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Le Catholicisme

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Fiche de lecture

Livre : Le Catholicisme
Auteur: Jean Louis Souletie
Edition: Armand Colin
Date de publication: 24 Janvier 2006

A propos de l’ouvrage
A la lumière des traditions qui marquent la modernité depuis le siècle des Lumières, le propos
de cet ouvrage est de découvrir la tradition catholique à travers ses doctrines, ses rites, ses
institutions et sa spiritualité. L’optique fondamentale est d’exposer la foi catholique selon les
développent théologiques et doctrinaux élaborés au Concile Vatican II (1962-1965).

Introduction
Le catholicisme est l’une des trois grandes confessions chrétiennes, avec l’Orthodoxie et la
Réforme protestante. Le pape en est le chef spirituel. L'Église est dite “catholique”, c’est-à-
dire universelle, car elle a partout la même doctrine “romaine”, le pape résidant à Rome et
“apostolique”, car le pape est le successeur de l’apôtre Pierre, considéré comme le premier
pape. C’est en fin de compte la question qui continue de séparer le catholicisme des autres
religions chrétiennes.
Des poncifs, des reliquats de crise passée encombrent la perception du catholicisme.
Il convient donc de caractériser le catholicisme et d’en montrer la spécificité. La spécificité
du catholicisme réside dans le ministère de l’apôtre Pierre, sans lequel il manquerait quelque
chose d’essentiel à la “catholicité" de l’Eglise dans sa version romaine. Mais les
caractéristiques doctrinales de l’Eglise catholique sont peu ou beaucoup partagées par
d’autres Églises. Toutefois, on peut dire que l’axe théologique qui définit mieux le
catholicisme est le principe de sacramentalité.

Le principe de communion
La rencontre du divin se réalise par la communauté des fidèles, et non de manière solitaire,
même si elle demeure personnelle.

Le Credo ou Symbole des Apôtres


L’essentiel de la foi catholique se trouve résumé dans le Credo, proclamé dans la liturgie.
Tout le contenu de la foi est lié à la profession de foi du baptême. L’Eglise primitive a donné
à cette profession de foi le nom de symbole (ce qui réunit ensemble). La foi chrétienne n’est
pas l’adhésion à des propositions énonçant des croyances, mais l’engagement personnel vis-
à-vis de Dieu dans un élan de confiance et d'abandon.

Trajectoire du catholicisme
Le catholicisme ne se sépare pas de grands courants doctrinaux qui l’ont façonné et il
reconnaît le caractère normatif tant des premiers conciles œcuméniques. L’histoire du
catholicisme est pleine de soubresauts de moments obscurs et lumineux. Trois étapes peuvent
caractériser l’histoire du catholicisme.
- L’Eglise des origines : La rupture entre la première et la deuxième Alliance se trouve
dans le N.T. lorsque la décision a été prise de ne plus imposer aux “gentils” les pratiques
rituelles du judaïsme, pour devenir chrétien (aux alentours de l’an 50). Se superpose à cette
période l'Église des Pères apologistes (vers l’an 165). En cette période, l’Eglise fixe son
canon biblique. A partir du IIe siècle, s’ouvre la période d’élaboration doctrinale des Conciles
œcuméniques qui traduisent dans les catégories de la rationalité de la culture grecque. Vers
313 l'Empereur Constantin confère un statut légal du christianisme. Les IVe et Ve siècles
voient se multiplier les controverses dogmatiques sur la trinité. Aux alentours de l’an 401,
Augustin combat le pélagianisme qui met en cause le salut gratuit de Dieu et en fait le résultat
des seuls efforts humains.
- L’Eglise d’occident: Après l’écroulement de l’Empire d’Occident et la longue
période d’instabilité qui suivit, le christianisme des origines, essentiellement gréco-romain,
devient européen. Au VIIIe siècle, l’empereur incapable de venir en aide au pape en guerre
avec les Lombards du nord de l’Italie, l’oblige à se tourner vers les Francs. La conséquence
est la dépendance de l’Eglise à l’égard du Saint Empire romain germanique dirigé par
Charlemagne. En 1085, la réforme “grégorienne” du nom de pape, tenta de libérer l'Église de
la tutelle politique de l’autorité séculière. Cette réforme, même si elle n’aboutit pas en tout,
correspond à un renouveau de la vie religieuse et du clergé, accompagné par des moines. Au
même moment, la théologie sort des monastères pour être enseignée dans les universités.
L’inquisition est instaurée par le pape Innocent IV pour lutter contre de nouvelles hérésies.
- La rupture chrétienne: Vers le Ve et VIe siècle, les incompréhensions politiques et
doctrinales n’ont cessé de croître entre Rome et Constantinople. La rupture entre
l’Orient et l'Occident se consomme en 1054 avec l’excommunication mutuelle ; le
schisme s’aggrave à la prise de Constantinople en 1204. En Occident, commence
alors la fragilisation de l’Empire par la montée des Etats nations et l’affaiblissement
de la papauté, deux facteurs qui conduisirent à la Réforme protestante du XVIe siècle
avec Luther, Zwingli et Calvin.
- L’Eglise romaine riposte et s'organise en Contre-Réforme, dite catholique, en
particulier au Concile de Trente (1545-1563). Il définit que l’homme est pourvu de
liberté et coopère à la grâce de Dieu par ses œuvres, affirme la doctrine de
transsubstantiation et définit les devoirs des prêtres et évêques et instaure les
séminaires pour les former.
Le mouvement révolutionnaire en Europe fait apparaître une nouvelle atmosphère
intellectuelle marquée par le rôle de la raison (Voltaire) et le libre examen (Kant). Le
catholicisme en profite pour développer dans des cercles restreints les méthodes historiques et
exégétiques appliquées à sa tradition, pour former son clergé, lutter contre la superstition,
réformer la liturgie et le catéchisme et promouvoir l’éducation populaire.
En 1964, la page œcuménique s’ouvre largement, avec la rencontre à Jérusalem du pape Paul
VI avec le patriarche œcuménique de Constantinople, une première depuis 1439, en vue de la
réconciliation entre les Eglises d’Orient et l’Eglise catholique romaine.
Le gouvernement de l’Eglise s’est internationalisé et, pour la première fois de toute son
histoire, la majorité des cardinaux qui élisent le pape au XXIe siècle n’est plus européen.

Organisation de l’Eglise
L'évêque de Rome est considéré comme le père (papa en latin), mot qui va donner le titre qui
lui est réservé, (pape). L'organisation de l’Eglise tout au long de l’histoire se modèle sur
l'organisation politique, administrative et économique de la société, surtout en Occident, qui
hérite du romain.
- Église locale: Chaque diocèse (symbolisée par la cathédrale, siège de l’évêque)
catholique n’est donc qu’une partie de l’Eglise tout entière, mais c’est en chacun d’eux que se
réalise l’Eglise catholique. La paroisse (administrée par un curé) est un échelon second par
rapport à l’Eglise locale ; d’autres ministres peuvent y exercer le ministère au niveau de la
paroisse, les prêtres et les diacres.
Nous avons aussi le clergé régulier (les Frères Mendiants qui parcourent les villes pour
prêcher et évangéliser) et la curie romaine (qui appartient aujourd’hui plus à une
administration centrale qu’à un gouvernement), instituée pour aider le pape à exercer son
ministère.
Partie I La révélation dans l’histoire
Les catholiques croient que Dieu se révèle dans l’histoire des hommes par des actes et paroles
intimement liés entre eux. Le mot révélation désigne, cette ouverture de Dieu à autre que lui,
cette capacité intérieure à Lui-Même de rencontrer une véritable altérité que constitue le
monde et l’homme. Cette capacité est la Parole (Logos) de Dieu, reconnu en Jésus de
Nazareth. Il est l’incarnation de Dieu.
Les chrétiens affirment qu’en Jésus les derniers temps de l’histoire sont arrivés et que le salut
de de l’humanité est manifesté. même s’il n’est pas encore totalement réalisé.
C’est seulement en XIIIe siècle que théorisée par Thomas d’Aquin la Révélation comme
communication d’un savoir du salut. La révélation se distingue alors de la raison comme
source de savoir. L’équilibre entre la Révélation et la raison ne peut tenir que moyennant la
“subalternation” de la raison à la Révélation.
La Bible se trouve au centre de la foi catholique depuis les origines. Au IVe siècle est fixé le
canon chrétien des Écritures. Le Concile de Trente définit solennellement et irréversiblement
le canon catholique à partir de la Vulgate au milieu des controverses avec la Réforme. La
Vulgate pers da valeur de référence en 1943, lorsque le pape Pie XII dans l’encyclique
Divino afflente Spiritu réhabilite la valeur des textes originaux. A partir de 1986 paraît la
Bible de Jérusalem, réalisée par les dominicains de l’Ecole biblique de Jérusalem.
De l’interprétation à l’Ecriture elle-même jusqu’à la théorie classique des quatre sens, les
catholiques n’ont jamais cessé d’interpréter la Bible comme le livre de l’Eglise et de la vie
chrétienne. Une discipline est née avec ce travail critique: l'herméneutique des Écritures. Les
Écritures ont une puissance de "reconfiguration" du monde et ne fournissent donc pas
d’abord une information de type archiviste. Le Concile Vatican II affirme que Dieu agit dans
par et dans les auteurs de l’Ecritures au long des siècles. Le Concile entend écarter la
prégnance de l’idée d’hommes réduits à des instruments pour parler d’hommes ayant une
intimité avec Dieu: Le Verbe est vraiment homme et vraiment Dieu dans l’incarnation, ainsi
la parole inspirée des Écritures est vraiment humaine et vraiment divine.

Concepts de la doctrine et de la Tradition


Écriture biblique et Tradition ont le même rapport à la Parole de Dieu et sont coextensives
l’une à l’autre. La Tradition vivante à la charge de retransmettre le contenu de la Bible et
celle-ci est reçue à travers l’histoire dans une continuité active.
La tradition acquiert en théologie catholique une signification majeure, car elle recouvre les
modalités selon lesquelles la Révélation de Dieu en Jésus-Christ atteint les générations à
travers l’espace et le temps. La tradition pour les catholiques, est la manière dont Dieu fait
toujours entendre sa Parole dans l'Eglise et par l'Eglise dans le monde afin que le monde
croie.

Le dogme dans l'histoire


Dogme “dokein” (paraître, sembler, sembler bon) et désigne une opinion avertie, une doctrine
ou un arrêt de justice. Si une vérité de foi est devenue un dogme, elle s’insère pour toujours
dans la Tradition (en grec Paradosis “qui progresse”). Le dogme ne doit pas être un vestige
des temps révolus ; il doit produire des fruits dans la vie de l’Eglise.
Le protestantisme comprend le dogme toujours lié à l’expérience du sujet croyant alors que
les catholiques en accentueront le caractère plus objectif de vérités contenues dans la
révélation. Le catholicisme reconnaîtra qu’il existe une hiérarchie des vérités suivant les
rapports que les dogmes entretiennent avec leurs fondements dans les Ecritures.

L’autorité et l’interprétation des textes du Magistère


A partir du Moyen Âge, Magisterium désigne le rôle d’un éducateur dont l’autorité est
symbolisée par une chaire. L’Eglise ne considère pas les différentes formes de Magistère de
manière équivalente. Elle distingue d’abord entre l’exercice ordinaire et l’exercice
extraordinaire de l’autorité dans l’enseignement.
On parle du Magistère ordinaire et universel pour désigner l’enseignement concordant des
évêques de par le monde en communion avec le pape sur une vérité appartenant à la foi. Le
pape lui aussi exerce son Magistère ordinaire soit par lui-même ou par les Congrégation
romaines. A côté du Magistère ordinaire existe aussi le Magistère extraordinaire, qui depuis
l’antiquité est l’expression solennelle et circonstanciée que se donnent les évêques et le pape.
Le pape parlant ex cathedra n’a besoin en ce domaine ni de consultation préalable ni
d’approbation pour être légitime, puisque son action n’est pas dissociable de l’Eglise et de sa
foi. Pour interpréter un document du Magistère, il est utile de se demander qui en est l'auteur
pour déterminer son degré d’autorité ; qui en est le destinataire (plus le nombre de ses
destinataires est important, plus le poids de la décision magistérielle est grand) ; et aussi de
son contenu.

Partie II Les figures du Divin


La Doctrine de Dieu
Dieu est confessé dans le Credo comme à la fois Père, Fils et Saint-Esprit. Cela signifie dans
la foi catholique que Dieu est Créateur de toute choses et que c’est par et à travers l’humanité
de Jésus-Christ que peut être perçu sous la motion de l’Esprit Saint qui est Dieu tel qu’en
Lui-Même. La doctrine de Dieu est donc en christianisme un monothéisme trinitaire. Le N.T.
qui voit en Jésus la figure de Dieu confessée comme Fils, lui accorde tous les attributs de
Dieu de l’A.T. Jésus le Messie de Dieu reprend en lui et actualise ces propriétés divines. Le
monothéisme juif et le monothéisme trinitaire chrétien sont dès le départ des visions de Dieu
divergentes.

La figure de Jésus
De la fin de la période apostolique l’Eglise s’est souciée de faire valoir l’intégrité de
l’humanité du Christ en même temps que sa divinité. La première crise pour la doctrine
chrétienne a été celle qui mettait en doute la réalité même du corps du Christ, comme en
témoignent déjà les écrits pauliniens du N.T. marqués par la gnose. Le salut consiste alors en
l’arrachement de cette matière pour élever l’âme spirituelle vers la divinité. Pour les
catholiques c’est tout le cœur de leur foi qui était mis en cause avec la négation du réalisme
de l’incarnation dans le N.T. Le premier combat de l’Eglise s’est bien porté sur le front de
cette véritable humanité du Christ en s’appuyant sur la Bible reçue comme Révélation divine.
Le combat initial de la foi était pour rester fidèle à la Révélation de la Bible a été, et
finalement demeure encore aujourd’hui, celui de maintenir au prix d’élaborations
spéculatives savantes que Jésus de Nazareth est le visage humain de Dieu, selon l’affirmation
johannique: “Qui m’a vu a vu le Père” (Jn 14, 9). La proximité de Dieu et de l’homme Jésus-
Christ n’est pas une suppression de l’humanité. C’est une donnée essentielle de
l'anthropologie catholique et de la conception du salut. La théologie catholique raconte
l’histoire de Jésus et l’interprète au regard des exigences de la foi au Fils éternel de Dieu. Par
ailleurs elle intervient l’histoire de l’homme dans celle du Christ et l’interprète au regard des
espérances et des attentes contemporaines.

La doctrine du Saint-Esprit
L’Esprit Saint est défini comme le don du Père par le Fils à l’homme à qui Il se communique
directement. La procession de l’Esprit n'est pas une génération, sinon il y aurait deux Fils. Au
regard d’autres Conciles antérieurs, Vatican II est celui qui cite le plus l’Esprit (258
mentions), sans que cela constitue une doctrine homogène.
Le dogme marial
Lié à la liturgie, le dogme marial a été le théâtre de grandes passions dans un domaine où
règne la dévotion. Il commence avec les controverses du Concile d’Ephèse autour du terme
Théotokos “Mère de Dieu”, appliqué à Marie, et se développe durant le Moyen Âge autour
de la sainteté de Marie pour aboutir à l’Immaculée conception et à l’Assomption.
A l’évidence, le N.T. présente de manière ferme que Marie est la mère de Jésus. Sa maternité
est présentée comme virginale. On lit dans le Credo “conçu du Saint-Esprit né de la vierge
Marie”. Pour le catholicisme, Marie n’est pas morte de la mort commune, on parle alors de
l’Assomption.

Partie 3 L’institution
Église et Royaume de Dieu
La foi catholique n’est pas réductible à une doctrine même si elle propose une conception de
Dieu, de l’homme et de leur rapport. Elle s'exprime par des pratiques régulières, par un culte,
dans la prière et l’exercice de la charité selon l’Evangile. Pourtant, elle n’est pas non plus
réductible à une morale, même si elle propose des valeurs de vie puisées dans le message du
Christ. Pour la foi catholique, l’Eglise est essentiellement le lieu de la communication vivante
avec Dieu. La nouveauté dans le Concile de Vatican II est d’avoir situé l’Eglise au regard du
monde et du Royaume de Dieu, et non plus comme cette entité face au monde qu’ont connu
les siècles précédents.

Les sacrements de l’Eglise


Si l'Église peut être désignée au sens large comme un sacrement, c’est parce que par son
action (partage, témoignage, prédication et liturgie) elle donne au salut de Dieu dans le
monde. Les sacrements unissent les baptisés au Christ et continuent son action de salut au
milieu de ce monde en formant l'Église.
Le baptême n’est pas un ticket d’entrée à l'Église, mais en plus d’être pour la rémission des
péchés, c’est l’entrée dans une communion ecclésiale de foi.
La confirmation séparée du baptême confère une force spéciale de l’Esprit et est envisagée
comme l’occasion pour le sujet de ratifier sa vocation missionnaire dans l’Eglise.
L’eucharistie (action de grâce) est célébrée en mémoire de la dernière Cène du Seigneur,
actualise la mort et la résurrection du Christ, son unique sacrifice pour aujourd’hui. Les
catholiques croient que le Christ est réellement présent dans l’eucharistie ; on parle de la
“transsubstantiation”.
Les sacrements de guérison : restaurent et affermissent les liens avec l’Eglise pour ceux dont
les liens se sont distendus avec elle à cause du péché, ou qui ont besoin de son soutien.
La pénitence s’est constituée au cours de l’histoire de l’Eglise catholique et s’enracine dans
les pratiques de Jésus dans le N.T. Elle venait au bout d’un long processus qui commence par
l’aveu toujours secret à l’évêque, puis l’entrée dans l’ordre des pénitents, avec des peines
prévues par les Conciles et enfin la réintégration dans l’Eglise. Vatican II valorise la
réconciliation et souligne le rôle du prêtre comme médecin de l’âme, plus que comme juge.
Le mariage. Vatican II a renouvelé l’approche du sacrement du mariage indissoluble et
monogame. Le mariage est une alliance et non un contrat. La sacramentalité du mariage n’est
pas automatique car elle requiert la foi. L’impossibilité d’un remariage pour les divorcés
selon le rite catholique demeure une difficulté pour beaucoup.
Ordre. D’abord réunis autour de l’évêque dans un collège de prêtres, ceux-ci dans le régime
féodal seront ordonnés pour les sacrements et dépendants de la noblesse plus que des
évêques. La question du célibat et, plus largement, de la sexualité des prêtres font l’objet de
prises de position opposées. Derrière ce sujet c’évidemment tout le gouvernement de l’Eglise
par un clergé célibataire qui est en jeu.

L’inculturation catholique
Avec le Concile Vatican 2, les catholiques se sont dotés d’une réflexion théologique sur
l’Eglise et la culture. Pour Jean Paul II, l’inculturation “exprime parfaitement l’un des
éléments du grand mystère de l’incarnation.” Cette articulation entre foi et culture plonge ses
racines dans le N.T. lui-même, avec Jésus membre du peuple juive, situé dans culture
palestinienne, parlant l’araméen dans un monde occupé par les Romains. De plus après la
résurrection, le christianisme naissant quitte l’univers palestinien pour passer au monde
hellénistique, selon un processus d’inculturation. L’expansion missionnaire s’est faite selon
processus de l’inculturation.
En ce qui concerne la théologie morale, le Concile de 1965 appelle un renouveau de la
morale catholique à partir de ces recherches menées depuis un siècle autour de la Bible, la
vocation chrétienne, du Christ et de l’histoire du salut.
La relation entre la foi et la culture a obligé les catholiques à formuler leur doctrine sociale,
surtout à partir du pape Léon XIII et beaucoup plus avec le pape Jean Paul II. Cette dernière,
évoluant, ne cesse de promouvoir le droit des citoyens à prendre part à la vie politique de la
communauté.
Le Concile Vatican II a voulu mettre en lumière l'intégralité de la notion de dignité humaine.
Pour cela il a repris la doctrine des droits de l’homme formulée par Jean XXIII dans Pacem
in terris, en accentuant l'interdépendance et la solidarité qui unissent tous les hommes entre
eux. Le Concile a insisté sur la liberté religieuse comme véritable droit de l’homme.
Enfin, c'est dans le domaine de dialogue interreligieux que les avancées les plus significatives
ont été réalisées après Vatican II, notamment grâce aux initiatives de Jean Paul II.

Conclusion
Le catholicisme entretient donc un lien constitutif avec les cultures depuis ses origines, selon
des modalités diverses qui ont varié du respect à l’accompagnement de la colonisation en
deux mille ans d’histoire. Mais chaque culture a appris, dans le cadre de la mondialisation, à
connaître ses propres péripéties et, finalement, à admettre qu’il n’existe pas de culture
supérieure aux autres, susceptible de faire la leçon aux autres comme l'eurocentrisme l’a
longtemps manifesté.
Les catholiques, confrontés à la crise de la transmission et de la Tradition dans la société
contemporaine, n’entendent pas seulement faire valoir le christianisme comme simple
héritage, à titre de patrimoine de l’humanité. Ils revendiquent ce qui fait naître cet héritage
comme ce qui continue de les animer: la foi.
L’Eglise est dans le monde, même si elle n’est du monde, et elle ne devrait donc avoir aucune
peine à reconnaître une autonomie des réalités temporelles ou terrestres.

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