Pollution atmosphérique
La pollution atmosphérique est un sujet qui touche de près à la qualité de vie
de la population. En fait, il n'existe pas une pollution, mais des pollutions
atmosphériques. Chaque activité humaine génère dans l'air ambiant, des
polluants en plus ou moins grandes quantités et ces polluants sont différents
selon la source d'émission. Ainsi, une activité industrielle émettra en majorité
certains polluants spécifiques, qui seront différents de ceux dégagés par le
trafic routier.
Qu'est-ce que l'air ?
L’air n’est jamais totalement pur. Le diazote N2 et le
dioxygène O2 représentent environ 99 % de sa
composition. Dans les 1 % restants, se trouve une
grande variété de composés plus ou moins agressifs
pour l’homme ou son environnement.
Les polluants sont libérés dans l’air par :
des sources naturelles : volcans, océans, végétation,
animaux…
des sources liées aux activités humaines : industrie,
transport, chauffage...
Il existe 2 catégories de polluants :
Ceux qui sont émis directement par une source, comme le dioxyde de
soufre SO2 ou le monoxyde d’azote NO ; ce sont des polluants dits
primaires.
Ceux qui ne sont pas émis directement par une source mais qui sont le
résultat d'une transformation chimique des polluants primaires émis dans
l'air. Il s'agit des polluants secondaires. C'est le cas de l'ozone O3 qui
résulte, sous l'action du rayonnement solaire, de la transformation chimique
des oxydes d’azote NOx et des Composés Organiques Volatils (ou COV ;
on parle des précurseurs de l'ozone).
L'influence de la météorologie
La concentration des polluants dans
l’atmosphère est fortement dépendante des conditions météorologiques.
La température
La température agit sur la chimie des polluants : le froid diminue la
volatilité de certains gaz alors
que la chaleur estivale favorise la formation photochimique de l’ozone.
Le vent
Le vent est un facteur essentiel expliquant la dispersion des polluants.
La vitesse du vent joue sur la dilution et la dispersion des polluants, la
direction oriente, quant à elle, les retombées de panaches. Lorsque les
vents sont faibles, l’influence du relief local est forte et des brises
locales ou régionales apparaissent.
La pression atmosphérique et vents synoptiques
Les vents synoptiques sont liés aux champs de pressions qui figurent
sur les cartes météorologiques. Les situations dépressionnaires
correspondent généralement à des zones où la turbulence est forte, la
dispersion est facilitée. Par contre, les fortes pressions qui caractérisent
les situations anticycloniques induisent une stabilité propice à
l’accumulation de polluants.
Les brises locales
Les brises de mer ou de terre sont générées par le contraste thermique
existant entre la mer et la terre. Le jour, sous l’effet du rayonnement
solaire, la terre se réchauffe plus vite que la mer : une brise de mer
apparaît ainsi en cours de matinée. La nuit, le phénomène s’inverse car
la terre se refroidit davantage que la mer : il se forme alors une brise de
terre soufflant de la terre vers la mer. Ces phénomènes sont
particulièrement présents dans les régions de climat méditerranéen.
L’étang de Berre occasionne lui aussi, dans une mesure
moindre, les mêmes phénomènes.
Cf. : « La pollution de l’air » - Christian Élichegaray - ADEME
Les polluants de l'air
Les concentrations de polluants dans l'air sont les indicateurs d'une pollution
atmosphérique. La réglementation française apporte un cadre à ses notions et
aux dispositions de surveillance de la qualité de l'air en général. Ainsi, on
appelle pollution atmosphérique "l’introduction par l’homme, directement
ou indirectement, dans l’atmosphère et les espaces clos, de substances
ayant des conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la
santé humaine, à nuire aux ressources biologiques et aux écosystèmes,
à influer sur les changements climatiques, à détériorer les biens
matériels, à provoquer des nuisances olfactives excessives". (Extrait du
Code de l'Environnement).
La surveillance de la qualité de l’air ambiant consiste à évaluer les niveaux de
concentration des polluants dont la liste est déterminée par décret :
le dioxyde d’azote,
les particules en suspension,
le plomb,
le dioxyde de soufre,
l’ozone,
le monoxyde de carbone,
les composés organiques volatils
le benzène,
les métaux lourds (arsenic, cadmium, nickel),
les hydrocarbures aromatiques polycycliques (dont le Benzo(a)pyrène).
Plus précisément, AIRFOBEP doit surveiller les niveaux de concentration dans
l’air de chacun de ces polluants et les comparer à des valeurs reglementaires
définies.
Les principales sources de pollution
Polluants Sources principales
Dioxyde de soufre Combustion d'énergies fossiles (charbon, fioul,
SO2 pétrole...)
Centrales thermiques
Industries
Chauffage
Combustion d'énergies fossiles
Particules en Activités industrielles diverses (sidérurgie,
suspension incinération...
dont PM10 et PM2.5 Trafic routier (usure, gaz d'échappement,
frottements...)
Combustion
Oxydes d'azote NO et Industries
NO2 Chauffage
Trafic routier
Ozone O3 Photochimie entre COV et NOx
Combustion carbonée incomplète
Monoxyde de carbone
Trafic routier
CO
Chauffage
Industries (activités de raffinerie, de chimie, ...)
Composés
Trafic routier
Organiques Volatils
Agriculture
COV
Industries (activités liées à la chimie, à la
raffinerie, ...)
Benzène C6H6 Trafic routier
Fumée de tabac
Associés aux particules fines en suspension, ils sont
Métaux Lourds analysés sur la fraction PM10.
dont Plomb Pb,
Arsenic As, Nickel Ni, Industries
Cadmium Cd Trafic routier
Hydrocarbures Industries en particulier de la chimie et du pétrole
Aromatiques Trafic routier
Polycycliques ou HAP
Chauffage
Les effets de la pollution de l'air sur l'environnement
Les effets de la pollution atmosphérique se ressentent sur la santé humaine,
les écosystèmes mais aussi sur les bâtiments (corrosion, noircissement,
encroûtement et altérations diverses).
Polluants Effets sur l'environnement
Participation au phénomène des pluies acides par
transformation en acide sulfurique au contact de
Dioxyde de soufre l'humidité de l'air.
SO2 Dégradation de la pierre et des matériaux de
nombreux bâtiments.
Particules en
Effets de salissure des monuments et bâtiments.
suspension
dont PM10 et PM2.5
Participation au phénomène des pluies acides
Participation à la formation de l'ozone
Oxydes d'azote NO et troposphérique (celui des basses couches)
NO2 Atteinte de la couche d'ozone stratosphérique
Participation à l'augmentation de l'effet de serre
Diminution des rendements agricoles
Dégradation des matériaux (caoutchouc par
Ozone O3 exemple)
Participation à l'augmentation de l'effet de serre
Participation à la formation de l'ozone
troposphérique
Monoxyde de carbone Dans l'atmosphère, il contribue à l'augmentation
CO de l'effet de serre par transformation en dioxyde
de carbone CO2.
Composés Participation à la formation de l'ozone
Organiques Volatils troposphérique (rôle majeur avec les oxydes
COV dont le benzène d'azote)
Participation indirecte à l'augmentation de l'effet
de serre (par intervention dans des mécanismes
conduisant à la formation des gaz à effet de
serre).
Contamination des sols et des aliments
Métaux Lourds
Accumulation dans les organismes vivants et
dont Plomb Pb,
perturbation des mécanismes et équilibres
Arsenic As, Nickel Ni,
biologiques
Cadmium Cd
Les impacts de la pollution de l'air sur la santé humaine
Les effets de la pollution de l'air dépendent de la sensibilité personnelle de
l'individu exposé : âge, état de santé général, tabagisme, prédispositions... Ils
dépendent aussi de l'exposition individuelle aux différentes sources de
pollution, de la durée de cette exposition, aux niveaux d'exposition, du débit
respiratoire au moment de l'exposition, mais aussi de l'interaction avec
d'autres composés présents dans l'atmosphère commepar l'exemple les
pollens, les spores fongiques...
Les populations les plus sensibles sont les enfants, les personnes âgées, les
personnes atteintes d'affections respiratoires et les sportifs durant la pratique
d'une activité physique intense. Il existe cependant de grandes variations de
sensibilité entre les individus.
Polluants Effets sur la santé
Irritation des voies respiratoires
Dioxyde de soufre Synergie avec les particules
SO2 Sensibilité particulière des asthmatiques
Particules en Altération de la fonction pulmonaire, plus ou
suspension moins importante selon la taille des particules
dont PM10 et PM2.5
Irritation des bronches chez un public sensible
Oxydes d'azote NO et
Altération de la fonction pulmonaire
NO2
Irritation des muqueuses (gorge, nez, yeux)
diminution de la fonction respiratoire
Ozone O3 Sensibilité particulière des pathologies cardiaques
ou respiratoires
Monoxyde de carbone Vertiges
CO Maux de tête
Nausées
Le monoxyde de carbone se fixe dans le sang à la
place de l'oxygène. A forte concentration (dans un
espace clos), il peut provoquer la mort.
Effets très variables allant de la gène olfactive
Composés
aux effets mutagènes et cancérigènes
Organiques Volatils
Diminution de la fonction respiratoire
COV
Risque cancérigène en cas d'exposition
Benzène C6H6 chronique
Métaux Lourds Toxicité par bio-accumulation dans le système
dont Plomb Pb, nerveux, les poumons, les reins...
Arsenic As, Nickel Ni, Effets cancérigènes
Cadmium Cd
Toxicité variable en fonction de la molécule
concernée :
Hydrocarbures
Aromatiques
Effets mutagènes
Polycycliques ou HAP
Effets cancérigènes
La pollution de fond et la pollution de pointe
L'évaluation de la qualité de l'air repose sur une comparaison des
concentrations de polluants mesurés dans l'air ambiant avec des valeurs
réglementaires de référence. Ces valeurs sont des indicateurs représentatifs
soit d'une pollution dite de fond, soit de pointes de pollution.
La pollution de fond et les niveaux moyens
La pollution de fond correspond à des niveaux de polluants dans l'air sur des
périodes de temps relativement longues et s'exprime généralement par des
concentrations moyennées sur une année (pour l'ozone on parle de niveaux
moyens exprimés généralement par des moyennes sur 8 heures). Il s'agit des
niveaux de pollution auxquels la population est exposée le plus longtemps et
auxquels il est attribué l'impact sanitaire le plus important.
La pollution de pointe
La pollution de pointe reflète des variations de concentrations de polluants sur
des périodes de temps courtes et s'exprime généralement par des
concentrations moyennées sur la journée ou l'heure
Le droit à l'information
Chaque jour, les besoins en air d’une seule personne sont en moyenne de 15
000 litres ; ces besoins varient en fonction de la physiologie, de l’activité
pratiquée, etc.
Un adulte au repos a besoin de 6 litres d’air par minute. Durant un effort,
pour monter des escaliers par exemple, il lui faudra 30 à 40 litres par
[Link] marcher, un enfant a besoin de 10 à 12 litres par minute. En
revanche, s’il fait du vélo en côte, il aura besoin de 25 à 70 litres par
minute.
Le droit à l'information sur la qualité de l'air est reconnu, par la loi sur l'air, à
chacun sur l'ensemble du territoire. L'État est le garant de l'exercice de ce
droit, de la fiabilité de l'information et de sa diffusion. Il confie à chaque
association de surveillance de la qualité de l’air une mission d’information sur
la qualité de l’air dans le territoire qui porte son agrément ministériel