Fiabilité et Maintenance des Systèmes de Production
Fiabilité et Maintenance des Systèmes de Production
II – EXPRESSIONS MATHEMATIQUES :
1
Concepts et planification de la maintenance
LA FIABILITE DES SYSTEMES DE PRODUCTION
n
Remarque : si la VA est discrète, l’expression devient : F (tn ) f (ti ) P (T tn )
0
22 – Application à la fiabilité :
Un dispositif mis en marche la 1ère fois à t=0 tombera inexorablement en panne à un instant T non connu à priori.
T (date de la panne), est une VA de la fonction de répartition F(t).
F(t) probabilité de défaillance avant un instant ti
R(t) probabilité de bon fonctionnement à ti
R(t) + (F(t) = 1
t
f (t )dt
0 t
f (t )dt 1
23 – Taux de défaillance :
On définit le taux de défaillance de la manière suivante :
nombre de défaillants sur un intervalle de temps
(t)=
nombre de survivants au début de la période x intervalle de temps
On définit :
N0 le nombre initial de dispositifs
Ns(t) est le nombre de dispositifs survivants à l’instant t
Ns(t + Δt) est le nombre de dispositifs survivants à l’instant t + Δt
Au niveau d’une défaillance, 2 cas peuvent se produire :
Les défaillants sont remplacés
Les défaillants ne sont pas remplacés
Les défaillants sont remplacés : Ns(t) sera toujours égal à N0 :
On nomme C(Δt) le nombre de défaillants durant Δt.
C ( t )
D’après la formule générale du taux de défaillance, on a : (t)= .
N 0.t
Ns(t ) Ns(t t )
Les défaillants ne sont pas remplacés : (t)=
Ns(t ).t
2
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Ce taux de défaillance est une valeur moyenne sur une période Δt connue. Or, au même titre que F(t) et R(t), il
est intéressant de connaître l’évolution de λ(t) au cours du temps.
C’est le taux de défaillance instantané :
On fait tendre Δt dt et (Ns(t) – Ns(t + Δt)) dN. dN sera précédé du signe « - » car il y a moins de
survivants à (t + Δt) qu’à t.
dN dN
(t)= (t).dt=
N (t ).dt N (t )
(t).dt est appelé probabilité conditionnelle de défaillance sur [t, t+dt].
Applications :
Cas N°1 : les défectueux sont remplacés. Une étude a été menée sur 70 véhicules pendant une période allant
de 80000km à 90000km. 41 défaillances ont été réparées. Déterminer le taux de défaillance pour cette période.
C( t ) 41
(t ) 0,585.10 4 panne / km
No.t 70.(90000 80000)
Cas N°2 : les défectueux ne sont pas remplacés. On teste un lot de 50 électrovannes soumises en continu à 8
impulsions par minute. A la 50ème heure, il en reste 33. A la 60ème heure, il en reste 27. Déterminer le taux de
défaillance sur cette classe, par heure et par impulsion.
Ns(t ) Ns(t t ) 33 27
(t ) 18.103 def / heure 3,79.10 5 def / imp.
Ns(t ).t 33.10
Si les électrovannes étaient remplacées, on obtiendrait :
C( t ) 33 27
(t ) 12.10 3 def / heure
No.t 50 x10
f(t)
(t)=
R(t)
III – EXPRESSIONS DES LOIS DE FIABILITE :
dF (u )
f (u )
du
f (u ) dF (u ) dF (u ) dF (u )
(u ) (u ).du
R(u ) R(u ).d (u ) (1 F (u )).du 1 F (u )
Intégrons les 2 membres entre 0 et t :
t dF (u )
t t t dF (u )
0
(u ).du
0 1 F (u )
(u ).du
0 0 1 F (u )
3
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t
(u ).du ln(1 F (t )) e 0
t ( u ).du
1 F (t ) R (t )
0
R(t ) e 0
( u ).du
F (t ) 1 R(t ) 1 e 0
( u ).du
(t ).e 0
dF (t ) ( u ).du
f (t )
dt
MTBF E (T ) t .f (t ).dt
0
E1 E2 Ei En
n
Rs P (S ) P (S1 S 2 ... Si ...Sn ) P (S1).P (S 2)....P (Si )....P (Sn ) Rs Ri
i 1
4
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Pour calculer la fonction fiabilité d’un système // à n éléments, ils est plus aisé de passer par la
E1
fonction défaillance F.
F 1 R 1 P (S ) P (S )
E2
F P (S1).P (S 2)....P (Si )....P (Sn ) F 1.F 2....Fi ....Fn
F (1 R1).(1 R 2)....(1 Ri )....(1 Rn )
Ei
Rs 1 (1 R1).(1 R 2)....(1 Ri )....(1 Rn )
n
En Rs 1 (1 Ri )
i 1
Dans un système //, la fiabilité du système est plus grande que la plus grande des fiabilités des éléments
composant le système. On utilise ce fait pour améliorer la fiabilité ; cela réalise une redondance active.
Si on désire effectuer un calcul en fonction du temps, on doit introduire la fonction R(t).
n
Si R(t ) e
t
, alors Rs 1 (1 e t ) .
i 1
42 – Redondance passive :
Dans ce cas, un seul élément fonctionne, les autres sont en attente. Ceci a l’avantage
de diminuer ou de supprimer le vieillissement des éléments ne travaillant pas. En
contrepartie, on a l’inconvénient d’être obligé d’avoir un organe de détection des
pannes et de commutation d’un système sur un autre.
Le calcul d’un système à redondance passive ou « stand-by » se fait en tenant compte
de la variable temps. Il faut donc connaître au préalable, pour chaque composant, son
taux de défaillance λ(t) et sa loi de fiabilité R(t).
E1 Hypothèse : le taux de défaillance des éléments E1 et E2 est constant et est égal à e1 et e 2 .
Cette hypothèse a pour conséquence que les lois de fiabilité sont de type exponentiel :
5
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Rs ( t ) 1xe e1t e
0
t
e1
e 1T
0
t
.dT xe e 2 ( t T ) e e1t e1. e e1T .dT xe e 2 .t xe e 2 .T
t t
Rs ( t ) e e1t e1.e e 2 .t . e e1T .e e 2 .T .dT e e1t e1.e e 2 .t . e ( e1 e 2 )T .dT
0 0
t
t e ( e1 e 2 )T
Rs ( t ) e e 1t
e1.e e 2 .t
. e ( e 1 e 2 )T
.dT e e 1t
e1.e e 2 .t
.
(e1 e 2 ) 0
0
e ( e1 e 2 )t 1
Rs ( t ) e e1t e1.e e 2 .t .
(e1 e 2 ) (e1 e 2 )
1 e ( e1 e 2 )t
Rs ( t ) e e1t e1.e e 2 .t .
(e1 e 2 )
e1.e t e 2 .e t e1.e .t e1.e .t .e (
e1 e1 e2 e2 e 1 e 2 )t
Rs ( t )
e1 e 2
e1.e t e 2 .e t e1.e .t e1.e
e1 e1 e2 e 2 .t e 1 .t e 2 .t
Rs ( t )
e1 e 2
e1.e t e 2 .e t e1.e
e1 e1 e 2 .t
e1.e e1.t e1.e .t e 2 .e
e2 e 1t
Rs ( t )
e1 e 2 e1 e 2
Si on prend en compte l’élément de détection et de commutation DC, on obtient alors :
Rs ( t ) e .
e1 e 2
Remarque : si on considère que tous les éléments ont le même taux de défaillance λ, on obtient alors l’expression
suivante : Rs ( t ) e DC .t .e .t .(1 .t )
i n 1 (.t )i
Pour n éléments de taux de défaillance identiques montés en //, on trouve : Rs ( t ) e ( DC ).t .
i 0 i !
43 – Redondance majoritaire :
La redondance majoritaire est telle que la fonction est assurée si au moins la majorité des éléments est en état de
fonctionnement.
Cette redondance concerne surtout des signaux de grande sécurité, et en particulier les équipements
électroniques. Le signal de sortie est celui de la majorité des composants. Le cas le plus simple comporte 3
éléments.
E2 D
Si Re1=Re2=Re3=R
k 3
RS C3k .R k .(1 R )3k 3R 2 2R 3
E3 k 2
M1 M2 M3 M4 M5 T1 T2 T3
0,85 0,99 0,99 0,99 0,99 0,8 0,99 0,99
La fiabilité du système entier est le produit de toutes les fiabilités élémentaires : Rs = 0,64
Pour améliorer cette fiabilité, on peut appliquer des redondances sur les systèmes les moins fiables : M1 et T1.
Une des solutions peut consister à utiliser 3 T1 et 2 M1. Economiquement, il va de soi que cette solution coûterait
trop cher. On se contentera de redonder les éléments faibles des systèmes M1 et T1
T1
M2 M3 M4 M5 T2 T3
M1 T1
0,99 0,99 0,99 0,99 0,99 0,99
M1 T1
R(t ) e 0 R(t ) e .t
( u ).du
et comme (u ) cte
t
R(t ) e 0
.du t
e .u e .t
0
.t
Densité de probabilité : f (t ) .e
.t
Fonction de répartition : F (t ) 1 R(t ) 1 e
1
Espérance mathématique : E (t ) MTBF
52 – Durée de vie associée à un seuil de fiabilité :
Il est intéressant de savoir à quel instant la fiabilité atteindra un seuil déterminé.
7
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1 1 1
R(t ) e .t ln R(t ) .t t .ln R(t ) t .ln
R (t )
Ex : un composant a une MTBF de 2000 heures. A quelle date « tj » ce composant aura une fiabilité de 90% ?
1 1 1 1
tj .ln MTBF .ln 2000 x ln 211 heures
R (t ) R (t ) 0,9
Au bout de 211 heures, on estime donc que 90% des composants survivront.
53 – Représentation graphique de la loi exponentielle :
.t -.t
Si R(t ) e , alors ln R (t ) .t en logarithmes népériens et logR(t)= en logarithmes décimaux.
2,3
Loi exponentielle sur échelle linéaire Loi exponentielle sur papier semi logarithmique
R(t) logR(t)
Dr
oit
ed
ep
en
0,1 te
/2
,3
1/e=0,368
m=1/ t ou t
t
2,3/
γ paramètre de position, - < γ < +, qui s’exprime dans l’unité de temps :
f(t)
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AXE a
AXE A
AXE b
AXE B
AXE A
Axe A : axe des temps sur lequel on porte les valeurs ti des TBF
Axe B : valeurs des probabilités de défaillance Fi calculées par la méthode des rangs moyens ou des rangs
médians. On estime R(t) par R(t) = 1 – F(t)
Axe a : axe des temps en logarithmes népériens : ln(t)
Axe b : axe qui permet l’évaluation de β
64 – Détermination graphique des paramètres de la loi :
1. Préparation des données : détermination des couples (ti, Fi) par les rangs moyens ou les rangs médians
2. Tracé du nuage de points
3. Tracé de la droite de Weibüll
4. Détermination de β, η, γ
5. Détermination des équations de la loi de Weibüll
6. Calcul de la MTBF
7. Exploitation des données issues de la loi
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Exemple d’application :
Préparation des données :
Ordre i TBF Fi
1 165 0,11
2 330 0,26
3 515 0,42
4 740 0,58
5 915 0,73
6 1320 0,89
Tracé du nuage de points :
η=770 heures
β=1,4
D2 D1
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Détermination de la MTBF :
Les tables annexes donnent les valeurs de A et B pour β=1,4 : A=0,911 et B=0,660. On en déduit
MTBF A 0,911x 770 700 heures et B 0,660 x 770 508 heures.
Remarque sur la forme du nuage de points :
Si le nuage de points approxime une droite, la détermination de γ est instantanée puisque γ=0.
Dans le cas où ce n’est pas une droite mais une courbe (concave ou convexe) qui est approximée, il existe
des méthodes de redressement de la courbe pour obtenir une droite et donc γ. Dans ce cas, l’utilisation de
logiciels spécialisés est conseillée.
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R(θ) est modélisable par une loi de Weibüll à 2 paramètres (γ=0). R ( ) e
1
La MTBF est aussi une fonction de η et β : MTBF . 1 avec 0 e t .t a [Link] qui est une fonction
mathématique complexe.
1
Si on pose x
et r
P
, alors
C 2( ) p P (1 R( )) MTBF
. devient :
C 2( x )
1 r 1 e x
. 1
m( ) pP x
1 r
p C1 C1 e t .dt
0
C 2( x )
On constate que le rapport est dépendant de 2
C1
paramètres : β qui caractérise la forme de la distribution
et r, paramètre économique, qui caractérise le rapport des
coûts indirects / directs (criticité des défaillances).
C 2( x )
Exploitation du rapport :
C1
En plus des 2 paramètres cités précédemment, le rapport
fait aussi intervenir le temps. On trace alors sur un
C 2( x )
graphique une série de courbes f ( x ) pour des
C1
valeurs successives de θ et de r. On obtient alors des
abaques telles que celle ci-contre :
Défaillance
t1 t2 t3 t4 t5 t6 t7
durée
Gestion collective en maintenance préventive systématique : en cas de défaillance résiduelle, le remplacement
du composant défaillant ne modifie pas l’échéancier prévu.
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Défaillance
t1 t2 t3 t4 t5 t6
Cette notion de gestion des équipements nous intéresse dans le cas de l’optimisation d’une période de
remplacement, puisqu’elle nous conduit à l’obtention de 2 abaques.
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