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aM. Zo
Ecole des Hautes Etudes Commerciales
Affiliée a I’ Université de Montréal
Pratiques de Gestion des Ressources Humaines
et
Engagement Organisationnel
ences de la gestion
Mémoire présenté en vue de Vobtention du
Grade de maitrise és sciences
(M. Se.)
Avril 1999
© Philippe Guay, 1999Sommaire
Méme s°il existe beaucoup de recherches étudiant le développement de
engagement organisationnel, bien peu ont examiné influence des pratiques de
gestion des ressources humaines sur cet aspect. Notre étude propose done un
modéle liant quatre groupes de pratiques bien connues (Information,
Rémunération, Habilitation, Développement des compétences) et engagement
organisationnel a trois dimensions, tel que défini par Meyer et Allen (1990).
Plus spécifiquement nous voulions tester I'influence de ces quatre groupes
de pratiques, qu’on appelle aussi leviers d’engagement ou de mobilisation, sur les,
deux principales formes de I’engagement organisationnel (affective et calculée),
Notre modéle supposait que la perception ev/ou l’expérimentation positive de
certaines pratiques par les employés favoriseraient le développement de
engagement. En bref, notre revue de la littérature nous a permis d’avancer des
hypothése a I’effet que l’engagement affectif serait influencé favorablement par
nos quatre groupes de pratiques, tandis que I’engagement calculé se développerait
uniquement en la présence du levier de rémunération,
Alors que Vengagement affectif se référe a Iattachement affectif, a
identification, et a l’engagement ressenti par 'employé envers les valeurs et les
objectifs organisationnels, engagement calculé est basée sur V’évaluation
rationnelle que se fait l'employé des coiits et des bénéfices associés a la décision
de quitter son organisation. Comme les deux formes de I'engagement
organisationnel qui nous intéressent montrent un processus de développement
distinct, il était logique de supposer des rapports différents avec les pratiques de
GRH 4 l’etude.Les résultats de analyse multivariée ont en partie confirmé nos
hypothéses, en ce sens que les grappes de pratiques a I’étude influengaient
différemment les deux principales dimensions de ’engagement organisationnel.
Lorsque influence des autres pratiques de GRH sont prises en compte,
les résultats obtenus permettent de conclure que Ia présence de pratiques
favorisant « Vinfluence au travail » et le « développement des compétences » sont
celles qui ont l’influence la plus déterminante sur le niveau d’engagement affectif.
Dans une mesure moindre, la présence de pratiques extensives liées a
«information générale sur lorganisation» ainsi que celle des pratiques
favorisant «l'autonomie dans diverses sphéres du travail » auraient également
une influence positive sur l’engagement affectif des employés, Toutefois, les
pratiques de rémunération et de reconnaissance monétaires et non-monétaires
nauraient aucune incidence significative sur l’engagement affectif de méme que
sur engagement calculé,
Malgré les limites inhérentes notre recherche, elle démontre que les
organisations et leurs gestionnaires peuvent avoir un certain contréle sur le
développement des attitudes au travail. Avec ’implantation et l'utilisation de
pratiques alignées au systéme de GRH et appropriées aux caractéristiques
organisationnelles, les gestionnaires pourraient favoriser I’émergence d’un
engagement davantage affectif, qu’instrumental. Considérant les conséquences
négatives qu’a en général I"expression d’un fort niveau d’engagement calculé en
milieu de travail, et en tenant compte des effets bénéfiques de engagement
affectif sur Vefficacité des ressources humaines, les résultats de notre étude
s’avérent, par le fait méme, d’un grand intérét.Sommaire.
Tabi
Liste des figures et des tableaux.
Remerciements ..
le des matiéres..
Chapitre 1
Introducti
1.1) Introduction...
1.2)
Objectifs de la recherche...
Chapitre 2
Revue de la ture
21)
2.2)
23)
24)
Historique de I'Engagement Organisationnel
Le concept tridimensionnel de I'Engagement Organisationnel
selon Meyer et Allen.
Les conséquences des trois dimensions de ’Engagement
Organisationnel en milieu de travail
Développement et Antécédents de I'E.O.
2.4.1) Engagement affectif.....
2.4.2) Engagement calculé............ ee eet
2.4.3) Engagement normatif. Ee Oe
2.4.4) Résumé de /a littérature Pelt. 825)2.5) La perception des pratiques de GRH et I’E.0. ..
2.6) Description et Influence des quatre groupes de pratiques
de GRH....
2.6.1) Pratiques d'information
2.6.2) Pratiques de Rémunération
2.6.3) Pratiques d'Habilitation...
2.6.4) Pratiques de Développement des compétences.
Chapitre 3
Cadre théorique
3.1) Le Modéle théorique.
3.2) Les Hypothéses de recherche...
Chapitre 4
Méthodologie
4.1) Etude par Questionnaire..
4.2) Sujets et Echantillon..
4.3) Le Questionnaire.
4.4) Analyse Factorielle des quatre groupes de pratiques (v.i.)
et de I'Engagement Organisationnel (v.d.)Chaptitre 5
Présentation des Résul
5.1) Présentation du tableau de fréquences..
5.2) Résultats des analyses bi-variée et multivariées.
5.2.1) Commentaires sur la matrice.............-. 84
5.2.2) Corrélations entre les pratiques de GRH et les deux
formes d'engagement organisationnel 85
5.2.3) Corrélations entre les variables démographiques et
les deux formes d’engagement organisationnel. 86
5.2.4) Analyse multivariée pour les deux formes d’engagement
organisationnel. : # 88
Chapitre 6
Discussion des Résultats
6.1) Apercu...
6.2) Pratiques d'information et Engagement Affectif..
- 102
6.3) Pratiques de Rémunération et Engagement Affectif.
6.4) Pratiques de Rémunération et Engagement Calculé
6.5) Pratiques d’Habilitation et Engagement Affecti .. 110
6.6) Pratiques de Développement des compétences et
Engagement Affect 113Chapitre 7
Conclusion
7.1) Limites de la recherche... 116
7.2) Perspectives de recherche.
7.3) Implications pratiques pour les gestionnaires.. 123
Annexe 4. (questionnaire).
Annexe 2 (tableaux de fréquences pour les différentes
136
pratiques de GRH)..
jographie
vivii
Liste_des Figures et des Tableaux
Figure 1: Modéle de C. A. Smith...
Figure 2: Notre modéle théorique..
Tableau 1.1: Expériences de travail comme Antécédents
de Engagement Affectif.
Tableau 1.2: Facteurs socio-démographiques comme
Antécédents de Engagement Affecti.
Tableau 2.1: Expériences de travail comme Antécédents
de Engagement Calculé..
Tableau 2.2: Facteurs socio-démographiques comme
Antécédents de 'Engagement Calculé...
Tableau 3 : Description de ’échantillon
Tableau 4 : Matrice d'intercorrélations (analyse bi-variée)....
Tableau 5.1: Régression multiple pour Engagement Affectif
(analyse muttvariée).
Tableau 5.2: Régression multiple pour Engagement Calculé
(analyse muttivariée)..vill
Remerciements
La réussite d'un projet tel que la rédaction d’un mémoire de maitrise débute souvent
par I'émergence d'une idée vague, d'un questionnement ou d’une croyance, Canaliser
énergie et lintérét du départ est la premigre étape a franchir avant d’envisager les résultats
positifs d'un investissement a plus long terme. Vient aprés le difficile moment oi la recherche
d'information conduit peu & peu a la conceptualisation d’un cadre théorique et la formulation
des hypotheses. Les étapes de cueillette et d’analyse des données sont également ardues
Puisqu’elles font référence & de nombreuses connaissances techniques. Tout cela pour
finalement en arriver a la discussion et la conclusion qui synthétisent les points saillants de la
revue de la littérature, des résultats ainsi que des réflexions qui en découlent,
Lors de toutes ces étapes, il va sans dire que létroite collaboration de M. Michel
Tremblay (HEC) fut d'un soutien inestimable dans la réalisation de mon mémoire de maitrise.
Je dois la qualité de cet accomplissement a ce demier, qui par sa rigueur, sa passion et la
‘générosité de son temps m’a toujours permis de voir la lumiére au bout du tunnel méme dans
les moments plus difficiles. Sa quéte d'excellence, qui s’avéra une source d’inspiration tout au
long de ce projet, m’a aidé a terminer un mémoire dont je suis fier.
Je voudrais également remercier M. Gilles Simard de I'UQAM, qui a éé d'une
importance capitale lors des étapes de la distribution du questionnaire, de I'analyse des
résultats, ainsi que lors de la correction finale. Sa générosité et la pertinence de ses
commentaires furent grandement appréciges.
Merci enfin & tous ceux qui m’ont aidé a réaliser ce projet, dont plusieurs professeurs
des HEC et de 'UQAM qui m’ont autorisé & faire compléter nos questionnaires par leurs
étudiants en période de cours.
Je dédie finalement cet ouvrage a toute ma famille que j'aime beaucoup, et
spécialement a mon pére et 4 ma mére qui me regardent de li-haut, fiers de moi.CHAPITRE 1
Introduction
1.1) Introduetion
Consii
int les sommes importantes dépensées dans les organisations
pour implanter différentes pratiques visant & mobiliser les ressources humaines, et
compte tenu de l’importance du cofit de la main-d’ceuvre par rapport a ensemble
des dépenses, il est impératif de connaitre les facteurs favorisant le suecés de
Vimplantation et du maintien de telles pratiques. La nécessité de concilier les
besoins et les objectifs de l’organisation avec les besoins et les activités de ses
membres se fait prépondérante dans le contexte économique et technologique
actuel.
Pour favoriser la conciliation entre les intéréts des employés et les
objectifs de organisation, Lawler, 1994 (cité par Laflamme 1998), soutient que
seule une gestion participative peut amener tous les acteurs a devenir partenaires
plutdt qu’initiateurs de conflits et de mauvaises relations de travail menagant la
rentabilité de lentreprise et l'efficacité des ressources humaines. Selon Lawler,
Vefficacité de ces ressources humaines repose sur interaction de quatre
différents aspects de la gestion des employés, c’est-i-dire:
«Information x Récompenses x Pouvoir x Connaissances »
Selon cette conception, I’efficacité des ressources humaines s’accroit au
fur et & mesure que l’employé accéde & de l'information, qu’il peut influencer le
processus décisionnel tout en utilisant ses capacités et ses connaissances, et qu’il
se voit octroyer une reconnaissance appropriée. Lawler (1992) considére que pour
qu'il y ait motivation et mobilisation chez les travailleurs, ceux-ci doivent
posséder un niveau élevé d’engagement face a l'organisation et A ses objectifs,ive des
Ces quatre formes de partage caractérisent ce que serait une gestion proa
ressources humaines qui requiert la mise en place de plusieurs types de pratiques
innovatrices et qui a comme principal objectif de développer le niveau
engagement organisationnel des employés.
L’engagement des employés envers leurs organisations a été le sujet de
nombreuses recherches. L’importance d’avoir des employés engagés est un
constat partagé tant par les chercheurs que les praticiens. Selon Scholl, (1981)
(cité par Meyer 1997), les employés engagés sont plus stables et davantage
disposés & fournir pour leurs organisations des efforts individuels ou de groupes,
méme dans des conditions de motivation peu propices. Etant donné le récent
déclin de loyauté organisationnelle démontrée par les employés de tous genres et
de tous niveaux (O’Boyle, 1985; cité par Meyer 1997), une meilleure
compréhension de la fagon dont les actions et les politiques d’une organisation
affectent I’engagement serait trés utile.
La majorité des recherches portant sur engagement organisationnel ont
étudié d'une maniére approfondie les divers antécédents de l'engagement
organisationnel. La plus grande partie de la littérature a porté sur les perceptions
dexpériences de travail tels que le niveau de défi ou de satisfaction face & un
emploi. Néanmoins, l’impact que peut avoir organisation par la conception et
Vimplantation de pratiques de GRH n’a été que trés peu étudié de fagon sérieuse.
lest certes intéressant de savoir comment I’engagement organisationnel est relié
aux expériences et attitudes de travail, mais il est également important de
connaitre quelles act
ns organisationnelles spécifiques ont une influence sur cet
engagement. Les pratiques organisationnelles contribuent aux expériences de
travail et peuvent étre modifiées par les organisations afin qu’elles puissent avoir
davantage impact sur engagement organisationnel, Bref une bonne
compréhension de la fagon dont se développe l’engagement serait un important
atout pour les entreprises qui désirent avoir une certaine influence sur
engagement de leurs employés (Meyer 1997).Selon Lawler (1992), l'utilisation par les organisations de bonnes grapes
de pratiques de GRH peut s’avérer une fagon de controler et d’organiser le
développement de bonnes attitudes de travail qui émergent généralement de la
ttionnel chez les individus.
présence d’engagement organi:
Ce concept d’engagement organisationnel, qui a été élaboré et
sérieusement étudié aux Etats-Unis depuis une quarantaine d’années, reste
néanmoins peu élaboré au Québec. L’étude du phénoméne d’engagement
organisationnel a connu, surtout aux Etats-Unis, un essor important depuis que
Meyer et Allen (1990) ont présenté une conceptualisation de l’engagement 4 trois
dimensions. C’est depuis le début des années “90 que le concept tridimensionnel
de Meyer ct Allen alimente les interrogations des chercheurs désirant en connaitre
plus sur les différentes facettes de l'engagement organisationnel, Nous retrouvons
dans cette conception la dimension Affective, 1a dimension Caleulée, et la
dimension Normative, et comme nous le verrons plus loin, ces trois dimensions
possédent un processus de développement distinct. Puisque ces dimensions
engendrent aussi des conséquences différentes sur les comportements et attitudes
au travail, I’étude des facteurs ou des antécédents susceptibles d’influencer le
développement de ces trois formes d’engagement organisationnel est d’un grand
intérét.
Selon Lawler (1992), le processus psychologique accompagnant le
développement de I’engagement organisationnel engendrerait I’état de
mobilisation chez l'employé. Certains chercheurs du Québec tels que Wills,
Labelle, Gu
et Tremblay (1996) ont déja qualifié d’étroite la relation entre
Vengagement organisationnel et le processus individuel de mobilisation. Plus
précisément, c’est la dimension affective de l’engagement qui s’apparenterait le
plus cet état de mobilisation qui pousse un employé déployer volontairement
des efforts au-dessus de la normale de fagon @ accomplir un travail de qualité, un
travail avec une valeur ajoutée et un travail d’équipe. Ces efforts de canalisation
témoignent dun attachement a la fois envers son travail, envers la haute directionde son organisation et envers la collectivité constituée par ses collégues et autres,
groupes de travail. Nous verrons dans la revue de littérature que c'est cette notion
’attachement qui caractérise la dimension affective de I"engagement.
Selon Kohler et Mathieu (1993) cités par Rodwell, Kienzle et Shadur
(1998), ce genre de comportements individuels et de réactions affectives sont
influencés par la fagon dont les gens pergoivent leur environnement et leurs
expériences de travail. Comme Meyer (1997) l’exprime, ce sont ces perceptions
qui fagonnent et développent I’engagement organisationnel d’un employé. Pour
mieux comprendre tout ce phénoméne d’engagement qui méne a une plus grande
efficacité des ressources humaines, il est done nécessaire d’étudier Ia relation
entre la perception des employés face aux pratiques et expériences vécues en
entreprise et le niveau d’engagement organisationnel qu’ils démontrent.
1.2) Objectif de la recherche
Le premier objectif de cette recherche est d’étudier et d’analyser les liens
pouvant exister entre différentes grappes de pratiques de ressources humaines et
jvent. Nous
engagement organisationne! des employés qui les vivent et les pei
avons retenu pour I’étude les quatre groupes de pratiques suivants:
1) L’information soutenue en ce qui a trait a la performance, la stratégie et a la
mission de l’entreprise;
2) Les récompenses basées sur la performance de l’organisation et sur les
capacités individuelles;
3) La possibilité de prendre des décisions qui vont influencer les pratiques, les
politiques et les orientations stratégiques.
4) L'accroissement des habiletés tout en contribuant Vatteinte des objectifs
organisationnels;Selon Iles, Mabey et Robertson (1990) (cités par Smith, 1995), il existe
une évidence selon laquelle les pratiques de gestion des ressources humaines et
Vengagement organisationnel seraient religes. Toutefois, ces mémes auteurs
dgplorent la rareté des recherches emp
Meyer (1997),
iques étudiant cette relation. D’aprés
1 semble évident que les organisations peuvent, intentionnellement
ou non, influencer le niveau d’engagement des employés avee leurs pratiques de
gestion des ressources humaines. Selon l'article de Meyer, Paunonen, Sampo et
al. (1989), il est trés important pour les entreprises de choisir minutieusement
leurs politiques afin d’espérer un impact positif sur 'engagement des employés.
Pour sa part, Huselid (1995) insiste sur impact que peut avoir la synergic des
pratiques dans un systéme de GRH, sur la performance de l’organisation étant
donné l’augmentation de productivité et d’assiduité de la main d’ceuvre.
Toutes ces observations nous poussent tout d’abord 4 nous demander
qu’est-ce qui influence conerétement I’engagement organisationnel des employés
Par contre, pour respecter certains critéres scientifiques et pour eréditer notre
recherche d’un plus grand réalisme face a la valeur des résultats, nous nous
devons de préciser la nature des variables. Notre question spé
fique de recherche
a été élaborée de maniére 4 cemer un aspect trés pointu de toute la dynamique
portant sur les liens entre les pratiques de gestion et la performance des ressources
humaines,
En se concentrant sur les variables ciblées dans la revue de littérature,
nous en sommes venu 4 formuler la question de recherche suivante:
«Quelle est la relation entre ta perception qu’ont les employés des quatre
groupes de pratiques de GRH suivants: «l’Information, la Rémunération,
V'Habilitation et le Développement des compétences», et leur niveau
d’engagement organisationnel 2»De cette question de recherche découle un deuxiéme_objectif plus
spécifique qui serait de verifier si certaines grappes de pratiques ont une influence
plus prépondérante que d'autres sur le développement de |’engagement
organisationnel. Comme nous le verrons dans la revue de la littérature, il semble
exister des antécédents (expériences en milieu de travail, caractéristiques de
Vemploi, ete.) qui auraient plus d’influence sur l'engagement organisationn
Notre étude tentera done de démontrer si les grappes de pratiques faisant
référence 4 ces antécédents ont également plus d’impact sur engagement
organisationnel
Pour expliquer le développement de l’engagement organisationnel, les
recherches recensées pour notre revue de littérature font référence a des
antécédents de toutes sortes que nous retrouvons dans les caractéristiques
individuelles, les caractéristiques organisationnelles, ainsi que dans _ les
expériences de travail. L’intérét de notre deuxiéme objectif de recherche découle
done d’ une des originalités de notre étude qui consiste a explorer les liens pouvant
exister entre l’engagement organisationnel et les antécédents reliés aux
expériences de travail que nous avons réunis a ’intérieur de quatre groupes de
pratiques de GRH
Fi éférence a la
inalement, le troisiéme objectif de notre étude fait
littérature qui souligne que les trois dimensions de I’engagement organisationnel
(affective, calculée, normative) font foi d’un processus de développement distinct.
Etant donné qu’elles sont issues de motivations variées et d’états psychologiques
différents, ces trois facettes de l’engagement seraient influencées par des facteurs
différents. Dans notre recherche, ces prédicteurs (expériences de travail) sont
regroupés a Vintérieur des quatre leviers d'engagement suivants: Information,
Rémunération, Habilitation, et Développement des compétences.
Liintérét de ce troisizme objectif est de voir si les organisations, avec
implantation de grappes de pratiques appropriées aux besoins de leurs ressourceshumaines, peuvent véritablement avoir un certain controle sur le développement
des trois dimensions de l’engagement organisationnel de leurs employés. Nous
espérons que lanalyse des résultats nous permettra d’acquérir une meilleure
compréhension de la maniére dont les quatre groupes de pratiques mentionnées
ées dans le
influencent les différentes formes d’engagement organisationnel avani
modéle de Meyer et Allen (1991) que nous présenterons dans le prochain
chapitreCHAPITRE 2
Revue de la Littérature
2.1) Historique du concept de engagement organisationnel
‘Au cours des cinquante derniéres années, I’engagement organisationnel a
446 conceptualisé et mesuré de plusieurs fagons. Par exemple, l’optique de Becker
(1960) était basée sur les coviis associés au fait de quitter son organisation, c'est
dire @ la perte de la valeur des investissements accumulés tels que les primes de
retraite, l'ancienneté et le statut dans organisation. Cette théorie du « side bet »
évoquée par Becker et reprise par Staw (1977) et Brickman (1977) (cités par
Meyer et Allen 1991), se rapporterait davantage a un engagement behavioral. Ei
effet, individu qui reconnait les désavantages de quitter son organisation, sera en
contre partie, motivé par les avantages & poursuivre son comportement présent qui
Vaménera A rester. Selon les tenants de cette théorie, il n'y aurait pas
engagement sans la perception des bienfaits de Vaction de rester dans son
organisation,
Plus tard avec Kanter (1968), Buchanan (1974) et Mowday, Porter, Steers
(1979) (cités par Meyer et Allen 1991), aspect émotif et affectif de engagement
fut davantage exploré. En réponse a la conceptualisation calculée de Becker, ces
auteurs ont propos
le scénario selon lequel les employés désirent développer une
relation avec leur organisation dans la mesure oi leurs valeurs et leurs objectifs
sont congruents avec ceux de Iorganisation, En intégrant des notions telles que
if
auteurs ont rendu plus complet et plus réaliste le concept d’engagement
jentification, l'implication et I’attachement psychologique a l’organisation, ces
organisationnel. Cette école de pensée tient done compte de la possibilité qu’un
employé puisse vouloir poursuivre sa relation avec son organisation parce qu’il
ressent une compatibilité entre ses croyances et celles de l'organisation, La
de
n de Pemployé fait ici référence & quelque chose de plus émotif qui setraduit par un attachement affectif aux valeurs et objectifs de organisation pour
laquelle i aura envie de mieux travailler.
Finalement, une troisigme conception de l’engagement organisationnel fut
défendue par des auteurs tels que Marsh et Mannari (1977) ainsi que Wiener
(1982) (cités par Meyer et Allen, 1991). Cette conception, qui a regu moins
d'attention que les deux premieres, soutient que l"employé restera avec son
organisation parce qu’il en ressent I’obligation, Selon cette théorie, ce sentiment
ion individuelle de
obligation morale serait le résultat d’une_intérion
nt sur l'individu avant son entrée dans
pressions normatives qui. s'exen
Vorganisation (p. ex : familial, socialisation culturelle, etc.) ou une fois dans
Porganisation (p. ex : socialisation organisationnelle)..
La prise en compte des ces trois conceptualisations montre un portrait plus
réaliste de l'engagement organisationnel. En effet, la présentation de ces trois
Ecoles de pensée démontre les divers facteurs expliquant ce qui peut motiver un
employé a s’engager dans son organisation. Tandis que l’engagement calculé
relate le cOté rationnel et behavioral du processus d’engagement, les dimensions
affectives et normatives font davantage état du e6té psychologique du processus
d’engagement oii les valeurs et les sentiments personnels influencent I’employé
dans sa décision de rester ou non avec son organisation. Nous verrons plus en
détails a 1a section 2.4, le processus de développement de chacune des trois,
formes de engagement organisationnel.
2.2) Le concept tridimensionnel de engagement organisationnel
selon Meyer et Allen
Le principal apport de ces deux auteurs fut de réunir sous un méme
concept les trois écoles de pensée des quarante demniéres années et la vision detous ces chercheurs quant & la relation unissant l’employé a son organisation. Au
lieu de se restreindre & une partie de la réalité et & une guerre d’idées dans le but
de diseréditer les autres conceptualisations de I’engagement organisationnel,
Meyer et Allen ont assimilé ces diverses conceptions afin de former un concept
tridimensionnel. Le regroupement de ces différentes optiques augmente la force
explicative du modele et le rend plus apte a tenir compte de toute la complexité du
phénoméne de relation et d’engagement entre un employé et son organisation,
D’aprés Dunham, Grube et Castaneda (1994), l'adoption d'une définition
multidimensionnelle du concept de I’engagement organisationnel est tres
importante tant pour la recherche que pour la pratique. Il y a en effet de plus en
plus d’évidences [effet que ces trois dimensions sont associées a des
antécédents et des conséquences différentes. En faisant référence au concept
er et Allen, les gestionnaires et les théoriciens devraient
tridimensionnel de Me}
tre en mesure de micux cerner les divers antécédents et les conséquences
possibles de I’engagement organisationnel en milieu de travail. La reconnaissance
d’un concept englobant trois dimensions qui se développent distinctement selon
divers antécédents, rend I’étude de engagement organisationnel plus complexe,
mais elle permet aussi une meilleure gestion du phénoméne en milieu de travail,
Le modéle de Mi
soit: la dimension Affective, la dimension Calculée (ou de continuation) et la
ret Allen comprend done trois construits distinets
dimension Normative (ou d’obligation). Puisque ces deux auteurs ont établi une
&chelle pour mesurer le niveau de chaque dimension, il est possible d’évaluer
simultanément Pimpact de variables indépendantes, telles que les pratiques de
GRH, sur la variable dépendante qu’est le concept multi-dimensionnel
engagement organisationnel.
Selon Meyer et Allen (1991, pp. 2 et 3), la dimension affective se réfe
ion et a l'engagement de l’employé a I’égard
Vattachement affectif, a Pidentific
des objectifs et des valeurs de son organisation. L’employé qui montre un fortengagement affectif désire évoluer dans son organisation parce qu’il estime
qu'elle comble ses besoins plusieurs niveaux. La dimension calculée se réfere &
la prise en compte des cotits associés au fait de quitter organisation. L"employé
ion l’engagement caleulé, y reste
qui ien_ principal avee son organi fe
parce qu’il estime que ce choix lui rapportera plus que la dé
n de partir.
ialement, la dimension normative fait rétéren«
un sentiment d’obligation
ne restera
morale éprouvé par l'employé envers son organisation. Cette per
avec son organisation parce qu'elle se sent obligée et qu’elle pense que c'est
moralement la bonne chose a faire
Ces trois composantes sont distinctes mais pas mutuellement exclusives
puisqu’un individu peut ressentir en méme temps chacun des trois types
engagement & un niveau différent, Par exemple, l'employé pourra sentir qu'il
aime son organisation (engagement affectif) ct penser en méme temps qu’il aurait
beaucoup A perdre de la quitter (engagement calculé), tout en ne se
entant pas
obligg de rester avec son organisation (engagement normatif). Pour chacune des
trois dimensions, selon Meyer et Allen (1991), c'est état ps
chologique
prédominant chez 'employé qui caractérise sa relation avec son organisation et
qui influence sa décision de rester dans l'organisation ou de la quitter.
2.3) Les conséquences des trois dimensions de engagement organisationnel
en milieu de travail
Il est important de différencier les dimensions de ’engagement
organisationnel car les états psychologiques des trois composantes, qui sont issues
rentes sur les
antécédents distincts, auraient des conséquences diff
comportements et attitudes au travail. Notons que la majorité des recherches
portant sur les extrants de l'engagement, sauf pour le concept du roulement des
cemployés, fait état de la méme constatation. En effet, la littérature a montré que letaux de roulement des employés (« turnover ») s‘avérait un aspect face auquel les
trois formes d’engagement sont liges dune fagon similaire. Une relation négative
entre les trois types d’engagement et le roulement («turnover») a été constatée par
exemple par Hackett, Bycio, et Hausdorf (1994); Meyer, Allen, et Smith (1993)
et Somers (1993),
Par contre, pour d’autres conséquences de engagement, comme le
déploiement d’efforts au-dessus de la normale pour organisation
(«organizational citizenship behavior » ou «extra role behavior »), il est logique
de s‘attendre A un lien difiérent avec chacune des trois dimensions de
Vengagement, Pour Meyer et Allen (1991), il est évident qu’un employé qui
«aime son organisation et qui désire vraiment y travailler (engagement affectif),
sera davantage prét a travailler fort pour son organisation qu’un autre employé qui
y demeure plut6t parce qu’il s'en sent obligé (engagement normatif) ou parce
qu'il estime les bénéfices supérieurs aux colts (engagement calculé). Dans les
deux deniers cas, un individu en fera probablement juste assez. pour rester
employé dans organisation. Selon Meyer et Allen (1990), utilisation d’un
concept a trois dimensions permet une meilleure compréhension des différents
types de relations entre les employés et leurs organisations.
La majorité des études ont montré que les trois dimensions de
Vengagement sont différemment reliés a plusieurs comportements au travail, &
exception du « tumover » ot l'on note une relation négative avec engagement
dans presque tous les cas. Regardons alors de plus prét chacune des dimensions et
les conséquences qu’elles engendreraient dans les comportements et attitudes en2.3.1) Les conséquences de engagement affectif’
L’engagement affectif serait positivement relié au potentiel de promotion
d'un employé d’aprés I’évaluation de son superviseur ainsi qu’a leurs évaluations
de performance globale (Meyer, Paunonen, Gellatly, Goffin et Jackson, 1989), au
comportement de citoyenneté organisationnelle (Shore et Barksdale, 1991; Shore
et Wayne, 1993; chercheurs cités par Smith en 1995), et & la performance globale
au travail (Konovsky et Cropanzano, 1991; Meyer et al., 1989: cités par
Smith,1995). Meyer, Allen et Smith (1993) ont aussi trouvé des relations
significatives et positives entre l’engagement affectif et la tendance a s’adapter
aux changements et faire preuve du comportement organisationnel appelé wextra
role behavion». Plusieurs autres études ont révélé des corrélations négatives entre
engagement affectif et diverses mesures de labsentéisme et de roulement
(Hacket et al. 1994).
Bref, engagement affectif témoigne d’un bien-étre de l’employé quant au
support organisationnel qu’il ressent. En raison de ses racines émotives et
affectives, 1'état d'engagement affectif expérimenté par l'employé l’aménera a
dayantage s’identifier aux valeurs et aux objectifs de organisation, ainsi qu’a
foumir des efforts additionnels pour favoriser le succes de son organisation.
2.3.2) Les conséquences de engagement calculé
L’engagement calculé serait négativement relié aux évaluations de
potentiel de promotion (Meyer et al, 1989), et aux comportements de citoyenneté
organisationnelle (cités par Smith 1995: Shore et Barksdale, 1991; Shore et
Wayne, 1993). Des relations négatives furent également observées lors d’analyses
multivariées impliquant l"engagement calculé et diverses mesures d’absentéisme
et de roulement pendant la premiére année seulement d'une étude de deux ans(Gellatly et White, 1994), Cites par Hacket, Bycio et Hausdorf (1994) Shore et
Barksdale (1991) auraient observé, dans leurs analyses bivariées, des corrélations
négatives entre différentes évaluations de performance et l’engagement calculé
Ajoutons que Meyer, Gellatly, Goffin et Jackson (1989) ont aussi trouvé des
corrélations négatives et significatives entre le niveau d’engagement calculé des
employés et leurs évaluations de performance globale et leur potentiel de
promotion.
Bref, contrairement 4 l'engagement affectif od le lien entre les deux
parties est basée sur le partage de valeurs et d’objectifs, I'état d’engagement
calculé fait plut6t référence a un échange de services mutuels od priment les
Dans ce
aspects monétaires et politique , Pemployé décide de rester avee son
organisation parce qu’il estime que cette action rapporte des bénéfices supérieurs
aux cofits. Il n’est done pas surprenant de constater dans la littérature, qu’un fort
engagement calculé engendrerait des comportements ct des attitudes au travail q
ont principalement pour but de maintenir le lien d’emploi entre l’employé et son
organisation. Cette optique élimine par le fait méme le déploiement d’efforts au-
dessus de la normale qui caractérise des ressources humaines efficaces,
productives et plus mobilisées.
2.3.3) Les conséquences de engagement normatif
Des corrélations positives ont par ailleurs été observées entre
engagement normatif et divers comportements au travail tels qu'une meilleure
acceptation des conditions de travail et une loyauté plus soutenue (Meyer, Allen
et Smith, 1993) ainsi qu’une citoyenneté organisationnelle plus développée
(Morrison, 1994: cité par Meyer, 1997).Is
Bref, étant donné les racines émotives et affectives de engagement
normatif, il est logique de soutenir que le sentiment d’obligation qui caractérise ce
type d’engagement d’obligation, puisse engendrer des comportements de loyauté
‘au travail souhaités par l’organisation. Par contre, puisque ses déterminants sont
davantage de nature familiale, sociale et culturelle, les pratiques de gestion
n’auraient que trés peu d’impact sur le développement de ce type d’engagement.
D’un point de vue plus global, puisque engagement organisationnel
influence une grande variété d’attitudes et de comportements au travail, il est
important pour les organisations d’examiner attentivement le genre de politiques
et de pratiques qu’elles implantent afin d’influencer le niveau d’engagement de
leurs employés. Certaines organisations tentent, par exemple, de former des liens
privilégi¢s avec certains employés en leur offrant des promotions rapides, en leur
permettant de profiter d’avantages sociaux et de droits de pension hors de
Vordinaire, en leur fournissant des séances de formation spécifiques aux besoins
organisationnels, ete. Certes ces pratiques peuvent motiver des employés a rester,
mais elles ne développent pas nécessairement leur désir de contribuer
Vefficacité et a la productivité de organisation. Au contraire, certains employés
pourraient méme se retrouver dans la situation od ils restent dans l'organisation
beaucoup plus par besoin que par désir.
Comme engagement organisationnel semble influencer une variété de
comportements positifs au travail, et dans d'autres cas, une varigté d’aspects
s diverses
négatifs, il importe d’étudier les pratiques susceptibles d’influencer e:
formes d’engagement. Méme si cela ne s’avére pas simple, il serait prudent pour
les organisations d’implanter des pratiques de ressources humaines qui ont
davantage de chances de développer l'engagement affectif de leurs employés
plutat que leur engagement calculé (Meyer, Paunonen, Sampo, Gellatly, Goffin,
Jackson, 1989), Comme nous ’avons vu précédemment, les employés, pour qui
une association avec leur organisation procure une motivation et une satisfactionintrinséque, sont plus aptes a vouloir contribuer au succés de ’entreprise que ceux
gui y restent uniquement parce qu’ils en ont besoin,
Il reste maintenant a investiguer plus en profondeur qu’elles sont les
pratiques et expériences de travail qui favorisent particuliérement I’essor dun
plus grand engagement affectif chez les employés. C’est ce que nous tenterons de
faire dans la prochaine section.
2.4) Développement et antécédents de engagement organisationnel
La littérature des vingt demigres années permet d’identifier différents
facteurs au titre d’antécédents potentiels & engagement organisationnel, Nous
n’avons pas I’intention ici de revoir en détail toutes les recherches sur le sujet. Par
contre, nous identifierons les tendances générales issues de la littérature afin de
mettre l’accent sur les différents antécédents des trois dimensions de
engagement organisationnel
Aprés une bréve introduction théorique portant sur les processus de
«développement de chacune des dimensions de l’engagement organisationnel, nous
présenterons un tableau synthése des antéeédents recensés dans la littérature.
Nous y retrouverons les caractéristiques individuelles (comme variables de
contrdle) et les expériences de travail (comme variables indépendantes
éventuellement incluses dans nos quatre groupes de pratiques). Le tableau inclura
igalement le nom des chercheurs ayant identifié les dits prédicteurs. On y
retrouvera finalement une section « commentaires et/ou suppositions » portant
sur la nature de la relation entre ces antécédents (ou prédicteurs) et les dimensions
de l'engagement organisationnel.2.4.1) Engagement affectif
Selon Meyer et Allen (1991), l’engagement affectif se développerait & la
suite d’expériences de travail qui comblent les besoins des employés et qui
s'avérent compatibles avec les valeurs de ces demiers. L’employé qui pergoit
une, ou préférablement des pratiques comme positives et satisfaisantes, ressentira
que son organisation tient 4 lui et Je supporte. Cela engendrerait un sentiment
“appréciation, d’appartenance, et le désir de contribuer aux suecés de son
organisation,
En resp
int la distinction faite par Herzberg,1966 (cité par Laflamme
1998), quant aux facteurs d’hygiéne et de motivation, il fut observé que les
expériences de travail se divisent en deux catégories: celles qui satisfont le besoin
de se sentir confortable physiquement et psychologiquement dans son
organisation, puis celles qui contribuent 4 ’essor du sentiment de compétence
Eprouvé par Temployé Cette distinction est utile car elle facilite la
compréhension du processus de développement de l'engagement affectif. Elle
reste néanmoins exploratoire et ne servira pas dans notre étude a catégoriser les
antéeédents de engagement affecti.
La nomenclature des antécédents relevés dans Ia littérature nous montre
comment peut se traduire en pratique ces explications théoriques du processus de
développement de l’engagement affectif. La pratique est représentée par les
expériences conerites et réguliéres que les individus vivent en milieu de travail,
Toutes sortes d’expériences de travail, incluant les caractéristiques de l'emploi,
seraient selon les auteurs cités dans le tableau 1.1 des variables significatives
ayant une influence positive sur le développement de l’engagement affectif d’un
cemployé.Concernant le tableau 1.2, il présente des antécédents de l’engagement
afte
ff sous la forme de caractéristiques personnelles, Puisque ces facteurs sont
en dehors de influence de la gestion des ressources humaines, nous avons décidé
de ne pas les intégrer a nos variables indépendantes qui sont formées de quatre
groupes de pratiques de GRH. Néanmoins, méme si les relations trouvées entre
ces caractéristiques individuelles et I'engagement affectif sont de moindre
s facteurs sur
importance, nous avons tenté de tenir compte de influence de e:
notre variable dépendante, en les désignant comme variables de contrdle. Notons,
avant la présentation du tableau 1.2, que méme si des relations positives entre
ques comme «lage, le sexe, le niveau
certaines caractéristiques socio-démograp!
higrarchique et ’éducatiom» et engagement aflectif ont été relevés, elles ne sont
pas constantes et significatives (p. ex: Angle et Perry 1981; Glisson et Durick
1988; Morris et Sherman 1981; Morrow et McElroy 1987; Mottaz 1988; Pierce et
Duhnam 1987; Steers 1977 (cités par Meyer et Allen 1991),Engagement affectif et _Expériences de travail
TABLEAU 1.1
ANTECEDENTS & commemaires CHERCHEURS et années
le Pompe | paca Wrens eas
Clarté du rile et des objectifs de travail: faciliterait la
Greaauecasa ire Sioa tas
Govt perpee tvron be. page de pone | | 2 MO
eae se aie tal lene cist
ie laereeidl coerce (qi siiicke {Venus
Gennes cate scuployés ees specs
Le support organisationnel: moatre aux employes que leur] | 2p. ex Shore & Wayne
nisation tient & eux et qu'elle reconnait leur valeur. (1993)
Liautonomie dans Vemploi et ta décentralisation des} | <> Decotiis & Summers
decisions : favorise implication, la créativiteet| |” (7957)
Vaccomplissement au travail et le sentiment de compétence. 2 Fiorito etal. (1997)
Ta justice procédurale + démontre aux employés Te respect de
organisation. © Ward & Davis (1995)
Les récompenses intrinseques et sociales: favorisent| | > Fiorito et al. (1997)
Vattachement et identification & organisation.
Ta responsabilisation des employés : améne les gens & prendre | | © King & Ehrhard (1997) |
confiance et & vouloir contribuer au sueeés de organisation. | | Fiorito et al. 1997)
© Garcia (1997)
Tes_premiéres expériences dans organisation : initient
rapidement les gens aux valeurs et aux _objectifs| | <> Meyer && Irving (1998)
organisationnel
Les opportunitéx de promotion : encouragent les employes & se
dépasser et leur donnent espoir pour leur futur dans| | <> (Reilly & Caldwell
organisation, (41980)
Ta reconnalssance ela réroaction du superviseur= T
Encouragent la fiené et le sentiment d'appartenance des| |< Castaneda, Grube &
sos, Cela les aide esment mie camprende cao | Dyna (1994)
attend deux
Le partage de Tinformation = ambne Wes employes & mieux] | > Varona (1996)
comprendre et assimiler les valeurs et les objectifs de| |= Meyer, Allen & Smith
organisation. Une communication bi directionnelle leur donne| | (7993)
la chance de se faire entendre | | © Rodwell et al. (1998)
La formation proactive: permet aux employés Taugmenter
leurs capacités a bien performer méme si les exigences| | < Smith (1995)
‘augmentent. Elle est un soutien et un support organisationnelEngagement affectif_et_Caractéri
TABLEAU 1.2
ANTECEDENTS & commentaires
CHERCHEURS et années
Le niveau higrarchique : représente un meilleur statut
«emploi, une qualité d’emploi. Selon Mottaz les liens
entre ce genre de facteurs et "engagement affectif
seraient indirectes et disparaitraient lorsque les
vantages reliés au statut sont controls.
© Mottaz (1988)
Le besoin de réussite, d'affliation et d’autonomie
et Véthique personnelle de travail : sont des caractéristiques qui
suggérent la possibilité que les individus different dans leur
prédisposition a vouloir s’améliorer et & s’engager affectivement
8 leur organisation.
© Morris & Snyder (1979),
| Griffin & Bateman (1986)"
Mowday et al. (1991) =
cités par Meyer et Allen (1991)
La cohésion naturelle entre la personnalité de Vemployé et son
‘milien de travail : devrait logiquement favoriser "implication,
Ja motivation et engagement de la personne envers son
organisation
> Hackman & Oldham
cités par Meyer (1997)
Le nombre d’années passées dans Uorganisation : favoriserait
Pattachement émotif et lintégration graduelle des valeurs et des
‘objectifs organisationnels par l'employé
© Smith (1995)au
2.4.2) Engagement caleulé
Selon Meyer et Allen (1991), étant donné que engagement calculé refléte
la prise en compte des cots associés au fait de quitter Morganisation, tout ce qui
augmente les coats pergus peut étre considéné comme un antécédent. Un employé
largement exposé une ou des pratiques qui sont en place pour favoriser le
développement d’habiletés et de compétences utiles exclusivement a l’intérieur de
organisation, aura tendance a estimer qu’il aurait davantage a perdre qu’a
gagner, s'il quittait son organisation. Cela _engendrerait alors chez lui
Ir
étant_donné importance des investissements des deux parties. Les types
mpression qu’il n’a pas d’autres alternatives que de rester dans son organisation
antécédents les plus souvent étudiés sont les investissements en temps et en
argent ainsi que la présence ou l'absence d'autres alternatives sur le marché du
travail.
Becker, 1960 (cité par Meyer et Allen 1991), a proposé que l’engagement
d’un individu a une attitude ou a un comportement se développe, puis se
maintient, afin de ne pas perdre la valeur des investissements qui découlent de ces
actions. Ces investissements peuvent prendre diverses formes, qu’ils soient reliés
au travail ou non. Par exemple, des craintes pourraient étre religes au fait de
tion d’habiletés_ non
perdre le temps et effort qui ont mené a lacqui
transférables, D’autres craintes se référeraient la perte de bénéfices et de
priviléges d’ancienneté attrayants. Le fait de quitter organisation pourrait aussi
signifier un déménagement ou la fin de certaines relations interpersonnelles.
Rusbult et Farrell (1983), cités par Meyer et Allen (1991), ont ajouté la
notion d’alternative a celle des investissements a leur modéle de l’engagement
calculé, Ils constatérent que des études théoriques et pratiques avaient démontré
que l’engagement de nature calculée au travail augmentait en fonction du nombre
et de importance de l’augmentation des investissements et en fonetion de la
diminution de I’attrait des alternatives. Le tableau 2.1 présente done un résumédes résultats des chercheurs concernant les relations significatives entre diverses
expériences de travail et l'engagement calculé
Le tableau 2.2 présente briévement les principales caractéristiques
personnelles qui ont montré, dans la littérature, des liens positifs avec
Vengagement calculé. Selon Meyer et Allen (1991), tout comme pour
engagement affectif, la majorité des relations positives entre ces caractéristiques
ement calculé restent difficiles a interpréter car elles
Lee (1992)
Liinvestissement de temps et d'effort consacrés
organisation : influence a la hausse V’évaluation que employs
se fait des coats associés & un départ.
© Meyer & Allen (1991)
La justice distributive et ta satisfaction quant aux avantages
au partage des bénéfices et aux régimes de retraite:
facteurs qui peuvent augmenter la perception des coats
associés au fait de quitter l'organisation,
© Ward & Davis (1995)
Engagement calculé_et Caractéristiques personnelles
TABLEAU 2.2
ANTECEDENTS & commentaires CHERCHEURS et années
|
La faible transférabilité de éducation de individu: diminuera)
wentera done le niveau |
Tes. alternatives extérieures et a
engagement calculé de remployé.
> Meyer & Allen (1991)
© Lee (1992)
Le désie de rester dans ta méme communauté: est un facteus |
personnel qui fait hausser la perception des risques et des cots
fait de quitter Vorganisation,
associés au |
Le status ainsi que le nombre d'années passées dans le poste et |
organisation (ancienneté) : sont évidemment des items qui
influencent & la hausse la perception de I'employé quant a la
valeur de ses investissements.
> Meyer & Allen (1991)
© Meyer & Allen (1991)4
2.4.3) Engagement normatif
Jusqu’a maintenant la littérature portant sur le développement de
engagement normatif s’avére plutot théorique qu’empirique. Weiner (1982) (cité
par Meyer et Allen 1991), a mis de avant Phypothése que le sentiment
obligation a rester dans l’organisation serait relié l'intériorisation de pressions
normatives exercées sur un individu, aussi bien avant son entrée dans
Vorganisation (Ia socialisation familiale ou culturelle), qu’aprés son entrée dans
une organisation (la socialisation organisationnelle).
Entre autre, l'engagement normatif pourrait également se développer
lorsqu’une organisation procure a un employé des facilités ou des faveurs 4
ins colits associ
«d’avance» comme le paiement de cert des cours spécialisés
ou a des séances de formation, La reconnaissance de ces investissements par
Vorganisation pourrait eréer une forme de débalancement ou un sentiment
iniquité pos sant son tour l'employé a s’engager jusqu’a ce que la
, pou
«dette» soit payée (Scholl 1981: cité par Meyer et Allen 1991),
Les antécédents de l'engagement normatif relevés dans la littérature sont &
prendre avec réserve car les prédicteurs de cette forme d’engagement différent
rarement de ceux relié a Pengagement affectif. Bien qu’empiriquement, on soit en
mesure d’identifier ces deux formes d’engagement (affectif et normatif), il ne
semble pas évident ce jour que ces deux modéles soient distinets, En effet,
Videntification des antécédents et des conséquences concernant la dimension
normative chevauche souvent les données recueillies pour la dimension affective.
Cela viendrait du fait que ces deux concepts font davantage référence a des états
psychologiques od implication émotive est importante, par opposition
Vengagement calculée oit des besoins plus rationnels et moins abstraits sont mis &
contribution (p. ex : besoins financiers).Pour des chercheurs tels que Meyer et Allen (1990) ainsi que Ward et
Davis (1995), aucuns antécédents (expériences de travail et caractéristiques de
Vemploi) n’a démontré jusqu’A maintenant des corrélations significatives avec
engagement normatif de fagon constante, Néanmoins, les antéeédents les plus
relevés en recherche s’avérent presque toujours des caractéristiques personnelles
comme Wage, et le sens de la loyauté développé lors des expériences de
socialisation familiales ou soci
Ces constatations nous indiquent qu'il est presque impossible et inutile
pour les organisations de promouvoir des pratiques pouvant influencer
Vengagement normatif puisqu’il est en grande partie engendré par des facteurs
extérieurs au milieu de travail. Puisqu’un des principaux intéréts du mémoire de
recherche est de mieux comprendre comment les organisations peuvent, avec
utilisation de certaines pratiques de gestion, favoriser le développement de
Vengagement organisationnel, nous avons décidé de ne pas tenir compte de la
dimension normative dans notre analyse.
2.4.4) Résumé
En résumé, la revue de la littérature nous a permis de constater que les
antécédents des divers types d’engagement peuvent étre associés a différents
groupes de pratiques de gestion des ressources humaines ainsi qu’a différentes
caractéristiques individuelles et organisationnelles. Comme nous voulions
mesurer V'impact des pratiques de gestion des ressources humaines sur
Vengagement organisationnel, nous avons surtout concentré nos efforts de
ant (curs reliés essentiellement aux
recherche sur_ les dents ou pi
expériences de travail et aux caractéristiques de l'emploi. La revue de la
littérature nous a d’ailleurs indiqué que ces antécédents faisaient généralement
référence a l'un des quatre aspects de la GRH suivants: Information x26
Récompenses x Pouvoir x Connaissances, qui selon Lawler (1992, 1994)
conditionnent I'efficacité des ressources humaines.
Concemant le levier de I'Information, 1a littérature mentionne entre
autres que la partage d'information par le biais d'une communication bi
directionnelle favorise assimilation des valeurs et des objectifs organisationnels
par les employés (p. ex : Rodwell et al., 1998). Pour Igalens et Barraud (1996),
certaines pratiques liges 4 l'information et 4 la communication alimentent dans
autres grappes de pratiques et agissent comme catalyseur pour ces derniéres. Par
exemple, un employé bien informé percevrait plus positivement le systéme de
GRH de son organisation.
Quant au levier de la Rémunération, Ja littérature fait état de toute une
gamme de pratiques et d'expériences de travail qui favoriseraient tant le
développement de engagement affectif que celui de engagement calculé. Par
exemple, selon Ward et Davis (1995), les récompenses intrinséques et sociales,
ainsi que la perception de justice au niveau des procédures de détermination des
salaires, augmenteraient ‘engagement affectif. Toujours d’aprés ces deux auteurs
(1995), d'autres aspects de la rémunération comme Ia justice distributive, les
avantages sociaux, et les régimes de retraite peuvent influencer 4 la hausse
Vengagement calculé. Selon Chénevert et Tremblay (1995), l'implication au
travail et l'engagement organisationnel seraient aussi influencées par certains
programmes de rémunération variable comme par exemple les plans de
participation aux béneéfices.
Concemant le levier de "Habilitation ct de la Responsabilisation des
employés, plusieurs antécédents ont pu étre relevés dans la littérature. Par
exemple, selon Meyer et Allen (1990 1991), une gt
ion participative od prime
Pautonomie et la responsabilisation, devrait favoriser le développement de
Vengagement affectif, D’autres prédicteurs faisant référence au partage de21
pouvoir entre subordonnants et subordonnées (p. ex : Fiorito et al, 1997, King et
al, 1997), seraient positivement reliés a engagement affectif.
‘Quant au levier de Développement des compétenees, certains prédicteurs
influengant la perception de ’employé quant au développement de ses
compétences dans le cadre du travail, ont été relevés (Lawler, 1992), Pour
d'autres chercheurs comme Smith (1995) et Fiorito et al. (1997), un milieu de
travail prénant la formation continue des employés devrait augmenter
engagement organisationnel de ces derniers.
Bref, la revue de la littérature portant sur l’engagement organisationnel et
ses antéeédents nous a permis d’identifier différents types de prédicteurs faisant
référence a l'un des quatre aspects de la GRH (Information x Rémunération x
Pouvoir x Compétences) identifiés au départ comme les principales conditions &
Vefficacité des ressources humaines. Connaissant alors Vinfluence de ses
antécédents sur l'engagement organisationnel, I’objectif de notre recherche est
plutdt de mesurer l’effet global de différentes grapes de pratiques qui couvrent
ensemble des quatre leviers d’engagement et qui référent la grande majorité
des prédicteurs identifiés dans la littérature.
2.5) La perception des pratiques de GRH et engagement organi
‘Comme nous l'avons vu dans la revue de
(érature, maintes recherches
ont été réalisées dans le but d’étudier les liens entre l’engagement organisationnel
et différents prédicteurs appelés antécédents par les chercheurs. Elles n’ont par
contre presque jamais étudier les liens entre des groupes d’antécédents ou de
pratiques de GRH et le niveau d’engagement des employés qui les vivent. Ces
Etudes nous ont été quand méme été utiles pour justifier la pertinence de notre
recherche et pour nous orienter dans le développement de notre modéle et dans laformulation de nos hypothéses et suppositions. D’ailleurs la présentation du
modéle de Smith (1995) constitue un volet important de notre recherche puisqu’il
se rapproche significativement du notre quant a ses variables et a Ja logique qui
les unit
La thése de doctorat de Catherine A. Smith (1995) fait état des plus
importantes limites des recherches précédentes sur les antécédents de
Vengagement organisationnel. Celle-ci souligne que les études antérieures ont
mis l'accent sur les perceptions de conditions et d’expériences de travail générales
(pex:: jusqu’a quel point; les employés estiment leur emploi satisfaisant, ils
regoivent du support organisationnel, etc.). Smith ajoute que méme si des liens
entre ces perceptions d’expériences de travail et engagement organisationnel ont
&é trouvés, il reste difficile d'identifier ce que peuvent faire conerétement les
organisations pour influencer ces perceptions. Par conséquent, la compréhension
des maniéres de eréer ou d’encourager ces perceptions désirables et avantageuses
reste vague, Pour Smith (1995), le fait que le lien entre les pratiques de ressources
humaines et l’engagement n’ait pas été davantage exploré est trés surprenant, car
comme Tindique Ogilvie (1986) (cité par Smith 1995), ces pratiques ont
réellement de ’impact sur l’engagement organisationnel
Selon Meyer (1997), étant donné que engagement organisationnel est
fagonné par les perceptions des employés concernant leurs expériences de travail,
es organisations ont la possibilité d’altérer positivement ce mécanisme par la
mise en ceuvre de pratiques de GRH a V'intérieur d’un systéme de gestion
participatif. Suivant cette logique, Smith a voulu mesurer influence de divers
groupes de pratiques de GRH sur le développement des trois dimensions de
engagement organisationnel en considérant la perception des employés face 4
aux pratiques de Formation, de Développement de carrigre, de Rémunération
incitative, de Partage des bénéfices, et d'Evaluation du rendement. Smith (1995)
voulait voir si les perceptions de satisfaction, de compétitivité, d’équité et29
@honnéteté par rapport 4 ces cing groupes de pratiques avaient une influence
directe sur le développement organisationnel des employés.
Le_modéle de Smith (1995) cherche & montrer que les différentes
dimensions de I’engagement organisationnel se développent d”une fagon distincte
daprés les perceptions qui caractérisent I’état psychologique des trois formes
engagement. Smith a décidé d’introduire dans son modele des variables propres
au processus de développement de Iengagement, qui s’immiscent comme
variables intermédiaires, entre la perception des pratiques de gestion des
ressources humaines et le niveau d’engagement organisationnel des employés.
Ces variables intermédiaires sont: [a perception d’appréciation, de support
organisationnel, de la justice proeédurale, d’investissement, et d’obligation
En analysant les relations entre ces trois niveaux de variables (variable
indépendante : pratiques de GRH, variable intermédiaire : perceptions reliées au
processus de développement de engagement, variable dépendante : les trois
dimensions de engagement organisationnel), Smith cherche a mieux comprendre
qu’est-ce qui influence le sens de la perception des individus face a des pratiques
données, Selon cette derniére, puisque ce sont les perceptions individuelles qui
forgent le niveau des trois formes d’engagement, il est important de voir si ces
perceptions sont davantage fagonnées par les pratiques ou plutot par des
perceptions plus générales de l'organisation et de son systéme de GRH.30
Pratiques Perceptions Processus de Engagement
de GRH. des pratiques développement organisationnel
de engagement
Modole de Catherine A. Smith (1995)
Similitude du modéle de Smith avec notre conception théorique
Tandis que la grande majorité des recherches portant sur les prédicieurs
engagement organisationnel et de mobilisation ont étudié influence de
pratiques réelles sur les indices dattitudes et de comportements (p. €:
: Tremblay
et al, 1996), Smith a innové en étudiant l'influence des perceptions des employés
sur leur niveau d’engagement, Plutot que de tenter d’¢tablir un lien direct entre la
présence de certains antécédents ou pratiques ct l’engagement organisationnel, le
modéle de Smith met I’accent sur ce que vivent réellement et personnellement
chaque employé face & des pratiques innovatrices données, Comme le
mentionnaient Lawler 1994 (cité par Laflamme 1998) et Meyer (1997), c’est bien
la perception d’un individu face un événement (voir : expériences au travail par
rapport aux pratiques de GRH) qui influence ses attitudes et comportements
futurs, et non simplement la présence ou l’absence de cet événement.31
Fiorito et al, (1997) font référence a la notion de « I’échange social » pour
expliquer l’engagement qui se développe chez un employé pour son organisation
Selon cet auteur, "engagement organisationnel serait conditionné par le genre de
perceptions que se font les employés de leurs échanges avec leurs employeurs
Des échanges positifs ou favorables hausseraient l'attraction de l’employé envers
son employeur et par le fait méme, son engagement organisationnel,
Etant donné l’important role des perceptions dans la compréhension du
développement de engagement organisationnel, nous avons incorporé cette
notion a notre outil de cueillette de données (questionnaire structuré). Done au
licu de simplement demander aux sujets d’indiquer la présence ou absence dune
pratique donnée et d’extrapoler I’impact de ce fait sur leur niveau d’engagement
organisationnel, nous voulions plut6t mesurer I'influence de la fagon dont ils
vivaient ou percevaient (sur une échelle croissante de sept points) les pratiques de
GRH présentées,
Différence du modele de Smith avec notre conception théorique
La diffrence entre notre conception théorique, qui sera présentée plus
loin, et celle de Smith, vient principalement de objet de recherche. Elle cherche
savoir ce qui influence le genre de perceptions que les employés développent
face A certaines pratiques. Nous cherchons plutot a étudier directement le lien
tionnel qui
entre ces perceptions et le développement de engagement organis
s’en suivra. En effet, nous préférons nous concentrer sur la relation directe entre
ces deux variables, puisque |’introduetion de toute variable intermédiaire nous
ferait dévier de notre objectif de départ qui était d’étudier les liens entre la
perception individuelle de certaines pratiques de GRH et le développement de
engagement organisationnel de 'employéUn autre aspect qui distingue notre cadre théorique de celui de Smith, est
le choix des groupes de pratiques de GRH. Plutot que de considérer la perception
des employés face aux pratiques de Formation, de Développement de carriére, de
Rémunération incitative, de Partage des bénéfices, et d’ Evaluation du rendement,
nous avons décidé de nous réfiérer aux travaux de Lawler. Selon cet auteur, les
organisations auraient un certain contréle sur l’efficacité des ressources humaines,
en mettant en ceuvre, et en favorisant Vinteraction et le partage des leviers
suivants avec les employés:
Information x Reconnaissance x Pouvoir X Connaissances
La prise en compte de ces quatre leviers nous a également permis
intégrer dans nos divers groupes de questions, la plupart des notions que Smith
considéraient comme des variables intermédiaires reliées a la perception générale
du systéme de GRH. C’est ainsi que nous avons entre autres récupéré ses notions
d’équité et d'investissement pergu, dans notre levier de rémunération, et ses
notions d’appréciation et de support organisationnel, dans nos leviers
Whabilitation, de développement des compétences et de reconnaissance. Cette
vision plus globale nous permet également d°étudier un éventail plus large de
pratiques.
Finalement, notons que pour les raisons déja mentionnées dans la section
2.4.3 nous avons décidé, contrairement & Smith, de ne pas tenir compte de la
dimension normative dans le développement de notre cadre théorique. Les
résultats de cette chercheuse tendent confirmer l'information recueillie dans la
littérature concernant le fait que V'engagement affectif et l’engagement normatif
soient difficilement distingables étant donné leurs sources émotives et affectives
assez similaires (p. ex : influence d’une perception positive de la formation offerte
dans [organisation sur l’engagement organisationnel; 27** pour la
dimension affective et B :.28*** pour la dimension normative)2.6) Description des quatre groupes de pratiques innovatrices
Pour la description des trois premiers groupes de pratiques de gestion des
ressources humaines (Information, Rémunération, Habilitation), nous nous
sommes, entre autres, inspirés de I’étude de Tremblay, Rondeau, Lemelin et
Balkin (1996) qui a testé influence des pratiques innovatrices en milieu de
travail sur la mobilisation des cols bleus. Pour la description de notre quatriéme
levier (Développement des compétences) nous nous référons plut6t aux travaux
de Lawler (1992) qui seront complétés en partie par ceux de Bouteiller (1997).
D’autres textes théoriques et études empiriques serviront a raffiner la teneur des
arguments militant en faveur de importance des pratiques de gestion des
ressoure tion et l'efficacité des
humaines face engagement, la mobi
employés.
Nous rapporterons également dans cette section certaines recherches qui
ont relevé des corrélations et relations significatives entre la présence de pratiques,
individuelles ou grappes de pratiques de gestion des ressources humaines et le
niveau engagement organisationnel démontré par les employés. Des études
périphériques portant sur des concepts connexes & l’engagement organisationnel
(mobilisation, satisfaction au travail, autres attitudes et comportements retrouvés
en organisation) seront également citées dans cette section, Cette partie
descriptive fait un pas de plus entre le rapprochement de pratiques dites
innovatrices que les employés rencontrent en milieu de travail et la perception des
expériences de travail (antéeédents) qui influencerait le processus de
développement des deux principales dimensions (affective et calculée) de
engagement organisationnel.2.6.1) L’influence des pratiques de 'Information
Le partage d'information a toujours joué un role important dans les
sur la communica
entreprises. Dans une enquét ion interne, menée il y a
quelques années par le Groupe Innovation de I’Office des ressources humaines du
Québec (APRHQ) auprés de gestionnaires, 96% des répondants affirmaient que la
communication était au moins un des éléments cessentiels» au succes de
organisation. Cette notion d'information se référe 4 des pratiques centrées non
sculement sur la clarification des attentes de l’organisation mais aussi sur I'effort
qu'elle fait pour s’efforcer d’y répondre. Au sein des organisations qui adoptent
ce type de pratiques, on semble associer la mobilisation des ressources humaines
au respect et & la considération qui se démontrent par 'instauration d’une
communi
cation significative et efficace ainsi que par le partage d’une information
pertinente,
Selon Rondeau et al. (1993), les pratiques relatives au partage
information semblent jouer dans deux directions: Dune part, ils considérent
que employé va prendre cceur son travail et son organisation sil comprend ce
qu’on attend de lui. L’étre humai
Gant rationnel, s°il comprend clairement ce
qu'il a a faire, comment, quand il doit le faire et pourquoi il doit le faire, il agira
dans le sens jugé pertinent pour son bien-étre et celui de organisation. D’autre
part, 'employé sera d’autant plus engagé et mobilisé s'il a impression que
Vorganisation écoute ses préoccupations et conséquemment s’efforce d’y
répondre. En ce sens, l'information ne doit pas étre a sens unique, mais doit plutat
refléter les caractéristiques d'une communication bilatérale.
Parmi les divers moyens de communication développés par les
organisations et leurs gestionnaires on retrouve: les politiques de partage
information et les enquétes d’attitudes. L'organisation y parle aux employés par
Vintermédiaire du partage de information et écoute ces demiers a l'aide des
réponses fournies dans les enquétes d’opinions ou d’attitudes (Rondeau et al1993), Parfois simples, parfois sophistiqués, une gamme de mécanismes couvre
un large spectre de pratiques: «portes ouvertes», séances d'information, journal
-dback», ete.
@entreprise, «survey fe
Selon Lawler (1989), qui est cité par Rodwell, Kienzle et Shadur (1998),
le partage d'information est une des plus faciles et effica
es fagons de favoriser
engagement des employés car lorsque ceux-ci sont informés de la raison d’étre
et du contenu de l'ensemble des pratiques de GRH dans leur organisation, ils
auraient tendance a se les approprier et a se sentir familier avec celles-ci. Dans un
tel contexte, les employés pergoivent le systtme de GRH comme une preuve de
support organisationnel les aidant & aligner leurs valeurs et leurs objectifi: ceux.
de organisation
Etudes sur le partage information et engagement organisationnel
Méme si trés peu d’études sérieuses ont relevé des relations significatives
entre le levier d'information et le développement de engagement
organisationnel, quelques unes d’entre elles avancent de solides liens entre ce
genre de pratiques et la dimension affective de engagement, Dans leur étude,
Rodwell et al. (1998) ont trouvé une corrélation positive de .56*** entre la
communication (mesurée avec un outil de huit items: Organizationnal
Communication Scale de House et Rizzo 1972) et l'engagement organisationnel
(mesuré par le questionnaire de Mowday, Steers et Porter 1979). Selon Rodwell et
al., le réle du partage de information est tout & fait crucial puisque c’est le plus
souvent par ce levier que se développe les perceptions des individus quant a
Vensemble des pratiques de gestion. Selon Meyer (1997) et Kohler et Mathieu
(1993), c’est ce genre de mécanismes perceptuels qui influencent le plus le niveau
engagement organisationnel des employés.
D’autres études traitant des antéeédents de l’engagement organisationnel,
ont montré des relations significatives avec des pratiques reliées au levier de36
information dans un contexte de régression multiple. Par exemple, Dillon et
Flood (1992), ont observé une relation f de 31*** entre la grape de pratiques
information et engagement organisationnel. Un autre étude dirigée par
Caldwell et al. (1990), présente une relation significative B de .20** entre des
pratiques véhiculant de Vinformation sur les valeurs organisationnelles et
Vengagement organisationnel. En bref, les auteurs de ces recherches attribuent ces
résultats au fait que le partage d’information favorise I’émergence d’un climat de
confiance et d’ appréciation mutuelle.
Etudes périphériques (mobilisation, satisfaction au travail,...)
Une étude de Igalens et Barraud (1995) portant sur les grapes de
pratiques de ressources humaines et sur la mobilisation a révélé la place centrale
qu’occupait l'information et la communication au sein des entreprises les plus
mobilisées (informations sur les résultats opérationnels de la société, enquétes
opinion, expression directe des salariés, boite a idées). Ces auteurs citent Lawler
(1992) pour qui, ce genre de pratiques ont un rdle multiplicateur par rapport aux
‘croissent |'efficacité,
autres pratiques dont elle:
Une enqueéte d’envergure réalisée auprés d’employeurs américains a révélé
que 1 od on communiquait régulirement la performance de Pentreprise aux
employés, on notait plus d’amélioration dans le fonctionnement des équipes de
travail. Egalement, les organisations qui avaient recours a des pratiques de
rétroaction auprés des employés rapportaient un degré de satisfaction plus élevé et
tune plus forte amélioration de Ia performance des employés (Adams et Hawk,
1992: cités par ‘Tremblay et al., 1996).37
Le courant de recherche récent sur la justice procédurale a également mis
en lumiére Vimportance du role de la communication a double sens sur les
attitudes et les comportements au travail (Greenberg, 1996; Tremblay,
n des di
des ressources humaines (p.ex. évaluation de la performance, rémunération), de
et
Pelchat, 1996). La justification et I’explie: ions en matiére de gestion
méme que les mécanismes d’expression des sentiments peuvent avoir une
influence positive sur la satisfaction et lengagement des salariés (Folger et
Konovsky, 1989; cité par Cloutier 1999). L*étude de Guérin, Wils et Lemire
(1997) portant sur l'efficacité des pratiques de gestion des ressources humaines
ion 4 double
(1997), montre des résultats favorables au fait que la communie:
sens réduit significativement 'insatisfaction professionnelle. Sa_grappe
« Communication » présente en effet une relation négative (B = -.17***) a
c
Vinsatisfaction professionnelle, Cette grappe se référe par exemple a: la
consultation sur les nouvelles orientations ainsi qu’a des réunions d’informations
périodiques avec cadres supérieur.
‘Tremblay, Rondeau, Lemelin et Balkin (1996), dans une étude auprés de
325 organisations, ont trouvé un lien significatif entre existence de certaines
pratiques dinformation (p. ex. sur la mission, les valeurs, la stratégie d'affaires)
et le niveau de mobilisation des cols bleus de ces organisations. Ces chercheurs
ont observé que l'information sur la mission et les stratégies de organisation
ainsi que l'information sur les résultats de sondages sur le climat de travail et la
satisfaction des employés avaient un effet particuligrement mobilisateur. Bref,
sans une politique d'information a double sens et une vision partagée, les
employés ne feraient aucun effort volontaire pour canaliser leurs énergies vers les,
priorités organisationnelles.2.6.2) L’influence des pratiques de la Rémunération
Pour introduire le levier d’engagement qu’est la Rémunération, rapportons
le constat mentionné maintes reprises dans l'étude de Tremblay, Rondeau,
Lemelin et Balkin (1996), On y note que les répondants mentionnérent la
nécessité de recevoir de la reconnaissance («oir mon expertise reconnue»,
«ceconnaissance manifestée de toutes les fagons possibles», « reconnaissance de
Vapport que je donne a lentreprise», ou « reconnaissance de mes supérieurs»).
D’autres constatations suggérent néanmoins que lefficacité de ce levier serait a
son plus haut lorsqu’il est combiné avec les autres groupes de_pratiques
innovatrices. Selon les études sur le sujet (Osterman, 1994; Cook, 1994, : cités par
Tremblay, Rondeau et al., 1996), les pratiques de rémunération pourraient étre
envisagées comme des activités de support a organisation du travail afin de
rendre Ie systéme de GRH efficace,
Néanmoins, avant de développer davantage sur Vinfluence que peuvent
avoir les différentes pratiques de rémunération sur engagement organisationnel,
voyons en bref les mécanismes et les référents qui régissent les évaluations et les
perceptions des employés concernant le systéme de rémunération de leur
organisation
La littérature traitant du concept de la rémunération propose que la
satisfaction des employés face a cette reconnaissance (monétaire et non
monétaire) soit un facteur multidimensionnel. Par exemple, le modéle de
Heneman et Schwab (1985) comprend cing dimensions: le niveau du salaire, les
avantages divers, les augmentations, la structures des rémunérations, et la gestion
du systéme. D’aprés la théorie de la divergence, chacune de ces facettes serait
évaluée par l’employé en fonction de ce qu’il pense qu’elle devrait étre et ce
qu'elle est réellement, Plus la différence pergue est faible, c’est-a-dire, plus il y a
convergence entre ce qu’elle veut et ce qu’elle pergoit recevoir réellement, plus
elle tendra a étre satisfaite et inversement. A cette effet, la théorie de 'équité de39
(Adams,1965) avait initié cette conception selon laquelle une personne calculerait
un ratio correspondant a ses contributions et effectuerait le méme calcul pour
d'autres personnes appelées «référents».
Dans le cas du levier de Rémunération, peut-étre davantage que pour les
trois autres leviers, le rdle des perceptions dans le développement d’attitudes et de
comportements au travail, est trés important. Si les individus pergoivent étre en
situation d’équité, ils auront tendance a étre plus satisfait de leur salaire, de leur
emploi et par conséquent, adopteront de meilleurs comportements (Agho et al.,
1993), Encore une fois, nous pouvons ajouter que la motivation @ performer
dépend non seulement de la relation performance-salaire que les employés
expérimentent, mais également de la relation performance-salaire des autres
employés avec lesquels ils se comparent.
Selon
‘iorito et al. (1997), le levier de Rémunération est unique, en ce
sens que les perceptions et les évaluations des employés quant a leur systéme de
rémunération se référent tant 4 des considérations affectives qu’d des bénéfices
instrumentaux. Selon cet auteur, l’engagement organisationnel sera engendré soit
par des considérations affectives, soit par des bénéfices instrumentaux, ou soit
par une combinaison des deux. Cette perspective est trés intéressante car elle tient
compte des nombreuses facettes du levier de rémunération, celles-ci ayant des
impacts différents sur les deux principaux types d’engagement organisationnel
(engagement affectif et engagement calculé),
La littérature suggére qu’un employé serait constamment dans un
processus de comparaison avec les employés de son organisation (équité interne
et individuelle) ou d'ailleurs (équité externe). Ces évaluations d‘équité ou
d'iniquité pourraient étre engendrées par la perception des employés par rapport &
différents aspects de la rémunération couvrant aussi bien l’aspect monétaire que
non-monétaire, Voyons maintenant quelles sont les différentes formes de
rémunération et de reconnaissance que nous avons choisies ct regroupées sous40
‘quatre grappes de pratiques soit : la justice distributive, la justice procédurale, la
reconnaissance des performances, et la reconnaissance du superviseur.
2.3.2.1) La justice distributive
La justice distributive fait référence a la justice pergue en regard de la
rémunération obtenue (Folger et Konosky, 1989), Selon Homans (cité par
Cloutier, 1999), la conception de la justice repose sur le principe fondamental
selon lequel les rétributions allouges doivent tre _proportionnelles a
Vinvestissement des individus. Ainsi deux personnes impliquées dans une relation
d’échange s’attendent ce que le profit (rétribution nette) retiré de chacun soit
directement proportionnel a ses investissements. Etant donné qu’elle part du
principe selon lequel une justice de distribution des rémunérations doit refléter la
contribution relative des individus a la relation d’échange, Ia justice distributive
telle que formulée par Homans (1961) (cité par Cloutier 1999) repose
essentiellement sur le principe de I’équité
Il est important de souligner que le concept de justice distributive s'est
considérablement transformé et élargi a la suite de la réalisation de nombreux
travaux au cours des vingt demniéres années, Cette optique plus réaliste ferait
référence une conception multidimensionnelle de la justice distributive qui
implique que la justice a "égard des rétributions repose sur le jugement porté en
fonction du contexte, Les principes d’équité, de I’égalité et des besoins
constitueraient les principales régles de distribution (Greenberg et McCarty, 1990)
La revue de littérature suggére done que I’évaluation de l'équité et de
Pégalité des rétributions, qui conditionne la perception de justice distributive chez
Femployé, engendrerait des bénéfices instrumentaux plutot que de considérations
affectives. Dans un contexte d’échange social, une rétribution jugée généreuse4
renforcerait l’attraction de l'employé pour son employeur, done son engagement
organisationnel, Essentiellement dans le but de continuer & jouir de bénéfices
instrumentaux, l'employé serait motivé a rester dans son organisation. L’employé
qui juge sa rétribution juste, équitable et satisfaisante, pergoit également cette
situation comme un geste d’appréciation et de support de la part de son
organisation.
Etudes sur Vengagement organisationnel et la justice distributive
Plusicurs études ont tenté de mettre en évidence le lien entre la perception
de justice distributive et l’engagement organisationnel. Par exemple, Smith (1995)
a trouvé que la satisfaction des employés face aux avantages sociaux était reliée
positivement (B = .31**) avec l"engagement calculé. L’employé estimerait dans
ce ca
i, tres codteux le fait de quitter son organisation, Ward et Davis (1995)
ont également constaté une relation positive (B = .39**) entre l'appréciation des
employés face & leurs avantages sociaux et leur niveau d’engagement caleulé.
Dans la méme étude, l'engagement calculé se voit positivement relié (B = .22**)
avec la perception de flexibilité des avantages sociaux. Fiorito et al. (1997)
introduit ici aspect discrétionnaire de certains aspects de la rémunération comme
par exemple la notion de flexibilité. Dans ce cas ¢i, Vorganisation n'est
aucunement obligée d’ofirir cette option, elle le fait plutdt par choix dans le but
de satisfaire le mieux possible les besoins variés de ses ressources humaines.
L’auteur explique que Pemployé considére cette action comme une preuve
qappréciation et de support organisationnel, ce qui a pour effet d’augmenter sa
motivation a rester au sein de organisation
Concernant l’engagement affectif, Smith (1995) note une relation positive
) des
de B = .29** entre la perception positive (flexibilité, competitivit
avantages sociaux et ce type d’engagement. D’autres recherches ont montré des
relations positives entre la justice distributive et le concept de l’engagementsationnel (unidimensionnel), Cette définition globale de l’engagement
org
organisationnel que nous retrouvons encore souvent dans la littérature, illustre
simplement le désir de l'employé de rester dans son organisation. Cette définition
ne se référe done pas aux diverses motivations de l'individu tel que l’explicite le
concept tridimensionnel de Meyer et Allen,
Les demniers paragraphes font état de l'aspect ambivalent de la perception
ndividuelle face a la reconnaissance monétaire (voir la justice distributive) qui
peut & la fois hausser le niveau de l"engagement calculé, tout en augmentant celui
de engagement affectif. Elles tendent 4 montrer le fait que la perception de
justice distributive serait généralement conditionnée par la perception de justice
procédurale, La complémentarité et Vinterdépendance entre ces deux formes de
justices organisationnelles pourraient expliquer les relations positives de la
reconnaissance monétaire avec les deux principales dimension de l’engagement
(affective et calculée). Cette conceptualisation nous raméne au commentaire de
Fiorito et al. (1995) qui portait sur le double impact du levier de rémunération qui
peut autant engendrer des bénéfices affectifs qu’instrumentaux,
2.3.2.2) La ju
ice procédurale
La justice procédurale se rapporte a la perception de justice en regard des
régles et des procédures d’allocation utilisées pour déterminer la rémunération
(Folger et Konosky, 1989). Elle permet de comprendre comment les procédures
dun systéme de rémunération affecte la perception d°équité des individus
concermés.
Dans les demniéres années sont apparues deux perspectives théoriques
insi une meilleure explication de
distinctes mais complémentaires, permettant 2
Vintérét des individus en regard de la justice procédurale. (Lind et Tyler, 1988).4B
Le premier modéle, le « Self-Interest Model» s’inscrit dans une
perspective instrumentale et tire ses origines des modéles économiques et de la
théorie des échanges. Dans cette perspective, la justice procédurale exerce une
fonction instrumentale, permettant de juger de la justice distributive et ce, quel
que soit le caractére favorable ou défavorable des résultats obtenus (Lind et Tyler,
1988).
Ce modéle conceptualise la justice procédurale comme un mécanisme
visant a assurer la justice distributive, annongant ainsi, une relation étroite avec la
justice procédurale. Les individus utiliseraient done des informations au sujet des
procédures afin d’estimer dans quelle mesure ces derniéres sont équitables. Cette
forme de jugement serait a la base d’un processus d’inférence quant au caractére
Equitable de la rétribution ultérieure (Lind et Tyler, 1988)
Le deuxiéme modéle, le « Group-Value Model» congoit la justice
procédurale comme le fondement de Ia perception individuelle a ’égard des
groupes sociaux et repose sur les théories de I’identification au groupe. Ce modéle
relationnel repose sur le principe selon lequel les individus accordent une
importance prépondérante aux procédures qui régissent la dynamique Vintérieur
des groupes. Les individus sont donc fondamentalement motivés a rechercher des
informations sur les procédures pour évaluer leur statut au sein du groupe, quel
que soit le caractére équitable ou inéquitable de leurs rétributions. Considérant la
justice procédurale pour sa valeur intrinséque, ce modéle ne met pas explicitement
en relation la justice procédurale et 1a justice distributive. Dans la mesure oli les
procédures sont pergues comme équitables, l’individu concerné se voit confirmer
sa valeur au sein du groupe.
Méme si ces deux modéles reposent sur des postulats différents en ce qui
concerne les motivations fondamentales des individus et la fonction exercée par la44
justice procédurale, ils influencent certes I’engagement organisationnel des
employés puisqu’ils contribuent tous deux a réduire les dissonances cognitives
religes aux rétributions. Les deux modéles présentent ensemble, des résultats
instrumentaux et affect, qui finalement témoignent du niveau d’appréciation et
de support organisationnel. Considérant ces deux modéles, Vinfluence de la
justice procédurale sur I'engagement organisationnel et d’autres attitudes et
‘comportements au travail est certes envisageable.
Etudes sur la justice procédurale et l’engagement organisationnel
Probablement en raison du caractére plus abstrait de la justice procédurale,
trés peu d'études ont analysé les liens entre divers aspects de cette justice et le
développement de l’engagement organisationnel. Néanmoins, certains chercheurs
comme par exemple Folger et Konovsky (1989) , ont discuté de influence de la
justice procédurale sur engagement organisationnel, Entre autres, Fiorito et al
(1997), notent dans leur recherche une relation positive (B = .136*) entre
engagement organisationnel et la justesse des mécanismes de récompenses
Cette perception de justice ressentie par I’employé renforcerait son attraction pour
son organisation et son désir d’adhérer aux valeurs et aux objectifs de celle-ci.
D’autres études ont souligné influence de la justice procédurale sur
autres aspects se rapprochant de l’engagement organisationnel, Par exemple,
Tremblay, Sire et Balkin (1998), ont observé que le sentiment de justice
procédurale avait une influence positive sur la satisfaction par rapport a Pemploi
et par rapport 4 l'organisation. D'autres chercheurs ont mis en évidence
influence de cette forme de justice sur la confiance a I’égard de la direction et
sur les comportements reliés a la citoyenneté organisationnelle (p. ex: Konovsky
et Pugh, 1994).45
sur les comportements reliés a la citoyenneté organisationnelle (p. ex : Konovsky
et Pugh, 1994).
Notre revue de littérature nous a également permis d’entrevoir cette
question sous un autre angle. Le concept de Ia justice procédurale, qui fait
référence & des aspects tels que la transparence et l'information diffusée sur les
procédures de gestion des salaires, pourrait se confondre ou s*intégrer quelque
fois au levier d’Information. En effet, la plupart des études ayant traité de
r
dans ce groupe de pratiques, Ia diffusion d
fluence du partage d’information sur l’engagement organisationnel ont inclus
formation sur les mécanismes de
détermination des salaires et autres pratiques de ce genre.
Une autre fagon d’aborder a question est de supposer que Ia justice
procédurale soit fortement conditionnée par le niveau de confiance existant entre
les deux partenaires. Lorsque nous consultons les études qui ont établi« la
confiance » comme prédicteur individuel & engagement organisationnel, nous
observons que la plupart y soulévent des relations significatives, comme par
exemple pour Caldwell (1996) (corrélation de .50*** entre la confiance de
Vindividu envers ses dirigeants et son engagement organisationnel).
2.3.2.4) La rémunération incitative reliée 4 la performance
(aspects monétaire et non-monétaire)
La reconnaissance de la performance est généralement associée a I’atteinte
objectifs définies par les cadres et quelquefois avec la participation des
employés visés par les eritéres. Cette approche indique aux employés ce qu’ils
doivent viser, donc elle les motive a se dépasser ou, encore, a faire ce qui devrait
tre fait, L’effet motivateur d’une telle approche réside dans le fait que certaines46
récompenses sont rattachés aux comportements, actions ou attitudes recherchés
par les dirigeants. Les employés sont plus susceptibles d’étre créatifs, impliqués,
engagés coopératifs lorsque le mode de gestion de leur organisation reconnait
Tinnovation, l’engagement et lesprit d’équipe. L’approche de la reconnaissance
favoriserait un climat de confiance ot les superviseurs et les dirigeants pergoivent,
les employés comme voulant s’investir et ot les employés ont une impression
favorable de leur superviseur et de la direction (St-Onge, 1994).
La reconnaissance de la performance peut se faire monétairement ou non,
individuellement ou en équipe
Monétairement, (individuellement ou en équipe), on retrouve entre autres les
primes de rendement individuel ou de groupe, la rémunération & la commission,
les primes de suggestion et de reconnaissance immédiate, la participation aux
bénéfices et la participation réelle 4 la propriété, le partage des gains de
productivité, ete.
Non-monétairement, on retrouve entre autres toute une gamme de
reconnaissances symboliques comme les trophées, les certificats, les cérémonies
ou galas d’excellence, les cadeaux, mémos, réunions ou fetes spéciales. On
retrouve également de la reconnaissance qui se reflete dans le contenu et les
conditions de travail comme les journées de congés supplémentaires, le choix de
Vaménagement du temps de travail et du quart de travail, les caractéristiques de
), Vorganisation du travail (cercles de qualité,
rotation des emplois, enrichissement des téches), les promotions, automobile de
Pentreprise, ete.47
Etudes sur la rémunération incitative reliée @ la performance et l’engagement
organisationnel
Dans son étude, Smith (1995) observe une relation positive entre le
sentiment de satisfaction des employés face a leur rémunération au mérite et leur
niveau d’engagement organis:
‘onnel, Le fait que les employés pergoivent ce
ne de reconnaissance comme discré
de la part de organisation
pourrait expliquer V’influence positive sur le développement de I’engagement
organisationnel. Reconnus pour leurs bons coups, les employés ressentiraient un
sentiment de justice, de support et d’appréciation organisationnels. Les employés
auraient davantage la certitude que leur organisation considére leurs actions et
leurs contributions comme importantes. Bref, ce type de reconnaissances
favoriseraient chez l'employé, une meilleure intégration des valeurs et des
objectifs de l’organisation, ainsi que le sentiment de support organisationnel.
Dans les éiudes périphériques & engagement organisationnel, comme par
exemple dans étude de Tremblay, Rondeau, Lemelin (1996) portant sur la
mobilisation et divers groupes de pratiques innovatrices, seules les récompenses
non-monétaires semblent associées de fagon significative & la mobilisation. En
regard a ces résultats mitigés, ces auteurs en profitent pour supposer que le levier
de rémunération peut étre efficace dans la mesure oit il est combiné avec d’autres
pratiques innovatrices. Le role de ce levier pourrait en étre un de support a
Vorganisation du travail, et a lefficacité du systéme de GRH. Les résultats
d'Igalens et Barraud (1997) secondent cette explication puisqu’ils suggérent
également que la liaison mobilisation-
wunération n’est pas solide.
2.3.2.4) La reconnaissance du superviseur
La reconnaissance des superviseurs peut faire référence A une grande
1é d’actions, de signes tangibles ou de considérations. Par exemple, St-Onge48
(1994) mentionne en premier lieu la communication directe se faisant oralement
(téléphone, face a face), par écrit (lettre, note), ou par des gestes (tape dans le
dos,...). Cette auteur note aussi des comportements de support comme la
rétro:
ion (feed back), le parrainage (mentoring), I’écoute, l’appuie, Paid
Enfin St-Onge (1994), parle de I’importance qu’ont les superviseurs lorsque vient
le temps de rendre visible les performances de leurs employés. Entre autres, les
superviseurs peuvent féliciter leurs subordonnées devant leurs pairs, souligner
leurs contributions lors de réunions, communiquer les performances sur des
tableaux ou dans le journal d'entreprise.
Par ces agissements, les superviseurs agiraient comme des agents de
tion. Son rdle de leader favoriserait la
liaison entre les employés et la haute din
mobilisation des employés aux objectifs et aux valeurs de organisation. Selon
Davenport, 1993 et Hammer et Champy, 1993 (cités par Paquin, 1995), la
crédibilité et la diplomatie du superviseur seraient des qualités importantes pour
réconcilier les attentes et les besoins des employés et de la haute direction, Du
point de vue évaluation et rétroaction, Guérin et al, (1997) parlent de ce type de
reconnaissance comme une preuve tangible d’appréciation et de considération
pergue par les employés.
Etudes sur la reconnaissance du superviseur et Vengagement organisationnel
Les rares études relevées dans notre revue de littérature qui ont observé
des relations positives entre la reconnaissance de la performance et l’engagement
organisationnel, font généralement référence A des situations de rétroaction et/ou
de reconnaissance positive du superviseur l'égard de son subordonné. Par
exemple, Cohen et al (1996) notent une corrélation de .43*** entre la pratique de
Ja rétroaction en milieu de travail et l'engagement organisationnel des employés.
Pour leur part, Dillon et Flood (1992), notent une relation de f = 39*** entre la
rétroaction que 'employé regoit dans son travail et le niveau dengagement49
individuel. Enfin, Smith (1995), a observé une relation de B = .32*** entre
engagement affectif et la perception de justesse dans la rétroaction de
Vévaluation de la performance. Ces efforts de motivations et de reconnaissance
seraient pergues par les employés comme des preuves d’appréciation et de support
ait d’autant ph
organisationnel. Ce type de reconnaissan s motivant pour les
employés étant donné son caractére non obligatoire pour les superviseurs. Cela
veut dire que si les employés percoivent les encouragements des dirigeants
comme volontaires et sincéres, ils apprécieront encore plus ce genre de
reconnaissance.
Dans leur étude traitant de l'efficacité des pratiques de gestion des
ressources humaines, Guérin et al. (1997), notent la relation négative entre le
feedback fréquent donné par les superviseurs et linsatisfaction professionnelle.
Les auteurs parlent davantage ici du sentiment de partage d’information que du
sentiment de reconnaissance pour expliquer la force de l’expérience positive
vécue par I’employé, Comme quoi les observations d’Igalens et de Barraud
(1997), quant la place centrale de l'information et de la communication en
GRH, peuvent étre observées également dans des études connexes 4 la leur. Ces
demiers avaient d’ailleurs cités Lawler (1992), qui mentionnait I'effet
multiplicateur du partage d'information qui augmenterait efficacité des autres
pratiques.
2.6.3) L’influence des pratiques de 'Habilitation et de la Responsabilisation
des employés
La perspective d’étude de habilitation varie selon la discipline qui s'y
ige a Pidée
intéresse. Cependant, son sens général demeure. L’habilitation est
suivant laquelle un individu, un groupe, une organisation ou encore une
communauté acquiert du pouvoir et du controle sur sa vie ou sa destinge30
(Rappaport 1981, cité par N. Lauzon 1996). En gestion, l’habilitation fait
généralement référence a la notion de relation entre subordonnants et subordonnés
(décentralisation du pouvoir et des processus décisionnels, délégation de
Fautorité).
Selon Thomas et Velthouse, 1990, (cités par Lauzon, 1996), les pratiques
habilitation en GRH, permettent a Vindividu: 1) d’avoir un impact (avec des
actions personnelles qui donnent des résultats, qui font une différence dans
Vatteinte d’un but précis), 2) d'éire compétente (confiance en ses habiletés, ses
connaissances et sa capacité personnelle, 3) de faire quelque chose de significatif
au travail (sentiment d’apporter une contribution utile et importante), 4)
ider de la strate;
deffectuer des choix d'une fagon autonome (pouvoir dk
action, se sentir responsable du succes de l’action),
Deux chercheurs en sciences administratives, Evans et Fisher (1992) (cités
par Lauzon 1995), résument les travaux sur le concept d’habilitation en suggérant
que a perception de controle éprouvée par l’employé face a diverses
caractéristiques de son emploi, est fonction de deux objets principaux, soit Ja
participation dans la prise de décision et V'autonomie dans le travail. Fiorito et
al, (1997) reprennent dans leur étude ces deux principaux aspects de Phabilitation,
Selon cet auteur, lautonomie et la responsabilisation des employés, ainsi que la
décentralisation des décisions sont des facteurs qui devraient favoriser le
développement de l’engagement organisationnel. Une culture d’habilitation ou
empowerment encouragerait done les employés a se sentir plus importants,
responsables, et libres de mettre a profit leur créativité. Cette possibilité
expression offerte par Vorganisation (« voice »), est selon Fiorito et al, (1997),
une forme de confiance et de support organis:
ionnel qui améne les employ.
S'identifier davantage a leur groupe de travail,
Crest par la voie de implication des employés dans une diversité de
ns, réservées traditionnellement au management, que les organisations31
favoriseraient l'engagement et la performance au travail. L’argument souvent
invoqué est que la participation des employés est en soi_intrinséquement
valorisante. Cette récompense intrinséque trouverait principalement sa source
dans un sentiment de responsabilité plus élevé, dans une meilleure utilisation des
compétences et des connaissances, dans une plus grande compréhension des
exigences du travail (Buch et Sprangler, 1990; et Leana et Florkowsky, 1992).
Cette méme récompense intrinséque pourrait ainsi contribuer a la satisfaction des
salariés 4 I’égard de leur emploi et de leur motivation a accomplir les objectifs de
tion (Cook, 1994). (Le
Vorganis
etal,, 1996).
auteurs du paragraphe sont cités par Tremblay
Etudes sur Uhabilitation des employés et engagement organisationnel
Concernant 1a participation, Meyer et Allen (1990, 1991) mentionnent
souvent dans leurs études comment il est important, pour développer
Pengagement affectif, de favoriser la participation des employ.
concernant les standards de performance, les méthodes de travail et I’élaboration
des responsabilités, L’étude de Fiorito et al, (1997), montre que a gestion
tionnel des
participative s'avére un important prédicteur d’engagement organi
employés. On peut ainsi y observer une relation positive (B = .147**) entre
Vengagement organisationnel et la décentralisation des décisions qui donne
Vopportunité a ces deniers de se faire entendre et de sentir I’importance de leur
contribution.
D’autres auteurs comme Fabi, Martin et Valois (1996) ont trouvé que
Vimplication au travail et implication a l'emploi (B = .47***) avaient une
influence positive sur le développement de l’engagement organisationnel.
Soulignons aussi que les études de Boshoff et Mels (1995) cités par Rodwell et al
(1998) ont montré que les employés participant davantage aux décisions de leur
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