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etude et realisation de champ electriques
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Champ électrique
En physique, le champ électrique est le champ
vectoriel créé par des particules électriquement Champ électrique
chargées. Plus précisément, des _particules
chargées modifient les propriétés locales de Lo
T'espace, ce que traduit justement la notion de
champ. Si une autre charge se trouve dans ce
champ, elle subira I'action de la force électrique
exereée A distance par la particule : le champ -
Glectrique est en quelque sorte le "médiateur" de
cette action a distance.
De facon plus détaillée, dans un référentiel .
galiléen donné, une charge q donnée, de vecteur
vitesse J, subit de la part des autres charges
présentes (fixes ou mobiles) une force (dite de
SO gduUooD
aN eeos
eel geeee eee
ey yp Nt
na
Lorentz) qui se décompose en deux parties : Représentation du champ électrique en quelques points
de Vespace di une charge élémentaire positive.
f =4(B+0A8). Unités SI net
‘on dans laquelle B kh Dimension MULT Sit
expression dans laquelle E est le champ p20 6) kame Act
électrique, qui décrit donc la partie de la force de
Lorentz indépendante de la vitesse de la charge, Nature
1,2,N 1
et Best le champ magnétique", qui décrit | Symbole usuel
donc la partie de la force exercée sur la charge jen a d'autres
qui dépend du déplacement de celle-ci dans le
référentiel d’étude. Il convient de souligner que
les champs électrique ect magnétique dépendent | Conjuguée
du référentiel d’étude’.
grandeurs
Le champ électrique peut ainsi étre défini comme le vecteur
traduisant I'action & distance subie par une charge électrique
fixe dans un référentiel donné de la part de toutes les autres
charges, que celles-ci soient fixes ou mobiles. Ce vecteur est
porté par une ligne (appelée ligne de champ) et son sens est
dirigé vers les potentiels décroissants. Par exemple si le champ
est créé par une charge positive et une charge négative, le sens
du vecteur champ électrique est dirigé vers la charge négative.
II peut encore étre défini comme toute région de I'espace dans
laquelle une charge est soumise & une force de Coulomb.
Grandeur vectorielle intensive
B=e.B
Densité de charge
Champ électrique associé a son
Propagateur qu'est le photon.
Dans le cas de charges fixes dans le référentiel d’étude, le champ électrique est appelé champ
électrostatique®. Il est important de souligner que ce derni
r champ ne se confond pas en
général avec le champ électrique tel qu'il a été défini précédemment, en effet lorsque les chargessont en mouvement dans ce référentiel, il faut y ajouter un
champ électrique induit dfi aux déplacements des charges pour
obtenir le champ électrique complet’.
Le champ électrique présente en réalité un caractére relatif, et
n'existe pas indépendamment du champ magnétique’. En effet,
la description correcte du champ électromagnétique fait
intervenir le tenseur (quadridimensionnel) de champ
électromagnétique F"”, dont les composantes temporelles
correspondent A celle du champ électrique. Seul ce tenseur a un
sens physique’, et lors d'un changement de référentiel il est
possible de transformer le champ électrique en un champ
magnétique et vice-versa.
Description qualitative du champ
électrique
jael Faraday introduisit la notion
hamp
Mise en évidence expérimentale du champ
électrique
De nombreuses expériences simples permettent de mettre en évidence lexistence d'un champ lié A
Yaction de particules chargées, ainsi que son caractére vectoriel. Il est notamment possible de
citer :
= Expériences d’électrisation de corps isolants ; il est
facile d’électriser, c'est-a-dire de faire apparaitre des
charges électriques, sur des corps isolants, en les frottant.
Ainsi une tige de verre, ou la surface d'un disque compact
frottés avec de la laine acquirent une charge électrique,
ce qui se manifeste par le fait que des bouts de papier, ou
de la poussiére, sont attirés distance par le corps ainsi
électrisé (cf. figure ci-contre). De méme, deux tiges
isolantgs,électrisées s'attirent ou se repoussent, selon leur
nature
Attraction de petits morceaux de
papier par la surface d'un CD
. lectrisé par frottement
action a distance causée par les charges électriques peut
s‘expliquer qualitativement par le fait que celles-ci
modifient les propriétés locales de l'espace en créant un champ, lequel est « ressenti » par
les charges électriques microscopiques présentes dans les morceaux de papier, ou par un
autre corps électrisé, En retour, les charges électriques présentes sur l'autre corps électrisé
«ressentent » ce champ électrique et subissent en retour une force, attractive ou répulsive
selon que les charges sur les deux corps sont de signes opposés ou égaux. En ce qui
concerne l'attraction des morceaux de papier, initialement non chargés, celle-ci s'explique
par le fait qu’en présence du champ électrique externe créé par lisolant électrisé, les
charges électriques microscopiques au sein d'un morceau donné voient leur répartition
modifiée. |! apparait ainsi une extrémité du morceau de papier une accumulation de
charges électriques (de signe opposé a celui de lisolant), une accumulation de charges de
signes opposé a la précédente apparaissant a l'autre extrémité (phénoméne de polarisation).
La présence d'une charge de polarisation a une extrémité conduit a attraction du morceau
de papier par lisolant électrisé.
= Visualisation du champ électrique entre les armatures d'un condensateur plan : en
placant entre deux plaques métalliques planes, disposées en regard 'une de l'autre, descorps isolants polarisables tels que des graines de gazon, il est facile de voir que celles-ci
s‘orientent perpendiculairement aux plaques si une différence de potentiel est appliquée
entre les plaques a l'aide d'un générateur de tension continue.
La encore, le résultat de cette expérience montre que le fait d'appliquer une différence de
potentiel entre les deux plaques conduit a I'existence d'un champ entre celles-ci, dont le
caractére vectoriel apparait aisément, les graines de gazon permettant de visualiser les
lignes de champ de celui-ci. Il est également possible de considérer Veffet sur un faisceau
d’électrons passant entre les plaques lorsqu'une tension est appliquée entre elles : le
faisceau est alors défléchi vers la plaque reliée a la borne positive (anode) du générateur. La
encore, ceci s‘interpréte aisément comme le résultat de la présence d'un champ électrique
entre les plaques, modifiant la encore les propriétés locales de espace, ce qui conduit 4
existence d'une force sur les électrons du faisceau (ceci est utilisé dans les oscilloscopes
analogiques et les téléviseurs a tube cathodique).
Définition qualitative du champ électrique
Le champ électrique est le champ vectoriel # qui résulterait de I'action A distance de particules
électriquement chargées sur une particule test de charge unité au repos dans le référentiel d’étude
(galiléen). C'est donc la force subie par la particule au repos divisée par la charge de cette particule.
Il s'agit d'un champ vectoriel qui a tout point de l'espace associe une direction, un sens, et une
grandeur (amplitude).
L’équation aux dimensions du champ électrique es
[EJ=MxLxitxT3
Les normes de ce vecteur s'expriment en volts par métre (V/m) ou en newtons par coulomb (N/C)
dans le Systéme international d'unités.
La valeur en un point donné du champ électrique dépend de la distribution de charges ou de la
nature des matériaux remplissant l'espace. Historiquement il fut introduit au milieu du xix" sigcle
par Michael Faraday pour expliquer dans ses expériences certaines actions & distance ; cette
interaction est aujourd'hui reconnue comme portée par le photon.
Associé au champ magnétique, il forme le champ électromagnétique qui permet notamment de
décrire l'une des quatre interactions fondamentales de l'univers : linteraction électromagnétique.
Champ électrostatique
Lorsque les charges qui créent le champ sont au repos dans le référentiel d'étude on parle de
champ électrostatique. Ce champ est alors directement déduit de I'expression de la loi de Coulomb
Premiére approche : loi de Coulomb
Cest en utilisant un dispositif (balance de Coulomb, cf. figure ci-contre) comprenant un fil de
torsion en argenf sur lequel étaient fixés des matériaux chargés que le physicien frangais Coulomb
a établi en 1785" que le champ doit varier comme le carré inverse de la distance entre les charges,
A une précision de 0,02 sur l'exposant. La loi d’attraction entre deux charges ponctuelles q, et qo,
fixes dans le référentiel d'étude et situées 4 une distance r l'une de l'autre :
= la force est dirigée selon la droite reliant les deux charges ;* elle est attractive si les charges sont de signes opposés,
sinon elle est répulsive ;
= son intensité est proportionnelle aux valeurs de q; et q2,
et varie en raison inverse du carré de la distance r.
Mathématiquement, il est possible de résumer ces résultats en
écrivant I'expression de la force exercée par q, sur qy sous la
forme :
z 1 2 ae
Ff. = —— Bz, ov, este vecteur unitaire de la
Grey 72
droite reliant qy et qo, clrigée selon le sens 1 > 2, €0
6tant la permittivité diélectrique du vide.
La difficulté conceptuelle de la notion de force a distance est
liée notamment au fait qu'il est difficile de concevoir comment
la charge q, peut « savoir » qu'une autre charge ponctuelle q,__84lance de Coulomb.
se trouve A une certaine distance, et « exercer une force » sur
cette charge. De la méme facon que pour le champ
gravitationnel, il est utile de séparer dans la loi de force ce qui dépend de la charge subissant la
force en remarquant quil est possible d’écrire :
= la. . scisémont & cue) eréé
avee B= 7 4G, champ électrique (plus précisément électrostatique) cx6é par la charge q, au
¥
point od se trouve I'autre charge. Avec cette écriture lexistence de la force A distance peut
s‘interpréter d'une facon nettement plus satisfaisante : la charge « source » q, crée en tout point de
Yespace un champ électrique dont la forme est donnée par l'expression précédente, et une charge
« test » quelconque subira leffet de ce champ sous la forme d'une force égale au produit de cette
charge par B. Ainsi le champ électrostatique apparait-il comme la force entre deux particules
ponetuelles fixes par unité de charge.
Généralisation : équations locales du champ électrostatique
En régime statiqne, les quatre équations de Maxwell se découplent en deux paires d'équations
indépendantes, l'une relative au champ magnétostatique, l'autre au champ électrostatique. Cette
derniére paire est constituée d'une équation de structure du champ électrostatique et d'une
équation reliant celui-ci a la distribution volumique des charges électrostatiques p = p(7)
ae
rot = 6 (équation de Maxwell-Faraday en régime statique),
divE= 2 (équation de Maxwell-Gauss).
0
Structure du champ électrostatique : potentiel scalaire
La premiére de ces équations implique que le champ électrostatique dérive d'un potentiel scalaire
V=V¢@):~ 3
B= -gradv;
elle donne done une condition sur la structure du champ B. Le potentiel scalaire est défini a une
constante additive prés, ce qui implique de choisir une origine pour le potentiel, c'est-A-dire de
fixer sa valeur en un point donné (au besoin linfini). Par suite, il n'est pas en soi une grandeur
physique, mais plutét un intermédiaire de calcul.
En revanche, la différence entre les valeurs du potentiel
électrostatique entre deux points distincts a une valeur bien
définie quelle que soit lorigine choisie pour le potentiel, qui
peut étre mesurée dans certaines conditions (différence de
potentiel, qui se confond avec la tension électrique entre deux
points pour le seul régime stationnaire).
Représentations du champ électrostatique :
surfaces équipotentielles et lignes de champ
Lignes de champ électrique autour de deux particules
Illustration des équipotentielles dans de méme charges (gauche) et de charges opposées
le plan
signes opposés.
enant deux charges de (droite}
Pour un potentiel scalaire donné V(F), d'origine fixé, les
surfaces d'équations V(#) = cte, ou de facon équivalente telles que dV = 0, sont appelées
surfaces équipotentielles (cf. figure ci-contre A gauche).
Les courbes telles qu'en tout point la direction du champ électrostatique y soit tangente sont
appelées les lignes de champ du champ électrostatique (ef. figure ci-contre a droite). Elles sont
= se
définies par la condition qu'un élément dé d'une ligne de champ donné soit tel que dé A # = 0.
Les surfaces équipotentielles et les lignes de champ permettent de visualiser l'allure du champ
électrostatique généré par une distribution de charge donnée (ef. figures ci-contre). Il existe bien
stir une relation entre ces deux familles de courbes et de surfaces.
. _
En effet, la relation B =—gradV implique que dV =—B-dr pour tout « déplacement »
>
infinitésimal dr. Les surfaces équipotentielles étant définies par la condition dV =0, ceci
implique que les lignes de champs sont normales aux surfaces équipotentielles.
Equations de Poisson et de LaplaceLlexpression précédente de # en fonction du potentiel scalaire V donne par substitution dans la
seconde équation I'équation de Poisson, qui permet en théorie de calculer le potentiel scalaire pour
toute distribution volumique de charges :
av+£
£0
Dans le vide de charge (p = 0) cette équation devient celle de Laplace :
AV=0.
De facon générale en théorie des équations aux dérivées partielles les solutions de l’équation de
Laplace sont appelées fonctions harmoniques.
L’équation de Poisson (et done celle de Laplace) est insensible A l'ajout d'une fonction ¢ = $(7)
qui satisfait !'équation de Laplace, c'est-a-dire par l'ajout d'une fonction harmonique quelconque.
Ceci pose bien sir une difficulté sur le plan physique, le potentiel devant étre défini de fagon
unique pour une distribution de charges donnée, A une constante additive prés. Il est possible de
démontrer que les équations de Poisson ou de Laplace ont une solution unique si les conditions
aux limites sont fixées sur une surface donnée contenant la distribution de charges.
Cette propriété est particulitrement utile pour générer un potentiel (et donc un champ
Aectrostatique) de nature donnée. Un potentiel électrostatique particulier, et done le champ
électrostatique correspondant, est déterminé par la forme de ses surfaces équipotentielles (une fois
Yorigine fixée). Il suffit de fixer la (ou les) valeur(s) du potentiel par des électrodes ayant la forme
des surfaces équipotentielles délimitant un volume donné. L'unicité de la solution de I'équation de
Poisson ou de Laplace implique que le potenticl généré par ces électrodes sera exactement le
potentiel désiré.
Par exemple, pour fabriquer un piége de Penning il est nécessaire de générer un champ
électrostatique quadripolaire. Le potentiel correspondant est tel que ses surfaces de révolution sont
des hyperboloides de révolution & une nappe (valeur positive du potentiel) ou & deux nappes
(valeur négative du potentiel). II suffit alors d'utiliser des électrodes ayant respectivement la forme
d'un hyperboloide de révolution & deux nappes, pour 'électrode négatiye, et & une nappe, pour
I'électrode positive, pour générer un champ électrostatique quadripolaire ~*.
Effets
Le champ électrique peut ainsi mettre en mouvement des Me
particules chargées. A la différence du champ magnétique, il est
capable de les accélérer. Bien que négligeable A une grande
échelle devant l'interaction gravitationnelle car la matiére est
globalement neutre électriquement, le champ électrique a un
effet prépondérant & des échelles microscopiques, et est utilisé | - - >
pour l'étude de la matigre dans les accélérateurs de particules. __llustration des vect
at
rs de champ
électrique (en bleu) entre une
Un champ électrique peut étre créé relativement facilement charge positive (en rouge) et une
entre deux plaques de condensateur, c'est-d-dire deux plaques charge négative (en vert)
dont la tension entre les deux est non nulle. Voir plus bas pour
un calcul détaillé.
Analogie avec le champ gravitationnelIl existe une analogie forte entre le champ électrique et le champ gravitationnel : l'expression du
champ et du potentiel ne différent que d'une constante, et les principaux théorémes de calcul
(comme celui de superposition ou de Gauss) s'appliquent. La principale différence tient au fait que
le champ électrique peut étre attractif (entre deux charges de signe opposé) ou répulsif (entre deux
charges de méme signe) alors que le champ gravitationnel est purement attractif.
Généralisation - Caractére relatif du champ électrique
Cas des particules en mouvement
Lorsque les particules chargées qui eréent le champ sont en mouvement dans le référentiel d’étude,
il convient d'ajouter au champ électrostatique un champ électrique induit E; di au mouvement de
ces charges. Ce champ électrique induit est directement relié au champ magnétique B eréé par ces
charges en mouvement par l'intermédiaire du potentiel vecteur A :
0A 5 >>
Cest ce champ qu'il faut prendre en compte dans le cas général pour exprimer la force de Lorentz.
Relativité du champ électrique = Tenseur de champ électromagnétique
La formulation covariante (relativiste) de l'électromagnétisme, qui est en toute rigueur la seule
correcte, introduit une grandeur regroupant les champs électrique et magnétique: le tenseur de
champ électromagnétique F#”®, Celui-ci est défini a partir du (quadri)potentiel de champ
A= (7 4), qui regroupe potentiels scalaire Uet vecteur A, par™®:
FW = 0H AY — 8 AP.
Fe,
Hest évident qu'il s‘agit d'un tenseur antisymétrique: F#” =
lest facile de vérifier en utilisant les expressions tridimensionnelles des champs électrique et
stione Bik cemations di N6 véenit™
magnétique B issue des équations dites de structure de Maxwell ~° que ce tenseur s‘écrit™”:
0 -i8, -iE, -28,
1 -
pu _| 22 0 -B By
1E, B, 0 -B,
iB, —By 0
Autrement dit, au facteur multiplicatif en 1/e prés, les composantes du champ électrique
correspondent aux composantes temporelles de F¥”, et celles du champ magnétique aux
composantes spatiales.‘Toutefois, il s'agit purement d'une convention d'appellation, plus qu'une différence conceptuelle
fondamentale sur le plan physique: la seule quantité qui a du sens est bien le tenseur de champ
lectromagnétique, et il est possible de dire finalement qu'en réalité le champ électrique "n'existe
pas"*,
Plus précisément cela implique que le champ électrique (tout comme le champ magnétique) & un
caractére relatif: il dépend en fait du référentiel considéré. Dans un changement de référentiel
galiléen, les composantes du tenseur F#” se transforment selon la transformation de Lorentz, et jl
est possible de trouver dans certains cas un référentiel dans lequel le champ électrique s'annule’.
Dailleurs si dans un référentiel donné les champs électrique et magnétique sont orthogonaux, il
sera toujours possible de trouver un tel référentiel”.
Approfondissements
Particules créant un champ
. Ne slectrs ,
Dans la vie courante™ ®, ces sources du champ électrique sont la plupart du temps des électrons,
chargés négativement, ou des protons, chargés positivement.
Moment dipolaire
Définition
On appelle généralement dipéle électrique un ensemble
constitué de deux charges de méme valeur, de signes opposées,
et placées proches I'une de T'autre (du point de vue de
Yobservateur). Le moment dipolaire est alors le vecteur
P
5
NP le vecteur allant de la charge négative a la charge positive.
S
NP, ot q est la valeur de l'une des charges (positive) et
Application aux noyaux atomiques Lignes de champ électrique d'un
dipdte.
Lorsque la matiére se présente sous forme d’atomes, la charge
Glectrique des électrons compense celle des protons qui en
constituent le noyau. Si on se place a une distance importante d'un atome par rapport A sa taille, on
parle d'échelle macroscopique : ce dernier est donc assimilable A un corps neutre électriquement.
Le champ électrique qu'il créé est donc relativement trés faible. En astrophysique par exemple, le
champ électrique créé par la matigre ordinaire qui constitue les planétes est négligeable devant
Vinfluence exereée par cette méme matiére par lintermédiaire de la gravitation. Mais bien que les
s soient neutres vus de loin, les charges positives et négatives ne sont pas
ées au méme endroit~”. Si on se pla une distance de I'ordre de la taille de l'atome ou de
la molécule, c'est ce qu'on appelle I’échelle microscopique, on s'apergoit que cette disgymétrie de
disposition des charges engendre ce qu'on appelle un moment dipolaire électrique”. Un teldipéle électrique engendre lui aussi un champ électrique mais d'intensité beaucoup plus faible que
celle d'une charge électrique. On appelle forces de van der Waals les forces exereées entre les
atomes et molécules du fait des champs électriques créés par tous ces dipéles microscopiques.
Champ et localité
La notion de champ électrique, bien que naturelle aujourd'hui, est en réalité assez subtile et est
6troitement liée A la notion de localité en physique.
Si on considére une charge électrique source gy et une charge test qe placée en un point P de
Yespace alors la seule quantité effectivement mesurable expérimentalement est la force électrique
F,_,4 de la premiere sur la seconde. I] est important de réaliser qu'a priori la force électrique est
done définie comme une action a distance d'une charge sur une autre. L'avancée conceptuelle de la
notion de champ est la suivante : il est possible de remplacer cette action a distance de q, par
Yexistence en tout point de l'espace d'une nouvelle quantité, de nature mathématiquement
vectorielle, appelée champ électrique et dont la valeur Z(P) résume I'influence de g, en chaque
point de l'espace. Pour déterminer I'évolution de la charge test q: il n'est done plus besoin de se
référer constamment & la charge source située au loin mais seulement de lire l'information
contenue localement dans le champ électrique & I'emplacement de q. La force est alors obtenue
selon l'équation
Pye = 4E(P)
Ce principe de localité n'est absolument pas anodin. En particulier une conséquence non triviale de
celui-ci est que si on considére deux configurations de sources électriques et que par ailleurs on
peut montrer qu'en un certain point de espace les champs électriques créés par ces deux
distributions sont les mémes alors nécessairement l'effet de ces deux jeux de source en ce point
sont absolument indistinguables.
Un exemple de situation oi la notion de champ, ou de fagon équivalente la localité de la théorie
électromagnétique, prend toute son ampleur apparait lorsque se pose la question de détermingt les
propriétés de transformation d'un champ électrostatique sous les transformations de Lorentz
considérons un boost de Lorentz donné par un vecteur vitesse @ et la décomposition du champ
électrique E(Py) = E\ (Pp) + E1 (Pp). Ce champ est créé par une distribution arbitraire de
sources. Par localité, en se limitant au point Pp on peut remplacer la distribution de charges par un
condensateur plan contenant Po et créant un champ électrique uniforme égal 4 E(Pp) en tout
point P intéricur a son enceinte(on note g la densité surfacique de charge associée),
Supposons d'abord que % se trouve dans le plan de cette distribution surfacique fictive (ce qui est le
cas si le champ électrique est transverse au mouvement) on en déduit que dans le nouveau
référentiel,
o' = po
ey?
par contraction des longueurs, avec 6 = (0 -3 yet doneS
é
#(P)) = BE(P).
Si par contre le champ est longitudinal, alors la distribution surfacique des charges fictives est
transverse et done inaffectée par le changement de référentiel et alorsE (Po) = E(Po).
Dans le cas le plus général d'une direction queleonque on a alors par principe de superposition
BYP) = By(Pa)
Hi (Py) = BEL (Po)
On a done déduit trés simplement le champ électrique dans le nouveau référentiel sans jamais se
poser la question de la distribution des sources réelles dans le nouveau référentiel (si la
distribution d'origine était compliquée alors reproduire ce résultat de fagon directe serait trés
difficile en général). Insistons enfin encore une fois sur I'absence de champ magnétique dans le
référentiel original pour dériver ce résultat.
Exemples simples de calcul du champ électrique
Les quelques exemples qui suivent sont des applications simples du théoréme de Gauss.
Champ créé par une charge ponctuelle
Soit une charge ponetuelle q située en un point O. Soit M un point de l'espace. La force induit
Te champ électrique provoqué par q en M vaut :
par
OM
z q
E= (cow) OM avec: €0 la permittivité du vide qui vaut 8,85 x 10712 c2.N71 m2
Ireg
= Le module du champ électrique décroit proportionnellement au carré de la distance d. Sa
direction passe par le point O (champ radial). L'expression de son module a une distance d
est
E q
© dre gd?
= L'atténuation de l'effet d'une charge ponctuelle dépend du carré de la distance. L'effet de la
charge devant se répartir sur la surface d'une sphére 4rd” qui est d'autant plus étendue
£0
que l'on s’éloigne de la charge.
= Sil'on considére la charge créée par une sphére uniformément chargée en un point qui ne lui
est pas intérieur (c'est-a-dire que la distance du point au centre O de la sphere est supérieur
au rayon de la sphére), le champ créé par cette sphére est alors identique au champ créé
par une charge ponctuelle placée en O et de valeur la charge totale de la sphere.
Champ créé par un fil infiniment long et uniformément chargé
= On définit la charge linéique par
a g enc.m™"
Q étant la charge d'une portion (élément de longueur) du filet L est la longueur de cette
portion
= Le module champ électrique décroit proportionnellement avec la distance d. Sa direction est
perpendiculaire au fil et passe par le fil (champ radial). L'expression de son module a une
distance d est»
2ned
x
= L’atténuation de effet d'un fil infiniment long dépend de la distance. L'effet de la charge —
€
devant se répartir sur le périmétre d'un cercle 27rd qui est d'autant plus étendu que l'on
s'éloigne de la charge.
Champ créé par une plaque plane infinie, uniformément chargée
= On définit la charge surfacique par
Q 2
o=enCm
Q étant la charge d'une région (élément de surface) de la plaque et A est la superficie de
cette région.
= Le champ électrique créé est uniforme : sa direction est une perpendiculaire au plan et
expression de son module est la méme en tout point de l'espace et elle est indépendante de
la position
o
E=2
2e
Champ créé par un condensateur plan dont I'aire des plaques est infinie
= L'association de deux plaques planes identiques, paralléles et séparées par une distance d
constitue un condensateur plan de capacité :
Se
oo + en farads (F).
+ Le champ électrique a lintérieur vérifie
ao
B= 2%
é
avec a la charge surfacique portée par les armatures et ti un vecteur unitaire perpendiculaire
aux plaques dans le sens des potentiels décroissants.
Pour un condensateur réel, ces relations restent valables si la distance entre les plaques est petite
au regard de leur aire.
Notes et références
Notes
1. En toute rigueur, il s'agit de induction magnétique, le champ magnétique étant Hf qui dans le
vide est lié au champ B par la relation B = oH, cf. article « Champ magnétique ».
2. Ainsi une tige de verre et une tige d'ébonite frottés avec de /a laine s‘attireront, tandis qu'un
morceau de bois électrisé de la méme facon repoussera la tige en ébonite.3. Comme le souligne Jackson dans son ouvrage Classical electrodynamics (2nd edition, Wiley,
New York, 1975) la loi d'attraction en 1/r? a été en fait découverte avant Coulomb par le
scientifique anglais Henry Cavendish en 1772 @ 'aide d'une expérience élégante utilisant deux
sphéres isolantes concentriques, la sphére externe étant initialement électriquement chargée.
Les deux sphéres sont mises en communication par un fil conducteur, et Cavendish essaie de
déterminer si la sphere interne porte une charge électrique non nulle aprés cette mise en
communication. Si la force varie comme I'inverse du carré de la distance, il ne doit y avoir
aucune charge sur la sphére interne.C’est ce que Cavendish obtient l'aide de ces mesures,
1
en indiquant que si la loi de force est en —— le résultat de ces expériences implique que
pate
\e| < 0,02, et donc la force varie bien comme I'inverse du carré de la distance avec une grande
précision. Cr. le texte original, disponible ici ([Link]
oft#page/n11/mode/2up), notamment pages 118 et suivantes.
4, En pratique, la forme de ces électrodes est approchée dans un piége de Penning « réel ».
5. Ici, ce sont les composantes contravariantes du tenseur de champ électromagnétique qui sont
considérées, ce qui ne change pas la généralité du raisonnement, puisque le passage aux
composantes mixtes Fy’ ou covariantes F,,, se fait en utilisant le tenseur métrique gy, ce qui
en relativité restreinte ne correspond qu'a des changements de signe des composantes.
6. II s'agit des deux équations de Maxwell qui ne font pas intervenir les sources, autrement les
distributions de charges et de courants, soient I'équation dite de Maxwell-Faraday
= os OB 3
V x B= —- et colle dites parfois de "Maxwell-fux’ V - B = 0.
7. La signature (+, —, —, —) a été utilisée pour la métrique.
8. Le modéle standard de la physique des particules nous informe toutefois quill existe d'autres
particules chargées électriquement. Plus précisément, le proton n'est en fait pas une particule
élémentaire mais est constitué de trois quarks qui sont, eux, de véritables particules
élémentaires. Tous les types de quarks sont ainsi chargés électriquement.
9. Cette fagon de voir les choses est issue d'une représentation classique de 'atome. Néanmoins
les résultats sont ici qualitativement les mémes que si 'on faisait usage de la mécanique
quantique.
10. Certains atomes sont toutefois tellement symétriques que leur moment dipolaire électrique est
nul. C'est le cas par exemple de I'atome d'hydrogéne. Cependant, lorsqu'on les soumet a un
champ électrique extérieur, les charges positives et négatives réagissent de fagon opposée a
ce champ. Il en résulte alors un moment dipolaire électrique induit
11. En présence d'un champ magnétique et de courants, la loi de transformation est un peu plus
compliquée.
12. Dans le nouveau référentiel, méme si les charges sont en mouvement et qu'on sort du cadre de
'électrostatique la loi de Gauss s'applique encore. C'est un résultat issu de l'expérience.
Références
1, Pérez et al. 1997, chap. 11
2. Landau et Lifchitz 1994, chapitre II, §16
3. Elie Lévy, Dictionnaire de Physique, Presses universitaires de France, Paris, 1988, page 141.
4, Barrau et al. 2016, p. 24-27
5. Landau et Lifchitz 1994, chap. Ill, §23.
6. Landau et Lifchitz 1994, chap. Ill, §24.
Voir aussi
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Bibliographie
= Landau, L. et Lifchitz, E. (trad. du russe), Physique théorique : Théorie des champs
[« Téorétitcheskia fizika v 10 tomakh Tom II Técria polia »], t. Il, Moscou, Paris, Mir - Ellipses,
coll. « Physique théorique », 1994, 5° éd. (1"° éd. 1964), 528 p., broché
(ISBN 978-2-7298-9403-0)
= Pérez, J. Ph., Carles, R. et Fleckinger, R., Electromagnétisme : Fondements et applications,
Paris, Masson, coll. « Enseignement de la physique », 1° décembre 1997, 3° éd. (1"° éd.
1990), 776 p., broché (ISBN 978-2-225-83037-2)
= Barrau, A. et Grain, J., Relativité générale, Paris, Dunod, coll. « Sciences Sup », 2016, 2° éd.
(1° éd. 2011), 231 p., broché (ISBN 978-2-10-074737-5)
= Jacques Boutigny, Le Champ électrique dans les milieux matériels, Vuibert, 1997
(ISBN 978-2-7117-4092-5)
= Jacques Boutigny, Le Champ électrique dans le vide, Vuibert, 1997 (ISBN 978-2-7117-4095-6)
Articles connexes
= Champ électromagnétique
= Condensateur
= Electrostatique
= Loi de Coulomb
= Diffusion ambipolaire
= Papier teledeltos, un papier résistif utilisé autrefois pour des calculs de champ électrique
= Elements finis, la méthode la plus utilisée de calcul du champ électrique
Liens externes
= Topographie du champ électrostatique (animation Flash) (http:/[Link]/
physique/perso/gtulloue/Elec/Champs/[Link])
= Tracé de lignes de champ et d'’équipotentielles (animation Flash) ([Link]
[Link]/physique/perso/gtulloue/Elec/Champsilignes_champe.html)
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