∈]0 − ε; 0 + ε[ alors 𝑥 ∈]𝑥1 ; 𝑥2 [ et donc 𝑥 2 + 𝑥 − 1 < 0, V = ]0 − ε ; 0 + ε[ est donc un voisinage de 0 et
sur ce voisinage on a bien 𝑓(𝑥) < 0. Posons W = ]𝑥2 ; +∞[, alors W est un voisinage de +∞ et sur ce
voisinage on a bien 𝑓(𝑥) > 0.

III APPROXIMATION D’UN RÉEL

1) Valeur absolue
Soit 𝑥 un réel, les deux nombres 𝑥 et −𝑥 sont comparables puisque l’ordre est total, ce qui donne
un sens à la définition suivante :

Définition 8.6
Soit 𝑥 ∈ ℝ, on appelle valeur absolue de 𝑥 le réel noté |𝑥| et défini par : |𝑥| = max(𝑥, −𝑥). On a
donc |𝑥| = 𝑥 lorsque 0 ⩽ 𝑥, et |𝑥| = −𝑥 lorsque 𝑥 ⩽ 0.

L’ensemble ℝ peut être assimilé à une droite graduée (i.e. munie d’un repère (O, 𝑢 ⃗⃗ )), les réels sont
alors les abscisses des points de cette droite. Si A(𝑎) et B(𝑏) sont deux points de cette droite, alors le
réel positif |𝑏 − 𝑎| représente la distance de A à B, en particulier |𝑥| représente la distance de l’origine
au point d’abscisse 𝑥.

|𝑏 − 𝑎|

O ⃗⃗
𝑢 A(𝑎) B(𝑏) ℝ

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Approximation d’un réel Chapitre 8 : Nombres réels

Théorème 8.8
Soient 𝑥, 𝑦 des réels :
– |𝑥| ∈ ℝ+ , |𝑥| = | − 𝑥|, 𝑥 ⩽ |𝑥| et −𝑥 ⩽ |𝑥|.
– |𝑥| = 0 ⟺ 𝑥 = 0.
– |𝑥𝑦| = |𝑥||𝑦| et si 𝑥 ≠ 0 alors | 1𝑥 | = |𝑥|
1
. On en déduit que | 1𝑥 | = 1
|𝑥| et ∀𝑛 ∈ ℕ, |𝑥 𝑛 | = |𝑥|𝑛 .
– ||𝑥| − |𝑦|| ⩽ |𝑥 − 𝑦| ⩽ |𝑥| + |𝑦| (inégalité triangulaire).

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. □

À retenir
Soient 𝑎, 𝑏, 𝑥 trois réels avec 𝑏 positif :
– |𝑎| ⩽ 𝑏 ⟺ 𝑎 ⩽ 𝑏 et − 𝑎 ⩽ 𝑏 ⟺ −𝑏 ⩽ 𝑎 ⩽ 𝑏.
– |𝑎| ⩾ 𝑏 ⟺ 𝑎 ⩾ 𝑏 ou −𝑎 ⩾ 𝑏.
– |𝑎 − 𝑥| ⩽ 𝑏 ⟺ −𝑏 ⩽ 𝑎 − 𝑥 ⩽ 𝑏 ⟺ 𝑎 − 𝑏 ⩽ 𝑥 ⩽ 𝑎 + 𝑏.
– |𝑎 − 𝑥| ⩾ 𝑏 ⟺ 𝑥 ⩾ 𝑎 + 𝑏 ou 𝑥 ⩽ 𝑎 − 𝑏.

Ces inégalités sont importantes, et peuvent se retrouver en raisonnant en termes de distance.

Définition 8.7
Soit 𝑎 un réel et ε > 0, on appelle intervalle ouvert de centre a et de rayon ε, l’intervalle
]𝑎 − ε ; 𝑎 + ε[. C’est l’ensemble des réels 𝑥 tels que |𝑥 − 𝑎| < ε. On définit de la même façon
l’intervalle fermé de centre 𝑎 et de rayon ε.

On rappelle qu’un intervalle ouvert est un intervalle de la forme : ]𝑎; 𝑏[ ou ]𝑎; +∞[ ou ] − ∞; 𝑏[.
L’ensemble vide et ℝ sont des intervalles ouverts.

Théorème 8.9
Soit I un intervalle ouvert non vide, pour tout élément 𝑎 de I il existe au moins un voisinage de
𝑎 inclus dans I : ∀ 𝑎 ∈ I, ∃ ε > 0, ]𝑎 − ε ; 𝑎 + ε[ ⊂ I.

Preuve : Il suffit de passer en revue les différents cas pour I. Par exemple, si I = ]α ; β[ avec α < β (sinon I est
vide), on peut prendre ε = min(𝑎 − α, β − 𝑎). On remarquera que l’on peut remplacer intervalle ouvert de centre
𝑎 par intervalle fermé de centre 𝑎. □

2) Partie entière

Théorème 8.10
L’ensemble ℝ est archimédien, c’est à dire : ∀ 𝑥, 𝑦 ∈ ℝ∗+ , ∃ 𝑛 ∈ ℕ, 𝑥 ⩽ 𝑛𝑦.

Preuve : Par l’absurde, supposons que ∀ 𝑛 ∈ ℕ, 𝑥 > 𝑛𝑦. Soit A = {𝑛𝑦 / 𝑛 ∈ ℕ}, A est non vide (contient 𝑦) et
majoré par 𝑥, donc A admet une borne supérieure. Soit 𝑏 = sup(A), on a 𝑏 − 𝑦 < 𝑏 donc il existe un entier 𝑛0 ∈ ℕ
tel que 𝑏 − 𝑦 < 𝑛0 𝑦, d’où 𝑏 < (𝑛0 + 1)𝑦 ce qui est absurde car (𝑛0 + 1)𝑦 ∈ A. □

Théorème 8.11 (et définition)


Soit 𝑥 ∈ ℝ, il existe un unique entier 𝑛 ∈ ℤ tel que 𝑛 ⩽ 𝑥 < 𝑛 + 1, celui-ci est appelé partie
entière de 𝑥, noté ⌊𝑥⌋ (ou E(𝑥)).

Preuve : Montrons l’existence : soit A = {𝑛 ∈ ℤ / 𝑛 ⩽ 𝑥}, l’ensemble A n’est pas vide, en effet, si 0 ⩽ 𝑥, alors 0 ∈ A,
et si 𝑥 < 0, alors −𝑥 > 0, donc il existe un entier 𝑛 tel que −𝑥 ⩽ 𝑛 × 1 (car ℝ est archimédien), ce qui entraîne
−𝑛 ⩽ 𝑥 et donc −𝑛 ∈ A. L’ensemble A a donc une borne supérieure, notons 𝑏 = sup(A). Comme 𝑏 − 12 < 𝑏, 𝑏 − 12 ne
majore pas A, donc il existe un entier 𝑛0 ∈ A tel que 𝑏 − 12 < 𝑛0 ⩽ 𝑥, mais alors sup(A) = 𝑏 < 𝑏 + 12 < 𝑛0 + 1, donc
l’entier 𝑛0 + 1 n’est pas dans A, par conséquent 𝑥 < 𝑛0 + 1, on a donc 𝑛0 ⩽ 𝑥 < 𝑛0 + 1, on a montré l’existence.
Montrons l’unicité : soient 𝑛, 𝑛′ ∈ ℤ tels que 𝑛 ⩽ 𝑥 < 𝑛+1 et 𝑛′ ⩽ 𝑥 < 𝑛′ +1, alors |𝑛−𝑛′ | = |(𝑥 −𝑛)−(𝑥 −𝑛′ )| < 1
car 𝑥 − 𝑛 et 𝑥 − 𝑛′ sont dans l’intervalle [0; 1[, comme 𝑛 et 𝑛′ sont entiers, on en déduit que |𝑛 − 𝑛 − | ∈ ℕ, et
donc |𝑛 − 𝑛′ | = 0 i.e. 𝑛 = 𝑛′ . □

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Approximation d’un réel Chapitre 8 : Nombres réels

À retenir
La partie entière de 𝑥 ∈ ℝ est l’unique entier 𝑛 tel que 𝑛 ⩽ 𝑥 < 1 + 𝑛.
La partie entière de 𝑥 ∈ ℝ est l’unique entier 𝑛 dans l’intervalle ]𝑥 − 1 ; 𝑥].
Soit 𝑛 ∈ ℤ, 𝑛 = ⌊𝑥⌋ ⟺ ∃ε ∈ [0 ; 1[, 𝑥 = 𝑛 + ε.

Propriétés
a) La fonction partie entière est une fonction croissante sur ℝ et elle constante sur tout intervalle
de la forme [𝑛; 𝑛 + 1[ lorsque 𝑛 ∈ ℤ.

4
3
2
1
0
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4
−1
−2
−3
−4

b) La fonction partie entière est continue sur ℝ ⧵ ℤ. Pour 𝑛 ∈ ℤ, elle est continue à droite mais pas
à gauche en 𝑛.
c) Pour tout réel 𝑥 et tout entier 𝑛, on a ⌊𝑥 + 𝑛⌋ = ⌊𝑥⌋ + 𝑛.
d) La fonction 𝑥 ↦ 𝑥 − ⌊𝑥⌋ est une fonction 1-périodique.
⌊𝑥⌋ ∈ ℤ
e) La partie entière de 𝑥 est entièrement caractérisée par : { .
⌊𝑥⌋ ⩽ 𝑥 < ⌊𝑥⌋ + 1

Théorème 8.12
Tout intervalle de la forme ]𝑎; 𝑏[ où 𝑎 < 𝑏 contient au moins un rationnel, on dit que ℚ est dense
dans ℝ.

Preuve : Il existe 𝑞 ∈ ℕ∗ tel que 𝑞(𝑏 − 𝑎) > 1 (pendre 𝑞 = 1 + ⌊ 𝑏−𝑎


1
⌋), l’intervalle ]𝑞𝑎; 𝑞𝑏[ a donc une longueur
supérieure à 1, il contient donc au moins un entier 𝑝 (prendre 𝑝 = 𝑞𝑏 − 1 si 𝑞𝑏 est entier, prendre 𝑝 = ⌊𝑞𝑏⌋ sinon).
𝑝 𝑝
On a alors 𝑞𝑎 < 𝑝 < 𝑞𝑏 d’où 𝑎 < 𝑞 < 𝑏 et 𝑞 ∈ ℚ. □
Remarque 8.3 – Ce théorème traduit que aussi près que l’on veut de n’importe quel réel, on peut trouver
𝑝
des rationnels. De plus la démonstration fournit une méthode de construction de 𝑞 .
Par exemple, avec 𝑥 = √2 et ε = 10−3 , on peut prendre 𝑞 = 1000 et 𝑝 = ⌊1000√2⌋ = 1414 (car
𝑝
14142 ⩽ 2.106 < 14152 ), d’où 𝑞 = 1, 414 et |√2 − 1, 414| < 10−3 .

Théorème 8.13
Tout intervalle ]𝑎; 𝑏[ où 𝑎 < 𝑏 contient au moins un irrationnel, donc l’ensemble des irrationnels,
ℝ ⧵ ℚ, est dense dans ℝ.

Preuve : D’après la densité de ℚ dans ℝ, il existe un rationnel 𝑟 ∈]𝑎 − √2; 𝑏 − √2[, ce qui donne 𝑟 + √2 ∈]𝑎; 𝑏[, et
on montre par l’absurde que 𝑟 + √2 est irrationnel. □

Définition 8.8 (Généralisation)


Soit A une partie non vide de ℝ, on dit que A est dense dans ℝ lorsque tout intervalle ouvert
non vide de ℝ contient au moins un élément de A, ce qui équivaut à :
∀ 𝑥 ∈ ℝ, ∀ ε > 0, ∃ 𝑎 ∈ A, |𝑥 − 𝑎| < ε.

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Approximation d’un réel Chapitre 8 : Nombres réels
Remarque 8.4 –
– Ce qui signifie qu’aussi près que l’on veut de tout réel 𝑥, on peut trouver des éléments de A. Voici une
autre définition équivalente (et très utile) :
– A est dense dans ℝ ssi pour tout réel 𝑥 il existe une suite (𝑎𝑛 ) d’éléments de A qui converge vers 𝑥.

3) Approximations décimales

Définition 8.9
Soient 𝑎, 𝑥, ε trois réels avec ε > 0, on dit que 𝑎 est une valeur approchée de 𝑥 à ε près lorsque la
distance entre 𝑎 et 𝑥 et inférieure ou égale à ε : |𝑎 − 𝑥| ⩽ ε. On dit que 𝑎 est une valeur approchée
de 𝑥 par défaut (respectivement par excès) à ε près lorsque 𝑎 ⩽ 𝑥 ⩽ 𝑎 + ε (respectivement
𝑎 − ε ⩽ 𝑥 ⩽ 𝑎).

Propriétés
𝑎+𝑏
a) Si 𝑎 est une valeur approchée de 𝑥 par défaut et 𝑏 une valeur approchée de 𝑥 par excès, alors 2
est une valeur approchée de 𝑥 à 𝑏−𝑎
2 près.
b) Si 𝑎 est une valeur approchée de 𝑥 par défaut à ε près et 𝑏 une valeur approchée de 𝑥 par excès à
ε près, alors 𝑎+𝑏 ε
2 est une valeur approchée de 𝑥 à 2 près.
Soit 𝑥 ∈ ℝ et soit 𝑛 ∈ ℕ, on a ⌊𝑥10𝑛 ⌋ ⩽ 𝑥10𝑛 < 1 + ⌊𝑥10𝑛 ⌋, en multipliant par 10−𝑛 on obtient :

⌊𝑥10𝑛 ⌋ ⌊𝑥10𝑛 ⌋
𝑛
⩽ 𝑥 < 𝑛
+ 10−𝑛 .
10 10
⌊𝑥10𝑛 ⌋ ⌊𝑥10𝑛 ⌋
Ce qui signifie que 10𝑛 est une valeur approchée de 𝑥 par défaut à 10−𝑛 près, et que 10𝑛 + 10−𝑛 est
une valeur approchée de 𝑥 par excès à 10−𝑛 près. Il faut remarquer que ces deux approximations de 𝑥
sont des nombres décimaux (i.e. un entier sur une puissance de dix).

Définition 8.10
⌊𝑥10𝑛 ⌋
On appelle approximation décimale de 𝑥 par défaut à 10−𝑛 près, le nombre : 10𝑛 .

Remarque 8.5 – Posons 𝑟𝑛 = ⌊10𝑛 𝑥⌋, alors 10𝑟𝑛 ⩽ 10𝑛+1 𝑥 < 10𝑟𝑛 + 10 et donc 10𝑟𝑛 ⩽ ⌊10𝑛+1 𝑥⌋ ⩽ 10𝑟𝑛 + 9,
i.e. 𝑟𝑛+1 ∈ [10𝑟𝑛 ; 10𝑟𝑛 + 9].
ZExemples :
⌊𝑥10𝑛 ⌋
– Prenons 𝑥 = √2 et posons 𝑎𝑛 = 10𝑛
• 1 ⩽ 𝑥 2 < 22 , donc 1 ⩽ 𝑥 < 2 et 𝑎0 = ⌊𝑥⌋ = 1 (partie entière de 𝑥).
• (10𝑥)2 = 200 et 142 = 196 ⩽ (10𝑥)2 < 152 = 225, donc 14 ⩽ 10𝑥 < 15 et 𝑎1 = ⌊10𝑥⌋ /10 =
14/10 = 1, 4.
• (100𝑥)2 = 20000 et 1412 ⩽ (100𝑥)2 < 1422 , donc 141 ⩽ 100𝑥 < 142 et 𝑎2 = ⌊100𝑥⌋ /100 =
141/100 = 1, 41...etc
Si on continue le processus, on construit la suite (𝑎𝑛 ) des approximations décimales de √2 à 10−𝑛
près par défaut.
⌊𝑥10𝑛 ⌋
Si on pose pour 𝑛 ∈ ℕ, 𝑎𝑛 = 10𝑛 , alors on a l’inégalité |𝑥 − 𝑎𝑛 | ⩽ 10−𝑛 , ce qui prouve que la suite
(𝑎𝑛 ) converge vers 𝑥. On a donc une suite de rationnels qui converge vers 𝑥, ce qui est une autre façon de
prouver la densité de ℚ dans ℝ. On remarquera que la suite (𝑎𝑛 + 10−𝑛 ) (valeurs approchées décimales
par excès) converge également vers 𝑥.

Théorème 8.14
⌊𝑥10𝑛 ⌋
Soit 𝑥 ∈ ℝ et 𝑎𝑛 = 10𝑛 , pour 𝑛 ∈ ℕ∗ on pose 𝑑𝑛 = 10𝑛 (𝑎𝑛 − 𝑎𝑛−1 ), alors 𝑑𝑛 est un entier compris
entre 0 et 9.

Preuve : 10𝑛 𝑎𝑛 = ⌊10𝑛 𝑥⌋ ⩽ 10𝑛 𝑥 < 1 + ⌊10𝑛 𝑥⌋, d’autre part 10𝑛 𝑎𝑛−1 = 10 ⌊10𝑛−1 𝑥⌋ ⩽ 10𝑛 𝑥 < 10 + 10 ⌊10𝑛−1 𝑥⌋, d’où
−10 − ⌊10𝑛−1 𝑥⌋ < −10𝑛 𝑥 ⩽ −10𝑛 𝑎𝑛−1 , on en déduit que 𝑑𝑛 − 10 < 0 < 𝑑𝑛 + 1, par conséquent 0 ⩽ 𝑑𝑛 < 10, or 𝑑𝑛 est
un entier, donc 𝑑𝑛 ⩽ 9. □

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Solution des exercices Chapitre 8 : Nombres réels

Définition 8.11
Pour 𝑛 ⩾ 1, l’entier 𝑑𝑛 = 10𝑛 (𝑎𝑛 − 𝑎𝑛−1 ) = ⌊10𝑛 𝑥⌋ − 10 ⌊10𝑛−1 𝑥⌋ est appelé 𝑛e décimale de 𝑥.

𝑛
Remarquons que 𝑑𝑛 10−𝑛 = 𝑎𝑛 − 𝑎𝑛−1 , ce qui entraîne que 𝑎0 , 𝑑1 𝑑2 … 𝑑𝑛 = 𝑎0 + ∑ 𝑑𝑘 10−𝑘 = 𝑎𝑛 , or la
𝑘=1
suite (𝑎𝑛 ) converge vers 𝑥, on écrit alors :
+∞
𝑥 = 𝑎0 + ∑ 𝑑𝑘 10−𝑘 = 𝑎0 , 𝑑1 𝑑2 ⋯ (développement décimal infini de 𝑥)
𝑘=1

IV SOLUTION DES EXERCICES

Solution 8.1 inf(B) est un minorant de B donc un minorant de A, par conséquent inf(B) ⩽ inf(A) car inf(A) est le
plus grand des minorants de A. De même, sup(B) majore B , donc majore A également, d’où sup(A) ⩽ sup(B) car
sup(A) est le plus petit des majorants de A.

Solution 8.2 sup(A) + sup(B) majore A + B, donc A + B admet une borne sup. et sup(A + B) ⩽ sup(A) + sup(B).
Soient 𝑎 ∈ A et 𝑏 ∈ B, 𝑎 + 𝑏 ⩽ sup(A + B), donc 𝑎 ⩽ sup(A + B) − 𝑏, ce qui signifie que A est majoré par sup(A + B) − 𝑏,
d’où sup(A) ⩽ sup(A + B) − 𝑏, mais alors 𝑏 ⩽ sup(A + B) − sup(A), donc B est majoré par sup(A + B) − sup(A), d’où
sup(B) ⩽ sup(A + B) − sup(A) et finalement sup(A) + sup(B) ⩽ sup(A + B) ce qui prouve bien l’égalité.

1
Solution 8.3 Il est clair que A est minoré par −1 et majoré par 2. Les éléments positifs de A sont de la forme 1 + 2𝑘 (𝑛
3 3
pair), on voit que A possède un maximum et que celui-ci vaut 2 , donc sup(A) = 2 .
1
Les éléments négatifs de A sont de la forme −1 + 2𝑘+1 (𝑛 impair), ceux-ci peuvent être très proches de −1 mais ne
prennent jamais la valeur −1. Soit ε > 0, −1 + 2𝑘+1 > −1 + ε ⟺ 2𝑘 + 1 > 1ε , on voit donc qu’il est possible de
1

trouver une élément de A strictement inférieur à −1 + ε qui ne minore donc pas A, donc inf(A) = −1.

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