VENI VIDI VIXI
Le poème intitulé « Veni, Vidi, Vixi » est les émotions qu’il exprime dans ce
poème sont plus raisonnées, moins impulsives que dans les premiers poèmes. La
colère et l’incompréhension de ces débuts face au drame de sa fille ont laissé place
à des sentiments plus méditatifs et délibérés. Le poète y exprime sa difficulté à
habiter ce monde qu’il ne reconnaît plus
Poème composé de 8 quatrains en alexandrins - rime ABBA embrassées.
Le titre du poème « Veni, Vidi, Vixi » qui se traduit par « Je suis venu, j’ai vu, j’ai
vécu » reprend la célèbre structure du « Veni, Vidi, Vici » de Jules César (Je suis
venu, j’ai vu, j’ai vaincu). La nuance sur le dernier terme « j’ai vécu » par rapport à
« j’ai vaincu » laisse penser à une forme de finalité. La mort de sa fille sonne la
cloche : son œuvre sur terre est terminée, le poète a assez vécu, sa vie est
maintenant révolue : il a fini de vivre, il est mort symboliquement.
Le poème se divise en 3 parties majeures. Chacune de ces parties décrit une étape
temporelle, que le poète prend le temps d’expliquer et de décrire :
• Les 3 premiers quatrains (v.1 à v.12) décrivent les raisons pour lesquelles le poète
considère que la vie est maintenant finie pour lui, qu’il est temps pour lui de
rejoindre l’ombre et d’accéder au repos
• Dans les 3 quatrains suivant (v.13 à v.24) le poète atteste qu’il a rempli son rôle
sur Terre : le monde porte à présent la trace éternelle de son travail acharné et de sa
souffrance.
• Les 2 derniers quatrains (v.25 à v.32) décrivent l’insignifiance, la nature vaine de
la vie d’Hugo et de son rôle à présent illusoire dans la société. Il est donc l’heure
pour lui de partir, de rejoindre sa fille décédée. En quoi le texte témoigne-t-il d’un
essoufflement de la force de vivre du poète dans un monde lui étant devenu
étranger ?
Problématique : En quoi le texte témoigne-t-il d’un essoufflement de la force de
vivre du poète dans un monde lui étant devenu étranger ?
I. Un témoignage du caractère à présent vain de sa vie
A. Une vie qui ne vaut plus la peine d’être vécue
Introduction du poème par l’affirmation brève « J’ai bien assez vécu » (v.1) puis
répéter à la fin de la 12ème strophe (v.12), comme pour affirmer sa décision, de la
certitude de celle-ci. Ces affirmations, ornées des 2 adverbes accolés « bien assez »
, le poète insiste sur l’aspect résolu de sa vie.
B. Une perte du goût de la vie
Dans ces trois premiers quatrains, Hugo nous donne les différentes démonstrations
de l’absence de jouissance de la vie dans son quotidien. Ce qui l’aurait ému ou fait
frémir autrefois ne l’affecte plus : le poète rit « à peine » (v.3) aux enfants qui
l’entourent, n’est « plus réjoui par les fleurs » (v.4), assiste « sans joie » (v.6) à
l’amour splendide qu’offre la nature. Chaque joie est amoindrie. Le poète est
devenu comme imperméable à la beauté de la nature, insensible aux émotions que
celle-ci procure.
C.Un homme dont le rôle sur terre est achevé.
De plus, le poète considère que sa tâche sur Terre est à présent terminée par
l’emploi de la métaphore « j’ai porté mon chaînon de la chaîne éternelle » (v.24). Il
a exercé son rôle de poète durant toute sa vie « Mon sillon? Le voilà. Ma gerbe ?
La voici. » . Le monde possède à présent la trace éternelle de son travail.
II. Le poète est abattu, affaibli par cette résistance perpétuelle
Le poète a perdu la force de vivre de ses débuts, il est épuisé, accablé par la vie.
Cet affaiblissement se traduit par un champ lexical de la souffrance et de
l’abattement « ayant beaucoup souffert » (v.20), « tombant sur les mains »(v.22), «
saignant »(v.22) .Le poète se décrit comme abattu autant physiquement que
mentalement, il ne trouve plus la force de se relever. Présence du laconisme de la
faiblesse « Morne, épuisé, raillé (…) » (v.23). L’économie des mots traduit ce
manque de force. Il ne trouve plus de raisons suffisantes pour lutter..
B. Le poète se résigne à sa défaite
Hugo abandonne son combat : « Mon regard ne s’ouvre qu’à demi »(v.25) « Je ne
me tourne plus quand on me nomme »(v.26) « Je ne daigne plus (…) répondre
»(v.29). Tel un malade qui s’abandonne à la maladie, Hugo cesse de lutter pour la
vie. Ce combat est trop épuisant. Cette force qui le maintenait en vie chaque jour
était sa fille, éternellement absente à présent.
C. Le poète aspire à la mort
Au 7ème vers, Hugo s’identifie comme l’Homme qui « fuit le jour » (v.7). La
raison de cette envie d’abandonner la vie, symbolisée par la métaphore de la fuite
du jour, se trouve à la 11ème strophe ou le poète invoque sa fille décédée par
l’utilisation de l’interjection « Ô ma fille ! » (v.11) puis exprime son souhait de la
rejoindre dans la mort, symbolisé par l’a métaphore de l’ombre « J’aspire à
l’ombre où tu reposes » (v.11). Hugo parvient à parler aux personnes décédées,
Dans un second temps, l’auteur clôt (ferme) le poème en suppliant pour une
deuxième fois la mort. Cette fois ci en s’adressant à Dieu par l’utilisation de
l’interjection et de l’exclamation « Ô seigneur ! » accompagné d’une utilisation de
l’impératif « ouvrez-moi les portes de la nuit »
Conclusion :
J’ai choisi ce poème car Le poème laisse entendre la détresse (difficultés) d’Hugo
face à un épuisement de ses forces physiques et morales. Celui-ci aspire
maintenant au monde du repos et de la tranquillité qu’est le monde de la mort car il
n’aperçoit plus de sens à sa présence sur terre ; la mort de sa fille lui a ôté (enlever)
à jamais la capacité de ressentir et d’apprécier la vie dans son aspect le plus
authentique.