SESSION 2022 PSI1M
ÉPREUVE SPÉCIFIQUE - FILIÈRE PSI
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MATHÉMATIQUES
Durée : 4 heures
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N.B. : le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d’énoncé, il le signalera sur sa copie
et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il a été amené à prendre.
RAPPEL DES CONSIGNES
• Utiliser uniquement un stylo noir ou bleu foncé non effaçable pour la rédaction de votre composition ; d’autres
couleurs, excepté le vert, peuvent être utilisées, mais exclusivement pour les schémas et la mise en
évidence des résultats.
• Ne pas utiliser de correcteur.
• Écrire le mot FIN à la fin de votre composition.
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Les calculatrices sont interdites.
Le sujet est composé de deux problèmes indépendants.
Chaque problème est constitué de parties indépendantes.
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PROBLÈME 1
Intégrales de Gauss et théorème de Moivre-Laplace
Présentation
Le théorème de Moivre-Laplace permet d’approcher les calculs de probabilité pour une va-
riable aléatoire suivant une loi binomiale de paramètres n ∈ N∗ et p ∈ [0; 1] par des calculs
d’intégrales de fonctions gaussiennes. Une première démonstration a été donnée en 1733
1
par Abraham de Moivre pour le cas où p = .
2
La partie I permet d’obtenir un résultat de convergence. La partie II aboutit à un calcul
exact d’une intégrale de fonction gaussienne dite ” intégrale de Gauss ”. La partie III permet
d’établir une majoration utile à la partie IV qui s’intéresse à la convergence simple d’une
suite de fonctions vers une fonction gaussienne. Ce résultat de convergence constitue une
étape clé dans une démonstration possible du théorème de Moivre-Laplace.
Partie I - Convergence d’une suite
Soit n ∈ N∗ . Pour tout k ∈ ⟦0, 2n⟧, on pose :
√
2n 2n
ak,n = 2n+1 .
2 k
Pour tout m ∈ N, on pose : 1
m
Im = (1 − t2 ) 2 dt .
0
Q1. Montrer que la suite (Im )m∈N est décroissante.
Q2. Montrer que pour tout m ∈ N :
m+2
Im+2 = Im .
m+3
Q3. En déduire que pour tout n ∈ N∗ :
√
2n π
I2n = et I2n−1 = √ an,n .
2(2n + 1)an,n 2n
Q4. Montrer que pour tout n ∈ N∗ :
I2n−1 I2n−2
1≤ ≤ .
I2n I2n
En déduire que :
1
1
≤ 2π(an,n )2 ≤ 1.
1 + 2n
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Q5. En déduire la convergence de la suite an,n n≥1 lorsque n tend vers l’infini, puis que :
1 π
I2n ∼ .
n→+∞ 2 n
Partie II - Calcul d’une intégrale de Gauss
Pour tout n ∈ N∗ , on pose : √
n n
t2
Jn = 1− dt .
0 n
Pour tout n ∈ N∗ et pour tout t ∈ R+ , on pose :
n
t2 √
1− si 0 ≤ t ≤ n
un (t) =
n .
0 sinon
Enfin, on considère l’intégrale de Gauss :
+∞
t2 1
K= e− 2 √ dt .
−∞ 2π
Q6. À l’aide d’un changement de variable simple, déduire de la Q5 que la suite (Jn )n∈N∗
converge et donner sa limite.
Q7. Montrer que la suite de fonctions (un )n∈N∗ converge simplement sur R+ et donner sa
limite.
Q8. Montrer que pour tout x ∈ R, on a 1 + x ≤ e x et en déduire que pour tout n ∈ N∗ :
2
∀t ∈ R+ , 0 ≤ un (t) ≤ e−t .
Q9. Montrer que l’intégrale K est convergente, puis déduire des questions précédentes
une valeur exacte de K.
Partie III - Calcul d’une majoration
1
Q10. Montrer qu’il existe une fonction g : 0 ; → R et un réel M ≥ 0, tels que :
2
1 1−x
∀x ∈ 0 ; , = e−2x+g(x) et |g(x)| ≤ Mx3 .
2 1+x
Indication : pour obtenir la majoration, on pourra écrire g(x) sous forme d’intégrale.
Q11. Soit n ∈ N∗ . Montrer que pour tout k ∈ ⟦n + 1; 2n⟧ :
k−n−1 i
ak,n i=1 1 − n n
= k−n−1 × .
an,n i=1 1+ i k
n
3/8
3n
Q12. En déduire que pour tout k ∈ N tel que n + 1 ≤ k ≤ + 1, il existe bk,n ∈ R tel que
2
M
|bk,n | ≤ 3 (k − n − 1)4 et :
n
ak,n n 1
= × ebk,n × e− n (k−n−1)(k−n) .
an,n k
Partie IV - Vers le théorème de Moivre-Laplace
On considère une suite de variables aléatoires (Xn )n≥1 définies sur un espace probabilisé
(Ω, Σ, P). On suppose que pour tout n ∈ N∗ , la variable aléatoire Xn suit une loi binomiale
1
B 2n, et on pose :
2
2Xn − 2n
Zn = √ .
2n
2k − 2n 1 1
Pour tout k ∈ ⟦0, 2n⟧, on pose tk,n = √ et Jk,n = tk,n − √ , tk,n + √ . On admet que
2n 2n 2n
les intervalles Jk,n , pour k ∈ ⟦0, 2n⟧, sont disjoints deux à deux et que :
2n
√ 1 √ 1
− 2n − √ ; 2n + √ = Jk,n .
2n 2n k=0
Pour tout n ∈ N∗ , on définit une fonction hn : R → R en escalier de la manière suivante :
√
2n P(Xn = k)
s’il existe k ∈ ⟦0; 2n⟧ tel que t ∈ Jk,n
hn : t →
2 .
0 sinon
Q13. Soit n ∈ N∗ . Déterminer la loi, l’espérance et la variance de la variable aléatoire Zn .
Q14. Proposer une représentation graphique de la fonction h2 .
Q15. Soit n ∈ N∗ . Vérifier que la fonction hn possède un maximum sur R et déterminer pour
quelles valeurs ce maximum est atteint.
Q16. Soit x ∈]0; +∞[. Montrer qu’il existe n0 ∈ N, tel que pour tout n ∈ N, vérifiant n ≥ n0 , il
existe kn ∈ N, tel que x ∈ Jkn ,n . Vérifier qu’alors :
√
x 2n
kn − n ∼ ; tkn ,n ∼ x ; kn ∼ n .
n→+∞ 2 n→+∞ n→+∞
Q17. Soit n ∈ N∗ . Vérifier que pour tout k ∈ ⟦0; 2n⟧, hn (tk,n ) = ak,n . Montrer ensuite, en utilisant
les résultats des Q5, Q12, Q16, que la suite de fonctions (hn )n∈N∗ converge simplement
sur R et préciser sa limite.
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La convergence simple de cette suite de fonctions (hn )n∈N∗ est une étape importante permet-
tant de démontrer un cas particulier du théorème de Moivre-Laplace :
Théorème
Pour tous réels a ∈ R, b ∈ R, tels que a < b :
b
t2 1
lim P(a ≤ Zn ≤ b) = e− 2 √ dt.
n→+∞ a 2π
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PROBLÈME 2
Factorisation QR
Présentation
Ce problème s’intéresse dans la partie I à des propriétés des matrices de rang 1. Certaines
de ces matrices sont ensuite utilisées dans la partie II pour construire des matrices ortho-
gonales permettant dans la partie III de prouver l’existence d’une factorisation QR pour une
matrice carrée quelconque.
Notations
Pour tous n, p ∈ N∗ , on note Mn,p (R) l’ensemble des matrices à n lignes et p colonnes à
coefficients dans R. L’ensemble des matrices réelles carrées de taille n est noté Mn (R).
Soit A ∈ Mn (R) : on note également A l’endomorphisme de Mn,1 (R) qui à X associe AX.
Pour tout A ∈ Mn,p (R), AT désigne la matrice transposée de A.
Une matrice A ∈ Mn (R) est dite nilpotente s’il existe un entier k ∈ N∗ , tel que Ak = 0.
L’ensemble Mn,1 (R) est muni de son produit scalaire canonique ·, · et de la norme associée
· . En identifiant M1 (R) et R, on a pour tous X, Y ∈ Mn,1 (R) :
X, Y = X T Y et X2 = X, X .
On suppose dans tout ce problème que n ∈ N est un entier naturel vérifiant n ≥ 2.
Partie I - Matrices de rang 1
I.1 - Une expression des matrices de rang 1
Q18. Soit A ∈ Mn (R) une matrice de rang 1. Montrer qu’il existe X, Y ∈ Mn,1 (R)\{0} tels que
A = XY T .
Q19. Réciproquement, soient X, Y ∈ Mn,1 (R)\{0}. Montrer que la matrice XY T est de rang 1.
I.2 - Quelques propriétés
Soit A ∈ Mn (R) une matrice de rang 1.
Q20. Montrer que A2 = tr(A)A.
Q21. En déduire, par récurrence sur k, une expression de Ak en fonction de A pour tout
k ∈ N∗ .
Q22. Donner une condition nécessaire et suffisante sur la trace de A pour que A soit nilpo-
tente.
Q23. Donner une condition nécessaire et suffisante sur la trace de A pour que A soit diago-
nalisable.
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Partie II - Matrices de Householder
II.1 - Un exemple
On définit :
1 −2 2
1
A = −2 1 2 ∈ M3 (R) .
3
2 2 1
Q24. Calculer A2 . En déduire un polynôme annulateur de A.
Q25. Déterminer les valeurs propres et les vecteurs propres de A.
Q26. Montrer que les sous-espaces propres de A sont orthogonaux.
Q27. Déterminer une matrice P ∈ O3 (R) et une matrice diagonale D ∈ M3 (R), telles que
PT AP = D.
Q28. Interpréter géométriquement l’endomorphisme A de M3,1 (R).
II.2 - Matrices de Householder
Soit V ∈ Mn,1 (R)\{0}. On définit PV , QV ∈ Mn (R) par :
1 1
PV = VV T et QV = In − 2 VV T . (1)
V2 V2
Q29. Montrer que Im PV = Vect(V) et que Ker PV = Vect(V)⊥ .
Q30. Montrer que PV est la projection orthogonale sur la droite Vect(V).
Préciser le rang et la trace de la matrice PV .
Q31. Montrer que QV est symétrique et orthogonale.
Q32. Montrer que QV est la symétrie orthogonale par rapport à Vect(V)⊥ .
Partie III - Factorisation QR
III.1 - Un résulat préliminaire
Soient U, V ∈ Mn,1 (R), tels que U = V. On note D = Vect(U − V).
Q33. Montrer que D⊥ est l’ensemble des X ∈ Mn,1 (R), tels que X − U = X − V.
Q34. Donner la décomposition de U sur la somme directe Mn,1 (R) = D ⊕ D⊥ .
Q35. On suppose U et V non colinéaires. Calculer QU−V U où QU−V est définie en (1).
Q36. En déduire que pour tous U,
V ∈ Mn,1 (R), il existe une matrice orthogonale Q, telle que
QU est colinéaire à V.
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III.2 - Factorisation QR
Q37. Soit A ∈ Mn (R). Montrer qu’il existe une matrice orthogonale Q1 , telle que Q1 A soit de
la forme :
α ∗ · · · ∗
0
Q1 A = .. où α ∈ R et C1 ∈ Mn−1 (R).
. C1
0
Q38. En raisonnant par récurrence sur n, montrer que pour tout A ∈ Mn (R), il existe une
matrice Q orthogonale, telle que QA soit triangulaire supérieure.
FIN
I M P R I M E R I E N A T I O N A L E – 22 1175 – D’après documents fournis
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