Cours Grands Systemes Juridiques Compares 2
Cours Grands Systemes Juridiques Compares 2
UNIVERSITE CENTRALE
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PLAN SOMMAIRE
INTRODUCTION GENERALE
CHAPITRE 1. L’HISTOIRE
Section 1 : Le droit coutumier
Section 2 : Le droit législatif
Section 3 : La structure des différents droits romano-germaniques
CHAPITRE 2. LES SOURCES DU DROIT
Section 1 : La loi
Section 2 : La coutume
Section 3 : La jurisprudence
Section 4 : La doctrine
Section 5 : Les principes généraux
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INTRODUCTION GENERALE
Le droit comparé n'existe pas: on ne fait que comparer des droits. Dans l'intitulé
du cours, le mot SYSTEMES ne doit pas être entendu dans son sens
sociologique. Il s'agit d'un simple synonyme de « familles ».
Pour les comparatistes, le mot SYSTEME permet de regrouper des droits qui
présentent un grand nombre de points communs, c'est-à-dire de créer des
familles de droit.
. Comparer, selon le dictionnaire, c'est mettre en parallèle pour faire apparaître
des similitudes et des différences, et comme le dit la sagesse populaire, on ne
peut comparer que ce qui est comparable.
On peut faire des comparaisons en littérature (il y a des cours dans les facultés
des lettres), en économie, en politique (cf. Revue Internationale de Politique
Comparée ) et aussi en droit.
Comparer est une démarche tout à fait scientifique: ainsi, en pharmacologie, on
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Quel est l'intérêt de faire du droit comparé? On peut trouver 3 raisons ou plus
exactement 3 motifs.
1°) Le droit comparé est utile dans les recherches historiques ou philosophiques
sur le droit.
On a constaté, au XIXème siècle, qu'on ne pouvait pas retracer l'histoire des
peuples, des Etats ou des civilisations en ignorant complètement le droit.
Beaucoup d'aspects des systèmes juridiques contemporains ne peuvent être
compris qu'en faisant référence au droit romain, au droit féodal ou au droit
canonique. La comparaison nous permet aussi de mieux saisir quelle place le
droit occupe dans les diverses sociétés et cultures, ses liens avec la religion.
Mais surtout la comparaison nous montre, et cela est tout à fait nécessaire, la
relativité du droit. Des institutions et des règles qui nous semblent essentielles,
fondamentales, incontestables, le sont beaucoup moins lorsque l'on constate que
d'autres, ailleurs, s'en passent très bien. Bref, le droit comparé fait tomber nos
préjugés, nos idées reçues.
2°) Le droit comparé est utile pour mieux connaître et améliorer notre droit
national.
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Les mêmes problèmes se posent souvent, au même moment, dans des sociétés
qui ont un niveau de développement comparable. Il est alors intéressant de
savoir, avant d'entreprendre ses propres réformes, quelles solutions les Etats
étrangers ont trouvées.
La comparaison permet, en sens inverse, de mettre en évidence les faiblesses du
droit national
Aujourd'hui donc, se développent le droit civil comparé, le droit pénal comparé,
le droit commercial comparé, les institutions politiques et administratives etc.
Grâce au droit comparé, la France (par exemple) a pu améliorer son système
juridique : c'est ainsi qu'elle a « importé » le crédit-bail (leasing américain), la
S.A.R.L. allemande, le chèque anglais, le médiateur scandinave, le sursis à
l’exécution des peines belge etc.
3°) Le droit comparé est utile pour comprendre les peuples étrangers et donner
un meilleur régime aux relations de la vie internationale. Et cela concerne aussi
bien le droit public que le droit privé. Mener des négociations en vue de la
conclusion d'un traité international suppose que l'on connaisse le droit
constitutionnel des partenaires, en particulier la procédure de ratification des
traités.
Rappelons, que d'après la Charte de l'O.N.U., une des missions de la C.I.J. à La
Haye est d'appliquer, non seulement les règles du droit international public, mais
aussi « les principes généraux du droit communs aux nations civilisées »; ces
principes généraux ne peuvent être dégagés que grâce au droit comparé. Le droit
comparé est encore plus nécessaire en droit privé. Le développement des
relations entre ressortissants d'Etats différents exige aussi bien une connaissance
des droits étrangers que l'unification internationale du droit, ou tout au moins, le
rapprochement des législations, soit à l'échelle du monde, soit plus facilement à
l'échelle régionale ( Europe, Amérique Latine )
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les règles des différents systèmes juridiques ne peuvent être comparées que si
elles remplissent les mêmes fonctions sociales. ZWEIGERT et KÖTZ découpent
le monde en Rechtkreise (régions de droit), ce qui les conduit à distinguer 8
Rechtkreise en utilisant 5 indices ou particularités ( Rechtstilen ):
a) origine et évolution historique;
b) mode de raisonnement juridique dominant;
c) institutions juridiques particulières;
d) sources du droit et modes d'interprétation;
e) facteurs idéologiques.
Les huit régions de droit sont selon ces auteurs: 1- les droits romanistes, 2- les
droits allemands, 3- les droits nordiques, 4- la Common Law, 5- les droits
socialistes, 6- les droits d'Extrême-Orient, 7- le droit islamique, 8- le droit
hindou.
3°) La troisième méthode, que nous adopterons, est celle de René DAVID, qui
définit la notion de système juridique comme un système où les règles de droit
présentent une structure homogène en s'articulant logiquement entre elles, et en
obéissant à un ensemble de principes fondamentaux. Ainsi sont constituées des
familles de droits, des systèmes suffisamment vastes pour qu'on les appelle «
grands systèmes ». La plupart des auteurs regroupent les droits en 2 grands
systèmes: le système romano-germanique (S.R-G.) et le système de Common
Law. Mais pour être complet, il faut dire qu'il existe aujourd'hui d'autres
systèmes dans lesquels le droit est entendu tout autrement, ou n'est pas appelé à
jouer le même rôle que dans nos sociétés occidentales.
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les infractions les plus graves sont celles qui mettent en danger le groupe.
L'attribution de droits subjectifs à des individus est une idée totalement
étrangère à ces droits. Les règles juridiques concernent surtout le statut
personnel et le régime des terres; elles sont destinées à rétablir la paix et
l'harmonie dans le groupe, à réconcilier les adversaires, et sont appliquées plus
par des sages que par des juges. Il est d'ailleurs difficile de distinguer obligations
juridiques et obligations morales. Ces droits sont parasités soit par le droit
musulman, soit par le droit de l'ancienne puissance coloniale. En général, le
droit traditionnel régit la famille et la terre, alors que le droit moderne régit la
vie urbaine, l'économie et l'administration.
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Pour résumer, on peut dire qu'en Occident, dans l'islam et en Inde, on considère
le droit comme l'assise même de l'ordre social. Le droit doit primer; en dehors
du droit il ne peut y avoir qu'anarchie, désordre, chaos.
Au contraire, en Extrême-Orient, le droit est l'instrument de l'arbitraire et facteur
de désordre. La préoccupation primordiale des hommes ne doit pas être le
respect du droit, mais la recherche de l'harmonie et de la paix. Pour chinois et
japonais, le droit n'est bon que pour les barbares occidentaux.
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Première partie
LE SYSTEME ROMANO – GERMANIQUE
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inutile s'il existait puisqu'il n'y a pas d'institution ayant la force de le faire
respecter. Certes, il y a des institutions pour dire le droit: les RACHIMBOURGS
francs (assemblée de 7 notables qui jugent), les LAGHMAN scandinaves, les
WITHAN anglo-saxons. Mais le règne du droit a cessé; la loi du plus fort
s'impose.
En cas de litige on recourt parfois à l'arbitrage. Celui-ci ne cherche pas à rendre
à chacun ce qui lui revient et à rétablir le droit, mais à assurer la paix, la
cohésion, la solidarité dans le groupe. C'est une société où les idéaux religieux
de fraternité et de charité répudient l'idée de droit: on retrouve les idées de saint
Paul et de saint Augustin. Dans sa première épître aux corinthiens, saint Paul
prône la charité au lieu de la justice, et recommande aux chrétiens de recourir à
l'arbitrage du clergé plutôt qu'aux tribunaux.
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Elle a permis de renouveler les solutions juridiques, de les unifier. Elle les a
systématisées, rendant la recherche plus simple, ce qui a séduit beaucoup de
pays.
Malheureusement la codification a eu pour conséquence fâcheuse un repli des
juristes sur leurs codes. Les juristes sont devenus des glossateurs comme au
Moyen-âge. Une sorte de nationalisme juridique s'est instauré tout au long du
XIXème siècle et jusqu'à la Deuxième Guerre Mondiale. Le développement des
relations internationales, la création de l'Europe, la multiplication des traités
internationaux et des organisations internationales, la mondialisation de
l'économie, tendent à atténuer, de plus en plus, ce nationalisme juridique, tout au
moins en Occident.
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On constate une tout autre attitude dans les pays de Common Law. Dans ces
pays, la technique juridique se caractérise par le processus des distinctions; on
souhaite que la règle de droit soit formulée de manière aussi précise que
possible. Le juge anglais doit déterminer si l'on est bien dans le même cas qu'une
affaire précédemment jugée, et donc s'il y a lieu d'appliquer le PRECEDENT.
En ce sens, la Common Law est un système ouvert où le juge crée des règles
nouvelles, alors que le S.R-G. est un système plus fermé.
Dans le S.R-G., où la technique juridique est caractérisée par l'interprétation, on
s'accommode d'une règle de droit formulée de manière plus générale, qui laisse
une certaine marge de manœuvre au juge. Etant plus générales, les règles de
droit n'ont pas besoin d'être aussi nombreuses, mais laissant une marge de liberté
plus grande au juge, les solutions jurisprudentielles sont moins prévisibles.
Il est admis, dans le SRG, que les juges puissent dégager des règles de droit
secondaires utiles, mais qui ne remettent pas en cause les règles de droit
générales, car il faut que toutes les situations puissent être réglées par la loi.
En définitive, le problème du pouvoir d’interprétation des juges soulève la
question de l’équité. Lorsqu’un dommage est causé par un aliéné, les droits
allemand, autrichien, belge, grec, hongrois, italien et suisse, laissent au juge le
soin d’apprécier si une indemnité est équitable.
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Section 1 : La loi
Les juristes considèrent, depuis le XIXème siècle, que la meilleure manière de
résoudre un problème juridique est de se fonder sur la loi. En France on peut
même parler d’un véritable culte de la loi qui remonte loin dans l’Histoire.Sous
la Révolution française, on adopta de nombreuses lois, dont certaines
s’appliquent toujours, comme la loi des 16-24 août 1790. Pour les français, la loi
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est la forme la plus achevée du droit ; elle est parée de toutes les vertus ; elle
protège contre l’arbitraire des pouvoirs et des juges.
Cette tendance s'est trouvée renforcée par l'apparition progressive de l'Etat-
Providence, c'est-à-dire d'un Etat qui se mêle de tout, et qui par conséquent
multiplie les lois. Le mot loi est ici utilisé au sens large de texte écrit émanant
des autorités politiques et administratives. La loi est un terme ambigu qui n’a
pas qu’un sens juridique, mais elle est si importante dans le S.R-G. que, depuis
trente ans, se développe une nouvelle discipline des sciences sociales, la
légistique, qui cherche à déterminer les meilleures modalités d’élaboration, de
rédaction, d’édiction et d’application des lois. Cette science appliquée se
développe beaucoup en Suisse et en Allemagne.
Cette primauté du texte écrit s'accompagne dans le S.R-G. d'une hiérarchie des
normes connue de tous les juristes et brillamment théorisée par Hans KELSEN.
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§ 2 - Les Traités
En France, les juristes connaissent bien le problème de la place des traités parmi
les sources du droit, avec la fameuse et contestée jurisprudence du Conseil
d’Etat NICOLO 20/10/1989. Certaines constitutions affirment que les traités
sont supérieurs aux lois (France, Pays-Bas), même si la loi est postérieure au
traité. En Allemagne, les traités sont assimilés aux lois ordinaires, mais la
Constitution dispose que les principes généraux du droit international ont une
autorité supérieure aux lois.
Ajoutons que l'irruption du droit international parmi les sources du droit a pour
effet l'ouverture du droit national aux influences extérieures.
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second est celui d'UR-NAMMU (2094 – 2047 av. J.C), premier code écrit qui
s'appuyait sur un système où les témoins déposaient sous serment devant des
juges professionnels qui pouvaient ordonner au coupable de verser des
indemnités à la victime. Il précède de peu le code d’ESCHOUNA vers 1800 av.
J.C. Le plus célèbre date de 1730 av. J.C.; c'est celui d'HAMMOURABI, le
fondateur du premier empire de Babylone. On y trouve la loi du talion, le statut
de l'épouse, les règles d'héritage. Ce n'est pas un véritable code de lois puisqu'il
laisse une large place à la coutume, mais il a exercé une influence considérable
sur la législation du Moyen-Orient.
Le Code théodosien : l’empereur d’Orient THEODOSE 2 fit rédiger un code
qui réunissait les « constitutions impériales » depuis l'an 312 ( constitution
signifie, à l'époque, règle ).
Le code de JUSTINIEN rédigé à la demande de cet empereur d'Orient entre 527
et 585. N'oublions pas, dans cet inventaire très sommaire, les 5 codes de
NAPOLEON rédigés de 1800 à 1810, qui furent imités presque partout en
Europe, chaque pays ayant un ou plusieurs codes. La promulgation du Code
Civil en 1804 donna naissance, au XIXème siècle, à l’Ecole de l’Exégèse qui
commenta ce monument du droit français en considérant que tout le droit réside
dans la loi, et que l’interprète doit rechercher la volonté du législateur, que celle-
ci soit clairement exprimée, ou que, par des procédés dialectiques, on parvienne
à la reconstituer.
Un code est une compilation structurée, ordonnée, réfléchie, qui, au XIXème
siècle, avait l'ambition d'exposer les principes d'un droit universel moderne, par
opposition aux règles locales inspirées par des considérations d'opportunité.
Mais aujourd'hui, les codes sont bien différents: ils se contentent de regrouper
systématiquement la législation et la réglementation d'une matière particulière,
en générale chronologique.
La prépondérance de la loi donne au droit une mobilité, que le procédé de la
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§ 4 - Les règlements
On appelle souvent le règlement « législation gouvernementale » : décret ou
ordonnance en France, STATUTORY ORDER ou EXECUTIVE ORDER en
Angleterre, RECHTSVERORDNUNG en Allemagne. Il y a une très grande
variété et un très grand nombre de règlements émanant d'autorités autres que le
Parlement.
Les uns appliquent les lois, et peuvent être contrôlés soit par des juges de droit
commun, soit par des juges spéciaux que sont les juges administratifs. Les autres
règlements n'appliquent aucune loi (art. 37 de la constitution française de 1958),
mais sont tout de même soumis au contrôle des juridictions administratives.
Toutefois, la Constitution de certains Etats, comme l'Allemagne, refuse de
reconnaître au gouvernement un pouvoir réglementaire autonome, et interdit
même la pratique des décrets-lois. Mais la Cour Fédérale de Justice
Constitutionnelle a admis que des lois puissent élargir considérablement le
pouvoir réglementaire de l'Administration, ce qui, en fait, ressemble à la
situation française. Dans le S.R-G. certains actes administratifs ne posent pas de
règles juridiques: circulaires, notes de service, instructions etc.
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Section 2 : La coutume
Avant d'examiner la coutume, il est nécessaire de récuser deux idées reçues
assez courantes: il n'y a pas de société exclusivement gouvernée par la coutume.
Même dans les sociétés les plus simples, les plus primitives, il y a toujours des
juges, des sages, c'est-à-dire des espèces de juridictions qui énoncent une sorte
de jurisprudence ; la coutume n'est pas une source de droit primitive, archaïque.
Il est illusoire de croire que le système dans lequel on vit est le meilleur, celui
que le monde entier doit nous envier et copier : ce chauvinisme prétentieux se
rencontre souvent en France et aux Etats-Unis.
Ces précautions étant prises, on peut rappeler la définition classique de la
coutume : C'est une règle qui n'est pas édictée en forme de commandement par
les pouvoirs publics, mais qui est issue d'un usage général et prolongé (élément
matériel), et de la croyance en l'existence d'une sanction à l'inobservation de cet
usage (élément psychologique).
La coutume présente plusieurs caractères. Elle se forme d'abord de manière
continue, car face aux transformations du cadre social, les individus adaptent
leur comportement. En second lieu, la coutume est gestuelle et non orale; sa
formation est lente et non délibérée. Elle apparaît dans le comportement des
individus. Quand un sage dit la coutume, il fait œuvre de doctrine car il transmet
son savoir, sa connaissance de la règle. Quant à celui qui écrit la coutume, il la
fige, la momifie, et finalement la fait disparaître. La coutume est locale; elle ne
concerne qu'un groupe relativement restreint d'individus.
La coutume ne s’enseigne pas; elle se transmet surtout pendant l'éducation des
enfants, par les parents, les voisins, les amis etc. C’est ainsi que le droit s’intègre
à l’éducation. Au Moyen-Age, en France et aux Pays-Bas, lorsqu'on a rédigé les
coutumes, on a emprunté à des ordonnances locales, à des ouvrages de doctrine
et à des décisions de jurisprudence. En effet, au moment de la rédaction, ces
règles avaient perdu leur individualité d'origine pour se confondre dans la
pratique populaire, donc dans la coutume.
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Pour les français, la coutume est une source de droit secondaire, accessoire par
rapport à la loi. En Autriche et en Italie, la coutume ne s'applique que quand la
loi y renvoie expressément. En Allemagne, en revanche (en Suisse et en Grèce
aussi), la coutume est, théoriquement, une source du droit sur le même plan que
la loi. En pratique, la loi prédomine dans tous les pays parce que la coutume est
une source d'imprécision et d'immobilité. On peut dire que, dans le S.RG., la
coutume vient compléter et éclairer la loi.
Section 3 : la jurisprudence
C’est avec la jurisprudence que l’on décèle une des grandes différences entre le
S.RG. et la Common Law. On dit en effet souvent que, dans la Common Law, la
jurisprudence est une source du droit, alors qu'elle ne le serait pas dans le S.R-G.
C’est peut-être une simplification abusive. Si chez nous la jurisprudence n'était
pas une source du droit, on ne verrait pas se multiplier les recueils de
jurisprudence et les commentaires d'arrêts. Mais étant donné le principe de la
séparation des pouvoirs, étant donnée la place faite à la loi dans notre système,
étant donnée parfois l'interdiction faite au juge de procéder par voie générale et
réglementaire, le rôle créateur de la jurisprudence n'est jamais reconnu
ouvertement. Il est toujours dissimulé derrière l'interprétation de la loi. Qu'on
l'approuve ou qu'on le critique, ce rôle créateur du juge est inévitable dans le cas
où la loi n'a rien prévu: le juge, dans le S.R-G., ne peut pas dire, comme le
magistrat romain, NON LIQUET ( ce n'est pas clair, je ne comprends pas, je ne
statue pas). En Suisse par exemple, le Code Civil prévoit que, si la loi est
muette, le juge doit tout de même statuer, comme il ferait s'il avait à faire œuvre
de législateur, en s'inspirant de la tradition et de la jurisprudence.
Quoi qu'il en soit, le droit créé par la jurisprudence nous amène à un triple
constat :
1 – la force et l'influence des autorités judiciaires;
2 - la liaison étroite entre les considérations de procédure et les règles de fond;
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Quant à la Cour de Cassation, elle peut avoir, soit une compétence d'appel, soit
une compétence de cassation, soit les deux à la fois. De plus en plus, pour éviter
un engorgement de la haute juridiction, on instaure un filtrage des pourvois en
cassation.
Quatre critères de filtrage sont possibles :
a) l’importance quantitative de l’affaire (Bulgarie), mais de petites affaires
peuvent soulever des questions de principe ;
b) les « moyens sérieux », mais c’est un critère imprécis ;
c) une divergence entre les juges du fond sur le même problème (Allemagne) ;
d) les affaires qui posent une question de principe (Angleterre).
L'existence d'une Cour suprême menace plus qu'elle ne garantit la suprématie de
la loi, car en évitant la contrariété des décisions de justice, on renforce
certainement l'autorité de la jurisprudence plus qu'on ne s’assure de l'application
correcte de la loi.
En effet la Cour suprême, qui est dotée d'un grand prestige, et qui est amenée à
examiner les questions sous un angle plus général, est tentée de devenir une
autorité rivale du législateur.
Peut-on demander à une Cour Suprême d’intervenir avant tout procès ? Peut-on
lui demander une interprétation de la loi in abstracto ? Cette possibilité n’est
admise qu’en Europe de l’Est : en Russie, la Cour Suprême peut adopter des
« RESOLUTIONS », qu’on appelait directives du temps de l’U.R.S.S. En
Bulgarie, la Cour Suprême prend des « décisions portant généralisation des
pratiques », ou encore « des décisions interprétatives », de même qu’en Lettonie,
et en Hongrie où elles ont force obligatoire et sont publiées au J.O. Pourquoi
cette différence entre l’Est et l’Ouest de l’Europe ? Parce qu’en Occident la
Cour Suprême est une véritable juridiction qui n’a pas le droit d’empiéter sur le
pouvoir législatif (principe de la séparation des pouvoirs ; alors qu’à l’Est, la
Cour Suprême est considérée comme un « élément avancé » du pouvoir
législatif. En fait, les droits d’Europe de l’Est et de l’Ouest se rapprochent. A
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l’Est, les interventions préventives des Cours Suprêmes ne sont que très
rarement contraignantes (elles l’étaient avant 1990 ) ; elles ne le sont plus en
Pologne, en Géorgie, en Slovaquie et en République Tchèque. A l’Ouest, de plus
en plus, il est permis aux juridictions inférieures de saisir la Cour Suprême sur
une difficulté d’interprétation : Suède, Irlande, France depuis 1991. Il ne s’agit
pas d’une interprétation in abstracto, mais bien in concreto lors
d’une affaire. Cet avis n’a évidemment aucune force obligatoire, sauf en Irlande
et en Pologne où il s’impose à la juridiction qui l’a demandé.
Dans beaucoup de pays du S.R-G. il y a des juridictions administratives:
Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Finlande, Italie, Suède, Amérique Latine,
Afrique. Dans certains pays, ces juridictions administratives relèvent de la même
cour suprême que les juridictions judiciaires: Belgique, Espagne, Suisse...
Lorsqu'il y a deux ordres de juridictions, on peut, comme en France, réserver les
affaires concernant l'Administration à l'ordre administratif, mais un autre
mécanisme est possible. En Belgique, aux Pays-Bas, en Suisse, les tribunaux
administratifs sont des juridictions d'exception qui ne sont compétentes que pour
les affaires que la loi leur attribue expressément. En dehors des juridictions
administratives, on peut trouver, dans différents Etats du S.R-G., d'autres ordres
de juridictions indépendants. L'Allemagne possède une cour suprême fédérale
pour le droit du travail, une pour la Sécurité Sociale, une pour le droit fiscal, une
pour la justice judiciaire, une pour la justice administrative. Il y a en quelque
sorte 5 ordres de juridictions. Seules les juridictions ordinaires et administratives
ont une compétence générale; les autres ont une compétence d'attribution. Même
situation en Suisse pour la douane, etc. Cela permet d'évoquer une autre
complication due, celle-là, au fédéralisme. Dans beaucoup d'états fédéraux il y a
deux hiérarchies judiciaires: une fédérale et une dans chaque état fédéré. (Cf.
infra le droit des Etats-Unis).
§ 2 – Les juges
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dévoilé, cependant qu’une note exprimant la position des juges de la minorité est
annexée au jugement.
Contrairement à un principe généralement admis dans le S.R-G., il peut se faire
que les juridictions soient obligées de suivre tel précédent ou telle jurisprudence.
Exemples :
en Allemagne, l'autorité du précédent s'attache aux décisions de la cour
fédérale constitutionnelle qui sont d'ailleurs publiées au J.O. fédéral;
idem en Argentine;
en Suisse, les juridictions cantonales sont liées par les décisions du
Tribunal Fédéral lorsque celui-ci a déclaré inconstitutionnelle une loi
fédérale.
Comme on le constate, le précédent ne s'impose que pour les décisions de la
justice constitutionnelle.
Section 4 : La doctrine
Pendant des siècles la doctrine a été la source fondamentale du droit dans le S.R-
G., et en particulier la doctrine universitaire. Aujourd’hui, on appelle « doctrine
» l’ensemble des travaux écrits consacrés au droit. La suprématie de la loi ne
s'est substituée à elle qu'assez récemment, avec le triomphe des idées
démocratiques et la généralisation de la codification. Il est certain que c'est
souvent la doctrine, notamment par le biais de la recherche universitaire, qui
forge le vocabulaire et les concepts juridiques qu'utilise ensuite le législateur. La
doctrine a aussi un rôle pédagogique indéniable.
Il peut être intéressant de voir comment s'exprime la doctrine. A ce propos, on
peut constater une différence notable entre la France et l'Allemagne. Les juristes
allemands (suisses aussi) s'expriment dans des codes annotés appelés
KOMMENTARE. Les codes annotés existent aussi en France, mais sont
destinés surtout à l'usage des praticiens, et ils sont plus brefs. Les juristes
français préfèrent les manuels, ou mieux le traité, à la rigueur le répertoire
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alphabétique. Cette différence est plus apparente que réelle, car d'une part les
KOMMENTARE contiennent de plus en plus de critiques et de développements
théoriques, et d'autre part les manuels et traités font une place de plus en plus
grande à la jurisprudence.
En revanche, les ouvrages doctrinaux italiens, espagnols et portugais sont très
particuliers car très dogmatiques. Ces ouvrages sont écrits le plus souvent par
des avocats et des conseillers juridiques plongés professionnellement, et en
permanence, dans cette jurisprudence qu'ils feignent d'ignorer.
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Deuxième partie
LE SYSTEME DE COMMON LAW
Introduction :
Les termes COMMON LAW ont plusieurs sens :
1°) dans un sens large, ils désignent le droit non écrit par opposition à la loi
écrite ;
2°) ils désignent aussi le droit commun à l'ensemble du royaume britannique par
opposition aux droits spécifiques à un groupe particulier;
3°) ils désignent encore cette partie du droit qui n'est, ni la législation du
Parlement, ni l'EQUITY;
4°) ils désignent enfin le droit anglo-saxon et normand par opposition au droit
d'origine romaine.
La Common law s'appuyait sur trois principes fondamentaux: le respect du
précédent judiciaire, le recours au jury pour statuer sur les points de fait du
litige, la suprématie du droit qui s'impose à toutes les personnes physiques ou
morales de droit public ou de droit privé.
Les juristes anglais définissent la Common law comme « le bon sens de la
communauté, regroupé et formulé par nos ancêtres » ( THE COMMON SENSE
OF THE COMMUNITY, CRYSTALLISED AND FORMULATED BY OUR
FOREFATHERS ).
Le droit de Common law (jadis fréquemment appelé droit judiciaire) est
enraciné depuis des siècles. Il est le produit de règles non écrites élaborées par
les tribunaux anglais qui ont fait œuvre créatrice. Ce droit a été repris et
remodelé par d'autres pays dont l'Irlande, les Etats-Unis, le Canada, l'Australie,
la Nouvelle-Zélande, pour ne citer que les principaux. Le droit de Common law,
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Première sous-partie
INTRODUCTION AU DROIT ANGLAIS
Le droit anglais ne peut pas être compris, dans son opposition aux différents droits du
S.R-G., si l'on ne prend pas en considération la manière différente dont les deux
systèmes juridiques se sont formés et développés au cours des siècles. L'histoire du
droit anglais commence en 1066 lorsque Guillaume le Conquérant, duc de Normandie,
devient roi d'Angleterre.
Avant la conquête normande, l'Angleterre est régie par un droit primaire que les
anglais qualifient d'anglo-saxon. Ce sont les normands et leurs descendants qui vont
peu à peu imposer un droit commun à tout le royaume.
droit canonique. C'est donc contre ces juridictions que va s'élaborer la comune ley,
droit anglais des cours royales de justice, celles-ci appelées communément du nom du
lieu où elles vont siéger à partir du XIIIème siècle, cours de Westminster.
Au début du Moyen-Age, le roi n'exerce que la « haute justice » par le biais de la
CURIA REGIS dans laquelle siègent ses serviteurs les plus proches et les grands du
royaume. La Curia Regis est la cour des grands personnages et des grandes causes ; ce
n'est pas une juridiction ordinaire ouverte à tous les justiciables. Au sein de la Curia
Regis, certaines formations vont, au XIIIème siècle, acquérir leur autonomie; c'est le
cas du Parlement, c'est aussi le cas de différentes commissions à compétence
juridictionnelle qui, cessant d'accompagner le roi dans ses déplacements, fixent leur
siège à Westminster : Cour de l'Echiquier (compétente pour les finances royales ),
Cour des Plaids (compétente pour la propriété foncière et la possession des
immeubles), Cour du Banc du Roi (compétente pour les affaires criminelles graves).
Le roi confia à des juges itinérants le soin de dire le droit et de trancher certains litiges
très importants, et ainsi d'assurer la paix royale sur tout le territoire de son royaume.
Ces cours royales ont accru peu à peu leur compétence, d'autant qu'elles étaient de plus
en plus sollicitées par les particuliers auxquels la justice royale apparaissait comme
très supérieure à celle des autres juridictions.
Seules les cours royales avaient les moyens d'assurer la comparution des témoins et de
faire exécuter les jugements. Le système de preuve y était aussi plus moderne: on
pouvait y prêter serment, à l'inverse des juridictions populaires et seigneuriales.
C'est ainsi qu'une jurisprudence (CASE LAW) s'est élaborée, et fut appliquée
uniformément à l'Angleterre et au Pays de Galles.
La Common law qui, à l'origine, était du droit public (les affaires de la couronne),
devint un système général comportant des règles pour toutes les situations, qu'elles
fussent de droit public ou de droit privé.
Ce droit jurisprudentiel (JUDGE-MADE LAW), où sont mêlées règles de procédure et
règles de fond, est rédigé dans les YEAR BOOKS de 1290 à 1536. A la fin du Moyen-
Age, les cours royales sont les seules à administrer la justice, mais jusqu'en 1875 elles
demeureront, au moins en théorie, des juridictions d'exception. Ce n'est qu'à cette date
qu'une grande réforme les transformera en juridictions de droit commun. En effet,
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jusqu'en 1875, saisir une cour royale n'est pas un droit, mais un privilège qu'on
sollicite de l'autorité royale, et que celle-ci n'accorde qu'à bon escient. En principe, le
justiciable s'adresse à un grand officier de la couronne et lui demande la délivrance
d'un WRIT (assignation ou bref), par l'effet duquel les juridictions royales vont
pouvoir être saisies, moyennant le paiement de droits à la chancellerie. Aujourd'hui
obtenir un WRIT est une simple formalité réduite à un formulaire type, alors qu'en
1227 il n'y avait que 56 cas permettant d'obtenir un WRIT. A chaque WRIT
correspondait une procédure différente et fort complexe. La procédure était très rigide
et très contraignante; la plus légère faute de procédure entraînait le rejet de l'affaire ou
un non-lieu: NO WRIT, NO RIGHT.
Les cours royales n'étaient que des juridictions d'exception, et les juristes ne recevaient
pas une formation universitaire théorique, mais seulement une formation pratique.
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La multiplication des lois est une rupture avec les siècles précédents où, s'il y avait
bien des lois, elles ne concernaient que le droit public et presque jamais le droit privé.
Ces lois nouvelles, rendues possibles par le REFORM BILL de 1832, (qui a permis
aux populations urbaines et à la classe ouvrière d'avoir une certaine représentation au
Parlement), ont opéré des réformes de fond, aussi bien en matière de propriété foncière
que de succession, faillite, sociétés commerciales, lettres de change etc.
Même si la loi est restée en Angleterre une source secondaire du droit, celle-ci n'a
cessé de croître aux cotés de la Common law et de l'equity. Le XXème siècle a encore
vu une accélération du processus de transformation du droit anglais. Cette
transformation provient principalement de 4 phénomènes.
1°) Le premier est, au lendemain de la 2ème guerre mondiale, le développement par le
Parti Travailliste de l'Etat-Providence (WELFARE STATE), qui s'efforce, en
Angleterre comme ailleurs, de mettre en place une société plus juste et plus égalitaire.
Il en a résulté une multiplication des textes législatifs et réglementaires, surtout dans le
domaine économique et social (impôts, commerce, éducation, santé, travail etc. ). Tout
cela s'étudie dans le cadre de l'ADMINISTRATIVE LAW. C'est plus qu'une évolution,
une révolution pour les juristes anglais. Pour ceux-ci, les lois ne représentent pas le
mode « normal » d'expression du droit: les lois écrites présupposent l'existence de la
Common law. Les lois écrites, expliquent-ils, ne sont que des additifs à la Common
law. Si toutes les lois écrites étaient abrogées, il subsisterait un système de droit,
quoique incomplet. Mais si la Common law était supprimée, les relations les plus
importantes de la vie n'auraient pas de cadre juridique. Les lawyers citent plus
volontiers une décision de jurisprudence qui applique une loi, que le texte de loi lui-
même. Pourtant le juge anglais considère le Parlement comme un organe qui lui est
supérieur, qui est souverain. En fait, le pouvoir judiciaire contrôle souverainement
l'application des lois nouvelles.
Remarquons que le droit anglais n'a pas de Journal Officiel, alors que celui-ci est
largement répandu dans les droits du S.R-G.: les lois sont regroupées dans les
STATUTES OF LAW REPORTS.
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Les Anglais eux-mêmes reconnaissent que leur système judiciaire est coûteux et
imprévisible, et que cela conduit les plaideurs à transiger avant l'audience dans plus
des 3/4 des procès civils. Le montant des frais à la charge du perdant, trop souvent
supérieur à l'enjeu du litige, rend la justice inaccessible aux classes moyennes, à la
différence des catégories plus aisées, ou des plus pauvres qui bénéficient de l'aide
judiciaire (LEGAL AID ACCESS TO JUSCTICE ACT 1999). Celle-ci a pour
particularité de ne pas être forfaitaire comme en France, mais de couvrir l'intégralité
des frais de justice (la procédure étant accusatoire, le travail de mise en état de la cause
est à la charge des parties), y compris les honoraires des auxiliaires de justice. En
Angleterre, le montant des honoraires des avocats est très élevé.
La pyramide judiciaire repose sur 2 types de juridictions: les cours supérieures et les
juridictions inférieures, ce qui rappelle, sans toutefois y correspondre, la distinction au
Moyen-Age entre haute et basse justice.
Les juridictions inférieures, qui ont une compétence d'attribution, sont uniquement
chargées de trancher les litiges; les cours supérieures, qui ont une compétence de droit
commun, doivent aussi, en plus, dire le droit. En ce sens, on peut dire qu'elles
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de première instance et les décisions sont prises par un juge unique. Elle est parfois
saisie de recours sur des problèmes relatifs à la famille contre les décisions des cours
de comté et des tribunaux de première instance: pour ces appels, la cour doit
comporter deux juges ou plus. Elle statue sur moins de 100 appels par an.
§ 2 - Crown Court.
La Cour de la Couronne a été créée en 1971. Elle est compétente en matière criminelle
bien que l'Angleterre ignore la distinction tripartite des infractions, que l'on rencontre
très souvent dans le S.R-G.: contravention, délit, crime. Pour faciliter la répartition des
tâches au sein de la CROWN COURT, les crimes et délits relevant d’une procédure
courante et dont la tentative est punissable ( INDICTABLE OFFENCES ) sont divisés
en 4 catégories:
1°) ceux jugés par un juge de la HIGH COURT, comme la trahison, l'assassinat etc.;
2°) ceux jugés par un juge de la HIGH COURT ou un CIRCUIT JUDGE, comme
l'homicide involontaire, l'infanticide, le viol, l'inceste, la piraterie etc.;
3°) ceux jugés par un CIRCUIT JUDGE ou un RECORDER: voies de fait, coups et
blessures volontaires, vol qualifié, faux et usage de faux;
4°) ceux qui peuvent être jugés par n'importe quel juge: les autres délits.
Il peut y avoir un jury de 12 personnes si l'accusé plaide non coupable, c'est-à-dire
dans 30 % des cas seulement. Le JURIES ACT de 1974 organise la composition des
jurys, en énumérant les conditions requises, les interdictions et les incompatibilités, les
modalités du tirage au sort, les possibilités d'excuse et de récusation.
Les juges qui composent la Crown Court sont des juges de la Haute Cour, des juges
itinérants ( CIRCUIT JUDGES ) et des juges à temps partiel ( RECORDERS ).
Quelquefois des juges venant des cours de comté se joignent à eux. La Crown Court se
décompose en une Cour criminelle centrale de Londres appelée OLD BAILEY
et 92 centres répartis en Angleterre et au Pays de Galles (ainsi s'explique l'existence de
CIRCUIT JUDGES). Il y a 6 circuits. Les CIRCUIT JUDGES sont environ 550 ; les
RECORDERS, qui siègent un mois par an, sont environ 900. La CROWN COURT est
saisie de 100.000 affaires par an. En appel, dans une formation de jugement composée
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de 2 à 4 magistrats, elle juge les décisions ou les peines fixées par les
MAGISTRATES (20.000 appels par an).
Rappelons que la procédure pénale anglaise, à la différence de celle de la France et de
l’Allemagne qui sont inquisitoires, est accusatoire (il n'y a pas de Code de Procédure
Pénale comme en France), et résulte de l'application d'un certain nombre de textes se
référant aux pouvoirs de la police, des tribunaux etc. La victime (partie civile ) ne
participe pas au procès pénal : pour les juristes de Common Law, la participation de la
victime nuirait au déroulement du procès, en alourdissant inutilement les débats, et en
risquant de compromettre l’équilibre entre l’accusation et la défense. Signalons qu’il
existe des infractions dites simplifiées, à procédure sommaire (SUMMARY
OFFENCES). En pratique, la tradition orale domine le procès pénal anglais; les
procès-verbaux d'audition de témoins, faits par la police, ne sont pas communiqués au
tribunal, et ne constituent pas à l'audience des preuves recevables, à l'exception du
procès-verbal d'aveu de l'accusé. Précisons aussi que le système pénal anglais accorde
des réductions de peine considérables aux accusés qui plaident coupables.
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qui posent des questions fondamentales du droit. Ce recours est assez exceptionnel,
entre 40 et 60 affaires par an (moins de 100), et de plus il y a un filtrage par la Court of
Appeal et par la Chambre des Lords elle-même.
La Chambre des Lords n'est pas liée par la règle « nullum crimen ». Elle peut entendre
un « amicus curiæ » qui donnera un avis sur un point litigieux. Cette haute juridiction
tend à unifier les décisions des cours du Royaume-Uni en autorisant, dans l'intérêt de
la justice, les appels dirigés non seulement contre les décisions rendues par les
juridictions supérieures d'Angleterre, mais également contre celles rendues par les
juridictions supérieures d'Ecosse (uniquement en matière civile) et d'Irlande du Nord.
Introduire un tel recours devant la Chambre des Lords n'est pas un droit; comme on l'a
dit, il faut y être autorisé par la Court of Appeal ou la Chambre des Lords elle-même.
La loi de 1969 sur l'administration de la justice a institué une nouvelle forme d'appel
pour les poursuites civiles, qui permet d'aller directement de la Haute Cour devant la
Chambre des Lords, en passant par-dessus la Court of Appeal. Cette procédure, dite de
« saute-mouton», doit remplir un certain nombre de conditions strictes. Le recours à
une juridiction supérieure s’appuie :
soit sur la notion de FAIR HEARING (loyauté de la procédure) ;
soit sur la notion de MISCONDUCT (conduite blâmable de l’arbitre).
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Les cours d'appel, y compris la Chambre des lords, peuvent référer une cause au
comité judiciaire.
Tout tribunal, si un officier juridique en fait le choix, peut référer une cause au
comité judiciaire.
Les officiers juridiques peuvent aussi référer au comité judiciaire toute question
non reliée à un projet de loi ou à un litige.
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a 223 cours de comté pour l'Angleterre et le Pays de Galles, avec des juges itinérants
chargés chacun de 2 cours ou plus. Dans la mesure où les cours de comté sont des
juridictions de première instance, un seul juge statue. Dans chaque cour de comté il y a
donc un Circuit Judge, mais aussi un DISTRICT JUDGE (juge de district). Les juges
de district sont au nombre de 334.
Les Circuit Judges (environ 450) sont nommés à vie par la reine sur proposition du
Chancelier. Ces juges, très appréciés des justiciables, sont souvent des barristers
expérimentés; quelquefois ce sont des juges à temps partiel (RECORDERS) choisis
parmi les solicitors ayant un certain nombre d'années de pratique. Les juges de district
ont remplacé les REGISTRARS (juges-greffiers). Ils ne sont compétents que pour les
affaires mineures de moins de 5.000 £, et ont une activité plus conciliatrice que
judiciaire, dans le cadre de ce que l'on appelle les petites demandes en justice (SMALL
CLAIMS PROCEDURE). Ces cours de comté sont devenues, en 1990, des juridictions
de droit commun, sauf si l'affaire porte sur un montant élevé: plus de 30.000 ou 50.000
£ selon les cas. L'appel contre leurs décisions a lieu devant la Court of Appeal, civil
division: depuis 1999, il doit être autorisé sauf lorsque la liberté individuelle est en jeu.
Les compétences des cours de comté sont assez étendues: contrats, responsabilité
civile à l'exclusion de la diffamation, problèmes relevant de l'equity (hypothèques,
trusts etc.), faillites, successions, adoptions, loyers, crédit etc.
Pour soulager la FAMILY DIVISION, la loi de 1967 sur les affaires matrimoniales a
donné aux cours de comtés une compétence limitée en matière de divorce, notamment
dans le cas de divorce par défaut.
§ 2 - En matière pénale.
Par rapport au S.R-G., l’organisation de la justice pénale est très originale. Elle repose
sur la distinction entre infractions mineures et infractions graves.
1°) Les juges de paix (JUSTICES OF THE PEACE). Ils remontent au XlVème siècle,
et siègent de nos jours dans 900 tribunaux de première instance. Ces tribunaux font la
majeure partie du travail judiciaire pénal (98 % des poursuites pénales). Les
JUSTICES OF THE PEACE sont des non juristes, des non professionnels, et même
des bénévoles, c'est-à-dire qu'ils exercent à titre gratuit. Il y a environ 40 % de
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femmes. Ce sont des personnalités locales, des notables, volontaires, qui travaillent à
temps partiel (LAY MAGISTRATES). Ils s'engagent à siéger une demi-journée, 26
fois par an. L'Etat rembourse leurs frais et dédommage modestement la perte de
revenu. Aujourd'hui, le recrutement est transparent et dépolitisé : un comité de
sélection trie les candidats qui ont répondu à une annonce.
Les juges de paix sont environ 30.000. Pour statuer, il faut qu'ils soient au moins deux
(ils peuvent être jusqu'à 7). Ils sont aidés dans leur tâche par un CLERK TO THE
JUSTICES, c'est-à-dire un juriste (en général un solicitor), sorte de greffier qui les
conseille sur les points de droit et de procédure, et s'acquitte du travail administratif du
tribunal. L'influence du clerk est généralement prépondérante. Pour les affaires
familiales et celles concernant des mineurs, il faut au moins un homme et une femme.
Les juges de paix siègent dans les villages et les petites villes, et jugent les infractions
mineures (SUMMARY ou PETTY OFFENCES). La condamnation ne peut dépasser 6
mois d'emprisonnement ou 1.000 £ d'amende. Ils ont la réputation d'être assez sévères
et sont redoutés des délinquants. Leur jurisprudence est parfois chaotique: pour une
même affaire, suivant le moment de la semaine où elle est appelée à l'audience (la
composition de la juridiction change toutes les demi-journées), les accusés peuvent
être condamnés à un mois de prison ou à une simple remontrance.
2°) Les STIPENDIARY MAGISTRATES (90). Dans les grandes villes, on trouve des
magistrats professionnels rémunérés par la couronne, nommés à vie et employés à
plein temps. Ils sont recrutés parmi les barristers, et les solicitors ayant au moins 7 ans
d'expérience. Ils jugent seuls les affaires pénales importantes (INDICTABLE
OFFENCES), et décident, dans une procédure préliminaire, s'il y a lieu de renvoyer
l'inculpé devant la Crown Court. Le STIPE, comme on l'appelle communément, peut
siéger seul.
Les justices de paix (MAGISTRATES' COURTS), au nombre de 550, ont aussi, pour
être complet, une petite compétence civile très limitée en matière de pension
alimentaire. Pour gérer toute cette organisation judiciaire, on a créé, en 1995, le
COURT SERVICE sous la forme d'une Agence indépendante.
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§ 3 - En matière administrative.
Il n'y a pas en Angleterre de juridictions administratives. Toutefois le droit anglais,
souple et imaginatif, possède, à l'instar du droit américain mais de manière moins
marquée, une sorte de contentieux quasi judiciaire, avec des organismes compétents en
matière administrative. Près de 2.000 organismes, très actifs et très variés dans leur
composition (en principe des non juristes), appelés BOARDS, TRIBUNALS,
COMMISSIONS, selon les situations en jeu, rendent, sous le contrôle de la Haute
Cour, des décisions ou des avis qui s'imposent à tous. Certaines affaires doivent
d'abord être jugées par ces organismes pour, ensuite, pouvoir être déférées devant la
Supreme Court of Judicature, où des juges sont spécialisés dans les affaires
administratives. Mais ces organismes n'appartiennent pas au pouvoir judiciaire. Ce
sont les modalités du contrôle exercé par les ADMINISTRATIVE TRIBUNALS qui
constituent aujourd'hui l'essentiel d'une branche nouvelle du droit anglais:
l'ADMINISTRATIVE LAW. Il existe une ADMINISTRATIVE LAW BAR
ASSOCIATION.
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introduisent des recours contre les décisions administratives, il est essentiel que le
pouvoir judiciaire échappe à l'emprise du Gouvernement. En Angleterre,
l'indépendance de la magistrature repose non pas sur des garanties constitutionnelles,
mais sur un mélange de règles légales et de règles de Common law, de conventions
constitutionnelles et de pratique parlementaire, consolidés par la tradition et l'opinion
publique.
§ 2 - Statut.
Le travail des juges consiste à trancher les litiges. A cette fin, leur tâche est souvent de
définir les intentions du législateur et d'appliquer la jurisprudence. Théoriquement ils
ne peuvent créer le droit. Mais lorsqu'il n'y a pas de règle de droit préexistante pour
résoudre une situation donnée, ou lorsque la décision est laissée à la discrétion du juge,
ils doivent établir de nouvelles règles qui constitueront des précédents. En ce sens ils
créent bien le droit.
Avant la loi constitutionnelle de 1701 qui a décidé que les salaires des juges devaient
être « fixes et assurés », le roi exerçait un contrôle important sur ses juges par le biais
des pressions financières. Les salaires des juges des cours supérieures sont désormais
fixés par la loi et prélevés sur le budget de l'Etat.
Les juges des cours supérieures (High Court, Court of Appeal et Chambre des Lords)
sont inamovibles, sauf faute de conduite grave. Ils peuvent être démis de leurs
fonctions sur requête des deux chambres du Parlement.
Un certain nombre de règles servent à protéger les juges. Ils sont isolés de la politique
par le fait qu'ils ne peuvent, ni être députés à la Chambre des Communes, ni faire de
propagande en faveur d'un parti politique. L'exécutif doit s'abstenir de tout
commentaire sur leurs activités, et la réciproque est vraie. Les juridictions
s'abstiennent de tout examen de la régularité des procédures parlementaires. Enfin les
juges sont protégés contre toute action en justice pour les discours prononcés ou les
actes commis dans l'exercice de leurs fonctions, et alors qu'ils croyaient sincèrement
agir dans le cadre de leur juridiction.
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CHANCELLOR. Ce sont des salaires très élevé: plus de 80.000 £ par an pour les juges
supérieurs.
3°) Les juges : sources du droit. Si le pouvoir judiciaire, pour les anglais, se limite aux
seules juridictions supérieures, c'est parce que seuls les juges des cours supérieures
peuvent énoncer le droit, en ce sens que seules leurs décisions peuvent créer des
précédents qui ont force obligatoire. Il faut toutefois admettre, qu’en droit positif
anglais, le juge ne peut pas relever d’office un point de droit contre la volonté des
parties au procès.
4°) Les juges ont les moyens de se faire respecter avec la procédure de CONTEMPT
OF COURT (CONTEMPT OF COURT ACT de 1981). Le prestige des juges anglais
ne tient pas qu'à leur magnifique costume et à leur perruque. Le CONTEMPT OF
COURT correspond à notre notion d'outrage à magistrat, mais dans un sens beaucoup
plus large. Les tribunaux anglais, inférieurs et supérieurs, disposent de pouvoirs
péremptoires pour appeler à comparaître, sans délai, celui qui s'est rendu coupable de
CONTEMPT OF COURT, et pour le juger sur-le-champ, de manière aussi expéditive
que catégorique ex: le fait de refuser de verser, à une victime, l'indemnité qu'a
prescrite un tribunal, peut être assimilé à un contempt of court. C'est assez dissuasif, et
renforce l'autorité de la chose jugée. Les juges anglais n'utilisent pas cette procédure si
c'est leur personne qui est attaquée.
La procédure de contempt of court leur sert, non à se défendre eux-mêmes, mais à
faire respecter les citations, les ordonnances et les décisions de justice, bref à assurer le
bon fonctionnement de la justice. Cette procédure existe aussi aux Etats-Unis et en
Inde.
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1993. Il y a aujourd'hui une telle masse de décisions prises par les juges anglais
(CASES) qu'il est bien rare de trouver du nouveau, et de pas avoir, pour une affaire
quelconque présentée à un avocat anglais, un précédent de jurisprudence ; si l'avocat
trouve un case qui y correspond, cela rend toute discussion inutile devant les
tribunaux. Le rôle des avocats anglais est donc, en grande partie, de trouver pour leurs
clients la solution que le juge pourra appliquer immédiatement. Puisqu'on sait qu'il
l'appliquera immanquablement, il est inutile de faire les frais d'un procès; voilà
pourquoi on peut dire que le droit anglais est un droit judiciaire, et expliquer en même
temps qu'il y a beaucoup moins d'affaires portées devant les tribunaux que dans le S.R-
G., et par conséquent moins de juges.
Les barristers sont nécessairement membres de l'une des INNS OF COURT qui
existent à Londres (certains traduisent Inns of court par « écoles de droit »). Il y en a 4
: INNER TEMPLE, MIDDLE TEMPLE, GRAY'S INN, LINCOLN'S INN. Il en est
ainsi même s'ils demeurent et exercent en province. C'est ce qui explique qu'ils
constituent un milieu très homogène où tout le monde se connaît.
L'Inn joue un peu le rôle d'un club, et contribue à instaurer une confiance réciproque,
pour le plus grand profit de la justice. Les 4 Inns coopèrent au sein d'un Conseil
Général du Barreau unique en Angleterre, puisqu'il n'y a qu'un seul barreau, celui de
Londres. La déontologie n'est pas fixée par une loi mais uniquement par cet
organisme. Une des règles veut que, sauf exception, un barrister ne doit recevoir
d'instructions que d'un solicitor, et par conséquent n’a pas de contact direct avec son
client.
Les plus réputés d'entre eux ( 10 % ) peuvent accéder, par décision du Chancelier, à la
dignité de QUEEN'S COUNSEL (conseiller de la reine). On les appelle aussi
SENIORS BARRISTERS ou encore SILKS, du fait qu'ils ont le droit de porter la robe
de soie au lieu de la robe de coton ordinaire. Devant les juridictions supérieures, la
tradition veut que le barrister porte robe et perruque (WIG).
§ 2 - Les solicitors.
Les solicitors sont répartis dans tout le pays. Autant la mission de barrister est étroite
(plaider), autant celle de solicitor est étendue. Les attributions des solicitors sont
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D'autres personnes que les barristers et les solicitors peuvent donner des conseils
juridiques. On peut recenser:
1) les PATENT AGENTS, chargés du dépôt des brevets et marques;
2) les notaires chargés d'authentifier certains documents et contrats. Beaucoup de
notaires sont également solicitors.
3) les LICENSED CONVEYANCERS sont compétents en matière de cessions
immobilières. Beaucoup travaillent dans des organismes octroyant des prêts
immobiliers.
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Dans les REASONS données par le juge anglais à l'appui de sa décision, le juriste doit
distinguer ce qui est le support nécessaire de la décision ( ratio decidendi ), et ce que le
juge peut avoir déclaré sans nécessité absolue ( obiter dictum ).
Seule la ratio decidendi constitue le précédent ; l'obiter dictum n'a qu'une valeur de
persuasion. Aujourd'hui, en Angleterre, la règle du précédent fonctionne aussi bien
dans le cadre de la common law que de l'equity. Le pouvoir « discrétionnaire » que
possèdent les cours anglaises, en ce qui concerne l'application des règles de l'equity, ne
doit pas tromper: les juges tiennent compte scrupuleusement des précédents. On peut
dire que la règle du précédent incite les juges à la plus grande prudence.
La règle du précédent joue également, bien que ce soit plus contestable et contesté,
pour l'interprétation des lois (STATUTE LAW) ; Pour que la règle du précédent
s'applique bien, il faut que les décisions de jurisprudence soient publiées. Or toutes ne
le sont pas. Sont publiées: 75 % des arrêts de la Chambre des Lords; 25 % des arrêts
de la Court of Appeal; 10 % des décisions de la High Court of Justice. La non
publication permet d'éliminer, de fait, un grand nombre de décisions que l'on ne tient
pas à voir considérer comme des précédents.
Même avec les banques de données informatisées, il faut, pour citer un arrêt non
publié de la Chambre des Lords, l'autorisation préalable de celle-ci. Il y a, comme dans
le S.R-G., des recueils de jurisprudence avec nom et date des décisions.
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Deuxième sous-partie
APERCU SUR LE DROIT AMERICAIN
INTRODUCTION HISTORIQUE
Les premiers établissements coloniaux anglais s’installent sur le territoire américain au
XVème siècle.
En 1722, 13 colonies s’étaient constituées. Les colons britanniques, en vertu du
CALVIN’S CASE jugé en 1608, transportent avec eux la common law lorsqu’ils
s’installent sur un territoire vierge. En 1788, sir W.BLACKSTONE écrivait dans la
8ème édition de ses Commentaries : « Si un pays inhabité est découvert et peuplé par
des sujets anglais, toutes les lois anglaises alors en vigueur, qui sont le droit de leur
naissance, s’appliquent immédiatement ». Encore faut-il que les règles de la common
law soient appropriées aux conditions de vie locale. Cette restriction de principe va
permettre à la common law de s’adapter en
Amérique, et de développer des éléments originaux différents des caractères de la
common law anglaise. En effet, les problèmes qui se posent aux colons sont bien
différents de ceux des habitants du royaume britannique, et peu de juristes ont émigré
de l’autre côté de l’Atlantique, avec pour conséquence que souvent la réponse de la
common law à tel ou tel problème juridique est tout simplement ignorée ou n’existe
pas.
L’origine des colons est extrêmement variée : marchands en Virginie, puritains à
Boston, Quakers en Pennsylvanie, suédois et hollandais au Delaware etc. De surcroît,
il n’y a pas eu de féodalité. En fait, les juges en Amérique inventent le droit, souvent
en s’inspirant de la Bible. Ces règles sont parfois réunies dans des codes qui, comme
on le verra, sont différents de nos grands codes. C’est ce qui explique que les
américains éprouveront moins de méfiance à l’égard de la loi écrite que les anglais.
Le XVIIIème siècle voit la common law se développer et se renforcer aux Etats-Unis.
L’indépendance américaine, proclamée en 1776 et définitivement acquise en 1783,
incite les américains, alliés pour la circonstance aux français qui n’apparaissent plus
comme des rivaux ou des ennemis ( Louisiane achetée en 1803 ), à « autonomiser »
leur droit par rapport au système juridique anglais ( celui de l’oppresseur ). En outre,
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les américains sont séduits par l’école du Droit Naturel ( n’oublions pas qu’ils ont
adopté une Déclaration des Droits, BILL OF RIGHTS ), et par les partisans de la
codification ( influence des américains d’origine française de Louisiane, cet Etat ayant
un droit très proche du nôtre ).
Si le droit des Etats- Unis appartient incontestablement à la famille de la common law
par ses concepts, ses modes de raisonnement, ses sources, il comporte des caractères
originaux nombreux qui le rapprochent du S.R-G. En effet, beaucoup de règles de la
common law n’ont pas été adoptées par le droit américain parce qu’elles étaient
inadaptées, ou parce qu’elles n’étaient pas d’origine judiciaire. Les règles de droit de
la common law adoptées aux Etats-Unis sont celles qui s’appliquaient en Angleterre
avant 1776.
Par conséquent, les développements de la common law, qui se sont produits en
Angleterre après 1776, n’ont pas forcément été importés aux Etats-Unis. L’essor des
deux droits anglais et américains, depuis cette date, s’est fait indépendamment l’un de
l’autre, d’autant que la petite colonie, installée sur la côte Est, est devenue la première
puissance mondiale. En quelque sorte, depuis plus de 200 ans, l’Histoire a séparé ces
deux droits..
Mais il y a aussi des différences non négligeables, dues à de multiples facteurs.
L’Angleterre est une île, les Etats-Unis sont un continent, un pays neuf, peuplé
d’émigrants venus du monde entier. L’Angleterre est un Etat unitaire, les Etats-Unis
sont un Etat fédéral.
Idéal de vie, culture et même langue, ne sont pas identiques.
Cela a abouti à deux droits qui appartiennent certes à la même famille, mais qui
comportent des différences notables dans leurs structures et leurs concepts, suffisantes
pour justifier une étude séparée. Les Etats-Unis ont une Constitution assortie d’une
Déclaration des Droits qui est la loi suprême, et un contrôle de constitutionnalité a été
instauré pour faire respecter cette loi suprême, à la différence du Royaume-Uni.
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fédéré applique la Common Law, mais la sienne, celle qu’il a adaptée, certes proche de
celle de ses voisins, mais pas identique. Le droit aux Etats-Unis est, comme en
Angleterre, jurisprudentiel. Quand il n’y a pas de précédent, le juriste américain dit
volontiers : « There is no law on the point », c’est-à-dire « il n’y a pas de règle de
droit sur la question », alors même qu’il existe une disposition législative.
Pour le juriste américain, plus que la loi, c’est ce qu’en fait le juge qui est important.
Comme en Angleterre, les droits de l’individu sont très protégés: le 14ème
amendement de la Constitution ne dispose-t-il pas qu’aucun Etat ne peut « refuser à
une personne relevant de sa juridiction la protection égale de la loi ».
Autre particularité qu'il convient de souligner, la longueur considérable des contrats.
Leurs rédacteurs cherchent à couvrir toutes les hypothèses possibles, en tout cas toutes
celles qui ont donné lieu à une jurisprudence particulière. Seuls des juristes
expérimentés peuvent déchiffrer des documents de centaines de pages.
Il est hors de question d’étudier, dans le détail, le droit américain qui est très riche et
très complexe. Il convient simplement de souligner les différences importantes qui
existent entre droit anglais et droit américain, qui appartiennent au même système :
la COMMON LAW.
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Pourquoi cette règle ? Parce qu’à l’origine les 13 colonies sont assez différentes les
unes des autres: les hollandais sont à New York, les suédois en Pennsylvanie, les
français en Louisiane etc. Les économies et les religions diffèrent aussi.
Dans les matières où le Congrès peut légiférer, la compétence des Etats fédérés n’est
pas exclue, même si elle est résiduelle. La législation des Etats ne peut pas, dans ce
cas, contredire la législation fédérale ; elle peut simplement ajouter, compléter ( ex: en
matière fiscale ).
Aux Etats-Unis, le fond du droit est constitué par un corps de règles non écrites. Ce
sont celles reconnues par les cours de justice et les principes qui se dégagent de la
jurisprudence. C’est bien la common law. Mais existe-t-elle dans le cadre fédéral ou
dans le cadre des Etats, ou bien les deux ? De prime abord la réponse semble évidente:
il y a une common law fédérale pour les matières réservées à l’Etat fédéral, et une
common law pour chaque Etat fédéré.
Mais la situation n’est pas aussi simple.
D’abord, si l’Etat fédéral ne légifère pas, il y a la compétence résiduelle des Etats, et
donc les juridictions peuvent développer des règles de common law. Ensuite, il y a
aux Etats-Unis une double hiérarchie de juridictions ; or la compétence de l’une et
des autres n’est pas calquée sur les mêmes principes que la compétence législative
reconnue au Congrès et aux Etats. Cela signifie qu’une juridiction d’un Etat fédéré
peut trancher un litige portant sur des questions de droit fédéral. Inversement, une
juridiction fédérale peut connaître d’un litige relatif à une question d’une matière qui
n’est pas de la compétence législative du Congrès.
Une loi fédérale promulguée en 1789, le JUDICIARY ACT, devrait résoudre la
question. Cette loi prescrit aux juridictions fédérales, pour les matières non couvertes
par une loi fédérale, d’appliquer « THE LAWS » ( les lois ) d’un Etat déterminé.
B. La compétence législative des Etats fédérés
La compétence des Etats fédérés demeure très grande, en matière de production du
droit, malgré le fédéralisme. Les Etats-Unis sont divisés en 50 Etats; il y a donc une
très grande variété de règles, que ce soit pour le droit pénal, le droit civil, le droit
commercial, le droit fiscal etc. Il y a aux Etats-Unis 83.000 pouvoirs publics locaux
qui produisent du droit : les règles s’appellent ORDINANCES, RESOLUTIONS, alors
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que les lois proprement dites, votées par les Parlements des Etats, sont appelées
STATUTES.
Et de fait, les droits des Etats fédérés se ressemblent beaucoup. Si une solution est
sensée, conforme aux grands principes, elle est imitée partout. La matière des conflits
de lois n’est pas réglée par une loi fédérale. Chaque Etat peut avoir son propre système
de conflit de lois ; nous n’entrerons pas dans ce maquis, qui fait le bonheur et la
fortune des lawyers.
Parmi les fédéralismes que l'on peut rencontrer dans le monde, le fédéralisme
américain est le seul qui superpose deux niveaux de gouvernement dans les trois
grandes fonctions de l'Etat: législative, exécutive et judiciaire. Cette originalité crée
une complexité du droit très grande.
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fonctionnaires.
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Enfin si les deux langues sont très voisines, les termes juridiques employés diffèrent
souvent. Il vaut mieux utiliser un dictionnaire américain lorsqu’on étudie le droit
américain.
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§ 2 - L’organisation judiciaire.
Il y a deux hiérarchies judiciaires: une fédérale et une pour chaque Etat fédéré. A la
différence des autres Etats fédéraux ( Allemagne, Australie, Canada ), où l’on ne
trouve des juridictions fédérales qu’au sommet de la hiérarchie, les Etats-Unis ont
adopté un système original, indéniablement plus complexe. On trouve des juridictions
fédérales dans tous les Etats fédérés, et elles doivent, dans un certain nombre de cas,
être saisies en première instance.
Les juridictions américaines ne sont pas divisées en ordres juridictionnels différents
suivant les domaines du droit. En principe, les affaires civiles, pénales ou
administratives, sont tranchées par les mêmes juridictions. Les voies de recours, bien
qu’assez nombreuses, sont limitées aux seuls points de droit ; il est très rare que la
juridiction d’appel réexamine les faits.
Comme dans le S.R-G., l'organisation judiciaire est placée sous l'autorité d'un
ministère de la justice ( DEPARTMENT OF JUSTICE ), créé depuis 1789.
Remarquons que deux services, qui en France relèvent du Ministère de l'Intérieur, sont
rattachés au DEPARTMENT OF JUSTICE: le service de l'immigration et du contrôle
des frontières ( IMMIGRATION & NATURALIZATION SERVICE ), et le F.B.I.
( FEDERAL BUREAU OF INVESTIGATION ), qui n'est pas considéré, aux Etats-
Unis, comme un véritable service de police ( celle-ci est confiée aux Etats ).
Le F.B.I., créé en 1908 par Théodore ROOSEVELT, est chargé, officiellement,
d’enquêter sur les violations des lois fédérales, à l’exception de celles qui sont
spécialement confiées à d’autres organismes, comme la lutte contre la fausse monnaie
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Chaque circuit comprend au moins 3 Etats. Elles comptent, au total, environ 180 juges
qui siègent, normalement à 3, dans les différentes villes du ressort de la cour ( 24
postes sont vacants ). Elles sont saisies de 40.000 affaires par an. Elles jugent en appel:
a) les décisions des cours de districts;
b) les décisions de l’U.S. TAX COURT ( juridiction fiscale );
c) les décisions des divers organismes administratifs (agencies, boards etc. ), mais
uniquement pour mauvaise application de la loi ( erreur de droit ).
3°) La COUR SUPREME (C.S.).
La Cour Suprême ( C.S. ) des Etats-Unis est certainement l'institution judiciaire la plus
célèbre dans le monde. Son rôle le plus connu est constitutionnel.
Depuis l'arrêt MARBURY v. MADISON de 1803, la Cour s'est arrogé le droit de
contrôler la constitutionnalité des lois votées par le Congrès, des actes de l'Exécutif,
des normes juridiques élaborées par les Etats.
Si ce pouvoir de contrôle de constitutionnalité peut sembler considérable, il convient
de rappeler que, dans la majorité des cas, la Cour n'invalide pas les textes qu'elle
examine. La jurisprudence constitutionnelle de la Cour Suprême touche tous les
domaines: l'économie, les libertés, l'enseignement, la religion, les droits civiques,
l'avortement etc. Tantôt conservatrice, tantôt progressiste, la C.S. a toujours été guidée
par deux objectifs : élargir constamment ses compétences et favoriser la centralisation.
La C.S. est la seule juridiction fédérale mentionnée dans la Constitution ( article 3,
section 1 ). Les autres sont des créations de la loi. La C.S. est placée au sommet de
la hiérarchie judiciaire. Elle est composée de 9 juges: un Président ( depuis 1986,
CHIEF JUSTICE William H. REHNQUIST ) et 8 juges ( ASSOCIATE JUSTICE ),
tous nommés par le Président des Etats-Unis avec l'accord du Sénat. Depuis 1789, le
Sénat n'a refusé qu'une trentaine de nominations. Il est parfaitement admis aux Etats-
Unis que le critère politique joue un rôle déterminant dans le choix du Président, mais
depuis quelques années d'autres considérations interviennent.
Aujourd'hui, l'usage veut qu'il y ait un juge noir, un juge catholique, un juge juif, une
ou plusieurs femmes, et qu'un certain équilibre soit respecté, sinon entre les Etats, du
moins entre les régions des Etats-Unis. La nomination des juges de la C.S. donne lieu à
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une activité très intense des divers groupes de pression. Les juges de la C.S. sont
nommés à vie.
En cas d'infraction grave, la procédure d'IMPEACHMENT permet de les destituer,
mais déclenchée 4 fois dans l'histoire des Etats-Unis, elle n'a jamais abouti. Bien que
constituant un collège unique, les neuf juges font connaître leur opinion individuelle
pour chaque affaire, sauf lorsque, exceptionnellement, la C.S. décide de rendre sa
décision « per curiam », c'est-à-dire par la cour tout entière.
Du point de vue judiciaire, la C.S. a une double compétence: une compétence de
première instance ( ORIGINAL JURISDICTION ) et une compétence d'appel
(APPELATE JURISDICTION ).
La C.S. n'accepte d'examiner qu'une centaine d'affaires par an, principalement les
conflits de juridictions, c'est-à-dire les conflits entre cours fédérales d'appel, entre
Cours Suprêmes d'Etats, ou entre cours fédérales et Cours Suprêmes d'Etats.
En définitive, elle ne juge que 0,5 % des affaires qui lui sont soumises. Dans le cas où
la C.S. refuse de se saisir d'une affaire, c'est le jugement de la dernière juridiction
saisie qui devient irrévocable. Toutefois, le refus de la C.S. de connaître d'une affaire
n'implique en aucun cas que les juges approuvent ou désapprouvent la décision des
juridictions inférieures. La jurisprudence de la C.S. bénéficie d'un grand prestige, et
bien sûr ses décisions constituent des précédents qui s'imposent à toutes les
juridictions. Mais le fait que ses membres puissent exprimer des opinions dissidentes
( DISSENTING OPINION ), ou individuelles ( CONCURRING OPINION ), ne
facilite pas la détermination de la « ratio decidendi ».
Le rôle du Président de la C.S.,
lorsqu'il possède une forte personnalité ou jouit d'un certain charisme, est primordial.
La C.S. est la plus haute instance du pouvoir judiciaire fédéral qu’elle incarne presque
sans partage. Gardienne et interprète de la Constitution, très sensible aux courants
d’opinions, elle joue un rôle politique de premier plan en définissant, à chaque période
de l’histoire américaine, l’idéologie politique qui doit inspirer l’action de toutes les
institutions.
Lorsqu’elle constate que les pouvoirs exécutif et législatif sont impuissants, la C.S.
n’hésite pas à imposer, à certains problèmes politiques, ses propres solutions
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Il faut être très attentif lorsqu’on étudie l’organisation judiciaire aux Etats-Unis, car
des juridictions des Etats portent le même nom que des juridictions fédérales.
Tout en bas de la hiérarchie, on trouve les tribunaux de première instance. Il s’agit de
tribunaux municipaux, des justices de paix ou des tribunaux spécialisés, compétents
par exemple pour non respect des règles de conduite automobile (non respect des
ordonnances municipales). Les tribunaux traitant les petites requêtes (SMALL
CLAIMS) statuent sur les requêtes inférieures à 1.500 $.
On trouve encore, dans certains Etats, des juges de paix qui président des tribunaux
dont la compétence civile et pénale est limitée. Ces tribunaux, remplacés le plus
souvent par les tribunaux municipaux et de district, s’occupent d’infractions mineures
et de mariages.
Chaque comté ou district, à l’intérieur de chaque Etat, dispose de tribunaux de
première instance à la compétence large (TRIAL COURTS avec juge unique), appelés
COURT OF COMMON PLEAS, COUNTY COURT ou SUPERIOR COURT.
Les procès relatifs aux entreprises, aux contrats, aux biens mobiliers et immobiliers, à
la responsabilité, sont de leur compétence, ainsi que les infractions majeures. Aux
Etats-Unis, l’HABEAS CORPUS existe aussi, et l’article 1er de la Constitution
autorise le Congrès seul à le suspendre, en cas de troubles graves et de menaces contre
la sécurité de l’Etat. Toutes ces juridictions siègent à juge unique, sauf les juridictions
d’appel qui siègent généralement à 3, rarement à 2 juges.
En plus des juridictions de droit commun, on trouve un grand nombre de juridictions
spécialisées (juridictions d’exception), qui relèvent presque toujours de la cour d’appel
ex: SURROGATES’ COURTS en matière de succession, FAMILY COURTS pour la
famille et la délinquance des jeunes etc. Elles sont aussi à juge unique.
Chaque Etat a une cour suprême qui fonctionne peu : la plupart des procès s’arrêtent
en cour d’appel, en raison de filtrages nombreux limitant les pourvois. Ces cours
suprêmes portent les noms les plus divers: COURT OF ERRORS dans le Connecticut,
JUDICIAL SUPREME COURT dans le Massachusetts, COURT OF APPEAL dans
l’Etat de New York etc. Le Texas et l’Oklahoma ont 2 cours suprêmes: une civile et
une pénale. Le plus souvent, les juges suprêmes, à l’instar de ceux la Cour Suprême
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on est au niveau fédéral ou au niveau des Etats), le juge déclare le HUNG JURY,
c’est-à-dire qu’il renvoie les jurés, et fait rejuger l’affaire par un nouveau jury.
b) GRAND JURY (organe d’accusation et de police judiciaire). Il est composé de 23
jurés s’il est fédéral, de 7 à 23 dans les Etats. C’est une garantie contenue dans la
Constitution, mais pas un droit. Le Grand Jury a pour tâche de décider s’il existe des
preuves et des charges suffisantes pour renvoyer l’inculpé devant un tribunal. C’est
une sorte de chambre de mise en accusation populaire, qui existe dans moins de la
moitié des Etats. Le grand jury a les caractères suivants:
il n’y a pas de juges;
les débats sont contrôlés par l’attorney général au niveau fédéral, et le district
attorney au niveau des Etats;
il n’y a pas d’avocats, sauf dans certains Etats;
l’inculpé ne présente pas sa version de l’affaire;
seuls les témoins de l’accusation sont entendus.
Après la délibération secrète, le grand jury prononce, soit un acte d’accusation
(INDICTMENT ou TRUE BILL), soit la renonciation à toute poursuite
(IGNORAMUS ou NO BILL), pour défaut de preuve ou allégations erronées.
§ 3 - Le personnel judiciaire.
A . Les juges.
On retrouve la division Etat fédéral - Etats fédérés.
1°) LES JUGES FEDERAUX. Ils ressemblent aux juges anglais. Ils sont nommés à
vie par le Président avec l’accord du Sénat. C'est un choix politique (SPOILS
SYSTEM). 81 % des personnes choisies par le Président sont acceptées par le Sénat,
dont le comité judiciaire auditionne chaque candidat. En sus du critère politique,
jouent l'équilibre entre les Etats, le critère religieux, la représentation des minorités etc.
En réalité, représentants et sénateurs, membres du parti du Président des Etats-Unis,
essaient de placer leurs candidats.
Les juges ont un rôle d’arbitre neutre et passif, puisque la procédure est accusatoire, et
que les avocats dirigent donc le procès. Le Président des Etats-Unis est aidé dans son
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choix par l’attorney général. Des considérations politiques ne sont pas étrangères à ce
choix, mais il faut tout de même que les personnes choisies soient compétentes.
D’où viennent les juges ? Ils sont choisis parmi les avocats, les universitaires, les hauts
fonctionnaires, les juristes les plus réputés.
Comme en Angleterre, il n'y a pas d'école nationale de la magistrature. Mais depuis
1967, le FEDERAL JUDICIAL CENTER s'occupe de la formation initiale et
continue des juges et du personnel des juridictions fédérales. En moyenne, les juges
américains sont moins âgés que les juges anglais. Ils bénéficient de l’inamovibilité et
d’une grande indépendance, même quand ils ne sont pas nommés à vie, mais
seulement pour 10 ou 15 ans. Il n’existe aucune procédure disciplinaire, mais la
Constitution dispose que les juges fédéraux «restent en fonction tant qu ‘ils font
montre d’une conduite irréprochable ». Leur responsabilité peut être mise en cause par
la lourde procédure de l’IMPEACHMENT, qui fait intervenir la Chambre des
Représentants et le Sénat: celle-ci aboutit rarement. L’impeachment existe aussi pour
les juges des Etats.
2°) LES JUGES D’ETAT. Ils sont environ 30.000, et présentent une très grande
diversité. Depuis 1828, dans 40 Etats, les juges sont élus au suffrage universel direct:
Michigan, Louisiane, Texas etc. Dans le passé, ce système d’élection fit qu’il y eut
beaucoup d’incompétents. On a amélioré la situation par divers procédés:
en allongeant la durée des mandats de 4 à 15 ans, et même à vie;
en faisant ratifier, par l’élection, une désignation par le gouverneur (ex: New
Jersey);
en instaurant une présélection par l’Association des juristes de l’Etat;
en instaurant une cooptation (ex: Alaska).
Quand ils ne sont pas élus, ils sont nommés par le gouverneur. Aujourd’hui, le système
donne à peu près satisfaction, même s’il est inévitable que l’élection politise le choix
des juges. Précisons, et ce n’est pas négligeable, au moins pour eux, qu’ils gagnent
beaucoup moins d’argent que les avocats.
Dans la plupart des Etats, le DISTRICT ATTORNEY ( D.A. ) est élu. Un D.A. est
affecté à chaque comté, et peut exercer ses fonctions dans différentes catégories de
tribunaux. Dans les grandes villes, l'élection du D.A. est un évènement politique
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important, si bien que certains D.A. deviennent très célèbres: Gil GARCETTI à Los
Angeles (affaire O.J.SIMPSON), Rudolph GIULIANI qui se fit ensuite élire maire de
New York.
Les SHERIFFS sont responsables du maintien de l'ordre dans les comtés. Eux aussi
sont souvent élus, mais ils choisissent leurs adjoints. Ils remplissent les fonctions que
la police n'assure pas, et jouent un peu le rôle de nos huissiers.
Aux Etats-Unis, il existe des moyens de se débarrasser d’un mauvais juge. Outre la
mise en accusation comme pour les juges fédéraux, deux procédures peuvent être
déclenchées selon les Etats:
1 - ADRESS : c’est une requête en destitution votée par le corps législatif, et adressée
au gouverneur ;
2 - RECALL : c’est une pétition publique, suivie d’un referendum populaire, visant à
relever un juge de ses fonctions.
Les juges restent en fonction jusqu’à 70 ou 75 ans.
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américaines reçoivent des étudiants qui ont préalablement étudié le droit pendant 3 ou
4 ans à l’Université, dans une des 200 facultés de droit. La formation y est uniquement
pratique, professionnelle. Il s’agit d’études de cas, en groupe, avec l’enseignant. Il n’y
a presque pas de cours magistraux.
Le lawyer travaille seul dans 70 % des cas, ou en association ( 15 % ) dans un cabinet
plus ou moins grand, où il se spécialise. Une minorité devient TRIAL LAWYER,
c’est-à-dire participe physiquement aux procès civils et pénaux. D’autres se
spécialisent dans la procédure, comme en France les avoués. La majorité des lawyers
s’occupe de questions non contentieuses, remplissant le rôle de nos notaires et anciens
conseillers juridiques et fiscaux. Mais, le NOTARY PUBLIC américain n’est pas un
lawyer: il ne fait qu’authentifier des actes et des signatures pour les personnes qui le
lui demandent. Cette profession ne demande aucune compétence juridique particulière.
Les avocats portent les noms les plus divers: attorney, attorney at law, counsel,
counsellor, counsellor at law etc.
Les lawyers sont environ un million, dont 75.000 dans les entreprises et 90.000 au
service du gouvernement. Ceux qui exercent la profession d’avocat n’ont pas bonne
réputation, surtout ceux qui se spécialisent dans les class actions. Les lawyers sont, en
général, membres d’une association dans chaque Etat ( BAR ASSOCIATION ).
Quand l’affiliation est obligatoire, c’est un INTEGRATED BAR. Au plan national,
c’est l’AMERICAN BAR ASSOCIATION créée en 1878, qui fédère les Bars des
Etats.
La pratique veut que les avocats soient rémunérés en proportion de ce qu’ils font
gagner à leurs clients : c’est, en principe, interdit en Angleterre et dans de nombreux
Etats du S.R-G., notamment en France. C’est la pratique du QUOTA LITIS (ou
CONTINGENT FEE BASIS). Il y a un vieil adage aux Etats-Unis: « no win, no fee »
(si je perd le procès, je ne touche rien,... mais si je gagne, c’est entre 20 et 50 % !).
Signalons enfin les greffiers (COURT CLERK) élus ou nommés, les huissiers
(BAILIFF) qui sont chargés de la police dans le tribunal, le sténotypiste (COURT
REPORTER).
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