Séisme
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« Séismes » redirige ici. Pour le roman de Jérôme Meizoz, voir Séismes (roman).
Il se produit de très nombreux séismes tous les jours, mais la plupart ne sont pas
ressentis par les humains. Environ cent mille séismes sont enregistrés chaque année
sur la planète1. Les plus puissants d'entre eux comptent parmi les catastrophes
naturelles les plus destructrices. Les séismes les plus importants modifient la période
de rotation de la Terre et donc la durée d’une journée (de l'ordre de la
microseconde).
La science qui étudie ces phénomènes est la sismologie, pratiquée par les
sismologues, et son instrument de mesure principal est le sismographe, qui produit
des sismogrammes. L'acquisition et l'enregistrement du signal s'obtiennent dans
une station sismique regroupant, outre les capteurs eux-mêmes, des enregistreurs,
numériseurs et antennes GPS, pour le positionnement géographique et le temps.
Histoire
un brusque glissement le long d'une faille au sein de la croûte terrestre et/ou dans la
lithosphère sous-jacente. Mais les théories ne parviennent pas trancher quel
phénomène est à l'origine de l'autre et ne peuvent expliquer le mécanisme. En 1884,
le géologue américain Grove Karl Gilbert propose le premier modèle de « cycle
sismique » linéaire et régulier, postulant que les séismes les plus importants ont
l'intervalle de récurrence4 le plus fort5. C'est en 1910, après le séisme de 1906 à San
Francisco, qu'un géodésien californien, Harry Fielding Reid (en), émet la théorie du
rebond élastique. Selon cette théorie, les contraintes déforment élastiquement
la croûte terrestre de part et d'autre de la faille, provoquant le déplacement
asismique des deux blocs séparés par cette zone de rupture potentielle (la faille est
alors inactive ou bloquée, et prend du retard par rapport à celles qui l'entourent, le
séisme lui permettant de rattraper ce retard selon le rythme de son fonctionnement
conçu comme régulier). Ce glissement est bloqué durant les périodes inter-sismiques
(entre les séismes), l'énergie s'accumulant par la déformation élastique des roches.
Lorsque leur résistance maximale est atteinte (phase cosismique), l'énergie est
brusquement libérée et la rupture se produit par le brusque relâchement de
contraintes élastiques préalablement accumulées par une lente déformation du sous-
sol, ce qui provoque un jeu de la faille. Après un épisode sismique (phase post-
sismique caractérisée par des répliques et des réajustements visco-élastiques), les
roches broyées de la faille se ressoudent au cours du temps et la faille acquiert une
nouvelle résistance. Le dispositif se réarme : la faille « se charge » puis se décharge
brusquement par relaxation de contrainte. Reid explique ainsi le cycle sismique
(cycle de chargement/déchargement)6 complété par les différentes périodes
sismiques de Wayne Thatcher7. Si ce modèle théorique de l'origine des
tremblements de terre est encore couramment accepté par la communauté
scientifique, il n'explique pas les récurrences sismiques irrégulières comme le révèle
les traces laissées par les séismes
(géomorphologie, paléosismologie, lichénométrie, dendrochronologie)8.
Origine
Séismes tectoniques
Les séismes tectoniques sont de loin les plus fréquents et dévastateurs. Une grande
partie des séismes tectoniques a lieu aux limites des plaques, où se produit un
glissement entre deux milieux rocheux. Une autre partie a lieu sur le long d'un plan
de fragilité existant ou néoformé. Ce glissement, localisé sur une ou plusieurs failles,
est bloqué durant les périodes inter-sismiques (entre les séismes) de déplacement
asismique des deux blocs séparés par la zone de rupture potentielle (la faille est
alors inactive), et l'énergie s'accumule par la déformation élastique des roches14.
Cette énergie et le glissement sont brusquement relâchés lors des séismes15. Dans
les zones de subduction, les séismes représentent en nombre la moitié de ceux qui
sont destructeurs sur la Terre, et dissipent 75 % de l'énergie sismique de la planète.
C'est le seul endroit où on trouve des séismes profonds (de 300 à 645 kilomètres).
Au niveau des dorsales médio-océaniques, les séismes ont des foyers superficiels (0
à 10 kilomètres), et correspondent à 5 % de l'énergie sismique totale. De même, au
niveau des grandes failles de décrochement, ont lieu des séismes ayant des foyers
de profondeur intermédiaire (de 0 à 20 kilomètres en moyenne) qui correspondent à
15 % de l'énergie. Le relâchement de l'énergie accumulée ne se fait généralement
pas en une seule secousse, et il peut se produire plusieurs réajustements avant de
retrouver une configuration stable. Ainsi, on constate des répliques à la suite de la
secousse principale d'un séisme, d'amplitude décroissante, et sur une durée allant
de quelques minutes à plus d'un an. Ces secousses secondaires sont parfois plus
dévastatrices que la secousse principale, car elles peuvent faire s'écrouler
des bâtiments qui n'avaient été qu'endommagés, alors que les secours sont à
l'œuvre. Il peut aussi se produire une réplique plus puissante encore que la secousse
principale quelle que soit sa magnitude. Par exemple, un séisme de 9,0 peut être
suivi d'une réplique de 9,3 plusieurs mois plus tard même si cet enchaînement reste
extrêmement rare.
Dans certains cas, les séismes provoquent la liquéfaction du sol : un sol mou et riche
en eau perdra sa cohésion sous l'effet d'une secousse.
L'injection d'eau froide dans les poches de magma agissait sur les failles
environnantes, l'eau ainsi apportée agissait comme lubrifiant et produisait des micro
séismes qui pouvaient aller jusqu'à produire des fissures sur les murs des maisons.
Séismes extraterrestres
Article détaillé : Séismes sur Mars.
Même si la Terre est le seul objet céleste où l'on ait mis en évidence une tectonique
des plaques, elle n'est pas le seul à subir des vibrations (séismes localisés et
oscillations à grande échelle). Ces vibrations peuvent être dues à une autre forme de
tectonique (contraction ou dilatation de l'objet) ou à des impacts cosmiques19.
Le seul autre objet extraterrestre où l'on ait installé un sismomètre est Mars, fin 2018
(sonde InSight). Opérationnel début février 2019, le sismomètre SEIS (développé par
l'Institut de physique du globe de Paris) a enregistré son premier séisme martien le 7
avril. Jusqu'à présent ces séismes sont très faibles, sur Terre, ils seraient masqués
par le bruit sismique des océans.
La surface de Vénus est elle-aussi parcourue par des failles et des plissements. Il est
vraisemblable que Vénus soit encore active tectoniquement, mais on n'en a pas la
preuve. S'il y a de forts séismes on espère, à défaut de pouvoir les enregistrer
directement (faute de sismomètre), en repérer des conséquences atmosphériques.
On ne sait rien de l'activité sismique de la planète Jupiter, mais il est plausible qu'elle
subisse des oscillations d'échelle planétaire à l'instar de Saturne, dont les oscillations
se répercutent sur ses anneaux sous la forme d'ondes observables.
Pour Uranus et Neptune on ne sait pas.
Depuis le survol de la planète Pluton par la sonde New Horizons en 2014, on sait
que cette planète naine a une activité géologique récente (et sans doute actuelle),
qui se manifeste notamment par des failles, dont la formation ou la réactivation
s'accompagne certainement de séismes. Les contraintes tectoniques peuvent être
dues à des cycles de gel (partiel) et refonte de l'eau située en dessous de la croûte
de glace.
Le soleil lui-même est sujet à des oscillations globales, étudiées par
l'héliosismologie. Des oscillations similaires, observables dans d'autres étoiles, sont
étudiées par l'astérosismologie.
Caractéristiques principales
Magnitude
Articles détaillés : Magnitude d'un séisme et Échelle de magnitude de moment.
La puissance d'un tremblement de terre peut être quantifiée par sa magnitude, notion
introduite en 1935 par le sismologue Charles Francis Richter20. La magnitude se
calcule à partir des différents types d'ondes sismiques en tenant compte de
paramètres comme la distance à l'épicentre, la profondeur de l'hypocentre, la
fréquence du signal, le type de sismographe utilisé, etc. La magnitude est une
fonction continue logarithmique20 : lorsque l'amplitude des ondes sismiques est
multipliée par 10, la magnitude augmente d'une unité. Ainsi, un séisme de magnitude
7 provoquera une amplitude dix fois plus importante qu'un événement de magnitude
6, cent fois plus importante qu'un événement de magnitude 5.
Intensité macrosismique
Article détaillé : Risque sismique.
Carte des intensités du séisme de 2010 en Haïti.
L'intensité macrosismique, qu'il ne faut pas confondre avec la magnitude, caractérise
la sévérité de la secousse sismique au sol. Définition de l'importance des
tremblements de terre classée de manière qualitative, à partir des dégâts
occasionnés en surface, elle se fonde sur l'observation des effets et des
conséquences du séisme sur des indicateurs communs en un lieu donné : effets sur
les personnes, les objets, les mobiliers, les constructions, l'environnement. Le fait
que ces effets soient en petit ou en grand nombre sur la zone estimée est en soi un
indicateur du niveau de sévérité de la secousse. L'intensité est généralement
estimée à l'échelle de la commune. On prendra par exemple en compte le fait que
les fenêtres ont vibré légèrement ou fortement, qu'elles se sont ouvertes, que les
objets ont vibré, se sont déplacés ou ont chuté en petit nombre ou en grand nombre,
que des dégâts sont observés, en tenant compte des différentes typologies
constructives (de la plus vulnérable à la plus résistante à la secousse), les différents
degrés de dégâts (du dégât mineur à l'effondrement total de la construction) et si la
proportion des dégâts observés est importante ou non (quelques maisons, ou
l'ensemble des habitations)21.
Conséquences géophysiques
Comme certains autres phénomènes majeurs (la fonte d'une calotte glaciaire par
exemple)23, les séismes importants peuvent avoir une conséquence imperceptible sur
la période de rotation de la Terre et sur la durée du jour24,25. Le séisme de 2004 à
Sumatra a provoqué un déplacement de l'axe de rotation du globe de sept
centimètres et le raccourcissement de la durée du jour de 6,8 microsecondes26,25.
Le séisme de 2010 au Chili a été assez puissant pour décaler l'axe de rotation de
la Terre de huit centimètres, ce qui a raccourci la durée du jour de 1,26 µs27,28.
Le séisme de 2011 au Japon a lui aussi déplacé l'axe de rotation de la Terre d'une
dizaine de centimètres29, et a provoqué un raccourcissement de la durée du jour de
1,8 µs30.
Il faut préciser ici que l'expression "axe de rotation" est en réalité une simplification :
c'est l'axe de figure qui est modifié (« l'axe de figure est l'axe principal d'inertie ayant
le plus fort moment d'inertie, c'est en quelque sorte l'axe de symétrie de la
Terre »)31. « Le mouvement du pôle de rotation par rapport à la croûte terrestre,
la polhodie, découlant en grande partie des transports continuels de masse dans
l'atmosphère et les océans, l'impact des séismes y est brouillé et pratiquement
impossible à déceler. »31. On peut cependant isoler un décalage de l'axe de figure
induit par les méga-séismes : celui-ci, de quelques micro-secondes, est inférieur à la
variation journalière qui atteint 50 à 100 µs31.
Remarques
Nombr
Magnitud Nombre et liens vers
Pays Ville / Zone Date e de
e de morts les articles
blessés
détaillés
Séisme de
1960 à
Valdivia, près de
Valdivia (le
Lumaco
Chili 9,5 22 mai 1960 3 000 séisme le
dans [archive] la région
plus violent
des Fleuves
jamais
recensé)
Séisme et
26 tsunami de
Indonési
Sumatra 9,4 décembre 227 898 125 000 2004 dans
e 2004 l'océan
Indien
États- Séisme de
27 mars
Alaska 9,2 131 1964 en
Unis 1964
Alaska
Séisme de
Sendai, 15 776 mort 2011 de la
11 mars
Japon côte Pacifique du Tōho 9,135,36 s et 4 225 5 92937,38 côte
2011
ku disparus37,38 Pacifique du
Tōhoku
Remarques
Nombr
Magnitud Nombre et liens vers
Pays Ville / Zone Date e de
e de morts les articles
blessés
détaillés
Séisme de
27 février
Chili Concepción 8,8 497 2010 au
2010
Chili
États-
Alaska 8,7 1965
Unis
Séisme de
Indonési 28 mars
Île de Nias 8,7 905 2005 à
e 2005
Sumatra
15 août
Tibet Tibet 8,6
1950
États- 9 mars
Îles Andreanof (Alaska) 8,6
Unis 195740
Séisme dans
Indonési 1er février
Mer de Banda 8,5 la mer de
e 1938
Banda
Remarques
Nombr
Magnitud Nombre et liens vers
Pays Ville / Zone Date e de
e de morts les articles
blessés
détaillés
Séisme de
1er septembr
Japon Kanto 8,3 141 720 1923 de
e 1923
Kantō
Séisme de
Tonga 8,3 3 mai 2006 2006 aux
Tonga
Raz de
marée
d'1,80 m et
effets à plus
15 de
Russie Iles Kouriles 8,3 novembre 16 000 km d
2006 e l'épicentre,
notamment
à Crescent
City,
Californie
13 janvier
Russie Iles Kouriles 8,3
2007
29
Océan
8,3 septembre
Pacifique
2009
2015 au
d'Illapel
Chili
États- Séisme de
18 avril
San Francisco 8,2 3 000 1906 à San
Unis 1906
Francisco
17 août
Chili Valparaíso 8,2 3 000 20 000
1906
Au large d'Iquique, à
environ 89 km au sud- 1er avril
Séisme de
ouest de Cuya, à une 2014 à
Chili 8,2 5 2014 au
profondeur de 20h46
Chili
46,4 km dans l'océan locales43,44
Pacifique
19 Séisme de
Mexique Mexico 8,1 septembre 10 000 1985 à
1985 Mexico
15 août
Pérou Ica, Lima 8,0 387 1 050
2007
Remarques et liens
Magnitud Nombre
Ville / Zone Pays Date vers les articles
e de morts
détaillés
détaillé : Séisme de
Remarques et liens
Magnitud Nombre
Ville / Zone Pays Date vers les articles
e de morts
détaillés
1908 à Messine.
Article
13 janvier détaillé : Séisme du
Avezzano Italie 7,5 29 980
1915
13 janvier 1915 de la
Marsica.
21 janvier
Bali Indonésie 8.2 15 000
1917
16 décembre
Gansu Chine 8,6 200 000
1920
Le séisme de 1923
1er septembre de Kantō est suivi
Tokyo Japon 8,3 143 000
1923 d'un gigantesque
incendie.
25 décembre
Gansu Chine 7,6 70 000
1932
24 janvier
Chillán Chili 8,3 28 000
1939
26 décembre
Erzincan Turquie 8,0 30 000
1939
5 octobre
Achgabat URSS 7,3 110 000
1948
Remarques et liens
Magnitud Nombre
Ville / Zone Pays Date vers les articles
e de morts
détaillés
4 février
Guatemala 7,5 23 000
1976
Le nombre officiel
de morts est
240 000 personnes47.
D'autres estimations
font état de
500 00045 à
800 000 victimes
27 juillet
Tangshan Chine 8,2 240 000 directes ou
197646
indirectes48.
Article
détaillé : Séisme de
1976 à Tangshan.
19 Article
Michoacán Mexique septembre 8,1 20 000 détaillé : Séisme de
1985
1985 à Mexico.
Article
7 décembre
Région de Spitak Arménie 7,0 25 000 détaillé : Séisme de
1988
1988 en Arménie.
détaillé : Séisme de
Remarques et liens
Magnitud Nombre
Ville / Zone Pays Date vers les articles
e de morts
détaillés
1999 en Turquie.
26 janvier
Bhuj Inde 7,7 20 085
2001
Article
26 décembre
Bam Iran 6,6 26 271 détaillé : Séisme de
2003
2003 à Bam.
Article
26 décembre détaillé : Séisme du
Sumatra Indonésie 9,4 227 898
2004
26 décembre 2004
Article
8 octobre
Muzaffarabad Pakistan 7,6 79 410 détaillé : Séisme de
2005
2005 au Cachemire.
Article
Province du Sichuan Chine 12 mai 2008 7,9 87 149 détaillé : Séisme du
Article
12 janvier
Port-au-Prince Haïti 7,2 230 000 détaillé : Séisme de
2010
2010 en Haïti.
Article
15 776 mort
11 mars détaillé : Séisme de
Côte Pacifique du Tōhoku Japon 9,3 s et 4 225
2011
disparus37,38 2011 de la côte
Pacifique du Tōhoku.
Remarques et liens
Magnitud Nombre
Ville / Zone Pays Date vers les articles
e de morts
détaillés
Article
Gaziantep et Kahramanmara TurquieSyri 6 février détaillé : Séismes de
7,8 56 350
ş e 2023
2023 en Turquie et
Syrie.
Méthodes de détection
Ancienne méthode chinoise
Article détaillé : Histoire de la géologie.
Méthodes modernes
Article détaillé : Mesure en sismologie.
La localisation de l'épicentre par des moyens modernes se fait à l'aide de
plusieurs stations sismiques (3 au minimum), et un calcul tridimensionnel. Les
capteurs modernes permettent de détecter des événements très sensibles, tels
qu'une explosion nucléaire.
Méthodes de prévision
Les méthodes de (en) prévision sismique reposent sur une prévision qui spécifie,
avec leur incertitude, la position, la taille, la date du séisme, et donne une estimation
de la probabilité de son propre succès. La possibilité de la prédiction sismique
repose sur l'existence, et la reconnaissance des « précurseurs », signes avant-
coureurs d'un séisme49. En l'absence de précurseurs fiables, ces méthodes sont
accompagnées de non-détections qui entraînent des procès pour les spécialistes et
des fausses alarmes qui provoquent une perte de confiance des populations
alertées, et éventuellement évacuées à tort. Enfin, dans les régions à forte sismicité
comme l'Iran, les habitants ne prêtent plus attention aux petits chocs sismiques et
aux prédictions de tremblements de terre destructeurs faites50.
On peut distinguer trois types de prévisions52 : la prévision à long terme (sur plusieurs
années), à moyen terme (sur plusieurs mois) et à court terme53 (inférieur à quelques
jours).
Long terme
Les prévisions à long terme reposent sur une analyse statistique des failles
répertoriées et sur des modèles déterministes ou probabilistes des cycles sismiques.
Elles permettent de définir des normes pour la construction de bâtiments, en général
sous la forme d'une valeur d'accélération maximale du sol (pga, peak ground
acceleration). Certaines failles telles celles de San Andreas en Californie ont fait
l'objet d'études statistiques importantes ayant permis de prédire le séisme de Santa
Cruz en 1989. Des séismes importants sont ainsi attendus en Californie, ou au
Japon (Tokai, magnitude 8.3). Cette capacité prévisionnelle reste cependant du
domaine de la statistique, les incertitudes sont souvent très importantes, on est donc
encore loin de pouvoir prévoir le moment précis d'un séisme afin d'évacuer à
l'avance la population ou la mettre à l'abri.
Moyen terme
Les prévisions à moyen terme sont plus intéressantes pour la population. Les
recherches sont en cours pour valider certains outils, comme la reconnaissance de
formes (dilatance).
Court terme
Des fibres optiques sont déjà utilisées par les compagnies pétrogazières pour faire
office de sismomètre. Leurs impuretés innées sont des « capteurs virtuels » : à
l'extrémité d'une fibre, un « interrogateur » électronique envoie des impulsions-laser
et analyse la lumière qui rebondit (rétrodiffusion) ; des anomalies du temps de
rétrodiffusion signifient que la fibre s'est étirée ou contractée (ce qui se produit en
cas d'exposition à une onde sismique ou une vibration induite à proximité)66. Selon B.
Biondi (géophysicien de l'Université de Stanford), un « interrogateur » unique peut
gérer 40 kilomètres de fibre et contrôler un capteur virtuel tous les deux mètres, des
milliards de tels capteurs sont déjà présents dans les lignes de télécommunication
dispersées dans le monde mains non utilisés. Ils pourraient donc l'être pour détecter
des anomalies et améliorer la prédiction sismique67, en distinguant notamment les
ondes P (qui voyagent plus vite, mais en faisant peu de dégâts) des ondes S (plus
lentes et causant plus de dégâts)66. On a d'abord cru qu'il fallait les coller à une
surface rigide ou les noyer dans du béton, mais on a récemment montré que des
faisceaux de fibres lâches placés dans un simple tuyaux de plastique suffisent.
L'information est de qualité moyenne, mais elle peut être acquise sur de vastes
territoires et à bas coût66.