LA PROPRIETE INTELLECTUELLE
De nos jours, l’ampleur du développement technique et l’essor des
technologies de l’information et de la communication, au niveau mondial, ont
accru les enjeux liés à la protection des droits de la propriété intellectuelle. Les
inventions et innovations constituent des leviers de la compétitivité sur les
marchés internationaux. De plus, l’idée selon laquelle la propriété intellectuelle
est un facteur de progrès, de croissance et de développement se renforce
davantage.
Presque chaque jour apparaissent sur le marché, de nouveaux produits, de
nouveaux procédés, de nouvelles marques, de nouveaux dessins et modèles,
de nouvelles œuvres musicales (…)., fruits de la créativité humaine, montrant
ainsi le sens du développement, de la création des richesses, du progrès des
peuples et des nations. Les médicaments nouveaux et d’autres produits de
haute technicité tiennent surtout des efforts d’invention, d’innovation, de
recherche, de conception et d’essai nécessaires à leur fabrication. Les films, les
enregistrements musicaux, les livres, les logiciels informatiques et les services
en ligne sont vendus et achetés pour l’information et la créativité qui y sont
incorporées, et non, en général, pour les matières plastiques, les métaux ou le
papier utilisé dans leur production.
Le terme “propriété intellectuelle” désigne les créations de l’esprit, à savoir
les inventions, les œuvres littéraires et artistiques et les symboles, noms,
images et dessins et modèles utilisés dans le commerce. Elle donne
généralement au créateur un droit exclusif à l’utilisation de sa création pendant
une certaine période.
La propriété intellectuelle se divise en deux branches :
* la propriété industrielle, qui comprend les inventions (brevets), les
marques, les dessins et modèles industriels et les indications géographiques;
*et le droit d’auteur, qui se rapporte aux œuvres littéraires et
artistiques telles que romans, poèmes et pièces de théâtre, œuvres
cinématographiques et musicales ou encore œuvres relevant des arts
1
plastiques comme les dessins, les peintures, les photographies et les sculptures
ainsi que les dessins et modèles architecturaux et logiciel.
PROPRIÉTÉ LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE
Le droit de la propriété littéraire et artistique ou droit d’auteur au sens large
protège les œuvres littéraires, musicales, graphiques, plastiques mais aussi les
logiciels, les créations de l’art appliqué, les créations de mode, etc..
Le droit d’auteur s’acquiert sans formalités, du fait même de la création, de
l’exécution ou de la fixation de l’œuvre. De ce fait découle deux droits
1- LE DROIT MORAL
Il est attaché à la personne. Il est inaliénable, à la différence des droits
patrimoniaux qui peuvent être cédés. Il est perpétuel et imprescriptible Il
comporte :
* Le droit de divulgation, c’est-à-dire de décider de faire connaître ou non
l’œuvre au public.
* Le droit au nom, c’est-à-dire le droit d’exiger que l’œuvre soit publiée
sous le nom de l’auteur, sauf s’il choisit l’anonymat ou un pseudonyme.
* Le droit au respect de l’œuvre, c’est-à-dire l’interdiction de modifier
l’œuvre dans sa forme ou son esprit sans le consentement de l’auteur.
* Le droit de repentir ou de retrait, c’est-à-dire le droit pour l’auteur de
retirer du marché une œuvre déjà divulguée, dans l’hypothèse où il ne
retrouverait plus la marque de sa personnalité dans cette œuvre. L’exercice de
ce droit est cependant soumis à la réparation du préjudice causé au
cessionnaire du droit d’exploitation de l’œuvre
2- LE DROIT PATRIMONIAL
Comporte :
* Le droit de reproduction par tout procédé (impression, photographie,
photocopie…).
* Le droit de représentation par un procédé quelconque (récitation
publique, projection, télédiffusion).
2
3- LA DURÉE DES DROITS
Les droits patrimoniaux appartiennent à l’auteur de l’œuvre pendant toute
sa vie, et persistent, au profit des héritiers, pendant les 50 années qui suivent
son décès. En revanche, le droit moral est perpétuel.
4- DROITS D’AUTEURS ET TI
Quel droit d’auteur dans la société de l’information ? Quel sera le
développement du droit d'auteur dans un avenir plus ou moins proche ? La
formulation de ces questions montre à elle seule que l'on s'interroge, on
s'inquiète, on réfléchit à la place du droit d’auteur dans les nouveaux contextes
des TIC.
D'autres interrogations interpellent le juriste : comment concilier les droits
exclusifs reconnus à l’auteur avec le droit à l’information ou le droit à la culture
qui sont reconnus comme des fondements de notre civilisation ? Des
affirmations selon lesquelles "l'information est à portée de la main" ou
"l'égalité de tous devant l'accès à l'information", négligent le fait que chacun
n'est pas à même d'utiliser l'information à laquelle il peut accéder. Le droit
d’auteur assure-t-il un équilibre entre les intérêts des titulaires de droits et
ceux des utilisateurs ? C'est en ces termes que ces questions sont aujourd'hui
posées.
Les biens protégés par le droit d’auteur sont des biens commerciaux et
depuis 1994, un accord de commerce international contient des dispositions de
fond sur le régime de la propriété intellectuelle ( Accord "ADPIC" - Aspects des
Droits de Propriété Intellectuelle qui touchent au Commerce - annexe 1c de
l'accord de Marrakech du 15 avril 1994).
Cet accord a pour finalité de “promouvoir une protection efficace et
suffisante des droits de propriété intellectuelle et de faire en sorte que les
mesures et les procédures visant à faire respecter les droits de propriété
intellectuelle ne deviennent pas elles-mêmes des obstacles au commerce
légitime”.
L’efficacité de la protection est, plus que jamais, à l’ordre du jour avec les
nouvelles technologies de l’information et l’exploitation sur les réseaux des
œuvres protégées par le droit d’auteur, particulièrement dans les secteurs en
3
pleine croissance (télévision, produits multimédias, logiciels, base de données
etc...).
Pour qu'elle soit efficace certains pensent qu’il est nécessaire de mettre en
place une protection juridique renforcée. D’autres, au contraire, contestent
cette nécessité et estiment le droit actuel capable de remplir ce besoin sans
aucune adaptation ou aménagement.
PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE
La propriété industrielle vise un certain nombre de biens incorporels que les
commerçants utilisent dans leur activité ; il s’agit du :
•Brevet d’invention
•Marque de fabrique
•Dessins et modèles
•Les schémas de configuration des circuits intégrés
§1- Règles communes :
•La procédure :
Une demande de dépôt a lieu de la personne prétendant à la protection
ou de son mandataire. Celle-ci peut être soit une personne physique soit une
personne morale.
4
Cette formalité a lieu auprès de l’organisme chargé de la protection
industrielle l’INNORPI (pour Institut National de Normalisation et de Propriété
Industrielle) qui en examine à la fois la forme et le fond.
La demande sera suivie d’une publication au Bulletin Officiel de l’INNORPI
qui fait courir les délais d’opposition de la part des tiers.
Une fois acceptée par l’INNORPI et non contestée des tiers, la demande est
portée sur les registres adéquats à savoir :
•Le registre national des brevets
•Le registre national des marques de fabriques et de commerce
•Le registre national des dessins et modèles.
•Le registre national des schémas de configuration des circuits
intégrés.
Les demandes d’inscription sur les différents registres sont soumises au
paiement d’une redevance dont la valeur entre 140 dinars pour les brevets (+
annuités de maintien en vigueur du brevet : 50 d de la 2ème à la 5ème année,
130d de la 6ème à la 10ème année, 265 d de la 11ème à la 15ème année et 500
d de la 16ème à la 20ème année) et 100 d pour le dépôt d’un schéma de
configuration de circuits intégrés.
Les mécanismes de protection :
1- Règles relatives à la contrefaçon :
Définition : Atteinte portée à un droit de propriété littéraire, artistique ou
industrielle (reproduction, imitation, vente…)
La contrefaçon est doublement sanctionnée sur le plan pénal ainsi que sur le
plan civil :
•Pénalement, l’auteur de la contrefaçon s’expose à des poursuites qui sont
possibles dans un délai de 3 ans à partir de la réalisation des faits qui en sont la
cause. Elles sont engagées par le Ministère Public qui ne peut le faire que sur la
plainte de la partie lésée.
5
La contrefaçon constitue un délit passible d’une amende de 500 à 5000 D.
en cas de récidive la sanction applicable est une peine d’emprisonnement et
l’amende est portée au double.
•Civilement le contrefacteur s’expose aux actions de la victime qui peut agir
pour la réparation du dommage (manque à gagner et atteinte à la notoriété
d’un produit) qu’elle a subi suite à la contrefaçon.
Le juge peut ordonner, aux frais du condamné, la publication intégrale ou
par extrait du jugement de condamnation, soit dans les journaux, soit par
affichage dans certains lieux (le hall du tribunal, à l’entrée de l’entreprise du
coupable ou celle de la victime...)
Il peut aussi ordonner la confiscation des produits contrefaits.
Les mesures frontalières :
Les titulaires des droits protégés peuvent, s’ils suspectent des opérations
d’importation affectant les prérogatives qui leurs sont reconnues par la loi,
présenter aux services des douanes une demande écrite, pour réclamer la
suspension du dédouanement à l’importation des produits litigieux.
Si les services des douanes constatent que les produits ou marchandises
correspondent bien à ceux indiqués dans la demande du requérant, ils
procèdent à leur rétention.
Le sort de la rétention douanière dépendra de l’issue de la procédure
judiciaire. De deux choses l’une, alors : Ou bien les prétentions du demandeur
s’avèrent infondées : l’importateur reprendra sa marchandise ; il pourra agir en
réparation des dommages qu’il a subis.
Ou bien, ces mêmes prétentions s’avèrent fondées : le tribunal peut alors
ordonner la destruction des produits retenus en douane.
6
2- Les règles spécifiques à chaque type de propriété industrielle :
A- Règles relatives aux brevets d’invention :
•Les conditions de la brevetabilité :
- La brevetabilité ne s’applique qu’à des nouveautés : produit nouveau ou
procédé nouveau de fabrication d’un produit ancien. Est nouvelle, selon la loi
2000-84, l’invention qui n’est pas comprise dans l’état de la technique.
- L’invention doit être susceptible d’une application industrielle : c.à.d. son
objet peut être fabriqué ou utilisé dans tout genre d’industrie ou dans
l’agriculture. (art. 6 loi 2000-84). Il faut donc exclure les situations qui relèvent
plus du domaine de la découverte que de celui de l’invention.( créations
purement ornementales ; propriété artistique) les découvertes et théories
scientifiques , les logiciels, les méthodes de traitement thérapeutique et
chirurgical et les méthodes de diagnostic médical,( sauf les produits et les
compositions utilisés aux fins de l’application de ces méthodes)…
- L’invention ne doit pas être contraire à l’ordre public et aux bonnes
mœurs : Les brevets ne peuvent être délivrés pour les variétés végétales ou les
races animales les procédés purement biologiques d’obtention de végétaux ou
d’animaux (ça fait partie du domaine de loi n°99-42 du 10 mai 1999 relative aux
semences, plants, et obtentions végétales). C’est le cas aussi des inventions qui
touchent à la morale et à la santé publiques ou à la sauvegarde de
l’environnement. (ex. : le procédé de clonage humain)
7
•Remarques :
• 1- L’invention peut être faite par plusieurs personnes à la fois. Il en est ainsi
par exemple lorsque l’invention a été faite par un groupe de chercheurs.
•2- L’invention faite dans le cadre d’une relation de travail, par un employé
tenu de par ses fonctions effectives d’exercer une activité inventive, des études
et des recherches qui lui sont expressément confiées, appartient à l’employeur.
L’invention faite dans le domaine d’activité de l’employeur, par un employé
non tenu par son travail d’exercer une activité inventive, et grâce à l’utilisation
de données ou de moyens qui lui sont accessibles du fait de son emploi,
appartient à l’employé, sauf si l’employeur lui notifie son intérêt à l’égard de
l’invention. La déclaration d’intérêt doit être faite dans un délai de 4 mois.
L’employeur s’approprie de l’invention moyennant une contrepartie équitable.
Toute clause contractuelle, dans le contrat de travail, moins favorable pour
le salarié est sans effet.
- La protection du titulaire du brevet :
•Un monopole d’exploitation : il est interdit à autrui de faire, sans le
consentement du titulaire du brevet, des actes ou des opérations sur l’objet de
l’invention.
•La période de protection est de 20 ans maximum ; passé ce délai, l’invention
tombe dans le domaine public et n’importe qui pourra en principe l’exploiter.
•Les droits provenant du brevet peuvent faire l’objet d’une cession au profit
d’un tiers (personne physique ou morale). L’acte de cession doit être constaté
par écrit et doit faire l’objet d’une inscription au Registre National des Brevets
Le brevet peut faire l’objet d’une saisie au profit des créanciers de son titulaire.
•Le brevet peut faire l’objet d’une licence contractuelle qui est un accord
volontaire émanent du titulaire du brevet , donnant à une ou plusieurs partie la
faculté de l’exploiter en contrepartie d’une somme d’argent , dite redevance.
Sauf clauses contraires dans l’acte de licence, la licence ainsi donnée n’exclut
8
pas que le titulaire puisse l’exploiter de son coté ou qu’il donne d’autres
licences à autrui.
•La licence d’office : Lorsque l’invention intéresse le développement de
l’économie nationale ou qu’elle a des impacts vitaux sur la sauvegarde de
l’environnement et que son exploitation n’est pas satisfaisante au regard de
ces données (les médicaments et les procédés thérapeutiques touchant
l’intérêt de la santé publique, les inventions ayant des applications dans les
secteurs de la défense ou la sécurité nationale…), le Ministre de l’industrie, et
après avoir mis en demeure ( prévenu) son titulaire en l’invitant à exploiter
convenablement l’invention en question, peut prendre une décision
d’attribution d’une licence d’office par un arrêté publié au JORT. Du jour de la
publication de l’arrêté, toute personne peut demande au ministre l’octroi
d’une licence d’exploitation du brevet. Le ministre fixera les conditions, la
durée de l’exploitation et la rémunération due. Celui auquel est attribuée une
licence d’office ne peut la céder qu’avec la cession de son entreprise toute
entière.
•La licence obligatoire : lorsque le titulaire d’un brevet n’exploite pas
l’invention ou le fait d’une façon insatisfaisante et refuse d’en accorder une
licence volontairement à autrui, toute personne intéressée peut intenter une
action en justice demandant au juge de lui attribuer obligatoirement la licence
d’exploitation. Le bénéficiaire de cette licence obligatoire ne peut lui même la
transmettre qu’avec l’autorisation du tribunal.
B- Règles relatives à la marque de fabrique :
La marque est un signe qui permet à un commerçant, dans ses rapports
avec sa clientèle, de distinguer ses produits ou ses services de ceux de ses
concurrents. Elle constitue, à côté du nom commercial et de l’enseigne, un
élément stratégique pour conquérir et fidéliser une clientèle.
Le choix de la marque est déterminant puisque le signe choisi permet
d'établir un lien entre le consommateur et le produit ou le service.
La marque doit être déposée à l’INNORPI pour conférer à son déposant un
titre de propriété industrielle .
9
1- Choisir sa marque:
En principe, un commerçant dispose de la liberté de choisir un signe pour
désigner ses produits ou ses services. Toutefois, pour être valables, les signes
choisis comme marques doivent présenter certains caractères.
A- Marque licite :
Sont interdits les signes contraires aux bonnes moeurs et à l’ordre public,
mais également le dépôt des emblèmes et des drapeaux officiels.
Outre ces signes interdits, la marque ne doit pas être déceptive, c’est-à-dire
constituer un signe de nature à tromper le public notamment sur sa
composition (« jus d’orange » pour une boisson ne comportant que l’arôme de
l’orange),
B- Marque disponible :
Une marque disponible signifie que le signe choisi n’est pas couvert par
des droits antérieurs.
Ces droits sont de diverses natures : marque, droit d’auteur, dénominations
sociale…
Deux marques identiques peuvent coexister si elles concernent des
produits ou des services différents à condition qu’il n’y ait pas de risque de
confusion.
Si l’entreprise X a déjà choisi un signe comme marque, l’entreprise Y ne
peut choisir ensuite ce même signe comme marque. Néanmoins, cette
interdiction pour l’entreprise Y ne vaut que s’il envisage d’utiliser la marque
dans le même secteur d’activité que celui de l’entreprise X. C’est le principe de
spécialité
Il signifie que si une personne choisit comme marque le terme Montblanc
pour désigner des stylos, une autre personne ne pourra pas choisir à son tour
ce signe pour les mêmes produits. Par contre, cette marque pourra être utilisée
pour désigner des réfrigérateurs, car il n’y a pas de risque de confusion.
Pour éviter tous risques de contrefaçon, le commerçant doit effectuer une
recherche d’antériorité auprès de l’INNORPI avant de déposer sa marque.
10
2- Déposer sa marque :
A- Le déposant : Le propriétaire potentiel de la marque ou son
mandataire effectue le dépôt en contre partie d’une redevance.
B- L’organisme : L’INNORPI est l’organisme national qui veille sur
l’enregistrement des marques. Il aura pour tache de procéder à la vérification
des formalités de dépôt ainsi que la vérification de la conformité de la marque
déposée aux exigences légales.
LA PROTECTION DES LOGICIELS
Le logiciel est constitué de l'ensemble des programmes, des procédés et des
règles, et éventuellement de la documentation, relatifs au fonctionnement
d'un ensemble de données.
Le logiciel est protégé par le droit d'auteur adapté aux spécificités
techniques des programmes d'ordinateur.
On distingue le logiciel d’application du logiciel d’exploitation. Leur
différence tient dans leur nature et leur fonctionnalité.
En effet le logiciel d’exploitation est à la base de tout ordinateur car il en
permet l’utilisation et organise le fonctionnement de la machine. Tandis que le
logiciel d’application ne sera qu’une fonctionnalité incluse dans l’ordinateur,
sachant qu’il doit être forcément conçu en étant compatible avec le logiciel
d’exploitation et avec l’ordinateur sur lequel il sera installé.
OBJET DE LA PROTECTION
Exceptionnellement, le logiciel peut être protégé par le droit des brevets : Si
une invention brevetée comprend un logiciel, alors ce logiciel est indirectement
protégé par le brevet.
Si le logiciel produit des effets techniques tangibles, c'est-à-dire s'il permet la
réalisation d'un produit ou d'un procédé et si les critères de brevetabilité sont
remplis, alors il peut être breveté.
11
Les éléments du logiciel non protégés sont les fonctionnalités, les
algorithmes, les interfaces, les langages de programmation.
Les éléments protégés sont l'architecture des programmes, le code source
et le code objet, le matériel de conception préparatoire les ébauches, les
maquettes, les dossiers d'analyses fonctionnelles, la documentation de
conception intégrée au logiciel, les prototypes.
Le logiciel protégé peut être un programme de base, d'exploitation ou
d'application. Cela peut être un logiciel général ou réalisé sur commande. La
protection par le droit d'auteur porte sur l'architecture du logiciel,
l'enchaînement des instructions, le code objet et le code source, les interfaces
logiques.
DÉBUT DE LA PROTECTION
La protection s'acquiert dès la création du logiciel sans aucune formalité. La
seule condition requise est l'originalité.
Le logiciel original porte sur la marque de l'apport intellectuel de son auteur
et résulte d'un effort personnalisé allant au-delà de la simple mise en œuvre
d'une logique automatique et contraignante. Un effort personnalisé peut se
caractériser par une structure individualisée du logiciel, des choix personnels,
une inventivité.
Le dépôt en vue de l'acquisition de droit d'auteurs n'est pas obligatoire mais
il est recommandé afin d'établir la preuve de la date de création du logiciel.
DURÉE DE LA PROTECTION
La protection des droits patrimoniaux de l’auteur dure pendant toute sa vie,
le restant de l’année de son décès et les cinquante années, à compter du
premier janvier de l’année suivant celle de son décès ou de la date retenue par
le jugement déclaratif de son décès, en cas d’absence ou de disparition..
BÉNÉFICIAIRES DE LA PROTECTION
Logiciels créés par des salariés : Le législateur accorde le bénéfice de “tous
les droits reconnus aux auteurs” à l’organisme employeur lorsque le logiciel est
créé par un ou plusieurs salariés de cet organisme dans l’exercice de leur
profession, à moins d’une clause contraire.
12
Il en est de même lorsque le logiciel est créé par des agents de l’État, des
collectivités publiques locales et des établissements publics
Logiciels de commande: Le logiciel réalisé sur commande et la
documentation ayant servi à sa réalisation demeurent la propriété du
producteur”. La loi semble viser le cas des logiciels créés par des sociétés de
service et d’ingénierie en informatique La règle de droit commun de la
propriété littéraire et artistique a repris ici son empire : les droits restent à
l’entreprise qui a créé le logiciel.
ETENDUE DE LA PROTECTION
La protection du droit d'auteur confère au titulaire du logiciel un droit
exclusif sur la reproduction, la traduction, l'adaptation, l'arrangement et la
distribution. L'interdiction de reproduction des logiciels est très stricte. Il est
interdit de reproduire en partie ou en totalité le logiciel que ce soit de façon
permanente ou provisoire sous quelque forme que ce soit. La reproduction
même à des fins personnelles ou pédagogiques est interdite.
Toutefois, l'utilisateur peut effectuer une copie de sauvegarde du logiciel. Il
possède le droit de décompiler une partie du logiciel pour permettre son
interopérabilité entre tous ses logiciels. Par ailleurs le titulaire du droit
d'auteur sur le logiciel est libre de concéder les licences d'utilisation ou
d'exploitation à titre gracieux ou payant.
PROTECTION DES BASES DE DONNÉES
Une base de données est un recueil d'œuvres, de données, ou d'autres
éléments indépendants, disposés de manière systématique ou méthodique, et
individuellement accessibles par des moyens électroniques ou par tout autre
moyen. Par exemple, cela peut être une base de données bibliographique.
OBJET DE LA PROTECTION
Le droit des producteurs de base de données protège le contenu de la base
de données dès sa création. La constitution de la base de données ou la
présentation de son contenu doit attester d'un investissement financier,
matériel ou humain substantiel, sans préjudice des droits des auteurs des
œuvres originelles.
13
ETENDUE DE LA PROTECTION
Le producteur de la base de données a le droit d'interdire : La réutilisation,
par la mise à disposition du public, de la totalité ou d'une partie substantielle
de la base. L’extraction répétée et systématique d'une partie non substantielle
de la base. Le producteur de la base de données est libre de concéder des
droits de manière gracieuse ou payante.
A condition d'être originale, l'architecture de la base de données, c'est-à-dire
la structure, l'agencement et la forme de la base de données, est protégée par
le droit d'auteur, ce qui octroie une protection plus faible que celle prévue pour
le producteur. Le droit d'auteur protège l'architecture de la base de données
pendant 50 ans à compter de sa création ou de sa première mise à disposition
du public.
14