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Scène III de Knock : Les Malades à Saint-Maurice

Le document décrit une conversation entre le docteur Parpalaid et Madame Rémy sur le docteur Knock et son travail. Madame Rémy explique que le docteur Knock travaille dur et voit de nombreux patients chaque jour, même ceux qui ne peuvent pas payer. Elle le défend contre les accusations de chercher l'argent.

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Scène III de Knock : Les Malades à Saint-Maurice

Le document décrit une conversation entre le docteur Parpalaid et Madame Rémy sur le docteur Knock et son travail. Madame Rémy explique que le docteur Knock travaille dur et voit de nombreux patients chaque jour, même ceux qui ne peuvent pas payer. Elle le défend contre les accusations de chercher l'argent.

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Knock Acte III – Scène III Knock Acte III - Scène III

Scène III Parce qu’il n’y a pas d’autre hôtel à Saint-Maurice. D’ailleurs, ils ne
PARPALAID, puis MADAME RÉMY sont pas si à plaindre que cela, chez nous, en attendant notre nouvelle
installation. Ils reçoivent tous les soins sur place. Et toutes les règles de
MADAME RÉMY, glissant un œil. l’hygiène moderne sont observées.
Il est encore là ! (Elle se décide.) Bonjour, monsieur Parpalaid. Vous ne
venez pas pour loger, au moins ? LE DOCTEUR
Mais d’où sortent-ils ?
LE DOCTEUR
Mais si… Comment allez-vous, madame Rémy ? MADAME RÉMY
Les malades ? Depuis quelque temps, il en vient d’un peu partout. Au
MADAME RÉMY début, c’étaient des gens de passage.
Nous voilà bien ! Je n’ai plus de chambres.
LE DOCTEUR
LE DOCTEUR Je ne comprends pas.
C’est jour de foire, aujourd’hui ?
MADAME RÉMY
MADAME RÉMY Oui, des voyageurs qui se trouvaient à Saint-Maurice pour leurs
Non, jour ordinaire. affaires. Ils entendaient parler du docteur Knock, dans le pays, et à tout
hasard ils allaient le consulter. Evidemment, sans bien se rendre compte
LE DOCTEUR de leur état, ils avaient le pressentiment de quelque chose. Mais si leur
Et toutes vos chambres sont occupées, un jour ordinaire ? bonne chance ne les avait pas conduits à Saint-Maurice, plus d’un serait
mort à l’heure qu’il est.
MADAME RÉMY
Des malades. LE DOCTEUR
Et pourquoi seraient-ils morts.
LE DOCTEUR
Des malades ? MADAME RÉMY
Comme ils ne se doutaient de rien, ils auraient continué à boire, à
MADAME RÉMY manger, à faire les cent autres imprudences.
Oui, des gens qui suivent un traitement.
LE DOCTEUR
LE DOCTEUR Et tous ces gens-là sont restés ici ?
Et pourquoi logent-ils chez vous ?
MADAME RÉMY
MADAME RÉMY
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Knock Acte III – Scène III Knock Acte III - Scène III
Oui, en revenant de chez le docteur Knock, ils se dépêchaient de se MADAME RÉMY
mettre au lit, et ils commençaient à suivre le traitement. Aujourd’hui, ce Ne dites pas cela, monsieur Parpalaid. Les gens n’avaient pas l’idée de
n’est déjà plus pareil. Les personnes que nous recevons ont entrepris le se soigner, c’est tout différent. Il y en a qui s’imaginent que dans nos
voyage exprès. L’ennui, c’est que nous manquons de place. Nous allons campagnes nous sommes encore des sauvages, que nous n’avons aucun
faire construire. souci de notre personne, que nous attendons que notre heure soit venue
de crever comme les animaux, et que les remèdes, les régimes, les
LE DOCTEUR appareils et tous les progrès, c’est pour les grandes villes. Erreur,
C’est extraordinaire. monsieur Parpalaid. Nous nous apprécions autant que quiconque ; et
bien qu’on n’aime pas à gaspiller son argent, on n’hésite pas à se payer
MADAME RÉMY, après réflexion. le nécessaire. Vous, monsieur Parpalaid, vous en êtes au paysan
En effet, cela doit vous sembler extraordinaire à vous. S’il fallait que d’autrefois, qui coupait les sous en quatre, et qui aurait mieux aimé
vous meniez la vie du docteur Knock, je crois que vous crieriez grâce. perdre un œil et une jambe que d’acheter trois francs de médicaments.
Les choses ont changé, Dieu merci.
LE DOCTEUR
Hé ! quelle vie mène-t-il donc ? LE DOCTEUR
Enfin, si les gens en ont assez d’être bien portants, et s’ils veulent
MADAME RÉMY s’offrir le luxe d’être malade, ils auraient tort de se gêner. C’est
Une vie de forçat. Dès qu’il est levé, c’est pour courir à ses visites. À d’ailleurs tout bénéfice pour le médecin.
dix heures, il passe à l’hôtel. Vous le verrez dans cinq minutes. Puis les
consultations chez lui. Et les visites, de nouveau, jusqu’au bout du MADAME RÉMY, très animée.
canton. Je sais bien qu’il a son automobile, une belle voiture neuve En tout cas, personne ne vous laissera dire que le docteur Knock est
qu’il conduit à fond de train. Mais je suis sûre qu’il lui arrive plus d’une intéressé. C’est lui qui a créé les consultations gratuites, que nous
fois de déjeuner d’un sandwich. n’avions jamais connues ici. Pour les visites, il fait payer les personnes
qui en ont les moyens – avouez qu’autrement ce serait malheureux ! –
LE DOCTEUR mais il n’accepte rien des indigents. On le voit traverser tout le canton,
C’est exactement mon cas à Lyon. dépenser dix francs d’essence et s’arrêter avec sa belle voiture devant la
cahute d’une pauvre vieille qui n’a même pas un fromage de chèvre à
MADAME RÉMY lui donner. Et il ne faut pas insinuer non plus qu’il découvre des
Ah ?... Ici pourtant, vous aviez su vous faire une petite vie tranquille. maladies aux gens qui n’en ont pas. Moi, la première, je me suis peut-
(Gaillarde.) Vous vous rappelez vos parties de billard dans être fait examiner dix fois depuis qu’il vient quotidiennement à l’hôtel.
l’estaminet ? Chaque fois il s’y est prêté avec la même patience, m’auscultant des
pieds à la tête, avec tous ses instruments, et y perdant un bon quart
LE DOCTEUR d’heure. Il m’a toujours dit que je n’avais rien, que je ne devais pas me
Il faut croire que de mon temps les gens se portaient mieux. tourmenter, que je n’avais qu’à bien manger et à bien boire. Et pas
question de lui faire accepter un centime. La même chose pour M.
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Knock Acte III – Scène III Knock Acte III - Scène III
Bernard, l’instituteur, qui s’était mis dans tête qu’il était porteur de
germes et qui n’en vivait plus. Pour le rassurer, le docteur Knock a été
jusqu’à lui analyser trois fois ses excréments. D’ailleurs voici M.
Mousquet qui vient faire une prise de sang au 15 avec le docteur. Vous
pourrez causer ensemble. (Après un temps de réflexion.) Et puis,
donnez-moi tout de même votre valise. Je vais essayer de vous trouver
un coin.

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