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AVOIR

Le poème raconte l'histoire des verbes Être et Avoir qui sont présentés comme des frères rivales. Bien qu'opposés, ils ont besoin l'un de l'autre pour exister pleinement. Le texte aborde ensuite divers sujets comme le temps, la tendresse, l'isolement et la solitude.

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Riadh Baali
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AVOIR

Le poème raconte l'histoire des verbes Être et Avoir qui sont présentés comme des frères rivales. Bien qu'opposés, ils ont besoin l'un de l'autre pour exister pleinement. Le texte aborde ensuite divers sujets comme le temps, la tendresse, l'isolement et la solitude.

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AVOIR et ÊTRE

(Yves Duteil)
Loin des vieux livres de grammaire,
Écoutez comment un beau soir,
Ma mère m'enseigna les mystères
Du verbe être et du verbe avoir.

Parmi mes meilleurs auxiliaires,


Il est deux verbes originaux,
Avoir et Être étaient deux frères
Que j'ai connus dès le berceau.

Bien qu'opposés de caractère,


On pouvait les croire jumeaux,
Tant leur histoire est singulière,
Mais ces deux frères étaient rivaux.

Ce qu'Avoir aurait voulu être,


Être voulait toujours l'avoir.
À ne vouloir ni dieu ni maître,
Le verbe Être s'est fait avoir.

Son frère Avoir était en banque


Et faisait un grand numéro,
Alors qu'Être, toujours en manque,
Souffrait beaucoup dans son ego.

Pendant qu'Être apprenait à lire


Et faisait ses humanités,
De son côté, sans rien lui dire,
Avoir apprenait à compter.
Et il amassait des fortunes
En avoirs, en liquidités,
Pendant qu'Être, un peu dans la lune,
S'était laissé déposséder.

Avoir était ostentatoire


Lorsqu'il se montrait généreux,
Être en revanche, et c'est notoire,
Est bien souvent présomptueux.

Avoir voyage en classe Affaires,


Il met tous ses titres à l'abri;
Alors qu'Être est plus débonnaire,
Il ne gardera rien pour lui.

Sa richesse est tout intérieure,


Ce sont les choses de l'esprit;
Le verbe Être est tout en pudeur
Et sa noblesse est à ce prix.

Un jour, à force de chimères,


Pour parvenir à un accord,
Entre verbes, ça peut se faire,
Ils conjuguèrent leurs efforts.

Et pour ne pas perdre la face,


Au milieu des mots rassemblés,
Ils se sont répartis les tâches
Pour enfin se réconcilier.

Le verbe Avoir a besoin d'Être ...


Parce qu'être, c'est exister;
Le verbe Être a besoin d'avoirs
Pour enrichir ses bons côtés.

Et de palabres interminables
En arguties alambiquées,
Nos deux frères inséparables
Ont pu être et avoir été...
Prends le temps de ...

 Prends le temps de penser, c'est la source du


pouvoir;

 Prends le temps de te distraire, c'est le secret


d'une perpétuelle jeunesse;

 Prends le temps de lire, c'est la fontaine de la


sagesse;

 Prends le temps d'aimer et d'être aimé, c'est


un privilège divin;

 Prends le temps d'être aimable, c'est le


chemin du bonheur;

 Prends le temps de rire, c'est la musique de


l'âme;

 Prends le temps de travailler, c'est le prix du


succès;

 Prends le temps de te reposer sans quoi tu ne


pourras jouir d'aucun autre privilège...
Les voies secrètes de la tendresse
Qui d'entre nous, parents, n'a pas reçu maintes fois cette
phrase en plein cœur et qui n'a renoncé alors à l'envie
de se justifier?
Un jour quand mes enfants seront assez grands pour
comprendre, je leur expliquerai...
.
 C'est parce que je t'aimais que je te harcelais pour savoir où
tu allais, avec qui, et à quelle heure tu rentrerais.

 C'est par amour que je t'ai poussé à acheter une bicyclette


avec ton propre argent.

 Que, sans mot dire, je t'ai laissé découvrir par toi-même que
tel ami choisi entre mille, ne valait pas grand-chose.

 Que je t'ai obligé à rendre à l'épicier une tablette de chocolat


entamée et à te faire avouer que tu l'avais volée.

 Que j'ai passé deux heures à te faire ranger ta chambre alors


que cette tâche ne m'aurait pris à mois plus d'un quart
d'heure.

 C'est par amour que je t'ai laissé voir ma colère, ma


déception, mon chagrin et mes larmes.

 Que je t'ai souvent refusé. ce que disais-tu, toutes les autres


mères permettaient.

 C'est parce que je t'aimais que je devinais ton mensonge


quand tu me racontais qu'à telle soirée, il y aurait des grandes
personnes et aussi que je te pardonnais quand mes soupçons se
confirmaient.

 C'est parce que je t'aimais que je te faisais descendre de mes


genoux, que je lâchais ta main, que je restais insensible à tes
prières et sourde à tes exigences, je voulais absolument que tu
apprennes à te tirer d'affaire sans moi.

 C'est par amour que je t'ai accepté tel que tu es sans songer
à ce que j'aurais souhaité que tu sois.
 C'est par amour, surtout, que j'ai eu le courage de te dire
non, sachant très bien que tu m'en voudrais. Et cela a été plus
dur que tout le reste.
Auteur inconnu
.
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L'isolement ou la solitude
.
L'isolement, c'est... La solitude c'est...

La panique d'être avec les Le retrait stratégique des


autres et l'ennui d'être avec autres pour une présence de
soi soi en soi

Un système de défenses Le recueillement intérieure


contre l'intrusion pour se faire de la place à soi
et aux autres
Le désarroi et la confusion
intérieure La méditation ouverte et
tranquille sur soi
Le regard affolé
L'ouverture à l'autre à travers
La fermeture à l'entourage l'intimité à soi-même

Les ruminations cycliques Le silence habité d'êtres


Le verbiage inutile aimants

La négation de sa fragilité L'acceptation profonde de sa


par peur d'un nouveau rejet dépendance et de son
autonomie
Des moments d'agitations
intérieures et extérieures Des moments d'acalmie où les
diverses parties de soi-même
s'harmonisent

*Aimer, perdre et grandir, Jean Monbourquette

.
Un après-midi avec Dieu
Il était une fois un petit garçon qui voulait rencontrer
Dieu. Comme il savait que ce serait un long voyage pour
se rendre à Sa maison, il remplit sa valise de petits
gâteaux et de six bouteilles de limonade, et il se mit en
route.

Trois pâtés de maison plus loin, il vit une vieille dame.


Assise dans le parc, elle fixait quelques pigeons. Le
garçon s'assit près d'elle et ouvrit sa valise. Il
s'apprêtait à prendre une limonade lorsqu'il remarqua
l'air affamé de la vieille dame. Il lui offrit donc un
gâteau. Elle accepta avec reconnaissance et lui sourit.
Son sourire était si joli que le garçon voulut le voir
encore. Il lui offrit donc une limonade. Elle lui sourit
de nouveau. Le garçon était ravi! Ils restèrent ainsi
tout l'après-midi à manger, sans dire un seul mot.

Lorsque le soir tomba, le garçon se rendit compte qu'il


était très fatigué et se leva pour partir. Cependant, au
bout de quelques pas à peine, il se retourna, courut vers
la vieille dame et la serra dans ses bras. Elle lui fit
alors son plus beau sourire.

Peu de temps après, lorsque le garçon franchit la porte


de sa maison, son regard joyeux étonna sa mère. Elle
lui demanda: « Qu'as-tu fait aujourd'hui qui te rende si
heureux?» Il répondit: «J'ai déjeuné avec Dieu. » Mais
avant que sa mère puisse répondre, il ajouta: «Tu sais,
elle a le plus merveilleux des sourires!»

Entretemps, la vieille dame, rayonnante de joie elle


aussi, retourna chez elle. Frappé de l'expression
paisible qu'elle arborait, son fils lui demanda: « Maman,
qu'as-tu fait aujourd'hui qui te rende si heureuse? »
Elle répondit: «Au parc, j'ai mangé des gâteaux avec
Dieu.» Mais avant que son fils puisse répondre, elle
ajouta: «Tu sais, il est beaucoup plus jeune que je ne le
croyais .»
Julie A. Manhan

.
.

Juste une heure

Un homme arrive chez lui un soir fatigué après une


dure journée de travail, pour trouver son petit
garçon de 5 ans assis sur les marches du perron.

- Papa, est-ce que je peux te poser une question?


- Bien sûr!
- Combien gagnes-tu de l'heure?
- Mais, ça ne te regarde pas fiston!
- Je veux juste savoir. Je t'en prie, dis-le moi!
- Bon, si tu veux absolument savoir : $35.00 de
l'heure.
- Le petit garçon s'en retourne dans la maison avec un
air triste.

Il revient vers son père et lui demande :


- Papa, pourrais-tu me prêter $10.00?
- Bon, c'est pour ça que tu voulais savoir. Pour
m'emprunter de l'argent! Va dans ta chambre et
couche-toi. J'ai eu une journée éprouvante, je suis
fatigué et je n'ai pas le goût de me faire achaler avec
des niaiseries semblables.

Une heure plus tard, le père qui avait eu le temps de


décompresser un peu se demande s'il n'avait pas
réagit trop fort à la demande de son fils. Peut-être
qu'il voulait s'acheter quelque chose d'important. Il
décide donc d'aller dans la chambre du petit :
- Dors-tu?
- Non, papa!
- Écoute, j'ai réfléchi et voici le $10.00 que tu m'as
demandé. - Oh merci papa!
Le petit gars fouille sous son oreiller et en sort
$25.00. Le père en voyant l'argent devient encore
tout irrité.
- Mais pourquoi tu voulais $10.00? Tu as déjà $25.00!

Qu'est-ce que tu veux faire avec cet argent?


- C'est que... il m'en manquait. Mais maintenant j'en
ai juste assez. Papa, est-ce que je pourrais t'acheter
une heure de ton temps? Demain soir, arrive à la
maison plus tôt. J'aimerais souper avec toi!

Auteur inconnu

.
La valeur d'un billet de 20$
Un conférencier bien connu commence son séminaire en tenant bien
haut un
billet de 20$. Il demande aux gens :

-Qui aimerait avoir ce billet ?

Les mains commencent à se lever. Alors il dit :


- Je vais donner ce billet de 20$ à quelqu'un de vous, mais avant
laissez-moi d'abord faire quelque chose avec.

Il chiffonne alors le billet avec force et il demande :

- Est-ce que vous voulez toujours de ce billet ?

Les mains continuent à se lever.


Bon, d'accord, mais que se passera-t-il si je fais cela. Il jette le
billet
froissé par terre et saute à pieds joints dessus, l'écrasant autant
que
possible et le recouvrant des poussières du plancher.
Ensuite il demande :
- Qui veut encore avoir ce billet ?

Évidemment, les mains continuent de se lever!

Mes amis, vous venez d'apprendre une leçon...


Peu importe ce que je fais avec ce billet, vous le voulez toujours
parce
que sa valeur n'a pas changé. Il vaut toujours 20$.

Plusieurs fois dans votre vie vous serez froissés, rejetés, souillés par

les gens ou par les événements. Vous aurez l'impression que vous ne
valez plus
rien, mais en réalité votre valeur n'aura pas changé aux yeux des
gens qui
vous aiment !

La valeur intrinsèque d'une personne demeure toujours intacte, elle


ne
varie pas selon ce qu'on fait d'elle. Vous pourrez toujours
recommencer et
atteindre vos objectifs.

Auteur inconnu
.

Le petit garçon
au mauvais caractère

Il était une fois un garçon avec un sale caractère.

Son père lui donna un sachet de clous et lui dit d'en planter un
dans la barrière du jardin chaque fois qu'il perdrait patience
et se disputerait avec quelqu'un.

Le premier jour, il en planta 37 dans la barrière. Les semaines


suivantes, il apprit à se contrôler, et le nombre de clous
plantés dans la barrière diminua jour après jour : il avait
découvert que c'était plus facile de se contrôler
que de planter des clous.

Finalement arriva un jour où le garçon ne planta aucun clou


dans la barrière.

Alors il alla voir son père et lui dit que pour ce jour il n'avait
planté aucun clou. Son père lui dit alors d'enlever un clou de la
barrière pour chaque jour où il n'aurait pas perdu patience.

Les jours passèrent et finalement le garçon put dire à son


père qu'il avait enlevé tous les clous de la barrière. Le père
conduisit son fils devant la barrière et lui dit :
"Mon fils, tu t'es bien comporté mais regarde tous les trous
qu'il y a dans la barrière. Elle ne sera jamais plus comme avant.
Quand tu te disputes avec quelqu'un et que tu lui dis quelque
chose de méchant, tu lui laisses une blessure comme celle-là.

Tu peux planter un couteau dans un homme et après lui


retirer, mais il restera toujours une blessure. Peu importe
combien de fois tu t'excuseras, la blessure restera."
Une blessure verbale fait aussi mal qu'une blessure physique.
Les amis sont des bijoux rares, ils te font sourire et
t'encouragent. Ils sont prêts à t'écouter quand tu en as
besoin, ils te soutiennent et t'ouvrent leur cœur.

Auteur inconnu
Envoi d'un visiteur

.
.
Le paradis et l'enfer
Un vieux moine était assis sur le bord de la route, les yeux fermés,
les jambes croisées, les mains posées sur les genoux. Il restait assis
là, méditant profondément. Soudain son zazen fut interrompu par la
voix rauque et revendicatrice d'un samouraï. « Vieil homme! Dis-moi
à quoi ressemble l'enfer et le paradis! »

Sur le coup, le moine n'eut pas la moindre réaction. Mais peu à peu, il
ouvrit les yeux, releva imperceptiblement les commissures de ses
lèvres, comme pour sourire, tandis que le samouraï restait planté là,
impatient, de plus en plus agité.

« Tu désires connaître les secrets du paradis et de l'enfer? »,


demanda finalement le moine. « Toi, avec ton allure négligée, avec
tes mains et tes pieds couverts de boue, avec tes cheveux
ébouriffés, avec ta mauvaise haleine, avec ton épée rouillée et
tordue, toi qui es laid et dont la mère t'habille si drôlement, tu oses
me demander de te parler du paradis et de l'enfer? »

Le samouraï jura vilainement. Il sortit son épée et la souleva au-


dessus de sa tête. Son visage devint cramoisi et les veines de son
cou se gonflèrent tandis qu'il s'apprêtait à couper la tête du moine.

« Cela c'est l'enfer », lui dit doucement le vieux moine, juste au


moment ou l'épée commençait à redescendre. Le samouraï resta
bouche bée de stupéfaction, de respect, de compassion et d'amour
devant cet homme aimable qui avait risqué rien de moins que sa vie
pour lui prodiguer cet enseignement. Il arrêta son épée à mi-chemin
et ses yeux se remplirent de larmes de gratitude.

«Et cela, c'est le paradis», dit le moine.

R. John W. Groff Jr.


Les trois
vieillards
Auteur inconnu.

Un jour, une femme sort de sa maison et voit trois vieillards avec de


longues barbes blanches, assis devant chez elle. Elle ne les
reconnaît pas. Elle leur dit:
- " Je ne pense pas que je vous connaisse, mais vous devez avoir
faim, s'il vous plaît entrez et je vous donnerai quelque chose à
manger. "

- " Est-ce que l'homme de la maison est là ? "ont-ils demandé.


- " Non, il est sorti ", leur répondit-elle.
- " Alors nous ne pouvons pas entrer " ont-ils répondu.

En soirée lorsque son mari arrive à la maison, elle lui dit ce qui
s'était passé.
- " Va leur dire que je suis à la maison et invite-les à entrer ! " dit-il
à sa femme.

La femme sort et invite les hommes à entrer dans la maison.


- " Nous n'entrons jamais ensemble dans une maison " ont-ils
répondu.
- " Et pourquoi ? " a t-elle voulu savoir.

Un des vieillards lui expliqua:


- " Son nom est RICHESSE, dit-il en indiquant un de ses amis et, en
indiquant l'autre," lui c'est SUCCÈS et je suis AMOUR. Il a ajouté:
- " Retourne à la maison et discute avec ton mari pour savoir lequel
d'entre nous vous voulez dans votre maison. "
La femme retourne à la maison et dit à son mari ce qui avait été dit.
Son mari était ravi.
- " Comme c'est agréable ! " dit-il. Puisque c'est le cas, nous allons
inviter RICHESSE."

Sa femme n'était pas d'accord,


- " pourquoi n'inviterions-nous pas SUCCÈS ? "

Leur belle-fille qui était dans une autre pièce, entendit leur
conversation, elle sauta sur l'occasion pour faire sa propre
suggestion.
- " Ne serait-il pas mieux d'inviter AMOUR ? La maison sera alors
remplie d'amour " !
- " Tenons compte du conseil de notre belle-fille, dit le mari à sa
femme. Sors et invite AMOUR à être notre invité. "

La femme sort et demande aux trois vieillards:


- " Lequel d'entre vous est AMOUR ? Elle lui dit s'il vous plaît
entre et sois notre invité. "

AMOUR se lève et commença à marcher vers la maison. Les deux


autres se lèvent aussi et le suivent. Étonnée, la dame demande à
RICHESSE et SUCCÈS:
- " J'ai seulement invité AMOUR. Pourquoi venez-vous aussi ? "

Les vieillards lui répondirent ensemble:


- " Si vous aviez invité RICHESSE ou SUCCÈS les deux autres
d'entre nous serions restés dehors, mais puisque vous avez invité "
AMOUR " partout où il va nous allons avec lui, puisque partout où il y
a de l'amour, il y a aussi de la la Richesse et du Succès. !!!

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On dit que le temps arrange tout, il suffit de
l'attendre.
Mais qu'il est donc lent, le temps de l'attente.
L'attente de l'ami, qu’on n’a pas vu depuis
longtemps.
L'attente des secours, quand survient l'accident.
L'attente de la guérison, quand s'éternise la
souffrance.
L'attente du soleil, quand tarde le printemps.
L'attente de la compassion, quand dure
l'indifférence.
L'attente du pardon, pour une lointaine offense.
Pourtant, il suffit qu'on l'oublie, le temps.
Quand arrive l'ami qu'on attendait depuis
longtemps.
Que se réveillent les souvenirs d'antan.
Et qu'on déroule les histoires du bon vieux
temps.
Il en profite pour nous échapper et galoper, le
temps.
Et quand vient le temps d'aller voir où en est le
temps,
On s'aperçoit qu'il a filé comme le vent, le
temps.
Et qu'on ne peut le rattraper, le temps.
On a parfois envie de l'emprisonner dans les
bons moments.
Mais lent ou rapide, on ne peut l'arrêter de
passer, le temps.
Puis quand vient le temps de disposer de notre
temps,
On voudrait arrêter, histoire de regarder passer
le temps.
Mais on se lasse vite à ne faire que regarder
passer le temps.
Alors on proposera à un ami, à qui il ne reste
que peu de temps,
De l'accompagner jusqu'au bout de son temps.
On répondra à l'enfant qui nous demande un
peu de temps,
Que pour lui, on a tout notre temps.
En espérant que, quand il ne nous restera que
peu de temps,
Quelqu'un aura pour nous, un peu de temps.

Retour à
Le Grenier de Bibiane

Le pêcheur mexicain
(Auteur anonyme)
Au bord de l'eau, dans un petit village mexicain, un
bateau rentre au port, ramenant plusieurs thons.
L'Américain complimente le pêcheur mexicain sur la
qualité de ses poissons et lui demande combien de
temps il lui a fallu pour les capturer :" Pas très
longtemps ", répond le Mexicain.

" Mais alors, pourquoi n'êtes-vous pas resté en mer


plus longtemps pour en attraper plus? " demande
l'Américain. Le Mexicain répond que ces quelques
poissons suffiront à subvenir aux besoins de sa
famille. L'Américain demande alors : " Mais que faites-
vous le reste du temps? "

" Je fais la grasse matinée, je pêche un peu, je joue


avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme. Le
soir, je vais au village voir mes amis. Nous buvons du
vin et jouons de la guitare. J'ai une vie bien remplie ".
L'Américain l'interrompt : " J'ai un MBA de l'université
de Harvard et je peux vous aider. Vous devriez
commencer par pêcher plus longtemps. Avec les
bénéfices dégagés, vous pourriez acheter un plus gros
bateau. Avec l'argent que vous rapporterait ce bateau,
vous pourriez en acheter un deuxième et ainsi de suite
jusqu'à ce que vous possédiez une flotte de chalutiers.
Au lieu de vendre vos poissons à un intermédiaire,
vous pourriez négocier directement avec l'usine, et
même ouvrir votre propre usine. Vous pourriez alors
quitter votre petit village pour Mexico City, Los
Angeles, puis peut-être New York, d'où vous dirigeriez
toutes vos affaires. "

Le Mexicain demande alors : " Combien de temps cela


prendrait-il? "

" 15 à 20 ans ", répond le banquier américain.

" Et après? "

" Après, c'est là que ça devient intéressant ", répond


l'Américain en riant.

" Quand le moment sera venu, vous pourrez introduire


votre société en bourse et vous gagnerez des millions
".

" Des millions? Mais après? "

" Après, vous pourrez prendre votre retraite, habiter


dans un petit village côtier, faire la grasse matinée,
jouer avec vos petits-enfants, pêcher un peu, faire la
sieste avec votre femme et passer vos soirées à boire
et à jouer de la guitare avec vos amis. "
Le Sentier de la vie
Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son
apprentissage de la Vie, il l'envoya auprès d'un Vieux Sage.

« Éclaire-moi sur le Sentier de la Vie », demanda le Prince.

« Mes paroles s'évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable », répondit le Sage.

« Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras 3 portes. Lis les
préceptes indiqués sur chacune d'entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne
cherche pas à t'en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne
puis t'en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis
cette route, droit devant toi ».

Le Vieux Sage disparut et le Prince s'engagea sur le Chemin de la Vie.

Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire :

«CHANGE LE MONDE ».
« C'était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde,
d'autres ne me conviennent pas ».

Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au
monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et
l’ivresse du conquérant, mais pas l'apaisement du coeur. Il réussit à changer certaines choses mais
beaucoup d'autres lui résistèrent.
Bien des années passèrent. Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande :

« Qu'as-tu appris sur le chemin ? »

« J'ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m'échappe, ce qui
dépend de moi et ce qui n'en dépend pas ».

« C'est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce
qui échappe à ton emprise ».

Et il disparut.

Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire:

« CHANGE LES AUTRES ».

« C'était bien là mon intention, pensa-t-il. Les autres sont source de

plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d'amertume et de frustration ».

Et il s'insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha
à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat. Bien des
années passèrent.

Un jour, alors qu'il méditait sur l'utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa le Vieux
Sage qui lui demanda :

« Qu'as-tu appris sur le chemin ? »

« J'ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de
mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n'en sont que le révélateur ou l'occasion.
C'est en moi que prennent racine toutes ces choses ».

« Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu'ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même. Soit
reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font
naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t'enseigne ce qui te reste à
apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir ».

Et le Vieil Homme disparut.

Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots

« CHANGE-TOI TOI-MEME ».

« Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c'est bien ce qu’il me reste à faire », se dit-il.

Et il entama son troisième combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses
imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne
correspondait pas à son idéal. Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais
aussi des échecs et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda :

« Qu'as-tu appris sur le chemin ? »

« J'ai appris, répondit le Prince, qu'il y a en nous des choses qu'on peut améliorer, d'autres qui nous
résistent et qu'on n'arrive pas à briser ».

« C'est bien », dit le Sage.

« Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de ma battre contre tout, contre tous, contre
moi-même. Cela ne finira-t-il jamais? Quand trouverai-je le repos ? J'ai envie de cesser le combat,
de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise ».

« C'est justement ton prochain apprentissage », dit le Vieux Sage. « Mais avant d'aller plus loin,
retourne-toi et contemple le chemin parcouru ».

Et il disparut.

Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la troisième porte et s'aperçut qu'elle portait sur
sa face arrière une inscription qui disait

« ACCEPTE-TOI TOI-MEME ».

Le Prince s'étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu'il avait franchi la porte la première
fois, dans l'autre sens.

« Quand on combat on devient aveugle », se dit-il.

Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu'il avait rejeté et combattu en lui : ses
défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à
les accepter, à les aimer. Il apprit à s'aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer.

Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda :

« Qu'as-tu appris sur le chemin ? »

« J'ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c'est me condamner à ne
jamais être en accord avec moi-même.
J'ai appris à m'accepter moi-même, totalement, inconditionnellement ».

« C'est bien, dit le Vieil Homme, c'est la première Sagesse.

Maintenant tu peux repasser la troisième porte ».

A peine arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut :

« ACCEPTE LES AUTRES ».

Tout autour de lui il reconnut les personnes qu'il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu'il avait aimées
comme celles qu'il avait détestées.
Celles qu'il avait soutenues et celles qu'il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était
maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l'avait tellement
gêné et contre quoi il s'était battu. Il rencontra à nouveau le Vieux Sage.

« Qu'as-tu appris sur le chemin ? » demanda ce dernier.

« J'ai appris, répondit le Prince, qu'en étant en accord avec moi-même, je n'avais plus rien à
reprocher aux autres, plus rien à craindre d'eux. J'ai appris à accepter et à aimer les autres
totalement, inconditionnellement. »

« C'est bien », dit le Vieux Sage. « C'est la seconde Sagesse. Tu peux


franchir à nouveau la deuxième porte ».

Arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut :
« ACCEPTE LE MONDE ».

Curieux, se dit-il, que je n'aie pas vu cette inscription la première fois. Il regarda autour de lui et
reconnut ce monde qu'il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l'éclat
et la beauté de toute chose. Par leur perfection. C'était pourtant le même monde qu'autrefois. Était-
ce le monde qui avait changé ou son regard? Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :
« Qu'as-tu appris sur le chemin ? »

« J'ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde,
elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée,
le monde lui semble triste. Le monde, lui, n'est ni triste ni gai. Il est là ; il existe ; c'est tout. Ce
n'était pas le monde qui me troublait, mais l'idée que je m'en faisais. J'ai appris à accepter sans le
juger, totalement, inconditionnellement ».

« C'est la 3ème Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les
autres et avec le Monde ».

Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit le Prince. Le Silence l'habita.

« Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil , dit le Vieux Sage, celui du passage du silence de
la plénitude à la Plénitude du Silence ».

Et le Vieil Homme disparut.

Auteur inconnu.

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Le Grenier de Bibiane

Création graphique: Bibiane Grenier


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| | Maison tortue - El Gouna |

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El Gouna (Mer Rouge, Égypte) : la Turtle House (litt. « maison tortue ») de l'architecte et designer
allemand Kurt Völtzke (Atelier Color, Chemnitz) (www.turtle-guest-house.com; www.atelier-
color.de).
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Mots clés: Maison tortue - El Gouna

Pourquoi médire nous fait tant plaisir


Que celui dont la langue n’a jamais persiflé jette la première pierre… Nous avons beau savoir
qu’il est vilain de dire du mal de nos camarades, nous ne pouvons pas nous en empêcher. En
famille, au travail, entre amis : que cachent ces petites perfidies, un peu honteuses mais
tellement réjouissantes ?

Cécile Guéret

Sommaire

 Détester ensemble
 Se rassurer sur sa normalité
 Reconnaître son agressivité
 Et si j’en suis victime…

« Louis a encore obtenu la mission la plus intéressante. Pas étonnant, avec la drague qu’il fait
à la directrice », s’énerve celui qui aimerait être promu. « Quoi ? Cette maigrichonne ? Je suis
sûre qu’elle est anorexique », assène son interlocutrice. Ah, le savoureux plaisir de la
médisance, petite méchanceté

partagée sur le ton de la confidence ! Entre amis, collègues ou en famille, cela fait du bien de
dire du mal. Des autres, bien sûr. À leur insu et avec des accusations infondées, c’est plus
drôle. Un comportement réservé aux pervers manipulateurs ? Plutôt une activité répandue, à
en croire Laurent Bègue, psychologue social, auteur de L'agression humaine, puisque « 60 %
des conversations d’adultes ont pour objet un absent. Et la plupart émettent un jugement ».
Chacun sait que ce n’est pas bien de médire. Et personne n’aime passer pour une langue de
vipère. Mais rares sont ceux qui partent quand l’histoire est croustillante… Pourquoi
plongeons-nous irrésistiblement dans ce plaisir coupable ?

Détester ensemble

Médire crée du lien social. Comme les primates s’épouillent, l’homme moderne cancane. «
Détester ensemble forge des liens plus forts que de partager du positif », révèle Laurent
Bègue. Deux inconnus se sentiront plus familiers s’ils médisent sur un tiers que s’ils en disent
du bien. Ils s’assurent ainsi de partager les mêmes valeurs. « L’absent est le mauvais objet ;
par opposition, le calomniateur devient le bon objet, le gentil », souligne Frédéric Fanget,
psychiatre et psychothérapeute comportementaliste. À cela s’ajoute le délicieux frisson de la
transgression, puisque la norme sociale implicite veut que l’on soit aimable et positif. Celui
qui dit du mal prend donc le risque d’être mal vu. Pourtant, c’est le contraire qui advient : l’air
sincère, le médisant montre à son interlocuteur qu’il lui fait confiance. Touché, ce dernier est
alors plus disposé à partager, à son tour, ses secrets.

Malgré sa mauvaise réputation, la médisance a une fonction positive : transmettre les normes
et les valeurs du groupe. En désignant ce qu’il ne faut pas faire et en jetant l’opprobre sur
ceux qui transgressent, elle tient le rôle d’un mécanisme de contrôle. Elle met la pression sur
ceux qui s’écartent du chemin, comme sur les nouveaux venus, auxquels elle donne des
informations nécessaires à leur intégration. « En écoutant les cancans, j’ai appris plein de
choses sur ma nouvelle entreprise, raconte Marie, 38 ans. Par exemple, qu’il était considéré
comme inhumain de ne pas appeler ses enfants plusieurs fois par jour alors que, dans mon
ancienne équipe, tout coup de fil perso était banni ! » C’est, en outre, un atout dans la
progression sociale. Nous répétons les mésaventures de nos rivaux, surtout s’ils sont du même
sexe que nous et de statut supérieur. Le but caché : utiliser ces informations pour grimper
socialement. Pire, nous en jubilons ! C’est la Schadenfreude mesurée par l’imagerie cérébrale,
terme allemand pour désigner la joie éprouvée face au malheur d’autrui. « Car, au niveau
inconscient, nous survivons à celui que nous voulons éliminer symboliquement », explique la
psychanalyste Virginie Megglé, auteure de La projection, à chacun son film (Eyrolles 2009).
D’où ce sourire difficile à cacher lorsque nous apprenons que notre belle-soeur détestée a un
coup dur… Même s’il s’accompagne d’un petit pincement de honte et de culpabilité.

Se rassurer sur sa normalité

Pourquoi tant de haine ? « Frustration, colère, jalousie… toutes les raisons qui expliquent les
comportements agressifs », détaille Laurent Bègue. Et qui font la nature humaine. « La
médisance apparaît dans la toute petite enfance, quand, hors du giron familial, nous nous
comparons aux autres », constate Virginie Megglé. Interdits de mordre et de donner des coups
de pelle, nous passons à la violence verbale. « Pour rester le préféré de nos parents, nous
dévalorisons nos camarades, poursuit- elle. Pour nous rassurer sur notre propre normalité,
nous disons du mal de celui qui paraît différent. » « C’est un échec de l’affirmation de soi,
affirme Frédéric Fanget. Lorsque l’on ne s’estime pas, on s’évalue par rapport aux autres, on
se dénigre. »

Nous médisons pour dire nos angoisses, solliciter du réconfort, de l’aide… Pour dire
indirectement du bien de nous et de celui qui nous écoute, complice. Nous avons aussi le
plaisir d’attiser la curiosité, de monopoliser l’espace de parole, de signaler que nous détenons
des informations… Le « T’as vu comme la jupe de ma soeur est courte, c’est indécent ! »
susurré à l’oreille de notre conjoint peut cacher un besoin de nous rassurer sur notre propre
pouvoir de séduction. D’autant que nous visons celui qui pointe nos défaillances, qui nous
dérange là où nous nous sentons fragiles. Nous nous rassurons de nos insuccès, en nous
convainquant, par exemple, que « le voisin a magouillé pour avoir son permis de construire ».
« Par projection, nous pouvons aussi attribuer à autrui un défaut que nous refusons d’avoir »,
éclaire Virginie Megglé. « Elle est arriviste », dit ainsi celui qui a des scrupules à réussir. «
Car la médisance n’est pas nécessairement malveillante », reprend Frédéric Fanget. Pourquoi
dire du nouveau chef de projet qu’il a eu un blâme dans son ancien poste ? Par imitation (j’ai
toujours vu mes parents médire, je ne sais pas faire autrement), pour rationaliser une émotion
(la peur de la concurrence, par exemple), pour compenser le manque de sens (il aurait fallu
recruter en interne) ou récolter des informations sur lui en prêchant le faux…

Mais « la médisance est un sport risqué, observe Laurent Bègue : d’habileté sociale, elle peut
vite faire mauvais genre… et devenir un motif de mise à l’écart ». Dangereuse, elle l’est aussi,
bien sûr, pour celui qui en est la victime. « Il s’agit bien d’une volonté de détruire, même si
c’est symbolique », insiste Virginie Megglé.

Reconnaître son agressivité


Pratiquée en douce, elle ôte à celui qui la subit toute possibilité de se défendre et peut laisser
des traces durables de soupçons. Le fameux « il n’y a pas de fumée sans feu » donne de la
crédibilité aux informations les plus fausses. Le bouche-à-oreille les aggrave, les amplifie et
transforme la médisance en rumeur. « Une fois notre réputation ternie, les autres se chargent
de l’entretenir, voire de la noircir », remarque Laurent Bègue. D’autant que nous retiendrions
mieux et jugerions plus révélatrices les informations négatives que les positives.
Surtout, « la médisance ne règle aucun problème, ne donne pas de satisfaction durable,
prévient Virginie Megglé. Sauf en cure thérapeutique ». Car alors, autorisée, elle reste dans le
secret du cabinet. « Reconnaître son agressivité ouvre sur une meilleure connaissance et
acceptation de soi, y compris dans ses zones d’ombre. Sortant de la victimisation, le patient
met cette énergie au service de sa construction et de son mieux-être. » Sûr de lui, il n’a plus
besoin de dénigrer les autres pour se faire valoir. Et, peu à peu, la langue de vipère se fait
blanche colombe.

Et si j’en suis victime…

La médisance est dévastatrice. Parce qu’elle colle, en douce, une étiquette à celui qui en est
victime, elle le prive de défense et de liberté, tout geste étant ensuite interprété à l’aune de
l’accusation. « C’est ainsi que certains sont licenciés pour une broutille, sans comprendre
qu’une campagne de dénigrement a eu lieu derrière leur dos », rappelle Frédéric Fanget,
psychiatre et psychothérapeute. Comment y mettre fin ? « En rétablissant la communication. »
Par exemple, Paul a dit du mal de vous en présence de Léa, qui vous en informe. Vous pouvez
répondre à Léa que vous allez vérifier l’information auprès de lui. Puis, à Paul : « Il paraît que
tu dis cela de moi. Je comprends que tu n’aies pas pu me le dire directement, mais, comme
cela me concerne, j’aimerais qu’on en parle. » S’il tente de reporter la faute sur Léa, « cette
pipelette », ne vous laissez pas embarquer : « Je ne veux pas médire sur elle, je préfère que
l’on parle de ce qui se passe entre nous. » Et s’il nie ? « C’est l’occasion de lui demander ce
qu’il pense de votre travail, de rétablir le dialogue », propose Frédéric Fanget. Peu de chance
qu’il recommence si vous avez réagi avec calme et dans un souci d’apaisement

Je n'ai pas confiance en moi


La question :
Est-ce le fait de ne pas avoir trouvé un équilibre familial ? Je vis seule et j'ai du mal à trouver une
motivation positive aux taches quotidiennes. Côté travail, ce n'est pas mieux. Je suis toujours en
retrait, j’évite les conflits, je n'arrive pas à trouver ma place. Je n’ai aucune confiance en moi.
Comment casser cet engrenage ? lilita – 36 ans

La réponse de Christophe André

Psychiatre et psychothérapeute

Les sources du manque de confiance en soi sont multiples : notre passé (comportements de
nos parents, éducation, manque d’encouragements, critiques répétées…) met en place de
mauvais réflexes, et notre présent (dérobades et ruminations) les maintient. Cela devient un
cercle vicieux : comme on doute de soi, on évite de s’engager et de s’affirmer, et de prendre
des risques. Mais moins on agit et plus on doute…

À la longue, il se produit ce que vous décrivez : on se sent toujours un peu dans la déprime et
la dévalorisation, on perd sa motivation et son élan vital. Normal, car il nous manque les deux
grands carburants de l’équilibre émotionnel : le sentiment d’efficacité personnelle (sentir et
observer que nos actes ont une relative efficacité) et le sentiment d’intégration sociale (sentir
et observer que ce que nous disons et éprouvons compte pour les autres).

Comment casser cet engrenage ? Par la vie et la thérapie. La vie : en vous efforçant de
rejoindre des clubs, des associations, de faire de nouveaux apprentissages dans des domaines
que vous aimez (sport, art,

culture) et au sein de groupes ; dans ces momentsaller vers les autres, les faire parler d’eux, vous
intéresser à eux. La thérapie : s

i ces efforts personnels vous sont difficiles, voir un thérapeute et travailler avec lui sur ce qui
vous a manqué ou marqué dans votre passé (travail de type psychanalytique) ; puis apprendre
à vous comporter différemment dans les situations sociales (comportementalisme et
affirmation de soi).

Vous pouvez lire par exemple un ouvrage très apprécié de nos patients : Oser ! Thérapie de la
confiance en soi.

Travail : déstressons-nous !
Le stress au travail, nous connaissons tous. Comment moins le subir ? En prenant soin de
nous-mêmes… au bureau. Bonne posture, pauses, étirements, vrai sas avec la vie privée…
Gilles Diederichs, sophrologue et spécialiste de la relaxation, nous donne les clés du bien-être
professionnel.

Margaux Rambert

Sommaire

 Se constituer une réserve anti-stress dès le matin


 Mettre à profit nos trajets
 Gagner de l’énergie avec une bonne posture
 Décompresser en faisant des pauses
 Prévenir les coups de barre
 Se préparer à des rendez-vous importants
 Laisser le travail… au travail

Débordés, pressurisés, soumis au culte de la performance et de la rentabilité… Le stress au


travail concerne chacun d’entre nous.

Mais il ne constitue pas une fatalité, selon Gilles Diederichs, sophrologue et spécialiste de la
relaxation. « C’est quelque chose de tout à fait naturel. Dans la vie, il y a des moments hauts,
heureux et des moments bas, pénibles. C’est entre les deux que l’on doit se construire une
voie. Et ceci implique de muter, d’accepter que certaines choses changent, meurent même
parfois. En cela, le stress nous oblige à évoluer. Lorsqu’il nous révèle notre potentiel de
développement, de changement, loin d’être un ennemi, il devient un véritable allié. Et peut
même nous renforcer ». A condition d’apprendre à le gérer. D’apprendre aussi à laisser le
travail à sa juste place, à ne pas se laisser envahir par les tensions, la fatigue…

Pour y arriver, un seul moyen : prendre soin de soi, non seulement dans sa vie privée, mais
aussi professionnelle. Et l’enjeu est de taille. Gilles Diederichs l’assure : le travail est un
chemin privilégié de développement intérieur, personnel.

Se constituer une réserve anti-stress dès le matin

Pour beaucoup d’entre nous, la course quotidienne commence dès le réveil : dès que celui-ci
sonne, nous sautons du lit, nous nous jetons sur une tasse de café, mangeons peu (ou pas du
tout), et partons précipitamment. Le matin, nous n’avons « pas le temps », répétons-nous à
l’envi.

Et si, désormais, nous essayions de le prendre ?

L’enjeu
Gilles Diederichs : « En dormant, nous nous ressourçons très profondément. Que nos nuits
soient bonnes ou agitées, elles sont l’occasion d’un vrai travail psychique, chimique,
énergétique. Mais il est important de se défaire de cette humeur de la nuit pour faire place au
jour. Il faut donc prendre le temps de passer à autre chose, de tourner la page. C’est comme un
bébé à qui l’on apprend à faire la différence entre le jour et la nuit. Aujourd’hui, les adultes
semblent de nouveau confondre l’un et l’autre. Ils continuent à penser pendant la nuit, à
s’agiter nerveusement, physiquement… Pour commencer sa journée avec une nouvelle
énergie, il est important de faire du lever un moment à soi. »
L’exercice
Dès le matin, nous pouvons nous constituer une « réserve anti-stress ». A condition de prendre
quelques minutes pour nous lever du bon pied.

=> Découvrir l’exercice.

Mettre à profit nos trajets


Testez-vous !

Etes-vous stressé(e) au travail ? Savez-vous garder votre sang-froid au bureau ?

Métros, trains ou bus bondés, embouteillages monstres ; temps de trajet de plus en plus
longs… Se rendre au travail constitue souvent la première source de stress de la journée. Mais
il est possible de tirer parti de ce passage obligé (et souvent redouté !).

En s’automassant, en écoutant de la musique ou des sons de la nature, en s’étirant, en faisant


attention à sa respiration, on peut en profiter pour s’occuper de soi et ainsi arriver en forme au
travail.

L’enjeu
Gilles Diederichs : « Que vous soyez dans un train, un métro ou une voiture, l’objectif est de
vous centrer sur vous, et particulièrement sur le centre de votre corps, au niveau de votre
hara. L’énergie que vous allez ainsi développer va vous rendre disponible pour travailler.
Vous aurez créé un sas, et fermé la porte de votre vie privée. Ainsi, une fois au travail, vous
ne serez pas atteignable. Il existe deux types d’immunité : l’une physiologique, l’autre
psychologique. Si vous arrivez au bureau avec une énergie faible, avec des failles, il est
certain qu’à un moment ou à un autre, vous allez vous sentir piqué par une remarque, agressé,
en défaillance, et tous vos problèmes intérieurs vont alors ressortir. Il est donc important de
vous construire une aura de protection dès le matin. »

Pour les Japonais, le hara, zone située trois doigts en-dessous de notre nombril, constitue un
réservoir d’énergie vitale.

L’exercice
Profitons de notre temps de trajet pour glisser doucement de notre vie privée à notre vie
professionnelle.

=> Découvrir l’exercice

Gagner de l’énergie avec une bonne posture


Combien sommes-nous à ne pas nous tenir correctement devant notre bureau ? A être mal
assis, tordus, avachis ? Et à en avoir conscience, sans pour autant y changer grand chose ?

Pourtant, une bonne posture est le gage d’une bonne circulation de l’énergie. Quand, à
l’inverse, une mauvaise position peut nous en faire perdre…

L’enjeu
Gilles Diederichs : « Une mauvaise posture fait perdre environ 20 à 30% d’énergie. En effet,
elle demande à être rectifiée constamment par de micromouvements. Le problème, c’est que
nous nous habituons très bien à de petites douleurs qui sont douces. Si vous êtes mal assis,
votre énergie entre le haut et le bas de votre corps va moins bien circuler. Conséquence : le
stress va commencer à se faire sentir. Une bonne posture permet aussi une bonne vision.
Celle-ci peut prendre 80% de l’énergie pour bien fonctionner. En sachant que le cerveau en a
besoin de 20%, il n’y a plus rien pour le reste. »

L’exercice
Quelques étirements et une vérification régulière de notre position peuvent nous aider à
prévenir le stress.

=> Découvrir l’exercice

Décompresser en faisant des pauses

Pour évacuer le stress et la fatigue, quoi de mieux qu’une pause ? Mais si les fumeurs
descendent régulièrement allumer une cigarette, d’autres passent des heures assis derrière leur
bureau, leur écran, sans parfois même se lever.

Résultat : une nuque souvent contractée, un dos noué, des yeux fatigués, une tête sur le point
d’exploser... Pour lutter contre ces tensions, une seule solution : bouger !

L’enjeu
Gilles Diederichs : « Dans l’idéal, levez-vous au moins toutes les 40 minutes. Il ne faut pas
avoir peur d’être regardé par les autres. On ne devrait pas être jugé lorsque l’on cherche à
prendre l’air ou à faire un mini sport intérieur. En une minute à peine, vous pouvez vous
lever, faire quelques mouvements de pied, tourner vos poignets, votre tête, retendre votre dos
et vous rasseoir. Vous pouvez aussi chauffer vos mains entre elles et les passer sur votre
visage, vous masser la nuque, les mains… Deux fois par jour, accordez-vous également des
pause coupe stress : n’oubliez pas notamment de manger - des fruits secs par exemple -, pour
éviter les moments d’hypoglycémie et les sautes d’humeur ».

L’exercice
En quelques gestes simples, nous pouvons décompresser et réveiller l’énergie de notre corps
et de notre esprit.

=> Découvrir l’exercice

Prévenir les coups de barre

Sensation de lourdeur, de fatigue, envie de sieste... Difficile, dans une journée de travail,
d’échapper aux fameux coups de barre.

La solution pour les éviter ? Plutôt que se ruer sur un café, ce qu’il faut à ce moment-là, c’est
revitaliser son énergie.

L’enjeu
Gilles Diederichs : « Lorsque l’on n’a plus d’énergie, c’est qu’il faut prendre du temps pour
soi. Les coups de barre, on peut toujours les masquer. Le problème, c’est que les gens
prennent des excitants, qui ne donnent pas de l’énergie à long terme. Si vous avez besoin de
tenir encore un peu, assis, faites comme les enfants qui sont impatients. Tapez des pieds par
terre tout en tapant en même temps sur vos cuisses. Cela va vous relancer, mais encore une
fois, à court terme. Il n’y a qu’une chose à faire pour un corps fatigué : se mettre au repos. »

L’exercice
Les coups de barre, nous pouvons essayer de les prévenir. Comme le plus redoutable d’entre
eux, celui d’après-déjeuner.

=> Découvrir l’exercice

Se préparer à des rendez-vous importants


Mains moites, rythme cardiaque qui s’accélère… Pour éviter toute panique lors d’une réunion
ou d’un rendez-vous, il est important de s’y préparer, tant mentalement, que physiquement.

La clé ? Ne pas hésiter à prendre soin de soi, à se faire du bien, avant toute échéance.

L’enjeu
Gilles Diederichs : « En faisant attention à vous, votre pensée va se concentrer sur du bien-
être. Cela va vous ancrer dans l’ici et le maintenant, éliminer toutes les pensées parasites, et
vous rendre disponible, non seulement aux autres, mais d’abord à vous-même. Et c’est
important dans un rendez-vous : il faut avoir une immunité psychologique, sans quoi, on
risque d’être manipulé. Après, l’essentiel de la préparation repose sur la respiration. Si vous
prenez une inspiration courte, par le nez, avec une respiration plus longue, plus lente, en
pinçant la bouche, un peu comme si vous souffliez dans une paille, vous allez chasser votre
stress. Si, à l’inverse, vous prenez des inspirations beaucoup plus longues que les expirations,
vous allez vous dynamiser ».

L’exercice
Avant un rendez-vous ou une réunion importante, une phase physique et une phase mentale de
préparation s’imposent.

=> Découvrez l’exercice

Laisser le travail… au travail

Retrouvez les 7 exercices pour se détendre au travail proposés par Gilles Diederichs dans
notre diaporama.

Entre la pression omniprésente, les réunions du lendemain, les projets en retard, les to do list à
n’en plus finir, il est parfois difficile, une fois rentré chez soi, de ne plus penser au travail.

D’autant qu’avec les moyens de communication modernes, nous y sommes en permanence


connectés.

Mais il est fondamental de parvenir à créer des sas.

L’enjeu
Gilles Diederichs : « L’idée, c’est d'être toujours disponible à vous-même. Que cela soit
pendant votre journée de travail, ou le soir, avec votre famille, vos amis… La séparation entre
l’univers professionnel et privé est importante car sinon, vous n’êtes plus disponible à vous-
même mais aux problèmes. Imaginons que quelque chose vous a contrarié dans la journée, et
que n’avez pas pu régler cela avant de quitter votre travail. Il faut faire un sas, sinon, il est fort
à parier que vous allez faire retomber cette contrariété sur votre conjoint, vos enfants… Ou
vous renfermer sur vous-même. Non seulement vous faites alors supporter votre problème aux
autres, mais aussi à vous-même, puisque vous vous empêchez de bénéficier de ce qui vous
entoure, d’un moment qui devrait être ressourçant. D’où l’importance, parfois, de savoir dire
stop à une information, et de la remettre à sa place ».

L’exercice
Le retour chez soi, le soir, est le moment idéal pour se couper de son travail et s'ouvrir à sa vie
privée.

=> Découvrir l’exercice

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