MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE BATNA 2
FACULTE DE TECHNOLOGIE
DEPARTEMENT DE Génie Civil
Master 1 - V O A -
Article : fondations superficielles
. Matière : Mécanique des soles .Date : 16/12/2023
.Enseignante de la matière : MAA, ZATAR NASSIMA
Nom Prénom
Belkadi Brahim khalil
Lattar Mohammed Kheir eddin
Saidi Hani
Zeroual issam
par Roger FRANK
Fondations superficielles
1. Définitions .................................................................................................. C 246 - 2
1.1 Types de fondations superficielles.............................................................. — 2
1.2 Capacité portante et tassement................................................................... — 2
2. Actions pour le calcul aux états limites ............................................ — 3
2.1 Définitions des actions................................................................................. — 3
2.2 Combinaisons d’actions type et sollicitations de calcul............................ — 4
3. Capacité portante des fondations superficielles............................. — 5
3.1 Calcul de la capacité portante à partir des essais de laboratoire
(méthode « c-ϕ »).......................................................................................... — 5
3.2 Méthodes pressiométrique et pénétrométrique : définitions................... — 9
3.3 Calcul de la capacité portante à partir de l’essai au pressiomètre
Ménard.......................................................................................................... — 10
3.4 Calcul de la capacité portante à partir de l’essai de pénétration
statique.......................................................................................................... — 14
4. Tassement des fondations superficielles........................................... — 15
4.1 Calcul des tassements.................................................................................. — 15
4.2 Tassements et déplacements admissibles des structures........................ — 22
4.3 Calculs par la méthode des éléments finis................................................. — 25
5. Justifications d’une fondation superficielle..................................... — 26
5.1 États limites concernant le sol..................................................................... — 27
5.2 États limites concernant les matériaux constitutifs de la fondation........ — 28
5.3 États limites de déplacement concernant la structure portée.................. — 28
6. Dispositions constructives .................................................................... — 28
6.1 Généralités et conditions de site................................................................. — 28
6.2 Dispositions constructives........................................................................... — 29
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. C 246
I l existe deux grands modes de transmission des charges des constructions aux couches de
sols sous-jacentes : par fondation superficielle et par fondation profonde. Le mot « fondation
» est pris ici, et il en sera de même dans la suite de cet article, au sens de l’élément de la
construction (en béton armé, le plus généralement). Il peut, dans certaines conditions, signifier
les couches de sol elles-mêmes (sur lesquelles on entend précisément « fonder » la
construction).
La fondation superficielle est, par définition, une fondation qui repose sur le sol ou qui n’y
est que faiblement encastrée. Les charges qu’elle transmet ne sollicitent que les couches
superficielles et peu profondes. Les fondations profondes (pieux et barrettes) reportent, elles,
les charges tant dans les couches profondes que dans les couches superficielles qu’elles
traversent.
FONDATIONS SUPERFICIELLES ___________________________________________________________________________________________________________
Le mode de travail d’une fondation et son interaction avec le sol conduisent à introduire la
notion de profondeur critique que l’on peut définir en première approximation comme le
niveau au-dessous duquel, en sol homogène, la résistance sous la base de la fondation
n’augmente plus. Les fondations superficielles ont leur base située au-dessus de cette
profondeur critique : ce sont les semelles, radiers, etc. Les fondations profondes ont leur base
située au-dessous de cette profondeur critique. Les fondations superficielles travaillent
essentiellement grâce à la résistance du sol sous la base. Pour les fondations profondes (pieux,
puits, barrettes, etc.), il y a également lieu de considérer la résistance du sol le long du fût, c’est-
à-dire le frottement latéral (cf. chapitre spécialisé dans ce traité).
Entre les deux extrêmes, fondations superficielles et fondations profondes, on trouve les
fondations semi-profondes dont la base se trouve au-dessus de la profondeur critique, mais
pour lesquelles le frottement latéral ne peut être négligé : il s’agit des puits et pieux courts ou
des barrettes de faible profondeur et de la plupart des caissons. Il n’y a pas de méthode de
calcul propre à cette catégorie de fondations qui ne constituent que des cas particuliers ; il
faudra adapter, suivant les cas, les méthodes retenues pour les fondations superficielles ou
pour les fondations profondes.
1. Définitions
1.1 Types de fondations superficielles
On distingue (figure 1) :
— les semelles filantes, généralement de largeur B modeste (au plus quelques
mètres) et de grande longueur L (L/B > 10 pour fixer les idées) ;
— les semelles isolées, dont les dimensions en plan B et L sont toutes deux au plus
de quelques mètres ; cette catégorie inclut les semelles carrées (B/L = 1) et les semelles
circulaires (de diamètre B) ;
— les radiers ou dallages, de dimensions B et L importantes ; cette catégorie inclut
les radiers généraux.
1.2 Capacité portante et tassement
Dans un premier temps, l’ingénieur géotechnicien, cherchera à fonder son ouvrage
superficiellement, pour des raisons de coût évidentes (si des conditions particulières
liées au projet, au site ou aux sols ne le lui interdisent pas, évidemment). Il devra, alors,
se préoccuper en tout premier lieu de la capacité portante de sa fondation, c’est-à-dire
vérifier que les couches de sol superficielles peuvent effectivement supporter la charge
transmise. Si le résultat des calculs est concluant, notamment s’il n’aboutit pas à une
aire de la fondation prohibitive, il doit alors s’assurer que son tassement sous les
charges de fonctionnement prévues (courantes ou exceptionnelles) est dans des
limites admissibles. Capacité portante et tasse-
ment sont ainsi les deux éléments fondamentaux qu’il y a lieu de considérer Figure 1 – Types de fondations superficielles
systématiquement lors du calcul des fondations superficielles.
Les notions de capacité portante et de tassement sont clairement illustrées
par la figure 2 qui représente une courbe typique obtenue lors du chargement notée D. Appliquons une charge monotone croissante, d’une manière quasi
d’une fondation superficielle. La largeur de la fondation est notée B et la statique, à une fondation posée à une profondeur D donnée et relevons les
profondeur où est située sa base est tassements s obtenus en fonction de la charge appliquée Q.
___________________________________________________________________________________________________________ FONDATIONS SUPERFICIELLES
— la rupture par déformation excessive, rupture ou perte de stabilité de la
structure ou de toute partie de la structure, y compris les appuis et les fondations
».
En ce qui concerne les calculs de portance (calculs en termes de charges),
l’approche aux « états limites », consistent à s’assurer que :
Vd<Qd (1)
avec Vd charge de calcul appliquée normalement à la base de la
fondation, tenant compte de coefficients pondérateurs
des charges (généralement supérieurs à 1), qui sont des
coefficients partiels sur les actions (voir cidessous),
Figure 2 – Notations. Courbe de chargement (vertical et centré) d’une fondation
superficielle capacité portante de calcul (ou résistance de calcul)
Qd
correspondante, incluant l’effet de l’inclinaison et de
l’excentrement des charges (§ 3) et tenant compte de
coefficients de sécurité partiels sur la résistance du sol (§
Au début du chargement, le comportement est sensiblement linéaire, c’est-à-
5).
dire que le tassement croît proportionnellement à la charge appliquée. Puis le
tassement n’est plus proportionnel (on peut dire qu’il y a création et propagation 2.1 Définitions des actions
de zones de sol plastifiées sous la fondation). À partir d’une certaine charge Q, ,
il y a poinçonnement du sol ou tout du moins un tassement qui n’est plus On se contente de donner ici quelques principes généraux sans entrer dans le
contrôlé. Le sol n’est pas capable de supporter une charge supérieure (on peut détail des calculs aux états limites. Les situations, les différents types de
dire que l’on a atteint l’écoulement plastique libre). sollicitations et leurs valeurs à prendre en compte dans les calculs sont définis
Cette charge Q, est la capacité portante de la fondation (on parle aussi souvent dans les textes normatifs ou réglementaires. Ils varient notamment suivant le
de charge limite, de charge de rupture ou encore de charge ultime). type d’ouvrage considéré.
Pour les fondations superficielles des ouvrages de génie civil et des bâtiments,
Le dimensionnement correct de la fondation d’un ouvrage consistera,
on distingue communément les actions suivantes (Fascicule n° 62-Titre V du
notamment, à s’assurer que l’on reste en deçà de cette charge limite, avec une
CCTG, 1993).
certaine marge quantifiée par un coefficient de sécurité, et que les tassements
correspondants sont admissibles (point Qd, sd sur la figure 2). Dans l’approche
dite aux « états limites », on définit en fait plusieurs charges admissibles (ou
2.1.1 Actions permanentes G
capacités portantes de calcul) Qd, suivant la nature des actions (voir § 2).
Ce sont des actions permanentes de toute nature (autres que Fw défini ci-
après). Citons, par exemple :
— le poids propre de la fondation proprement dite ;
2. Actions pour le calcul aux états — le poids propre de l’appui (pile, culée, semelle de liaison, etc.) ;
— la fraction du poids propre du bâtiment ou de l’ouvrage considéré et de
limites ses équipements reprise par la fondation ; — les efforts dus au retrait, fluage,
etc. ; — les efforts dus au poids et aux poussées du sol.
On distingue les états limites de service (ELS) et les états limites ultimes (ELU). Notons qu’à l’état limite ultime, sous combinaisons fondamentales (§ [Link]),
Pour chacun de ces états limites, on doit, d’une part, former des combinaisons il y a lieu, pour chaque problème étudié, de séparer :
d’actions afin de déterminer la charge sur la fondation Vd et, d’autre part, — les actions G défavorables notées
G ; — les
max
déterminer la résistance du sol Qd qui est, elle-même, fonction de l’état limite G
actions G favorables notées min.
considéré (§ 5).
Selon le projet d’Eurocode 7 - partie 1 sur le Calcul géotechnique (1994), « les
états limites de service sont les états au-delà desquels des critères de service 2.1.2 Actions dues à l’eau Fw
précis ne sont plus satisfaits » ; ces états comprennent :
— « des déformations, des mouvements ou des déflexions qui compromettent Ce sont, essentiellement, dans le cas des fondations superficielles :
l’aspect ou l’utilisation effective de la structure (y compris le mauvais — la poussée d’Archimède, pour les calculs en contraintes effectives
fonctionnement des machines ou des services) ou causent des dommages aux (déjaugeage) ;
finitions et aux éléments non structuraux ; — l’effet hydrodynamique des courants sur les appuis en rivière et en mer.
— des vibrations qui causent une gêne aux personnes, des dommages au
bâtiment ou à son contenu, ou qui limitent son efficacité fonctionnelle ».
Les états limites ultimes sont ceux « associés à la ruine, l’instabilité ou toute 2.1.3 Actions variables Q
forme de rupture qui peut mettre en danger la sécurité des personnes » ainsi
que, conventionnellement, certains états qui les précèdent ; ces états Il s’agit essentiellement :
comprennent : — des charges d’exploitation : surcharges routières, freinage, stockage
— « la perte d’équilibre de la structure ou de toute partie de la structure, temporaire, etc. ;
considérée comme un corps rigide ; — des charges dues aux effets climatiques : vent, neige, etc.
FONDATIONS SUPERFICIELLES ___________________________________________________________________________________________________________
Ces actions variables Q interviennent dans toutes les combinaisons d’actions
type (§ 2.2) soit comme action variable de base Q1, soit comme action variable
d’accompagnement Qi (i > 1). On fait « tourner » les actions variables entre base
et accompagnement pour déterminer la combinaison la plus défavorable.
Lorsque Q est prise comme action de base, on distingue :
— sa valeur caractéristique Q1, généralement donnée par les textes
réglementaires ;
— sa valeur fréquente ψ1 Q1.
Lorsque Q est prise comme action d’accompagnement, on distingue :
— sa valeur de combinaison ψ0iQi ; — sa
valeur quasi permanente ψ2iQi.
Les combinaisons d’actions type (§ 2.2) indiquent les valeurs représentatives
pertinentes dans chaque cas. Lorsqu’une action variable est favorable pour un
état limite donné, elle est prise à sa valeur minimale, qui est en général la valeur
nulle.
2.1.4 Actions accidentelles FA
Pour les ouvrages de génie civil, l’action accidentelle peut être un choc de
bateau, un choc de véhicule sur un appui, un séisme, etc., pour les bâtiments, un
vent extrême, une explosion, un choc, un feu, un séisme, etc.
Les actions accidentelles sont considérées avec une valeur représentative
unique qui est une valeur nominale, généralement don-
avec γ coefficient pondérateur,
γfw = 1,05 pour la pression de l’eau défavorable,
= 1 pour la pression de l’eau,
= 1,2 ou 0,9 pour la partie relative aux forces
hydrodynamiques de courant, de manière à obtenir l’effet le
plus défavorable,
γf1Q1 = 1,33 le plus généralement (1,2 pour les charges
d’exploitation étroitement bornées ou de caractère
particulier),
ψ0i = 0,77 dans les cas courants des charges d’exploitation et des
effets de la neige et du vent.
[Link] Combinaisons accidentelles
Les combinaisons accidentelles correspondent à des événements très
exceptionnels, dont la probabilité d’occurrence est extrêmement faible sur la
durée de vie de l’ouvrage.
Les sollicitations de calcul s sont :
s G F+ w+ +FA ψ1Q1 + ∑ψ2i Qi
i>1
Le plus souvent, pour les ouvrages de génie civil, ψ1 Q1, s’il existe, est
négligeable vis-à-vis de FA, et ψ2i Qi = 0.
[Link] Combinaisons vis-à-vis des états limites (ultimes) de stabilité
d’ensemble