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Analyse des Émotions dans l'Énéide

Ce document décrit plusieurs références et citations faites par différents auteurs antiques à l'Énéide de Virgile, notamment concernant le personnage d'Énée et ses réactions face aux larmes de Didon.

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LECTEURS DE L'ÉNÉIDE

22
conseils de Laocoon la force d'Hercule
ruses de Sinon 45, les 48 qui fuit 4 et périt « fils
avec Cacus
d'Amphitryon » 47 sa lutte Euménides et des monstres variés 51de rnale
50 enfin les figures des
parcourt l'Énéide à plusieurs reprises,
On voit
l'envisageà
qu'en ce passage Grégoire et possède en mémoire, tout particulièrement
toutes sortes de points de vue livre I et ceux du livre VI.
les principaux épisodes du
évoque d'emblée, comme sujet de son épopée, la rancune et la
Virgile un homme d'une piété insigne, dans un
Junon qui pousse Énée,
colère de Lactance met en opposition cet insignem
enchaînement de malheurs 52. si cruel auquel procède Énée au livre
pietate uirum avec le sacrifice humain
Gallus retourne ingénieusement l'expression virgilienne
XI 53. Cyprianus
peindre Moïse suscitant la colère de Yahweh, ce dieu d'une piété insigne
pour animis caelestibus irae? par quoi Virgile
envers les hommes 54. Le Tantgene

45. Aen., 11, 195, p. 45-46 . Sinonis


Talibus insidiis periurique arte
credita res.
46. Aen., 11,40-49, p. 39-40.

47. Aen., VIII, 213, p. 126 moueret
Interea, cum iam stabulis saturata
Amphitryoniadesarmenta abitumque pararet,
discessu mugire boues atque omne querellis
impleri nemus et colles clamore relinqui.
Aen., VII, 610.
Robora, terme du vocabulaire poétique, se lit en
proposée avec la plus grande vraisemblancepar
48. La correction de lani en Caci a été Classical Review, t. XXXII, 1919, p. 28-29.
dans The
H. W. GARROD,Virgil and Gregory of Tours,
49. Aen., VIII, 223, p. 126-127 :
Fugit ilicet ocior Euro
speluncamque petit.
VIII, 251,p. 128
...neque enim figa iam super ulla pericli.
50. Aen., VIII, 247-267, p. 127-128.
51. Texte cité ci-dessus, p. 21, n. 39.
52. Aen., I, 8, p. 5 .
Musa, mihi causas memora, quo numine laeso
quidue dolens regina deum tot uoluere casus
insignempietate uirum, tot adire labores
impulerit. Tantaene animis caelestibus irae ?
Cf. OVIDE,Her., XX, 102,éd. H. Bornecque, p. 143 (à propos de Diane) :
Cum sua, quod nolim, numina laesa uidet.
53. Texte cité ci-dessous, p. 113, n. 576.
54. CYPRIANUS GALLUS, Heptat., Exodus, 213, CSEL, t. XXIII, p. 64 (sur Exod., IV, 14) :
conmouit in iram
insignempietate deum, qui concitus infit...
346
LECTEURS DE L'ÉNÉIDE
Mais le message
restent sans effet, porté par Anna ne sert de rien ; les doléances de Didon
car un dieu bouche les oreilles d'Énée 475.De même, chez
Tacite, un nommé
Valentinus bouche les oreilles de ses concitoyens à qui l'on
promettait le pardon
s'ils déposaient leurs armes 476 L'expression est
appliquée encore, aux 477 Énée qui
temps carolingiens, à l'impie roi Hérode
résiste aux prières de Didon
garde la tête droite est comparé par Virgile à un vieux chêne qui
dans les airs en pleine tempête : tel est le héros assailli par
un ouragan de plaintes 478 479•
Comparaison imitée de près par Ovide
l'expression aetherias... auras a servi Sedulius pour décrire l'ascension du
à
Christ 480. le chêne qui s'élève aussi haut dans les airs qu'il plonge par ses
racines vers le Tartare, se retrouve chez Ekkehard 481. enfin l'ouragan de
plaintes qui montent de part et d'autre figure sous la plume d'Ambroise de
Milan 482
Malgré les assauts répétés d'Anna faisant part à Énée des pleurs de
Didon, sa raison demeure inébranlée et c'est en vain que roulent ses

475. Aen., IV, 440, p. 127 :


Fata obstant placidasque uiri deus obstruit auris.
Cf. PÉTRARQUE, Fam., XV, 5, 6, p. 145,40 (ad Petrum abbatem Sancti Benigni) : " Gloriosum enim iter
uidebatur et labor mundo utilis, sedfàta obstant,ut poete uerbo utar. "
476. TACITE, Hist., IV, 69, 5, p. 273 .• " Scribuntur ad Treuiros epistulae nomine Galliarum, ut
abstinerent armis, impetrabili uenia et paratis deprecatoribus, si paeniteret ; restitit idem Valentinus
obstruxitque ciuitatis suae auris, haud perinde instruendo bello intentus quam frequens contionibus. "
Les cités gauloises se déclarent fidèlesà l'Empire romain malgré l'opposition des Trévires.
477. MILO, De sobrietate, 11, 126, PLAC', t. 111,649 :
Talia tractanti rex impius obstruit aures.
478. Aen., IV, 441, p. 127 :
Ac uelut annoso ualidam cum robore quercum...

445 Ipsa haeret scopulis et quantum uertice ad auras (oras Lachmann)


aetherias, tantum radice in Tartara tendit.
Haud secus adsiduis hinc atque hinc uocibus heros
tunditur, et magno persentit pectore curas.
479. OVIDE,Metam., VIII, 743, p. 85 :
Stabat in his ingens annoso robore quercus.
480. SEDULIUS, Pasch. carm., V, 425, CSEL, t. X, p. 145 :
Aetherias euectus abit sublimis in oras (auras T).
481. EKKEHARD,Waltharius, 1000, p. 53 •
Velut aesculus astitit heros,
quae non plus petit astra comis quam Tartara fibris,
contemnens omnes uentorum immota fragores.
L'aesculus provient de Georg., II, 291, p. 78.
482. AMBROISE, De Abr., 1, 8, 73, CSEL, t. xxxll, l, p. 550, 5 : Pulsatur pietatis
patrius adfectus et fluctibus quibusdam hinc atque inde tunditur." uocabulis
QUATRIÈME LIVRE
larmes » 483. Augustin
sage ne se laisse jamais commente ce vers dans sa
dominer par les de Dieu en disant
Contrairement au sentiments, mais exerce le que le
commentateurs traducteur
modernes entendent Bellessort, bon règne d3e41a7
celles de Didon ou de que les larmes nombre de
son porte-parole versées sans effet sont
sur Juvénal admet qu'il Anna. Mais dès
entre toute espèce s'agit des larmes d'Énée 485 l'Antiquité une scolie
Servius
sont vaines parce d'hypothèses 486 Servius, lui, comprend Danielishésite
que la raison d'Énée que
contexte d'Augustin reste inébranlée487 les larmes
cherche à montrer
s'accordent au sujet des que Stoïciens et
par le jeune Augustin passions. Le mens immolamanet Péripatéticiens
à l'attitude du voÙç avait été appliqué
transpose l'expression pour par rapport au corps 4
peindre l'impassibilité du Prudence
Paulin de Périgueux martyr Vincent 4
pour décrire S. Martin
refusant fermement le trône

483. Aen., IV, 449, p. 127 :


Mens immota manet, lacrimae
Expression stoïcienne. Cf. SÉNÈQUE, uoluontur inanes.
De const. sap., IX, 3, éd. R.
mente accipit, sed ad sensum eius Waltz, p. 47 •
perturbatur, caret autem perturbationeuir
moderator sui, altae quietis et placidae
" ; TACITE,Ann., XV, 23, 8, éd. H. ereptus erroribus,
prohibitum immoto animo Goelzer, p. 477 : " Thraseam
praenuntiam imminentis caedis contumeliam
Essais, I, 12, t. I, p. 55, 4, cite ce vers comme excepisse." MONTAIGNE,
dépeignant " l'estat du sage Stoïque
484. AUGUSTIN,Civ. Dei, IX, 4, 98, CC, t. XLVII,
p. 253 : Ita mens, ubi fixa est ista sententia,
nullas perturbationes, etiamsi accidunt inferioribus
animi partibus, in se contra rationem praeualere
permittit ; quin Immo eis ipsa dominatur eisque non consentiendo
et potius resistendo regnum uirtutis
exercet. Talem describit etiam Vergilius Aenean, ubi ait :
Mens inmota manet, lacrimae uoluuntur inanes.
485. Schol. in Iuv., XIII, 133 (Wesner). Cf. SERVIUS,
Aen., IV, 444 et 449; AUGUSTIN,
Cité de Dieu,
IX, 4.
486. SERVIUSDANIELIS,In Aen., IV, 449, éd. Thilo-Hagen, p. 544, 15 : " Quidam tamen lacrimas
inanes uel Aeneae uel Didonis uel Annae uel omnium accipiunt.'
487. SERVIUS,In Aen., IV, 449, éd. cit., p. 544, 14 : " Lacrimae inanes quia mens immota manet. "
Cf. Aen., IV, 370 : " Num lacrimas uictus dedit ? " ; IV, 438 : " Nullis illemouetur fletibus " ; mais en IV,
395, Énée gémit abondamment sur le sort de Didon.
488. AUGUSTIN,De ordine, 11, 5, 17-18, CSEL, t. LXIII, p. 158, 18 (Paroles adressées par
Augustin à Licentius) : " Nam definitionem meamtu probasti, qua dictum est quid sit esse cum Deo,
cum quo mentem sapientis manere immobilem me, quantum assequi ualeo, docere uoluisti. Sed illud me
mouet, quomodo cum iste sapiens quamdiu inter homines uiuit, in corpore essenon negetur, quo pacto
"
fiat ut eius corpore huc atque illuc uagante mens immobilismaneat?.
489. PRUDENCE, Perist., V, 233, éd. M. Lavarenne, p. 82 •
Haec inter immotusmanet
tanquam dolorum nescius.
490. PAULINDEPÉRIGUEUX, De uita S. Martini, 11,20, CSEL, t. XVI, p. 35 •
Mens humilis crebris precibus inmota manebat.
Le mens immota manet apparaît aussi dans la Médée de Hosidius Geta, Anthol.Lat., XVII, 173,t. I, l,
P. 68.
QUATRIËME LIVRE
377
chrćtiens Ies plus sćvčres, un Tertullien,
ďćloges sur Didon, type de la femme uniuiraun715 S. Jćrôme, ne tarissent pas
suicide par le feu. Mais la Didon de Virgile , qui prćfćra au remariagele
est vivementblâmće par Jean de
Salisbury ďavoir ćtć une reine imprćvoyante,
puisqu'elle accueillit en Enće un simple vagabondnćfaste
716
pour son peuple
Par comparaison avec Ies auteurs ancłens
et mćdićvaux,il vaut la peine
de scruter ľattitude de Victor Hugo ă ľćgard de
ce livre IV. Par delă Ies
sičcles, Hugo adolescent rejoint le jeune Augustin 717.
, comme lui il a pleurć

715. Ad nat., 1, 18, 3, CC, t. 1, p. 37, 27 : Ignes post Carthaginensem feminam


Asdrubale marito in extremis patriae constantiorem docuerat inuadere ipsa Dido Apol., L, 5,
ćd. J.-P. Waltzing, Paris, 1929, p. 106 : ” Aliqua Carthaginis conditrix rogo secundum matrimonium
euadit : o praeconium castitatis et pudicitiae ! ” Ad martyras, IV, 5, CC, t. I, p. 6, 28 : Nec minus
fecerunt philosophi, ... Empedocles, qui in ignes Aetnaei montis desiliuit...Dido, ne post uirum
dilectissimum nubere cogeretur ” ; De exhortatione castitatis, XIII, CC, t. II, p. 1034,25 : " Erunt nobis
in testimonium et feminae quaedam saeculares ob uniuiratus obstinationem famam consecutae : aliqua
Dido, quae profuga in alieno solo, ubi nuptias regis ultro optasse debuerat, ne tamen secundas
experiretur, maluit e contrario uri quam nubere.' '; De monogamia,XVII, 2, 6, CC, t. II, p. 1252:
” Exsurget regina Carthaginis et decernet in Christianas, quae profuga et in alieno solo et tantae
ciuitatis cum maxime formatrix, cum regis nuptias ultro optasse debuisset,ne tamen secundaseas
experiretur, maluit e contrario uri quam nubere ' '; De anima, XXXIII, 9, ćd. J. H. Waszink, p. 48, 20 :
” Age nunc, ut poetae in pauos uel in cycnos transeant, si uel cycnis decora uox est, quod animal indues
uiro iusto Aeaco ? Quam bestiam integrae feminae Didoni ? ” MINUCIUS FELIX,Octauius, XX, 6, ëd. J.
Beaujeu, p. 32 : ” Unaquaeque natio conditorem suum aut ducem inclytum aut reginam pudicam sexu
'
suo fortiorem aut alicuius muneris uel artis repertorem uenerabatur '; JŹRÔME,
Adv.Iouin., I, 43, PL,
congregato,in Africam
t. XXIII, 275C : ” Dido, soror Pygmalionis, multo auri et argenti pondere
coniugium peteretur,
nauigauit ibique urbem Carthaginem condidit et, cum ab Iarba rege Libyae in
exstructa in memoriammariti
paulisper distulit nuptias donec conderet ciuitatem. Nec multo post
ad Geruchiam,CXXIII, 7, 2, ćd.
quondam Sichaei pyra, maluit ardere quam nubere' '; Epist.
Carthaginis, quae magis ardere uoluit quam
J. Labourt, t. VII, p. 81, 20 : ” Stringam breuiter reginam liberis,in subiectumse
Iarbae regi nubere, et Hasdrubalis uxorem, quae adprehensisutraque manu
Lucretiam...'
praecipitauit incendium, ne pudicitiae damna sentiret, et
621c, t. 11,p. 63, 21 (aprčs citation ďAen., 1, 430-436,
sur
716. JEANDESALISBURY,Policr., VI, 22, est diuturna felicitas, nisi uniuersitati
rei politicae
ľorganisation de la ruche) : " Verumtamen nullius
incolume. Quod, is non noueras, uel Didonis docearis exemplo.Quanta enim leuitate
prospiciat caput causa ignota est,
admittitur, quantam cito inuenit gratiam homo ignotus, exul, fugitiuus, cuius
Eneas narrationes
sunt ab auribus principum fabulosae
persona suspecta? Quanta curiositate exceptae gloriam, et id captantis unde posset auditorum
culpam, propriam quaerentis
hominis suam euacuantis hominis sermones blandi, illecebrae laudum
Praecedunt ergo ad introitum
subuertere mentes? instruit omnium captata sedulitas, fabulae
sequuntur
gratiam, conuiuium accuratius quamuis ex
conciliant hospitii
luxuriae leuitas comitatur... Leuiter admissusest qui,
conuiuia, uenandi multiplicisque non
excludendus, opportuniustamen fuerat eum ut aduenam,
pietatis officio ut hospes non fuerat
quasi iudicem introire.
717. Texte citć ci-dessous, p. 439, n. 78.
QUATRIËME LIVRE
377
chrćtiens Ies plus sćvčres, un Tertullien, un S. Jćrôme,
ne tarissent pas
ďćloges sur Didon, type de la femme uniuira 715, qui prćfćra
au remariage le
suicidepar le feu. Mais la Didon de Virgile est vivement
blâmće par Jean de
Salisbury ďavoir ćtć une reine imprćvoyante, nćfaste
pour son peuple
puisqu'elle accueillit en Enće un simple vagabond 716
Par comparaison avec Ies auteurs anciens et mćdićvaux,
il vaut la peine
de scruter ľattitude de Victor Hugo â ľćgard de ce livre IV. Par
delă Ies
sičcles,Hugo adolescent rejoint le jeune Augustin 717., comme lui il a pleurć

715. Ad nat., 1, 18, 3, CC, t. 1, p. 37, 27 : " Ignes post Carthaginensem feminam
Asdrubale marito in extremis patriae constantiorem docuerat inuadere ipsa Dido ' '; Apol., L, 5,
ćd. J.-P. Waltzing, Paris, 1929, p. 106 : ” Aliqua Carthaginis conditrix rogo secundum matrimonium
euadit : o praeconium castitatis et pudicitiae ! ” Ad martyras, IV, 5, CC, t. I, p. 6, 28 : " Nec minus
fecerunt philosophi, ... Empedocles, qui in ignes Aetnaei montis desiliuit... Dido, ne post uirum
dilectissimum nubere cogeretur ” ; De exhortatione castitatis, XIII, CC, t. II, p. 1034,25 : ” Erunt nobis
in testimonium et feminae quaedam saeculares ob uniuiratus obstinationem famam consecutae : aliqua
Dido, quae profuga in alieno solo, ubi nuptias regis ultro optasse debuerat, ne tamen secundas
experiretur, maluit e contrario uri quam nubere. ' '; De monogamia,XVII, 2, 6, CC, t. II, p. 1252 :
” Exsurget regina Carthaginis et decernet in Christianas, quae profuga et in alieno solo et tantae
ciuitatis cum maxime formatrix, cum regis nuptias ultro optasse debuisset, ne tamen secundas eas
experiretur, maluit e contrario uri quam nubere ' '; De anima, XXXIII, 9, ćd. J. H. Waszink, p. 48, 20 :
” Age nunc, ut poetae in pauos uel in cycnos transeant, si uel cycnis decora uox est, quod animal indues
uiro iusto Aeaco ? Quam bestiam integrae feminae Didoni ? ” MINUCIUS FELIX,Octauius, XX, 6, ćd. J.
Beaujeu, p. 32 : ” Unaq uaeque natio conditorem suum aut ducem inclytum aut reginam pudicam sexu
suo fortiorem aut alicuius muneris uel artis repertorem uenerabatur ”; JŹRÔME, Adv. Iouin., I, 43, PL,
t. XXIII, 275C : ” Dido, soror Pygmalionis,multo auri et argenti ponderecongregato,in Africam
nauigauit ibique urbem Carthaginem condidit et, cum ab Iarba rege Libyae in coniugium peteretur,
paulisper distulit nuptias donec conderet ciuitatem. Nec multo post exstructa in memoriam mariti
quondam Sichaei pyra, maluit ardere quam nubere' '; Epist. ad Geruchiam,CXXIII, 7, 2, ćd.
J. Labourt, t. VII, p. 81, 20 : ” Stringam breuiter reginam Carthaginis, quae magis ardere uoluit quam
Iarbae regi nubere, et Hasdrubalis uxorem, quae adprehensis utraque manu liberis, in subiectum se

praecipitauit incendium, ne pudicitiae damna sentiret, et Lucretiam...
Policr., VI, 22, 621c, t. 11,p. 63, 21 (apres citation ďAen., 1, 430-436, sur
716. JEANDESALISBURY,
ľorganisation de la ruche) : " Verumtamen nullius rei politicae est diuturna felicitas, nisi uniuersitati
prospiciat caput incolume. Quod, is non noueras, uel Didonis docearis exemplo. Quanta enim leuitate
Eneas admittitur, quantam cito inuenit gratiam homo ignotus, exul, fugitiuus, cuius causa ignota est,
persona suspecta? Quanta curiositate exceptae sunt ab auribus principum fabulosae narrationes
hominis suam euacuantis culpam, propriam quaerentis gloriam, et id captantis unde posset auditorum
subuertere mentes? Praecedunt ergo ad introitum hominis sermones blandi, illecebrae laudum
conciliant hospitii gratiam, conuiuium accuratius instruit omnium captata sedulitas, fabulae sequuntur
conuiuia, uenandi multiplicisqueluxuriae leuitas comitatur... Leuiter admissus est qui, quamuis ex
pietatisofficiout hospes non fuerat excludendus,opportunius tamen fuerat eum ut aduenam, non
quasi iudicem introire.
717. Texte citć ci-dessous, p. 439, n. 78.
378 LECTEURS DE L'ÉNÉIDE
en vers à
sur Didon et sa passion malheureuse 718. Dans une Lettre donne pour
de l'Académie française, il se
M. Raynouard, secrétaire perpétuel
un élève de Virgile et ajoute :
Mais que ne pouvaient sur les cœurs
cet amour, que Virgile a peint en traits vainqueurs,
le souvenir d'Elise abandonnée,
d'un triste hymen invoquant les vains droits
et réclamantcontre son cher Énée
l'appui des dieux qui l'ont condamnée
cité de cet amour
Hugo a été frappé aussi par les effets désastreux pour la s'interrompt du
mutuel entre Enée et Didon : la construction de Carthage personnelles.
très
coup. Hugo fournit de ces vers plusieurs interprétationsdéclarer, avec une
En 1830 il termine par eux sa préface d'Hernani pour s'il ne termine son
modestie d'auteur », que lui-mêmene saurait être grand
de l'architecture des
oeuvre 720.Mais les mêmes vers lui servent, à propos l'œuvre soit
cathédrales, à montrer que l'art change avant même que
Ombres, le poète
terminée 721 En 1840,dans sa préface des Rayons et les
livre de l'Énéide
déclare : La rêverie a des minutes d'action... Le quatrième
et de la vieillessene
est une tragédie 722. » Par la suite, le Hugo de la maturité
sembleplus du tout s'intéresserà Didon et au livre IV.

t. I, p. 107 (écrit en 1817) :


718. V. HUGO,Bonheur que procure l'étude, éd. Pléiade,
Mon Virgile à la main, bocages verts et sombres,
que j'aime à m'égarer sous vos paisibles ombres !
Que j'aime, en parcourant vos aimables détours,
à pleurer sur Didon, à plaindre ses amours !
115. L'Élise en
719. V. HuG0,A. M. Raynouard,lettre du 31. VIII. 1817,éd. Pléiade, t. 1, p.
L'hymen mentionné
question est Elissa, qui apparaît en Aen., IV, 335; 610; V, 3 (autre nom de •Didon).
ici provient en droite ligne d'Aen., IV, 316, p. 122 (plaintes de Didon)
Per conubia nostra, per inceptos hymenaeos.
720. V. HUGO,préface d'Hernani, éd. Albin Michel, p. 526 : " En attendant, ce qu'il a fait est bien
œuvre ! Elle ne
peu de chose, il le sait. Puissent le temps et la force ne pas lui manquer pour achever son
vaudra qu'autant qu'elle sera terminée. Il n'est pas de ces poètes privilégiés qui peuvent mourir ou
s'interrompre avant d'avoir fini, sans péril pour leur mémoire ; il n'est pas de ceux qui restent grands
même sans avoir complété leur ouvrage, heureux hommes dont on peut dire ce que Virgile disait de
Carthage ébauchée .
Pendent opera interrupta, minaeque
murorum ingentes (Aen., IV, 88-89, p. 113) ! "
721. V. HUGO,Notre-Dame de Paris, I, 3, l, éd. Hetzel-Quantin, p. 172 : " Les grands édifices,
comme les grandes montagnes, sont l'ouvrage des siècles. Souvent l'art se transforme qu'ils pendent
encore : ' Pendent opera interrupta ' ; ils se continuent paisiblement selon l'art transformé... Le temps est
l'architecte, le peuple est le maçon. "
722. V. HUGO,Les rayons et les ombres, préface, Pléiade, t. I, p. 1017.

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