Atrocity Guide FR Appendix
Atrocity Guide FR Appendix
INTRODUCTION AU DROIT
PÉNAL INTERNATIONAL
Cette section présente les concepts de base et l’histoire du droit pénal
international en pratique au cours des dernières décennies. Il ne remplace
pas un diplôme en droit, en histoire ou en relations internationales. Pour
compléter vos connaissances, nous vous encourageons à consulter les
ressources et les organismes mentionnés dans ce guide.
Terminologie
Le langage utilisé lors des procès pour crimes d’atrocité peut être très
complexe. Il est important pour vous, l’observateur du procès, de comprendre
les termes utilisés dans la salle d’audience afin de mieux informer votre
public. Il existe des glossaires de termes juridiques, tels que https://www.
ijmonitor.org/glossary-of-legal-terms/. Nous abordons ici certains des termes
de base.
Les procès que vous suivez peuvent concerner plusieurs crimes spécifiques,
allant de la torture aux violations de la loi sur l’immigration. Il existe trois
grandes catégories de crimes que vous êtes susceptible de rencontrer
régulièrement :
Il s’agit de crimes relevant soit du droit des traités, soit du droit international
coutumier. Le droit des traités existe lorsque les États ont signé un accord
international. Le droit international coutumier est le corpus de droit non écrit
qui s’est développé grâce aux pratiques cohérentes des États qui, selon le
Comité international de la Croix-Rouge, sont si « répandues, représentatives
et pratiquement uniformes » qu’elles sont universellement acceptées comme
des règles générales auxquelles les États sont tenus. Les termes « crimes
de guerre », « crimes contre l’humanité » et « génocide », ainsi que d’autres
termes importants, sont définis ci-dessous, par ordre alphabétique.
42 G U I D E D E L’ O B S E R VAT I O N D E S P R O C È S P O U R C R I M E S D ’AT R O C I T É
Compétence universelle
La compétence universelle désigne généralement une situation dans laquelle
un État est autorisé, en vertu du droit national, à poursuivre des crimes commis
en dehors de son territoire. Les crimes spécifiques couverts par la compétence
universelle et les conditions à remplir pour être poursuivi varient en fonction
des lois de chaque État. Dans de nombreux États qui ont adopté une législation
reconnaissant les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide,
les lois permettent de poursuivre ces crimes même s’ils sont commis à l’étranger.
La plupart des États peuvent poursuivre de tels crimes (même lorsqu’ils sont
commis à l’étranger) si l’auteur est un ressortissant de ces États. Certains États
l’autorisent également si la victime est un ressortissant de ces États. Quelques
États peuvent poursuivre de tels crimes même si ni l’auteur ni la victime ne
sont des ressortissants de ces États. Dans ces États, cependant, les autorités
exigent souvent que l’auteur soit situé dans leur pays. En outre, certains traités,
tels que la Convention contre la torture, exigent des États qu’ils poursuivent ou
extradent les auteurs s’ils sont découverts sur leur territoire.
Complémentarité
La complémentarité est un principe inscrit dans le Statut de Rome de la Cour
pénale internationale, qui stipule que la CPI « doit être complémentaire des
juridictions pénales nationales ». Cela signifie que la CPI ne peut enquêter sur
les crimes relevant de sa compétence et poursuivre leurs auteurs que lorsque
les institutions nationales ne peuvent ou ne veulent pas le faire véritablement.
« L’un quelconque des actes ci-après lorsqu’il est commis dans le cadre d’une
attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et
en connaissance de cette attaque :
• meurtre ;
• extermination ;
• réduction en esclavage ;
• déportation ou transfert forcé de population ;
• emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique en
violation des dispositions fondamentales du droit international ;
• torture ;
• viol, esclavage sexuel, prostitution forcée, grossesse forcée, stérilisation
forcée ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable ;
• persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des
motifs d'ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou
sexiste [...] ou en fonction d'autres critères universellement reconnus comme
inadmissibles en droit international, en corrélation avec tout acte visé dans
le présent paragraphe ou tout crime relevant de la compétence de la Cour ;
• disparitions forcées de personnes ;
• crime d'apartheid ;
• autres actes inhumains de caractère analogue causant intentionnellement
de grandes souffrances ou des atteintes graves à l'intégrité physique ou à la
santé physique ou mentale ».
Les crimes contre l’humanité peuvent être commis en temps de guerre ou en
temps de paix.
43 G U I D E D E L’ O B S E R VAT I O N D E S P R O C È S P O U R C R I M E S D ’AT R O C I T É
Crimes de guerre
Un crime de guerre est une violation grave du droit humanitaire international
(qui est un mélange de traités multilatéraux et de droit international
coutumier) commise pendant un conflit armé international ou non
international.
Les crimes sexistes sont les crimes commis contre des personnes, hommes
ou femmes, en raison de leur sexe et/ou de rôles sexospécifiques socialement
construits.
44 G U I D E D E L’ O B S E R VAT I O N D E S P R O C È S P O U R C R I M E S D ’AT R O C I T É
Exemple : la violence sexuelle en tant que crime
contre l’humanité
Vous trouverez ci-dessous un extrait d’un rapport sur un procès devant un
tribunal national traitant de la violence sexuelle en tant que crime contre
l’humanité.
Certains de ces droits peuvent être restreints pour certaines raisons. Par
exemple, les audiences peuvent être fermées au public si cela est nécessaire
pour protéger un témoin.
45 G U I D E D E L’ O B S E R VAT I O N D E S P R O C È S P O U R C R I M E S D ’AT R O C I T É
Droit humanitaire international
Le droit humanitaire international est un ensemble de règles qui visent à limiter
les effets néfastes d’un conflit armé en protégeant certaines personnes et en
interdisant certaines méthodes de guerre. Il ne repose pas sur un document
unique, mais sur une série de conventions, dont ce que l’on appelle généralement
les Conventions de Genève, qui définissent un grand nombre de règles.
Formes de responsabilité
Il s’agit d’un domaine évolutif. Il se concentre sur la question de savoir quel
individu est responsable et peut donc être poursuivi pour un crime. Cela
dépend de la manière dont la personne est liée aux crimes.
Les crimes peuvent être commis directement par une personne. Ils peuvent
également être perpétrés par plusieurs personnes ensemble selon un plan
commun, ce qui les rend tous responsables. Une personne qui ordonne
ou aide une autre personne à commettre un crime peut également être
responsable de ce crime. Si un commandant ou un chef a un contrôle sur une
personne qui commet le crime, il peut être responsable s’il avait connaissance
du crime et n’a pas empêché ou puni l’auteur direct.
46 G U I D E D E L’ O B S E R VAT I O N D E S P R O C È S P O U R C R I M E S D ’AT R O C I T É
Génocide
La Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide est
entrée en vigueur en janvier 1951.
Plus de 130 nations ont ratifié le traité de 1951, qui les oblige à prendre des
mesures pour prévenir et punir les actes de génocide commis en temps de
guerre ou en temps de paix. Cependant, ce n’est que bien des années plus
tard, avec la création des tribunaux pénaux internationaux, qui ont inscrit le
génocide au rang de crime dans leurs statuts, que les poursuites ont eu lieu.
Justice transitionnelle
La justice transitionnelle comprend l’ensemble des processus et des
mécanismes associés aux tentatives d’une société de faire face à un héritage
de violations des droits de l’homme à grande échelle, afin de garantir la
responsabilisation, de servir la justice, et de parvenir à la réconciliation.
47 G U I D E D E L’ O B S E R VAT I O N D E S P R O C È S P O U R C R I M E S D ’AT R O C I T É
ANNEXE 2
INSTITUTIONS
Les institutions chargées des crimes d’atrocité peuvent être nationales,
internationales ou un mélange des deux, et peuvent traiter de nombreux types
de crimes différents.
Nuremberg
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945, les gouvernements alliés
ont créé le Tribunal militaire international de Nuremberg, en Allemagne, et
ont inculpé 24 dirigeants nazis. C’était la première fois que les dirigeants d’un
grand État étaient jugés par la communauté internationale pour avoir commis
des crimes contre la paix et l’humanité. La création de ce tribunal a marqué
un tournant dans le renforcement de l’État de droit au niveau international en
reconnaissant l’existence de crimes contre l’humanité. Un tribunal similaire a
été créé en 1946, le Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient, afin
de poursuivre les criminels de guerre japonais.
En mai 1993, le Conseil de sécurité des Nations Unies a créé le Tribunal pénal
international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). C’était le premier tribunal pour les
crimes d’atrocité depuis Nuremberg. Un an plus tard, en novembre 1994, à
la suite du génocide rwandais, le Conseil de sécurité a voté la création du
Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).
Les deux tribunaux avaient pour mandat de juger les suspects de crimes
d’atrocité de toutes les parties au conflit, mais seul un nombre limité d’entre
eux – ceux portant la plus grande part de responsabilité – pouvaient être
poursuivis en raison de ressources limitées.
Au TPIY et au TPIR, les procureurs ont enquêté et ont mis en accusation des
suspects, ce qui a dû être confirmé par les juges. Les procès se sont déroulés
selon le principe du contradictoire, les procureurs et les avocats de la défense
présentant leurs arguments aux juges. Sans jury, les juges ont rendu la
décision finale.
48 G U I D E D E L’ O B S E R VAT I O N D E S P R O C È S P O U R C R I M E S D ’AT R O C I T É
Le TPIY, basé à La Haye, a inculpé des personnes de tous les groupes
ethniques et de toutes les parties impliquées dans les guerres en ex-
Yougoslavie, y compris l’ancien président yougoslave Slobodan Milosevic.
Les deux tribunaux sont maintenant fermés, mais leurs fonctions restantes
sont assurées par le Mécanisme international résiduel pour les tribunaux
internationaux, basé à La Haye et à Arusha.
Pour éviter les dépenses liées à la création d’un nouveau tribunal de l’ONU
et pour garantir que la justice rendue trouve un écho dans la société sierra-
léonaise, l’ONU et le gouvernement de la Sierra Leone ont convenu de créer
le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), comprenant du personnel,
des juges, des procureurs et des avocats de la défense sierra-léonais et
internationaux. Le tribunal était basé à Freetown, la capitale de la Sierra Leone.
49 G U I D E D E L’ O B S E R VAT I O N D E S P R O C È S P O U R C R I M E S D ’AT R O C I T É
africaine et le Sénégal pour juger les crimes d’atrocité commis au Tchad entre
1982 et 1990 sous le régime de l’ancien président tchadien Hissène Habré. Les
Chambres africaines extraordinaires ont ouvert en 2013 à Dakar, au Sénégal.
Dans les pays voisins, la Croatie et la Serbie, les systèmes judiciaires ont
également bénéficié d’un soutien international pour la refonte de leurs
tribunaux afin de les rendre conformes aux normes européennes et de leur
permettre de mener eux-mêmes des procès efficaces pour crimes de guerre.
Parmi d’autres exemples, on peut citer les nombreux procès concernant des
crimes d’atrocité au Kosovo menés par la mission des Nations Unies. Plus
récemment, un nouvel ensemble de chambres – faisant partie du système
national du Kosovo, mais basées à La Haye avec seulement des juges et du
personnel internationaux – a été créé pour examiner les crimes d’atrocité
commis pendant et après le conflit du Kosovo de 1998-1999.
Tribunaux nationaux
De nombreuses juridictions nationales prennent en charge des procès pour
crimes d’atrocité. En voici deux exemples.
Il s’agit d’une liste non exhaustive, destinée à donner une idée de l’éventail
des efforts déployés pour lutter contre les crimes d’atrocité.
50 G U I D E D E L’ O B S E R VAT I O N D E S P R O C È S P O U R C R I M E S D ’AT R O C I T É
Cour pénale internationale
L’objectif de la Cour pénale internationale est de juger les personnes portant la
plus grande part de responsabilité pour les crimes d’atrocité. Il s’agit de la première
cour permanente ayant un mandat global pour enquêter et juger de telles affaires.
Jusqu’en 2002, date de sa création, les procès pour crimes de guerre étaient
menés par des tribunaux nationaux ou sous les auspices de tribunaux temporaires
internationaux ou mixtes.
Le Statut de Rome – le traité fondateur de la CPI – a été adopté par une majorité
écrasante d’États des Nations Unies le 17 juillet 1998. Toutefois, la Cour ne pouvait
commencer à fonctionner qu’après la ratification du traité par 60 pays, ce qui a
pris quatre années de plus.
La CPI est habilitée à juger les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les
génocides. Elle peut également examiner les agressions, dans des circonstances
très strictes.
Une affaire peut être déclenchée par le procureur indépendant du tribunal, par
un pays ou par le Conseil de sécurité des Nations Unies. En dernier recours, les
enquêtes de la CPI ne seront menées que si la Cour est convaincue que le pays
concerné ne veut pas ou ne peut pas mener un procès. L’opposition des membres
permanents du Conseil de sécurité de l’ONU disposant d’un droit de veto,
notamment les États-Unis, la Russie et la Chine, a fait que les renvois émanant du
Conseil de sécurité de l’ONU sont très limités.
51 G U I D E D E L’ O B S E R VAT I O N D E S P R O C È S P O U R C R I M E S D ’AT R O C I T É
ANNEXE 3
PROCÉDURE JUDICIAIRE
Cette annexe explique ce qui se passe lors d’un procès. Tous les
tribunaux sont différents, mais les processus auxquels vous aurez à faire
face sont similaires. Les termes sont présentés ci-dessous dans l’ordre
chronologique approximatif dans lequel les processus judiciaires se déroulent
habituellement.
Mise en accusation
Un acte d’accusation est une liste détaillée des crimes qu’un suspect est
supposé avoir commis. L’acte d’accusation décrit les faits de l’affaire, les
preuves recueillies à ce jour et le droit applicable. L’acte d’accusation peut
porter des noms différents selon les juridictions ; par exemple à la CPI, un
acte d’accusation est appelé « document contenant les charges », et ailleurs il
peut être connu sous le nom de « réquisitoire ».
Une fois qu’un acte d’accusation est publié, il devient souvent un document
public, et vous pouvez en citer des extraits. Toutefois, certains éléments
d’un acte d’accusation peuvent être censurés ou ne pas être accessibles au
public. Il est important de lire attentivement ce document, car les informations
contenues dans l’acte d’accusation constituent la base de vos futurs rapports.
À ce stade, vous pouvez décrire le suspect comme (par exemple) « un suspect
de crimes de guerre », mais n’oubliez jamais qu’un accusé est innocent
jusqu’à preuve du contraire.
Mandat d’arrêt
Un mandat d’arrêt est un document délivré par un tribunal ou un procureur
qui donne à la police l’autorisation d’arrêter une personne parce qu’elle
est soupçonnée d’avoir commis certains crimes. Le mandat d’arrêt indique
généralement qui est le suspect, quels sont les crimes présumés et pourquoi
cette personne doit être arrêtée, par exemple si elle risque de s’enfuir.
Des mandats d’arrêt ne sont pas délivrés dans tous les cas. Si le suspect se
présente volontairement devant la police, le procureur ou le tribunal, il n’a pas
52 G U I D E D E L’ O B S E R VAT I O N D E S P R O C È S P O U R C R I M E S D ’AT R O C I T É
besoin d’être arrêté, mais peut simplement être cité à comparaître. Les citations
à comparaître peuvent également être inconditionnelles ou conditionnelles ;
par exemple, un juge peut ordonner qu’une citation soit délivrée à la condition
que le suspect n’interfère pas avec les témoins, que ce soit directement ou
indirectement.
Première comparution
Un suspect fait généralement une première comparution devant le tribunal,
après qu’un acte d’accusation a été émis, mais avant le début du procès. Cette
comparution peut être destinée à décliner l’identité du suspect, à l’informer
de ses droits et à fixer une date pour confirmer les accusations. Les suspects
auront déjà eu le temps de choisir un avocat pour assurer leur défense.
53 G U I D E D E L’ O B S E R VAT I O N D E S P R O C È S P O U R C R I M E S D ’AT R O C I T É
Ouverture
L’accusation ouvre, ou commence, le procès en expliquant la teneur des
charges invoquées et en exposant les grandes lignes de l’affaire. La défense
répond. Ce schéma se poursuit tout au long du procès : l’accusation d’abord,
puis la défense. Ces arguments initiaux sont parfois appelés « mémoires
d’ouverture ou déclarations préliminaires », et ils exposent ce que chaque
partie cherche à prouver. Ils peuvent contenir beaucoup d’informations utiles.
Dans certaines juridictions, les avocats représentant les victimes peuvent
également faire une déclaration préliminaire, et parfois l’accusé peut faire une
déclaration sans prêter serment lors de l’ouverture d’un procès.
Des réunions peuvent avoir lieu avant le procès afin de régler des différends
techniques. Elles peuvent être plus intéressantes qu’il n’y paraît : un suspect
peut s’apprêter à plaider coupable, par exemple. L’aspect technique du
procès est guidé par le statut et les procédures du tribunal, et ceux-ci
peuvent changer. Les juges peuvent se réunir pour essayer de rationaliser les
procédures. Il est important de se tenir au courant de tout changement.
54 G U I D E D E L’ O B S E R VAT I O N D E S P R O C È S P O U R C R I M E S D ’AT R O C I T É
le témoin. Lorsque la partie appelante interroge son propre témoin, on parle
d’interrogatoire direct. Après cela, l’autre partie peut poser des questions, ce
qui s’appelle un contre-interrogatoire. Si nécessaire, la partie appelante pose
parfois des questions supplémentaires à son témoin, pratique connue sous le
nom de réinterrogatoire. Dans certaines juridictions, les juges et les avocats
des victimes peuvent également poser des questions.
Témoins protégés
Les témoins s’inquiètent souvent de possibles représailles et ne veulent pas que
leur identité soit connue du public. Le tribunal peut proposer toute une série
de mesures pour les protéger, notamment en leur donnant un pseudonyme,
en dissimulant leur visage, en déguisant leur voix ou en leur permettant de
témoigner à huis clos. Le tribunal peut également aider à la réinstallation de
témoins particulièrement sensibles. Des journalistes ont été accusés d’outrage
à la Cour pour leur rôle dans la révélation de l’identité de témoins protégés. De
même, tout observateur de procès pourrait être accusé d’outrage à la Cour pour
avoir révélé des détails relatifs à l’identité de témoins protégés.
55 G U I D E D E L’ O B S E R VAT I O N D E S P R O C È S P O U R C R I M E S D ’AT R O C I T É
Aujourd’hui également, les procureurs ont interrogé le témoin sur les
divergences existant entre son témoignage et les documents présentés
par l’accusation concernant la date à laquelle le MLC était arrivé dans le
pays en conflit ».
Plaidoiries finales
Une fois que toutes les preuves ont été présentées et que l’accusation et
la défense ont fait valoir leurs arguments, les deux parties utiliseront leurs
plaidoiries finales pour dire à nouveau aux juges pourquoi le défendeur est
coupable ou non coupable des accusations. C’est un autre moment important
du procès. Chaque avocat résumera les points les plus saillants qu’il a
soulevés et tentera de démanteler l’argumentation de son adversaire. Dans
certaines juridictions, cette étape s’accompagne de conclusions écrites. Ces
résumés peuvent être très utiles pour les observateurs des procès.
Dans certains pays, les victimes peuvent faire une déclaration sur la manière
dont le crime les a affectées, appelée « déclaration de la victime ». Elle est
utilisée par le tribunal pour déterminer la peine qui sera infligée au coupable.
Parfois, l’accusé peut également faire une déclaration sans prêter serment
pendant la phase de clôture du procès.
Jugement et condamnation
Les juges disposent normalement d’un délai pour rendre leur verdict, vous
devez donc savoir à quel moment vous pouvez l’obtenir. C’est souvent la partie
la plus importante du procès, et vous devez être préparé. Composé de trois
éléments principaux, le jugement indique :
• si la personne est coupable ou non de tout ou partie des chefs d’accusation
retenus contre elle ;
• la peine qu’elle pourrait avoir à purger ;
56 G U I D E D E L’ O B S E R VAT I O N D E S P R O C È S P O U R C R I M E S D ’AT R O C I T É
• et les raisons pour lesquelles les juges sont parvenus à cette conclusion.
Si le défendeur est déclaré non coupable de tous les crimes, les juges peuvent
ordonner sa libération immédiate. Dans certaines juridictions, le défendeur a
droit à une indemnisation pour le temps passé en détention avant et pendant
le procès, sous certaines conditions.
Réparations
Dans certaines juridictions, en cas de verdict de culpabilité, les victimes de
crimes ont droit à des réparations. Les réparations peuvent prendre diverses
formes, notamment un dédommagement pécuniaire, des programmes de
réhabilitation et des mesures symboliques. Les tribunaux peuvent ordonner le
versement des réparations directement à chacune des victimes ou de manière
collective, ce qui signifie qu’elles peuvent bénéficier à toute une communauté
qui a été affectée par des crimes d’atrocité.
Appel
Après un jugement, une partie ou l’autre – ou parfois les deux – peut
vouloir contester le verdict. Un autre groupe de juges est généralement
chargé d’entendre l’appel et de rendre une décision finale. Dans certaines
juridictions, les victimes peuvent également avoir le droit de faire appel.
57 G U I D E D E L’ O B S E R VAT I O N D E S P R O C È S P O U R C R I M E S D ’AT R O C I T É
58 G U I D E D E L’ O B S E R VAT I O N D E S P R O C È S P O U R C R I M E S D ’AT R O C I T É
L’Open Society Justice Initiative utilise le contentieux stratégique, la
recherche, la défense juridique et l’assistance technique pour défendre et
promouvoir l’État de droit et faire progresser les droits de l’homme. Nous
collaborons avec une communauté de défenseurs des droits de l’homme
dévoués et compétents dans le monde entier, dans le cadre d’un mouvement
de justice dynamique et progressiste qui reflète la diversité du monde.
Le fait d’observer et de rendre compte des procès pour crimes d’atrocité représente un défi unique. Ceux qui
assument cette responsabilité doivent comprendre l’histoire et le contexte du procès, ainsi que les théories
juridiques complexes, les procédures judiciaires et les principaux acteurs impliqués. En outre, ils doivent
communiquer ces informations complexes de manière compréhensible à des publics souvent très éloignés de
la salle d’audience.
Ce guide est destiné à aider les organisations non gouvernementales, les journalistes et d’autres personnes
à mieux comprendre, décrire et transmettre le déroulement des procès pénaux internationaux. Il couvre un
éventail d’activités d’observation des procès, allant de l’établissement d’un programme d’observation à la
couverture des événements quotidiens dans la salle d’audience, en passant par la définition des publics à
cibler et le choix des meilleurs moyens de communiquer avec eux.
L’observation des procès est un travail exigeant, qui requiert des connaissances en matière de communication,
de pratique juridique et de langage technique. Par-dessus tout, cette activité un engagement en faveur de
l’objectivité, de l’exactitude et de l’équité. Bien que l’observation des procès soit difficile, le nombre croissant
de procès pour crimes d’atrocité nécessitera un nombre croissant d’observateurs qualifiés. Nous espérons que
ce guide contribuera à répondre à cette demande.