Étude du 8e degré dit de l'intendant des bâtiments ou Maître en Israël.
8 Juillet 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #hauts grades
Avant d’aborder la symbolique du 8e degré voyons rapidement l’argument sur lequel repose le rituel
d’initiation au 8e degré dit de l’intendant des bâtiments ou maître en Israël. Je rappelle que jusqu’au
8e degré nous sommes toujours sur le thème de la construction du temple et l’enseignement qui est
développé jusqu’à ce grade est celui de la formation des maîtres maçons qui participent aux travaux
interrompus par la mort d’Hiram Abi et cela jusqu’à la dédicace du temple.
Le récit historico mythique évoque les dispositions prises pour assurer la reprise des travaux du
temple (cf. page 199 du livre de Raoul BERTEAUX) :
« Selon la légende de ce grade, la décoration du saint des saints avait été entreprise personnellement
par Hiram Abi, qui n’avait pu terminer ce travail avant sa mort.
Salomon décida de ne pas confier le travail à un seul maître, mais bien aux chefs des cinq ordres
d’architectures, qui devaient agi conjointement, sous la direction de sept maîtres secrets, chacun des
chefs étant responsable pour la part qui concernait son domaine de compétences.
Adoniram, à qui Hiram Abi avait déjà confié la super intendance des travaux, est désigné pour diriger
le groupe des cinq. Les quatre autres membres du groupe sont respectivement les chefs des artistes
du bronze, le chef des charpentiers, le chef des tailleurs de pierre, le chef des graveurs et orfèvres ».
Selon notre rituel : celui d’Edmond GLOTON ;
les réunions se tiennent dans un appartement du palais du roi Salomon,
le président de la loge représente Salomon et porte le titre de trois fois puissant,
le 1er surveillant représente TITO, prince des HARODIM, je rappelle que TITO était le président au 7e
degré et que HARODIM signifie président ou gouverneur, c’est ainsi que l’on nommait les trois mille
six cents chefs ou préfets que Salomon avait établi sur les ouvriers du temple. Je rappelle que prince
n’est pas roi, la fonction de prince symbolise la promesse d’accès à un pouvoir suprême. Il s’appelle
Trois Fois Illustre Inspecteur. Je rappelle qui est illustre celui dont le renom est éclatant du fait d’un
mérite ou de qualité extraordinaire. Il y a dans illustre comme un dérivé de LUX et LUCIS signifie
LUMIERE. C’est donc symboliquement un générateur de
lumières.
Le second surveillant représente ADONIRAM, il est appelé INTRODUCTEUR
Le récipiendaire est appelé JOHABEN : il a les pieds nus (ou JHAOBEN) qui signifierait fils de Dieu,
enfant de Dieu
L ‘essentiel de la cérémonie de réception du candidat réside dans l’incorporation du néophyte dans le
groupe des cinq membres chargé de la décoration du saint des saints.
Le 8e degré met en oeuvre un groupe de cinq personnages conforme au modèle symbolique du 7e
degré soit quatre plus un. (Cf. page 203 de BERTEAUX)
« Il leur est demandé s’ils acceptent en tant que disciple d’Hiram Abi de consacrer leur temps et leur
talent à la grande oeuvre commencée par Hiram Abi, leur réponse étant affirmative, ils sont invités à
se retirer dans la chambre de préparation. Le récipiendaire est interrogé sur les enseignements des
degrés antérieurs de la loge de perfection. Il lui est conseillé d’être indulgent sur le travail mais
exigeant sur les principes. Les cinq participants se débarrassent de leurs décors de maître parfait et
endossent une robe blanche. Ils effectuent cinq voyages au cours desquels ils entendent des propos
sur la bienfaisance et la charité. Ensuite le candidat prête serment, reçoit communication des mots,
signes et attouchements. Enfin il ceint le tablier et est revêtu du cordon du grade. L’orateur récapitule
les enseignements des degrés antérieurs depuis le premier degré et attire l’attention du néophyte sur
les enseignements cachés des grades. »
L’initié au 8e degré est donc appelé Intendant des bâtiments ou Maître en Israël. Intendant vient du
latin « superinteden », c’est à dire de surveiller, être capable d’étendre au loin de diriger sa vue. C’est
un haut fonctionnaire, agent du pouvoir royal, investi d’attributions illimitées quant aux services
généraux de son administration. Historiquement ils étaient les
véritables maîtres du royaume.
La définition du mot intendant et ses commentaires historiques nous font saisir ce qui justifie
pleinement le second nom attribué au 8e degré à savoir Maître en Israël. Il n’est pas maître d’Israël
mais en Israël, désignant ainsi le lieu où s’exerce son pouvoir de surveillance. Ce qui signifie que si le
pouvoir est illimité dans son principe, dans l’exercice de sa fonction, il est limité en un lieu où ce
pouvoir doit s’exercer et pour la tâche à accomplir et qu’en sa qualité de maître, il doit s’efforcer de
maîtriser son pouvoir donc se maîtriser.
Ayant ainsi abordé la signification globale de ce 8e degré, approfondissons notre approche
symbolique.
La décoration du temple :
Le temple est tendu de rouge, il est éclairé par vingt sept lumières en trois groupes.
Cinq devant le second surveillant : l’Introducteur,
Sept devant le premier surveillant : le Trois Fois Illustre Inspecteur,
Quinze devant le Trois Fois Puissant.
Il y a en plus cinq autres lumières autour de l’autel disposées comme les cinq points d’un dés (quatre
formant le carré et une plus grande au milieu).
A l’orient, un cercle inscrit dans un triangle équilatéral avec au centre J∴ , J∴, J∴ signifiant les
épithètes de Dieu ; JAH, JACHINAI et JEHOUDA. Il y aussi une étoile flamboyante de cinq pointes avec
au centre la lettre J∴ les cinq pointes représentent les cinq ordres architecturaux et la lettre J∴ au
centre au lieu de la lettre G∴ au grade de compagnon signifie que nous passons du plan opératif au
plan spirituel.
J∴ pouvant signifier tout ce qui concerne Dieu donc l’idéal de spiritualité, alors que la lettre G∴ nous
incitait à développer nos connaissances dans la géométrie, la gravitation, le génie, la génération, la
gnose. L’étoile flamboyante, symbole de l’idéal de perfection est un symbole clé du thésaurus
maçonnique, qui réapparaît au 8e degré. Elle signifie que par cet idéal nous sommes
appelés à poursuivre encore et plus loin notre quête vers plus de spiritualité. Mais le nombre cinq est
ici signe d’union, il est le nombre du centre, de l’harmonie et de l’équilibre. Il est égal à la somme du
premier pair et du premier nombre impair. Il est le chiffre des hiérogamies c’est à dire du mariage du
principe céleste et du principe terrestre.
Il est le symbole de l’homme bras et jambes écartés. Il est aussi symbole de l’univers deux axes, l’un
vertical, l’autre horizontal passant par un même centre. Il est de ce fait symbole de l’Ordre et de la
Perfection.
Si le nombre cinq était déjà le nombre du 7e degré, il est au centre du 8e degré en tant que nombre à
mettre en oeuvre. En effet si la batterie au 7e degré était de cinq coups (quatre plus un), au 8e degré
il s’agit de cinq coups également espacés. Il s’agit d’un cinq mis en oeuvre et réalisé dans sa totalité
harmonieuse.
Comme je vous l’ai déjà exprimé lors des planches précédentes, on ne peut tout voir, tout présenter,
tout analyser. Chaque degré est une totalité symbolique en soi.
Le mémento.
Les signes, il y en a trois :
Signe de surprise ; porter les deux pouces aux tempes les mains étendues en équerre, reculer puis
avancer de deux pas et mettre les mains sur les yeux en disant BENKHRIN (fils d’hommes libres)
Signe d’admiration ; entrelacer les doigts des deux mains les paumes en haut, les laisser retomber sur
la ceinture en regardant le ciel et en prononçant HAKAR c’est le nom de Dieu. Il signifie le seul de son
espèce ; c’est à dire l’UN : la source de TOUT.
Signe de douleur ; mettre la main droite sur le coeur et la gauche sur la hanche puis se balancer trois
fois sur les genoux en disant le premier HHAI (vie vivante) et le second JAH (Dieu)
Un attouchement : se frapper mutuellement le coeur avec la main droite puis la passer sous le bras
gauche, ensuite prendre l’épaule droite de la main gauche en disant le premier JACHINAI, le second
répond JUDA.
Le mot sacré et le mot de passe sont ceux de l’attouchement.
La marche ; cinq pas égaux ; L’intendant monte les sept marches d’exactitudes et connaît les cinq
points de fidélité.
La batterie : cinq coups égaux.
L’âge : trois fois neuf ( vingt sept ans).
Les décors : un tablier blanc bordé de vert et doublé de rouge, un cordon rouge moiré porté en
écharpe de droite à gauche et comme bijou un triangle où sont gravés le mot sacré et le mot de
passe.
Evoquons la symbolique des couleurs au 8e grade
Le blanc de la robe que revêt l’initié au 8e grade et le blanc du tablier, c’est le signe d’inaccompli qui
annonce l’accomplissement. Il est associé aux rites de passage. C’est aussi le blanc qui consacre ceux
qui ont pu s’élever jusqu’à une certaine hauteur.
Le vert qui borde le tablier blanc, ce vert végétal qui réapparaît périodiquement à chaque printemps
est évocateur d’une renaissance dans la tradition chrétienne, il est couleur de l’espérance. Pour
l’islam, il est couleur de la connaissance. Pour nous l’association du blanc et du vert évoque la justice
et l’innocence.
Le rouge qui double le tablier et qui est la couleur du cordon. Le rouge du tablier est la couleur du
coeur et de l’âme, la couleur symbole de la science ésotérique de la concentration. Et le rouge visible
du cordon est un rouge solaire, signe de l’ardeur, de la
jeunesse et de l’amour. Il est le symbole de la force d’expansion.
La morale du grade
Nous devons nous consacrer avec zèle et constance aux travaux susceptibles de donner la plus grande
splendeur à notre Temple.