Choix du conjoint
Sous l’Ancien-Régime et jusqu’au 19ème siècle dans les campagnes les
règles étaient de se marier selon son rang et ne pas chercher à
sortir de sa condition
Ê Alliances reste sous contrôle des familles :
– MILIEU ÉLEVÉ : homogamie sociale (= mariage avec
semblable) nécessite exogamie (= mariage en dehors
du groupe) géographique, enjeu de trouver un semblable
avec intervention d’intermédiaires familiaux
– MILIEU RURAL : homogamie sociale a lieu dans contexte
endogame
Mariages sont donc souvent arrangés MAIS peuvent aussi découler
d’affinités qui respectent SPONTANEMENT l’exigence d’homogamie
EVOLUTION HISTORIQUE : diffusion du droit à ne pas consentir au
choix d’alliance, généralisation du choix libre (d’abord masculin)
s’est répandue parmi migrants des milieux pop sans patrimoine
Ê Liberté du choix a été favorisée par l’exode rural
BOZON & HÉRAN (1987) : recul de l’endogamie géographique lié à la
mobilité résidentielle différente selon catégories (cadres +
exogames) – stabilité résidentielle devient handicap pour
agriculteurs
MAIS persistance de l’homogamie sociale malgré exogamie
géographique et faible contrôle des familles sur vie conjugale
« Aucun lieu n’est strictement spécialisé dans l’appariement des
conjoints »
MARION MAUDET, « Si l’amour rend aveugle, la religion lui donne la
vie » :
Homogamie sociale et homogamie religieuse chez les catholiques
et musulmans en France 88,4 homme catholique affirmé ont un
partenaire catholique aussi
9,5 hommes catholique affirmé ont un partenaire sans religion et 0
musulman
MAIS aussi les athées entre eux : 76,2 femme athée ont un
partenaire
ENQUÊTE FAMILLE ET LOGEMENTS ASSOCIÉE AU RECENSEMENT
MENÉ EN 2011 préférence des femmes pour les plus âgés : 10%
de conjoints du « même âge » et 12% pour un écart d’1 & 2 ans entre
homme/femme MAIS 6% des femmes sont en couple avec un
homme plus jeune d’un an
MICHEL BOZON, « Les femmes et l’écart d’âge entre conjoints : une
domination consentie. Types d’union et attentes en matière d’écart
d’âge » :
Il y a des enjeux concernant la taille et l’âge du conjoint
inquiétude de la femme que l’homme se sente diminué
Ê Inversion des apparences donne à penser que c’est la femme
qui domine ce qui PARADOXALEMENT l’abaisse socialement
se sent diminuée d’être avec un homme diminué
Justifications des femmes sur refus des hommes petits : affleure
toute perception de l’homme au-delà du physique
Attitudes à l’égard de la taille du conjoint ≈ attitudes à l’égard
de l’âge même indifférence de l’homme à l’égard de l’âge qu’à
l’égard de la taille
Femmes refusent hommes trop jeunes et hommes petits valorise
maturité du conjoint & sa taille symbole de supériorité physique
et donc virilité sociale
Différences d’attentes h/f pas que pures constructions
psychologiques et idéologiques
Ê Catégories de perception, attirances et répulsions varient
selon sexes « intériorisation très précoce des différences
sociales entre h/f » perçues dans famille/ à
l’école/expériences vécues
MARIE BERGSTRÖM, Les nouvelles lois de l’amour. Sexualité, couple et
rencontres au temps du numérique
Sites et applications de rencontres viennent bousculer formation du
couple services commerciaux dédiés à l’appariement de
partenaires amoureux/sexuels
Idée marchandisation et « hypersexualisation » des rencontres en
ligne critique sociale
Epoque contemporaine caractérisée par une norme conjugale forte
pour les jeunes, le couple reste un idéal
Entre 2005 et 2013 : 1 couple sur 12 S’est formé par biais d’un site
de rencontre
Ê Pas moins homogames que les autres sélection reste forte
Nouvelle insularité des rencontres se déroulent en dehors et à
l’insu des cercles de sociabilité
Ê Principale rupture avec ancienne formes de rencontre
Nouveaux critères discriminants pour les usagers diplômés
comme l’orthographe l’écrit est intimement et implicitement
lié au milieu social
Ê Révélateur mépris de classe
→ Reste milieu homogame