CHAPITRE III : LA PHASE PRELIMINAIRE
Cette phase préliminaire est particulièrement importante dans le cas d'une première mission
mais, pour les missions ultérieures, elle devra être actualisée afin de prendre considération
l'évolution de l'entité.
I. ACCEPTATION DE LA MISSION
A cette phase, l’auditeur cherche à collecter un maximum d'information dans un minimum de
temps pour juger si sa mission est réalisable, pour quels délais et pour quel budget. La démarche
nécessite :
- une prise de connaissance globale de l’entité ;
- l’appréciation de l’indépendance ;
- un examen des compétences ;
- le respect des autres obligations professionnelles.
1.1. Prise de connaissance globale de l’entité
Il est vrai que la prise de connaissance de l’entité audité s’effectue tout au long de la mission, à
chacune des phases de l’audit jusqu’à l’émission de l’opinion.
Cependant, avant l’acceptation de la mission, l’auditeur doit disposer d’un minimum
d’information sur l’entreprise : structure juridique, actionnariat, domaine d’activité, mode de
direction, informations financières…
Ces informations lui permettront d’appréhender, au moins en partie, le risque inhérent à
l’activité de l’entreprise et de répondre à l’offre (approche technique proposée, modalités
d’intervention, équipe de la mission, temps nécessaire, honoraires).
1.2. Appréciation de l’indépendance
L’auditeur évite toute activité et tout acte de nature à porter atteinte à son indépendance et à
compromettre son impartialité et son objectivité. L’indépendance constitue donc l’une des
conditions essentielles qui garantissent l’impartialité de l’audit et l’objectivité du jugement de
l’auditeur.
En audit financier, elle se définit comme la capacité de l’auditeur à divulguer des fraudes ou
des irrégularités liées à la manipulation de l’information financière, mais également sa capacité
à résister aux pressions de l’entreprise pour révéler une erreur éventuelle.
L’auditeur doit non seulement être indépendant, mais doit le paraitre aux yeux des utilisateurs
des états financiers ; c’est l’indépendance perçue. L’indépendance perçue s’inscrit dans
l’objectif de renforcer l’image publique de l’auditeur. Elle s’apprécie par les relations
qu’entretient l’auditeur avec l’entreprise et sa direction. Ces relations doivent être gérées de
manière à ce qu’elles ne semblent pas influencer l’impartialité du jugement de l’auditeur.
L’indépendance assure l’impartialité et l’objectivité du CAC. Ce dernier doit donc, à tout
moment, veiller à ne pas être en situation d’incompatibilité de l’exercice de sa profession. A cet
effet, selon les dispositions des articles 378 et 698 de l’AUDSC, ne peuvent être commissaires
aux comptes de la société :
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i. Les fondateurs, associés, bénéficiaires d’avantages particuliers, dirigeants sociaux de la
société ou de ses filiales, ainsi que leur(s) conjoint(s) ;
ii. Les parents et alliés, jusqu’au quatrième degré inclus, des personnes visées au point (i) ;
iii. Les dirigeants sociaux des sociétés possédant le dixième du capital de la société ou dont
celle-ci possède le dixième du capital, ainsi que leur(s) conjoint(s) ;
iv. Les personnes qui, directement ou indirectement, ou par personne interposée, reçoivent,
soit des personnes figurant au point (i), soit de toute société visée au point (iii), un salaire
ou une rémunération quelconque en raison d’une activité permanente autre que celle de
commissaire aux comptes ; il en est de même pour les conjoints de ces personnes ;
v. Les sociétés de commissaires aux comptes dont l’un des associés, actionnaires ou
dirigeants se trouve dans l’une des situations visées aux points (i) et (iv).
vi. Les sociétés de commissaires aux comptes dont soit l’un des dirigeants, soit l’associé
ou l’actionnaire exerçant les fonctions de commissaire aux comptes, a son conjoint qui
se trouve dans l’une des situations prévues au point (v).
1.3. Examen des compétences
Les missions d’examen des comptes annuels concernent des entreprises dont les spécificités
peuvent requérir des compétences particulières. L’auditeur et ses collaborateurs doivent
posséder ou acquérir les connaissances et le savoir-faire nécessaires à l’exercice de leurs
missions. L’auditeur doit refuser la mission d’audit s’il ne dispose pas dans son équipe les
compétences nécessaires.
Cela suppose des ressources humaines en adéquation avec l’ampleur de la mission, des
évaluations périodiques, des dispositifs de formation, de documentation, de contrôle de
qualité…
1.4. Respects des autres obligations professionnelles
Avant d’accepter une mission, le CAC doit prendre contact avec son prédécesseur afin de
s’assurer que la rupture de son contrat n’est pas litigieuse. En effet, un membre de l’Ordre
appeler par un client à remplacer un confrère ne peut accepter sa mission qu’après en avoir
informé ce dernier.
Le CAC doit s’assurer que l’offre n’est pas motivée par le désir du client d’éluder l’application
des lois et règlements.
Par ailleurs, le CAC doit avoir obtenu la justification du paiement des honoraires de son
prédécesseur avant de commencer sa mission. Lorsque ces honoraires sont contestés par le
client, le CAC lui suggère par écrit de recourir à la procédure de conciliation ou d’arbitrage de
l’Ordre.
Après acceptation de la mission, le CAC doit mettre en œuvre toutes les autres normes qui
conduisent à l’émission de son opinion.
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II. EVALUATION DES RISQUE ET PLANIFICATION DE LA MISSION
En début de mission et tout au long de la mission, le CAC effectue une prise de connaissance
approfondie de l’entité afin d’évaluer les risques d’anomalies significatives et de planifier son
audit.
Lors de la planification de l’audit, le CAC détermine un seuil de signification au niveau des
comptes pris dans leur ensemble et parfois un ou des seuils de signification de montants
inférieurs pour certains soldes de compte ou catégories d’opérations sensibles ou à risque.
2.1. Prise de connaissance approfondie
Dans le cadre d'un premier audit cette phase est intimement liée à la phase de diagnostic d'audit
dont elle ne sera généralement qu'un prolongement. Lors de la prise de connaissance de
l’entreprise, l’auditeur cherche à collecter un maximum d’informations sur l’entreprise et son
environnement afin de mieux connaître l’entreprise et de détecter l’existence de risques pour
orienter sa mission.
Son objectif n’est pas de vérifier le bien-fondé des informations, mais de les analyser en
s’assurant toutefois qu’elles ne semblent pas incohérentes. L’auditeur va donc essayer :
d’acquérir une connaissance générale de l’entreprise et de son environnement, avec pour
objectif d’identifier les risques propres à cette entreprise ;
d’identifier les systèmes et les domaines significatifs, afin de déterminer les éléments
sur lesquels il va concentrer ses travaux ;
De rédiger un plan de mission, afin de préciser et de formaliser la nature, l’étendue et le
calendrier des travaux.
Les techniques utilisées relèvent essentiellement de l’entretien avec les différentes personnes
qui sont susceptibles de lui fournir une information appropriée, de l’analyse de la
documentation interne et externe obtenue, de la visite des locaux. L’examen analytique des
données financières les plus récentes permet également de déceler les tendances et de mieux
appréhender les domaines les plus significatifs.
a. L’entretien
L’entretien est un outil que l’auditeur utilise fréquemment, mais une mission d’audit qui ne
serait opérée qu’avec des entretien ne pourrait être considérée comme une mission d’audit. De
surcroît, l’entretien d’audit ne saurait être confondue avec des techniques d’apparence
similaire : ce n’est ni une conversation, ni un interrogatoire. L’entretien obéit à sept règles :
- Il faut respecter la voie hiérarchique ;
- Rappeler clairement la mission et son objectif ;
- Les points faibles et anomalies seront évoqués avant toute autre chose ;
- Les conclusions doivent recueillir l’adhésion de l’interlocuteur ;
- Conserver l’approche système ;
- Savoir écouter ;
- L’auditeur doit considérer son interlocuteur comme son égal.
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b. L’observation physique
L’auditeur n’est pas quelqu’un qui reste dans son bureau : il saisit toutes les occasions pour
aller sur le terrain et pratiquer l’observation physique. Il peut avoir besoin de se rendre à une
usine, visiter un secteur commercial… ou aller dans un autre bureau. Dans tous ces cas, il ne
procède pas seulement à des interviews, il va également observer. La pratique de l’observation
physique exige trois conditions :
- L’observation ne doit pas être clandestine ; on applique ici également la règle générale
de l’audit interne, celle de la transparence. L’auditeur n’est pas un espion, il prévient
donc les responsables concernés pour les informer de sa visite et de ses intentions.
- L’observation ne doit pas être ponctuelle : ou bien elle dure un certain temps, ou bien
elle est répétée à plusieurs reprises. Et cela est la contrepartie de la première condition.
Peu importe que les intéressés aient été prévenus, l’observation sera toujours
suffisamment complète pour saisir le phénomène dans sa réalité.
- L’observation doit toujours être validée car elle est incertaine, sauf le cas où elle est
elle-même une validation. En effet, non seulement elle peut être incomplète, mais elle
peut également être réalisée à un moment peu propice, alors que le phénomène
observable ne se manifeste pas.
c. La narration
Il existe deux sortes de narration, toutes les deux utilisées en audit interne : la narration par
l’audité et la narration par l’auditeur. La première est orale, la seconde est écrite. Elles ont en
commun de ne nécessiter aucune préparation et de n’exiger la connaissance d’aucune technique.
La narration par l’audité est la plus riche, c’est elle qui apporte le plus d’enseignements ; la
narration par l’auditeur n’est qu’une mise en ordre des idées et des connaissances.
d. L’organigramme fonctionnel
On a vu que l’organigramme hiérarchique, dispositif essentiel de contrôle interne, doit être
construit et mis en place par le responsable et qu’il est de première importance pour l’auditeur
de se le faire communiquer. L’organigramme fonctionnel, par contre, va être construit par
l’auditeur, si celui-ci le juge nécessaire, pour y voir plus clair. L’auditeur le dessine à partir
d’informations recueillies par observations, interviews, narrations… en principe en tout début
de la mission ou au début de la phase de réalisation, comme nous l’avons vu dans la 3e partie.
Cet organigramme a comme caractéristique que les mots figurant dans les cases ne sont pas des
noms de personnes (organigramme hiérarchique) mais des verbes désignant des fonctions. Et
les deux organigrammes ne se confondent pas car :
- une même personne peut avoir plusieurs fonctions ;
- une même fonction peut être partagée entre plusieurs personnes ;
- une fonction peut n’être pas attribuée ;
- une personne peut se trouver sans fonction.
Le dessin d’un organigramme fonctionnel permet d’enrichir les connaissances obtenues à partir
de l’addition : organigramme hiérarchique + analyses de poste. C’est, en général, le document
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qui permet de passer de l’un à l’autre car il révèle la totalité des fonctions existantes et permet
donc d’aller voir, si on trouve leur traduction, dans les analyses de poste.
e. La grille d’analyse des tâches
Elle va véritablement relier l’organigramme fonctionnel à l’organigramme hiérarchique et
justifier les analyses de postes. Tous ces documents reflétant une situation à une date donnée,
il en est de même de la grille d’analyse des tâches, qui est la photographie à un instant T de la
répartition du travail. Sa lecture va permettre de déceler sans erreur possible les manquements
à la séparation des tâches et donc d’y porter remède. Elle permet également de faire le premier
pas dans l’analyse des charges de travail de chacun.
Pour chaque tâche, et en commençant par la première, l’auditeur va chercher qui l’accomplit.
A chaque fois qu’il rencontre un personnage nouveau, il indique son nom en tête d’une colonne
et fait une croix en face de la tâche concernée : remplir une grille c’est donc identifier et mettre
des croix.
Une dernière colonne est toujours prévue pour les tâches non exécutées.
f. Le diagramme de circulation
Si la grille d’analyse des tâches est statique, le diagramme de circulation est dynamique : l’un
est la photographie, l’autre le cinéma. Le diagramme de circulation, ou flow chart, permet de
représenter la circulation des documents entre les différentes fonctions et centres de
responsabilité, d’indiquer leur origine et leur destination et donc de donner une vision complète
du cheminement des informations et de leurs supports. Cette méthode de schématisation
remplace une longue description.
Pour que le diagramme joue bien son rôle il est nécessaire de respecter certaines règles :
- Les informations sont recueillies auprès de toutes les sources possibles ;
- L’auditeur ayant défini les symboles qu’il utilise, adopte une approche séquentielle du
processus ;
- L’auditeur prend un certain nombre de précautions lors de l’exécution du diagramme :
éviter les détails excessifs,
veiller à ce que tout document ait un point final d’aboutissement,
éviter les diagonales,
limiter à l’indispensable les notes complémentaires.
g. La revue analytique
Les travaux d’audit commencent souvent par la mise en œuvre des procédés analytiques.
L’utilisation des procédés analytiques est souvent importante dans la vérification des
entreprises. Ils permettent de déceler les tendances importantes sur lesquelles la mission devrait
s’appesantir.
Les procédés d’examen analytique consistent en des tests de vraisemblance effectués sur les
comptes ou classes de transactions. Les procédés d’examen analytique couramment utilisés en
audit sont :
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Analyse des variations d’un exercice à un autre ;
Analyse de variations en comparaison avec une entreprise similaire ;
Analyse de ratios ;
Recherche d’éléments inhabituels…
Revue analytique du bilan
Le bilan représente l’état de la situation financière de l’entreprise à la date de clôture. La revue
analytique du bilan consiste en une analyse des fluctuations de chaque poste en lien avec les
attentes de l’auditeur compte tenu de sa connaissance de l’entreprise.
La revue analytique du bilan permet de comprendre les principales fluctuations et porter une
appréciation sur la situation financière de l’entreprise à la date de clôture. Elle doit être
pertinente et synthétique. Il est recommandé de préparer des tableaux faisant ressortir les
variations du BFR et des ratios clés.
Revue analytique du compte de résultat
Le compte de résultat reflète l’ensemble des flux de l’exercice et permet une appréciation sur
l’évolution de l’activité, des marges et de la rentabilité. L’analyse va porter sur des indicateurs
clés afin de comprendre les chiffres présentés.
En fonction de la situation, ces chiffres pourront être comparés à un historique, un budget ou à
tout autre indicateur pertinent susceptible de porter une appréciation sur la performance de
l’entreprise auditée
2.2. Evaluation des risques
Au démarrage de sa mission, l’auditeur doit définir sa stratégie et évaluer les risques d’audit.
Pour ce faire il commence par prendre connaissance des spécificités de l’entreprise et de son
environnement. Sur cette base, il va poser l’équation du risque et planifier les travaux
susceptibles de réduire ce risque à un niveau acceptable.
En effet, l’auditeur n’ayant pas les moyens de procéder à une revue exhaustive des transactions
formant les comptes de l’entreprise auditée, il doit déterminer les principales zones de risques
et concentrer ses travaux sur les sujets les plus sensibles.
Le risque d’audit est défini par l’équation suivante
RA = RI X RC X RND
Avec :
RI risque inhérent ;
RC risque lié au contrôle ;
RND risque de non-détection
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a. Le risque inhérent
Chaque société évolue dans un environnement qui lui est propre (clients, fournisseurs,
règlementations…). L’auditeur devra évaluer la possibilité que cet environnement induise un
risque d’anomalies significatives.
« Le risque inhérent correspond à la possibilité que, sans tenir compte du contrôle interne
qui pourrait exister dans l’entité, une anomalie significative se produise dans les comptes ».
Il s’agit des risques intrinsèques, qui existent du seul fait de l’exercice de l’entreprise.
Une des étapes clés dans la définition de la stratégie de la démarche d’audit réside dans la prise
de connaissance de l’entité et de son environnement afin de pouvoir mettre en évidence les
risques inhérents. Pour identifier ces risques, l’auditeur devra procéder à des entretiens,
effectuer une revue analytique et revoir les informations collectées lui permettant de :
Comprendre la nature de l’entité et son environnement afin de répertorier les différents
risques ;
Évaluer les risques inhérents en prenant en compte leur probabilité de survenance et
l’impact qu’aurait la réalisation de ce risque.
b. Le risque lié au contrôle
« Le risque lié au contrôle correspond au risque qu’une anomalie significative ne soit ni
prévenue, ni détectée par le contrôle interne de l’entreprise et donc non corrigée en temps
voulu ». Il s’agit du risque que la performance du contrôle interne ne soit pas suffisante pour
identifier de potentielles anomalies.
Dans la définition de sa stratégie, l’auditeur doit déterminer s’il souhaite tester les contrôles
clés et donc faire reposer une partie de sa démarche sur l’efficacité du contrôle interne de la
société. Il procède ensuite à la détermination des contrôles à tester, construit l’échantillon
nécessaire et réalise les tests lui permettant de conclure.
Sur la base de ces constats, il procède à l’évaluation du risque lié au contrôle pour les comptes
significatifs et assertions principales.
c. Le risque de non-détection
Le risque de non-détection est propre à la mission d’audit : il correspond au risque que le
commissaire aux comptes ne parvienne pas à détecter une anomalie significative ». Il s’agit du
risque résiduel, selon lequel les travaux de l’auditeur, malgré la prise en compte des risques
inhérents et liés au contrôle, ne détecteraient pas une anomalie significative.
C’est la possibilité que les procédés auxquels l’auditeur a recours ne lui permettent pas de
déceler des inexactitudes qui sont présentes dans le solde d’un compte ou dans une catégorie
d’opérations, (inexactitudes pouvant être importantes). Ce risque est fonction du niveau
d’efficacité des procédés de vérification de l’auditeur.
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L’application du niveau global du risque de la mission s’exprime par la formule :
Risque global = risque inhérent x risque de contrôle x risque de détection
RG = RI x RC x RD
La cartographie des risques est un outil qui permet de classer, de comparer et de hiérarchiser
des risques entre eux, de mettre en place des plans d’actions pour les gérer en fonction des
ressources disponibles, d’en assurer le suivi et de communiquer les informations sur les risques
de l’organisation.
Véritable inventaire des risques de l’organisation, la cartographie permet d’atteindre trois
objectifs :
o inventorier, évaluer et classer les risques de l’organisation ;
o informer les responsables afin que chacun soit en mesure d’y adapter le
management de ses activités ;
o permettre à la direction générale, et avec l’assistance du risk manager, d’élaborer
une politique de risque qui va s’imposer à tous (responsables opérationnels et
auditeurs internes)
L’auditeur évalue le risque inhérent et le risque de contrôle afin de déterminer le degré de risque
de détection requis pour minimiser le risque global de la mission et le ramener à un niveau
acceptable.
Le modèle de gestion du risque global d’audit est donné par le tableau ci-après, aboutissant au
même résultat que ci-dessus :
Evaluation du risque d’anomalies Evaluation par l’auditeur du risque lié au contrôle
significatives Elevé Moyen Faible
Elevé Maximum Elevé Moyen
Evaluation par
l’auditeur du Moyen Elevé Moyen Faible
risque inhérent
Faible Moyen Faible Minimum
2.3. Seuil de signification
Le seuil de signification est la limite en deçà de laquelle une erreur commise de bonne foi par
l'entreprise est sans incidence sur l'image fidèle des comptes annuels, étant entendu que l'image
fidèle ne se résume pas à la seule inscription régulière au bilan, elle dépend également de
l'importance que le lecteur des comptes donne à l'obtention de l'information. Est significative :
- Toute information qui, si elle n'était pas communiquée, serait susceptible de modifier le
jugement de l'actionnaire sur les comptes ;
- Toute information qui permet de comprendre l'exercice écoulé et d'appréhender un
avenir raisonnablement envisageable ;
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- Toute information pertinente et utile qui n'apparaît pas clairement au bilan ou au compte
de résultat.
En audit financier nous pouvons distinguer trois seuils :
- Le seuil de signification préliminaire (SSP) ;
- Le seuil de planification (SP) ou erreur tolérable (ET) ; et
- Le seuil de remonté des anomalies (SRA).
a. Le seuil de signification préliminaire (SSP)
Le seuil de signification préliminaire ou seuil de matérialité est la mesure que peut faire
l'auditeur du montant à partir duquel une erreur, une inexactitude ou une commission peut
affecter la régularité et la sincérité des comptes annuels. C'est l'appréciation que peut faire
l'auditeur des besoins des utilisateurs des comptes annuels.
La fixation de seuil de signification permet :
- de mieux orienter et planifier la mission en concentrant les travaux sur les éléments
significatifs et sur les chiffres qui dépassent le seuil de signification ;
- d’éviter les travaux inutiles lors de la recherche d'élément probant, par exemple éviter
de longue recherche sur un post qui peut receler des erreurs peu significatives ;
- de justifier les décisions concernant l'opinion émise : fidélité ne signifie pas exactitude,
et des comptes peuvent donner une image fidèle même s'ils contiennent des erreurs dont
le cumul est inférieur au seuil de signification.
Le calcul du seuil de matérialité fait appel au jugement professionnel. L’auditeur devra prendre
en compte l’environnement de l’entreprise, sa structure financière et l’historique des anomalies
relevées au cours des exercices précédents.
Selon les caractéristiques de l’entreprise, l’auditeur peut choisir un agrégat pertinent pour la
détermination du seuil de signification. La NEP 320 propose à cet effet des fourchettes de taux
par agrégat.
Tableau d’exemple de fourchettes de taux par critère
Exemple de critères pertinents (NEP 320) Fourchette (en fonction du risque d’audit)
Chiffre d’affaires Taux 1 à 3%
Résultat net Taux 3 à 7%
Résultat courant avant impôt Taux 3 à 7%
Capitaux propres Taux 3 à 5%
Endettement net Taux 1 à 2%
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Pour la fixation du seuil de matérialité, l’auditeur devra sélectionner l’agrégat pertinent en
tenant compte des caractéristiques propres de l’entreprise et du niveau du risque d’audit. En
fonction du seuil de matérialité obtenu, l’auditeur va établir le seuil de planification (ou erreur
tolérable).
b. Seuil de planification
Le seuil de planification est défini par la NEP 450 comme étant « le seuil d’un montant
inférieur au seuil de signification utilisé par le commissaire aux comptes pour définir la
nature et l’étendue de ses travaux. Le seuil de planification est fixé à un montant tel qu’il
permet de réduire à un niveau acceptable le risque que le montant des anomalies relevées
non corrigées et des anomalies non détectées excède le seuil de signification ».
Le seuil de planification permet d’appliquer le seuil de matérialité au niveau des comptes.
L’auditeur va ainsi déterminer son champ d’investigation pour réaliser ses tests de détail en
fonction du seuil de planification. Il permet ainsi :
- D’identifier les comptes ou groupes de comptes significatifs ;
- De déterminer le niveau de précision d’une revue analytique ;
- De déterminer l’étendue des tests (échantillon représentatif ou éléments clé) ;
- …
Le point de départ du calcul du seuil de signification est généralement établi à 50% du SSP. Il
est toutefois possible de le revoir à la hausse ou à la baisse en fonction :
- Du niveau du risque d’audit ;
- Du montant des ajustements comptabilisés et non comptabilisés lors des audits
précédents.
c. Seuil de remontée des anomalies (SRA)
Le seuil de remontée des anomalies est le montant en deçà duquel les anomalies non-corrigées,
prises individuellement ou cumulativement, seront toujours considérées comme non
significatives.
En d’autres termes, le SRA est le montant en dessous duquel une opération ne sera pas contrôlée
par l’auditeur.
Le SRA est généralement établi entre 1% et 5% du SSP.
2.4.Planification de la mission
La planification doit permettre de proposer un programme de contrôle adapté à l’importance et
à la nature des risques identifiés. Le plan de mission permet de définir et de formaliser les axes
d'investigation de la mission et ses limites ; il les exprime en objectifs à atteindre par l'audit.
Le but de ce document n'est pas de décrire les travaux ou techniques spécifiques mais de
préciser les points qui seront analysés lors de la mission. Le plan de mission doit :
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- reprendre les objectifs d'audit déterminés en les formulant de la manière suivante : "
s'assurer que… apprécier si... ".
- prendre en compte les priorités et préoccupations d'actualité de l'entité
- prendre en compte les objectifs incontournables du service d'audit
- déterminer les ressources, humaines et matérielles, nécessaires à la réalisation de la
mission
- établir un calendrier d'exécution de la mission
PRISE DE CONNAISSANCE APPROFONDIE
Secteur d'acitivité
Répartition du capital Politique financière et
Produits ou Législation applicable Principaux partenaires Controle interne
et des pouvoirs comptable
opérations
IDENTIFICATION ET EVALUATION DES RISQUES
Risque de non fiabilité des
Risque de non-conformité Risque lié à la sauvegarde
informations financières et Rsique inhérent Risque lié au controle
à la légidlation des actifs ou fraude
comptables
PLAN DE MISSION
Etendue des travaux
Synthèse de la prise de connaissance Orientation de la mission
Programme de travail
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