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Mesures et Intégration: CC 1 2020

Ce document contient trois exercices de mesure et intégration. Le premier exercice porte sur le calcul d'images réciproques et l'intégrabilité d'une fonction. Le deuxième exercice montre qu'une somme de mesures définit une mesure. Le troisième exercice étudie l'indépendance de fonctions.

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L2 Parcours Spécial Mesures et Intégration

CC no 1
Mercredi 04 mars 2020 (1h30)

Aucun document (ni calculatrice, ni téléphone, etc.) n’est autorisé. On accordera un


soin particulier à la rédaction.

Exercice 1. Pour x ∈ R on pose


(
e−x si x ∈ Q ∩ R+ ,
f (x) =
0 sinon.

1. Calculer f −1 (]a, +∞[) pour tout a ∈ R.


2. Montrer que f est une fonction borélienne sur R (muni de sa topologie usuelle).
3. Montrer que f est intégrable sur R (muni de sa tribu borélienne et de la mesure de
Lebesgue λ) et calculer son intégrale.
Correction : 1. Soit a ∈ R. On a


 R si a < 0,

Q ∩ R
+ si a = 0,
f −1 (]a, +∞[) =


 Q ∩ [0, − ln(a)[ si a ∈]0, 1[,
∅ a > 1.

si

2. R et ∅ sont des boréliens de R, de même que Q ∩ R+ et Q ∩ [0, − ln(a)[ qui sont dénom-
brable (et donc unions dénombrables de singletons, qui sont fermés). Ainsi, f −1 (]a, +∞[)
est un borélien de R pour tout a ∈ R. Puisque la tribu borélienne est engendrée par les
intervalles de la forme ]a, +∞[ pour a ∈ R, on obtient que f est bien borélienne.
3. D’après la question précédente, f est mesurable. Comme λ(Q) = 0 (car Q est dé-
nombrable), on obtient que f est en fait λ-presque partout nulle. Cela assure que f est
intégrable d’intégrale nulle.

Exercice 2. Soient (X, M) un espace mesurable et µ1 et µ2 deux mesures sur (X, M).
Pour A ∈ M on pose
µ(A) = µ1 (A) + µ2 (A).
Montrer que cela définit une mesure µ sur (X, M).
Correction : Pour tout A ∈ M, on a µ1 (A) ∈ [0, +∞] et µ2 (A) ∈ [0, +∞], donc µ(A) est
bien défini comme élément de [0, +∞]. Comme µ1 et µ2 sont des mesures on a d’une part

µ(∅) = µ1 (∅) + µ2 (∅) = 0.

D’autre part, si (An )n∈N est une suite d’élements mesurables deux à deux disjoints, on a
! ! !
G G G X X X
µ An = µ1 An + µ2 An = µ1 (A) + µ2 (A) = µ(A).
n∈N n∈N n∈N n∈N n∈N n∈N

Cela prouve que µ est une mesure sur (X, M).


Exercice 3. On munit R∗+ de sa tribu borélienne usuelle et de la mesure de Lebesgue
λ. Pour n ∈ N on note Z
1
In = x n
dλ(x).
R∗+ e + x

1. Montrer que l’intégrale In est bien définie pour tout n ∈ N.


2. Étudier la limite éventuelle de In quand n tend vers +∞.
1
Correction : 1. Soit n ∈ N. La fonction f : x 7→ ex +x n est continue sur R+ (comme

inverse d’une fonction continue ne s’annulant pas), et donc borélienne. Comme elle ne
prend que des valeurs positives, l’intégrale In est bien définie comme élément de [0, +∞].
Mais par ailleurs, pour tout x ∈ R+ on a
1 1
06 6 x,
ex +x n e
donc
Z Z +∞ Z A
1 1 1
dx 6 dx = lim dx = lim (1 − e−A ) = 1 < +∞.
R+ e + xn
x
0 ex A→+∞ 0 ex A→+∞

Cela prouve que f est en faitR intégrable sur R+ (NB : ce dernier calcul est licite car on a
1
déjà justifié que l’intégrale R+ ex +x n dx a un sens).

2. Soit x ∈ R+ . On a 
−x
e
 si x < 1,
fn (x) −−−−−→ e−1 + 1 si x = 1,
n→+∞ 
0 si x < 1.

On a vu à la question précédente que pour tous x ∈ R+ et n ∈ N on a


1 1
06 6 x,
ex + xn e
et que la fonction x 7→ e−x est intégrable sur R+ . D’après le théorème de convergence
dominée on obtient alors
Z 1
In −−−−−→ e−x dx = 1 − e−1 .
n→+∞ 0

Exercice 4. Soit (X, M, µ) un espace probabilisé (espace mesuré avec µ mesure de


probabilité). On dit que deux fonctions mesurables f, g : X → R+ sont indépendantes
si
∀A, B ∈ B(R+ ), µ f −1 (A) ∩ g −1 (B) = µ f −1 (A) µ g −1 (B) .
  

1. Soient f, g : X → R+ et ϕ, ψ : R+ → R+ des fonctions mesurables. Montrer que si f


et g sont indépendantes, alors ϕ ◦ f et ψ ◦ g sont indépendantes.
2. Soient f, g : X → R+ deux fonctions étagées et indépendantes. Montrer que
Z Z Z
(f g) dµ = f dµ g dµ.
X X X

3. Soient f, g : X → R+ deux fonctions indépendantes. Montrer qu’il existe deux suites


croissantes (fn )n∈N et (gn )n∈N de fonctions étagées qui convergent simplement vers f et
g respectivement et telles que, pour tout n ∈ N, fn et gn sont indépendantes.
4. Soient f, g : X → R+ deux fonctions indépendantes. Montrer que
Z Z Z
(f g) dµ = f dµ g dµ.
X X X

5. Pourquoi a-t-on supposé que µ est une mesure de probabilité sur (X, M) ?
Correction : 1. On suppose que f et g sont indépendantes. Soient A, B ∈ B(R+ ). On a
µ (ϕ ◦ f )−1 (A) ∩ (ψ ◦ g)−1 (B) = µ f −1 (ϕ−1 (A)) ∩ g −1 (ψ −1 (B)) .
 

Puisque ϕ et ψ sont mesurables, ϕ−1 (A) et ψ −1 (B) sont des boréliens de R+ . Et comme
f et g sont indépendants on obtient
µ (ϕ ◦ f )−1 (A) ∩ (ψ ◦ g)−1 (B) = µ f −1 (ϕ−1 (A)) × µ g −1 (ψ −1 (B))
  

= µ (ϕ ◦ f )−1 (A) × µ (ψ ◦ g)−1 (B) .


 

Cela prouve que (ϕ ◦ f ) et (ψ ◦ g) sont indépendantes.


2. On note α1 , . . . , αn > 0 (avec n ∈ N) les valeurs prises par f et β1 , . . . , βm > 0 (avec
m ∈ N) les valeurs prises par g. Pour j ∈ J1, nK on note Aj = f −1 ({αj }) et pour k ∈ J1, mK
on note Bk = g −1 ({βk }). Les Aj , 1 6 j 6 n sont des parties mesurables de X deux à
deux disjointes, de même que les Bk , 1 6 k 6 m. En outre on a
n
X m
X
f= αj 1Aj et g = βk 1Bk .
j=1 k=1

Avec ces notations on a alors


Z Xn Z m
X
f dµ = αj µ(Aj ) et g dµ = βk µ(Bk ).
X j=1 X k=1

D’autre part on a
n X
X m
fg = αj βk 1Aj ∩Bk ,
j=1 k=1
donc Z n X
X m
(f g) dµ = αj βk µ(Aj ∩ Bk ).
X j=1 k=1

Or, puisque f et g sont indépendantes,


µ(Aj ∩ Bk ) = µ f −1 ({αj }) ∩ g −1 ({βk }) = µ f −1 ({αj }) µ g −1 ({βk }) = µ(Aj )µ(Bk ).
  

D’où
Z X m
n X n
X m
X Z Z
(f g) dµ = αj βk µ(Aj )µ(Bk ) = αj µ(Aj ) βk µ(Bk ) = f dµ g dµ.
X j=1 k=1 j=1 k=1 X X

3. Pour n ∈ N∗ on définit la fonction ϕn : [0, +∞] → [0, +∞] par


(
2−n E(2n t) si t 6 n,
∀t ∈ [0, +∞], ϕn (t) =
n t > n.
On note alors fn = ϕn ◦ f et gn = ϕn ◦ g. La suite (fn ) (respectivement (gn )) est une
suite croissante de fonctions étagées qui converge simplement vers f (respectivement g).
En outre, d’après la question 1, les fonctions fn et gn sont indépendantes pour tout n ∈ N.
4. D’après la question 2 on a pour tout n ∈ N
Z Z Z
(fn gn ) dµ = fn dµ gn dµ,
X X X

où les fonctions fn et gn sont comme introduites à la question précédente. La suite


(fn gn )n∈N est une suite croissante de fonctions simples qui converge simplement vers
f g. D’après le théorème de convergence monotone on obtient alors par passage à la limite
que Z Z Z
(f g) dµ = f dµ g dµ.
X X X
5. La définition d’indépendance pour les fonctions f et g appliquée avec B = R+ donne
pour tout A ∈ B(R+ )
µ(f −1 (A)) = µ(f −1 (A))µ(X).
Cela prouve que µ(X) = 1 ou que µ est la mesure nulle. Ainsi, si µ est une mesure non nulle
qui n’est pas une mesure de probabilité, il n’y a pas de couple de fonctions indépendantes.
Exercice 5. On munit R de sa tribu borélienne B(R) et on considère une mesure µ sur
(R, B(R)). Montrer qu’il existe un plus grand ouvert de R de mesure nulle (c’est-à-dire
qu’il existe un ouvert O de mesure nulle qui contient tous les ouverts de mesures nulles).
Correction : On note Ω l’ensemble des ouverts de R de mesures nulles, puis on pose
[
O= O.
O∈Ω

O est alors un ouvert (et en particulier borélien) de R comme union d’ouverts. Il suffit de
montrer que µ(O) = 0. Pour cela on montre que O s’écrit comme une union dénombrable
d’éléments de Ω. On note

I = (x, r) ∈ Q × (Q∩]0, +∞[) | ]x − r, x + r[∈ Ω ⊂ Q × (Q∩]0, +∞[),

Comme Q est dénombrable, Q × (Q∩]0, +∞[) puis I sont dénombrables. On note


[
B= ]x − r, x + r[.
(x,r)∈I

Ainsi, B est une union dénombrable d’intervalles ouverts. En outre, par définition, on a
B ⊂ O. Soit y ∈ O. Il existe O ∈ Ω tel que y ∈ O ⊂ O. Comme O est ouvert, il existe
ρ > 0 tel que ]y − ρ, y + ρ[⊂ O. Comme Q est dense dans R, il existe x ∈ Q tel que
|x − y| < ρ3 et on peut considérer r ∈ Q ∩ ρ3 , 2ρ
3 . Pour s ∈]x − r, x + r[ on a

2ρ ρ
|s − y| 6 |s − x| + |x − y| < + < ρ,
3 3
d’où
y ∈]x − r, x + r[⊂]y − ρ, y + ρ[⊂ O.
En particulier µ(]x − r, x + r[) = 0, donc (x, r) ∈ I. Ainsi y ∈ B. Cela prouve que O = B,
et donc O est une union dénombrable d’ouverts de mesures nulles. Finalement, O est bien
un ouvert de mesure nulle.

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