Université Sultan Moulay Slimane
Ecole Nationale de Commerce et de Gestion
BENI MELLAL
Semestre 1
INTRODUCTION À L’ÉTUDE
DE DROIT
Partie 1: Le Droit Objectif
Pr. Jamal AKESBI
Année universitaire: 2020-2021
Introduction
De simple introduction au droit civil, l’introduction à l’étude de droit s’est élargie
pour devenir une introduction générale à toutes les disciplines juridiques, aussi
bien de Droit privé que de Droit public.
Comment peut-on, donc définir la notion de « Droit » ?
La notion de « Droit » peut-être défini comme un ensemble de règles de conduite
destinées à organiser la vie en société, et qui ont vocation à s'appliquer à toutes les
personnes qui forment le corps social. Ces règles qui sont formulées de manière
générale et impersonnelle, concernent chacun et ne désignent personne en
particulier .
Le mot « Droit » correspond, dans ce premier sens, à ce que les juristes appellent
le « Droit objectif ». The Law.
Dans son second sens, le Droit désigne « les facultés, les pouvoirs et les
prérogatives individuelles que les personnes ont vocation à puiser dans le corps de
règles qui constitue le Droit objectif». On parle alors de « droits subjectifs ».
Right.
Les différentes branches de Droit
Le Droit public et ses subdivisions.
*Quelles sont les différentes disciplines relevant du Droit public ?
Les principales branches de cette discipline sont : le Droit constitutionnel, le Droit
administratif, les libertés publiques, le Droit fiscal, le Droit international public ...)
Le Droit privé et ses subdivisions .
*Quelles sont les disciplines relevant du Droit privé ?
Le Droit civil et le Droit commercial constituent les principales matières du Droit
privé.. Les Droits mixtes.
La notion de Droit mixte, s’étend à toute branche du Droit qui réalise une
combinaison de règles relevant, pour les unes du Droit public, et pour les autres du
Droit privé Il s’agit essentiellement : du Droit pénal, du Droit processuel, du Droit
social, et du Droit international privé.
Partie I :
Le Droit objectif
Chapitre I :Les caractères essentiels de la
règle de Droit
Il faut au préalable dégager ses caractères essentiels, à savoir : la généralité et l’abstraction,
l’obligation et la sanction par l’autorité publique.
Section I : La règle de droit est une règle générale et abstraite
1 – La généralité : caractère commun à toute norme juridique
Selon J.L. Aubert : « la règle de droit concerne chacun et ne désigne personne en particulier ».En
effet, la règle juridique n’est pas faite pour un individu ou pour un acte. C’est une disposition
absolument impersonnelle qui s’adresse, à toutes les personnes qui remplissent les conditions
d’application de cette règle (art. 77 et 261 DOC ou art.179 du code du travail).
Cf. J.L. Aubert « introduction à l’étude au droit’ ; collection U, Armand Colin ; Paris, 1984, p.10.
2 – Portée relative de la généralité de la règle de
droit
La généralité de la règle de droit se trouve parfois atténuée, dans la mesure où elle
concerne une situation plus ou moins étroitement définie.
Les dispositions de l’art. 90 de la constitution de 2011, ne concernent qu’une seule
personne le Chef du gouvernement, cependant, elles demeurent des règles
générales, abstraites et impersonnelles.
On assiste également à la régression de la généralité de la règle de droit, lorsqu’elle
ne s’applique qu’à une catégorie limitée de personnes déterminées par leurs activités.
Exemple :
Les règles du droit commercial pour les commerçants ;
Celles du droit du travail pour les salariés ;
Il en est de même pour les règles relatives au statut des avocats, des médecins, des
architectes, des militaires, etc.
Section II : la règle de droit est obligatoire
Le caractère obligatoire est lié à la règle de droit dès sa naissance.
Le degré de leur obligation donne lieu à deux catégories de règles :
Les règles impératives, prohibitives ou d’ordre public.
Les règles supplétives, facultatives ou interprétatives.
1 – Les règles impératives ou d’ordre public:
Les règles impératives ou d’ordre public s’imposent sans que les parties ne
puissent y déroger par des accords particuliers.
Tel est le cas de la plupart des dispositions relevant du droit public et du droit
pénal.
2 – Les règles supplétives ou interprétatives:
Les règles supplétive, « suscitent une conduite particulière, mais les
parties peuvent parfaitement y déroger, choisir par contrat d’autres
règles qui leur conviennent davantage que les règles légales ».
Ces règles sont nombreuses dans le cadre du droit des contrats.
Elles ne s’imposent qu’à défaut de volonté, expresse ou tacite,
contraire des particuliers. (Exp. article 502 du DOC ).
Section III : la sanction étatique de la règle de droit
La contrainte institutionnelle permet à l’autorité publique de sanctionner le
non respect de la règle de droit.
1- la notion de sanction
En principe, la règle de droit est assortie d’une sanction, au cas où elle serait transgressée.
La sanction prévue permet d’en garantir le respect.
2- Les différents types de sanctions
Les sanctions rendues par le juge, peuvent être soit civiles soit pénales.
A) les sanctions civiles
Les sanctions civiles sont réparties en deux catégories : celles qui sont destinées à
assurer la réparation et celles engendrant une contrainte.
1- la réparation
Les sanctions donnant lieu à réparation sont de deux types :
la nullité des actes juridiques viciés; et
les dommages et intérêts.
2- la contrainte
Il existe deux types de contrainte :
la contrainte directe, et
la contrainte indirecte
B- les sanctions pénales
Ces peines sanctionnent les actes de délinquance et doivent en principe être proportionnées à la
gravité de l’infraction.
A cet effet, le code pénal regroupe les infractions en trois catégories : les crimes, les délits et les
contraventions. (Art. 111 du CP).
1 – les crimes
Les peines criminelles principales sont selon l’article 16 du code pénal : la peine de mort (capitale) ;
la réclusion perpétuelle ; la réclusion à temps pour une durée de 5 à 30 ans ; la résidence forcée ; la
dégradation civique.
2- les délits
Ce sont des infractions de gravité moyenne. Leur sanction est précisée par l’article 17, en ces
termes : « les peines délictuelles principales sont :
l’emprisonnement ;
l’amende de plus de 1200 dirhams. »
(La durée de la peine d’emprisonnement est d’un mois au moins et cinq années au
plus, sauf le cas de récidive ou autres où la loi détermine d’autres limites).
A cet égard, le Code pénal distingue entre deux types de peines délictuelles :
les délits correctionnels, et
les délits de police
a- Les délits correctionnels
Comme le précise l’article 111 al. 2 du CP, est considérée délit correctionnel : « toute
infraction que la loi punit d’une peine d’emprisonnement dont elle fixe le maximum à plus
de deux ans… ». C’est le cas des articles 401, 505, et 520 du Code pénal.
b- Les délits de police
Moins grave que le délit correctionnel, le délit de police est comme le précise l’article
111 alinéa 3 du C.P. toute : « infraction que la loi punit d’une peine d’emprisonnement
dont elle fixe le maximum à deux ans, ou moins de deux, ou d’une amende de plus de
1200 dirhams ». Exp. articles 386 et 400 du C.P.
3- Les contraventions
Selon l’article 18 du C.P. : « les peines contraventionnelles principales sont :
la détention de moins d’un mois ;
l’amende de 30 à 1200 dirhams.
Chapitre II : les sources de la règle de
droit
Quelles sont, alors, les sources actuelles de la règle de droit marocain?
la règle de droit est issue de deux catégories de sources : les sources traditionnelles (droit
musulman et du droit coutumier) et les sources modernes (le droit international, la loi, la
doctrine et la jurisprudence).
Section I : Les sources traditionnelles de la règle de droit.
1: Le droit musulman
I) Les fondements du droit musulman
Les sources du droit musulman sont nombreuses. Les plus importantes qui ne
font pas l’objet de divergences doctrinales sont de deux ordres : les sources
originelles (le Coran et la Sunna) et les sources dérivées (l’Idjmaa et le quiyas).
A- Les sources originelles
1- Le Coran
Le Coran est la parole de Dieu révélée au prophète (Muhammad )صلى هللا عليه وسلمdont le texte écrit nous a été
rapporté par des témoignages multiples.
Les dispositions coraniques peuvent être distinguées selon leur degré de généralité, leur sens et leur caractère
obligatoire.
a- Le degré de généralité des dispositions coraniques
les dispositions légales divines sont de deux types : les Ahkams et les principes généraux.
Les Ahkams sont des règles qui interviennent pour résoudre un problème particulier.
Les principes généraux sont des règles qui peuvent être adaptées à toutes les époques et
servir comme source de législation.
b- Le sens des dispositions coraniques
Selon leur sens, les dispositions du Coran sont de deux sortes : certaines et présomptives.
c- le caractère obligatoire des dispositions coraniques
Pour ce qui est de leur portée, les règles coraniques certaines sont de cinq types (correspondant à cinq
qualifications différentes des actes humains) : obligatoires, recommandées, prohibées, conseillées ou tolérées.
2- La Sunna
La Sunna signifie la conduite du Prophète constituée par ses paroles (hadiths), ses pratiques (la
manière de prier ou de faire le pèlerinage) et ses approbations tacites ou expresses.
.
B- Les sources dérivées : l’Idjmaa et le Qiyas
Alors que l’Idjamaa résulte du travail collectif des Ulémas, le Qiyas est issu d’initiatives individuelles
1- L’Idjmaa
L’Idjmaa signifie l’accord unanime des Ulémas d’une même époque sur l’une des questions de la religion
ou plus généralement sur une question déterminée.
2- Le Qiyas :
Le Qiyas ou raisonnement par analogie est une méthode selon laquelle une règle posée par un texte (verset
coranique, hadith, solution d’Idjmaa) se trouve appliquée à des cas non compris dans ses termes mais
commandés par la même raison.
II) Le droit musulman comme source du droit marocain
Dans un pays comme le Maroc, où la religion n’est pas séparée de l’État, les
principes traditionnels du droit musulman sont-ils des sources du droit actuellement en
vigueur au Maroc ?
L’attachement du Maroc à l’Islam est affirmé, par la Constitution du 1er juillet 2011.
Celle-ci, comme d’ailleurs les précédentes, après avoir précisé, dans son préambule, que
le Royaume du Maroc, est un État musulman, énonce, dans son article 3, que « l’islam est
religion de l’État qui garantit à tous le libre exercice des cultes ».
Certes, depuis l’indépendance du Maroc, le législateur s’est employé à adapter la loi
islamique aux besoins nouveaux résultant de la vie moderne. Cependant, cela ne signifie
aucunement, l’abandon du droit musulman, notamment dans les domaines du code de la
famille, du statut personnel et successoral au profit du droit moderne d’inspiration
européenne.
2 : La coutume
La coutume est l'une des sources les plus importantes de la règle de droit.
I- définition de la coutume
La coutume est une règle de conduite « qui découle d'une pratique ancienne, d'un usage
qui s'est prolongé dans le temps et qui devient à certaines conditions une règle de droit».
II- Les caractères de l’usage coutumier.
L'usage coutumier présente les principales caractéristiques de la règle de droit : il est
générale et impersonnel, bénéficie d'une certaine notoriété et considéré par les sujets de
droit comme ayant un caractère obligatoire.
III- Les rapports entre la loi et la coutume
Il est classique de distinguer, à ce sujet, trois situations différentes : tout d’abord, celle
où la loi renvoie expressément à la coutume ; celle, ensuite, où une coutume vise à
combler une lacune de la loi ; celle, enfin, où la coutume est contraire à la loi.
Section II : les sources modernes de la règle de droit
1- le droit international
Le droit international public, est le droit des relations interétatiques. Il englobe
l’ensemble des règles et des principes qui régissent les relations entre les États souverains et
qui les engagent de manière réciproque.
Les sources formelles du droit international, (selon l’art. 38 du Statut de la Cour
internationale de justice) sont: les traités et les conventions internationales, la coutume
internationale, les principes généraux de droit, et l’équité. Les décisions judiciaires et la
doctrine, qui ont également été évoqué à l’art 38 du statut de la CIJ sont des sources
subsidiaires ou indirectes du droit.
En cas de conflit entre la législation internationale et la législation interne, faut-il
donner la suprématie au droit international ou au droit interne ?
Certains systèmes juridiques attribuent au droit international une valeur supra
constitutionnelle (doctrine moniste). D’autres systèmes affirment leur refus vis-à-vis de
cette approche (doctrine dualiste).
L'article 27 de la convention de Vienne de 1969, sur le droit des traités, dispose : « Une
partie ne peut invoquer les dispositions de son droit interne comme justifiant la non
exécution d'un traité ».
La constitution de 2011 affirme dans son préambule que le Maroc s’engage à
« accorder aux conventions internationales dûment ratifiées par lui, dans le cadre des
dispositions de la Constitution et des lois du Royaume, dans le respect de son identité
nationale immuable, et dès la publication de ces conventions, la primauté sur le droit
interne du pays, et harmoniser en conséquence les dispositions pertinentes de sa
législation national ».
2 : La loi
Source fondamentale de la règle de droit, la loi dans son sens large, désigne toutes les
règles émanant de l’autorité publique, et qui présentent un caractère général, impersonnel et
obligatoire.
I - Quelles sont alors les composantes de la notion générale de la loi ?
Les constitutions marocaines distinguent nettement, depuis 1962, la loi « stricto sensu »
du règlement.
La loi dans son sens étroit est l’œuvre du pouvoir législatif, avec ses deux chambres - la
chambre des représentants et celle des conseillers. Alors que le règlement relève du pouvoir
exécutif et des autorités administratives.
II : la distinction de la loi et du règlement
*Elargissement du domaine de la loi
Dans les constitutions précédentes, le domaine réservé à la loi était réduit à quelques matières
limitées : 4 sous les constitutions de 1962 et 1970, élargi à 11 sous la constitution de 1972 révisée
en 1992 et 1996.
L’article 71 de la nouvelle constitution a élargi le domaine réservé à la loi pour atteindre le nombre
de 31 matières réservées à la compétence du Parlement.
D’autres dispositions de la constitution de 2011 font état des matières attribuées au Parlement.
Il s’agit d’une trentaine d’articles portant sur des matières variées tel : la loi de finances (art. 75), la
constitution des organisations syndicales et leur financement (art. 28) ; la liberté de concurrence ;
l’accès aux médias publics, etc.
A cela s’ajoute les cas de renvoi de certaines dispositions de la constitution aux lois organiques.
Une vingtaine de cas tel : le processus de mise en œuvre de la langue amazigh, le conseil national
des langues et de la culture marocaine (art 5).
Les matières autres que celles qui sont du domaine de la loi appartiennent au domaine
réglementaire (art. 72).
III - l'entrée en vigueur de la loi
Quand la loi entre-t-elle en vigueur ?
L’entrée en vigueur de la loi suppose que soient remplies deux formalités :
la promulgation, et
la publication de la loi.
1- la promulgation :
La promulgation de la loi est prévue par l’article 50§1 de l’actuelle constitution qui stipule que :
« Le Roi promulgue la loi dans les trente jours qui suivent la transmission au gouvernement de la loi
définitivement adoptée ». Cet acte ne concerne que la constitution et les lois votées par le Parlement. Le
règlement qui est l'œuvre du pouvoir exécutif est exécutoire par nature.
2- la publication :
La publication consiste dans l’insertion du texte de loi au BO. Elle concerne aussi bien les lois que les
règlements.
L'objet de cette formalité est d’informer les sujets de droit du contenu de la règle juridique pour leur
permettre de l’observer et le cas échéant, la leur imposer.
Au Maroc, la procédure de publication est mentionnée à de l’art. 50§2
3 : la jurisprudence
Produit de l’activité judiciaire, la jurisprudence désigne l’ensemble des décisions rendues par les
juridictions nationales (Tribunaux et Cours d’appel).
I- La jurisprudence comme source du droit
-Est-ce que la jurisprudence constitue une source directe du droit?
Dans les pays du Common law la jurisprudence constitue une véritable source du droit, lorsque
toutes ou une majorité des décisions qui se sont succédées interprètent de la même manière les
règles du droit.
A l’opposé de cette conception, le droit marocain ne reconnaît pas la jurisprudence comme source
directe du droit.
-D’une part, le juge est lié par la loi, il a vocation non pas de créer la règle de droit, mais
d’appliquer, et éventuellement d’interpréter une règle conçue et élaborée par le législateur.
-D’autre part, contrairement aux juges anglo-saxons, un juge marocain n'est pas lié par les
décisions qu'ont pu rendre ses collègues, il n'y a pas de précédents judiciaires.
Cependant, face à une lacune de la loi, le juge est conduit à créer le droit. L’article 290 du code
pénal dispose que : tout magistrat ou tout fonctionnaire public investi d'attributions
juridictionnelles ne peut refuser de rendre la justice même en cas de silence ou d'obscurité de la loi
.
II- l’organisation judiciaire au Maroc
Régie par la loi n°1-74-338 du 15 juillet 1974 ; l’organisation judiciaire marocaine comprend
des juridictions de droit commun, des juridictions spécialisées et une juridiction d'exception.
A- Les juridictions de droit commun
sont compétentes pour tout litige qui n’est pas spécialement attribué par la loi à une autre
juridiction. Elles sont constituées : des juridictions de proximité, des Tribunaux de première
instance, des Cours d'appel et de la Cour de Cassation. B- Les juridictions spécialisées sont
constituées des juridictions administratives et des juridictions de commerce.
1) Les juridictions administratives comprennent les tribunaux administratifs
et cours d’appel administratives.
2) Les juridictions de commerce comprennent les tribunaux de commerce et
les cours d'appel de commerce.
C- Les juridictions d'exception
Suite à l’annulation de la cour spéciale de justice, les tribunaux d'exception qui
fonctionnent réellement au Maroc se réduisent au tribunal militaire. La cour des
comptes est considérée comme une juridiction comptable supérieure non rattachée à
l’organisation judiciaire. Quant à la haute cour de justice prévue par la constitution de
1962, elle n’a encore jamais fonctionné.
Supprimée depuis le 16 sep. 2004, la Cour spéciale de justice était chargée de statuer sur
certains crimes commis par les fonctionnaires. Il s'agit des crimes suivants : la
concussion, la corruption, le trafic d'influence et le détournement de deniers publics.
La Cour des comptes a été instituée par la loi n° 62-99 du 31juin 2002 formant code des
juridictions financières.
4 : La doctrine.
La doctrine représente l’ensemble des opinions émises (écrits,
commentaires, théories…) sur le droit positif par les juristes
(professeurs de droit, avocats, notaires, juges etc.) La doctrine n'est pas
une source directe du droit, mais elle est importante pour analyser et
comprendre la norme juridique. Ses critiques peuvent également
inspirer le législateur et la jurisprudence.
Merci pour votre attention