AVOIR
AVOIR
(Yves Duteil)
Loin des vieux livres de grammaire,
Écoutez comment un beau soir,
Ma mère m'enseigna les mystères
Du verbe être et du verbe avoir.
Et de palabres interminables
En arguties alambiquées,
Nos deux frères inséparables
Ont pu être et avoir été...
Prends le temps de ...
Que, sans mot dire, je t'ai laissé découvrir par toi-même que
tel ami choisi entre mille, ne valait pas grand-chose.
C'est par amour que je t'ai accepté tel que tu es sans songer
à ce que j'aurais souhaité que tu sois.
C'est par amour, surtout, que j'ai eu le courage de te dire
non, sachant très bien que tu m'en voudrais. Et cela a été plus
dur que tout le reste.
Auteur inconnu
.
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L'isolement ou la solitude
.
L'isolement, c'est... La solitude c'est...
.
Un après-midi avec Dieu
Il était une fois un petit garçon qui voulait rencontrer
Dieu. Comme il savait que ce serait un long voyage pour
se rendre à Sa maison, il remplit sa valise de petits
gâteaux et de six bouteilles de limonade, et il se mit en
route.
.
.
Auteur inconnu
.
La valeur d'un billet de 20$
Un conférencier bien connu commence son séminaire en tenant bien
haut un
billet de 20$. Il demande aux gens :
Plusieurs fois dans votre vie vous serez froissés, rejetés, souillés par
les gens ou par les événements. Vous aurez l'impression que vous ne
valez plus
rien, mais en réalité votre valeur n'aura pas changé aux yeux des
gens qui
vous aiment !
Auteur inconnu
.
Le petit garçon
au mauvais caractère
Son père lui donna un sachet de clous et lui dit d'en planter un
dans la barrière du jardin chaque fois qu'il perdrait patience
et se disputerait avec quelqu'un.
Alors il alla voir son père et lui dit que pour ce jour il n'avait
planté aucun clou. Son père lui dit alors d'enlever un clou de la
barrière pour chaque jour où il n'aurait pas perdu patience.
Auteur inconnu
Envoi d'un visiteur
.
.
Le paradis et l'enfer
Un vieux moine était assis sur le bord de la route, les yeux fermés,
les jambes croisées, les mains posées sur les genoux. Il restait assis
là, méditant profondément. Soudain son zazen fut interrompu par la
voix rauque et revendicatrice d'un samouraï. « Vieil homme! Dis-moi
à quoi ressemble l'enfer et le paradis! »
Sur le coup, le moine n'eut pas la moindre réaction. Mais peu à peu, il
ouvrit les yeux, releva imperceptiblement les commissures de ses
lèvres, comme pour sourire, tandis que le samouraï restait planté là,
impatient, de plus en plus agité.
En soirée lorsque son mari arrive à la maison, elle lui dit ce qui
s'était passé.
- " Va leur dire que je suis à la maison et invite-les à entrer ! " dit-il
à sa femme.
Leur belle-fille qui était dans une autre pièce, entendit leur
conversation, elle sauta sur l'occasion pour faire sa propre
suggestion.
- " Ne serait-il pas mieux d'inviter AMOUR ? La maison sera alors
remplie d'amour " !
- " Tenons compte du conseil de notre belle-fille, dit le mari à sa
femme. Sors et invite AMOUR à être notre invité. "
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Le Grenier de Bibiane
Le pêcheur mexicain
(Auteur anonyme)
Au bord de l'eau, dans un petit village mexicain, un
bateau rentre au port, ramenant plusieurs thons.
L'Américain complimente le pêcheur mexicain sur la
qualité de ses poissons et lui demande combien de
temps il lui a fallu pour les capturer :" Pas très
longtemps ", répond le Mexicain.
« Mes paroles s'évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable », répondit le Sage.
« Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras 3 portes. Lis les
préceptes indiqués sur chacune d'entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne
cherche pas à t'en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne
puis t'en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis
cette route, droit devant toi ».
Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire :
«CHANGE LE MONDE ».
« C'était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde,
d'autres ne me conviennent pas ».
Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au
monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et
l’ivresse du conquérant, mais pas l'apaisement du coeur. Il réussit à changer certaines choses mais
beaucoup d'autres lui résistèrent.
Bien des années passèrent. Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande :
« J'ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m'échappe, ce qui
dépend de moi et ce qui n'en dépend pas ».
« C'est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce
qui échappe à ton emprise ».
Et il disparut.
Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire:
Et il s'insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha
à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat. Bien des
années passèrent.
Un jour, alors qu'il méditait sur l'utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa le Vieux
Sage qui lui demanda :
« J'ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de
mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n'en sont que le révélateur ou l'occasion.
C'est en moi que prennent racine toutes ces choses ».
« Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu'ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même. Soit
reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font
naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t'enseigne ce qui te reste à
apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir ».
Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots
« CHANGE-TOI TOI-MEME ».
« Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c'est bien ce qu’il me reste à faire », se dit-il.
Et il entama son troisième combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses
imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne
correspondait pas à son idéal. Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais
aussi des échecs et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda :
« J'ai appris, répondit le Prince, qu'il y a en nous des choses qu'on peut améliorer, d'autres qui nous
résistent et qu'on n'arrive pas à briser ».
« Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de ma battre contre tout, contre tous, contre
moi-même. Cela ne finira-t-il jamais? Quand trouverai-je le repos ? J'ai envie de cesser le combat,
de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise ».
« C'est justement ton prochain apprentissage », dit le Vieux Sage. « Mais avant d'aller plus loin,
retourne-toi et contemple le chemin parcouru ».
Et il disparut.
Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la troisième porte et s'aperçut qu'elle portait sur
sa face arrière une inscription qui disait
« ACCEPTE-TOI TOI-MEME ».
Le Prince s'étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu'il avait franchi la porte la première
fois, dans l'autre sens.
Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu'il avait rejeté et combattu en lui : ses
défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à
les accepter, à les aimer. Il apprit à s'aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer.
« J'ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c'est me condamner à ne
jamais être en accord avec moi-même.
J'ai appris à m'accepter moi-même, totalement, inconditionnellement ».
A peine arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut :
Tout autour de lui il reconnut les personnes qu'il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu'il avait aimées
comme celles qu'il avait détestées.
Celles qu'il avait soutenues et celles qu'il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était
maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l'avait tellement
gêné et contre quoi il s'était battu. Il rencontra à nouveau le Vieux Sage.
« J'ai appris, répondit le Prince, qu'en étant en accord avec moi-même, je n'avais plus rien à
reprocher aux autres, plus rien à craindre d'eux. J'ai appris à accepter et à aimer les autres
totalement, inconditionnellement. »
Arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut :
« ACCEPTE LE MONDE ».
Curieux, se dit-il, que je n'aie pas vu cette inscription la première fois. Il regarda autour de lui et
reconnut ce monde qu'il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l'éclat
et la beauté de toute chose. Par leur perfection. C'était pourtant le même monde qu'autrefois. Était-
ce le monde qui avait changé ou son regard? Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :
« Qu'as-tu appris sur le chemin ? »
« J'ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde,
elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée,
le monde lui semble triste. Le monde, lui, n'est ni triste ni gai. Il est là ; il existe ; c'est tout. Ce
n'était pas le monde qui me troublait, mais l'idée que je m'en faisais. J'ai appris à accepter sans le
juger, totalement, inconditionnellement ».
« C'est la 3ème Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les
autres et avec le Monde ».
« Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil , dit le Vieux Sage, celui du passage du silence de
la plénitude à la Plénitude du Silence ».
Auteur inconnu.
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Le Grenier de Bibiane
El Gouna (Mer Rouge, Égypte) : la Turtle House (litt. « maison tortue ») de l'architecte et designer
allemand Kurt Völtzke (Atelier Color, Chemnitz) (www.turtle-guest-house.com; www.atelier-
color.de).
© Marc Ryckaert (MJJR)
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Cécile Guéret
Sommaire
Détester ensemble
Se rassurer sur sa normalité
Reconnaître son agressivité
Et si j’en suis victime…
« Louis a encore obtenu la mission la plus intéressante. Pas étonnant, avec la drague qu’il fait
à la directrice », s’énerve celui qui aimerait être promu. « Quoi ? Cette maigrichonne ? Je suis
sûre qu’elle est anorexique », assène son interlocutrice. Ah, le savoureux plaisir de la
médisance, petite méchanceté
partagée sur le ton de la confidence ! Entre amis, collègues ou en famille, cela fait du bien de
dire du mal. Des autres, bien sûr. À leur insu et avec des accusations infondées, c’est plus
drôle. Un comportement réservé aux pervers manipulateurs ? Plutôt une activité répandue, à
en croire Laurent Bègue, psychologue social, auteur de L'agression humaine, puisque « 60 %
des conversations d’adultes ont pour objet un absent. Et la plupart émettent un jugement ».
Chacun sait que ce n’est pas bien de médire. Et personne n’aime passer pour une langue de
vipère. Mais rares sont ceux qui partent quand l’histoire est croustillante… Pourquoi
plongeons-nous irrésistiblement dans ce plaisir coupable ?
Détester ensemble
Médire crée du lien social. Comme les primates s’épouillent, l’homme moderne cancane. «
Détester ensemble forge des liens plus forts que de partager du positif », révèle Laurent
Bègue. Deux inconnus se sentiront plus familiers s’ils médisent sur un tiers que s’ils en disent
du bien. Ils s’assurent ainsi de partager les mêmes valeurs. « L’absent est le mauvais objet ;
par opposition, le calomniateur devient le bon objet, le gentil », souligne Frédéric Fanget,
psychiatre et psychothérapeute comportementaliste. À cela s’ajoute le délicieux frisson de la
transgression, puisque la norme sociale implicite veut que l’on soit aimable et positif. Celui
qui dit du mal prend donc le risque d’être mal vu. Pourtant, c’est le contraire qui advient : l’air
sincère, le médisant montre à son interlocuteur qu’il lui fait confiance. Touché, ce dernier est
alors plus disposé à partager, à son tour, ses secrets.
Malgré sa mauvaise réputation, la médisance a une fonction positive : transmettre les normes
et les valeurs du groupe. En désignant ce qu’il ne faut pas faire et en jetant l’opprobre sur
ceux qui transgressent, elle tient le rôle d’un mécanisme de contrôle. Elle met la pression sur
ceux qui s’écartent du chemin, comme sur les nouveaux venus, auxquels elle donne des
informations nécessaires à leur intégration. « En écoutant les cancans, j’ai appris plein de
choses sur ma nouvelle entreprise, raconte Marie, 38 ans. Par exemple, qu’il était considéré
comme inhumain de ne pas appeler ses enfants plusieurs fois par jour alors que, dans mon
ancienne équipe, tout coup de fil perso était banni ! » C’est, en outre, un atout dans la
progression sociale. Nous répétons les mésaventures de nos rivaux, surtout s’ils sont du même
sexe que nous et de statut supérieur. Le but caché : utiliser ces informations pour grimper
socialement. Pire, nous en jubilons ! C’est la Schadenfreude mesurée par l’imagerie cérébrale,
terme allemand pour désigner la joie éprouvée face au malheur d’autrui. « Car, au niveau
inconscient, nous survivons à celui que nous voulons éliminer symboliquement », explique la
psychanalyste Virginie Megglé, auteure de La projection, à chacun son film (Eyrolles 2009).
D’où ce sourire difficile à cacher lorsque nous apprenons que notre belle-soeur détestée a un
coup dur… Même s’il s’accompagne d’un petit pincement de honte et de culpabilité.
Pourquoi tant de haine ? « Frustration, colère, jalousie… toutes les raisons qui expliquent les
comportements agressifs », détaille Laurent Bègue. Et qui font la nature humaine. « La
médisance apparaît dans la toute petite enfance, quand, hors du giron familial, nous nous
comparons aux autres », constate Virginie Megglé. Interdits de mordre et de donner des coups
de pelle, nous passons à la violence verbale. « Pour rester le préféré de nos parents, nous
dévalorisons nos camarades, poursuit- elle. Pour nous rassurer sur notre propre normalité,
nous disons du mal de celui qui paraît différent. » « C’est un échec de l’affirmation de soi,
affirme Frédéric Fanget. Lorsque l’on ne s’estime pas, on s’évalue par rapport aux autres, on
se dénigre. »
Nous médisons pour dire nos angoisses, solliciter du réconfort, de l’aide… Pour dire
indirectement du bien de nous et de celui qui nous écoute, complice. Nous avons aussi le
plaisir d’attiser la curiosité, de monopoliser l’espace de parole, de signaler que nous détenons
des informations… Le « T’as vu comme la jupe de ma soeur est courte, c’est indécent ! »
susurré à l’oreille de notre conjoint peut cacher un besoin de nous rassurer sur notre propre
pouvoir de séduction. D’autant que nous visons celui qui pointe nos défaillances, qui nous
dérange là où nous nous sentons fragiles. Nous nous rassurons de nos insuccès, en nous
convainquant, par exemple, que « le voisin a magouillé pour avoir son permis de construire ».
« Par projection, nous pouvons aussi attribuer à autrui un défaut que nous refusons d’avoir »,
éclaire Virginie Megglé. « Elle est arriviste », dit ainsi celui qui a des scrupules à réussir. «
Car la médisance n’est pas nécessairement malveillante », reprend Frédéric Fanget. Pourquoi
dire du nouveau chef de projet qu’il a eu un blâme dans son ancien poste ? Par imitation (j’ai
toujours vu mes parents médire, je ne sais pas faire autrement), pour rationaliser une émotion
(la peur de la concurrence, par exemple), pour compenser le manque de sens (il aurait fallu
recruter en interne) ou récolter des informations sur lui en prêchant le faux…
Mais « la médisance est un sport risqué, observe Laurent Bègue : d’habileté sociale, elle peut
vite faire mauvais genre… et devenir un motif de mise à l’écart ». Dangereuse, elle l’est aussi,
bien sûr, pour celui qui en est la victime. « Il s’agit bien d’une volonté de détruire, même si
c’est symbolique », insiste Virginie Megglé.
La médisance est dévastatrice. Parce qu’elle colle, en douce, une étiquette à celui qui en est
victime, elle le prive de défense et de liberté, tout geste étant ensuite interprété à l’aune de
l’accusation. « C’est ainsi que certains sont licenciés pour une broutille, sans comprendre
qu’une campagne de dénigrement a eu lieu derrière leur dos », rappelle Frédéric Fanget,
psychiatre et psychothérapeute. Comment y mettre fin ? « En rétablissant la communication. »
Par exemple, Paul a dit du mal de vous en présence de Léa, qui vous en informe. Vous pouvez
répondre à Léa que vous allez vérifier l’information auprès de lui. Puis, à Paul : « Il paraît que
tu dis cela de moi. Je comprends que tu n’aies pas pu me le dire directement, mais, comme
cela me concerne, j’aimerais qu’on en parle. » S’il tente de reporter la faute sur Léa, « cette
pipelette », ne vous laissez pas embarquer : « Je ne veux pas médire sur elle, je préfère que
l’on parle de ce qui se passe entre nous. » Et s’il nie ? « C’est l’occasion de lui demander ce
qu’il pense de votre travail, de rétablir le dialogue », propose Frédéric Fanget. Peu de chance
qu’il recommence si vous avez réagi avec calme et dans un souci d’apaisement
Psychiatre et psychothérapeute
Les sources du manque de confiance en soi sont multiples : notre passé (comportements de
nos parents, éducation, manque d’encouragements, critiques répétées…) met en place de
mauvais réflexes, et notre présent (dérobades et ruminations) les maintient. Cela devient un
cercle vicieux : comme on doute de soi, on évite de s’engager et de s’affirmer, et de prendre
des risques. Mais moins on agit et plus on doute…
À la longue, il se produit ce que vous décrivez : on se sent toujours un peu dans la déprime et
la dévalorisation, on perd sa motivation et son élan vital. Normal, car il nous manque les deux
grands carburants de l’équilibre émotionnel : le sentiment d’efficacité personnelle (sentir et
observer que nos actes ont une relative efficacité) et le sentiment d’intégration sociale (sentir
et observer que ce que nous disons et éprouvons compte pour les autres).
Comment casser cet engrenage ? Par la vie et la thérapie. La vie : en vous efforçant de
rejoindre des clubs, des associations, de faire de nouveaux apprentissages dans des domaines
que vous aimez (sport, art,
culture) et au sein de groupes ; dans ces momentsaller vers les autres, les faire parler d’eux, vous
intéresser à eux. La thérapie : s
i ces efforts personnels vous sont difficiles, voir un thérapeute et travailler avec lui sur ce qui
vous a manqué ou marqué dans votre passé (travail de type psychanalytique) ; puis apprendre
à vous comporter différemment dans les situations sociales (comportementalisme et
affirmation de soi).
Vous pouvez lire par exemple un ouvrage très apprécié de nos patients : Oser ! Thérapie de la
confiance en soi.
Travail : déstressons-nous !
Le stress au travail, nous connaissons tous. Comment moins le subir ? En prenant soin de
nous-mêmes… au bureau. Bonne posture, pauses, étirements, vrai sas avec la vie privée…
Gilles Diederichs, sophrologue et spécialiste de la relaxation, nous donne les clés du bien-être
professionnel.
Margaux Rambert
Sommaire
Mais il ne constitue pas une fatalité, selon Gilles Diederichs, sophrologue et spécialiste de la
relaxation. « C’est quelque chose de tout à fait naturel. Dans la vie, il y a des moments hauts,
heureux et des moments bas, pénibles. C’est entre les deux que l’on doit se construire une
voie. Et ceci implique de muter, d’accepter que certaines choses changent, meurent même
parfois. En cela, le stress nous oblige à évoluer. Lorsqu’il nous révèle notre potentiel de
développement, de changement, loin d’être un ennemi, il devient un véritable allié. Et peut
même nous renforcer ». A condition d’apprendre à le gérer. D’apprendre aussi à laisser le
travail à sa juste place, à ne pas se laisser envahir par les tensions, la fatigue…
Pour y arriver, un seul moyen : prendre soin de soi, non seulement dans sa vie privée, mais
aussi professionnelle. Et l’enjeu est de taille. Gilles Diederichs l’assure : le travail est un
chemin privilégié de développement intérieur, personnel.
Pour beaucoup d’entre nous, la course quotidienne commence dès le réveil : dès que celui-ci
sonne, nous sautons du lit, nous nous jetons sur une tasse de café, mangeons peu (ou pas du
tout), et partons précipitamment. Le matin, nous n’avons « pas le temps », répétons-nous à
l’envi.
L’enjeu
Gilles Diederichs : « En dormant, nous nous ressourçons très profondément. Que nos nuits
soient bonnes ou agitées, elles sont l’occasion d’un vrai travail psychique, chimique,
énergétique. Mais il est important de se défaire de cette humeur de la nuit pour faire place au
jour. Il faut donc prendre le temps de passer à autre chose, de tourner la page. C’est comme un
bébé à qui l’on apprend à faire la différence entre le jour et la nuit. Aujourd’hui, les adultes
semblent de nouveau confondre l’un et l’autre. Ils continuent à penser pendant la nuit, à
s’agiter nerveusement, physiquement… Pour commencer sa journée avec une nouvelle
énergie, il est important de faire du lever un moment à soi. »
L’exercice
Dès le matin, nous pouvons nous constituer une « réserve anti-stress ». A condition de prendre
quelques minutes pour nous lever du bon pied.
Métros, trains ou bus bondés, embouteillages monstres ; temps de trajet de plus en plus
longs… Se rendre au travail constitue souvent la première source de stress de la journée. Mais
il est possible de tirer parti de ce passage obligé (et souvent redouté !).
L’enjeu
Gilles Diederichs : « Que vous soyez dans un train, un métro ou une voiture, l’objectif est de
vous centrer sur vous, et particulièrement sur le centre de votre corps, au niveau de votre
hara. L’énergie que vous allez ainsi développer va vous rendre disponible pour travailler.
Vous aurez créé un sas, et fermé la porte de votre vie privée. Ainsi, une fois au travail, vous
ne serez pas atteignable. Il existe deux types d’immunité : l’une physiologique, l’autre
psychologique. Si vous arrivez au bureau avec une énergie faible, avec des failles, il est
certain qu’à un moment ou à un autre, vous allez vous sentir piqué par une remarque, agressé,
en défaillance, et tous vos problèmes intérieurs vont alors ressortir. Il est donc important de
vous construire une aura de protection dès le matin. »
Pour les Japonais, le hara, zone située trois doigts en-dessous de notre nombril, constitue un
réservoir d’énergie vitale.
L’exercice
Profitons de notre temps de trajet pour glisser doucement de notre vie privée à notre vie
professionnelle.
Pourtant, une bonne posture est le gage d’une bonne circulation de l’énergie. Quand, à
l’inverse, une mauvaise position peut nous en faire perdre…
L’enjeu
Gilles Diederichs : « Une mauvaise posture fait perdre environ 20 à 30% d’énergie. En effet,
elle demande à être rectifiée constamment par de micromouvements. Le problème, c’est que
nous nous habituons très bien à de petites douleurs qui sont douces. Si vous êtes mal assis,
votre énergie entre le haut et le bas de votre corps va moins bien circuler. Conséquence : le
stress va commencer à se faire sentir. Une bonne posture permet aussi une bonne vision.
Celle-ci peut prendre 80% de l’énergie pour bien fonctionner. En sachant que le cerveau en a
besoin de 20%, il n’y a plus rien pour le reste. »
L’exercice
Quelques étirements et une vérification régulière de notre position peuvent nous aider à
prévenir le stress.
Pour évacuer le stress et la fatigue, quoi de mieux qu’une pause ? Mais si les fumeurs
descendent régulièrement allumer une cigarette, d’autres passent des heures assis derrière leur
bureau, leur écran, sans parfois même se lever.
Résultat : une nuque souvent contractée, un dos noué, des yeux fatigués, une tête sur le point
d’exploser... Pour lutter contre ces tensions, une seule solution : bouger !
L’enjeu
Gilles Diederichs : « Dans l’idéal, levez-vous au moins toutes les 40 minutes. Il ne faut pas
avoir peur d’être regardé par les autres. On ne devrait pas être jugé lorsque l’on cherche à
prendre l’air ou à faire un mini sport intérieur. En une minute à peine, vous pouvez vous
lever, faire quelques mouvements de pied, tourner vos poignets, votre tête, retendre votre dos
et vous rasseoir. Vous pouvez aussi chauffer vos mains entre elles et les passer sur votre
visage, vous masser la nuque, les mains… Deux fois par jour, accordez-vous également des
pause coupe stress : n’oubliez pas notamment de manger - des fruits secs par exemple -, pour
éviter les moments d’hypoglycémie et les sautes d’humeur ».
L’exercice
En quelques gestes simples, nous pouvons décompresser et réveiller l’énergie de notre corps
et de notre esprit.
Sensation de lourdeur, de fatigue, envie de sieste... Difficile, dans une journée de travail,
d’échapper aux fameux coups de barre.
La solution pour les éviter ? Plutôt que se ruer sur un café, ce qu’il faut à ce moment-là, c’est
revitaliser son énergie.
L’enjeu
Gilles Diederichs : « Lorsque l’on n’a plus d’énergie, c’est qu’il faut prendre du temps pour
soi. Les coups de barre, on peut toujours les masquer. Le problème, c’est que les gens
prennent des excitants, qui ne donnent pas de l’énergie à long terme. Si vous avez besoin de
tenir encore un peu, assis, faites comme les enfants qui sont impatients. Tapez des pieds par
terre tout en tapant en même temps sur vos cuisses. Cela va vous relancer, mais encore une
fois, à court terme. Il n’y a qu’une chose à faire pour un corps fatigué : se mettre au repos. »
L’exercice
Les coups de barre, nous pouvons essayer de les prévenir. Comme le plus redoutable d’entre
eux, celui d’après-déjeuner.
La clé ? Ne pas hésiter à prendre soin de soi, à se faire du bien, avant toute échéance.
L’enjeu
Gilles Diederichs : « En faisant attention à vous, votre pensée va se concentrer sur du bien-
être. Cela va vous ancrer dans l’ici et le maintenant, éliminer toutes les pensées parasites, et
vous rendre disponible, non seulement aux autres, mais d’abord à vous-même. Et c’est
important dans un rendez-vous : il faut avoir une immunité psychologique, sans quoi, on
risque d’être manipulé. Après, l’essentiel de la préparation repose sur la respiration. Si vous
prenez une inspiration courte, par le nez, avec une respiration plus longue, plus lente, en
pinçant la bouche, un peu comme si vous souffliez dans une paille, vous allez chasser votre
stress. Si, à l’inverse, vous prenez des inspirations beaucoup plus longues que les expirations,
vous allez vous dynamiser ».
L’exercice
Avant un rendez-vous ou une réunion importante, une phase physique et une phase mentale de
préparation s’imposent.
Retrouvez les 7 exercices pour se détendre au travail proposés par Gilles Diederichs dans
notre diaporama.
Entre la pression omniprésente, les réunions du lendemain, les projets en retard, les to do list à
n’en plus finir, il est parfois difficile, une fois rentré chez soi, de ne plus penser au travail.
L’enjeu
Gilles Diederichs : « L’idée, c’est d'être toujours disponible à vous-même. Que cela soit
pendant votre journée de travail, ou le soir, avec votre famille, vos amis… La séparation entre
l’univers professionnel et privé est importante car sinon, vous n’êtes plus disponible à vous-
même mais aux problèmes. Imaginons que quelque chose vous a contrarié dans la journée, et
que n’avez pas pu régler cela avant de quitter votre travail. Il faut faire un sas, sinon, il est fort
à parier que vous allez faire retomber cette contrariété sur votre conjoint, vos enfants… Ou
vous renfermer sur vous-même. Non seulement vous faites alors supporter votre problème aux
autres, mais aussi à vous-même, puisque vous vous empêchez de bénéficier de ce qui vous
entoure, d’un moment qui devrait être ressourçant. D’où l’importance, parfois, de savoir dire
stop à une information, et de la remettre à sa place ».
L’exercice
Le retour chez soi, le soir, est le moment idéal pour se couper de son travail et s'ouvrir à sa vie
privée.