Niveau : 2AC
Evaluation N°1 :
Durée : 2 heures
Français
Texte :
Sur toutes les routes autour de Goderville, les paysans et leurs femmes s’en venaient vers le bourg,
car c’était jour de marché. Les mâles allaient, à pas tranquilles, tout le corps en avant à chaque
mouvement de leurs longues jambes torses, déformées par les rudes travaux, par la pesée sur la
charrue qui fait en même temps monter l’épaule gauche et dévier la taille, par le fauchage de blés
qui fait écarter les genoux pour prendre un aplomb solide, par toutes les besognes lentes et
pénibles de la campagne. Leur blouse bleue, empesée, brillante, comme vernie, ornée au col et
aux poignets d’un petit dessin de fil blanc, gonflée autour de leur torse osseux, semblait un ballon
prêt à s’envoler, d’où sortait une tête, deux bras et deux pieds.
Les uns tiraient au bout d’une corde une vache, un veau. Et leurs femmes, derrière l’animal, lui
fouettaient les reins d’une branche encore garnie de feuilles, pour hâter sa marche. Elles portaient
au bras de larges paniers d’où sortaient des têtes de poulets par-ci, des têtes de canards par-là. Et
elles marchaient d’un pas plus court et plus vif que leurs hommes, la taille sèche, droite et drapée
dans un petit châle étriqué, épinglé sur leur poitrine plate, la tête enveloppée d’un linge blanc
collé sur les cheveux et surmontée d’un bonnet.
Puis un char à bancs passait, au trot saccadé d’un bidet, secouant étrangement deux hommes assis
côte à côte et une femme dans le fond du véhicule, dont elle tenait le bord pour atténuer les durs
cahots.
Sur la place de Goderville, c’était une foule, une cohue d’humains et de bêtes mélangés. Les
cornes des bœufs, les hauts chapeaux à longs poils des paysans riches et les coiffes des paysannes
émergeaient à la surface de l’assemblée. Et les voix criardes, aiguës, glapissantes, formaient une
clameur continue et sauvage que dominait parfois un grand éclat poussé par la robuste poitrine
d’un campagnard en gaieté, ou le long meuglement d’une vache attachée au mur d’une maison.
Tout cela sentait l’étable, le lait et le fumier, le foin et la sueur, dégageait cette saveur aigre,
affreuse, humaine et bestiale, particulière aux gens des champs.
I) Compréhension / Langue . (12 pts)
1 ) D’où est extrait ce texte ? Qui est son auteur ? (1pt)
2) a- S’agit-il d’une description ou d’une narration ? Justifiez. (1pt)
b- Où se passe l’action ?
3) S’agit-il d’une description externe ou interne, valorisante ou dévalorisante ? Justifiez votre
réponse. (1pt)
4) Remplissez ce tableau : (2pts)
Personnages Allure Physionomie Vêtement Activités Senteurs
5) Quelle est la cause de la déformation des corps des paysans ? (0.5 pt)
6) Quels sont les moyens linguistiques utilisés pour souligner cette déformation ? (0.5 pt)
7) A quelle image pensez-vous quand vous lisez : (0.5 pt)
« (…) un ballon prêt à s’envoler d’où sortaient une tête, deux bras, et deux pieds » ?
8) Une fois sur la place du marché, par quoi la distinction paysan / paysanne est-elle remplacée ? (1pt)
9) Relevez le champ lexical de « la foule » ? (0.5 pt)
10) Quelle est l’impression qui se dégage de cette description ? (0.5 pt)
11) Qu’est-ce qui rend le début de cette nouvelle vraisemblable ? (0.5 pt)
12) Quel est le temps verbal qui prédomine dans le texte ? Pourquoi ? (1pt)
13) Relevez une phrase à la voix active et une autre à la voix passive. (0.5 pt)
14) Repérez dans le premier paragraphe une figure de style en la nommant. (0.5 pt)
II) Production écrite : (8pts)
Sujet :
Tu as rendu visite à tes grands parents à la compagne , et tu as eu la chance de participer aux diverses
activités des paysans.
• Raconte cette aventure , sous forme d’un texte narratif-descriptif .