Arbitrage International
Arbitrage International
ET LE DEVELOPPEMENT
NATIONS UNIES
New York et Genève 2005
NOTE :
Le cours sur le règlement des différends relatifs au commerce international, aux
investissements et à la propriété intellectuelle comprend quarante et un modules.
Ce module a été préparé par M. Eric E. Bergsten à la demande de la Conférence des Nations
Unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Les vues et opinions exprimés ici
appartiennent à l'auteur et ne reflètent pas nécessairement celles des Nations Unies, de l'OCM, de
l'OMPI, du CIRDI, de la CNUDCI ou du Centre consultatif sur la législation de l'OCM.
Les désignations utilisées et la présentation des données qui figurent dans le présent document
n'impliquent, de la part des Nations Unies aucune prise de position quant au statut juridique des
pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou
limites. Dans les citations issues de documents officiels et de la jurisprudence des organisations
internationales et des tribunaux, les pays sont désignés tels qu'ils sont mentionnés dans ces
documents.
UNCTAD/EDM/Misc.232/Add.38
Note ii
Objectifs d’apprentissage 1
Annexe A 43
5.1 Arbitrage commercial international
OBJECTIFS D’APPRENTISSAGE
La première section examinera en dernier lieu les motifs qui peuvent amener les parties à opter
pour un arbitrage commercial international afin de régler leurs différends. Nous verrons que
certains de ces motifs relèvent aussi bien de l'arbitrage interne que de l'arbitrage international,
alors que d'autres sont plus spécifiques aux différends commerciaux internationaux.
La troisième section examinera les quatre niveaux de la structure légale de l'arbitrage commercial
international :
2) Le droit d'arbitrage national (lequel peut se composer d'une loi régissant tous les
arbitrages ou d'une loi pour l'arbitrage interne et d'une seconde loi pour l'arbitrage
international).
3) Les règles procédurales adoptées par les parties (lesquelles conviennent généralement de
confier l'arbitrage à une institution arbitrale particulière ou d'adopter les règles d'arbitrage
de la CNUDCI) et
4) La pratique de l'arbitrage.
5.1 Arbitrage commercial international
Le chapitre 5 du Cours sur le règlement des différends est intitulé « Arbitrage commercial
international ». Il entend par conséquent d'examiner une méthode particulière de
règlement des différends, à savoir par le biais d'un « arbitrage » de nature « commerciale
», offrant certaines caractéristiques « internationales ». Dans la mesure où une telle
explication ne saurait suffire, cette introduction se propose d'examiner l'arrière-plan et
l'évolution historique du concept d'« arbitrage commercial international » afin de replacer
ce terme et sa portée dans le contexte.
Les huit modules qui composent ce chapitre étudient en détail les règles juridiques qui
régissent l'arbitrage commercial international. Le module 5.2 examine la convention
d'arbitrage et ses conséquences. Le module 5.3 passe en revue le mécanisme de création
du tribunal arbitral et les conditions nécessaires pour pouvoir faire office d'arbitre. Le
module 5.4 examine la procédure de conduite de l'arbitrage et la manière dont les parties
conviennent de cette procédure. Le module 5.5 étudie l'une questions les plus délicates et
les plus importantes de l'arbitrage commercial international : celle du droit régissant
l'arbitrage. Comme nous le verrons, la conclusion de la convention d'arbitrage, la
procédure arbitrale et le fond du différend peuvent être régis par les droits de différents
pays. Le module 5.6 décrit les conditions de prononcé de la sentence, et le module 5.7
examine la reconnaissance et l'exécution de la sentence en vertu de la Convention de New
York. Bien que l'arbitrage permette de régler un différend sans avoir recours aux
tribunaux, ces derniers exercent cependant certaines responsabilités en matière
d'arbitrage. Ces responsabilités sont étudiées au module 5.8. La conduite des procédures
par voie électronique constitue finalement l'un des plus récents développements en
matière d'arbitrage. Ce développement est abordé au module 5.9.
5.1 Arbitrage commercial international
Voie de droit
L'Etat propose aux parties une méthode de règlement des différends privés par une tierce
partie sous la forme d'un système de tribunaux chargés de conduire les procès. La plupart
des différends privés qui nécessitent l'intervention d'une tierce partie sont réglés par voie
de droit, même si un grand nombre de différends sont résolus directement entre les
parties une fois le procès entamé.
Les parties au différend peuvent également avoir recours à titre privé à des tierces
personnes chargées de résoudre ou de les aider à résoudre le différend. L'arbitrage
constitue aujourd'hui le principal mécanisme de règlement des différends privés, en
matière de relations commerciales nationales et internationales, même s'il en existe
d'autres. Nous aborderons brièvement ces autres mécanismes, après avoir étudié les
caractéristiques de base de l'arbitrage commercial international.
Comme nous le verrons tout au long de ce chapitre, il est souvent essentiel de savoir si
une procédure donnée équivaut à un « arbitrage ». A titre d'exemple, l'Article 2,
Paragraphe 1, de la Convention pour la reconnaissance et l'exécution des sentences
arbitrales étrangères, généralement connue sous le nom de Convention de New York,
prévoit que « chacun des Etats contractants reconnaît la convention écrite par laquelle les
parties s'obligent à soumettre à un arbitrage... ». La Convention ne définit cependant pas
la notion d'arbitrage. Ce terme est par ailleurs rarement défini par les lois nationales sur
l'arbitrage. Il n'est pas non plus défini par la Loi type de la CNUDCI sur l'arbitrage
commercial international (la « Loi type »), cela ayant été jugé « inutile », même si une
définition a été proposée par le Secrétariat1. On peut se demander si le groupe de travail
de la CNUDCI a réellement estimé que la définition de l'arbitrage était inutile ou a pensé
qu'une telle définition serait difficile à formuler. Imaginons par exemple qu'un tribunal ait
5.1 Arbitrage commercial international
Eléments de définition
Ce terme a cependant besoin d'être « étoffé ». On peut dire de l'arbitrage qu'il offre les
caractéristiques suivantes :
Règlement
« (1) Si, durant la procédure arbitrale, les parties s'entendent pour régler le différend, le
tribunal arbitral met fin à la procédure arbitrale et, si les parties lui en font la demande
5.1 Arbitrage commercial international
et s'il n'y voit pas d'objection, constate le fait par une sentence arbitrale rendue par
accord des parties.
(2). La sentence d'accord des parties est rendue conformément aux dispositions de
l'article 31 et mentionne le fait qu'il s'agit d'une sentence. Une telle sentence a le même
statut et le même effet que toute autre sentence prononcée sur le fond de l'affaire.
On notera que le tribunal arbitral peut contester l'enregistrement du règlement sous forme
de sentence arbitrale. Cette décision permet de protéger le tribunal et le processus arbitral
si le tribunal estime qu'une sentence serait incorrecte dans certaines circonstances.
Certains droits d'arbitrage n'autorisent pas spécifiquement le tribunal à contester
l'enregistrement du règlement du différend entre les parties sous forme de sentence
arbitrale, bien que le tribunal puisse disposer d'autres outils dans un tel cas. ²
L'arbitrage doit reposer sur un compromis entre les parties. Cela signifie non seulement
que les parties doivent avoir convenu de recourir à l'arbitrage pour résoudre leur
différend, mais aussi que l'autorité du tribunal arbitral est limitée à ce que les parties ont
convenu. Par conséquent, la sentence arbitrale rendue par le tribunal doit régler le
différend qui lui a été soumis et ne doit pas se prononcer sur les autres problèmes ou
différends éventuels qui peuvent avoir surgi entre les deux parties. Comme le prévoit
l'article V de la Convention de New York
(c) La sentence porte sur un différend non visé dans le compromis ou n'entrant pas dans
les prévisions de la clause compromissoire ou qu'elle contient des décisions qui
dépassent les termes du compromis ou de la clause compromissoire... »
Semi-consensuel
Dans la plupart des cas, l'arbitrage est uniquement semi-consensuel, et la majorité des
conventions d'arbitrage prennent la forme d'une clause arbitrale dans le contrat principal.
La clause arbitrale établit les modalités de règlement des différends susceptibles de se
produire à l'avenir. En cas de différend, les parties pourront cependant ne plus vouloir
soumettre le différend devant un tribunal arbitral. Les conséquences seront alors doubles :
- Le demandeur pourra opter pour une action en justice. Le défendeur pourra cependant
l'en empêcher et le forcer à avoir recours à une procédure arbitrale. Comme le stipule
l'Article II de la Convention de New York :
« 3. Le tribunal d'un Etat contractant, saisi d'un différend sur une question au sujet de
laquelle les parties ont conclu une convention au sens du présent article, renverra les
5.1 Arbitrage commercial international
parties à l'arbitrage, à la demande de l'une d'elles, à moins qu'il ne constate que ladite
convention est caduque, inopérante ou non susceptible d'être appliquée. »
Néanmoins, « le tribunal arbitral peut poursuivre la procédure et statuer sur la base des
éléments de preuve dont il dispose. » 3
Arbitrage obligatoire
Lorsque la Convention de New York a été négociée en 1958, l'Union soviétique et les
autres pays dotés d'un système de commerce d'Etat disposaient d'un système d'arbitrage
obligatoire. La question, ô combien importante, était de savoir s'il s'agissait d'un véritable
arbitrage ou d'un système particulier de décisions étatiques. Afin d'encourager l'adhésion
de ces pays à la Convention de New York, le terme de « sentence arbitrale » a été défini
dans l'article 1(2) pour inclure « non seulement les sentences rendues par des arbitres
nommés pour des cas déterminés, mais également celles quoi sont rendues par des
organes d'arbitrage permanents, auxquels les parties se sont soumises. » Bien qu'il
s'agisse désormais d'une relique du passé, le droit d'arbitrage de certains des pays
concernés affiche encore des signes de la nature administrative à l'origine des régimes
arbitraux actuels.4
L'arbitrage ne s'inscrit pas dans le système de tribunaux étatiques. Comme nous l'avons
vu plus haut, il constitue une procédure consensuelle basée sur une convention entre les
parties. Il remplit néanmoins les mêmes fonctions que le procès dans le système de
justice étatique. Il débouche sur une sentence arbitrale qui est exécutoire par les
tribunaux, et dont la procédure d'exécution est généralement identique ou similaire à
l'exécution d'un jugement rendu par un tribunal. L'Etat s'intéresse donc à la conduite des
procédures arbitrales, au-delà de l'intérêt qu'il peut avoir pour le règlement des différends,
par le biais d'autres procédures, qui constituent également des solutions alternatives au
procès. Par le passé, cette approche a amené certains pays à exercer un contrôle strict sur
l'arbitrage. Dans de nombreux pays, le rapport étroit entre arbitrage et justice étatique se
reflète dans le fait que la loi d'arbitrage fait partie du code de procédure civile.5 La
tendance actuelle vise à laisser une autonomie totale aux parties et au tribunal arbitral
quant à la conduite des procédures, sous réserve uniquement de respect de l'Article 18 de
la Loi type qui stipule que :
« Les parties doivent être traitées sur un pied d'égalité et chaque partie doit avoir toute
possibilité de faire valoir ses droits. »
Les tribunaux ont les moyens de veiller au respect de la procédure arbitrale correcte et
peuvent annuler une sentence ou refuser de la reconnaître et de l'exécuter. 6
5.1 Arbitrage commercial international
3.
Loi type, article 25(c)
4.
L'une des origines de la confusion qui entoure la loi en Russie et dans plusieurs pays de langue slave vient
de ce que les tribunaux commerciaux sont généralement désignés sous le terme de tribunaux « Arbitrazh ».
Cette situation est d'autant plus complexe que le code de procédure Arbitrazh de la Fédération russe, N° 95-
FZ, du 24 juillet 2002, régit les procédures judiciaires relatives à l'arbitrage. On se reportera par exemple
au chapitre 30 (articles 230 à 240), Procedure in Case to Challenge Arbitral Award or Obtain Writ of
Execution of Arbitral Award, et au chapitre 31 (articles 241 à 246. Procédure in Case for Enforcement of
Foreign Judgement or Foreign Arbitral Award.
5.
A titre d'exemple, la loi d'arbitrage allemande, basée sur la Loi type et en vigueur depuis 1998, figure dans
le tome 10 du Code de procédure civile (Zivilprozeßordnung)
6
. Convention de New York, Article 1, Loi type, Articles 34 à 36.
Confidentialité
« A moins que les parties ne conviennent expressément à l'écrit du contraire, les parties
s'engagent à titre de principe général à conserver le secret de toutes les sentences
rendues dans le cadre de l'arbitrage, ainsi que tous les matériels de la procédure créés
aux fins de l'arbitrage et tous les autres documents produits par une autre partie dans le
cadre de la procédure qui ne se trouvent pas dans le domaine public, sauf et dans la
mesure où leur divulgation peut être exigée d'une partie à la suite d'une obligation
juridique, pour protéger ou poursuivre un droit légal ou exécuter ou contester une
sentence dans le cadre de poursuites judiciaires de bonne foi devant un tribunal d'Etat ou
toute autre autorité judiciaire. »
Cette notion de confidentialité a été remise en question ces dernières années, ce qui
s'explique essentiellement par le nombre croissant d'arbitrages impliquant l'Etat ou une
entité étatique. Les questions soulevées dans ce type d'arbitrage relèvent souvent de
l'intérêt public.7 Bien que cela soit particulièrement vrai pour les arbitrages
d'investissement, cela concerne également les autres formes d'arbitrage qui implique
l'Etat. Ce changement est également dû à l'engouement croissant que suscite l'arbitrage
commercial international. Même si les sentences arbitrales n'établissent pas de
jurisprudence au sens traditionnel de ce terme, il y a un réel désir de connaître les
déterminations juridiques des tribunaux arbitraux vis-à-vis des lois et procédures
arbitrales ainsi que du droit substantiel qui régit les relations commerciales
internationales.
Il n'est pas indispensable de le stipuler dans les règles d'arbitrage. Une procédure qui ne
débouche pas sur une détermination finale et exécutoire des droits et obligations des
parties ne relève pas de l'arbitrage. On citera à titre d'exemple une affaire qui s'est
déroulée en Autriche.
7
. OCDE Transparence et participation de tierces parties aux procédures de règlement des différends entre
investisseurs et Etats, Documents de travail sur l'investissement international, Numéro 2005/1, avril 2005, disponible
sous http://www.oecd.org/dataoecd/25/3/34786913.pdf (site visité le 9 mai 2005).
Plus important encore, l'Article III de la Convention de New York exige par ailleurs des
135 États contractants actuels qu'ils « reconnaissent l'autorité d'une sentence arbitrale et
accordent l'exécution de cette sentence conformément aux règles de procédure suivies
dans le territoire où la sentence est invoquée ». Il s'agit là du fondement même de l'édifice
tout entier de l'arbitrage commercial international.
La notion d'ADR - règlement alternatif (ou amiable selon la CCI) des différends - a fait
son apparition depuis quelques années9. L'expression « Règlement alternatif des
différends » nous amène à nous interroger sur la nature même de cette alternative. S'il
s'agit d'un procès devant les tribunaux d'Etat, l'arbitrage doit être inclus en tant que
procédure ADR. La plupart des commentateurs étendent cependant à l'ADR dans son
ensemble la déclaration du « Guide de l'ADR de la CCI » selon laquelle « l'ADR de la
CCI diffère des procédures arbitrales et judiciaires puisqu'il ne débouche pas sur une
décision ou une sentence qui peut être exécutée par la loi. ». Les procédures ADR ont au
contraire pour objet de déboucher sur un accord entre les parties en vue de régler le
différend. L'accord résultant des procédures ADR est de nature contractuelle. L'exécution
de cet accord, en cas de non-respect subséquent de ses conditions, nécessite une
5.1 Arbitrage commercial international
procédure étatique ou un arbitrage, sous réserve d'une clause d'arbitrage adéquate, comme
pour toute autre disposition contractuelle non respectée.
Les partisans d'un usage plus fréquent de l'ADR soulignent que la justice étatique et
l'arbitrage sont « passéistes », dans la mesure où leur principale fonction consiste à
attribuer les responsabilités et les coûts par rapport à un problème survenu
antérieurement. On considère généralement que les techniques ADR sont tournées vers
l'avenir puisqu'elles s'efforcent essentiellement de résoudre le différend, tout en
permettant aux deux parties de poursuivre à l'avenir des relations harmonieuses. Bien que
cette distinction soit en grande partie justifiée, l'ADR est souvent utilisé pour répartir les
coûts associés à un problème antérieur. Les critiques de l'ADR soulignent que cette
procédure ne débouche pas sur une solution qui est satisfaisante pour les deux parties,
que celles-ci doivent encore avoir recours au procès ou à l'arbitrage, et que les procédures
ADR ne font qu'augmenter les frais et retarder la résolution finale du différend.
8
Bulletin der Oesterreichischen Vereinigung für Schiedsgerichtsbarkeit, janvier 2005, OGH 16/3/2004, 4 Ob
42/04m (Cour suprême d'Autriche)
9
Guide de l'ADR de la CCI
5.1 Arbitrage commercial international
- la conciliation
- la médiation
- le mini-trial
- l'évaluation par un expert
- les dispute boards
1.3 « Commercial »
Protocole de 1923
Les mesures prises par plusieurs Etats qui se sont appuyés sur cette clause pour
restreindre l'application du protocole aux contrats considérés comme commerciaux par
leurs droits nationaux ont été renvoyées devant la Convention pour l'exécution des
sentences arbitrales étrangères de 1927, dans la mesure où seules les conventions
d'arbitrage sujettes au Protocole étaient couvertes par la Convention. La Convention de
New York de 1958 reprend essentiellement la disposition qui figurait à l'origine dans le
Protocole de 1923.11
La Convention de New York n'est pas en soi limitée à l'arbitrage des différends
commerciaux. Cette restriction ne s'applique que si un Etat déclare que la Convention
s'applique uniquement aux différends qu'il considère comme commerciaux dans le cadre
de ses propres lois, ce que seuls 44 des 135 Etats Contractants ont fait jusqu'à présent.12
L'application de la Convention dans ces 44 Etats dépend cependant de ce que l'on
considère comme commercial sous le droit national. Il s'agit là d'un problème
potentiellement sérieux pour toute personne désireuse d'invoquer la Convention dans l'un
de ces Etats. Si le mot « commercial » est un terme technique qui revêt une grande
importance légale dans certains systèmes juridiques, il n'a aucune connotation juridique
particulière dans d'autres systèmes. Malgré ces différences, la référence au droit national
semble poser moins de problèmes que ce qu'on l'aurait pu penser sur le plan de
l'application de la Convention de New York.
5.1 Arbitrage commercial international
10
La Loi type sur la conciliation commerciale internationale de la CNUDCI et les Règles de conciliation de
la CNUDCI peuvent être consultées sur le site Internet de la CNUDCI, http://www.uncitral.org.
11
Article 1(3)
12
La liste officielle des Etats contractants de la Convention de New York ainsi que des déclarations ou
réserves qu'ils ont pu faire ou émettre est disponible sur le site Internet de la Section des traités des Nations
Unies. http://untreaty.un.org/ENGLISH/bible/englishinternetbible.part1/chapterXXII/treaty1.asp
Loi type
La question de savoir ce que le terme « commercial » devait inclure n'a réellement été
abordée pour la première fois que lors de l'élaboration de la Loi type adoptée en 1985.
Comme il était envisagé que la Loi type, une fois adoptée par un Etat, co-existerait avec
le droit d'arbitrage national pour toutes les autres formes d'arbitrage (c'est-à-dire non
commercial interne et international), il s'est avéré nécessaire de définir la portée de son
application. Malgré l'absence de désaccord réel quant aux types de transactions auxquels
il devait s'appliquer, certaines délégations ont fortement hésité à étendre à d'autres fins la
définition du terme « commercial » au-delà de ce qu'envisageait leur droit national. La
solution a pris la forme d'une note en bas de page lors de la première apparition du mot «
commercial » dans le texte. Le contenu de cette note est le suivant :13
« Le terme « commercial » doit être interprété au sens large, afin de désigner les
questions issues de toute relation de caractère commercial contractuelle ou non
contractuelle. Les relations de nature commerciale comprennent, sans y être limitées, les
transactions suivantes : toute transaction commerciale portant sur la fourniture ou
l'échange de marchandises ou de services; accord de distribution; représentation
commerciale; affacturage; crédit-bail; construction d'usines; services consultatifs;
ingénierie ; licences ; investissements; financement ; transactions bancaires; assurance;
accords d'exploitation ou concessions; coentreprises et autres formes de coopération
industrielle ou commerciale; transport de marchandises ou de passagers par voie
aérienne, maritime, ferroviaire ou routière. »
Comme nous le verrons plus bas, la notion d'investissement en tant que transaction
commerciale a des conséquences importantes pour les arbitrages d'investissement
conduits en vertu du Régime d'arbitrage spécial du CIRDI, des Règles d'arbitrage de la
CNUDCI ou d'autres règles d'arbitrage commercial international.14
13
Cette technique peu élégante de rédaction législative a néanmoins été suivie par plusieurs Etats lorsque
ceux-ci ont adopté la Loi type. Voir Singapour, Loi d'arbitrage international, Annexe 1.
5.1 Arbitrage commercial international
14
Section 2.4. Infra.
1.4 International
Un arbitrage qui se déroule dans un Etat A sera considéré comme un arbitrage étranger
dans un Etat B. Peu importe que l'arbitrage soit ou non de nature commerciale ou que les
parties viennent du même pays ou de pays différents ou que l'une des parties ou toutes les
parties viennent de l'Etat A. Dans la mesure où tout arbitrage interne dans l'Etat A
constitue un arbitrage étranger dans l'Etat B, les tribunaux de l'Etat B seront amenés à
appliquer la Convention de New York pour assurer l'exécution d'une clause d'arbitrage
dans l'Etat A et de toute sentence arbitrale qui en résulterait.
Les tribunaux de certains systèmes juridiques refusent d'aider les arbitrages « étrangers »,
par exemple en refusant de faciliter l'obtention de preuves, d'accorder des ordonnances de
protection provisoires, etc. Le droit d'arbitrage moderne exige cependant souvent des
tribunaux qu'ils assistent les arbitrages qui ont lieu dans un Etat étranger.15
Arbitrage interne/international
La théorie moderne veut que l'arbitrage soit régi par le droit de l'Etat dans lequel il a
lieu.16 Par conséquent, tout arbitrage qui se déroule dans un Etat constitue dans ce sens un
arbitrage interne au sein de cet Etat. De nombreux Etats font cependant la distinction
entre les arbitrages considérés comme internes et les arbitrages considérés comme
internationaux. Il en résulte que les types de différends qui peuvent être soumis à
arbitrage diffèrent pour l'arbitrage international. Dans certains Etats par exemple, les
plaintes pour violation de la législation antitrust peuvent être soumises à un arbitrage
international, mais pas à un arbitrage interne.17 De la même manière, certains Etats
autorisent l'Etat ou les entités étatiques à conclure des conventions d'arbitrage valides, à
la condition que l'arbitrage soit international. Finalement, de nombreux Etats ont suivi
l'exemple de la Loi type et se sont dotés de lois différentes en matière d'arbitrage interne
et international.
On peut donc en conclure que la distinction entre arbitrage interne et international relève
du droit national. Il n'existe pas de distinction généralement reconnue. Une telle
distinction serait par ailleurs superflue puisque la Convention de New York s'applique
aux sentences « étrangères ».
15
. Par exemple, L'Espagne, dans sa Loi d'arbitrage de 2003, prévoit aux articles 1(2) et 23 que les tribunaux
exécuteront les ordonnances de protection provisoires arrêtées par un tribunal arbitral, même lorsque ce
tribunal siège hors du territoire espagnol.
16.
Les parties sont parallèlement libres de choisir le lieu d'arbitrage, et par-là même le droit d'arbitrage
applicable.
5.1 Arbitrage commercial international
La Convention de New York reconnaît que le droit d'arbitrage peut être différent de celui du pays où
l'arbitrage a lieu. L'Article V(1)(e) de la Convention de New York prévoit que la reconnaissance et
l'exécution d'une sentence arbitrale pourront aussi être refusées si « la sentence [ ] a été annulée ou
suspendue par une autorité compétente du pays dans lequel, ou d'après la loi duquel, la sentence a été
rendue ». Les lois d'arbitrage modernes ne reconnaissent pas cette possibilité.
17
. P. ex. Mitsubishi Motor Corp. contre Soler-Chrysler-Plymouth, Inc., 473 US 614 (Cour suprême des
Etats-Unis 1985) où la Cour suprême des Etats-Unis a déclaré que les plaintes antitrust pouvaient être
soumises à arbitrage quand elles survenaient dans le cadre d'un différend international « même en supposant
qu'un résultat contraire serait probable dans un contexte national ».
Il existe deux méthodes de base pour définir un arbitrage international aux fins
susmentionnées. La première consiste à examiner la transaction : celle-ci implique-t-elle
une transaction qui se déroule dans un Etat autre que le lieu d'arbitrage ou dans deux ou
plus de deux Etats ? La seconde méthode consiste à examiner les parties : celles-ci
viennent-elles d'Etats différents ?
Personnes physiques
On considère généralement que deux personnes physiques qui sont citoyennes d'Etats
différents viennent d'Etats différents. On peut cependant estimer qu'une personne qui
réside depuis longtemps dans un Etat vient de cet Etat afin de déterminer la nature
internationale de l'arbitrage, et ce bien qu'elle soit citoyenne d'un autre Etat.
Personnes morales
De même manière, on considère souvent qu'une personne morale vient de l'Etat, selon le
droit duquel elle est constituée. Cependant, si la personne morale en question est une
filiale en propriété exclusive ou quasi-exclusive d'une personne physique ou morale
étrangère, on pourra estimer que cette filiale partage la nationalité de sa société mère.18
Loi type
La Loi type prévoit que l'arbitrage sera international si l'un des quatre cas de figure
suivants se présente :19
Cette règle est ensuite modifiée pour stipuler que « si une partie a plus d'un
établissement, l'établissement à prendre en considération [pour déterminer si l'arbitrage
est international] est celui qui a la relation la plus étroite avec la convention d'arbitrage »
20
Par conséquent, selon cette disposition, si l'agence locale implantée dans un Etat A
d'une société multinationale basée dans un Etat B conclut un contrat avec une société de
l'Etat A, prévoyant un arbitrage dans l'Etat A, cet arbitrage ne sera pas international dans
l'Etat A.
5.1 Arbitrage commercial international
En vertu de cette disposition, les deux parties de l'Etat A pourront convenir d'un arbitrage
dans l'Etat B. Si l'Etat B a adopté la Loi type, l'arbitrage sera alors international dans
l'Etat B.
18
Il s'agit là d'une question particulièrement délicate par rapport aux arbitrages d'investissement. Il n'est pas
rare que les traités d'investissement bilatéraux stipulent qu'une société constituée dans l'Etat hôte et qui est
une filiale d'un investisseur venant de l'autre Etat partie au traité soit considérée comme une entité de l'Etat
hôte, et ne sera pas par conséquent protégée par les dispositions du traité. Il n'est cependant pas exclu que
l'investissement dans le capital de la filiale constitue un investissement couvert par le traité. Toute
généralisation est impossible dans la mesure où l'énoncé de chaque traité doit être examiné séparément.
19
Article 1(3)
20
Article 1(4)
3) Tout lieu où doit être exécutée une partie substantielle des obligations issues de
la relation commerciale ou le lieu avec lequel l'objet du différend a le lien le plus
étroit est situé hors de l'Etat dans lequel les parties ont leur établissement.
Aux termes de cette disposition, un arbitrage dans l'Etat A entre deux parties de l'Etat A
par rapport à un projet de construction situé dans l'Etat B constitue un arbitrage
international.
Bien que ce dernier motif puisse paraître excessif au premier abord pour déterminer si un
arbitrage est international, on gardera à l'esprit que la doctrine moderne veut que les
parties puissent choisir librement le lieu d'arbitrage et par-là même le doit d'arbitrage
applicable.
La Loi type offre une définition très large de ce qui fait le caractère « international » d'un
arbitrage. Cette définition doit cependant être replacée dans son contexte. Elle n'est
pertinente que si un Etat adopte la Loi type, en restreignant son champ d'application à
l'arbitrage commercial international. Dans un tel Etat, une procédure arbitrale considérée
comme internationale sera régie par le droit national basé sur la Loi type, et non par le
droit national applicable aux arbitrages internes. Il avait été estimé lors de l'adoption de la
Loi type que de nombreux Etats l'appliqueraient aux arbitrages internes et internationaux,
ce qui s'est avéré dans les faits. Un Etat qui adopterait la Loi type pour tous les arbitrages
supprimerait la définition du terme « international », dans la mesure où elle n'aurait plus
aucune pertinence.
Les motifs qui poussent les parties à opter pour un arbitrage commercial international
afin de régler leurs différends peuvent être divisés en deux groupes : ceux qui relèvent de
5.1 Arbitrage commercial international
L'arbitrage permet aux parties de confier à des personnes justifiant d'une expertise
particulière le soin de juger leur différend. Il est peu probable que les juges des tribunaux
d'Etat puissent acquérir le même degré d'expertise concernant les aspects techniques de
transactions qui leur sont soumises, tout comme les avocats qui représentent les parties et
qui peuvent ultérieurement faire office d'arbitres dans des transactions similaires. Dans
un arbitrage de construction, des ingénieurs ou architectes ainsi que des avocats pourront
être appelés à servir d'arbitres. Dans de nombreux métiers, où les arbitrages sont conduits
par une association professionnelle, les arbitres doivent impérativement justifier d'une
expérience minimum. Cette possibilité de choisir librement des arbitres justifiant une
expertise particulière n'existe cependant pas dans les Etats qui se sont dotés de lois
d'arbitrage restrictives, qui autorisent uniquement les avocats à faire office d'arbitres.
Différend spécifique
Les arbitres sont choisis en fonction de la spécificité des différends. Que le tribunal
arbitral soit composé d'un seul arbitre ou d'un panel de trois arbitres, le tribunal
accompagne de bout en bout le processus d'arbitrage. Il en résulte une continuité de la
procédure qui permet aux arbitres de se familiariser réellement avec le fond du différend.
A l'inverse, de nombreux systèmes juridiques préfèrent confier les divers aspects d'un
différend à différents juges, qui n'auront ainsi jamais la possibilité de se familiariser avec
l'ensemble du différend.
La procédure arbitrale est souple et peut être adaptée aux besoins du différend en
question. Tout comme la Loi type, de nombreuses lois d'arbitrage modernes laissent aux
parties ou au tribunal arbitral le soin de déterminer en détail la procédure à suivre, à la
seule condition que les parties soient traitées sur un pied d'égalité et que chaque partie ait
toute possibilité de faire valoir ses droits. 21 Bien que la souplesse de la procédure revête
une importance particulière dans les cas d'arbitrage commercial international, où les
attentes des parties et de leurs défenseurs peuvent radicalement différer par rapport à la
procédure à suivre, elle présente également certains avantages en matière d'arbitrage
interne. Un arbitrage relatif à la qualité d'un grain livré dans le cadre d'un contrat de vente
exige par exemple des procédures radicalement différentes de celles d'un arbitrage
portant sur la construction d'une usine.
Absence d'appel
L'arbitrage ne peut faire l'objet d'un appel basé sur le fond. Ce que les parties perdent en
termes de sécurité juridique, dans la mesure où les erreurs commises par le tribunal dans
l'application de la loi ne peuvent être rectifiées, elles le gagnent sur le plan de la réduction
des frais et des délais nécessaires pour arriver à une décision finale.22
La rapidité des décisions et la réduction des frais par rapport à la justice étatique
constituent deux des arguments traditionnels en faveur de l'arbitrage. Des doutes ont
5.1 Arbitrage commercial international
cependant été récemment émis quant à savoir si l'arbitrage est réellement plus rapide et
moins onéreux qu'un procès. Aucune preuve empirique ne permet de le confirmer ou de
l'infirmer, en raison du trop grand nombre de variables à considérer. On peut cependant
affirmer que les parties peuvent bénéficier d'un arbitrage relativement rapide et moins
onéreux si elles le souhaitent. De nombreuses règles d'arbitrage prévoient une procédure
accélérée pour les petites plaintes (p. ex. moins de 1 million de francs suisses dans le cas
des règles d'arbitrage international suisses). 23
21
Articles 18 et 19
22
Les institutions arbitrales ne sont pas étrangères aux procédures d'appel, mais celles-ci sont largement
confinées à certaines organisations arbitrales relevant d'associations professionnelles. Dans la mesure où
l'arbitrage des associations professionnelles implique souvent des contrats standard ou les règles de
l'association professionnelle même, les décisions d'arbitrage revêtent une importance significative en matière
de jurisprudence pour la profession concernée. L'Article 28 des Règles d'arbitrage de la Cour européenne
d'arbitrage prévoit un appel en deuxième instance. Dans un document de discussion intitulé « Possible
improvements of the Framework for ICSID Arbitration » daté du 22 octobre 2004, le secrétariat du CIRDI a
suggéré de créer un mécanisme d'appel au sein du CIRDI pour les arbitrages d'investissement. Ce document
de discussion est disponible sous http://www.worldbank.org/icsid/improve-arb.pdf (site visité le 9 mai 2005).
Il s'agit là d'une question hautement contentieuse qui promet d'être vigoureusement débattue.
23
Article 42 du Règlement suisse. La procédure accélérée prévoit une période de temps plus brève, un
tribunal composé d'un seul arbitre et pas plus d'une audition pour l'examen des témoins et la présentation des
arguments oraux.
D'un autre côté, si les parties souhaitent recourir à tous les moyens procéduraux
disponibles pour défendre leur point de vue, les frais de la procédure arbitrale pourront
être aussi élevés que ceux d'un procès.
La situation la plus favorable pour toute partie impliquée dans un différend relatif à une
transaction commerciale internationale consiste à plaider devant ses propres tribunaux.
Même lorsque les tribunaux conservent la plus stricte neutralité, la partie concernée
pourra plaider sur son propre territoire, avec ses avocats habituels et en suivant une
procédure familière dans sa propre langue.
Si une telle démarche est avantageuse pour la partie « nationale », elle l'est moins pour
l'autre qui doit faire face à l'ensemble des difficultés associées à un procès et une
procédure peu familière, conduits dans une langue éventuellement étrangère et qui pourra
ne pas être la langue de rédaction du contrat. Elle ne pourra pas non plus faire appel aux
avocats habituels de sa société. Le fait que l'une des parties plaide sur son territoire,
tandis que l'autre doit faire face à un tribunal étranger, avec toute la gêne et tous les frais
que cela comporte, a donc toute son importance.
L'arbitrage de tels différends permet de réduire les inégalités. L'arbitrage peut se dérouler
dans une organisation arbitrale située sur le territoire de l'une des deux parties ou être
administré par une organisation arbitrale située dans un pays tiers. De nombreuses
5.1 Arbitrage commercial international
La partialité des tribunaux peut susciter des inquiétudes particulières lorsque l'Etat est
partie au différend. L'Etat dispose en effet de trop de moyens d'influencer les décisions
prises par ses propres tribunaux pour que des étrangers puissent se sentir suffisamment à
l'aise et plaider à son encontre devant ces mêmes tribunaux. Il en va de même pour les
procédures arbitrales menées contre un Etat par le biais d'une organisation arbitrale située
dans cet Etat. Ce facteur explique en grande partie l'extraordinaire augmentation ces
dernières années du nombre de traités d'investissement bilatéraux dans lesquels les
investisseurs étrangers ont la possibilité de confier la procédure arbitrale à plusieurs
forums d'arbitrage situés hors du territoire de l'Etat hôte.
Facilité d'exécution
1.6 Résumé
25
Voir module 5.7 « Reconnaissance et exécution de la sentence arbitrale ».
5.1 Arbitrage commercial international
Arbitrage interne
La plupart des sociétés se sont dotées de systèmes d'« arbitrage » précoces visant à régler
les différends. Les différends entre parties privées qui sont réglés par arbitrage peuvent
être de nature familiale, porter sur les relations du travail ou opposer deux entreprises
commerciales. Dans la mesure où ce type de différends était autrefois presque
exclusivement national, les systèmes d'arbitrage qui se sont développés reflétaient la
nature de la société en question. Il n'est par conséquent guère surprenant qu'il existe de
vastes différences entre les formes d'arbitrage interne de l'Europe continentale, de
l'Amérique latine, des pays islamiques, des Etats-Unis et de la Chine. Dans certains pays,
notamment en Amérique latine et en Angleterre, l'arbitrage était généralement considéré
comme une extension du système de justice étatique. La procédure arbitrale adoptée était
alors étroitement inspirée de la procédure suivie par les tribunaux. Même lorsque
l'arbitrage n'était pas considéré comme un prolongement du système de justice d'Etat et
que la loi n'exigeait pas l'alignement de l'arbitrage sur les procédures des tribunaux
locaux, les habitudes acquises par les avocats devant les tribunaux se reflétaient dans
l'arbitrage.
Les pays qui pratiquaient le commerce d'Etat ont également exercé une influence non
négligeable sur le développement de l'arbitrage interne dans le domaine
commercial/économique. Les entreprises économiques de ces pays relevaient de par leur
nature même de l'administration de l'Etat. Les mécanismes de règlement des différends
mis en place pour gérer les différends entre de telles entreprises avaient beau être
qualifiés d'arbitrage, ils ne constituaient en fait habituellement qu'une forme de jugement
administratif, les entités créées pour résoudre ces différends étant soumises à un haut
niveau de contrôle politique et administratif.
Ce contexte ne laissait donc que fort peu de place à l' « arbitrage commercial
international ». Le fait que l'une des parties au différend puisse être étrangère importait
peu : l'arbitrage restait un arbitrage interne. Le droit national s'appliquait, tant sur le plan
de la procédure que du fond même du différend. L'exemple de l'Angleterre illustrait
parfaitement cette situation, jusqu'à l'adoption de la Loi sur l'arbitrage en 1979. Londres
était un haut lieu d'arbitrage du commerce international, du transport et de l'assurance, et
les parties impliquées n'étaient généralement pas originaires d'Angleterre. L'arbitrage ne
s'en déroulait pas moins selon la procédure arbitrale nationale la plus stricte, avec
application du droit procédural et substantiel anglais. Si cet exemple demeure le plus
5.1 Arbitrage commercial international
Dans de nombreux pays, une convention d'arbitrage valide ne pouvait être tout d'abord
conclue que par rapport à un différend existant et par le biais de ce qu'on appelait un
compromis. (Les termes de référence de l'arbitrage de la Chambre de commerce
internationale sont issus de ce développement historique, même si la justification actuelle
des termes de référence figure ailleurs.)27 Les conventions visant à arbitrer les différends
susceptibles de se produire à l'avenir en rapport avec un contrat n'étaient donc pas valides
dans ces pays. Et même lorsque les pays reconnaissaient la validité d'une convention
d'arbitrage, il était fréquent qu'une telle convention n'interdise pas aux tribunaux
d'assumer la juridiction sur les différends en question. Et si l'une des parties entamait une
action en justice devant les tribunaux malgré la convention d'arbitrage, l'autre partie
pouvait certes ultérieurement réclamer des dommages-intérêts pour non-respect de cette
convention, mais ce recours tendait à être vain.
Les difficultés décrites ici ne concernaient pas uniquement les conventions d'arbitrage,
dont l'une des parties était étrangère, mais s'appliquaient également aux conventions
d'arbitrage interne. L'importance du problème sur le plan international n'était cependant
sensible que lorsqu'une des deux parties - ou les deux parties - étaient étrangères.
Protocole de 1923
L'adoption par la Ligue des Nations, en 1923, du Protocole de Genève sur les clauses
d'arbitrage a permis dans les faits de surmonter les difficultés relatives aux conventions
d'arbitrage international. Ce Protocole a été un véritable succès, tant par le nombre des
Etats qui l'ont parafé que par sa teneur. Sa principale disposition prévoyait que :
27
. Craig, Park & Paulsson, International Chamber of Commerce Arbitration (3e éd.). Oceana
Publications.Inc., Dobbs Ferry, 2000, p. 273-274
Convention de 1927
Procédure arbitrale
L'Institut international pour l'unification du droit privé (UNIDROIT) avait par ailleurs
entamé la rédaction d'un projet de loi uniforme sur l'arbitrage, mais l'avènement de la
seconde Guerre mondiale en Europe en 1939 devait mettre un terme à ces efforts.
Pendant près de vingt ans, de 1920 à 1939, l'arbitrage s'est progressivement développé en
Europe pour s'affirmer comme une méthode reconnue de règlement des différends
commerciaux internationaux. Sur le plan quantitatif, le volume d'arbitrage entre des
sociétés commerciales de pays différents devait cependant rester assez modeste, à
l'exception du commerce de certains produits, où l'arbitrage était assuré par les
associations professionnelles pertinentes. Le développement de ce système d'arbitrage
5.1 Arbitrage commercial international
Les obligations que la Convention de New York impose aux tribunaux sont
extraordinaires. A chaque fois qu'il est demandé à un tribunal d'exécuter une sentence
arbitrale, la partie contre laquelle l'exécution est demandée est presque toujours une partie
nationale, tandis que la partie demandant l'exécution est étrangère. On comprend
aisément pourquoi de nombreux juges de tribunaux locaux, qui n'ont que rarement
l'occasion de voir une sentence arbitrale étrangère, ne se réjouissent guère à l'idée
d'enrichir la partie étrangère aux dépens de la partie nationale, simplement parce que le
tribunal arbitral d'un autre pays, composé de deux ou trois personnes privées, en a décidé
ainsi. Ces mêmes juges ne comprennent pas ou se moquent de savoir que la Convention
5.1 Arbitrage commercial international
permet également aux parties de leur propre pays d'obtenir l'exécution de sentences
rendues en leur faveur dans d'autres pays signataires de la Convention. Pour surmonter ce
problème, de nombreux Etats stipulent que les sentences rendues en vertu de la
Convention doivent être exécutées par des tribunaux supérieurs, moins enclins à faire
preuve de favoritisme local et plus à même de comprendre les raisons générales qui ont
amené leur pays à adopter la Convention.
Les « internationalistes » avaient beau avoir perdu la bataille, ils n'avaient pas perdu la
guerre, comme l'ont prouvé les développements subséquents : le phénomène d' «
arbitrage commercial international » n'a cessé de gagner du terrain, tout en
s'accompagnant d'une tendance à l'uniformisation des règles.
Règles de procédure
Des progrès ont également été réalisés par rapport aux règles de procédure qui régissent
l'arbitrage. En 1966, les règles de l'arbitrage ad hoc ont été adoptées par la Commission
économique des Nations Unie pour l'Europe (ECE) et la Commission économique des
Nations Unies pour l'Asie et l'Extrême-Orient (ECAFE). Cette même année, le Conseil de
l'Europe a adopté la Convention européenne portant sur une loi uniforme sur l'arbitrage.
29
En Egypte par exemple, la cour d'appel du Caire est compétente pour toutes les affaires relevant de l'«
arbitrage commercial international », qu'elles soient conduites en Egypte ou à l'étranger.
5.1 Arbitrage commercial international
« Loi concernant l'arbitrage des affaires civiles et commerciales, Article 9. Voir également Article 56.
30
La liste des parties signataires de la Convention de New York au 1er juillet 2005 est indiquée à l'Annexe A.
Ces trois textes sont important dans la mesure où ils illustrent le désir des années 60 de se
doter de règles de procédure uniformes, internationalement acceptables. Seules les règles
ECE ont cependant connu un succès. Elles ont amplement été utilisées en Europe
continentale pour les arbitrages ad hoc, mais ont été jugées inadéquates pour les
arbitrages entre les pays de Common Law et de droit civil. Les règles ECAFE quant à
elles semblent n'avoir été que, rarement, voire jamais, utilisées, et la Loi uniforme n'est
jamais entrée en vigueur, dans la mesure où seule la Belgique a ratifié la Convention.
Comme les règles d'arbitrage de la CNUDCI étaient destinées aux arbitrages ad hoc, elles
offraient aux parties une liberté totale sur le plan des procédures arbitrales. Les Règles
reconnaissaient néanmoins que le droit régissant l'arbitrage pouvait contenir « une
disposition de droit à laquelle les parties ne pouvaient pas déroger », auquel cas cette
disposition prévaudrait.34
Loi type
Les règles d'arbitrage de la CNUDCI ont été suivies par l'adoption de la Loi type en 1985.
La Loi type est remarquable, d'une part par le soutien qu'elle apporte au processus
arbitral, et d'autre part par la liberté qu'elle donne aux parties de conduire l'arbitrage
comme elles l'entendent. L'arbitrage peut être institutionnel ou ad hoc, sous réserve
d'application de la règle exécutoire de l'Article 18, qui stipule que « les parties doivent
être traitées sur un pied d'égalité et que chaque partie doit avoir toute possibilité de faire
valoir ses droits » et que « les parties sont libres de convenir de la procédure à suivre par
le tribunal arbitral. » 35
5.1 Arbitrage commercial international
31
La résolution de l'AALCC (aujourd'hui désignée sous le terme d'Organisation consultative juridique afro-
asiatique) est reproduite par la CNUDCI dans A/CN.9/127.
32
Convention conclue entre l'American Arbitration Association, la Chambre de commerce de l'URSS et la
Chambre de commerce de Stockholm concernant la clause d'arbitrage facultative destinée aux contrats
commerciaux entre l'URSS et les Etats-Unis - 1977. 12 janvier 1977.
33
Recommandations pour assister les institutions arbitrales et autres organes intéressés en matière
d'arbitrage en vertu des Règles d'arbitrage de la CNUDCI, adoptées lors de la quinzième session de la
Commission, Annuaire de la CNUDCI (1982), p.. 420
34
Article 1(2)
Nombreux étaient ceux qui pensaient, avec raison, que la Loi type serait utile pour les
pays en développement qui ne disposaient pas déjà d'un droit d'arbitrage moderne. Le
premier pays à adopter la Loi type a cependant été le Canada. A ce jour, la Loi type a été
adoptée par 39 pays ainsi que par plusieurs des Etats individuels des Etats-Unis, Hong
Kong et Macau. Outre le Canada, les autres pays développés qui ont adopté la Loi type
sont l'Australie, l'Allemagne, le Japon, la Nouvelle Zélande, Singapour et l'Espagne.
Il est important de souligner que la Loi type devait à l'origine uniquement régir l'arbitrage
commercial international, et supposait que l'Etat qui la mettrait en oeuvre disposait d'un
droit séparé régissant l'arbitrage interne. Même lorsqu'un Etat souhaite limiter la liberté
des parties, des institutions arbitrales et des tribunaux arbitraux par rapport aux arbitrages
internes, l'adoption de la Loi type lui permet d'offrir un droit d'arbitrage qui satisfait au
consensus général autour des procédures qui gouvernent l'arbitrage commercial
international.
La Loi type n'est pas complète. Elle doit être complétée par des dispositions
supplémentaires au moment de son application, ce qu'ont fait la plupart des Etats qui l'ont
adoptée. Cette évolution avait été anticipée au moment de son adoption par la CNUDCI
en 1985, et la Commission examine aujourd'hui plusieurs mesures qui devraient encore
améliorer son efficacité.36
37
L'arbitrage d'investissement est abordé de manière détaillée au Chapitre 2 de ce cours, Règlement des
différends du CIRDI, et dans le module 6.1 ALENA. Voir également Règlement des différends: Etat-
investisseur, UNCTAD/ITE/IIT/30.
Protection diplomatique
Au 19e siècle comme au début du 20e siècle, la seule forme de protection dont disposait
l'investisseur étranger consistait à demander au gouvernement de son pays de lui offrir
une protection diplomatique contre tous abus présumés du gouvernement hôte. Une telle
protection diplomatique, lorsqu'elle était assurée par le gouvernement du pays de
l'investisseur, pouvait amener le gouvernement hôte à donner satisfaction ou se traduire
par un arbitrage mixte. Un ensemble important de lois internationales s'est alors peu à peu
développé pour réglementer les conditions d'application de cette protection diplomatique
et ses conséquences. Le système était cependant peu satisfaisant, à tous les égards.
L'investisseur n'avait pas droit à la protection diplomatique du gouvernement de son pays.
Si cette protection diplomatique débouchait sur un arbitrage, les deux parties à l'arbitrage
étaient les deux Etats. La doctrine voulait que les parties privées ne puissent pas
comparaître devant un tribunal international, y compris un tribunal arbitral examinant un
investissement privé, et ce bien que la partie privée soit la partie réellement intéressée.
L'élévation du différend entre l'investisseur et l'Etat hôte au niveau des deux Etats pesait
également sur les autres relations entre ces deux Etats. Finalement, l'affirmation de la
protection diplomatique était généralement considérée par l'Etat hôte comme une
violation sérieuse de sa souveraineté. La situation n'était donc guère désirable à tous les
points de vue.
Convention de Washington
Les années 1950 ont vu les premières négociations de traités d'investissement bilatéraux
(BIT) entre certains pays. Le CIRDI38 ,comme la CNUCED39, dispose d'un grand nombre
de tels traités en ligne, plus de 1800 dans le cas de la CNUCED, mais aucune des deux
listes n'est complète. Si chacune de ces milliers de conventions est unique, la plupart
contiennent des dispositions qui autorisent un investisseur issu de l'un des deux Etats
contractants et qui a investi dans l'autre Etat contractant, à entamer une procédure
arbitrale par rapport à un différend qui a pu survenir entre lui et l'Etat hôte eu égard à cet
investissement.
Les BIT conclus entre deux Etats signataires de la Convention de Washington prévoient
5.1 Arbitrage commercial international
en général que l'investisseur peut opter pour un arbitrage CIRDI, et que le BIT même est
censé satisfaire à l'exigence de l'Article 25 du CIRDI en matière de consentement à
l'arbitrage de l'Etat hôte. Ces dispositions sont acceptées par le CIRDI en tant
qu'expression de consentement valide. A la date du 29 juin 2005, le CIRDI listait sur son
site Internet 91 affaires en souffrance, dont la grande majorité relevait d'un traité
d'investissement bilatéral40. La question de la compétence du CIRDI par rapport à un
différend dépend de plusieurs facteurs supplémentaires, dont l'un des plus importants est
la définition des termes « investissement » et « investisseur » dans le BIT.
38
http://www.worldbank.org/icsid/treaties/treaties.htm , site visité le 1er mai 2005
39
http://www.unctad.org/Templates/Page.asp?intItemID=2344&lang=1, site visité le 1er mai 2005
Si l'un des Etats qui conclut un BIT n'est pas signataire de la Convention de Washington,
l'investisseur étranger ne pourra pas avoir recours à un arbitrage CIRDI. Un grand
nombre de ces BIT proposent cependant que l'arbitrage soit conduit conformément au
Règlement du mécanisme supplémentaire du CIRDI.42 L'arbitrage en vertu des Règles
d'arbitrage de la CNUDCI constitue également une option courante pour l'investisseur
étranger. Les BIT prévoient par ailleurs que l'arbitrage conduit en vertu du Règlement du
mécanisme supplémentaire du CIRDI, des Règles d'arbitrage de la CNUDCI ou des
règles d'autres institutions arbitrales ait lieu dans un pays tiers, signataire de la
Convention de New York. Ce qui implique que l'arbitrage d'investissement entre un
investisseur étranger et un pays hôte soit considéré comme « commercial » en vertu de la
Convention de New York.43
2.5 Résumé
Comme nous l'avons vu, la Convention de New York représente la base même de
l'édifice de l'arbitrage commercial international. Les 135 Etats qui ont ratifié cette
Convention se sont engagés à reconnaître les conventions d'arbitrage, et, à la demande de
l'une des parties, à renvoyer les parties à une procédure arbitrale, même lorsque celle-ci a
lieu dans un pays étranger. En prenant cet engagement, les pays signataires ont également
accepté que leurs tribunaux n'exercent pas de juridiction sur le fond du différend, aussi
longtemps que l'une des deux parties insiste sur la clause d'arbitrage.
De la même manière, les 135 pays qui ont signé la Convention de New York se sont
également engagés à « reconnaître l'autorité d'une sentence arbitrale et à accorder
l'exécution de cette sentence conformément aux règles de procédure » en vigueur dans
l'Etat. Ces règles ne doivent pas « imposer, pour la reconnaissance ou l'exécution des
sentences arbitrales auxquelles s'applique la présente Convention, de conditions
sensiblement plus rigoureuses, ni de frais de justice sensiblement plus élevés, que ceux
qui sont imposés pour la reconnaissance ou l'exécution des sentences arbitrales
nationales. »44. Les conditions d'exécution d'une sentence sont limitées à (a) l'original
dûment authentifié de la sentence ou une copie de cet original réunissant les conditions
requises pour son authenticité et (b) l'original de la convention ou une copie réunissant
les conditions requises pour son authenticité. Si la sentence ou la convention n'est pas
rédigée dans une langue officielle du pays où la sentence est invoquée, la partie qui
demande la reconnaissance et l'exécution de la sentence aura à produire une traduction
certifiée de ces pièces dans cette langue.
Loi type
5.1 Arbitrage commercial international
La situation a considérablement évolué au cours des vingt années qui ont suivi la
promulgation de la Loi type de la CNUDCI en 1985. La Loi type accorde une grande
liberté aux parties et au tribunal arbitral en matière de procédure, sous réserve
d'application de la règle de l'Article 18 qui stipule que « les parties doivent être traitées
sur un pied d'égalité et que chaque partie doit avoir toute possibilité de faire valoir ses
droits. ». La Loi type prévoit également à l'Article 5 que « pour toutes les questions
régies par la présente loi, les tribunaux ne peuvent intervenir que dans les cas où celle-ci
le prévoit ». Les dispositions de la Loi type ne sauraient bien entendu régir tous les
aspects, et nul n'est à l'abri de surprises, même si leur nombre est fortement réduit.
Au 1er juillet 2005, la CNUDCI recensait 41 Etats et 9 autres juridictions ayant adopté la
Loi type à des fins d'arbitrage commercial international ou pour tous les arbitrages
conduits au sein de l'Etat.45 Bien que chacune de ces lois possède ses propres
caractéristiques, les dispositions fondamentales demeurent uniformes. La CNUDCI
résume les décisions des tribunaux chargés d'interpréter et d'appliquer la Loi type dans
son recueil de jurisprudence (CLOUT - Case Law on Uncitral Texts), disponible sur le
site Internet de la CNUDCI dans les six langues des Nations Unis : l'arabe, le chinois,
l'anglais, le français, le russe et l'espagnol. Même les nouvelles lois d'arbitrage qui ne
s'appuient pas directement sur la Loi type s'en inspirent souvent fortement.46 On assiste
en conséquence à une harmonisation croissante du droit qui gouverne l'arbitrage
commercial international, avec toutes les conséquences positives que cela peut avoir pour
les parties, leurs représentants et les arbitres.
Nous avons vu plus haut que tous les droits d'arbitrage modernes autorisent les parties à
choisir elles-mêmes la procédure arbitrale à suivre. Dans la majorité des cas, les parties
exercent ce droit en confiant l'arbitrage à une institution arbitrale. Tout arbitrage qui se
déroule dans le contexte d'une institution est conduit en vertu des règles de cette
organisation.47 Les règles des diverses institutions arbitrales constituent donc le troisième
niveau juridique en matière de règlement de l'arbitrage commercial international. Ces
règles déterminent les procédures de début d'arbitrage, la nomination des arbitres, la
conduite des débats et l'énoncé de la sentence arbitrale. Bien que l'ensemble de ces
aspects puissent également figurer dans le droit d'arbitrage même, les règles
institutionnelles peuvent refléter les exigences particulières des types d'arbitrage qui se
déroulent dans cette institution. Les règles d'arbitrage du commerce de produits par
exemple ne sont pas nécessairement les mêmes que celles de l'industrie du bâtiment, ce
qui est probablement une bonne chose. La plupart des organisations arbitrales possèdent
un seul ensemble de règles d'arbitrage. Les différences de procédures s'expliquent par la
spécialisation des organisations. Certaines organisations arbitrales possèdent cependant
différentes règles pour différents types de différends.48
45
Cette liste peut être consultée sur le site Internet de la CNUDCI, www.uncitral.org. Les juridictions qui ne
constituent pas des Etats en termes de droit international incluent Hong Kong, Macau, l'Ecosse, les
Bermudes et cinq Etats des Etats-Unis (Californie, Connecticut, Illinois, Oregon et Texas).
46
La loi anglaise de 1996 en est un excellent exemple.
47
De nombreuses organisations arbitrales ont indiqué qu'elles étaient disposées à administrer les arbitrages,
où les parties ont convenu d'utiliser les Règles d'arbitrage de la CNUDCI. Il s'agit là d'une exception aux
règles énoncées dans ce texte.
5.1 Arbitrage commercial international
Certains arbitrages se déroulent sans avoir recours à une institution arbitrale. On les
désigne sous le terme d'arbitrage ad hoc. Plusieurs raisons peuvent pousser deux parties à
préférer un arbitrage ad hoc plutôt qu'un arbitrage conduit dans le contexte d'une
institution arbitrale. Le principal argument est qu'un arbitrage qui porte sur une somme
d'argent limitée, en présence de deux parties désireuses de soumettre leur différend à
l'arbitrage, peut s'avérer moins onéreux et moins pesant s'il se déroule de façon ad hoc,
plutôt que devant une institution. Les parties peuvent également opter pour un arbitrage
ad hoc lorsqu'elles ne parviennent pas à se mettre d'accord sur le choix d'une institution.
L'arbitrage ad hoc présente un inconvénient majeur : même lorsque les parties envisagent
au moment de la conclusion du contrat de régler à l'amiable leurs éventuels différends
futurs, elles pourront être moins disposées à coopérer en cas de conflit réel. Dans la
mesure où toute règle procédurale particulière risque de favoriser l'une ou l'autre des
parties au différend, il leur sera plus difficile de s'entendre sur les règles de procédure
arbitrale. En l'absence des règles de toute institution arbitrale et de l'élan propre à une
structure permanente, les deux parties pourront même éprouver des difficultés à amorcer
le processus d'arbitrage.
L'élaboration de deux ensemble de règles relatives aux arbitrages ad hoc - les Règles
d'arbitrage de l'ECE et les Règles d'arbitrage de la CNUDCI - a permis de surmonter en
grande partie les difficultés propres à l'arbitrage ad hoc. Les parties peuvent stipuler dans
la clause d'arbitrage de leur contrat que tout différend éventuel doit être réglé par voie
d'arbitrage conformément à ces Règles. Si un différend soumis à arbitrage survient, les
règles de procédure sont déjà convenues et l'arbitrage peut démarrer. Bien qu'elles aient
été amplement utilisées en Europe continentale, les Règles d'arbitrage de l'ECE n'en ont
pas moins été éclipsées par les Règles d'arbitrage de la CNUDCI.
Les Règles d'arbitrage de la CNUDCI ont été adoptées en 1976 et se sont rapidement
imposées à travers le monde. On ne connaît pas le nombre d'arbitrages qui se sont
déroulés en vertu de ces Règles, dans la mesure où il n'existe aucun recensement des
arbitrages ad hoc et qu'il ne peut y en avoir de par la nature même de ces arbitrages. Ces
Règles prévoient deux modes de déroulement pour l'arbitrage ad hoc. Un arbitrage
purement ad hoc, dans lequel aucune institution n'intervient. L'autre forme d'arbitrage
prévoit de confier certaines des tâches administratives à une institution arbitrale à la
demande des parties.
Autorité de nomination
Consciente qu'un grand nombre d'institutions arbitrales avaient basé leurs propres règles
institutionnelles sur ses Règles, la CNUDCI a adopté lors de sa séance de 1982 des «
Recommandations pour assister les institutions arbitrales et autres organes intéressés en
matière d'arbitrage conformément aux Règles d'arbitrage de la CNUDCI »51. La CNUDCI
a salué cette évolution comme une étape menant vers l'unification souhaitable de la
procédure arbitrale.
Ces Règles ont également été largement utilisées hors du cadre traditionnel de l'arbitrage
commercial international. Elles ont par exemple été appliquées, avec quelques
modifications, dans le cadre des arbitrages hautement contentieux de la Laye entre l'Iran
et les Etats-Unis, où ont fait leurs preuves. Ce succès explique sans doute pourquoi de
nombreux traités d'investissement bilatéraux prévoient un arbitrage ad hoc conforme aux
Règles d'arbitrage de la CNUDCI pour régler les éventuels différends entre un
investisseur étranger et l'Etat hôte.
52 Il a été suggéré que les « IBA Rules on the Taking of Evidence in International Commercial Arbitration »
de 1999 et les « IBA Guidelines on Conflicts of Interest in International Arbitration » de 2004, deux textes
produits par le Comité d'arbitrage de la International Bar Association, constituent un tel consensus dans
leurs domaines respectifs.
Notes de la CNUDCI
L'une des décisions les plus souvent discutées est celle de l'affaire Etats mexicains unis
contre Metalclad Corporation, 2001 BCSC 664, opinion supplémentaire 2001 BCSC
1529 (Colombie britannique, Cour suprême), où la cour a décrété, entre autres, que la
requête en annulation de la décision prise par le tribunal arbitral de l'ALENA en vertu
du Règlement de mécanisme supplémentaire du CIRDI était régie par la Loi d'arbitrage
commercial international de la Colombie britannique et non par sa Loi d'arbitrage
commercial. La Loi d'arbitrage commercial international est basée sur la Loi type.
Il est évident que les arbitrages d'investissement soulèvent des questions qui ne sont pas
présentes dans l'arbitrage commercial international ordinaire. Il est difficile à ce stade
d'évaluer quel sera leur impact sur le développement du droit qui gouverne l'arbitrage
commercial international en général.
« 2. Tous les documents déposés dans une affaire particulière devront être signifiés à
l'ensemble des parties à l'arbitrage, dans ce cas par le biais des agents.
4.4 Résumé
Bien que l'arbitrage remplisse plus ou moins les mêmes fonctions que les procès
dans les tribunaux étatiques, les lois d'arbitrage modernes stipulent que les parties
sont libres de déterminer la procédure arbitrale de leur choix, sous réserve
d'application de la règle unique, énoncée à l'Article 18 de la Loi type, qui indique
que :
5.1 Arbitrage commercial international
Les parties doivent être traitées sur un pied d'égalité et chaque partie doit avoir toute
possibilité de faire valoir ses droits.
Ces dernières années ont été marquées par l'essor important des arbitrages
d'investissement. Un grand nombre de ces arbitrages sont conduits en vertu du
régime d'arbitrage spécial du CIRDI, prévu par la Convention de Washington. Les
arbitrages d'investissement soulèvent de toute évidence des questions qui ne sont pas
présentes dans l'arbitrage commercial international ordinaire. A ce stade, leurs
conséquences sur le développement du droit régissant l'arbitrage commercial
international en général restent encore floues.
5.1 Arbitrage commercial international
Les déclarations suivantes sont-elles vraies ou fausses ? Dans certains cas, aucune des deux
réponses ne sera entièrement correcte. Dans d'autres cas, la bonne réponse pourra être « cela
dépend ».
4. Un tribunal arbitral peut refuser de reconnaître une sentence arbitrale par rapport aux
termes convenus.
5. Toute partie à une convention d'arbitrage peut toujours retirer son consentement à
l'arbitrage.
7. Il est plus facile de faire exécuter la décision d'un tribunal étranger qu'une sentence
arbitrale étrangère.
9. Les tribunaux ont le droit et l'obligation de s'assurer que tout arbitrage conduit dans leur
juridiction se conforme aux règles procédurales convenues par les parties.
10. Les sentences des tribunaux arbitraux sont importantes sur le plan de la jurisprudence.
11. Les sentences arbitrales peuvent faire l'objet de procédures d'appel devant les tribunaux,
tout comme les décisions des tribunaux.
16. Certains différends peuvent être soumis à un arbitrage international, mais pas à un
arbitrage interne.
17. Dans certains Etats, l'Etat même ou les entités étatiques ne peuvent se soumettre à un
arbitrage que si cet arbitrage est international.
18. L'arbitrage dans un Etat A entre deux sociétés constituées sous la loi de l'Etat A relève de
l'arbitrage interne.
19. L'arbitrage peut avoir lieu dans un Etat qui n'a aucune relation avec le différend ou les
parties.
22. La même procédure doit être suivie dans un arbitrage portant sur la qualité du grain que
dans un arbitrage relatif à un contrat de construction.
23. L'arbitrage commercial international permet entre autres de ne pas avoir à plaider devant
les tribunaux de l'autre partie.
25. La Loi type a été le premier effort international visant à adopter des procédures uniformes
en matière d'arbitrage commercial international.
26. Un Etat qui adopte la Loi type doit avoir une loi séparée pour l'arbitrage interne.
27. Les règles d'arbitrage de la CNUDCI concernent les arbitrages administrés par la
CNUDCI.
28. La Loi type a été uniquement adoptée par les pays en développement qui ne possédaient
pas de droit d'arbitrage moderne.
29. L'arbitrage ad hoc est moins onéreux que l'arbitrage institutionnel dans la mesure où il n'y
a pas de versement d'honoraires à l'institution arbitrale.
30. Des négociations sont actuellement en cours pour modifier la Loi type.
5.1 Arbitrage commercial international
Ouvrages
ANNEXE A
1958 - Convention sur la reconnaissance et l'exécution des sentences arbitrales étrangères - 1er
juillet 2005
accession (a),
succession (b)
Afghanistan 1/ 2/ 30 novembre 2004 28 février 2005
(a)
Albanie 27 juin 2001 (a) 25 septembre 2001
Algérie 1/ 2/ 7 février 1989 (a) 8 mai 1989
Antigua-et-Barbuda 1/ 2/ 2 février 1989 (a) 3 mai 1989
Argentine 1/ 2/ 7/ 26 août 1959 14 mars 1989 12 juin 1989
Arménie 1/ 2/ 29 décembre 1997 29 mars 1998
(a)
Australie 26 mars 1975 (a) 24 juin 1975
Autriche 2 mai 1961 (a) 31 juillet 1961
Azerbaïdjan 29 février 2000 (a) 29 mai 2000
Bahreïn 1/ 2/ 6 avril 1988 (a) 5 juillet 1988
Bangladesh 6 mai 1992 (a) 4 août 1992
Barbade 1/ 2/ 16 mars 1993 (a) 14 juin 1993
Biélorussie 3/ 29 décembre 15 novembre 1960 13 février 1961
1958
Belgique 10 juin 1958 18 août 1975 16 novembre 1975
Bénin 16 mai 1974 (a) 14 août 1974
Bolivie 28 avril 1995 (a) 27 juillet 1995
Bosnie-Herzégovine e/ 1e septembre 1993 6 mars 1992
1/ 2/ 6/ (d)
Botswana 1/ 2/ 20 décembre 1971 19 mars 1972
(a)
Brésil 7 juin 2002 (a) 5 septembre 2002
Brunei Darussalam 1/ 25 juillet 1996 (a) 23 octobre 1996
Bulgarie 1/ 3/ 17 décembre 10 octobre 1961 8 janvier 1962
1958
Burkina Faso 23 mars 1987 (a) 21 juin 1987
Cambodge 5 janvier 1960 (a) 4 avril 1960
Cameroun 19 février 1988 (a) 19 mai 1988
Canada 4/ 12 mai 1986 (a) 10 août 1986
République 15 octobre 1962 (a) 13 janvier 1963
centrafricaine 1/ 2/
Chili 4 septembre 1975 3 décembre 1975
(a)
Chine 1/ 2/ 22 janvier 1987 (a) 22 avril 1987
Colombie 25 septembre 1979 24 décembre 1979
5.1 Arbitrage commercial international
(a)
Costa Rica 10 juin 1958 26 octobre 1987 24 janvier 1988
Côte d'Ivoire 1er février 1991 (a) 2 mai 1991
Croatie e/ 1/ 2/ 6/ 26 juillet 1993 (d) 8 octobre 1991
Cuba 1/ 2/ 3/ 30 décembre 1974 30 mars 1975
(a)
Chypre 1/ 2/ 29 décembre 1980 29 mars 1981
(a)
République tchèque a/ e/ 30 septembre 1993 1er janvier 1993
(d)
Danemark 1/ 2/ 22 décembre 1972 22 mars 1973
(a)
Djibouti e/ 14 juin 1983 (d) 27 juin 1977
Dominique 28 octobre 1988 (a) 26 janvier 1989
République dominicaine 11 avril 2002 (a) 10 juillet 2002
Equateur 1/ 2/ 17 décembre 3 janvier 1962 (a) 3 avril 1962
1958
Egypte 9 mars 1959 (a) 7 juin 1959
Salvador 10 juin 1958 26 février 1998 27 mai 1998
Estonie 30 août 1993 (a) 28 novembre 1993
Finlande 29 décembre 19 janvier 1962 19 avril 1962
1958
France 1/ 25 novembre 26 juin 1959 24 septembre 1959
1958
Géorgie 2 juin 1994 (a) 31 août 1994
Allemagne b/ 1/ 10/ 25 novembre 30 juin 1961 28 septembre 1961
1958
Ghana 9 avril 1968 (a) 8 juillet 1968
Grèce 1/ 2/ 16 juillet 1962 (a) 14 octobre 1962
Guatemala 1/ 2/ 21 mars 1984 (a) 19 juin 1984
Guinée 23 janvier 1991 (a) 23 avril 1991
Haïti 5 décembre 1983 (a) 4 mars 1984
Saint Siège 1/ 2/ 14 mai 1975 (a) 12 août 1975
Honduras 3 octobre 2000 (a) 1er janvier 2001
Hongrie 1/ 2/ 5 mars 1962 (a) 3 juin 1962
Islande 24 janvier 2002 (a) 24 avril 2002
Inde 1/ 2/ 10 juin 1958 13 juillet 1960 11 octobre 1960
Indonésie 1/ 2/ 7 octobre 1981 (a) 5 janvier 1982
Iran 1/ 2/ 15 octobre 2001 (a) 13 janvier 2002
Irlande 1/ 12 mai 1981 (a) 10 août 1981
Israël 10 juin 1958 5 janvier 1959 7 juin 1959
Italie 31 janvier 1969 (a) 1er mai 1960
Jamaïque 1/ 2/ 10 juillet 2002 (a) 8 octobre 2002
Japon 1/ 20 juin 1961 (a) 18 septembre 1961
Jordanie 10 juin 1958 15 novembre 1979 13 février 1980
Kazakhstan 20 novembre 1995 18 février 1996
(a)
Kenya 1/ 10 février 1989 (a) 11 mai 1989
Koweït 1/ 28 avril 1978 (a) 27 juillet 1978
5.1 Arbitrage commercial international
(a)
Fédération russe d/ 3/ 29 décembre 24 août 1960 22 novembre 1960
1958
Saint-Vincent-et-les- 12 septembre 2000 11 décembre 2000
Grenadines 1/ 2/ (a)
San Marin 17 mai 1979 (a) 15 août 1979
Arabie saoudite 1/ 19 avril 1994 (a) 18 juillet 1994
Sénégal 17 octobre 1994 (a) 15 janvier 1995
Serbie-et-Monténégro f/ 12 mars 2001 (d) 27 avril 1992
1/ 2/ 6/
Singapour 1/ 21 août 1986 (a) 19 novembre 1986
Slovaquie a/ e/ 28 mai 1993 (d) 1er janvier 1993
Slovénie e/ 1/ 2/ 6/ 6 juillet 1992 (d) 25 juin 1991
Afrique du Sud 3 mai 1976 (a) 1er août 1976
Espagne 12 mai 1977 (a) 10 août 1977
Sri Lanka 30 décembre 9 avril 1962 8 juillet 1962
1958
Suède 23 décembre 28 janvier 1972 27 avril 1972
1958
Suisse 8/ 29 décembre 1er juin 1965 30 août 1965
1958
Syrie 9 mars 1959 (a) 7 juin 1959
Thaïlande 21 décembre 1959 20 mars 1960
(a)
Ancienne République 10 mars 1994 (d) 17 septembre 1991
yougoslave de
Macédoine e/ 1/ 2/ 6/
Trinité-et-Tobago 1/ 2/ 14 février 1966 (a) 15 mai 1966
Tunisie 1/ 2/ 17 juillet 1967 (a) 15 octobre 1967
Turquie 1/ 2/ 2 juillet 1992 (a) 30 septembre 1992
Ouganda 1/ 12 février 1992 (a) 12 mai 1992
Ukraine3/ 29 décembre 10 octobre 1960 8 janvier 1961
1958
Royaume-Uni de 24 septembre 1975 23 décembre 1975
Grande-Bretagne et (a)
d'Irlande du Nord 1/
Tanzanie 1/ 13 octobre 1964 (a) 12 janvier 1965
Etats-Unis d'Amérique 30 septembre 1970 29 décembre 1970
1/ 2/ (a)
Uruguay 30 mars 1983 (a) 28 juin 1983
Ouzbékistan 7 février 1996 (a) 7 mai 1996
Venezuela 1/ 2/ 8 février 1995 (a) 9 mai 1995
Vietnam 1/ 2/ 3/ 9/ 12 septembre 1995 11 décembre 1995
(a)
Zambie 14 mars 2002 (a) 12 juin 2002
Zimbabwe 29 septembre 1994 28 septembre 1994
(a)
5.1 Arbitrage commercial international
Parties : 135
e/ Les dates de prise d'effet de la succession ont été les suivantes : pour la Bosnie-
Herzégovine : le 6 mars 1992, pour la Croatie : le 8 octobre 2001, pour la République
tchèque : le 1er janvier 1993, pour Djibouti : le 27 juin 1977, pour la Slovaquie : le 1er
janvier 1993, pour la Slovénie : le 25 juin 1991 et pour l'ancienne République yougoslave
de Macédoine : le 17 septembre 1991.
Déclarations et réserves
3/ En ce qui concerne les sentences rendues sur le territoire d'Etats non contractants, l'Etat
appliquera uniquement la Convention à la condition que ces Etats accordent un traitement
réciproque.
5/ L'Etat n'appliquera pas la Convention aux différends, où l'objet du différend est un bien
immeuble situé dans l'Etat, ou un droit sur tel bien.
6/ L'Etat appliquera uniquement la Convention aux sentences arbitrales qui ont été adoptées
après l'entrée en vigueur de la Convention.
11/ La convention s'applique uniquement à Malte par rapport aux conventions d'arbitrage
conclues après la date d'accession de Malte à la Convention.