Substitution tritonique
en musique, technique de réharmonisation
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La substitution tritonique est une technique de
réharmonisation par substitution d'accord utilisée en
harmonie tonale et en particulier dans les
compositions et les arrangements jazz. La
substitution tritonique remplace la dominante
diatonique par la dominante chromatique. Celle-ci se
trouve un demi-ton diatonique au-dessus de la
tonique : ainsi, par exemple, un Sol 7 est remplacé
par D 7. Cette nouvelle dominante substitutive est
désignée, par emprunt à l'anglais sub 5. Lors d'une
substitution tritonique la dominante chromatique
peut, mais ce n'est pas obligatoire, être précédée de
son deuxième degré relatif.
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sources (février 2018).
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La substitution tritonique est apparue à l'ère
classique (il s'agit de la sixte augmentée allemande,
qui est enharmoniquement la substitution tritonique
d'un accord de V7/V). C'est surtout au xxe siècle et
dans le jazz qu'elle a été particulièrement utilisée.
Son usage s'est généralisé à tous les degrés de la
gamme, où les dominantes relatives sont
substituées par la dominante chromatique du degré
visé dans la progression d'accords.
Concept général de la substitution
Il s'agit là de remplacer un accord par un autre, tout
en conservant la fonction de l'accord substitué, dans
le cadre d'une suite harmonique et d'une tonalité. Le
but est en particulier de jouer sur les « couleurs »
d'une suite harmonique sans changer ni sa structure
tonale globale ni ses rapports de tensions/détentes.
Les principes de substitutions (diatoniques ou non)
sont intimement liés à ceux des enrichissements.
Substitutions et enrichissements sont deux
systèmes qui permettent de décrire et d'utiliser la
même chose mais le point de vue change, ce qui
peut amener à ouvrir des arborescences différentes.
Présentation spécifique de la
substitution tritonique
Il convient tout d'abord de préciser que dans ce qui
suit, une gamme s'étend de la tonique jusqu'à
l'octave supérieure ou inférieure, et comporte huit
degrés (ou notes), en une succession d'intervalles
d'un ton et d'un demi-ton, soit 6 tons au total, par
exemple de la manière suivante pour une gamme de
Do Majeur :
degrés : Do Ré
Mi Fa Sol La Si
Do
tons (écarts) : 1 1
1/2 1 1 1 1/2
lettre : C D E
F G A B C
Note : on parlera de cette gamme majeure comme
étant structurée en « 1 · 1 · 1/2 · 1 · 1 · 1 · 1/2 », trait
commun à toutes les gammes construites avec les
mêmes écarts entre leurs degrés.
Venons à présent à la substitution tritonique ;
comme son nom l'indique, elle consiste à substituer
un accord, typiquement celui du cinquième degré,
par un accord de même structure décalé de 3 tons.
Les gammes étant construites sur un total de 6 tons,
il n'existe donc qu'une seule substitution tritonique
par accord considéré (c'est-à-dire que l'on peut
compter les 3 tons en montant ou en descendant la
gamme).
Dans la gamme de Do Majeur, on substituera dans la
majorité des cas l'accord de cinquième, c'est-à-dire
Sol 7, noté souvent G7, et dont l'arpège est
Sol·Si·Ré·Fa (ou G·B·D·F). Sa substitution tritonique
est D 7 (ou Ré bémol 7), arpégé Ré -Fa-La -Do (Si par
enharmonie) (ou D -F-A -C (B)). On remarque que par
construction la substitution préserve deux notes : le
Fa et le Si (noté Do bémol) qui sont les tierces et
septièmes de ces deux accords, puisque celles-ci
sont distantes de 3 tons.
Cet accord de D 7 n'est pas dans la gamme de Do
majeur, et on pourrait donc penser qu'il est
nécessaire de changer de gamme pour utiliser cet
accord dans un morceau, d'autant plus que les deux
notes modulantes sont la tonique et la quinte, les
piliers classiques d'un accord.
Mais il n'en est rien en jazz, puisque cette musique
considère la tierce et la septième comme étant les
notes les plus importantes d'un accord, car le jazz se
focalise sur l'harmonie [réf. nécessaire]. Une substitution
tritonique a donc pour effet de remplacer un accord
par un autre qui possède les mêmes tierces et
septièmes, constituant la définition harmonique,
mais inversées :
Si est la tierce de Sol7 et, par enharmonie, la
septième de Ré 7, inversement pour Fa.
Or cette tierce et cette septième sont distantes d'un
triton dans les deux accords. D'où la possibilité de
substituer n'importe quel accord de septième de
dominante avec le même type d'accord distant d'un
triton. Il existe donc 6 accords et 6 substitutions
possibles :
C7←→F 7 - D 7←→G7 - D7←→A 7 - E 7←→A7 -
E7←→B 7 - F7←→B7
C'est cet intérêt pour l'harmonie qui permet de
substituer G7 avec D 7, car Ré et La apportent de la
« couleur » au morceau ; lorsque l'on improvisera, on
prendra soin d'intégrer les notes modulantes Ré
et/ou La au chorus, de manière à souligner le
passage sur cet accord.
D'autre part, les substitutions tritoniques sont très
utilisées dans les structures (ou cadences) en II·V·I,
ce qui revient à un II·II ·I ; cela produit un effet de
descente progressive du II vers le I, là ou le II·V·I
classique passe par le V pour relancer la tension
harmonique qui se résout avec le I.
Relation entre dominante diatonique
et chromatique
Les accords de dominantes se distinguent des
autres accords diatoniques par l'intervalle de triton
(trois tons) qui sépare la tierce majeure de la
septième mineure. Les gammes s'étendant sur un
total de 6 tons, la tierce et la septième mineure qui
forment l'intervalle de triton dans un accord de
dominante sont également la septième mineure et la
tierce d'un autre accord de dominante distant de
trois tons.
Par exemple, dans la tonalité de do, la dominante
diatonique sol 7, chiffrée G7, est substituée par la
dominante chromatique ré bémol 7, chiffrée D 7[1]. Le
triton tonal formé par la tierce et la septième de
l'accord de dominante diatonique, à savoir si et fa,
est identique, à une inversion près, et par
enharmonie au triton formé par la tierce et la
septième de la dominante chromatique, à savoir fa et
do bémol.
0:00 / 0:04 0:00 / 0:04
Une cadence en Do, proposant l'enchainement G7 → C puis la substitution de accord de G7 par D 7 → C ; la 3e mesure
compare les deux accords de dominante qui se substituent, G7 et D 7
Il est possible de substituer n'importe quel accord de
septième de dominante avec le même type d'accord
distant d'un triton. Il existe 6 substitutions possibles :
C7←→F 7 - D 7←→G7 - D7←→A 7 - E 7←→A7 -
E7←→B 7 - F7←→B7
Chiffrage
La dominante chromatique est chiffrée II7. Son
deuxième degré relatif, également appelé sous-
dominante chromatique, est chiffré VI par certains
auteurs[2].
Gamme d'accord
On justifie l'emploi du mode mixolydien #11 sur
l'accord bII7 en considérant une gamme altérée
placée sur l'accord de dominante diatonique. Le
cinquième mode de la gamme altérée dont le centre
modal se trouve justement sur le degré bII7 est le
mode de mixolydien #11. Le tableau suivant
compare le chiffrage des degrés des deux échelles.
Degrés
Avant substitution 1 b9#93 #11b13b7
Après substitution#115 6 b71 2 3
Notes et références
1. Cadence et substitution tritonique, par Jacob
Collier (en anglais) ([Link]
atch?v=aEjh5rB_L8I&t=18m42s) [archive]
2. Siron, Jacques, 1949-, La partition intérieure :
jazz, musiques improvisées, Outre Mesure, 1992
(ISBN 2907891030,
OCLC
422845909 ([Link]
, lire en ligne ([Link]
845909) [archive]), p. 346
Articles connexes
Progressions d'accords (jazz)
Portail de la musique
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