Ecole du Détroit des Métiers de Rééducation
EDMR
Cours de spécialité
Filière : Orthophonie
Enseignante : Mme. Chaimae Zerrouk
Niveau : 3ème année
Déontologie
L’orthophonie au carrefour des plusieurs sciences…
Science médicale
➢ Terminologie médicale
➢ Méthodologie médicale : diagnostic, prévention, traitement thérapeutique.
➢ Activité paramédicale
Sciences humaines : linguistique, sociologie, sciences de l’éducation.
Méthodes scientifiques expérimentales quantitatives et qualitatives.
Orthophonistes : les possibilités post diplôme.
Cabinet Libéral
Association ou Centre Spécialisé ou Ecole
Fonction Publique
Les deux notions primordiales dans le domaine de la santé.
Le traitement ce sont les méthodes/techniques appliquées pour faire disparaitre les
symptômes de la maladie.
Le soin c’est ce qui va être mis en place pour résorber la souffrance de la personne.
5 paradoxes en Orthophonie (selon Denise Sadek Khalil)
➢ Comprendre et accepter les différences tout en contribuant à les normaliser.
➢ Respecter la personnalité de l’enfant tout en l’aidant à s’épanouir, c’est-à-dire susciter
des besoins de pensée et d’expression et répondre à ses besoins.
➢ Combler les lacunes mais aussi renforcer, valoriser les possibilités et les aptitudes.
➢ Entreprendre une action, établir une relation dont le but est de la rendre inutile.
L’orthophoniste travaille à ce qu’on n’ait plus besoin de lui.
➢ Se montrer analyste efficace et rigoureux tout en préservant autant que faire se peut
le caractère naturel et spontané des situations explicatives.
Ethique et déontologie
Déontologie : code de règles professionnelles qui indiquent les devoirs et les principes d’une
profession.
Ethique : Questionnement et réflexions à un niveau individuel pour mettre en place une
action juste avec et pour les autres.
Les relations soignant-soigné sont des relations humaines établies dans le champ de la
clinique et qui vont devoir tenir compte des règles de déontologie et d’éthique.
La morale: l’universel
L’éthique: le singulier
Le droit: les normes de la société
La déontologie: règles morales d’une profession
Qu’est-ce que l’éthique?
L’éthique n’est pas une science.
L’éthique n’est pas une technique.
L’éthique n’est pas un système de règles.
L’éthique répond à des questions comme :
➢ Que devons-nous faire?
➢ Qu’est-il juste et bon de faire ?
C’est à nous, comme personne, comme sujet qu’il incombe d’en délibérer et d’y répondre
(Baudoin, 1994)
• Depuis Aristote on définit l’éthique comme l’action pour la recherche de la vie
bonne avec et pour les autres dans des institutions justes.
• Tandis que la morale est un système d’obligations universelles qui s’impose à la
conscience sous forme d’interdits.
La Pratique clinique orthophonique : une pratique éthique
Pourquoi l’éthique en orthophonie ?
L’orthophonie est un métier de soin.
L’objectif est de soigner, d’avoir une action thérapeutique, d’avoir une visée vers un objectif :
la normativité propre à chaque patient que nous soignons.
(La normativité est la capacité de créer de nouvelles normes, de s’adapter à des conditions
primaires et aux modifications secondaires de l’environnement.)
• Le domaine de l’orthophonie lui-même : le langage et la parole.
Le domaine du langage est celui du sens, des valeurs, des rencontres et de la responsabilité.
Le langage est ce qui permet de construire notre identité et notre rapport à l’autre. C’est à
travers le langage que s’élabore notre pensée et c’est notre outil de travail….
« Le soin est une éthique »
Soigner l’autre : attention portée à l’autre.
Soigner son travail pour être efficace. Le soin est une relation
L’éthique est inhérente au métier d’orthophoniste.
Le code déontologique
• Le code déontologique d’une profession est en général établi par un organisme
professionnel (Ordre des médecins, des pharmaciens, des notaires, etc.) qui est
autorisé et reconnu par l’état.
• Le code de déontologie assure la cohésion de la profession par rapport aux autres,
régule les pratiques c’est-à-dire qu’il oblige les praticiens à suivre les mêmes règles
de fonctionnement.
• Il est le garant de la compétence professionnelle en établissant un référentiel de
formation initiale et continue.
• Il assure donc la protection du public.
• Ce code de règles professionnelles est donc un code juridique qui indiquent les
droits et les devoirs du professionnel envers la profession, le patient, les autres
professionnels et le public.
Devoirs et obligations du professionnel envers la profession
▶ Formation
▶ Compétences
▶ Représenter la profession
▶ Autonomie
▶ Responsabilité professionnelle
▶ Tenue des dossiers
▶ Relations confraternelles (respect, autonomie, choix du patient).
▶ Relation avec les institutions publiques ou privées
▶ Participation à la recherche
▶ Accueil et formation des stagiaires
▶ Pas de publicité pour les professions médicales et paramédicales
Devoirs et obligations du professionnel envers le patient
▶ Compétence et intégrité
▶ Autonomie du patient
▶ Autonomie du professionnel
▶ Obligation de résultat et de moyens
▶ Pas de discrimination
▶ Pas de conflit d’intérêt, pas de relation personnelle
▶ Secret professionnel / secret partagé
▶ Accessibilité au dossier
▶ Paiement : normes et informations
Devoirs et obligations envers les autres professions
▶ Pas de lien financier avec d’autres professionnels
▶ Pas de collaboration avec professionnel ayant éthique et techniques différentes
▶ Collaboration quand cela est nécessaire
▶ Respect du secret professionnel
Devoirs et obligations du professionnel envers le public
▶ Informer
▶ Rigueur
▶ Prudence / informations
▶ Engagement
▶ Prévention
L’éthique :
Les comités d’éthique européens ont élaboré le rapport BELMONT (1978) et définit des
principes.
Ces principes permettent d’orienter les actions et les décisions des soignants.
▶ Le principe d’autonomie
▶ Le principe de bienfaisance
▶ Le principe de justice et d’équité
Le principe d’autonomie
1. Le droit du patient à une information, précise et claire
2. Consentement libre et éclairé
3. Respect de la dignité du patient
4. Droit à l’image et à la vie privée
5. Liberté de choix
6. Le patient doit être acteur des soins
7. Diminuer la dépendance et la vulnérabilité
1. Afin que le patient puisse être autonome dans sa prise en charge le soignant se doit
d’informer le patient en respectant la vérité.
Le droit du patient à une information, précise et claire, quant à son état de santé
est érigé en obligation pour le médecin, qui doit prendre en considération le niveau
socio-économique du patient et adapter son langage en conséquence.
Le soignant doit faire ce qu’il se doit pour qu’il y ait consentement éclairé de la part
du patient vis-à-vis des soins proposés.
2. Le principe du consentement est fondamental en droit médical et hospitalier.
Selon le dictionnaire Robert, consentir signifie « accepter qu'une chose se fasse, ne
pas l'empêcher ».
Transposé en droit médical, cela désigne, que l'individu doit non seulement consentir
aux services d'un médecin mais aussi consentir aux thérapeutiques et aux changements
éventuels en cours de traitement.
La déclaration de l'OMS sur la promotion des droits des patients en Europe, adoptée en
1994 à Amsterdam, affirme qu’ : « aucun acte médical ne peut être pratiqué sans le
consentement éclairé, préalable du patient »
➢ Libre et éclairé : un consentement obtenu sous l'influence de l 'erreur, du dol (de
la douleur) ou de la violence, est vicié
➢ Consentement renouvelé : Le consentement du patient ne peut pas être recueilli
au moment de l'admission et valoir pour tous les actes subis par le malade
durant son séjour à l’hôpital.
Le consentement d'un patient n'est jamais définitivement acquis, un patient peut le
retirer à tout moment (sortie contre avis médical ou arrêt de la prise en charge), le
malade ou son représentant assume sa responsabilité.
3. Respecter la confidentialité des données du patient et son intimité.
Toutes les informations relatives au patient se trouvent inclues dans son dossier médical
qui est ouvert dès l'admission du patient (entretien préliminaire pour l’orthophoniste) et
le suit tout au long de son parcours que ce soit au sein d'un établissement sanitaire
public ou privé,
Il faut signaler qu’il y a absence de réglementation nationale relative au dossier médical.
En théorie, ce dossier doit être accessible au patient ou à son responsable légal.
Les dossiers doivent être rangés dans un espace sécurisé accessible uniquement pour
les soignants.
4. Droit à l’image et à la vie privée
Cadre juridique marocain : Loi n°09 - 08 relative à la protection des personnes
physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel du18 février 2009
(BO n° 5714 du 05/03/2009).
▶ Aucun enregistrement (son et/ou image) ne peut être réalisé sans l’autorisation
préalable des personnes concernées.
5. Privilégier la liberté de choix du thérapeute et de l’établissement : dans le cadre
d’une PEC pluridisciplinaire une liste de noms doit être proposée au patient.
6. Associer le patient aux décisions et le rendre acteur de ses soins : une information
correcte permet au patient de se sentir responsable du traitement ce qui améliore
l’efficacité des soins proposés.
7. Diminuer la dépendance et la vulnérabilité : le but de toute intervention
thérapeutique est de permettre au patient d’être autonome au quotidien et donc de
gérer sa vie quotidienne dans toutes ses dimensions. Lorsque cela n’est plus
possible (personne âgée par exemple) le soignant doit veiller à ce que son bien-être
et ses volontés soient respectées.
Le principe de bienfaisance
✓ se soucier du bien d’autrui : 1ère mission de tout soignant.
✓ écarter toute subordination : convaincre par le dialogue et non pas en imposant un
traitement.
✓ mettre en œuvre les moyens techniques les plus performants à la disposition du
patient, ce qui implique pour le soignant de participer régulièrement à des sessions
de formation continue.
✓ promouvoir le bien du patient en améliorant les handicaps ou en prolongeant la vie.
✓ préserver la santé en favorisant la prévention des malades, c’est-à-dire en informant
les patients de ce qui peut être préjudiciable au traitement (par exemple, en
orthophonie, si les séances ne sont pas suivies régulièrement le traitement ne sera
pas efficace).
Obligation de ne pas ajouter de la souffrance au malade lors d’un traitement.
▶ évaluer le rapport risque/bénéfice : ne pas utiliser de moyens disproportionnés.
▶ Ne pas donner d’explications ou application inadaptée du principe de précaution (ne pas
intervenir parce qu’on ne sait pas traiter cette pathologie) sont une forme de maltraitance.
Principe de justice et d’équité
▶ Les biens de santé doivent profiter à tous de la même façon.
Tous les patients doivent bénéficier de la même qualité de
soin, quel que soit leur statut social …
▶ Au Maroc, deux réalités impliquent le non – respect de ce principe :
- L’inégalité de la répartition géographique des orthophonistes (opposition ville -
campagne et régions Casa - Rabat face au reste du Maroc)
- La difficulté du financement des soins, liée tant aux conditions socio-économiques
qu’au manque de couverture par les assurances médicales.
Ethique et émotions
▶ Dans tout exercice clinique, le raisonnement et l’éthique ne sont pas dissociés des
émotions.
▶ Les émotions essentielles en éthique révèlent la valeur des principes éthiques :
- le respect : reconnaissance de l’autonomie. Quand on respecte le patient on lui
reconnait implicitement le pouvoir d’agir rationnellement et d’utiliser sa volonté
- l’empathie : ressentie par le soignant devant la souffrance le fait se sentir
responsable.
- la crainte : ce qui pourrait advenir fait réfléchir le soignant dans sa décision pour ne
pas nuire.
Secret Professionnel
Le secret professionnel est tout ce que l’on a appris, surpris, deviné du patient par le fait ou
à l’occasion de la profession et qui doit rester secret.
▶ C’est donc une obligation qui découle directement de la confiance indispensable du
patient à tout membre de l’équipe de santé.
▶ Le secret professionnel est un droit du malade et son respect absolu implique pour le
professionnel de santé une obligation double qui, initialement de nature purement morale
est devenu également juridique.
Tout professionnel de santé : professeurs, médecins spécialistes, médecins généralistes,
pharmaciens, biologistes, ingénieur biomédical, techniciens, infirmiers, personnel
d’entretien, personnel administratif de l’institution, stagiaires, est tenu par le secret
professionnel.
▶ Par ailleurs seul le malade a le droit strictement personnel de délier le professionnel de
son silence.
Dans les réunions pluridisciplinaires dans lesquelles sont discutées les besoins des patients
le secret est dit « partagé ».
Cependant dans certaines professions, comme celles relevant de l’éducation, la notion de
secret n’est pas aussi stricte, il est donc fondamental pour l’orthophoniste d’être très vigilant
sur les données à transmettre.
Selon l’article 446 dans sa dernière version du code pénal marocain, «les médecins,
chirurgiens ou officiers de santé, ainsi que les pharmaciens, les sages-femmes ou toutes
autres personnes dépositaires, par état ou profession ou par fonctions permanentes ou
temporaires, des secrets qu’on leur confie, qui, hors le cas où la loi les oblige ou les autorise
à se porter dénonciateurs, ont révélé ces secrets, sont punis de l’emprisonnement d’un
mois à six mois et d’une amende de mille deux cent à vingt mille dirhams».
Sont couverts par le secret professionnel médical :
• les déclarations d’un patient,
• les diagnostics,
• les dossiers,
• mais aussi les conversations surprises au domicile lors d’une visite, les confidences
des familles.
Projet de loi 45-13 relative à l’exercice des professions de rééducation, de réadaptation et
de réhabilitation fonctionnelle.
Article 10
L’orthophoniste exécute des actes de rééducation visant le traitement des anomalies de
nature pathologique de la voix, de la parole et du langage oral on écrit.
Article 14
Le professionnel exerçant une profession de rééducation, de réadaptation ou de
réhabilitation fonctionnelle, quel que soit le secteur dont il relève, est tenu dans l'exercice
de sa profession au respect des principes de moralité, de dignité, d'intégrité, d'abnégation
et d'éthique professionnelle. Il est également tenu au secret professionnel dans les
conditions prévues par la législation en vigueur. Cette obligation s'étend aux étudiants
relevant des établissements de formation publics ou privés, préparant à un diplôme
permettant l'exercice de l'une des professions précitées.
Exercice de notre profession
▶ Pas de loi cadre à date
▶ Projet de loi en cours d’entérinement (loi 45-13 relative à l’exercice des professions de
rééducation, de réadaptation et de réhabilitation fonctionnelle).
▶ Dans la pratique, pas de protection pas de cadre sans loi validée
• Le processus de demande d’autorisation est relativement clair
• Le statut sous lequel un orthophoniste peut exercer dans le privé n’est pas encadré
Relations avec les patients et leur entourage
• Une relation basée sur l'écoute et la confiance.
• Les relations patient-soigné se basent notamment sur l'écoute, la confiance, le
respect, le temps ou encore le dialogue
• Être en relation avec le patient doit s’inscrire dans une relation de qualité
• Les qualités techniques sont bien évidemment clés, mais sans qualité relationnelle la
relation ne peut être optimale.
• C’est une relation partenariale.
• Le soignant entre dans une relation d ‘aide
• Il est à l’écoute des besoins du patient et les fait émerger.
Relations avec les patients et leur entourage
Dans le modèle paternaliste traditionnel, le soignant est censé savoir et être objectif.
Il prend en charge les intérêts du patient et décide pour lui. Le principe de bienfaisance
dont il se prévaut, se décline comme suit : ne pas nuire, prévenir et supprimer le mal ou la
souffrance, faire et promouvoir le bien.
➢ Ce modèle est aujourd’hui obsolète pour plusieurs raisons :
• Le développement de l’autonomie et de la responsabilité du patient favorise une
meilleure prise en charge et une meilleure adhésion au plan thérapeutique
➢ Le patient est aujourd’hui au centre
➢ La relation repose sur l’empathie : reconnaître la souffrance du patient et le lui
signifier (attention c’est différent de la compassion qui se définit comme une
souffrance partagée, ou de la sympathie où l’identification est la règle).
La fonction d’accompagnement est plus que jamais essentielle dans l’exercice de notre
profession.
Les 4 attitudes non directives du thérapeute (selon Carl Rogers)
➢ L’empathie qui consiste à se mettre à la place de l’autre avec bienveillance,
implication et détachement émotionnel.
Une bonne communication avec écoute active. (communication sans ambiguïté)
➢ La congruence : l’alignement entre ce que l’on est, ce que l’on fait et ce que l’on dit
➢ Le non-jugement qui implique d’accepter le patient tel qu’il est. C’est un regard
positif inconditionnel
La relation soignant- soigné est une rencontre singulière, imprévisible, asymétrique et
inégale par essence.
Les pièges à éviter
➢ Infantiliser le patient ou ses proches
➢ Sous-estimer la souffrance des proches
➢ Laisser l’accompagnant prendre toute la place pendant la consultation (notamment
pendant l’anamnèse)
➢ Ne pas poser de diagnostic trop hâtif
➢ Prendre le temps lorsqu’il y a des choses importantes à discuter (notamment pour
l’annonce des « mauvaises nouvelles »)
Relation avec les autres professionnels de santé
➢ Les orthophonistes sont à la croisée d’un grand nombre d’autres thérapeutes
(psychomotriciens, psychologues, pédopsychiatres, kinésithérapeutes,
neuropsychologues, ORL…)
➢ Ils se doivent donc de collaborer avec l’équipe pour le bien du patient.
Clés d’une bonne collaboration :
▶ Echange bienveillant
▶ Communication claire
▶ Ne pas trop en dire lorsqu’on adresse un patient afin de ne pas biaiser le thérapeute
▶ Mettre en place des réunions (téléphoniques ou en face à face) pour échanger surtout
quand le cas est difficile (en plus des réunions équipes pédagogiques dans lesquels tous les
éléments ne sont pas forcément discutés)
Education Thérapeutique du Patient (ETP)
L’ETP a fait son apparition dans les années 70 pour des patients diabétiques chroniques.
Selon l’OMS, « l’éducation thérapeutique du patient vise à aider les patients à acquérir ou
maintenir les compétences dont ils ont besoin pour gérer au mieux leur vie avec une
maladie chronique ».
L’objectif est de permettre de mieux comprendre sa maladie et ses traitements, et de
devenir acteur et responsable de sa prise en charge, afin de garantir une meilleure qualité
de vie au patient ainsi qu’à sa famille et son entourage.
L’ETP insiste sur des compétences dites « d’autosoins », favorisant la sécurité, la surveillance,
le contrôle de sa propre maladie, mais également sur des compétences d’adaptation
(autodétermination, soutien, réflexion, gestion des émotions).
➢ Différencier démarche d’information et de prévention et démarche d’éducation
thérapeutique.
➢ l’ETP s’élabore conformément à un véritable protocole, à suivre au cours de séances
individuelles et collectives :
• étape de diagnostic éducatif : identification des besoins du patient selon la
demande, l’âge, le type, le stade et l’évolution de la maladie ;
• étape de formulation des compétences à acquérir et de planification d’un
programme personnalisé ;
• étape de sélection des méthodes et techniques ;
• étape d’évaluation des compétences acquises.
➢ En outre, la mission d’ETP exige une coopération entre tous les soignants qui
interviennent auprès du patient.
Et en orthophonie ?
Peut-on dire que les pathologies traitées par les orthophonistes sont des maladies
chroniques ? Et pourquoi?
✓ OUI
• Si l’on reprend la définition de la maladie chronique qui se « caractérise par sa durée,
la gestion qu’elle exige et par l’incertitude qu’elle provoque »
✓ NON
• Pour ce qui concerne certaines pathologies traitées en orthophonie qui ne
présentent pas forcément ces caractéristiques.
TOUTEFOIS, presque toutes les pathologies peuvent faire l’objet d’ETP en orthophonie.
Ainsi pour nous, l’ETP c’est permettre au patient de prendre en charge sa santé dans sa vie,
en prenant en compte la dimension personnelle, familiale et sociale.
➢ Aider le patient à prendre soin de lui-même (principe d’autonomie).
L’EBP (Evidence Based Practice)
▶ Chaque clinicien est soucieux d’offrir à ses patients une prise en charge de la meilleure
qualité possible, en tenant compte des spécificités de son patient mais aussi de ses
préférences.
▶ C’est pour répondre à ces enjeux que l’approche « Evidence Based » (littéralement,
basée sur des preuves, des données probantes) s’est développée.
▶ Cette démarche a d’abord été initiée en médecine, sous l’appellation Evidence-Based
Medicine (EBM).
Ses principes se sont petit à petit étendus à d’autres domaines (psychologie, orthophonie…)
Depuis 2005, l’American Speech-Language-Hearing Association (ASHA), la principale
association professionnelle américaine en orthophonie, recommande d’intégrer les
principes de la pratique fondée sur des preuves dans les décisions cliniques pour fournir des
soins de qualité.
Etapes de l’EBP
Sackett, Straus, Richardson, Rosenberg, & Haynes (2000, pp. 3-4) distinguent cinq étapes
différentes afin de respecter cette approche :
1. Emettre une question clinique à laquelle il est possible de répondre ;
2. Localiser les meilleures données disponibles pour répondre à cette question ;
3. Evaluer ces données de manière critique pour leur efficacité et leur applicabilité ;
4. Mettre en application ;
5. Evaluer l’efficacité de la décision clinique et l’efficience personnelle.
La méthode PICO pour l’étape 1 (questionnement)
• P = Patient/problème : la situation du patient, la population ou le problème posé ;
• I = Intervention : un programme, une méthode d’intervention, un test diagnostique,
un facteur pronostique, un traitement ;
• C= Contrôle/comparaison (si cela est pertinent) : un niveau de base ou un type de
prise en charge servant de point de comparaison pour l’intervention choisie ; la
comparaison de deux interventions ou expositions ;
• O= Objectifs : les objectifs à atteindre, les événements cliniques d’intérêt, qui
peuvent comporter une dimension temporelle.